Des cendres dans une crypte [Irina]

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Elza Maroni
VAMPIRES - CLENCHING THE JAGGED JAWS
[titre de mon champ]: OSSATURE: : Bien que l’image renvoyée par son miroir révèle l’apparence d’une jeune femme d’une vingtaine d’années, Elza en compte exactement 480. [titre de mon champ]: CONTRAT: : Malgré les années écoulées et ses indénombrables rébellions, Elza est restée pieuse. Qu'est-ce qu'un homme si ce n'est une source de conseils et de réconfort ? [titre de mon champ]: BESOGNE: : Sa dévotion envers le clan Gallerini est telle qu'un emploi serait superflu. Son unique aspiration est dédiée aux croyances de son roi qu'elle s'efforce à faire respecter. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCORCE: : 480 printemps plus tard... [titre de mon champ]: ÉCHINE: : I am a vampire, I have lost my fangs ♫ [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Sens accrus, résistance au froid, agilité, force et rapidité. [titre de mon champ]: GANG: : Clan Gallerini : la paix avec les hommes est le but des tous les membres. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Mia Wasikowska [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 176 [titre de mon champ]: PACTE: : 18/03/2017



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Sujet: Des cendres dans une crypte [Irina]   Dim 16 Avr - 22:43
Les humains tremblotaient dans une nuit étonnamment fraîche. Même si je ne ressentais pas réellement les variations de température, je remarquais ces dernières par ma simple observation. Grelottant, leurs souffles visibles par la vapeur qu’ils produisaient, ces indices se révélaient suffisants. Vêtue d’une veste en jean noir par-dessus un pull fin et clair, je faisais figure d’OVNI dans ce paysage de doudounes et autres protections épaisses. Cela faisait plusieurs minutes que je prenais un être de mon espèce en filature. Bien que nos regards ne s’étaient croisées qu’un court instant, j’avais perçu dans le sien une lueur angoissante, bestiale. J’ignorais de qui il s’agissait, et peut-être étais-je tout simplement paranoïaque. Mais il je souhaitais en avoir le cœur net. Mon instinct ne me trompait que rarement et, si pénitence il devait y avoir, le plus tôt serait le mieux. Mes principes me guidaient chaque nuit au maintien, ou plutôt à l’imposition du respect envers les vivants. S’en nourrir ne signifiait pas s’en amuser ou les profaner de manière disproportionnée. Je me glissais dans les ombres se révélant sur mon chemin, adoptant un comportement presque félin pour me maintenir dissimulée à la connaissance de l’étranger. Un mur, une poubelle, un angle de bâtiment… Toute cachette était bonne à considérer.

Après dix bonnes minutes, je me retrouvais agenouillée derrière une tombe fraichement creusée. Typique. Une créature de la nuit dont le nid se trouvait dans l’enceinte où reposaient les cadavres… Les clichés étaient tenaces ! Un ululement manqua de peu de me faire sursauter telle une amatrice. Je n’aimais pas cet endroit. L’idée de ces corps pourrissants et pour certains grouillant de vers me donnaient la nausée. Aussi répugnants dans la vie que dans la mort… Je me penchais légèrement afin de faire entrer l’inconnu dans mon champ de vision. Ce dernier s’avançait désormais en direction d’un caveau imposant et qui semblait peu entretenu. J’attendis pour lui donner de l’avance, puis me lança sur ses pas. Aucun signe de sa présence. En dehors d’une couche de poussière, le lieu était vide. Je m’avançais vers le centre de la pièce, où se trouvait une sépulture, lorsque la lourde porte métallique se referma derrière moi dans un grincement sonore. Faisant volte-face, je me rendis compte de mon imprudence. J’avais été attiré dans un guet-apens. Cinq vampires se tenaient droits et raides, me barrant le passage. Un fracas dans la direction opposée se fit entendre. Il devait s’agir du « lapin blanc » sortant de sa cachette. J’étais prise en piège. Ce n’était pas la première fois que cela se produisait, mais dans un espace aussi confiné il n’existait aucun moyen de fuir. Je forçais un sourire sur mon visage avant de lancer de manière innocente : « C’est sympa chez vous. J’imagine que vous n’avez pas le câble et des bières ? » Des grognements moqueurs furent la seule réponse que j’obtins. J’étais vraiment en mauvaise posture.

D’un mouvement brusque, je me tournais vers mon ennemi initial en bloquant son pieu de ma main droite tout en le saisissant. Donnant un puissant coup de crâne sur l’arête de son nez, celui-ci craqua sous le choc et je pu me saisir pleinement de l’arme. Bien qu’elle pourrait être un atout précieux, elle ne me promettait en aucun cas la victoire. Ce vulgaire bout de bois n’était pas assez puissant pour faire face à tant d’adversaires. Sans crier gare, tous se ruèrent sur moi. Me débattant, je sentis des crocs et des griffes me déchirer la peau tandis que du sang s’écoulaient de mes blessures. Je lâchais un cri lorsque des canines pénétrèrent dans mon cou. Une voix masculine et haineuse aboya : « Pour qui te prends-tu à donner des ordres et à tuer ta propre espèce ? Tu n’es rien. Et tu subiras le même traitement que tes précieux protégés. En pire. » ajouta-t-il dans un gloussement. Le moment de devenir poussière était semble-t-il enfin arrivé. Était-ce la peur ? La confusion ? En tous les cas, je ne parvenais pas à m’en émouvoir et renonçait à lutter.

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Irina Altieri
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[titre de mon champ]: OSSATURE: : Si le froid minois affiche quarante cinq ans, l'âme est sombre et vieille - corrompue par les cinq cent quatre années défaites de son pacte horrifique. [titre de mon champ]: CONTRAT: : La veuve noire ne compte plus les fois où elle a empoisonné ses époux. Le seul homme qu'elle supporte à ses côtés est son frère aîné. [titre de mon champ]: BESOGNE: : Officiellement, riche PDG d'une firme pharmaceutique appelée Evora. Officieusement, bourreau scientifique, extorquant aux créatures leurs secrets. Désirant trouver remède à la stérilité vampire et créer la créature parfaite. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Famke Janssen - Carnavage [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 81 [titre de mon champ]: PACTE: : 06/02/2017



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Sujet: Re: Des cendres dans une crypte [Irina]   Mer 19 Avr - 21:27
Divine comédie
Elza Maroni & Irina Altieri




Mains plaquées contre le bureau en bois sombre, Irina scrute la paperasse qui s’y accumule, sa longue crinière lui donnant des airs de harpie féroce happée par de maints tourments. Si les globes font le pari de carboniser par la pensée tout ce qui trône dessus, son esprit est ailleurs, ressassant l’échec scientifique qui lui a fait perdre l’embryon hybride qu’elle chérissait depuis près d’un mois dans ses laboratoires. Ricanement gouailleur de son monstre, langue taquinant les canines humaines en prévision de la satiété qui la tenaille. Pulsion barbare. Les bras balayent la totalité de ses effets, envoient valser toute prédisposition au rangement névrotique qu’elle affectionne d’habitude. Fracas de la céramique et choc du métal dans une envolée de pages noircies d’encre. Ses recherches. Son accomplissement. Sa catharsis.
Le buste se redresse et des lippes entrouvertes éclot un soupir interminable, renâclé par ses affects. La madone oblique un regard en direction de sa montre indiquant 2 :00 du matin et rejette sa chevelure sur son épaule avant de saisir son cellulaire et de composer un numéro. « Est-ce que tu l’as ? » Questionne-t-elle, sans guère n’offrir de préliminaire à cette discussion. L’homme à l’autre bout du fil acquiesce et délivre une adresse. Irina laisse filtrer une lueur de satisfaction dans ses calots ombrageux avant de raccrocher sur ces mots. « Ne la lâche pas. J’arrive. »

La fraîcheur nocturne ravive l’instinct et soulage l’encéphale de ses sombres vicissitudes. A cette heure-ci, la hongroise croise très peu d’individus. Les talons claquent sur le bitume, les mains gantées de cuir s’arrachent aux poches du manteau pour glisser sur les flancs. Bruissement à ses côtés. Le portrait austère de la madone se brouille d’une expression carnassière à la vue d’un jeune homme qui la dépasse et presse le pas. Les globes gourmands le suivent mais la démarche demeure imperturbable, quiète. Pas le temps de papillonner - l’humain tourne à l’angle d’une rue et la faim s’étiole dans les prunelles sombres.

« Elle se ballade dans le cimetière. Pas vraiment cocasse pour une vampire vous m’direz. » Irina coule une œillade au lupin qui se dresse à ses côtés – le petit malin de service qu’elle emploie pour filer sa gamine lorsque la situation s’y prête. Le quarantenaire a le sourire enjôleur de ces types qui ne s’en font guère. Peu de discrimination lorsqu’il s’agit de traiter avec la veuve noire. Toutes créatures la fascinent. Tout caractère a son utilité. Abraham. Elle le paie pour ses services et pour son flair. Les blagues vaseuses, c’est en plus – ce dont elle se passerait bien mais qui l’égaie bien plus qu’elle ne voudrait l’avouer. « Elle est en chasse. » Murmure Irina, pupilles étrécies et sens alertes. Il la guide à travers les tombes puis finit par indiquer d’un geste du pouce le caveau couvert de ronces qui prend place sous la lueur sépulcrale. « Elle est là-dedans. » Les naseaux du lupus frémissent et le menton oblique en guise d’avertissement. « Et elle n’est pas seule… M’est d’avis que la gosse s’est foutue dans le pétrin. » Irina écarquille les yeux dans une expression farouche et sent la diable gesticuler en elle en songeant que l’on puisse s’en prendre à Elza. Comme pour agrémenter l’idée, un cri provenant du caveau transit les alentours. « Je vais avoir besoin de toi. » Articule Irina, émail serré.

Le loup à forme humaine enfonce la porte et Irina profite de l’agitation suscitée pour se couler dans les ombres de la chambre mortuaire. La blondine se trouve captive des crocs avides des créatures – d’un coup d’œil, elle les repère. Cinq. Elle ignore de quel clan ils sont et s’en contrefiche bien. Enhardie par l’affront qui lui est fait, Irina se glisse derrière l’un d’eux et place ses mains contre sa boîte crânienne avant de la pivoter brusquement. Sinistre craquement. Le corps s’effondre au sol, ce qui suscite l’attention des bravaches. « Elza… » Le nom est lâché dans un soupir mû d’inquiétude et de colère. Le cuir couine lorsqu’elle serre le poing et fustige ses adversaires d’un regard noir. Abraham n’attend pas pour se jeter sur l’un d’eux, fracassant ses poings sur la gueule de travers. Les corps se braquent et l’adrénaline pulse. L’emprise se relâche petit à petit sur l’oiselle blessée et Irina remarque ses plaies multiples. « Vous avez osé, raclures ! » La madone sombre sur l’un d’eux, l’entraînant au sol pour mieux l’étrangler. Cri bestial - les canines saillent et charcutent la chair.

Les bouffer. Les écraser.





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Elza Maroni
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Sujet: Re: Des cendres dans une crypte [Irina]   Dim 30 Avr - 22:00
J’ai l’impression que mon esprit s’évade de mon corps tandis que mon enveloppe est ruée de coups. Mes assaillants n’y vont pas de mains mortes, et je sens ma peau craquer sous leurs poings. Une douleur saisissante me saisit alors qu’une de mes côtes produit un bruit sinistre. Le goût du sang a envahi ma bouche. Mes paupières restent closes. Je ne ressens aucunement l’envie de dévisager mes bourreaux alors qu’ils prennent un malin plaisir à me donner la raclée de mon existence touchant à sa fin. Cinq cent ans à trainer des pieds sur cette Terre pour finir par être mise en loques par des individus de ma propre espèce. Personne ne se soucierait de ma disparition, ni même ne chercherait à l’expliquer. Qui tenait encore suffisamment à moi pour s’inquiéter de mon sort ? Aucun prénom ne me venait à l’esprit, ne serait-ce que dans mon clan. Probablement penserait-on que je m’étais enfuie sur un coup de tête. Je ne pourrais les en blâmer, j’étais connue, et parfois admirée, pour mon imprévisibilité.

Je ne comptais pas me défendre. Aussi, j’étais au bord de l’inconscience lorsqu’une créature rentra en fanfare dans le caveau. Je ne l’entendis même pas, sourde aux sons qui m’entouraient. Peu à peu, la violence subie diminua. Me passer à tabac était suffisant pour assouvir leurs envies de vengeance ? Peut-être en souhaitaient-ils pas s’aventurer plus loin. Un simple avertissement ? Je peinais à y croire. Pourtant, désormais sans soutien, je m’effondrais sur le sol poussiéreux du sol. Ma tête cogna contre ce dernier, mais ce fut à peine si je le remarquais. J’ignorais combien de temps je m’y étais trouver sans connaissance lorsque je captais enfin les signes d’une bagarre non loin de mon corps étendu. Mes yeux se découvrirent au prix d’un effort surhumain. D’abord complètement flou, l’intérieur de l’habitat des morts se précisa. Une lutte acharnée s’y déroulait. De ce que je parvenais à voir, le sang coulait à flots et s’était répandu en une poignée de flaques et éclaboussures. Ce spectacle n’avait rien de réjouissant, et la crypte puait comme jamais.

Plusieurs minutes défilèrent ainsi avant que je prenne appuie contre le rebord d’un cercueil pour me tenir debout sur mes jambes flageolantes. Je n’avais nullement besoin d’admirer mon reflet dans un miroir pour avoir conscience de l’état épouvantable dans lequel je devais actuellement me trouver. Mes nombreuses plaies dégoulinaient de ce liquide rouge qui me répugnait tant, et la souffrance m’habitant n’avait pas encore commencé à s’estomper. Une fois la dernière brute mise hors d’état de nuire, je pris la peine de décrire ceux qui m’avaient épargné de disparaître. L’homme me paraissait être un inconnu, quant à la femme… Mon cœur fit un bon lorsque mon cerveau fut reconnecté correctement à mes neurones. Elle. Cette… démone. Je ne me sentais pas la force de lancer un pic glacial comme à mes habitudes, aussi je me contentais d’un hochement de tête qui signifiait ma gratitude. Tentant de faire un pas vers la sortie, un élancement aigu me transperça tandis que j’abattais ma main sur mes côtes. Après un juron, je lâchais : « Bande d’enfoirés. » Je crachais du sang sur ce qui avait dû être un de mes ennemis et me contentais ensuite de m’appuyer contre le mur. De par mon statut de vampire, peu de jours seraient nécessaires afin que je sois à nouveau au meilleur de ma forme. Mais, pour le moment, j’en étais encore bien loin et une bonne dose de repos me serait nécessaire. Comment pourrais-je rentrer à l’église ? L’idée de devoir demander de l’aide à ma génitrice me répugnait tout autant que le goût cuivré qui avait envahi ma bouche et me courait sur la langue.

D’un air peu intéressé je demandais, tout en pointant l’inconnu du doigt : « C’est qui celui-là ? Un de tes nouveaux admirateurs je présume ? » Mon interlocutrice avait toujours su comment user de ses charmes pour obtenir ce qu’elle souhaitait. Ce n’était pas en devenant une Éternelle que les choses avaient changer. Bien au contraire. D’une main tremblante qui fut trempée de rouge, je m’essuyais le menton. Pourquoi fallait-il qu’ils me voient aussi lamentable ? La honte ne tarderait pas à se faire ressentir. Ainsi qu’un profond mépris. J’étais persuadée que ma mère était plus fière que jamais : elle avait montré sa supériorité en volant à la rescousse de sa « fille chérie ». Hypocrite.

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Irina Altieri
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Sujet: Re: Des cendres dans une crypte [Irina]   Dim 7 Mai - 22:04
Divine comédie
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La posture est animale et primitive. Le brasier d’une colère sourde lèche les calots sombres de la gorgone qui resserre l’étau sur la gorge du malheureux qu’elle détient entre ses serres punitives. Faiblesse d’une mère qui entrevoit la frêle silhouette de sa progéniture ramassée contre terre, en proie à la douleur et l’inconscience. Irina semble oublier qu’être vampire est une force, et que l’oiselle rêveuse et candide à qui elle a donné naissance n’est plus qu’un spectre du passé. Elle aussi possède cette dualité – d’humaine altruiste qui coudoie le monstre sanguinaire.
Les crocs s’arrachent à la jugulaire et le sang coule à flots. L’adversaire rue et elle cogne sa tête contre le béton, encore et encore, dans de sinistres craquements. Jusqu’à ce qu’il ne bouge plus, la boîte crânienne enfoncée. Dans un soupir haletant, la madone parvient à s’arracher à sa proie, coulant une œillade farouche à Abraham qui vient tout juste de saigner les autres. Il essuie sa lame aux vêtements de l’un d’eux avant de se redresser et lorgner en direction de la blondinette maculée de sang qui se redresse enfin. Le soulagement altère la grimace monstrueuse et la noire madone époussette ses vêtements tâchés de cruor. Les naseaux palpitent face à tout ce sang mais elle muselle son avidité, essuyant du bout des doigts l’épais liquide qui lui tâche le menton. Le silence mortifère retombe et Irina observe – dissèque du regard cette fille qu’elle n’a pas vue depuis trop longtemps. Elle entrevoit le dégoût dans les prunelles amères de la blondine qui la reconnaît. L’élan maternel se débat face à l’état pitoyable d’Elza. Elle voudrait se rendre jusqu’à elle et la prendre dans ses bras. La serrer, humer sa chevelure et lui chuchoter que tout va bien. Comme lorsqu’elle était enfant.
Et pourtant, elle reste là à la dévisager – incapable de se rappeler comme c’est, d’être une bonne mère. Simple geste du chef de la part de la pieuse, un dédain que sa mère accueille en serrant les lippes. La tension est palpable – Abraham hausse vaguement les sourcils tout en promenant son regard sur la mère et la fille. Il finit par hausser les épaules et s’abaisse pour faire les poches aux défunts. En voilà un qui ne perd pas le nord.
La pugnace au crin doré se dirige vers la porte mais s’interrompt dans un juron. Réceptive à sa souffrance, Irina s’apprête à la rejoindre mais la question lancée avec provocation la fait sourciller. Le dépit trouble les prunelles attentives tandis qu’elle retire ses gants dans un soupir profond. « Hé ! » Réplique Abraham en dressant un index accusateur en direction d’Elza. « Calme-toi, gamine. Drôle de manière d’exprimer sa reconnaissance. Je n’admire personne. Surtout pas les canines longues dans vot’ genre. » Irina s’imagine déjà arbitrer un pugilat infantile. Elle laisse traîner un regard équivoque sur le lupin avant de prendre la parole. « Il est là parce que je le paie bien… » Constat que le concerné ne peut guère réfuter. Irina essuie le regard empli de jugement de sa fille sans ciller, préférant lui accorder une œillade froide. « Es-tu inconsciente pour te jeter dans un tel traquenard ? C’est cela que t’apprend Gallerini ? A manquer de prévenance. » Le ton est un peu sévère, à l’image de cette mère qu’elle a incarné dans le passé. L’inquiétude saborde tout élan de sympathie même si tout ceci est un reflet trouble de bienveillance. La madone s’avance, sincérité miroitant dès lors dans ses onyx. « Elza… Ma petite fille. » Murmure à peine audible. Les phalanges se tendent vers le joue ronde de la blondine, tendent à l’effleurer. « S’il te plait, ne nous disputons pas… Cela fait si longtemps. »





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Elza Maroni
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Sujet: Re: Des cendres dans une crypte [Irina]   Jeu 18 Mai - 17:25
Malgré sa réplique, je ne daignais pas lancer le moindre coup d’œil au lupin. Peu m’importait ce qu’il pensait de moi. J’avais d’autres chats à fouetter. À commencer par parvenir à me tirer de cette satané crypte infecte ! Je ne connaissais que trop les créatures dans son genre, leur caractère grincheux et fier à la fois. Bien souvent, je ne désirais qu’une chose : les provoquer afin de passer un peu de bon temps. Souvent trop stupides pour comprendre qu’ils étaient manipulés, ils ne manquaient pas de répondre à mes répliques cinglantes. Un divertissement sur pattes, en voilà ! Tout de même, si je devais être totalement sincère avec moi-même, certains d’entre eux se révélaient être d’une agréable compagnie. Mais je ne pouvais partager cette découverte avec mon clan, dont la haine envers les loups-garou me paraissait irrémédiable. Ce que fichait ma mère avec l’un d’eux m’intriguait. Pourtant, il ne me fallait pas omettre que l’alliance entre nos deux races n’était pas interdite de façon universelle. Tout de même, Belphegore avait-il connaissance de cette dernière ? Si ce n’était pas le cas, cela avait-il une importance suffisante pour entraîner la révision du contrat passé entre lui et ma génitrice ? Si j’avais besoin d’une excuse pour me débarrasser d’elle une bonne fois pour toutes, au moins j’avais un possible argument en or massif. Cependant, ce moment n’était pas encore arrivé. Je devais faire preuve de gratitude envers elle et son compagnon à quatre pattes. Cet exercice bien complexe me faisait rager intérieurement. D’ailleurs, je ne pus tenir ma langue lorsque je fus informé que l’homme était à sa botte pour une histoire de gros sous. « Oh, je vois. C’est ta chienne. » J’adressais alors un large sourire à l’inconnu que je venais ouvertement d’insulter. Le terme convenait à la perfection. Je ne tenais pas à me battre avec lui, épuisée comme je l’étais, mais j’avais besoin d’un défouloir. Qui plus est, l’absence d’amour-propre de la bête m’imprégnait d’un profond mépris à son égard. L’argent. Était-ce là l’unique moteur à la loyauté ?

Je devais désormais régler mes comptes avec Irina qui ne tarda pas à critiquer mes méthodes. Je levais les yeux au ciel. J’avais passé l’âge de me faire houspiller par ma mère ! S’il s’agissait de son plan pour améliorer notre lien familial, elle se fichait le doigt dans l’œil. Je ne supportais tout simplement pas la critique, en particulier de sa part. Je ne répliquais pas, me contentant de lui accorder un regard dénué de sentiment. La voyant s’avancer vers moi, je réprimais mon instinct qui me poussait à reculer. Mes sourcils sont froncés tandis que ses doigts effleuraient ma joue tâchée de sang. Je ne supportais plus son contact depuis ma résurrection quelques 480 années auparavant. Je lâchais, malgré moi : « Tu as perdu le droit de me toucher le jour où tu m’as laissé crever. » Son abandon avait provoqué ma perte. Bien qu’il m’arrivait de savourer mon immortalité et ses bénéfices, je ne m’étais jamais réellement épanouie dans cette nouvelle vie. À commencer par laisser entrer l’amour dans mon existence. Je ne souhaitais plus connaître ce sentiment. Pas après avoir connu la déception provoquée par mon interlocutrice et qui me pesait sur les épaules chaque jour.

Je ne pris conscience que trop tard que mes yeux étaient rougis par le sang de mes larmes. Je tenais à peine debout. Comment pouvais-je dissimuler mes sentiments dans une condition comme celle-ci ? Contournant la femme, je laissais échapper un cri à chacun de mes pas, me tenant les côtes alors que j’avançais laborieusement vers la sortie. Je n’avais pas oublié avec quelle facilité je m’étais laissé séduire par la perte éternelle que me promettaient mes agresseurs plusieurs minutes plus tôt. Étais-je si fatigué de parcourir ce Monde ? Y avait-il un moyen d’y remédier ? La main sur le battant de la porte, je me détournais légèrement en direction de la vampire. Mon visage était encore à moitié noyé par les ombres. Contemplant le sol, je confessais dans un demi-murmure : « Si vous ne m’aviez pas sauvé cette nuit, je serais morte… Pourtant, je n’arrive pas à m’en émouvoir. Toi qui as toujours eu la science infuse pour tout, peux-tu répondre à cette question : pourquoi ? » Pendant cet instant, il me sembla que l’immondice qui m’habitait depuis tant d’années avait laissé place à l’humaine que j’étais autrefois. Cela ne m’était pas arrivé depuis fort longtemps.

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Sujet: Re: Des cendres dans une crypte [Irina]   Dim 11 Juin - 22:23
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Elza Maroni & Irina Altieri

Moue friponne sur le visage de la gamine aux cheveux d’or qui agite sa langue pour répondre à la provocation. A ne pas douter que dans sa caboche, les pensées s’articulent dans un but bien précis. Faire mal à sa génitrice. Sa chienne. Irina reste immobile, lèvres pincées. L’insulte. L’ingratitude. L’apanage de l’oiselle depuis qu’elle a quitté le giron familial. La veuve noire sait que la haine est une réponse à la frustration. Elle reconnaît avoir ses torts – bon nombre de torts – c’est bien pour ça que les provocations enfantines ne trouvent en elle aucune véritable amertume. Abraham sourit à la remarque. Continuant son inspection d’un cadavre, il finit par se redresser pour couler une œillade moqueuse à Elza. « T’en connais un rayon là-dessus faut dire. Toi t’es bien la chienne du clan Gallerini. »
« Ça suffit. » Le timbre sec d’Irinia vient mettre fin aux enfantillages. D’un geste du chef, elle invite Abraham à vider les lieux pour se retrouver seule avec sa fille. Elle sait pertinemment qu’elle va devoir user de pugnacité pour briser la carapace acrimonieuse de la blondine et l’inviter à la confidence. Sans grande surprise, Elza repousse le geste et la proximité. Sa mère n’insiste pas, accueillant sa remarque avec passivité. Elle parle de cette mort. Celle qu’elle a voulu se donner et qui lui a été arrachée par sa marraine en échange de cette malédiction d’immortalité. L’amour est un désir égoïste. Irina s’en est toujours voulue pour avoir insufflé cette envie mortifère à son enfant. Plus encore de n’avoir été là pour l’aider ce jour là. L’émotion étrangle la blondine et Irina ne peut que se sentir profondément affligée. Elle ferme les paupières un instant, mains nouées contre sa panse avant de suivre d’un regard inquiet la progression de sa fille. Mutilée, la donzelle semble souffrir de chacun de ses pas. Elza désire partir. La fuir à nouveau - témérité que sa mère lui reconnaît bien là dans l’incarnation d’un affront final. Le museau ensanglanté se tourne vers elle, formule une question dans un murmure mortifié. Pourquoi ? Pourquoi ne peut-elle pas se réjouir d’avoir été sauvée ? L’instinct maternel tourbillonne à la fleur de ses lèvres, ranime ses froides prunelles d’un brasier d’émotions. Irina avale la distance qui les sépare, glisse une main dans la chevelure dorée de sa fille pour la retenir contre elle. « Je le sais Elza. Je sais que j’ai été une mauvaise mère, que je n’ai su t’insuffler la joie de vivre. J’ai essayé, je te le jure. J’aurais voulu te voir sourire. Trouver ta voie et t’épanouir. Te voir mariée. Fonder ta propre famille. Etre grand-mère. » Illusions s’écroulant tel un château de cartes face au désarroi de la réalité. Sort infâme que lui réserve la vie. « Pardonne-moi parce que j’ai été faible. Et pardonne-nous car on a été égoïstes. Notre malédiction nous semble toujours plus supportable lorsqu’on est entouré de ceux qu’on aime. » Les longs doigts encadrent le visage juvénile de la blondine, profite de ce contact qui lui semblait si lointain. « Excuse-moi Elza. » Murmure se noyant dans le silence de la crypte. Irina inspire, en revient à la situation déplorable. « Laisse-moi t’aider. Tu es blessée. Laisse-moi faire ça pour toi, d’accord ? » La gorgone cherche l’approbation dans le regard de la blondine, s’apprêtant à couler un bras contre son corps pour l’aider à se déplacer.      





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Elza Maroni
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[titre de mon champ]: OSSATURE: : Bien que l’image renvoyée par son miroir révèle l’apparence d’une jeune femme d’une vingtaine d’années, Elza en compte exactement 480. [titre de mon champ]: CONTRAT: : Malgré les années écoulées et ses indénombrables rébellions, Elza est restée pieuse. Qu'est-ce qu'un homme si ce n'est une source de conseils et de réconfort ? [titre de mon champ]: BESOGNE: : Sa dévotion envers le clan Gallerini est telle qu'un emploi serait superflu. Son unique aspiration est dédiée aux croyances de son roi qu'elle s'efforce à faire respecter. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCORCE: : 480 printemps plus tard... [titre de mon champ]: ÉCHINE: : I am a vampire, I have lost my fangs ♫ [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Sens accrus, résistance au froid, agilité, force et rapidité. [titre de mon champ]: GANG: : Clan Gallerini : la paix avec les hommes est le but des tous les membres. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Mia Wasikowska [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 176 [titre de mon champ]: PACTE: : 18/03/2017



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Sujet: Re: Des cendres dans une crypte [Irina]   Mer 14 Juin - 14:51
Les insultes fusaient au sein du trio réuni dans une crypte poussiéreuse de Rome. J’avais honte de cet être rampant qui était prêt à obéir au doigt et à l’œil contre de la vulgaire monnaie, et mon estime pour ma mère ne volait pas bien haut non plus. Ne pouvait-elle pas se lier avec des individus sans devoir les payer afin qu’ils lui viennent en aide ? Était-elle aussi désespérée, glaciale et antipathique ? Tous les éléments semblaient pointer dans cette direction. Aussi, je ne pouvais pas m’empêcher d’attaquer le loup-garou sur son absence de fierté. Sa réplique m’amusa autant qu’elle me fit grincer des dents. Comment savait-il que je faisais partie intégrante du clan Gallerini ? À croire que ma génitrice lui faisait de douces confidences sur l’oreiller. Finalement, peut-être n’y avait-il pas qu’une histoire d’argent entre eux. À cette réflexion, je levais un sourcil curieux mais fut interrompue avant même d’avoir eu l’opportunité de prononcer un mot. Déçue, je venais de louper une occasion en or de creuser plus loin dans les secrets et alliances de mon interlocutrice. Je me fis la promesse de remettre ultérieurement le sujet sur le tapis. J’étais bien trop intriguée pour abandonner la partie. Mes yeux suivirent la créature qui quitta les lieux après en avoir reçu le commandement. On aurait dit un chiot parfaitement dompté par sa maîtresse. Pathétique. Dans un tout autre contexte, probablement aurais-je souhaité lui cracher au visage mais, pour le moment, je n’en avais pas la force. Je tentais de marcher sur ses pas, mais ma douleur était bien trop grande. J’avançais péniblement, puis je m’arrêtais afin d’exprimer mes sentiments à la dernière protagoniste présente. Je n’avais pas fait preuve d’autant de sincérité envers elle depuis des siècles, toujours à lui cacher mes réelles émotions si ce n’est ma colère et la haine que je lui vouais. Pourquoi maintenant ? Ma faiblesse avait peut-être raison de mes principes. Une fois mes paroles déclarées, je ressentis un poids inconnu s’envoler de mes épaules comme si cela faisait une éternité que j’attendais ce moment.

Je dévisageais Irina malgré l’obscurité ambiante, et parvint à lire un profond chamboulement intérieur dans ses prunelles. Ce que je venais de lui révéler semblait avoir eu l’effet d’une bombe auquel cette dernière n’était clairement pas préparée. Probablement s’attendait-elle à me voir disparaître, comme lors de nos entrevues précédentes. Pourtant, cette fois, je m’étais retournée vers elle afin de lui livrer mes tourments, et je ne pouvais lui reprocher de perdre pieds ne serait-ce qu’un instant. Je ne bronchai pas tandis qu’elle accourait dans ma direction, venant glisser ses doigts dans ma chevelure endiablée et tâchée de sang par endroits. Nous n’avions pas eu un tel contact physique depuis maintes générations. Aussi, perplexe devant cet élan de tendresse, je ne m’y dérobais pas. Qu’était-il en train de se passer dans ce tombeau ? D’où provenait ce revirement incroyable de situation ? Ingrid elle-même serait interloquée face à une telle scène. Je fus d’autant plus décontenancée lorsque l’impensable arriva : ma mère s’excusait pour toutes les horreurs qui avaient croisé mon chemin. Cette question me traversa l’esprit pour la énième fois en 500 ans : pourrais-je lui pardonner ? Après tout, ce n’étaient que des mots. Le passé ne pouvait être changé et, s’il en était autrement, prendrait-elle des décisions différentes ? Je fronçais les sourcils, comme si je doutais de la véracité du moment que j’étais en train de vivre. Étais-je en train d’halluciner ? Étais-je morte aux mains de mes adversaires, mon subconscient me montrant ce que je désirais par-dessus tout avant de rejoindre l’au-delà ? Non, j’étais toujours ancrée dans le réel, aussi difficile était-ce à croire. Je perdis l’usage de la parole, ma gorge se serrant sous le coup de l’émotion. À la proposition qui m’était offerte, je hochais la tête d’un air absent.

Alors que nous nous retrouvions désormais à l’extérieur après une bonne minute de silence, je lâchais péniblement : « Je l’ai été. Aussi loin que je me souvienne… Je l’ai été. » Comprenant que mes propos méritaient précision, j’ajoutais : « Heureuse. Du moins, je n’ai pas toujours été aussi misérable… » Je marquais une pause, hésitant à en dire davantage. Jusqu’ici, je n’étais jamais parvenue à échanger de la sorte avec la hongroise. La douleur me montait-elle à ce point à la tête pour opérer un changement si radical à notre relation ? Peut-être s’avérerait-il temporaire. « T'arrive-t-il de te demander à quel point les choses auraient été différentes si Père n’était pas décédé ? » Oui, il s’était agi de l’élément déclencheur d’une série de malheurs. Même si ce dernier avait regretté ne pas avoir de jeune garçon et me l’avait fait sentir bien malgré lui, mes premières années avaient été ponctuées de balades sous le soleil, de courses dans les champs, et de nombreux éclats de rire. J’étais régulièrement punie pour mes excès de zèle, produisant des désastres matériels qui en faisaient enrager plus d’un au sein de la propriété. Pourtant, il s’agissait de mes plus beaux jours. J’ignorais toujours les causes exactes de sa mort prématurée, la médecine étant bien loin d’être aussi développée au XVIème siècle qu’elle l’était aujourd’hui.

Un autre événement avait drastiquement changé le cours de ma vie en tant qu’humaine : la conversation entre la brune et mon oncle. J’avais alors fait une croix sur les hommes, m’empêchant par conséquent de devenir une épouse, une femme et une mère avant que la malédiction ultime se fut abattue sur moi. Y songeant, les raisons qui m’avaient poussé à haïr ma génitrice reprirent rapidement du terrain sur la trêve que nous avions conclu peu auparavant. Pourtant, je devais me rendre à l’évidence : je ne possédais plus suffisamment de force cette nuit pour un sentiment aussi négatif et pompant de l’énergie. Je me contenais donc de me taire, et de me laisser entraîner vers la sortie du cimetière. Est-ce qu’Irina parvenait à mesurer l’impact crucial que ces deux épisodes avaient eu sur ma santé mentale et sur tout ce qui me définissait depuis ?

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[titre de mon champ]: OSSATURE: : Si le froid minois affiche quarante cinq ans, l'âme est sombre et vieille - corrompue par les cinq cent quatre années défaites de son pacte horrifique. [titre de mon champ]: CONTRAT: : La veuve noire ne compte plus les fois où elle a empoisonné ses époux. Le seul homme qu'elle supporte à ses côtés est son frère aîné. [titre de mon champ]: BESOGNE: : Officiellement, riche PDG d'une firme pharmaceutique appelée Evora. Officieusement, bourreau scientifique, extorquant aux créatures leurs secrets. Désirant trouver remède à la stérilité vampire et créer la créature parfaite. [titre de mon champ]:
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Sujet: Re: Des cendres dans une crypte [Irina]   Dim 18 Juin - 17:11
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Aussi loin qu’elle se rappelle, Irina peine à se voir aussi réceptive à la souffrance de sa fille. Il y a toujours eu en elle une froideur exécrable, un manque terrifiant de confiance accordé à l’autre. Simplement une passion meurtrière qu’elle a embrassé sans le moindre état d’âme.
Cette fois-ci, c’est différent. Irina se sent écorchée. Comme si on lui avait ouvert la poitrine pour mettre ses sentiments à nu. Comme si après tout ce temps, les quelques miettes d’humanité revenaient enfin à la surface de son flegme marmoréen. Cette sensation l’asphyxie dans un malaise anxiogène et même si elle tente de garder contenance, la hongroise sait pertinemment que sa fille n’est pas dupe. Est-ce une faiblesse, de faillir devant elle ?
Quel soulagement que de lire sur les traits de l’oiselle un semblant d’accalmie. La haine qu’elle lui réserve à chacune de leurs retrouvailles est telle un pieu enfoncé dans le cœur calciné de la madone. Et que ça lui triture les entrailles – effondre toute contenance. A son plus grand dam.

Le grand air est le bienvenu après ce petit intermède en terrain sinistre. Au flanc d’Elza se tient sa mère, l’aidant à marcher dans un pas lent et mesuré. La blondine prend la parole, captivant l’attention de la noire madone qui pose sur elle un regard doux et compréhensif. Elle revient sur ce qui a été dit, évoque ce sentiment qu’elle a eu - celui d’avoir été, un jour, heureuse. Ce qui enraille une fois de plus la réalité aux yeux de l’Altieri, la projetant des siècles en arrière – lorsque toutes deux étaient encore humaines. L’unique enfant a été désirée, quoiqu’un peu malmenée par le désir paternel qui était d’avoir un fils pour reprendre le flambeau. Elle revoit le visage poupin de la candeur enfantine incarnée, s’amusant à perdre la nourrice dans le dédale de couloirs du château, gloussant lorsqu’Irina la trouvait enfin, cachée dans le garde manger. Ce souvenir a toujours don de l’émouvoir, d’étirer une risette nostalgique sur ses fines lippes closes. Quand sa fille a-t-elle commencé à ne plus croire en rien ?

Au meurtre du paternel. Chuchote une voix en elle. Et les traits se glacent quand la voix fluette interroge sur Jolan. Comment aurait été leur vie si elle n’avait pas prématurément raccourci la vie du père ? Son esprit malade a corrompu le sang de sa famille. Ainsi, a-t-elle payé le prix de sa folie criminelle. La culpabilité n’a jamais gangrené l’encéphale de la terrible madone. Du moins, pas jusque maintenant. « J’y ai songé… De rares fois. » Lui répond-t-elle dans un murmure songeur. « Mais il est vain de maudire le sort. C’était une autre époque. Un autre contexte. N’es-tu pas admirative des progrès de l’Humanité ? Cela me rappelle que nous ne sommes rien. Rien que quelques grains de sable venus enraillés le mécanisme de l’existence. » Et pourtant, les voilà en partie immortels, à devoir re-évaluer leurs buts et prédispositions. « On ne cesse jamais de se chercher, n’est-ce pas ? » Curieusement, Elza semble avoir trouvé un semblant de satisfaction à servir les intérêts de Gallerini, chose qu’Irina peut difficilement comprendre. Tandis que toutes deux s’avancent entre les tombes froides, l’Altieri coule un regard soucieux sur le faciès de sa fille. « Fornese te donne-t-il ce que tu cherches ? » Figure paternelle, berger guidant brebis égarées. Irina voudrait comprendre les nuances de cette relation qui s’est créée à partir d’un rapt sauvage et tyrannique. Le portail est enfin derrière elles et Irina distingue la silhouette d’Abraham, patientant au volant de sa voiture bien lustrée. Elle ouvre la portière, aide Elza à se glisser sur la banquette arrière et la rejoint en coulant une œillade au rétroviseur pour croiser les yeux du conducteur. « Heureusement que c’est une bagnole louée. Mais qui c’est qui va d’voir se taper le nettoyage ? » Grince Abraham à l’attention d’Elza. « Ca tombe bien, c’est aussi pour ça que je te paye. » Que répond derechef Irina. « Amène-nous à la tour. » C’est bien la première fois qu’Elza y mettra les pieds. Dans les appartements de mère et oncle. D’ailleurs, ça la rend particulièrement nerveuse. Cela fait si longtemps qu’elle n’a fait rentrer personne dans son monde. Truffé d’espoir et de désillusions.




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Sujet: Re: Des cendres dans une crypte [Irina]   Mer 28 Juin - 16:05
La confidence n’était pas un acte caractéristique de la relation que je partageais avec ma mère. Pourtant, je me prêtais au jeu depuis une poignée de minutes. Symptôme du mal-être qui m’habitait aujourd’hui plus qu’hier, de mon corps qui n’était plus qu’un hématome géant ? J’écoutais mon interlocutrice prendre la parole tandis que je luttais pour tenir sur mes pieds. Quelques jours me seraient nécessaires afin de pouvoir mener à bien la mission qui m’était confiée : châtier les traîtres. L’ironie du sort voulait que je me trouvasse en la présence d’un des leurs. À moins qu’Irina ait changé ses principes fondamentaux, elle restait une chasseuse d’hommes et une meurtrière. Elle ne prenait pas soin d’épargner la douleur à ses victimes, s’en réjouissant même. Cependant, elle n’était pas dans ma ligne de mire. Je ne lui causerai aucun mal, malgré le ressentiment que je possédais à son égard. Ma génitrice était bien trop précieuse de par ses recherches. Qui sait ce qu’elle parviendrait un jour à découvrir ? Je me surprenais parfois à rêver au vœu que je souhaiterais s’il m’était offert de modifier ma condition de vampire par un quelconque moyen surnaturel ou scientifique. Choisirais-je d’être insensible au soleil ? De pouvoir procréer ? D’être en mesure de me nourrir d’autre chose que des flots de rubis ? Il était impossible d’en être certaine tant que la situation ne se présentait pas à moi.

Jamais je n’avais entendu la femme se remémorer de si anciens souvenirs et, présentement, elle tendait à nouveau de les fuir en les contournant. Pourquoi ? Possédait-elle des secrets dont elle n’était pas fière, ou craignait-elle de s’enliser dans la peur ou le chagrin ? Je ne savais rien de la manière dont elle percevait exactement nos années passées parmi les vivants. Les regrettaient-elles parfois ? Je ne le saurai qu’en lui demandant semblait-il. Lorsqu’elle me question quant à mon admiration pour les « progrès de l’Humanité », je ricanais sarcastiquement. « Quelles avancées ? Nous sommes plus que jamais manipulés et ce, désormais, par les médias. Tous se pensent intellectuels car connectés, mais ils sont incapables de se créer leurs propres opinions. Ils sont là à gober tout ce qu’on leur montre. Et puis… Nous continuions de nous entretuer au nom d’idéaux, de religions, ou simplement par folie. Non, je n’appelle pas ça des « progrès. » Nous sommes tous pathétiques. » Oui, j’avais une manière bien noire de percevoir l’univers mais, avais-je réellement tort ? « Au bout de 500 ans, je cherche toujours à savoir qui je suis. » confessais-je en réponse à son interrogation ultérieure. « On ne m’a jamais permis de m’accomplir, d’évoluer. À cause d’égoïstes, je ne serai jamais rien d’autre qu’une chose coincée entre enfant et femme. » Je ne craignais pas d’employer un tel terme, même si celui-ci renvoyait directement à mon interlocutrice. La hongroise avait été qualifié d’horreurs bien plus grinçantes au cours des derniers siècles.

Il me paraissait évident que ma mère profitait de cette entrebâillure pour m’assommer de questions, abordant des sujets qui lui étaient désormais interdits par mon attitude. Cependant, je ne pouvais pas me permettre davantage de sincérité. Pas en ce qui concernait le clan Gallerini, groupe au sein duquel je commençais peu à peu à étouffer. Il m’était impossible d’imaginer les actions de la femme si elle possédait ces informations en mains. Alors, je me contentais de répondre : « Oui. Malgré son absence régulière, il est constitue un précieux soutien. Sera-t-il prochainement réjouit par l’avancée de tes investigations scientifiques ? » Après tout, j’étais aussi en droit de l’interroger, tandis que nous arrivions à la voiture. Durant un instant, je m’arrêtais net, craignant de commettre une erreur en grimpant dans cette dernière. Était-ce raisonnable ? Allais-je me retrouver dans une situation indésirable en lui accordant plus de confiance ? Au diable les conséquences. pensais-je avant de m’installer le plus confortablement possible sur la banquette arrière. Je lançais un regard noir au conducteur. Comment lui reprocher de se montrer aussi mordant après les échanges que nous avions eu précédemment dans la crypte ? À la tour ? Quel était cet endroit ? Je n’avais jamais mis les pieds dans la dernière habitation de celle qui m’avait donné la vie un demi-millénaire auparavant. Ma haine à son égard avait toujours eu raison de nos entrevues, les limitant à des insultes et à de la froideur. « Qu’est-ce qui te fait croire qu’on peut lui faire confiance, si ce n’est qu’il aime mettre son nez dans ton compte en banque ? » lançais-je, m’étant abstenue de toute métaphore sexuelle. La prédisposition à la trahison chez les individus de son espèce était un argument particulièrement mis en avant dans les propos justifiant la haine que mon clan leur portait.

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Irina Altieri
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Sujet: Re: Des cendres dans une crypte [Irina]   Ven 30 Juin - 18:29
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Irina devine sans mal les mouvances acrimonieuses qui galvanisent la blondine en silence. Elle, sa génitrice exécrée - vampire, coudoyant loup-garou sans le moindre dédain pour leur race. Se parjurer avec tels cancrelats, anomalies de la nature répudiées par la vraisemblable hiérarchie des longues canines, est un affront fait aux fondements saints du clan Gallerini. Cela tombe bien, car elle n’y est en aucun cas affiliée – dégueulant son mépris sur la caste religieuse qui se voit régner sur tout et chacun. Evidemment, le rapt de l’oiselle n’aide en rien à lénifier la rancoeur. Sans oublier le conditionnement pernicieux appliqué par Fornese à son égard. Mais au milieu de ce tumulte de contrariétés, l’Altieri parvient à voir clair – jouant ses pions en tapinois dans l’espoir de voir le jeu tourner en sa faveur. Bien qu’Elza soit aveuglée par sa filiation au clan, elle n’en démord pas de cette sagacité féroce qui lui permet de porter un regard critique sur le monde qui l’entoure. Etonnante, cette capacité à cracher chez le voisin sans même prendre soin d’évaluer où l’on se trouve. A la tirade aigre que lui lâche sa fille sur la société, Irina étire un bref sourire. « En effet... Les nouvelles technologies amènent leur lot de nouvelles… problématiques. » Les médias. Irina s’en méfie comme de la peste. Toujours à fureter dans ses affaires, à vouloir le monopole de l’image. Heureusement, la noire madone trouve toujours à s’entourer des meilleurs conseillers qui soient en la matière. Ce serait malvenu que l’on fouille dans son passé et que l’on y dérange les quelques cadavres planqués au fond du placard. L’autre constat plonge la mère dans une réflexion aiguisée. « Idéaux. Religion. Qu’il est amusant d’entendre ces mot de ta bouche. » Car n’est-elle pas sous la coupe d’un gourou ? « Penses-tu réellement que Gallerini a raison de se croire au dessus de tous et de tout, Elza ? Partages-tu réellement son aversion envers les créatures qu’il estime être contre-nature ? » Car si le présent est à l’ouverture d’esprit, la monarchie archaïque de ce dernier frise la folie. Elza geint. Déplore d’être ainsi – plus une enfant mais pas vraiment une femme. Cela semble être son plus grand regret. Et la matriarche le comprend.
Cette malédiction, celle qui leur est commune – c’est un fardeau. Un fléau. Malgré ça, l’Altieri compte bien mettre au profit cette immortalité pour apporter à ce monde. A leur monde.
La blondine n’a jamais été bien loquace à l’égard de Fornese. Si elle doit s’en donner à cœur joie pour déverser sa fureur sur la mère indigne, le bourreau n’a jamais eu droit à de tels égards. Du moins, pas aux oreilles de l’éplorée à qui on a ravi l’enfant. L’unique.
Elza mentionne l’intérêt du régent pour ses recherches, essayant tant bien que mal de grappiller quelques informations sur leur connivence. « Tu te doutes bien que ton monarque a la science en horreur. Une chance pour moi que son régent s’en soucie. Cela me donne au moins un argument de poids pour te voir. » Irina désire rester vague sur leur arrangement, surtout qu’un bon chrétien ne remet jamais en cause l’essence de toute chose. Le doute hameçonne la physionomie de la donzelle au moment de monter dans la voiture. L’altière patiente puis se réjouit quand elle s’exécute. A peine sur la banquette arrière que la voilà qui questionne à nouveau au sujet du lupin, arrachant à l’effigie marmoréenne un semblant de sourire. « La confiance s’achète. Et je la paie cher. » Les onyx de la veuve s’attardent dans le rétroviseur avant d’en revenir au portrait poupin de sa fille. « Il est probablement comme toi, tu sais » L’œillade traîne à travers la vitre, contemplant les ruelles calmes. « Il n’a pas choisi d’être ce qu’il est. » Tristesse du phonème évoquant les réminiscences passées. « En quoi sommes-nous plus légitimes à arpenter ces terres, Elza ? » Cette jungle, parfois, elle la fatigue. Cette incompréhension aussi. « Dis-moi, vois-tu ta marraine quelques fois ? » La questionne-t-elle sur un ton anecdotique, espérant que son vif intérêt ne soit pas trahi. Ingrid la divine succube. Leur créatrice à toutes deux. La mère craint toujours d’être évincée par cette reine là. Son amante, son amie, sa jumelle.        



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