Opium

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

WICKED GAME

avatar

conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : 36 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibataire [titre de mon champ]: BESOGNE: : Officier de police [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé, le présent, le futur. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Charlize Theron, lux aeterna, alas [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 691 [titre de mon champ]: PACTE: : 04/01/2017



Message
Sujet: Opium    Lun 17 Avr 2017 - 19:34


Opium
Irénée N. Carissi & Varri Bjurman


« We’re all mad here. »

Lewis Carroll ne croit pas si bien dire. Varri se sent incarnation moderne de cette fillette aux boucles blondes galopant après un mystérieux lapin blanc sauf que ce n’est pas dans un ravissant terrier qu’on la mène mais tout droit dans les tréfonds d’une jungle urbaine où s’encanaillent les plus jeunes et se corrompent les égarés. Sur un banc en fer forgé à l’angle d’une rue, l’esseulée se prend la tête et se répète son mantra. L’enquête. Le roc auquel elle se raccroche désespérément pour ne pas sombrer dans la folie qui la guette. Si les ombres qui l’entourent semblent peuplées de monstres, les visages de l’Homme quant à eux, sont ponctués de quelques horribles grimaces que la blonde apprend à contempler. Elle n'a plus son badge de flic mais ce n'est pas pour autant qu'elle va rester à bailler aux corneilles, attendant que son psy daigne la remettre sur les rails. Non. Elle ne peut se résoudre à se croire folle et tirer un trait sur ce qui l'amène ici. Cadavres grignotés, traces de crocs, comme ceux des loups. Fibonacci, disparaissant à l'aube et cette vision du loup s'évadant de ses draps.
L'enfer.
Le temps semble suspendu au gré des pérégrinations psychologiques de la donzelle qui finit par lever la tête, victime de sa perception altérée. Les agates chaloupent en direction des corps qui s’animent et des rires francs, se fascinant du rituel social dont les égarés se bâfrent sous les néons colorés du club sordide dont la musique déchire le silence nocturne. Durazzi, yeux et oreilles traînant sa carcasse dans une ville qui l’ignore, lui a lâché une information qu’elle n’est pas prête d’ignorer. On parle d’une drogue qui a la côte depuis quelques mois et on raconte même que l’ingrédient secret serait des herbes étrangères. Lapones. La mère de Varri n’aurait pas fini de s’indigner si elle était encore vivante aujourd’hui. L’idée de faire de leurs herbes chamaniques une drogue vendue aux gosses paumés de la cité italienne est un blasphème fait à leurs croyances et à leur religion. Grimace carnassière teintée de désillusion. La menotte fouille la poche de la veste en cuir pour en sortir le smartphone qu’elle regarde avec morosité. L’écran s’éclaire sur le sourire enjôleur de sa nièce qui fait la maligne avec son tee-shirt des rolling stones, rappelant à Bjurman le concert exceptionnel qui les a rendu si proches. Elle se fend d’un sourire comme pour se donner le courage puis flanque le cellulaire dans sa poche.

Cacophonie des grands soirs. Au moins, les stroboscopes font taire les mirages de sa caboche. La fièvre ne l’a pas quitté des jours durant mais cette effervescence méphitique semble brouiller les pistes, distiller dans les entrelacs de ses turpitudes une once de légèreté. Varri joue des coudes au comptoir, commande une vodka et laisse son esprit s’enivrer de l’humeur volage qui papillonne aux alentours. Elle n'est plus flic mais demeure convaincue. Pour faire la taupe, mieux vaut être préparée. Se laisser happer par l’ivresse des bas instincts – flirter dangereusement avec la dépravation. Blondie enquille son verre ce qui lui vaut un regard amusé du barman. Elle le repousse vers lui et lui intime de lui servir une deuxième tournée avant d’aviser les alentours d’une œillade pensive. Elle tente de repérer le profil type du camé – celui ou celle qui pourra lui donner un nom, une gueule, à se mettre sous la dent. Il lui faut mettre le nez dans la fange, se salir les mains pour obtenir ce qu’elle veut. Quitte à perdre quelques unes de ses infrangibles certitudes. De devoir s’extirper de là à coup de pompes et de crocs et espérer s’en sortir indemne.


3 :30 du matin. L’esprit lézarde à travers les individus et se gorge de leur présence. Blondie brise la foule et se meut entre les corps qui serpentent sur la piste de danse. Ondée humaine qui la fait changer de bord. Elle chavire, se laisse porter par le flot et finit par s’échouer vers une alcôve. Le râble s’adosse au mur, la tête bascule vers l’arrière et les paupières se ferment. Ça tourbillonne. La chaleur de l’endroit l’oppresse et l’alcool lui brûle les entrailles. Elle se laisse choir sur la banquette derrière elle – se soucie peu des gens qui l’entourent. Elle s’emmêle dans sa veste, la retire avec hâte – espère reprendre son souffle. Tee-shirt qu’elle triture avant de remarquer la femme assise à ses côtés qui l’observe avec amusement. Yeux cernés de noir emplis d’une ivresse contenue. Elle lui demande si ça va et Varri acquiesce d’une œillade malicieuse. « Je cherche quelque chose de plus fort que l’alcool à brûler qu’il servent au comptoir. Tu saurais où je peux trouver ça ? »    

Codage par Emi Burton

_________________
Fucking mess in my head
As the world fell, each of us in our own way was broken. It was hard to know who was more crazy...©lazare.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

RUN WITH THE MOON

avatar

conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : 37 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibâtard-HomicidoPresqueInvolontairement-Veuf - (Re)marié aux vins et spiritueux de la supérette discount du coin [titre de mon champ]: BESOGNE: : Fabricant et dealer d'une drogue dure commercialisée par la Nostra Regno - ah, ces sponsors du crime [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCHINE: : Sorcier pur, suprême déchu mordu par la fourbe lupine [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Je crève dans mon dedans actuellement, j'ai les pouvoirs d'un gosse de 15 ans et les capacités irrégulières de ces gens en proie à une dualité interne. Mais j'ai un Beretta 92 FS et je sais viser. [titre de mon champ]: GANG: : Je collabore avec la NR pour qu'elle assure ma protection - et quand je dis collabore, je veux dire que je travaille pour eux - mais je ne suis membre d'aucun coven, d'aucune meute et je n'ai prêté allégeance à personne - faut pas déconner non plus [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Jason Momoa by Lux Aeterna [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 458 [titre de mon champ]: PACTE: : 06/06/2017



Message
Sujet: Re: Opium    Lun 12 Juin 2017 - 22:07
OPIUM
Varri & Irénée
- Encore, soufflé-je entre mes lèvres le regard fixé sur une petite paire de chaussons de couleur crème. Du 0/6 mois indique l’étiquette. Je ne sais pas vraiment ce que ça représente, mais tout ça me paraît ridiculement petit. Ou grand selon l’âge du bambin. Je n’ai jamais aimé les gosses de toute façon, pensé-je en les tournant de trois-quarts pour voir apparaître un petit ourson brodé sur le talon. Dans la boîte, celle dans laquelle je les ai trouvés, un mot. Simple. Court. Concis. Little bird in the Way avec deux tests de grossesse positifs. Ca devrait me faire quelque chose… Ca me fait quelque chose. C’est bien pour ça qu’une bouteille de Whisky a accompagné ma découverte. Puis une bouteille de rhum. Ca doit faire des heures que je ne bouge plus. Figé. Bloqué. L’esprit septique et le cœur blessé.

C’est la femme de ménage, Gisèle – ou une connerie du genre –qui me fait légèrement sortir de ma léthargie en se tournant vivement vers moi. Je suppose que ça fait un moment qu’elle cause et que ça fait un moment que je ne l’écoute pas. – Monsieur Carissi mai… Et beh, qu’est-ce que t’as ? Elle tente de balbutier sous son menton tremblant mais comme elle a du mal à parler la langue c’est la natale qui a tendance à revenir dès qu’elle s’énerve. Ses mirettes se mettent à vagabonder. Elle louche partout. Partout. Sur tous ces cartons empilés dans un angle du salon, sur les lettres étranges qui les parcourent – pas des lettres latines, pour sûr, doit-elle se dire – sur le saillant d’un meuble encore monté – le seul, un grand vaisselier que j’ai décidé de laisser là - et sur mes rangers – ceux que j’ai aux pieds. Cherche pas, il n’y aucune caméra, je ne blague pas quand je te dis que je veux que tu recommences. Si j’étais connu pour mon grand sens de l’humour ça se saurait. Ses bras lui en tombent. Claquent sur ses hanches. Quoi ?Monsieur Carissi… - Patron, rectifié-je avec un sourire en coin – de ceux qui sont froids et qui ne veulent pas dire grand chose. Elle hausse les épaules. – Patron, ça fait trois fois que je nettoie cet appartement, on pourrait y manger par terre. Pas à mon goût. Je lui accorde cependant qu’elle le récure du sol au plafond depuis ce matin. Depuis que je plie les dernières affaires en buvant ma niole. Je déménage dans l’Est de la ville.

Elle s’approche doucement de moi, avec son chiffon jaune criard et ses gants roses bonbons en caoutchouc épais. – Vous… Vous allez être papa Patron ? Les chaussons roulent sur le sol ciré dans un bruit mat. – Non. Brûle-les.


Point de vue d’Ada – Le lapin blanc

Ada est petite et famélique mais elle a un visage harmonieux qui a toujours inspiré la confiance. Elle était plutôt douée à l’école et ses parents la voyaient déjà faire un truc vachement prestigieux, une grande école dans la capitale, ou même à l’étranger. Ils pensaient qu’ils pourraient se vanter d’avoir Ada… Mais Ada a fait de très mauvaises rencontres, et puis elle est tombée amoureuse de ce beau motard qui lui promettait plein de belles choses. Un avenir merveilleux, avec des mômes et du fric. Il avait une affaire à lui, ouais, pour sûr que ça allait marcher. Puis même quand ça marchait pas il lui disait que ça le ferait, qu’il s’arrangerait… Elle savait qu’elle pouvait lui faire confiance. Même ce jour où il lui a demandé de coucher avec un de ses potes pour de l’argent. Puis un autre…  Puis encore un, bien que celui là il ne le connaissait pas vraiment… Puis quand elle a dit non, il lui a répondu que ça serait plus simple pour elle si elle prenait de l’héroïne… Ou même un peu d’orvietan. Mais ça ne c’est pas exactement passé comme c’était prévu.

Depuis elle s’en est tirée. Du moins de son mec, pas de la drogue. Du coup Ada a toujours du mal à arrondir ses fins de mois… Elle a bien dû se rendre à l’évidence, surtout depuis que sa famille lui a tournée le dos, que l’underground romain est définitivement ce qui lui correspond le plus en terme de job. De l’argent facile. Hors de question pour elle qu’elle retombe dans la prostitution… Alors Ada a décidé d’être une petite main de la Nostra Regno. Cette mafia sait à peine qu’elle existe et elle gagne un pourcentage minable sur les ventes mais c’est elle qui rabat le client. Elle est dans le four comme ils disent. Elle repère, elle étudie, elle prend la température et elle conduit le consommateur au dealer dans le magasin. Ce soir son binôme et elle ont décidés d’officier dans la boîte branchée type. L’autre se montre pas, il a pris ses quartiers dans un salon VIP – à défaut de bien vouloir attendre dans une ruelle comme tous les gens censés. Elle ne l’aime pas beaucoup, à Nemesio, cependant elle est bien obligée de faire avec.

En tout cas, la soirée a battue son plein. Ils ont visiblement empoché pas mal d’argent entre leurs réguliers et ceux qu’elle a trouvé. Généralement ils ne travaillent pas aussi tard. Jusqu’à 22h en semaine et 02h le week-end.Mmais Ada a tenu à rester un peu plus, malgré les râles protestataires de la Montagne Nemesio. Elle a du flair Ada. Elle sait quand le marché est encore ouvert. Là elle est sûre de vendre encore assez de marchandises pour avoir un salaire convenable. Et elle a raison. A peine quelques minutes après être revenu de son entretien sans parole avec son acolyte, une grande blonde vient s’échouer à côté d’elle – semble-t-il sans même la voir. Son degré d’alcool est si fort qu’Ada est sûre qu’ils vont pouvoir lui revendre la came la moins chère qu’ils ont à un prix exorbitant sans qu’elle ne s’en rende compte. Lorsque la blonde lui parle, Ada est obligée de se pencher vers elle pour l’entendre – non sans jouer de tout le pauvre charme qui lui reste en ce milieu de nuit. Elle roule des épaules, étire un sourire enjôleur et penche la tête sur le côté parce qu’il paraît que ça la rend plus mignonne. – Quelque chose de plus fort ? minaude-t-elle en repartant en arrière. – Je n’en sais rien, tu as combien sûr toi ma jolie ?


Va te faire foutre. Si tout le monde trouve Ada sympa et plutôt de bonne compagnie, je la trouve, moi, particulièrement irritante avec son rire suraigüe et ses épaules beaucoup trop larges par rapport à son bassin. Elle me fait penser à une espèce de mante religieuse brune hyperactive  qui n’aurait pas fini sa croissance. – Allez, un dernier et on y va ! Je soupire. Fort, manière qu’elle comprenne bien qu’elle me les brise. Et la voilà qui se faufile par la porte du salon VIP – là où il devait, avant, y avoir une tenture épaisse. Je me détourne, irrité, sans même savoir combien de temps je vais encore poireauté seul dans ma tour. D’ici, à la base, je peux voir la salle… Mais, ce soir, je n’ai préféré profiter que de la musique. J’ai tiré le rideau de l’alcôve et ai prié, avec un verre d’eau, que mon mal de crâne lancinant ne soit qu’une conséquence logique aux quatre bouteilles bues dans l’après-midi. Et malgré ça j’ai dû vendre. Echanger rapidement avec des gens dont je me fous pour un commerce qui, désormais, ne me semble pas plus intelligent que suicidaire. Je ne sais pas jusqu’à quel point la Nostra Regno est capable d’assurer ma sécurité… Je ne sais même pas si elle a vraiment pris cette demande au sérieux. Tu parles, ils empochent le pognon et si tu crèves, tu seras qu’un dommage collatéral.

Je secoue la tête, pour me faire sortir ça du crâne – bien que cette action ne soit pas forcément efficace. Ce qui est efficace, par contre, c’est les coups donnés contre la porte. D’abord, je présume que quelqu’un s’est trompé, mais le rythme de la frappe a la régularité du code qui nous avons établi avec Ada. Je me détourne, surpris, écrase la distance qui me sépare de la poignée, ouvre. Referme. Instantanément. J’entends mon binôme couiner. Je lui ai tapé le nez avant même qu’elle ne rentre. Elle retambourine, dans une insulte sèche que je comprends parfaitement mais que je fais mine d’ignorer. La grande blonde… Je me tords, me contorsionne, me penche pour jeter un regard passablement discret par le trou de la serrure pendant que l’autre est toujours en train de me sommer d’ouvrir dans les plus brefs délais. – Et pardon ! s’écrit-elle en se tournant vers la blonde chancelante. Il est moins con d’habitude. Tu parles, t’as jamais pu me voir.

Je la connais. Je suis sûr que je connais la grande blonde. Je la connais pas de l’Italie ou de Rome, ni même de mes activités extraprofessionnelles – enfin, extraprofessionnelle c’est vite dit. Je la connais… Je la connais de Kiruna. Et je la connais pas parce que j’étais un mec bien. C’est une demi-same me hurle une petite voix quand l’autre tente le tout pour le tout en tapant la porte avec son épaule. – NEMESIO PUTAIN ! braille-t-elle. Je la connais parce que je l’appelais Madame la Policière. Alors soit elle a changé de filière et ça serait pas plus mal – ça ne t’allais décemment pas au teint l’uniforme – soit Ada est assez conne pour avoir ramené une flic en civile. Mais qu’est ce qu’une flic suédoise vient foutre en Italie putain ?! Je me décale. Le loquet cède. Ada entre avec fracas dans la pièce en manquant de se vautrer sur la table basse. – Mais t’es complètement débile !Moi ?Non le Pape ! Bien sûr toi ! Je t’amène… - L’officier Bjurman. Elle ouvre la bouche. La referme… Aussi éloquente qu’un poisson or de l’eau. Tu fais moins la fière d'un coup.Et du coup, officier, craché-je comme si du verre pilé empêchait mon élocution, que nous vaut cet honneur ? Vous êtes vraiment saoule ou assez bonne actrice pour berner le limier des âmes en peine ? dis-je en donnant un léger coup de menton en direction d’Ada. – Je te jure Nem… - Toi, ta gueule. La brune se tasse sur elle-même.
.
acidbrain

_________________
Breathe, in deep ► I breaking you
Je suis de race lointaine : mes pères étaient Scandinaves : ils se perçaient les côtes, buvaient leur sang.

 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

WICKED GAME

avatar

conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : 36 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibataire [titre de mon champ]: BESOGNE: : Officier de police [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé, le présent, le futur. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Charlize Theron, lux aeterna, alas [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 691 [titre de mon champ]: PACTE: : 04/01/2017



Message
Sujet: Re: Opium    Dim 18 Juin 2017 - 11:04


Opium
Irénée N. Carissi & Varri Bjurman
Qu’est ce que je fous là ? ça la taraude alors qu’elle tente de se donner de la contenance face à la gamine au crin en pagaille qui tente de lui faire du gringue. Plus de badge, plus de flingue. Elle est littéralement à poil, dans la gueule du loup. Le seul point positif à tout ça, c’est qu’y a moins de chance qu’elle se fasse flairer à des kilomètres. Les dealers le disent toujours – les flics se traînent toujours une sorte d’aura révélatrice, comme si leur matricule leur était imprimé sur la gueule.
Ça parle pognon et Blondie se doute dès lors qu’elle fait l’appât pour le bon poisson. Vautrée sur la banquette, elle fourre une main dans sa poche, en extirpe quelques billets qu’elle exhibe sous le nez de la fille. Étincelle de convoitise dans les calots de la donzelle. Ça en serait presque mignon. « C’est suffisant ? J’veux pas de la came merdique. J’ai entendu parler d’un truc du tonnerre avec un nom exotique. C’est ça que je veux. T’en as ? » La lapone se redresse, détaillant avec attention le visage de son interlocutrice. Elle lui affirme aussitôt qu’elle est tombée sur la bonne personne. Varri se fend d’un sourire et se réjouit de la situation. Cette fille est une rabatteuse. Elle tâte le terrain, ramène des clients. Quelle chance qu’elle lui soit tombée dessus du premier coup. A croire que même imbibée d’alcool, il lui reste le flair.

Connerie d’idée. Varri suit la fille dans la foule, maudissant s’être enfilée quelques verres de trop. La chaleur lui file la nausée et elle espère simplement ne pas s’écrouler avant d’avoir raflé quelques infos importantes sur le réseau qui l’intrigue. L’adrénaline chasse son sentiment d’ébriété mais ses paumes sont moites, prémices d’une nervosité d’avant guerre. La fille avise des marches, indique à Varri que c’est par là puis ouvre la voie jusqu’aux alcôves des VIP. Soulagement que d’entendre le brouhaha s’étouffer en contrebas tandis qu’elle grimpe aux étages. Elle a plus l’âge pour ces conneries.

La fille cogne contre la porte sans grande régularité mais dans une rythmique précise. Varri s’imagine déjà tomber sur une horde de gars bizarres, fumant des cigarillos en jouant aux cartes. Trop cliché, probablement. L’huis s’ouvre mais Blondie n’a pas le temps de voir la tête du concerné puisque digne d’une situation comique, la porte se referme brusquement sur le museau de la brune. Elle aboie, s’excite à l’encontre d’un certain Nemesio et Varri reste perplexe face à ces enfantillages. Elle croise les bras contre sa poitrine, s’imagine alors qu’au lieu de ces mafieux à la mine patibulaire, elle va avoir à faire à un gamin de dix sept ans. Un énième biais à ce trafic d’envergure. « J’ai tout mon temps. » Conclusion livrée sur le ton de l’indifférence avant que la porte ne s’ouvre à grands coups d’insistance. La fille s’empêtre et manque de s’étaler au sol tandis qu’un colosse au teint halé se tient au milieu de la pièce. Bon point, il est seul. Détail moins avantageux, il est grand et charpenté. Varri rentre dans la pièce et avise discrètement la configuration, étudiant ainsi ses chances de sortir. Qu’une porte, un rideau dissimulant probablement l’ouverture surplombant la piste de danse, la place d’une table et quelques banquettes. Rien de bien folichon.
Les yeux inquisiteurs reviennent à l’effigie du mâle. Si Varri demeure au départ immobile, à récolter toutes les informations visuelles dont elle a besoin, sa posture se durcit à mesure qu’elle étudie les traits du fameux Nemesio. Bordel de merde.
L’allure titanesque, le crin hirsute, les yeux clairs qui condamnent. Blondie semble avoir vu un fantôme. Naufrage des affects. Lars Hjelm. Ça fait des années qu’elle ne l’a pas vu – pensait qu’il aurait fini sa vie dans la forêt laponienne à fuir la civilisation. Et pourtant, il est là. Devant elle. A se faire appeler Nemesio. A vendre de la drogue aux âmes égarées de Rome. Les masques tombent. Lui aussi l’a reconnue. Bien avant qu’elle n’ait réalisé.
Drôle de sensation. Varri a l’impression d’être dans une bulle. Que la fille n’est pas même une menace pour elle dans ce huis clos – ces amères retrouvailles.
Blondie songe aux fois où elle lui a évité la taule, à cette immunité qu’il a pour elle étant donné qu’il est Kvène – et que comme les Sames, ils sont les bouc émissaires de leur pays. Elle se rappelle leurs quelques confrontations et de la sympathie qu’elle a dans le fond pour lui car il incarne la plus brutale et la plus sensée des loyautés aux valeurs traditionnelles. Il lui est arrivé de l’admirer, pour cette proximité avec la nature. Pour ce choix de vie loin des altercations belliqueuses. Mais maintenant, Lars est en Italie, et six Sames sont morts.

« Lars. » Le dialecte tribal revient au galop – pourrait être soulagement après tant de temps passé à parler anglais et à entendre l’italien sur toutes les lèvres. Mais au lieu de ça, le cœur tambourine dans la poitrine dans une douleur aigue. Varri se sent trahie parce qu’elle lui a fait confiance et qu’il a été faible. Aveuglé par sa colère. Happé par la haine. « Qu’est ce que t’as foutu ?! » Le sang ne fait qu’un tour dans ses veines. Dans un sursaut rancunier, la blonde arme son poing et lui balance dans la mâchoire. Ses phalanges craquent bien plus que l’ossature heurtée. La belle grimace de douleur, attrape sa main pour la serrer avec affliction. L’échine s’échoue contre le mur derrière et la respiration galope à travers ses lèvres entrouvertes. « Enfoiré. J’aurais du te laisser croupir en prison cette première fois où tu t’es fait épingler. » Articule-t-elle avec amertume.

Codage par Emi Burton


_________________
Fucking mess in my head
As the world fell, each of us in our own way was broken. It was hard to know who was more crazy...©lazare.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

RUN WITH THE MOON

avatar

conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : 37 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibâtard-HomicidoPresqueInvolontairement-Veuf - (Re)marié aux vins et spiritueux de la supérette discount du coin [titre de mon champ]: BESOGNE: : Fabricant et dealer d'une drogue dure commercialisée par la Nostra Regno - ah, ces sponsors du crime [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCHINE: : Sorcier pur, suprême déchu mordu par la fourbe lupine [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Je crève dans mon dedans actuellement, j'ai les pouvoirs d'un gosse de 15 ans et les capacités irrégulières de ces gens en proie à une dualité interne. Mais j'ai un Beretta 92 FS et je sais viser. [titre de mon champ]: GANG: : Je collabore avec la NR pour qu'elle assure ma protection - et quand je dis collabore, je veux dire que je travaille pour eux - mais je ne suis membre d'aucun coven, d'aucune meute et je n'ai prêté allégeance à personne - faut pas déconner non plus [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Jason Momoa by Lux Aeterna [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 458 [titre de mon champ]: PACTE: : 06/06/2017



Message
Sujet: Re: Opium    Dim 18 Juin 2017 - 16:44
OPIUM
Varri & Irénée
Trop occupée par l’étude minutieuse du salon VIP elle met un temps interminable à me reconnaître ; et quand je suis, moi, bien incapable de me rappeler de son prénom c’est, elle, la première chose qu’elle arrive à murmurer. Lars. L’oublié. L’accent des pays du Nord ponctue sa stupeur de me voir ici face à elle. Je pourrais presque entendre son cœur battre la chamade via sa carotide. Palpitante sur son cou gracile. Or, cet étonnement ne dure en fait qu’une seconde confuse. Bientôt ses muscles se tendent. Les mots se font plus durs. Pour me donner de la contenance, je me grandis, pédant, glissant entre elle et la porte pour écraser d’un pas une distance déjà dérisoire entre nous. Ce que j’ai foutu ici ne la regarde pas tant qu’elle ne me sort pas sa putain de plaque de flic. Et, encore, il faudrait qu’elle ait un minimum de preuve. Parce que, j’te le donne en mille, la demi-same n’est là que pour le meurtre des demis-siens… Elle ne serait pas si susceptible à ma présence si elle était en Italie que pour quelques vacances personnelles. Mais tu sais, leur mort peut être expliquée par un tas de raisons qui ne portent pas mon nom. Alors, je fais mine de pas comprendre la référence, dans un haussement de sourcils coi. C’est trop concentré sur ce que je pourrais lui dire, et qui pourrait me dégrever, sur la façon dont je pourrais lui faire oublier que je suis à Rome et sur le comment je pourrais lui ôter cette idée sans lui faire passer l’arme à gauche, que je ne vois pas qu’elle a armé son poing. Erreur d’inattention. Erreur de débutant.

On va pas se mentir, le coup n’est pas assez puissant pour me sonner, mais elle a un bon crochet… Même bourrée. Il me décale le visage sur le côté opposé à la frappe et, dans la surprise – parce qu’à celle là, je ne m’y attendais pas – je me mords l’intérieur de la joue. Un goût de fer inonde rapidement ma bouche. Je viens m’essuyer les lèvres avec le revers de ma main, recueillant ainsi le liquide carmin devenu rose pâle avec ma salive. OK. Je le mérite. Mais que ça ne devienne pas une habitude.

Ada couine à retardement en se laissant basculer sur l’un des sofas en cuir bleu nuit, presque noir. Elle comprend de moins en moins ce qui se passe, d’autant qu’elle ne doit pas piper un mot de ce que balance Bjurman, ni même pourquoi elle me cause avec cette langue slave quand j'ai plutôt la gueule à parler cherokee. Cette dernière, quant à elle, part en arrière pour coller son dos contre le mur le plus proche, la main avec laquelle elle vient de me cogner ramenée contre sa poitrine. Il me semble percevoir chez elle quelque chose proche de la déception, quelque chose qui me blesse étrangement plus que ses paroles – risibles dans un contexte sans évidence. Alors je la fixe, dans un silence oppressant. Un silence dans lequel je n’entends même plus la musique qui tempête pourtant juste en dessous de nos pieds – les rideaux n’ont pas l’option insonorisation.

Ses traits sont aussi délicats que sa silhouette. Sa peau a une couleur laiteuse, à peine saumonée, bizarrement dorée. Je n’avais alors jamais remarqué que ses yeux ne sont pas bleus, mais verts. D’un vert très clair, presque indéfinissable, avec un éclat de chocolat juste à côté de la pupille. C’est peut-être à cause de l’adrénaline couplée à l’intimité dérangeant de cette alcôve et sa lumière artificielle que  les couleurs m’apparaissent différemment. Ou, simplement, parce que ses cheveux blonds sont tirés en arrière, dévoilant la finesse de son visage et le gâchis que ses origines m’évoquent. L’hôpital qui se fout de la charité. Beaucoup diraient que j’oublie que j’ai couché avec une Same pendant trop longtemps pour oser ce genre de réflexions fascistes… Mais les Sames trahissent. Je suis un homme blessé, j’ai droit à quelques injustes libertés. Bjurman est menue. Moins qu’Ada. Bjurman est grande. Plus qu’Ada – elle doit la dépasser d’une bonne tête. Et elle vient de me rappeler qu’il ne faut jamais se laisser abuser par un emballage d’allure inoffensif. On vit dans un monde ou des gamins transformés en vampires pourraient soulever des voitures en développé-couché.

- Nemesio ? piaille Ada sur le côté. Je n’ai pas besoin de me tourner vers elle pour comprendre que, dans la panique, elle a les larmes qui lui sont montées aux mirettes. – Nemesio, dis moi ce que se passe ! Sa voix faiblit sur la fin de sa phrase. Ne fais pas comme si on s’appréciait Ada… Ou comme si une explication venant de moi avait le pouvoir de rassurer quiconque.Tu la co… Je m’avance. Vers Bjurman. Après une minute de léthargie qui m’a semblé durer des heures. Le temps s’est arrêté au dessus de nos têtes Clochette. N’est-ce pas merveilleux ? Je tends un bras. Attrape celui de l’officier pour le tirer brutalement jusqu’à moi. Tu as la peau aussi douce que ce qu'on peut l'imaginer en la regardant. Les couinements d’Ada se transforment en un cri ténu. Je ne sais pas si elle pense qu'une bagarre va éclater et qu'elle est la seule à pouvoir réglé le problème qu'elle a elle-même créé mais elle saute de sa banquette pour se précipiter en direction de la porte. – STOP ! beuglé-je en tordant le poignet que je tiens pour constater des dégâts sur les phalanges légèrement marquées. Je suis solide. Et Ada est assez bête pour aller appeler des gros bras de la Nostra, manière de régler efficacement les soucis de ce soir. – Va chercher un verre pour l’officier Bjurman, continué-je en jetant un regard par-dessus mon épaule. Et une poche de glace pour sa main. Je la lâche en la bousculant un peu. – Non. Deux verres même, soufflé-je en fouillant dans l’une de mes poches pour en sortir un billet chiffonné. Je vais le coller dans le creux de la main d’Ada. L’y colle avec assez de force pour qu’elle en sente une imperfection. L’imperfection d’un cachet.Deux verres de leur meilleur whisky. Est-ce que tu comprends bien ce que je te dis Ada ? Elle secoue frénétiquement la tête sans me lâcher des yeux. – Tu vas juste chercher deux verres et tu n’appelles personne. Elle secoue encore la tête. – Bien…

- Mais t’es complètement malade ?! feulé-je une fois la porte claquée en me tournant vers la blonde. Mes pupilles émeraudes lui lancent des éclairs quand tout mon corps se tend pour imposer un certain respect. – Tu veux mourir ? Tu trouves que ta vie manque de sensations fortes ? L’alcool ne te réussi vraiment pas Clochette ! Ouais, je ne me souviens toujours pas de ton prénom, connasse.Tu m’envoies un cachou devant une gonze que tu ne connais même pas, sans savoir pour qui elle travaille réellement et sans même mesurer les risques que tu prends à beugler en suédois ce que tu pourrais beugler en italien. Même si, franchement, je ne vais pas trop me plaindre qu’Ada n’ai pas saisi ton accusation de meurtre mal déguisée.

Je me pince l’arête du nez en essayant de retrouver mon calme. Le seul avantage de cette putain de conversation c’est que mon mal de tête a foutu le camp. – Je ne sais pas pourquoi t’es ici, ni même de quoi tu me parles et, en toute franchise, je fous ce que j’ai envie de foutre. T’es pas mon chaperon Bjurman, même si ta plaque peut t’en donner l’impression. Même si j’ai pas oublié ce que tu as fait pour moi… Et c’est justement parce que je n’ai pas oublié que t’es encore vivante à l’heure actuelle. J’aurais pu éloigner Ada pour te buter tu vois… Mais non. T'es là et je ne te toucherais pas. Tu ne le sais peut-être pas mais tu fais parti de ces gens pour lesquels j’ai un respect étrange et distant. Le genre presque irréel. Je vous déteste dans la forme. Je vous admire dans le fond. Pour votre réussite. Pour ne pas avoir céder à la facilité. Pour être exempt de rancœur. Pour votre neutralité, comme celle de ma mère. Je vous jalouse même. Peut-être. Un peu… Et cette jalousie me donne envie de vous faire du mal, parce qu'on détruit souvent ce qu'on ne peut pas avoir... Et pourtant je ne suis capable de vous nuire que pour votre bien. C'est bien pour ça que, Clochette… Vraiment. Barre-toi. Barre-toi de ton plein gré ou je te fous dans un avion de force. Y a des trucs, je te jure, t'as pas envie de les apprendre.Mais il y a une chose de laquelle je suis certain… C’est que tu ferais mieux de rentrer chez toi. En Suède. Et qu’il faudrait que t’arrête de geindre. Et de regretter de m’avoir laissé sortir. Et appelle-moi Nemesio. Je tiens à ma couverture, craché-je en me détournant pour aller m’asseoir lourdement sur la banquette. – T’es une vraie chieuse Clochette, soupiré-je. Il fallait vraiment que tu choisisses cette putain de boîte pour acheter de la came ?


acidbrain

_________________
Breathe, in deep ► I breaking you
Je suis de race lointaine : mes pères étaient Scandinaves : ils se perçaient les côtes, buvaient leur sang.

 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

WICKED GAME

avatar

conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : 36 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibataire [titre de mon champ]: BESOGNE: : Officier de police [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé, le présent, le futur. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Charlize Theron, lux aeterna, alas [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 691 [titre de mon champ]: PACTE: : 04/01/2017



Message
Sujet: Re: Opium    Dim 18 Juin 2017 - 21:42


Opium
Irénée N. Carissi & Varri Bjurman
Merde. Merde. Merde. Varri douille. La douleur dans sa menotte est fulgurante mais tout ça lui fait aussi un bien fou. Sa tentative de dévisser la tête au titan halé n’a pas été très fructueuse mais au moins a-t-elle réussi à le blesser. Dans sa fierté. Elle tâche de reprendre son souffle puis s’éponge le front d’une main tremblante. C’est pas un foutu rêve, non. La douleur est bien là et c’est le meilleur moyen de vérifier qu’elle n’est pas en plein délire aux relents nostalgiques de sa terre natale. Pas une vision non plus. Trop réel, trop précis. Lars s’essuie les lèvres et Blondie en retire une grimace farouche en guise de satisfaction avant que l’appréhension d’un retour à l’envoyeur ne s’invite dans son esprit. C’est tout elle ça. Prendre le taureau par les cornes alors qu’il fait deux fois son poids et a les paluches aussi larges que des battoirs. La bulle éclate et le monde lui revient, brutalement. Mouvement dans le champ de vision de Varri – la fille geint. Sur le qui-vive, la blonde jette un regard en direction de l’un puis de l’autre, comme un animal traqué qui se serait planqué dans un coin de la pièce. Nemesio, que répète l’autre – ce qui arrache un sourire sauvage à l’officier Bjurman qui commence à comprendre dans quoi elle s’est embarquée. De braconnier à dealer – on remarquera simplement la propension à se vautrer dans l’illégalité. A croire que le type aime qu’on les lui mette, les menottes. Le sourire s’étiole à mesure que le colosse s’anime, la rejoignant en quelques pas pour lui attraper le bras. L’appréhension noue les entrailles de la flic qui tente de ruer mais en vain. La poigne est ferme et Lars a clairement l’ascendant. La fille crie et le cœur de Bjurman fait un bond dans sa poitrine. Autant dire qu’il pourrait la tuer de bon nombre de manières et Varri n’a pas envie de faire travailler son imagination. Mais au lieu de lui rompre les vertèbres, Lars lui tord le poignet, placide – grognant quelques instructions à la brune aux yeux écarquillés. La mine de la lapone se froisse d’incompréhension et le bourru se contente de lâcher prise, ne manquant pas de la sabouler de sa charpente. Une poche de glace. Blondie cherche la blague, essaie d’imaginer le nom de code que cela puisse être et les neurones bloquent sur le dénouement plutôt pacifique de leur entrevue. Elle se remet à distance de Hjelm et regarde la fille disparaître par la porte de l’alcôve. Le claquement signe le début d’un tout nouveau départ. Le Kvène se tend et lui aboie dessus, fustigeant son comportement irresponsable et suicidaire, la gratifiant du fameux quolibet qu’il affectionne temps la concernant. Clochette. En souvenir des quelques provocations qu’ils se sont rendus à l’époque de l’école.  Varri serre la mâchoire et sa circonspection de gamine face au paternel enragé se change progressivement en exaspération. « Va chier Lars ! C’est Varri mon prénom. » Lui rétorque-t-elle, toujours en suédois. Sa mâchoire se décroche petit à petit face aux accusations. Le type ose la réprimander alors qu’il est là, à Rome à dealer de la drogue, hautement suspecté d’avoir massacré ces Sames en voyage. Et il espère lui faire croire qu’il n’a rien à voir avec tout ça ? La blonde hausse les sourcils dans un genre de caricature de scepticisme. « Fous toi de moi. Tout ça, c’est des conneries ! » Riposte-t-elle alors que le colosse se laisse tomber sur la banquette en soupirant de plus belle. Son idiome, elle ne veut pas le laisser tomber – l’énervement jouant beaucoup là-dessus. Et plus, il l’appelle Clochette, plus la blondine entre dans une rage folle. Varri finit par se prendre la tête entre les mains, grognant de frustration avant d’incliner brusquement du chef dans sa direction. « J’me suis pas pointée au hasard. J’ai entendu parler de ta drogue, Lars… Nemesio. Bordel, c’est quoi ce nom ? On dirait le pseudo aguicheur d’une star du porno ! » Elle s’étonne encore de trouver à rire de la situation alors que tout tend à pointer l’impossible réconciliation. « J’ai été envoyée pour enquêter sur ces meurtres. Six Sames sont morts. Des types qui ne sont pas venus là pour des vacances. Ils cherchaient quelqu’un. » Elle plisse les yeux d’un air accusateur. « Allez... » Air de défi sur son visage. « Dis-moi donc que tout ceci est une coïncidence. » Court silence ponctué d’un regard assassin. « Ose. » Elle n’a pas sa plaque, pas son flingue mais ce n’est pas pour autant qu’elle compte abdiquer. La sollicitude que lui témoigne Hjelm est un soulagement en soi. Elle pourrait être raide morte sur le sol mais le Kvène s’estime redevable des mois de taule que Bjurman lui a épargné. « Tu crois que ça me fait plaisir ? La perspective de te foutre au trou ? J’ai une enquête à élucider. Et ça commence dans ce bouge, avec la came que tu fais à partir d’herbes chamaniques de Laponie. » Petit rire sec. Moquerie venimeuse. « Sérieusement ? Tu fais honte aux traditions, Lars. »          


Codage par Emi Burton

_________________
Fucking mess in my head
As the world fell, each of us in our own way was broken. It was hard to know who was more crazy...©lazare.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

RUN WITH THE MOON

avatar

conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : 37 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibâtard-HomicidoPresqueInvolontairement-Veuf - (Re)marié aux vins et spiritueux de la supérette discount du coin [titre de mon champ]: BESOGNE: : Fabricant et dealer d'une drogue dure commercialisée par la Nostra Regno - ah, ces sponsors du crime [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCHINE: : Sorcier pur, suprême déchu mordu par la fourbe lupine [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Je crève dans mon dedans actuellement, j'ai les pouvoirs d'un gosse de 15 ans et les capacités irrégulières de ces gens en proie à une dualité interne. Mais j'ai un Beretta 92 FS et je sais viser. [titre de mon champ]: GANG: : Je collabore avec la NR pour qu'elle assure ma protection - et quand je dis collabore, je veux dire que je travaille pour eux - mais je ne suis membre d'aucun coven, d'aucune meute et je n'ai prêté allégeance à personne - faut pas déconner non plus [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Jason Momoa by Lux Aeterna [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 458 [titre de mon champ]: PACTE: : 06/06/2017



Message
Sujet: Re: Opium    Lun 19 Juin 2017 - 17:03
OPIUM
Varri & Irénée
Clochette continu de geindre. Clochette grogne. Clochette est frustrée. Clochette taperait presque du pied… Clochette est incisive, blessante, piquante et, entre deux allusions qui commencent à ne plus ressembler à des allusions, Clochette est suicidaire. Pas téméraire. Ni courageuse. Juste suicidaire. – Tu as trop bu, soufflé-je doucement en balançant la tête en arrière, pour ne plus la voir et tenter de ne même plus écouter son discours de poivrote. Mais Clochette parle fort. Plus fort que la musique en bas. Plus fort que ma propre voix dans ma propre tête. Jusqu’à quel point tu me penses raisonné si t’es si sûre que je les ai tué, ces 6 Sames ? J’essaie de me convaincre que lui faire du mal ne serait pas l’idée du siècle. Et toi, dis, tu ne peux pas essayer de te convaincre que fermer ta gueule ça serait, par contre, l’idée du siècle ? Mais Clochette continue. Peut être que si je me justifiais un minimum cette connasse arrêterait de braire… Ou ça serait une incitation à poursuivre sur la même rengaine. Dans trente secondes elle me sort un tableau blanc pour épingler des photos et écrire des théories, comme dans les films américains. Tu ne sais rien. Si tu savais tu ne serais pas là à me tenir la jambe. Tu ne sais même pas pour qui je travaille et jusqu’à ce soir, ma pauvre, t’avais même pas mon nom. Alors tes théories moisies que tu viens à peine de tisser si tu savais où tu peux te les mettre…

Clochette attaque.
Je relève la tête.
Clochette atteint le point de non retour.

Je ne suis pas sûr qu’on puisse définir l’énervement de Varri comme une tactique très efficace de flic. Déjà parce que je ne suis pas quelqu’un de très patient de base et, ensuite, parce que nous sommes seuls et que la musique pourrait étouffer bien des bruits. Tu as trop bu Bjurman, répété-je, encore, mon regard s’assombrissant. – Et la boisson te rend hargneuse et stupide. Je prends une courte pause, pour me pencher en avant ; avec la vivacité fluide des gens qui veulent faire reculer leur adversaire. – Elle est où ta plaque de flic, dis-je en m’inclinant sur la droite, faussement intéressé par les imperfections d’un jean qui pourrait la cacher, ou bien ton flingue ? Je ne sais pas. Montre-moi quelque chose qui prouve que tu es en service et que je suis dans l’obligation de répondre à une seule de tes questions… Montre-moi quelque chose qui prouve que tu avais, ce soir, le droit de me frapper. Montre-moi quelque chose qui prouve que, si je vais porter plainte, tu ne seras pas vachement dans la merde. C’est moche d’utiliser la force en dehors de ses fonctions, Madame l’Officier. Sans preuve. Qu’à l’instinct. Et quel instinct…

- Parce que*, sifflé-je d’un timbre encore plus bas, soudainement en suédois, si tu n’as rien qui prouve que tu es en service, pauvre conne**, ça veut dire que personne ne sait que tu es là, dans ce club, sur la piste allégorique de ta drogue lapone. Je me relève, avec une lenteur calculée et prédatrice. – Et si personne ne sait que tu es là, Varri, et que j’ai eu, moi, l’intelligence d’envoyer Ada nous chercher à boire pour que nous soyons seul, qui saura que, si ta tête vient à percuter le mur derrière toi, c’est moi qui l’y aurait encastrée ? Alors ne me hurle pas dessus comme si nous étions de la même famille et que j’avais fait une bêtise quand je fais l’effort de t’offrir un accueil courtois dont je pourrais largement me passer au vu de ton entrée en matière. Je la pointe du doigt, pas menaçant mais presque. Tu n’es personne pour me dire à qui je fais honte. Que tu m’ais rendu service, de bon cœur à l’époque, ne te donne pas une immunité éternelle et le droit de me le remettre en pleine gueule à chaque fois que tu en as l’occasion ; pour me culpabiliser, te culpabiliser ou par pur gargarisme héroïque. Personne ne va te donner une médaille parce que t’es bien sympa et ce n’est pas parce que tu as réussi à me toucher une fois que ça t’offre un avantage constant. Jusqu’à preuve du contraire, je te bats encore au bras de fer. Et, comme tu es toujours en vie après m’avoir humilié et insulté, admettons que ma dette te soi payée Varri. Repartons neutre pour voir comme tu es à l’aise avec ce nouveau concept. Je fais un pas en avant repoussant d’un coup de genou sec la table basse. – Ose maintenant toi aussi. Ose m’accuser sans preuve. Ose me balancer un autre de tes jugements de valeurs minables ponctués d’une bonne baffe. Ose me donner l’opportunité de te la rendre, cette fois… Ben vas-y Varri, cause ! aboyé-je en serrant les poings.

Un mouvement sur ma droite me fait presque sursauter. C’est Ada, munie d’un petit plateau où trônent deux verres, une pochette de glace en plastique et un chiffon de couleur claire – crème ou blanc. Je ne sais pas exactement à quel moment elle est revenue, ni même ce qu’elle a exactement entendu… Mais je suis sûr qu’elle ne bite pas un mot de suédois alors, dans le pire des cas. – Je… - Sers nous à boire, dis-je avec un mépris même pas voilé, un rictus de dégoût faisant vibrer le bord de mes lèvres, qu’on fête cette superbe soirée. Elle hésite mais finit pas s’exécuter. Par politesse elle sert d’abord Clochette – elle lui tend simplement le plateau, restant à une distance comiquement disproportionné – avant de revenir vers moi pour me passer le godet. – Aux coïncidences !, trinqué-je avec ironie. Je bois cul sec, dans une grimace peu satisfaite. Mon estomac râle en sentant le liquide alcoolisé brûler mes entrailles et me rappelle comme c’est moche de boire autant en une seule journée. Et c’est avec un large sourire qu’Ada me tend une petite bouteille d’eau qu’elle avait dans l’une des poches amples de sa veste. Toi tu dois avoir un service à me demander… J’arque un sourcil. Prends ce qu’elle me passe. – Ca va ? J’acquiesce lentement. – Dis-moi que je peux rentrer chez moi Nemesio. Un sourire pernicieux refroidi mes traits déjà pas bien chaleureux. – Oh que non Ada. Tu vas t’asseoir dans un coin et attendre avec moi que cette soirée, celle là même que tu as voulu si longue, se termine. Elle soupire, semble vouloir me dire autre chose, mais se ravise en partant s’asseoir à même le sol, à côté de la sortie.

Code Couleur:
 

acidbrain

_________________
Breathe, in deep ► I breaking you
Je suis de race lointaine : mes pères étaient Scandinaves : ils se perçaient les côtes, buvaient leur sang.

 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

WICKED GAME

avatar

conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : 36 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibataire [titre de mon champ]: BESOGNE: : Officier de police [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé, le présent, le futur. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Charlize Theron, lux aeterna, alas [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 691 [titre de mon champ]: PACTE: : 04/01/2017



Message
Sujet: Re: Opium    Mar 20 Juin 2017 - 19:35


Opium
Irénée N. Carissi & Varri Bjurman
L’homme encaisse, feignant l’indifférence mais Blondie ne s’arrête pas là. Elle contre-attaque. Elle a trop bu, qu’il lui dit – c’est une évidence et d’ailleurs elle se maudit d’avoir cédé à cette faiblesse. Une fois de plus. Sa vie fout le camp, tous ses acquis aussi. Il n’y a pas de stratégie dans sa caboche à cet instant présent, juste une farouche offensive comme si Lars était un ennemi à abattre. Comme si il était la clé de son enquête. Et peut-être qu’ainsi, elle pourra oublier ce qu’elle a vu la veille. Son partenaire détaler de chez elle en forme de loup à l’épaisse toison grise. Je suis timbrée. Monde malade. Esprit arriéré.
La physionomie du Kvène se tend brusquement et se fait plus menaçante. Bjurman inspire profondément et tente de garder contenance, même si elle guette le moindre de ses faits et gestes avec attention. Elle soutient son regard, s’inquiète des deux agates se voilant d’une nuance tempétueuse qui la fustigent sur place. Il met le doigt sur ce qui pêche et la donzelle le déteste pour avoir raison. Sa plaque, son flingue. Tout ça n’est qu’un mirage et l’homme la bien compris. Fieffé connard. Lars a toujours été malin. Il a toujours eu autant de jugeote dans le crâne qu’il a de muscles dans les bras. Alors, autant dire qu’il a toujours été un adversaire de taille. C’est bien pour ça que les flics de Kiruna ont fini par lui ficher la paix, épuisés à la longue de devoir arpenter les montagnes pour trouver quelconque indice sur la présence de l’ours mal léché sur son territoire sauvage. Varri ne détourne pas les yeux mais tout en elle hurle à la prudence. Elle est peut-être ivre mais l’instinct de survie est toujours là, à devoir rattraper les conneries faites par sa langue trop déliée. L’homme est furax – le suédois cavale enfin entre ses lippes, et Varri en retient une certaine satisfaction, inappropriée vu l’instant. L’animal s’anime, s’arrache à la banquette pour mieux la toiser d’un dédain carnassier. Et qu’il la menace, souligne habilement que ce qu’elle craignait au tout début est toujours possible. Qu’elle y passe. Tout simplement.
Le constat tombe – son immunité n’est plus valable et le regard du bougre en dit long sur sa capacité à passer à l’acte après ça. Il s’avance, repousse la table basse dans un bruit sec et la blondine ne peut réprimer le sursaut qui lui ébranle l’échine. Il la met au défi à son tour. Qu’elle ose. Pour voir.

« Je préfèrerai mourir de tes mains plutôt que du mal qui me gangrène. » Murmure-t-elle en kvène – une manière pour elle de dire qu’elle a tout à fait compris les nuances de son discours et que sa spécialisation sur les affaires autochtones lui donnent quelques avantages en la matière. Etincelle suicidaire animant les calots de la flic, songeant à ce qu’elle a vu. A tous ces monstres et à son incapacité à faire la part des choses entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Mais le retour de la fille laisse flotter un semblant de répit, empêchant le dealer d’épiloguer sur ce qu’elle a pu dire. La tension s’échappe des muscles de la lapone. Elle se sent lessivée comme si cet affrontement n’avait pas été que verbal. Lars l’a mis devant les faits. Elle n’a rien contre lui. Juste des suppositions. Et personne n’est là pour soutenir ses allégations. En gros, elle est dans la merde.
Les yeux de la blonde roule en direction de la porte. Furtivement. La laisserait-il partir ? Maintenant qu’elle a joué carte sur table sans la moindre inquiétude ? Et qu’elle a distillé dans son esprit la menace qu’elle puisse représenter pour ses affaires. Varri déglutit, croise le regard craintif de la gamine qui lui tend le plateau avant de s’emparer du verre d’alcool et de la poche de glace dans un geste résigné. La nana quémande sa liberté et le bourru la lui refuse, s’envoyant le contenu de son verre non sans manquer de faire du sarcasme. Varri recule d’un pas et s’assied sur la banquette opposée, lorgnant quant à elle avec réticence le liquide aux vapeurs irritantes. Elle n’a plus vraiment le choix – si elle veut sortir d’ici, il va bien falloir qu’elle se montre coopérative. « L’alcool me rend impossible et tu m’offres un verre de plus. » A croire que t’aimes ça. L’anglais revient en signe de reddition. Pour dédramatiser, rien de mieux qu’une allusion passée sous silence. Elle doit se détendre, renâcler toute la colère qui bouillonne en elle. S’écraser, au moins le temps qu’il lui lâche la bride. « Tu comptes vraiment me laisser partir vivante d’ici ou tout ceci n’est qu’une perte de temps ? » Elle l’interroge, comme si rien ne comptait. Porte le verre à ses lèvres avant d’en boire le contenu sans laisser loisir à ses papilles de profiter du cadeau. Elle ferme les yeux, passe une main sur son visage puis ramène la poche de glace sur sa main abîmée, un regard torve braqué sur son interlocuteur. « Je n’ai pas de preuve. C’est vrai. Et pas la légitimité d’un officier rital pour te coller en prison. » Elle hausse les épaules, veut bien lui céder sa victoire.

La fille dénommée Ada se résigne à s’asseoir et ce petit intermède de calme permet à Varri de se concentrer sur ses perceptions. Etranges perceptions. La tête lui tourne et la chaleur lui semble venir d’elle-même, plus de cette atmosphère écrasante. Y a un truc qui coince. Le cœur tambourine. Pas par peur, mais pour autre chose. Les prunelles sibyllines s’aiguillent lentement sur Lars qu’elle détaille d’un air inquisiteur, ne se gênant pas pour lui donner l’impression d’être reluqué. Pas vraiment le cas d’ailleurs. Les mirettes sont rivées sur les tatouages ceignant ses bras, ceux qui lui donnent l’impression de serpenter tout autour de sa musculature. Ils bougent.
Les paupières papillonnent. Elle les ferment, les ouvrent à nouveau pour chasser cette hallucination prégnante. « Y avait quoi dans ce verre ? » Les doigts se crispent sur le tissu de la banquette et ça se met à virevolter derrière ses prunelles. Elle voudrait se redresser mais s’en sent incapable. Le râble retombe lourdement contre les coussins et la respiration devient haletante, la plongeant dans un effroi profond. Ça fourmille dans son ventre, lui arrachant un gémissement plaintif qu’elle ne peut réprimer. Elle s’avachit sur le côté, observe ses bras comme si elle redécouvrait ses propres extrémités. « C’est quoi ça ?! » ça ondule sous sa peau, comme si une bestiole de la taille d’une pièce s’était frayée un passage sous son épiderme. Ça affleure les veines, remonte l’avant-bras puis disparaît sous le tee-shirt que la blonde se trouve la force d’ôter pour le jeter avec fureur à ses pieds. « Enlève-moi ça ! » Empêtrée dans son délire, Varri se redresse et examine sa peau, allant de la couture de son soutien gorge jusqu’à la cicatrice qui zèbre son ventre – sombre marque d’un passé renié. Un élan de lucidité la rattrape. Le temps pour elle de fixer Lars d’un regard empli d’animosité, poings serrés contre ses flancs. « Toi. » Elle le pointe du doigt avant d’incliner le visage en direction de la porte. Vomir. Il faut qu’elle gerbe ce qu’elle vient tout juste de boire pour espérer endiguer le poison. Varri se rue vers la porte, l’ouvre mais la referme aussitôt alors qu’une silhouette l’accueille de l’autre côté. Un cadavre. Sa mère. Le souffle court, la gorge serrée, Blondie fixe l’huis avec désespoir. « Tout ça c’est des conneries. Tout ça c’est des conneries. » Qu’elle se répète inlassablement, essayant de trouver le courage de tourner la poignet et fuir de cet endroit.

Codage par Emi Burton


_________________
Fucking mess in my head
As the world fell, each of us in our own way was broken. It was hard to know who was more crazy...©lazare.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

RUN WITH THE MOON

avatar

conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : 37 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibâtard-HomicidoPresqueInvolontairement-Veuf - (Re)marié aux vins et spiritueux de la supérette discount du coin [titre de mon champ]: BESOGNE: : Fabricant et dealer d'une drogue dure commercialisée par la Nostra Regno - ah, ces sponsors du crime [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCHINE: : Sorcier pur, suprême déchu mordu par la fourbe lupine [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Je crève dans mon dedans actuellement, j'ai les pouvoirs d'un gosse de 15 ans et les capacités irrégulières de ces gens en proie à une dualité interne. Mais j'ai un Beretta 92 FS et je sais viser. [titre de mon champ]: GANG: : Je collabore avec la NR pour qu'elle assure ma protection - et quand je dis collabore, je veux dire que je travaille pour eux - mais je ne suis membre d'aucun coven, d'aucune meute et je n'ai prêté allégeance à personne - faut pas déconner non plus [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Jason Momoa by Lux Aeterna [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 458 [titre de mon champ]: PACTE: : 06/06/2017



Message
Sujet: Re: Opium    Jeu 22 Juin 2017 - 2:06
OPIUM
Varri & Irénée
Si tu savais ce qu’il y a dans ce verre, tu ne me dirais pas ça. Le calme est revenu. Sur ses traits. Dans sa manière de s’exprimer – en anglais. Dans son langage corporel. J’ai du être plutôt persuasif. Ou j’ai eu de la chance et j’ai mis le doigt sur le seul truc qui foirait vraiment dans ses plans… Ses réels droits ici même ainsi que la légalité de son intervention. Je comprends que tu es là, dans ce club, à titre personnel Clochette, de quoi enterrer la hache de guerre le temps d’être sûre de repartir en un seul morceau. T’as senti que tu m’avais échauffé. Que le vent tournait. Que tu ne faisais pas le poids. Est-ce que tu me penses assez stupide pour signer l’Armistice ? Pour penser que ta soudaine fausse-sympathie est du à une vraie prise de conscience de ta part ? Est-ce que tu penses que je ne sais pas que tu ne m’apprécie pas ? Depuis toujours. Pour mes convictions, ma prétention, mes actions, mon intolérance, ma violence et tes récentes suspicions ? Est-ce que tu penses que je ne sais pas que les fois où tu m’as laissé sortir de taule c’était juste parce que j’étais kvène ? Parce que t’avais pitié de nous comme on a pitié d’un chat à moitié mort dans un fossé ? Parce que tu te sens redevable pour les peuples minoritaires ? Ô Clochette… Arrêtons donc les faux semblants. Pas de ça entre nous. Sois digne. Haïs moi avec respect mais ne me ment pas avec audace. Même pour ta vie. Tu vaux mieux que ça. Me faire faussement cirer les pompes, même pour une demi-same - et peut-être même surtout par une demi-same - ça m’a toujours donné l’impression qu’on m’insultait.

Alors elle finit par me le demander. Elle finit par me demander si je vais la laisser vivre. Après quelques secondes à peine, le regard perdu sur les rebords de son verre comme si le liquide ambré allait lui répondre à ma place ou la prévenir d’un piège. Je ne lui affirme rien. Laissant ici planer un suspens dont elle doit très probablement se foutre dans le fond – j’imagine que personne n’a envie de savoir quand et comment il va mourir. Elle boit, me confirme que ce n’est pas pareil qu’à Kiruna, ici, pour elle au niveau professionnel. Je m’interroge vaguement. J’aimerais savoir quelles libertés lui sont accordées. Si elle a une plaque, une arme de service, des missions, d’autres enquêtes que celle sur les Sames... Si avec assez de preuves elle pourrait quand même m’envoyer en prison ; si je serais jugé à Kiruna en cas de problème, ou à Rome. Mais je m’abstiens. – Tu repartiras vivante si tu es sage, sont les seuls mots qui sortent de ma bouche, articulés d’une voix lente et désintéressée. Il faut que tu comprennes que pour l’instant, dans ce bouge, c’est moi qui décide de tout. Et qu’ici, à Rome, j’ai visiblement le bras beaucoup plus long que le tien.

Et puis tout bascule. Que le spectacle commence… Tu voulais de la drogue Clochette. Je te jure que tu ne vas pas être déçue. Elle relève les mirettes de son verre pour attraper de son regard les triangles encrés sur mon bras. Elle les fixe avec une intensité et une concentration déroutantes – même si je sais pourquoi, je me retiens fortement de ne pas m’y soustraire. Elle semble saisir ce qui se passe, tangue un peu sur sa banquette, s’y couche, se questionne sur des choses qu’elle est la seule à voir, m’arrachant un sourire plus que satisfait quand Ada s’est carrément recroquevillée sur elle-même. Elle quitte son haut, dans une protestation folle, bondissant sur ses pieds avec une dextérité que la drogue ne lui a pas encore retirée, avant de s’ausculter la peau du ventre avec une attention experte. Elle m’accuse, à raison, un doigt inquisiteur pointé en ma direction. Je lève les mains en signe de reddition. C’est pour ton bien… Demain tu auras oublié cette soirée et tu continueras ta vie sans te poser des questions qui t’amèneront droit dans la gueule de la Nostra… Ou dans la mienne. Sans savoir ce que j’ai fait pour toi… Sans qu’on ne soit plus redevable l’un de l’autre.

En quelques pas je suis derrière elle lorsqu’elle ouvre la porte. Je n’ai aucune intention de la laisser filer dans cet état. Or l’issue est vite refermée, dans un claquement sec et paniquée. Clochette reste là, sans bougée, prostrée et effrayée par ce qui se trouve dans le couloir des salons VIP. Une chimère ? Je hume l’air, à une distance raisonnable de la blonde, sans rien sentir d’autre qu’une flagrance ténue, douce et sirupeuse, flotter au dessus d’elle à l’instar d’un parfum entêtant. Je ferme les yeux, une fraction de seconde, dans un frisson délectable. Puis je plaque mes mains contre la charpente de la porte, bloquant ainsi, sans la toucher, Varri et la sortie. Ta terreur est capiteuse comme du bon vin. Un sourire léger, fluide, presque invisible, soulève la commissure de mes lèvres. Mon torse se rabat contre le dos de Varri, s’y love comme si nous étions alors très intimes. Je peux sentir la chaleur de sa peau à travers mon débardeur et, en me concentrant bien, son cœur la faire entièrement vibrer sous la pression de la bryone. Je soupire. D’aise. De plaisir. Avant de glisser ma joue contre la chevelure blonde de l’officier dans une inspiration profonde et ronronnant. – Varri, murmuré-je d’une voix aussi onctueuse que du miel, tu sens la mûre sauvage. Je me baisse encore. Un peu. Me décale pour que mes lèvres frôlent l’angle de sa mâchoire. – Ne lutte pas. Accepte. Profite. Ne réfléchis plus. Respire profondément et laisse-toi emporter par l’ivresse. Sentant l’atmosphère s’alourdir, d’un probable déplaisir du à notre proximité, l’un de mes bras se referme comme un étau autour du ventre de Bjurman, la pressant encore plus fort contre moi. L’inconfort de la position, du à notre différence de taille, l’oblige à se cambrer pour ne pas basculer en avant. Je ne peux réprimer un frémissement que je n’ai pas envie d’analyser lorsque la pulpe de mes doigts caresse les imperfections d’une cicatrice. Raconte-moi ton histoire Chérie.  – Ne t’inquiète pas. Rien de tout ça n’est permanent. Je suis mes propres conseils : Je la respire. Profondément. – Rien de tout ça n’est réel.

Je la lâche doucement, un peu à contre cœur, en faisant un grand pas en arrière – j’aimerais éviter au maximum qu’elle tente de m’en coller une, même complètement défoncée. – Je vais te raccompagner chez toi Varri, dis-je d’une voix posée, de celles qui inspirent le plus grand calme même en situation de crise. – Si tu es d’accord. Je recule encore, sans la quitter du regard, jusqu’à arriver à hauteur du tee-shirt qu’elle a jeté quelques minutes plus tôt. Je le ramasse pour le lui tendre. – Je te conseille néanmoins de remettre ça. Ou pas. C’est toi qui décide. Je hausse les épaules. Si rien n’est réel j’imagine que tu as droit à pas mal de fantaisies.Il ne peut rien t’arriver Varri, tant que je suis là. En somme : Je te ramène chez toi. Je fais gaffe que tu ne décides pas de te jeter d’un toit pour savoir si tu sais voler. J’te fous au lit. J’me démerde pour te donner envie de partir de Rome le plus vite possible - je dois bien avoir quelqu’un capable de ça dans mes putains de contact. Je cherche vaguement Ada du regard. Elle a rampé dans un angle de la pièce, l’œil morne.  – C’est bon toi. Tu peux y aller. La menace est endiguée par la drogue et l’alcool.

Code Couleur:
 



acidbrain

_________________
Breathe, in deep ► I breaking you
Je suis de race lointaine : mes pères étaient Scandinaves : ils se perçaient les côtes, buvaient leur sang.

 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

WICKED GAME

avatar

conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : 36 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibataire [titre de mon champ]: BESOGNE: : Officier de police [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé, le présent, le futur. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Charlize Theron, lux aeterna, alas [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 691 [titre de mon champ]: PACTE: : 04/01/2017



Message
Sujet: Re: Opium    Ven 23 Juin 2017 - 23:09


Opium
Irénée N. Carissi & Varri Bjurman
Thème musical

Sage. Un terme qui veut à la fois tout et rien dire. Le genre de trucs qu’on vous balance quand on n’a pas la moindre idée de quoi faire ensuite. Varri a réfléchi à ce qui pourrait correspondre à l’allusion faite, mais planer hautement ne lui a jamais traversé l’esprit. Elle s’est faite avoir comme débutante.
Elle angoisse. Ses yeux fixent la porte dans la crainte de voir le fantôme de son passé surgir à travers, les orbites vides et la gueule béante. Sa mère était si belle. Si rassurante. Puis, un jour, elle a disparu. C’est tout.
Les paumes se redressent avec lenteur, s’apposent contre le bois dans un contact fébrile comme si cela pouvait lui permettre d’étioler la vision. Faire disparaître la hantise.
Craquement qui la ramène au présent. Elle sent une présence écrasante dans son dos, se rappelle dans un battement de cils que son adversaire est toujours là. Dans la même pièce, à jubiler de sa victoire. Elle veut faire volte-face mais la carrure s’écrase avant qu’elle n’ait pu faire quoi que ce soit. Les pognes maintiennent l’huis fermé et la blondine s’y plaque d’instinct, redoutant le choc des carcasses. Moment de flottement où l’esprit s’égare.
Elle pense à sa mère et à son rire franc sous le soleil de minuit. A leurs facéties complices tandis que le vent battait le promontoire de leurs ancêtres. Puis une flavescente crinière irradie son champ de vision. Celle d’une femme qu’elle ne connaît pas. Beauté scandinave chuchotant avec espièglerie quelques mots en same. Le soleil s’éclipse et le décor change pour l’intimité d’une chambre. Susurrement du mâle aux bras bigarrés.
Le poitrail rencontre le dos nu avec l’intensité de l’instant présent. L’homme se colle contre elle et Varri sent sa peau irradier d’une chaleur corrosive. Elle creuse les omoplates, sent la douleur de sa dernière cicatrice en date lui revenir. L’arme blanche a laissé une belle estafilade, cadeau de bienvenue dans ce monde nommé corruption. Le corps s’empêtre dans l’effarement tandis que l’esprit jongle avec quelques visions succinctes. Il y a cette femme toujours. Une amante. Son amante.
Varri tend l’échine, voudrait rompre le contact mais tout en elle crie à l’inverse. L’étreinte du dominant la fait fulminer de rage mais son souffle galope après la rythmique du thorax masculin, comme s’ils soupiraient tous deux en osmose. Le titan se baisse, aiguille son museau de sa crinière à son oreille, venant à la provoquer sciemment en la chatouillant de son ronronnement grave. Elle frissonne, ferme les paupières pour mieux enfoncer ses coudes contre la porte – ultime obstacle du contrôle d’elle-même qui s’est carapaté loin. « Non. » Blondie se mord les lèvres, revoie cette femme soupirant aux caresses passionnées. Elle veut chasser ça de sa tête. Chasser l’emprise phallocrate sur son corps. Maintenant.
Mais la tête dérive lentement et quand il l’étreint d’un bras, Bjurman sent ses forces la quitter. Les bassins se rencontrent et la blonde s’équilibre dans un soupir résigné. Stupide. Femelle avec ce besoin d’être touchée. Combien de temps cela fait-il ? Il la maintient et elle s’abandonne, divaguant aux portes de son lâcher prise. « Rien n’est réel... » Qu’elle murmure, témoin malgré elle de la subtile jouissance de celle qui s’invite dans sa tête.  
Profonde inspiration du kvène qui s’imprègne d’elle, arrachant le sursaut des paupières. Il la relâche enfin et la belle s’échoue contre l’huis, restant de dos pour mieux reprendre ses esprits. Son souffle. Cinglée. Songe-t-elle amèrement, les prunelles cherchant de quoi l’amarrer pour de bon. Lars a pris ses distances et déblatère quelques mots qui lui semblent lointains. Cacophonie de son palpitant lui remontant les tempes. « Si tout ça n’est pas réel alors j’imagine que t’es mon fantasme. » Qu’elle lâche dans un ricanement, partagé entre désarroi et sarcasme. Les hanches bougent mais le dos reste planté sur cette foutue porte, lui donnant des airs s’aguicheuse. Il lui tend le tee-shirt, vêtement qu’elle regarde avec insistance avant de tendre un bras dans sa direction, esquissant une mouvance des phalanges pour rattraper son bien. Pas de chance, elle vise un poil à côté – chancelle sur ses guiboles avant de s’approcher pour optimiser ses chances. Ada profite du moment pour partir. L’œillade cristalline tarde à la suivre dans la cage d’escaliers. Sa mère n’est plus là.
« Où est ce que je suis ? » L’interrogation tombe avec égarement, alors qu’elle enfile son tee-shirt, peinant à en trouver le bout. « Tu veux me protéger. Mais de quoi ? » L’élocution se fait de plus en plus difficile, à mesure que les synapses s’engourdissent. Lars lui semble immense, comme ces statues grecques qui imposent le respect de par leur stature. Elle fixe la paluche retombant sur le flanc – l’entreprenante. Celle qui a grimpé sur son ventre pour arpenter sa cicatrice en toute impunité. « Y a quelqu’un dans ma tête. Pour toi. » Et de tourner les talons sans prendre la peine d’argumenter, s’accrochant à la rambarde de la cage d’escaliers comme si elle était sur le pont d’un bateau.

L’air frais. Balayant son visage. Varri inspire profondément, bras repliés derrière sa tête, à peine à quelques mètres de l’entrée du club. Elle détache ses cheveux, se noie dans l’introspection lénitive de ses sensations avant de couler une œillade au mâle colossal qui attend à quelques pas de là. De son impatience, elle s’en contrefout. « Par là. » Elle lui désigne le parc traversant le centre-ville, essayant de retrouver dans sa caboche agitée le souvenir du parcours de l’allé. Où est ce qu’elle habite ? Elle entend le bruit des chutes, celles qui se jettent de leurs monts vertigineux. Et pourtant, c’est une fontaine qu’elle trouve, nichée dans un angle de rocaille, à bonne distance de l’entrée du parc plongé dans l’obscurité. Un sourire égaye son minois fatigué tandis qu’elle vient y tremper les orteils après s’être débarrassée des chaussures qui usent la voûte plantaire. « Lars. Lars. Lars » Truand qui s’improvise chevalier servant, contraint de suivre la blondine dans ses folies passagères. « Tu hais bien. Si bien… » Elle se relève pour couler un regard au colosse au faciès buriné par la lueur nocturne. Il est lunaire. Infrangible. C’est ce qu’elle a toujours admiré chez lui. « Mais tu aimes aussi. Oh ça… » Sa phrase reste en suspend, s’émiettant dans un soupir satisfait. Elle enjambe la bordure, marche dans l’herbe pour le rejoindre, silhouette évanescente qui ricane du mortel trop terre à terre. « Une Same. » Elle se hisse sur la pointe des pieds pour lui léguer son murmure à l’oreille puis se remet en marche, diablesse voluptueuse, prédatrice folâtrant avec grand plaisir dans cette ambiance sylvestre. Ce qu’elle aime l’odeur de l’herbe, des chatouilles sous ses pieds. La blonde disparaît derrière un arbre, s’amuse du cache-cache – profitant des ombres pour disparaître. « Eija. » Prononce-t-elle. « C’est son nom ? Tu aimais le murmurer. »          

     

Codage par Emi Burton

_________________
Fucking mess in my head
As the world fell, each of us in our own way was broken. It was hard to know who was more crazy...©lazare.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

RUN WITH THE MOON

avatar

conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : 37 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibâtard-HomicidoPresqueInvolontairement-Veuf - (Re)marié aux vins et spiritueux de la supérette discount du coin [titre de mon champ]: BESOGNE: : Fabricant et dealer d'une drogue dure commercialisée par la Nostra Regno - ah, ces sponsors du crime [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCHINE: : Sorcier pur, suprême déchu mordu par la fourbe lupine [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Je crève dans mon dedans actuellement, j'ai les pouvoirs d'un gosse de 15 ans et les capacités irrégulières de ces gens en proie à une dualité interne. Mais j'ai un Beretta 92 FS et je sais viser. [titre de mon champ]: GANG: : Je collabore avec la NR pour qu'elle assure ma protection - et quand je dis collabore, je veux dire que je travaille pour eux - mais je ne suis membre d'aucun coven, d'aucune meute et je n'ai prêté allégeance à personne - faut pas déconner non plus [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Jason Momoa by Lux Aeterna [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 458 [titre de mon champ]: PACTE: : 06/06/2017



Message
Sujet: Re: Opium    Sam 24 Juin 2017 - 18:55
OPIUM
Varri & Irénée
Ton fantasme ?! Si j’avais le sens de l’humour, sache que j’aurais été pris d’un bon gros fou rire. Le jour où tu préféreras me faire dormir dans ton lit plutôt que dans ta baignoire, ou solidement attaché dans ta cave, ne se lèvera probablement jamais.Il paraît que les gens qui nous apparaissent dans nos rêves sont des parties de nous que nous essayons de comprendre ou d’anéantir. Alors, imaginons que je suis ta part d’ombres. Elle ondule contre la porte, peu assurée sur ses longues jambes, tanguant comme si le sol était fait de mousse. Elle essaie une première fois de récupérer son bien, mais il faut qu’elle s’y reprenne pour parvenir à me l’arracher des doigts. Elle l’étudie pendant de longues secondes avant de se décider à l’enfiler – action visiblement vachement périlleuse. Tu es nulle part et partout à la fois. Je me décale légèrement pour rejoindre la porte. – Je vais te protéger de ton pire ennemi Varri. Toi-même. - Y a quelqu’un dans ma tête, me répond-elle du tac-au-tac. Je la regarde par-dessus mon épaule. Sérieux ? Pour toi. Sérieux. Cette conversation commence vraiment à  devenir bizarre.Passes-y le bonjour de ma part, soufflé-je lorsque la blonde se met en mouvement pour prendre les escaliers. On dirait une danseuse contemporaine en plein ballet.

On descend. On traverse la salle.
On la traverse entre les corps qui se déchainent sur la piste de danse, les concupiscents et les timides. Ca sent la sueur rance, le parfum bon marché et, au dessus de tout ça la mûre sauvage. Je suis Varri à deux bons mètres de distance, assez pour repérer sa tête blonde dans la foule et qu’elle ne se sente pas écrasée par ma présence – l’ombre du garde du corps trop encombrant. Avant de sortir du bouge, je me tourne prudemment vers le comptoir. Une œillade est lancée à un type, derrière, puis un geste sec de la main qui ne veut dire qu’une chose dans le jargon des malfrats : Ce soir, tes caméras n’ont rien filmées. Il acquiesce, se tourne à son tour… Et le geste suivra son court jusqu’à ce que la bande de cette nuit soit complètement détruite. Normalement on n’aurait pas du me voir. J’étais censé rester dans l’arrière du bâtiment. Est-ce que tu te rends compte des risques inconsidérés que tu me fais prendre Clochette ?

A l’extérieur, après avoir fait deux ou trois pas supplémentaires, elle prend une pause. Déjà. Elle s’étire. Détache ses cheveux qui sont presque immédiatement soulevés par le vent. Je ne sais pas pourquoi elle me laisse la raccompagner chez elle. Je ne sais même pas si elle se souvient où c’est, chez elle. Je reste en retrait, aussi perplexe quelle quant à la route que nous devons prendre. Tu t’arrêtes pour me faire chier ou parce que tu ne sais vraiment plus où tu es ? Puis elle indique le parc, faussement sûre d’elle, avant de s’y élancer.

Les lumières artificielles jaunâtres décolorent les feuillages et projettent devant nous des ombres longues et déformées. Nous marchons longtemps sans rien dire. Dans un silence religieux. Il y a juste la semelle de nos chaussures qui crisse sur le gravier. Il y a juste la régularité de nos souffles ténus qui monte dans la nuit. Et ça dure jusqu’à ce que, subitement, Varri s’arrête, bifurque et fonce vers un coin reculé du parc. A sa suite j’y découvre une fontaine imbriquée dans des roches – un truc vachement bien fait dans une ambiance zen et agréable. Varri abandonne ses godasses, se met à patauger dans la flotte un sourire enfantin trônant fièrement sur son visage. Je la trouverais presque belle. Il faudrait que je sois objectif pour te trouver belle. Mais je n’ai pas envie de l’être ce soir. Elle scande mon nom. Elle baragouine des mots que j’entends à peine. Que je comprends à peine. Je hais et j’aime, comme tout le monde. Enfin elle enjambe son pédiluve pour s’avancer vers moi. Pour s’avancer sur cette prairie tondue de frais comme du velours verts et ternes. J’aimerais m’y promener pieds-nus moi aussi. Comme elle. Je la regarde, dans une sorte de transe. Je la regarde jusqu’à ce que, si proche, elle m’apparait floue. Elle se redresse. Elle se grandit. Elle tend sa bouche vers mon oreille. Je tourne légèrement mon visage pour lui faciliter la contorsion et j’ai à peine le temps de lui effleurer les reins qu’elle a déjà murmuré son mot à mon oreille. Same. Elle repart. Je m’étonne de ne pas l’entendre glousser tant le jeu semble lui plaire… Mais elle ne joue pas. Elle crache ce qu’elle sait.

L’évocation d’Eija m’enserre le cœur d’une façon bien plus violente que ce que j’aurais pu me l’imaginer dans ma tête. Parfois je pense à elle et ça ne me fait rien. Qu’une vague nostalgie que je tais à coup de Whisky et de Rhum bon marché. Mais, ce qui me revient ne sont que des réminiscences peu intenses. Des accolades froides, des sourires enragés, de la rancune au fond des yeux. Ce qui me revient c’est la fin d’une histoire et le malaise de la trahison. Cependant, à voir Varri courir dans ce parc comme une nymphe grecque, à s’amuser des ombres et de la simplicité d’un lieu commun, ça me ramène à Kiruna, là où tout était beaucoup plus profond. Douloureux. – C’est son prénom, réponds-je avec beaucoup moins de contenance que prévue. J’inspire en relevant le menton, ravi qu’elle soit planquée derrière son saule plutôt qu’en face de moi. J’aurais été incapable de soutenir ses deux mirettes fixées dans les mienes. – Tu dois la connaître, c’est la fille Blix. Forcément que tu la connais, sinon comment tu saurais. Partons sur du banal quand je me noie sous une tonne de souvenirs.

Je me souviens d’un dimanche de septembre où Eija m’a réveillé en tapant sur le lit et en criant – Aurore Boréale ! Y a une aurore boréale Lars ! Lève-toi ! Tout ça pour profiter des zébrures du ciel ensemble. Comme si jamais nous n’en avions vue une avant. Je me souviens du jour où elle a essayé de m’apprendre la valse et qu’elle a vite désespéré. Ou du jour où elle a fait chavirer la barque parce qu’elle avait cru voir un serpent d’eau. D’une fête d’anniversaire où nous n’avions pas pu aller ensemble. Et je me souviens de ce jour, qui reste marqué d’une pierre blanche. Ce beau mercredi de juillet, un des derniers jours d’été de l’année. Là où il n’y a quasiment plus de nuits. Là où nous étions restés à bavarder et à boire presque jusqu’à l’aube – mais Eija n’a jamais beaucoup bu. C’est moi qui m’étais réveillé avec une sacrée gueule de bois et j’avais retrouvé Eija, en bas. Elle était ensommeillée, sortant de la douche, enroulée dans une serviette rouge et mouillée, une fleur coincée élégamment au dessus de son oreille – une fleur blanche de cornouiller que je lui avais offert la veille. Je m’étais assis là, en face d’elle, silencieux, tandis que le soleil devenait de plus en plus chaud. Je n’ai pas bougé pendant des heures. Je l’ai regardé me parler, rire et secouer sa crinière blonde humide ; puis lire, calmement, une histoire d’amour tragique à la Roméo et Juliette – sauf que ce n’était pas Roméo et Juliette. Je n’ai pas bougé. Non. Même lorsque j’ai cru comprendre que je l’aimais.

Je ferme les yeux. Aussi fort que possible, pour m’enlever ces putains d’images du crâne. Je compte, même, pour envoyer mon esprit sur autre chose. Je veux que la pellicule de mon passé claque. Crame. Disparaisse. Qu’il n’en reste que des moments de plénitude meurtrière. De rage. De haine. Ce qui fait que je suis Lars Hjelm. Je n’arrive que jusqu’à treize. Treize pauvres secondes. Les nombres finissent par se perdre dans le tumulte rugissant de mes pensées. Et je suis pris d’un énervement fou. D’une impulsion délirante. J’ai envie de rentrer chez moi, pour boire. Pour boire jusqu’à en avoir la gerbe. Jusqu’à vomir même peut-être. Jusqu’à, moi aussi, ne plus me souvenir de cette soirée pourrie. Tu sais pas la chance que t’as Varri ! De laisser Varri seule dans ce foutu parc, à se prendre pour la Fée Clochette, à grimper dans les arbres ; à raconter à qui voudra l’entendre, tous ces trucs qui lui passent dans la tronche. Ces histoires de Kiruna. Ce pays que personne ne connait. Elle finirait bien par tomber sur quelqu’un d’assez dingue pour l’écouter. Un peu. Et en profiter. Beaucoup. Pour profiter d’elle et de sa faiblesse. Pour la buter. Comme ça je n’aurais plus de problème. Plus besoin de penser à elle. De me demander comment je vais l’éloigner de moi parce que, merde, on vit désormais dans la même ville. Et elle enquête sur moi. Et c’est nul. Et cette connasse me parle d’Eija.

J’écrase la distance qui me sépare de son arbre en quelques enjambées à peine. Et, pas plus tôt entré dans son champ de vision, je lui attrape l’avant bras avec une délicatesse oubliée. Je pourrais te le briser lui crache mon regard brusquement noirci. Soudain j’ai envie de la frapper. De la frapper si furieusement qu’elle ne s’en relèverait pas. Jamais. Si furieusement que même ses proches ne la reconnaitraient pas. J’ai envie de la détruire. De détruire tout ce qu’elle représente et tout ce qu’elle me rappelle. J’ai envie de t’effacer… Comme on pourrait le faire d’un mot sur une feuille. Mais je ne fais que la secouer, une fois, un peu rudement, mais pas de quoi la faire trembler jusque dans ses fondations. Elle ne vibre que de son poignet à son épaule. – Où est-ce que tu habites Varri ?! articulé-je comme si je houspillais une gamine. J’ai pas que ça à foutre. Et les effets de la Bryone ne sont pas éternels. Mes doigts l’enserrent un peu plus quand un grognement remonte le long de ma gorge. Je vais pour répéter, sans même attendre qu’elle me réponde.

Mais je me fige. Happé par l’incongru. Une flagrance. Une impression. Je me détends. Une brise fait bruire les feuilles des arbres et en soulève certaines, tombées sur le sol ; elle fait gonfler le tee-shirt de Varri comme un ballon. – Tu saignes, murmuré-je tout bas en baissant le regard jusqu’au sol. Sur l’herbe verte à l’odeur de sève, un tapi de sang noir s’épanouit en dessous de son pied. Je cligne des yeux avant de la lâcher, hypnotisé par le contraste des couleurs. De ce rouge cramoisie qui s’enroule autour de ses orteils blanchâtres. – Comment tu as fait pour ne pas le sentir ? Ca ne te fait pas mal ? J’esquisse un geste. – Laisse-moi regarder. J’aimerais ne pas avoir à te porter jusqu’à chez toi.


Code Couleur:
 



acidbrain

_________________
Breathe, in deep ► I breaking you
Je suis de race lointaine : mes pères étaient Scandinaves : ils se perçaient les côtes, buvaient leur sang.

 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



Contenu sponsorisé
conter son règne



Message
Sujet: Re: Opium    
Revenir en haut Aller en bas
 
Opium
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
Sujets similaires
-
» opium caniche 10 ans
» L'Opération d'Opium pour sa dysplasie ...
» OPIUM.CONSPIRACY ... MIAM
» « Le livre est l'opium de l'Occident. » le 12 avril à 14H21.
» Opium ♦ Solitaire [LIBRE]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
RIGOR MORTIS ::  :: EST :: → CLUBS-
Sauter vers: