Opium [Terminé]

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[titre de mon champ]: OSSATURE: : 36 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibataire [titre de mon champ]: BESOGNE: : Officier de police [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé des gens. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation. [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Clairvoyance. Varri peut voir les souvenirs des autres. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Charlize Theron, swan, alas [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 2095 [titre de mon champ]: PACTE: : 04/01/2017



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Sujet: Re: Opium [Terminé]   Dim 25 Juin - 18:25


Opium
Irénée N. Carissi & Varri Bjurman


Eija. Le nom qui fait flancher la montagne dans une tension perceptible. Il ne nie pas. Il confirme. Et Varri reste adossée au tronc centenaire, chassant ses divagations pour se livrer à une réflexion judicieuse. Elle l’a vu. Comme si elle était lui. Serait-elle devenue omnisciente en foutant le pied sur ces terres où le soleil brûle et les flics complotent ? La fille Blix. L’information ricoche dans l’encéphale, réveillant ça et là le flair de l’inspectrice. La fille Blix – Eija, une same – amourette surprenante entre deux adversaires naturels. Deux ennemis qui ont tout deux des familles. Des amis.
Bruissement sauvage des feuilles mortes qui réveille Blondie du cheminement de ses pensées – pour une fois cohérentes - pour la plonger une fois de plus dans les sensations du présent. Celui qui la rattrape pour lui coller une bonne tarte sur le pif sans prévenir. Le colosse apparaît avec la gueule patibulaire de celui qui enrage. Molosse. Elle a mis le doigt sur la douleur – celle qui en appelle toujours à la fureur chez les gens de son acabit. Parler gonzesse, c’est parler faiblesse. Varri ignore ô combien elle a attisé les flammes d’un profond ressentiment mais elle saisit dans la physionomie tendue de Hjelm ce quelque chose qui lui fait dire qu’elle va y passer. Maintenant. Il lui choppe le bras avec rudesse, serre et la bouscule en lui aboyant cette foutue question. Où est ce qu’elle habite ? La blonde se tasse d’appréhension mais son regard ne quitte pas celui de la brute. Elle ne veut pas fléchir même si pour ça elle doit essuyer la violence de son bourreau. « Arrête. » Lâche-t-elle, l’émail serré. Mais si elle se dresse en bloc contre l’oppresseur, celui-ci semble se calmer en contradiction. La nature frissonne, l’air circule et soulève son tee-shirt comme si elle tentait de leur rappeler que leur tapage n’est que broutille au milieu d’une force insondable – qui les dépasse. La vésanie meurtrière qui a animé les prunelles de Lars quelques secondes plus tôt se dissipe aussitôt pour laisser place à de la surprise. L’étau se relâche enfin autour du bras malmené et Blondie suit le regard masculin qui dégringole jusqu’à ses pieds. Tu saignes. Minois dénué d’expression, stature immobilisée contre le tronc noueux, la belle se rend compte de la pertinence du constat. Elle saigne. Elle articule ses orteils, de ceux maculés de liquide purpurin. Elle fronce les sourcils, doit se rendre à l’évidence qu’un picotement désagréable gagne sa conscience. La brutale sollicitude de son vis-à-vis lui arrache un haussement de sourcils perplexe. « Je sais pas. Mais qu’est ce que ça peut bien t’foutre ? » Qu’elle le questionne, amère. Les plaies, elle ne les compte plus. Celles ancrées dans son derme, celles mutilant son âme. Lars s’abaisse et l’invite à lui montrer. La donzelle se laisse glisser contre le tronc d’arbre dans un haussement d’épaules. La curiosité embrasse ses calots. Elle ne comprend pas ce qu’il se passe. Ne sait plus vraiment qui elle est. Où elle est. Et pourtant, les pensées s’ordonnent avec plus de vivacité, comme si la drogue laissait une empreinte un peu floue sur sa personne. Séant au sol, Blondie replie une jambe contre elle et tend l’autre en direction de son chaperon – exhibant la voûte plantaire meurtrie aux yeux du colosse. Le voir affublé du rôle de l’infirmière lui arrache un sourire froid. La mort n’a jamais autant coudoyé l’attention précaire avec autant de promiscuité. « Qu’est ce que tu veux de moi, Lars ? » Lui murmure-t-elle en suédois avant de renverser la tête en arrière, harassée par les images qui affluent dans son esprit. Nouvelle vision. Plus virulente, l’imprégnant d’une sensation de malaise nauséabond. Souffrance anxiogène qui la frappe avec fracas. La nature s’est enfuie pour laisser place aux murs froids d’une cellule close. Elle n’a aucune influence sur ce qu’il arrive. Elle est lui. Encore une fois. Mais cette fois-ci, la charpente auréolée de puissance est avachie sur la paillasse et l’homme semble regarder son bras gauche, paume ouverte vers le ciel. De son autre main, il détint un gobelet en plastique déformé, écrasé, déchiré, pour n’en garder qu’une pointe escarpée – arme de fortune qu’il s’est inventé pour parvenir à ses fins. Désespoir.
La paluche s’incline, le plastique épingle la chair du poignet et il remonte. Il s’ouvre les veines et l’hémoglobine dégueule.

Pincement lancinant arrachant la donzelle à ses songes trop réels. Son cœur fait un bond dans sa poitrine et la peau frissonne d’un dégoût du geste. Instinctivement, elle crochète le bras de Lars avec son pied, mettant fin à la parenthèse de soin. Dans une vive impulsion, elle le bascule au sol et lui grimpe dessus, le minois saisi à quelques centimètres du sien – l’azur confrontant l’agate avec pugnacité. Elle cloue les poignets masculins parterre, relâche l’emprise d’une main pour la faire voyager en direction de l’avant bras meurtri de sa vision, noyé d’encre. Du bout des doigts, elle découvre le secret bien caché – la plaie cicatrisée qui bigarre le derme. Le souffle cavale au bord de ses lèvres et elle se les humecte pour combattre l’aridité. Elle ne l’a jamais vu d’aussi près, le titan à la peau cuivrée. Remarque les grains de beauté sous l’œil gauche qui donne à son visage une beauté si singulière. Elle semble chercher dans les prunelles féroces la trace de résignation. Celle que tout Homme possède lorsqu’il pense mettre fin à ses jours. Le museau féminin se froisse d’incompréhension tandis qu’elle chuchote avec désarroi.« Ta résilience. Quand est-ce que tu l’as perdue ? » Blondie fait peser son poids sur la carrure musculeuse étendu sous elle. Les doigts effleurent la cicatrice qui zèbre le poignet, s’y soustraient après un court instant. « Je vois des choses que tu as vécues. Des choses que tu as ressenties. Et ça me terrifie. »                

     

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[titre de mon champ]: OSSATURE: : 37 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibâtard-HomicidoPresqueInvolontairement-Veuf - (Re)marié aux vins et spiritueux de la supérette discount du coin [titre de mon champ]: BESOGNE: : Fabricant et dealer d'une drogue dure commercialisée par la Nostra Regno - ah, ces sponsors du crime [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCHINE: : Sorcier pur, suprême déchu mordu par la fourbe lupine [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Je crève dans mon dedans actuellement, j'ai les pouvoirs d'un gosse de 15 ans et les capacités irrégulières de ces gens en proie à une dualité interne. Mais j'ai un Beretta 92 FS et je sais viser. [titre de mon champ]: GANG: : Je collabore avec la NR pour qu'elle assure ma protection - et quand je dis collabore, je veux dire que je travaille pour eux - mais je ne suis membre d'aucun coven, d'aucune meute et je n'ai prêté allégeance à personne - faut pas déconner non plus [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Jason Momoa © Sign code by 2981 12289 0 © Gifs by Varri <3 [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 2235 [titre de mon champ]: PACTE: : 06/06/2017



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Sujet: Re: Opium [Terminé]   Dim 25 Juin - 23:04
OPIUM
Varri & Irénée
On se baisse en simultané. Elle en se laissant glisser contre l’arbre, moi en m’accroupissant dans un équilibre précaire. Le calme est revenu, même si la haine ronge mes entrailles. Il faut que je la canalise. Que je me fasse oublier. Elle tend sa jambe pour me présenter son pied. Le dessous est rouge sang à force d’avoir marché et d’avoir piétiné sur place. De fait je ne vois pas vraiment d’entaille, ni d’où provient l’hémoglobine fraîche. Ca sent le fer. Ca sent la vie. Ca sent la mort. Ca me rappelle que j'ai faim. Je prends son talon dans une main, le pince un peu, le penche, l’examine. Aucune artère ne semble atteinte et, à la vue d’un petit quelque chose qui dépasse de sa peau, je dirais que même aucun point ni aucune agrafe ne sera nécessaire à sa survie. Ca nous évite un détour par l’hôpital. Une hémorragie. Un truc du genre qui aurait fait que des gens se seraient posés trop de question à ce sujet.  – Je ne veux rien de toi, soufflé-je, distrait. – Seulement que tu partes. Que tu rentres. Des gens meurent tous les jours. Et ils n’ont pas besoin de toi pour trouver la paix. Le peuple Same sait et saura faire son deuil. Sans ton aide. Alors abandonnes ce pour quoi tu es ici. Elle balance sa tête en arrière quand je me saisi de l’éclat de verre entre le pouce et l’index. Je le tire doucement. Elle frissonne à peine. Comme si elle était complètement ailleurs. Dans un autre monde onirique auquel je n’ai pas accès. – Il faudrait nettoyer la plaie… Donne-moi ta putain d’ad…

Quelquefois, quand il y a de l’action, que la réalité est trop étrange et brutale pour la comprendre, le surréel l’emporte. L’action se ralentit, glisse comme dans un rêve, milliseconde après milliseconde, image après image. Tout devient visible. Injecté d’adrénaline. Le geste d’une main, les vibrations d’une phrase, le battement d’un cil, durent une éternité. Des détails – un logo sur une veste, les veinules d’une feuille, la coupe d’une haie – sont agrandis. Mis au premier plan. Précisés de façon aiguë. C’est ce qui se passe quand Varri décide, sans raison, de me sauter dessus. C’est comme un tableau trop net pour être vrai.

D’abord je ne vois que ma main – ses lignes et ses imperfections - qu’elle repousse d’un coup de pied, envoyant le verre que je tiens – vert bouteille – incroyablement loin. Je m’aperçois que ma peau est éclaboussée de deux taches écarlates, grosse comme des pièces de monnaie. Je les trouve presque trop rouge pour être du sang. Aussi imprécises que si elles avaient été faites à grand coup de pinceau. Puis je bascule. Lentement. Emporté par mon propre poids. Je vois chaque branche tombante, chaque ridule de l’écorce du saule pleureur parfaitement dessinées. Le ciel nocturne est si foncé qu’il me donne l’impression d’avoir les yeux fermés et si épais que je me demande même si ce n’est pas moi qui suis sous bryone. Varri entre dans mon champ de vision lorsque mon dos percute le sol dans un bruit mat. Dans un froissement de tissu. Sa tête est mollement rejetée en avant. Je crois durant une fraction de seconde qu’elle va me mettre un coup de boule, mais elle s’arrête à quelques centimètres de mon visage. Mon regard s’égare sur ses lèvres qui dégagent un souffle chaud, puis sur sa gorge magnifique, pulsant la vie ; le bas de son tee-shirt remonte légèrement. Elle bloque mes bras. Je grogne de contrariété.

Dans ce silence envahissant, entre chacun de nos râles, un pouls bat à mes oreilles. Trop fort. Trop désordonné. Et ce n’est pas le mien. Non. Parce que j’ai oublié de respirer.

Je dois ouvrir et fermer trois ou quatre fois la bouche, comme un poisson hors de l’eau, pour arriver à reprendre correctement mon souffle. Je le prends si profondément, et Varri est si près, que nos ventres finissent par se bousculer. – Mais qu’est-ce que tu fous, dis-je tout bas – peut-être même trop bas pour qu’elle l’entende correctement. J’esquisse le geste de me lever. Me stoppe. Je sens la pulpe de ses doigts frôler une cicatrice. La cicatrice que recouvre mon tatouage. Je tourne la tête en direction de sa main. Ne me touche pas. - Je n'ai rien perdu, vociféré-je un peu vexé. J'étais un gamin. J'ai grandi, depuis. Je suis devenu un homme. Mes prunelles la fusillent. Je me dégage de son emprise – ce qui ne s’avère pas vraiment difficile à la vue de notre grosse différence de poids et de force. Je me redresse sur l’un de mes coudes avec l’envie dévastatrice de la repousser violemment en arrière. Cependant ses paroles sont assez dérangeantes pour que je puisse réprimer cette pulsion. Un peu démuni. Un peu sceptique. Priant pour qu’elle se trompe. Tu vois des choses ? ai-je envie de lui demander, foutrement surpris par la déclaration. Quel genre de choses ? Je grimace furtivement. Pourquoi je lui demanderais ? Est-ce que j’ai vraiment envie de savoir ? Il ne me faut qu’un instant pour conclure que, non, je n’ai absolument pas envie de savoir. J’ai envie que Varri soit normale. Et je pense qu’elle aussi, elle a envie d’être normale.

Mon bras valide s’enroule doucement autour de ses hanches. Presse son bassin contre le mien. Un frémissement extatique m’arrache un sourire provocateur. A chaque inspiration nos bustes se touchent.Combien de dossiers as-tu lus à mon sujet Clochette ? Et combien de personnes sont venues te raconter des choses me concernant ? Mon nez effleure la courbe de sa mâchoire. Je préfère me dire que ses soudaines visions sont dues à la lecture de paperasses et aux portes que peut ouvrir la drogue que je lui ai donnée. Des genres de souvenirs enfouis. Marchons avec des œillères. Regardons droit devant nous, comme si le monde n’était pas fait d’un peu de magie. - Ce que tu vois ce n’est que des réminiscences de notre passé commun à Kiruna. Des réminiscences qui resurgissent parce que je suis là, en face de toi. Et que tu es saoule. Mes doigts cherchent la chaleur de sa peau. Agrippe les chairs de son flanc. – Varri, susurré-je comme si son prénom était la chose la plus intime et sensuelle que je pouvais lui dire, arrête de me frapper et de trouver des excuses pour me plaquer au sol. Il y a des façons beaucoup plus simple de me faire comprendre que tu me trouves charmant, tu sais. J’ondule légèrement sous elle. La sensation m’extorque un hoquet de plaisir, bien malgré moi. - Je pourrais même te laisser me chevaucher, si c’est bien amené. Toute la nuit. Le sang bat mes tempes. - Est-ce que ça te plairait, Varri ? Est-ce que ça te plairait de gémir pour moi, dans ma bouche... Est-ce que ça te plairait de scander mon nom pour autre chose que me dire que je sais haïr ?, ronronné-je d'une voix ronde, pleine et grave. Et chacune de mes syllabes claque contre sa joue. - Est-ce que ça te plairait que j'essaie de te convenir, pour une fois, glissé entre tes cuisses ? Je presse mes lèvres contre sa carotide. Dans ce cou gracile. Sur cette peau à l’odeur entêtante.

Puis je la relâche. Donne un coup de reins assez puissant pour la faire basculer sur le côté. – Deux, articulé-je en passant deux doigts devant son visage brusquement beaucoup plus sérieux. – Ca fait deux fois en un soir que tu essaies de me nuire. A la troisième je te brise les jambes. Ou les bras. Ou les quatre. Selon la fantaisie de l’instant. Debout maintenant, ordonné-je en me relevant. – Et, par pitié, dis-moi que tu peux marcher.


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Sujet: Re: Opium [Terminé]   Mar 27 Juin - 11:20


Opium
Irénée N. Carissi & Varri Bjurman


Il veut qu’elle rentre. Il veut qu’elle capitule. Qu’elle oublie. Et la blondine ricane en dedans, songe à l’impossibilité pour elle de tourner les talons et faire comme si de rien n’était. Elle s’est faite une promesse lorsqu’elle était gamine, et braver ces quelques mots aujourd’hui n’est pas même envisageable. Elle ne lâchera rien. Surtout pas pour lui.
Varri soutient le regard empli d’incompréhension, l’empreinte des murs froids et de l’ambiance aseptisée encore trop fraîche dans son esprit. Elle a l’impression de connaître l’homme – le taulard, le réfractaire, le passionné, le brutal. Elle peut même sentir une rage latente irradier de son noyau de circonspection, faisant osciller ses affects du meilleur au pire en quelques secondes seulement. Il se défend mais n’explique rien, préfère rebondir pour parler d’elle. Toujours.
L’agressivité s’étiole et traîne sur la gueule du mâle un sourire lubrique. Il lui étreint les hanches et la blondine froncent les sourcils, sentant le palpitant cavaler plus que de raison. Et qu’elle se maudit, d’avoir elle-même provoqué cette proximité – de lui servir l’opportunité de se foutre de sa gueule encore une fois. Il lui cause de dossiers, lui demande ce qu’elle a entendu sur lui et approche son museau de l’ossature pour l’effleurer avec sensualité. La blonde pivote la tête sur le côté, se dissimulant derrière sa tignasse emmêlée – serrant les lippes en priant qu’il cesse. L’explication est fumeuse. Si elle voit des choses sur lui, c’est parce qu’on lui a dit des choses et qu’elle s’imagine déjà les connaître. Mais surtout, il lui dit que c’est parce qu’il est là. Il est là.
L’échine tressaille, la poitrine se tend douloureusement à travers le tee-shirt. Putain. Il est là et si elle est défoncée, c’est par sa faute. Le salopard.
Le timbre guttural la fait vibrer alors qu’il traîne dans le creux de son oreille, venant la chercher sur le terrain de l’attraction. Les épaisses phalanges trouvent le derme et Varri ravale un soupir qui ferait voler sa fierté en éclat. « La ferme. » Elle voudrait le faire taire, plaquer sa menotte sur la bouche blasphématoire et récupérer le contrôle sur ce corps qui frissonne de cette étreinte enfiévrée. Il se meut légèrement sous elle et Varri se cambre légèrement, prenant distance du poitrail masculin pour ne pas trahir la frénésie de ses sensations internes. L’enflure. Comment peut-elle gagner ce duel envers elle-même ? Qu’il l’excite de son verbe la ramène encore à l’humiliation. Celle de fondre comme une adolescente pré pubère devant les pectoraux huilés de son boy’s band préféré. Elle ne trouve rien à lui dire, ne désire pas trahir une fois de plus le ressac de sa fièvre orgiaque. Le mâle susurre contre sa joue, embrasse sa gorge et Blondie sent son corps abdiquer dans un soulèvement à peine perceptible. Relâchement surpris par la vivacité du Kvène qui met fin à toute sensualité.

Il l’envoie valser brusquement sur le côté et la donzelle reste étendue sur le dos, sa poitrine se soulevant à une vitesse folle. Elle croise son regard sévère, lorgne d’un air farouche les deux doigts dressés à son attention. La menace la ferait presque marrer. Efficace comme moyen de mettre fin à toutes pérégrinations sulfureuses de son imagination. A son tour de se redresser sur ses coudes avant d’esquisser geste grossier. « Va te faire foutre. » La phalange se replie et la belle se remet sur ses pieds, serrant la mâchoire pour ne pas grimacer de douleur. Si rien n’était réel, alors Lars serait probablement moins con. Et il est là, il l’a dit. La brume se dissipe de plus en plus de la caboche de Blondie, lui donnant une conscience aiguë de ce qu’il est en train de se passer. Ça lui revient. L’Italie, les meurtres, la drogue, Lars. Marchant sur la pointe du pied pour ne pas réveiller la douleur, elle revient vers la fontaine pour attraper ses chaussures et se dirige vers la sortie du parc sans même regarder le colosse. S’installe en elle l’appréhension de la suite. S’il la raccompagne, c’est probablement pour s’assurer qu’elle sera trop défoncée pour se rappeler le lendemain. La blonde ne compte pas tirer un trait sur ce qu’elle sait et la meilleure façon pour qu’il lâche est encore de faire genre qu’elle plane jusqu’à chez elle. « J’suis pas en détresse, Lars. J’peux très bien rentrer chez moi toute seule. » Qu’elle lui lâche après quelques minutes de silence. Elle s’arrête, fait mine de chercher la direction à suivre, se masse les tempes avec circonspection puis se remet en marche. Ils croisent la route de quelques bagnoles, elle les regarde passer avec une perception ralentie. Ça pourrait être ça, la solution. Faire croire à une agression pour espérer s’en sortir indemne.
Mais les phares s’éclipsent dans la nuit et tout espoir est réduit à néant.

« C’est là. » Elle lui désigne l’immeuble, coule une œillade endormie à son portrait inflexible. Traversant le trottoir, elle glisse la clé dans la porte de l’immeuble et la déverrouille d’un geste sec. Mais au lieu de se glisser à l’intérieur et d’inviter le bougre à en faire de même, Varri se retourne dans un rituel d’adieu. « J’couche jamais le premier soir. » Plaisante-t-elle avant de fermer les paupières comme ces filles saoules, victimes de leur esprit qui dérive. « Est-ce que j’dois te remercier, ou bien ? » Le silence ponctue sa remarque. Les prunelles trahissent l’inquiétude. « Salut. » Elle se glisse à l’intérieur, assez rapidement pour espérer claquer la porte au museau de l’importun.

Et se rappeler de tout.                

   

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Sujet: Re: Opium [Terminé]   Mer 28 Juin - 20:10
OPIUM
Varri & Irénée
Malgré un levé de majeur vulgaire, un boitillement certain et une invitation claire à rentrer chez moi sans la raccompagner chez elle – à laquelle je ne réponds que par une onomatopée vague et distraite – on se dirige enfin vers le lieu saint. Je ne fais aucune réflexion sur notre sortie du parc alors qu’elle avait l’air si sûre d’elle lorsqu’elle y était entrée, et je me mets sur sa gauche. J’aurais préféré marcher trois mètres derrière elle mais j’imagine que ça aurait fait stalkeur. Déjà qu’elle n’a pas l’air, de base, très enjouée à ce que je sois à ses côtés - je lui calerais un flingue contre les côtes qu’elle aurait, à quelque chose près, la même tronche.

Au bout d’une bonne dizaine de minutes on finit par s’arrêter devant son immeuble. – C’est là, me dit-elle dans un mouvement de tête assez élégant pour que je la trouve belle. Un instant très furtif… Un instant qui me fait à moitié trébucher sur la première marche du perron. Je grogne en regardant mes pieds, très peu sensible à la suite de son discours. Ou du moins, assez pour comprendre qu’elle me remballe. Attends Clochette… Il n’a jamais été question que je reste dehors. D’une voix hachurée par l’alcool, la drogue, peut-être un peu de comédie et un vibrato peu naturel mais appliqué – parle moi suédois ça sera beaucoup plus simple – elle me laisse planter là pour se faufiler à l’intérieur par l’entrebâillement de la porte déverrouillée. Non. Non, non. Mon pied se glisse dans l’interstice. Ma main se plaque violemment contre le montant. Je repousse le tout pour ne pas lui laisser d’autre choix que de lâcher cette foutue porte si elle ne veut pas se la prendre dans le nez. Elle tape brutalement contre le mur. Le boucan semble assourdissant dans ce hall sombre et silencieux. Je pense un instant que j’ai pété la vitre et que tous les locataires vont se pointer sur leur palier pour voir ce qui se passe. Mais non. La vitre est indemne. Le silence revient.Oh Clochette… Ce n’est pas joli de se faire passer pour une fille qui a des principes. Tu ne semblais pourtant pas en avoir beaucoup contre la porte du salon VIP… Ni même dans le parc. Sans compter que ce n'est pas la première fois qu'on se voit, murmuré-je en faisant un pas vers elle. Ma stature la noie sous une ombre épaisse et large l’empêchant, probablement, de voir les expressions de mon faciès. – Mais ne t’inquiète pas. Je n’essayerai pas de coucher avec toi… Parce qu’il faudrait que tu me plaises pour ça… Ou que je sois pauvre et vraiment désespéré... Je me détourne pour prendre les marches à sa suite dans une grimace méprisante.

Par chance on ne croisera personne.

L’appartement de Varri a l’élégance toute relative de l’image qu’on peut se faire d’un logement meublé dans les bas fonds d’une ville. Le mobilier est donc existant, mais sommaire. Un canapé avec son velours vieillit par-là, une table par-ci… Un verre à moitié plein – ou vide, selon les points de vue – un cadavre ou deux de bouteilles, une odeur de vinaigre, de renfermé, de meufquitravailletrop ; des livres, un ordinateur et de la paperasse empilés sur toutes les surfaces disponibles. Aucun objet personnel. Aucune référence à Kiruna. On ne devinerait pas que cette fille vient d’ailleurs. Si on s’en réfère à son salon tout du moins. Pourtant il ya une quantité folle de renseignements dispersés partout dans l’environnement. Mais ils sont tous neutres et impersonnels. – C’est vraiment crade, soufflé-je un peu surpris. En vrai, la pièce n’est pas vraiment négligée, mais elle a tendance à l’être. J’avais toujours imaginé Varri vivre dans un bel appartement luxueux avec femme de ménage… Pas parce qu’elle prendrait plaisir à errer dans un appartement rangé qui sent bon l’air frai et les désodorisants de gonzesses, mais parce que, dans la logique, pour être flic il faut être ordonné. Là, même le plus futé des chats n’y retrouverait pas ses petits.

C’est dingue, m’étonné-je en soulevant l’un des cousins du canapé. Je m’attends à y trouver une culotte oubliée ou un emballage de bouffe préfabriqué, mais il n’y a rien d’autre que le dossier du sofa. – Je suis sûr que t’es en train de créer un écosystème entier dans ton taudis. Comme ça t’es sûre qu’on te volera pas l’idée. Je lui jette un regard, claque la langue, la rattrape par le poignet pour le relever jusqu’à mon visage. La clé de son appart’ brille entre ses doigts. Je la lui arrache pour aller fermer derrière moi. On n’est jamais trop prudent. Maintenant personne rentre et personne ne sort sans mon autorisation. Je glisse le petit objet dans ma poche.

- Allez, va te désinfecter avant de t’insurger. Si t’arrives à retrouver la porte de ta salle de bains et ton armoire à pharmacie… Je repousse un objet quelconque de mon pied pour traverser la pièce. D’un coup de main sec j’ouvre l’une de ses fenêtres en grand. Ca fera franchement pas de mal. Je m’allume une clope, vais dans sa cuisine, me sert un verre d’eau, reviens dans le salon…

Une inspection plus en détail des lieux m’amène à me poser, non sans une certaine hésitation – c’est que je deviendrais précieux – sur le canapé. La table basse offre sa mine d’informations… Un dossier y trône fièrement. Les lettres rouges annoncent que tout ça est confidentiel quand "Sames" est l’un des seuls mots qui dépassent d’une des feuilles qu’il contient. Je l’ouvre. Varri revient. Je ne bouge pas. Lève juste un sourcil en sa direction. – Ca va ? demandé-je la mine sombre. Aucun moyen de savoir si je suis soucieux de sa santé ou si la question est rhétorique… Ou si elle annonce de sombres desseins. – Sérieusement Varri. Est-ce que tout va bien, pour toi, en Italie ? Je referme le dossier d’un mouvement vif. Parce que tu vis dans une piole de merde, que ça sent l’alcool, que t’es partie en boîte pour te mettre la tête à l’envers et que tu m’avoue voir des choses, sur moi, qui te font flipper. T’es flippante.

Je pointe le verre d’eau du doigt. – Bois… Mine circonspecte de mon vis-à-vis. – Je n’y ai pas bu dedans, si c’est la question que tu te poses… Mais ce n’est pas la question que tu te poses. Un sourire étire pendant une fraction de seconde la commissure de mes lèvres. Je pars en arrière pour m’installer plus confortablement. – Kiruna me manque, dis-je, sincère, dans un soupir nostalgique. – J’y pense souvent, tu sais. Pourtant… Je hausse les épaules. – Je n’y retournerais pour rien au monde. Les jeux de l’underground romain sont plus complexes que par chez nous, mais ils sont aussi beaucoup plus grisants. Et puis ici je ne suis pas ce pauvre camé de kvène. Je ne suis pas Lars Hjlem, fils de Ehrlich. Je ne suis pas en marge. Je ne suis pas invisible. L’Italie ne me fait pas du mal. Ou presque pas. Moins que Kiruna en tout cas. Je me redresse, une expression indéchiffrable traversant mon visage pendant un quart de seconde. - Tu es complètement lucide n’est-ce pas ? Court silence.Bien sûr que tu es complètement lucide. Je donne un coup de menton vers le verre. – Hydrate-toi. Ca serait complètement stupide de ma part de vouloir t’avoir deux fois avec la même ruse. Il n’y a que de l’eau dans ce verre ci.

Je crache une volute de fumé en balançant ma cendre dans le fameux verre à moitié plein - à moitié vide pour Varri en l’occurrence. - Et sinon, à toi, Varri, est-ce que l’Italie te fait du bien ? Est-ce que se détruire pour son travail vaut mieux qu’abandonner pour sa santé ? Je repousse le dossier confidentiel vers elle. – Tu es trop intègre et trop bien pour rester ici. Tout ça, ça te tuera.



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[titre de mon champ]: FABLE: : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé des gens. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation. [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Clairvoyance. Varri peut voir les souvenirs des autres. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Charlize Theron, swan, alas [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 2095 [titre de mon champ]: PACTE: : 04/01/2017



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Sujet: Re: Opium [Terminé]   Mer 28 Juin - 23:22


Opium
Irénée N. Carissi & Varri Bjurman
L’espoir fait vivre. Foutue certitude qui ne démonte même pas Blondie lorsqu’elle entreprend de gruger son adversaire. Dans un espace restreint, qui plus est. En l’espace de quelques secondes, Varri se croit assez rapide. Son corps se contorsionne légèrement pour éviter la porte qu’elle rabat avec fermeté contre l’encadrement, espérant entendre le cliquetis signifier le verrouillage de l’huis.

CLANG. Raté. Bjurman grimace, se trahit en posant son coude contre la paroi – repoussant ouvertement le colosse de l’autre côté de la porte mais en vain. Après le pied dans l’entrebâillement, c’est la paluche qui accroche l’encadrement, réduisant à néant toute tentative d’échappatoire. La résignation s’invite dans les calots de la blonde qui pousse un grognement furibond. « Fais chier. » Qu’elle maugréé avant de lâcher prise, s’écartant sur le côté pour éviter le battant qui vient claquer contre le mur dans un bruit tonitruant. La donzelle se raidit de la tête aux pieds, recule d’un pas puis deux à mesure que la carrure imposante du Kvène s’insinue dans le hall d’entrée. Les méninges se déglinguent. Le calme après la tempête. Varri tend l’oreille, se demande si le voisinage ne va pas rappliquer et si des innocents ne vont pas être blessés mais rien ne se passe. Le soulagement coudoie l’effondrement de tout optimisme. Les épaules de l’officier s’affaissent et les sourcils se froissent. Le type évoque les faiblesses – cherche à faire mal et la blonde ricane. Parce que de son égo, il ne reste plus grand-chose en cette soirée et que les substances dans son sang sont encore ce qui lui permet de tenir debout à l’heure actuelle. Elle accueille la pique avec résignation, secouant la tête avant d’emprunter les premières marches de l’escalier sans grand enthousiasme. « Une chance pour moi dans ce cas. » Murmure-t-elle entre ses dents. Parce que subsiste en elle un aiguillon d’orgueil qui réclame réparation.

La serrure grince. La porte coince. Et la blonde l’ouvre d’une impulsion d’épaule orageuse. Elle fait quelques pas, allume la lumière et largue ses chaussures dans le coin de la pièce. « Fais comme chez toi. » Grince-t-elle avant de trouver appui peu fiable contre le tabouret de comptoir qui sépare le salon de la cuisine. L’appartement n’est pas franchement reluisant. Personne n’est sensé y venir. Mais voilà, Giacomo. Maintenant Lars. C’est le défilé des males qui n’y sont pas invités. Le commentaire du Kvène arrache un sourcillement halluciné à la blondine. Elle se frotte le visage, garde la clé en pogne – serrée dans le creux de la paume avant que le malin ne la rattrape dans son cheminement et ne lui vole son bien. Tu laisseras rien passer, hein ? Lèvres pincées, elle le lorgne d’une sombre œillade tandis qu’il ferme la porte à clé et planque l’objet dans le fond de sa poche. Le museau suit le mouvement, inclinant le chef pour constater la difficulté de la prochaine étape. Ça va pas être simple de lui virer son pantalon. Et elle n’est pas assez claire pour tenter de lui subtiliser la clé en mode tour de magie. Il la congédie dans la salle de bain et elle ne se fait pas prier pour disparaître. A peine la porte close, la blonde soupire longuement. Elle s’appuie sur le lavabo, jette un œil désemparé à son reflet avant de s’asperger le visage d’eau fraîche. Elle examine ses jointures tuméfiées, constate que son talon s’est arrêté de saigner et soupire d’avance à l’idée de nettoyer la plaie. Mais finalement, c’est pas plus mal, ce petit moment de tête à tête avec elle-même. Tout en désinfectant le barda, Varri jette un regard autour d’elle – essaie de trouver une solution à son problème – de taille. Les ciseaux chirurgicaux ? Elle hausse les épaules avant de les fourrer au fond de sa poche. Au cas où. Lars ne veut pas la tuer, sinon, il ne se serait pas fait chier à l’accompagner tout ce temps ce qui ne veut pas dire qu’il va pas lui en coller une. Ou plusieurs.

C’est avec un bandage de fortune autour du talon que la lapone sort de la salle de bain, méfiante – balayant son appartement du regard. Le colosse est assis dans le canapé, à fureter dans ses dossiers. La question qu’il lui pose reste en suspend. A vrai dire, elle ne sait pas trop quoi répondre à ça. Il réitère. Lui demande si ça va pour elle en Italie. Blondie laisse échapper un petit rire sec avant de regarder autour d’elle, doigts rivés à sa caboche. « S’il te plait… » Murmure-t-elle, regard accusateur pesant sur sa carrure. Il lui ordonne de boire le verre d’eau et la donzelle reluque l’homme et le contenant, sceptique. Elle reste debout tandis que lui s’étire les vertèbres contre le dossier de son canapé, engageant la discussion avec légèreté. Kiruna. Varri croise les bras contre sa poitrine, s’appuyant contre le comptoir en le fixant tout du long. Il lui raconte qu’ici, il est quelqu’un d’autre – que les choses qui lui manquent à Kiruna n’ont pas assez de valeur pour le convaincre de rentrer au bercail. Sa nouvelle vie est plus trépidante dans le sens où il ne paie pas pour les erreurs du passé ici. Du moins, pour l’instant. Elle clôt les paupières un instant, réalise qu’elle aurait pu se réjouir pour lui. Leurs terres ancestrales sont amères. Sanglantes de toutes les batailles qui ont été livrées. C’est exaltant de prétendre être quelqu’un d’autre. S’inventer une histoire en laquelle on peut croire sans chialer.
Pour le verre, il insiste. Prétend qu’il n’y a rien dedans. Varri plisse les yeux, fixe l’olibrius durant quelques secondes avant de vider le verre dans l’évier et le remplir au robinet. « C’est fourbe. Pas stupide. » Elle s’envoie une rasade, marque une pause le temps d’observer son interlocuteur. Il appuie là où ça fait mal, lui demande si son enquête vaut le coup qu’elle se foute en l’air. La caresse dans le sens du poil. Habile. « Ah parce que tu te soucies de mon intégrité. Et t’es pas en train d’me dire ça pour me convaincre gentiment de te foutre la paix ? » Elle papillonne des yeux avec caricature et se laisse tomber dans le fauteuil face au canapé avant de se pencher pour attraper le briquet du bougre et s’allumer une blonde. Elle inspire profondément, replie ses jambes en tailleur et gratte du bout de l’ongle la peinture écaillée de l’accoudoir, le regard traînant dans le vague du décor. « J’aimerais que ce soit aussi simple. » Les mots se perdent dans la gravité d’une confidence. Elle lève les yeux vers lui, trahit la lueur d’une affliction. « J’ai passé le seuil de non retour. J’le sens. » Comment expliquer ça ? Le prélude de sa décadence. Elle exhale la fumée de sa tige, croise un bras contre son buste et reprend sur un ton voulu détaché. « Je suis coincée, Lars. Parce que l’Italie, ça a réveillé un truc en moi. Et que ce pays cache trop de choses et que je veux savoir la vérité. » ça sonne comme une supplique, teintée de désarroi. « A peine j’ai foutu le pieds ici qu’on m’a prié d’aller voir ailleurs. » Les flics les premiers. Elle renverse la tête contre le dossier du fauteuil, fixant le plafond d’un blanc délavé. « T’imagines pas comment ça me fait plaisir d’entendre parler suédois. » Elle passe la langue sur ses lèvres, pensive, avant d’obliquer son regard dans la direction du Kvène. « Pour toi, c’est exaltant. Pour l’instant. Mais tu joues à un jeu dangereux. » Constat ponctué par la cendre qu’elle secoue au dessus du verre d’eau qu’elle a vidé. Elle s’arrache au dossier, se penche vers l’avant, s’assurant de bien avoir l’attention de son interlocuteur. « J’suis prête à te croire. T’es peut-être un con mais t’es pas un menteur. Alors, dis-moi. Dis-moi que c’est pas toi qui les as tué, Lars… » D’un regard inquisiteur, elle l’exhorte à la confession, espérant que l’accalmie passagère puisse être propice à la sincérité.                

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[titre de mon champ]: ÉCHINE: : Sorcier pur, suprême déchu mordu par la fourbe lupine [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Je crève dans mon dedans actuellement, j'ai les pouvoirs d'un gosse de 15 ans et les capacités irrégulières de ces gens en proie à une dualité interne. Mais j'ai un Beretta 92 FS et je sais viser. [titre de mon champ]: GANG: : Je collabore avec la NR pour qu'elle assure ma protection - et quand je dis collabore, je veux dire que je travaille pour eux - mais je ne suis membre d'aucun coven, d'aucune meute et je n'ai prêté allégeance à personne - faut pas déconner non plus [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Jason Momoa © Sign code by 2981 12289 0 © Gifs by Varri <3 [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 2235 [titre de mon champ]: PACTE: : 06/06/2017



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Sujet: Re: Opium [Terminé]   Jeu 29 Juin - 16:37
OPIUM
Varri & Irénée
Il lui faut un temps interminable, me semble-t-il, pour qu’elle se rapproche de moi. Pour qu’elle se pose. Pour que la pression dans ses épaules, visible depuis le bout de la pièce, ne disparaisse dans une aspiration de nicotine. Bien sûr que je veux que tu foutes le camp. Ou bon te semble ça m’est égal. Loin de Rome. C’est tout. C’est urgent. Et mes intentions ne sont pas louables, certes, or elles ne sont pas non plus mauvaises. Tout n’est pas blanc. Tout n’est pas noir. Le dossier ne parle probablement pas de moi, puisque personne ne sait que je suis kvène. Ni que je viens de Kiruna. Ni même que je les déteste, viscéralement, ces connards de Sames. Je n’ai pas vraiment de soucis à me faire. Aucun. Je suis blanc comme neige, en brave Florentin. Inconnu des forces de l’ordre. Pourtant je suis là, en face d’elle, à paniquer sur ce qui pourrait m’arriver si elle restait là. A me dire qu’il faut qu’elle oublie. Qu’elle parte. Qu’elle ne retrouve pas le frère Blix et qu’ils ne se parlent pas ensemble. Il a vu lui. C’est un témoin. Un témoin qui doit me chercher. Qui doit encore être à Rome. Et l’important ce n’est pas qu’on puisse la croire – on pourrait la croire. L’important c’est que je deale pour une mafia. Influente la mafia. Et personne ne le sait. Toujours pas ce dossier vide d’intérêt. Si c’était marqué, ledit dossier disparaîtrait. Avec tous ceux qui trouveraient ça suspect. Je veux que tu partes parce que tu m’emmerdes. Mais je veux aussi que tu partes pour avoir le plaisir d’embrasser tes petits bâtards quand tu seras vieille. Ou ta colonie de chats. Je détourne le regard. Pourquoi ? Je fronce les sourcils. Qu’est ce que ça peut bien me foutre qu’une demi-same vive heureuse ? Qu’elle ne se fasse pas descendre par la mafia, froidement, dans un carrefour désert. Dans l’anonymat, l’incompréhension, l’indifférence, la résignation ? Qu’est ce que je m’en cogne qu’elle crève seule dans cet appartement minable ? Qu’est ce que je m’en fous quand la seule chose qui l’intéresse, à elle, c’est de savoir si je suis un meurtrier. C’est de savoir si eele a, un jour, relâcher dans la nature, un homme capable de tuer. Sans permis. Sans badge. Sans insigne. Juste pour des idées.

Parce que c’est plus juste de tuer pour de l’argent.
L’argent d’un état.


Le mégot de ma cigarette tombe dans le liquide devenu grisâtre à force d’avoir accueilli mes cendres. Un léger grésillement accompagne une question sans forme, mêlée à une flatterie peu flatteuse dans le fond. Je suis un excellent menteur et tu le sais parfaitement. Je crache un rire moqueur. Vexé. Un peu. Piqué au vif. Beaucoup. Dérangé par ce qu’elle essaie de m’extorquer en appelant à ma fierté. – Tu veux qu’on joue franc jeu, Varri ? demandé-je d’une voix plate. Morte. Horriblement impersonnelle. Mes deux prunelles vertes glissent jusqu’à elle pour remonter avec une lenteur calculée le long de sa jambe… Rien de sensuel. Je la reluque comme si elle était du gibier, pas ma dulcinée. Pourquoi je t’aiderais quand tu veux simplement me voir croupir derrière des barreaux ? Tu as peut-être grandit avec les blancs, Clochette, mais tu es aussi traître que tous les Sames. On ne peut réprimer ce qui coule dans nos veines.Je n’ai pas dans l’optique que tu te souviennes de cette soirée, tu sais. Tu serais bien trop contente - demain ou après demain, ou dans une semaine, ou même un mois – de courir dire à tes patrons que t’as trouvé ce brave Lars à Rome et que ça serait classe d’en faire un véritable suspect. Parce qu’il est sincère ce kvène, mais il put la violence et les non-dits, débité-je comme des instructions ou les termes d’un contrat. Le genre très important qui ne laisse place à aucun sentiment. Ni ressenti. - Je te laisserais le choix sur la façon dont je vais faire disparaître tout ça de ta tête, parce que je suis bon. Néanmoins je te conseille d’opter pour la manière douce qui implique ton incroyable coopération. A partir de maintenant. La manière forte me fait beaucoup plus de l’œil mais, comme je t’ai dis, c’est toi qui choisi… Et je suis bon.

Mon pied racle le sol, passe sous son fauteuil, se relève légèrement et je tire la blonde vers moi, dans un grincement strident. Je l’arrête à un petit mètre, me penche sur elle. – Alors Varri, pourquoi tu veux savoir si je les ai tué, ces Sames ? En sachant qu’aucune des réponses que je te servirais ne sera satisfaisante.

- Si je n’ai pas touché aux Sames ton plus beau suspect s’évapore. Ton enquête en reste au même point, tu continues à errer en Italie où tout est compliqué et où tu dépéris à vue d’œil… Puis on finit par te bouter hors du pays parce que t’es une incapable ce qui te met face à ton évidente incompétence. Tu déprimes et tu te suicides. Je penche ma tête sur le côté. – Et si tu ne m’as toujours pas sorti ton arme de service pour me la foutre sous le nez, je suppose que t’es pas loin de te faire bouter. Mais si j’ai tué ces Sames et que je te le dis. Je dodeline du chef, un sourire carnassier sur le bord  des lèvres. – Ca signifie que tu te retrouves enfermé dans ton propre appartement avec un meurtrier. Je tapote la poche de mon jean. – Un meurtrier qui t’auras fait ses aveux, à toi, et qui ne pourra pas te laisser sortir de cette pièce vivante. D’autant que, s’il a tué 6 hommes à lui tout seul, comprends qu’une femme dont il fait deux fois le poids ça ne sera qu’une promenade de santé…

Mes épaules se tendent quand je me lève, donnant un coup de genou puissant dans l’accoudoir de Bjurman. – Jusqu’à quel point tu me prends pour un abruti Varri ? Ton désir de réponse est peut-être complètement déraisonnable dans les circonstances mais il n’est pas dénué d’intentions. Tu ne veux pas savoir pour qu’on en discute, ni pour me mettre en garde, ni pour m’aider ou pour comprendre… Tu veux savoir pour me nuire. Pour m’enfermer. Pour te venger de cette soirée, par fierté, colère et justice surfaite. Tu t’en fous des faits. Tu veux juste savoir si, il y a quelques années, tu as relâché un monstre ou un homme bien. Tu veux savoir pour ta conscience. Par pur égoïsme. Pour ne pas que ces verres enquillés n’aient servis à rien. Pour justifier la beigne que tu m’as donnée lorsque tu m’as vu et cette répulsion que t’as chaque fois que tu me regardes, et cette attirance parfois qui te prends et que t’exècres. Parce qu’on ne peut pas frissonner lorsqu’un monstre nous touche. Tu veux savoir parce qu’il te faut un coupable, que t’es sur la sellette… Parce que t’es une demi-same et que tu te sens, soudainement, pousser les ailes du communautarisme. Qu’est ce que t’as Varri ? T’as honte d’avoir grandit avec les blancs ?

J’avance d’un pas, pointe trois doigts en sa direction. – Trois fois Varri. Trois, grogné-je quelques octaves en dessous de mon timbre habituel. Tu préfères que je te brise quoi ? Les bras, ou les jambes ? Je suis d’humeur magnanime. Quoi que… Cette nuisance là était carrément insidieuse… Une grimace dédaigneuse déforme mon visage. – Elle est vachement belle la femme que tu es devenue. Honnête, droite dans ses pompes, évoluant dans un environnement sain, sans aucune tendance suicidaire… Ma langue claque contre mon palais. - Et c’est moi qui fais honte aux traditions… Sérieusement, balaie devant ta porte. Tu fais honte à une génération entière de Sames. Ton arbre généalogique est en train de se retourner dans sa tombe. La bâtardise n’est déjà pas élégante, mais quand en plus elle est plus sournoise que l'originale…



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Sujet: Re: Opium [Terminé]   Ven 30 Juin - 10:08


Opium
Irénée N. Carissi & Varri Bjurman
Elle le saisit au vol. Ce regard teinté de mépris qu’il lui lance. Qui l’ébranle en dedans plus qu’elle ne voudrait lui concéder. Lars s’esclaffe sinistrement lorsqu’elle cherche à titiller son ego et Blondie devine que sa tentative subtile d’obtenir une confession tombe à l’eau. Comme tout le reste.
Il la désosse du regard. Littéralement. Exsudant la haine et le dégoût. Jouer franc-jeu. Une idée qui aurait pu lui plaire si elle n’était pas annoncée avant tant de menace et d’acrimonie. La blonde baisse les yeux un instant sur le bout de sa clope qui s’étiole dans des volutes qui l’embrument. Il ne veut pas qu’elle se souvienne. Ne veut pas qu’elle fasse de lui le bouc émissaire, le suspect idéal à l’affaire qui l’amène. Le rogomme est brutal et coupe net à toute trêve. Elle inspire une nouvelle bouffée, déroule une grimace devant les mots qui font tiquer. Qu’il est bon. Hjelm, l’exemple même de la sollicitude. Alors qu’il n’en manque jamais une pour cracher sur les Sames. A les accuser d’avoir entraîné son peuple vers le fond alors qu’ils partagent tout depuis des siècles. « Calme-toi… » Qu’elle susurre avant d’écraser la cibiche dans le verre. Peut-être que ce serait pas plus mal, qu’elle oublie. Ça enterrerait bien au fond toutes les guerres futiles que le connard a fait resurgir en l’espace de quelques secondes. Foutu sentiment de persécution dont il se drape – alors, que ses tords, il les dégueule à chaque occasion. Varri reste immobile, même quand la montagne entreprend de tirer le fauteuil où elle se trouve jusqu’à lui – cette expression mauvaise assombrissant sa mine dans un funeste présage. Il se penche sur elle et elle s’enfonce dans son siège, soutenant son regard avec morgue. Il lui décline ses choix. Si ce n’est pas lui le tueur, alors elle n’aura rien. Et ça, ça l’emmerde. La fliquette chevronnée aimant ramener des médailles. Si il est coupable et qu’il lui dit, alors elle est enfermée avec un criminel. Un tueur qui ne s’encombrera pas de la présence d’un officier à ses trousses sur le territoire. Blondie essaie de garder son sang froid mais ça cogne dans sa poitrine. Vissée à son assise, elle ferme les paupières quand Lars ébranle son fauteuil en se redressant. Il lui aboie dessus et elle se tasse davantage, griffes enfoncées dans les accoudoirs comme si elle était dans un grand huit lancé à pleine vitesse. Il la moleste. La condamne. Prétendant qu’elle est là pour épingler un coupable et qu’il a la gueule de l’emploi. Qu’elle ne se soucie pas de lui, se contrefout de comprendre – que seul le désir égoïste de clore l’affaire anime son palpitant. L’indignation embrasse les calots de Bjurman. Elle la ressent cette injustice. Celle d’être jugée sur un ressentiment. Et Lars l’écrase de sa fureur, expose ses faiblesses – met à nu ses tourments. Qu’elle vacille la blondine, que sa caboche lui joue des tours. Elle finira par crever de toute manière. Il évoque le suicide. La répulsion qu’elle contient lorsque l’attraction est trop forte. Toute cette merde qui est là pour rappeler qu’il est le monstre. Le méchant. Le coupable. La mâchoire se contracte. Les jointures blêmissent. Il ne sait rien d’elle. Il ne sait rien et il la juge. Voilà qu’il dégueule sur ses ancêtres. La traite de bâtarde insidieuse.

Elle se relève brusquement, confrontant sa carrure à celle du Kvène comme si elle avait une maigre chance. Elle s’en fout. C’est pas la cohérence du geste qui l’importe. « Tu crois peut-être que je vais te laisser chier sur mes ancêtres ?! » Elle appuie ses dires d’un geste sec du museau. Elle ne le bouscule pas, se contente de rester plantée face à lui, à darder ses iris incendiaires dans ceux de son interlocuteur. « J’ai essayé, putain. Je t’ai donné ta chance. J’ai bien cru que t’arriverais à te sortir de toute cette merde. T’aurais pu. T’as quitté Kiruna. Tu es venu ici. T’aurais pu avoir une autre vie. Te ranger. » Mettre fin à cette spirale de destruction. « Mais non. Tu refourgues de la came. Encore. A croire que les gens ne changent jamais, hein ? » Colère sourde, grondant dans ses entrailles. « Si je suis devenue flic, c’est parce que je voulais changer les choses. Pas pour eux mais pour nous. Les Sames, les Kvènes. Ceux qu’on accuse sans cesse de tous les maux. Pour tous les crimes. Avec facilité. Alors oui, c’est plus facile parce que je suis aussi fille de colon. Mais je suis aussi fille de noaidi. Et que ma mère a du vivre cachée. En marge, comme une paria. » Elle secoue la tête, sent des larmes de rage lui monter aux yeux. Qu’il conchie sur sa persévérance n’est pas en soi ce qui la blesse le plus. Qu’il dise qu’elle n’a jamais rien fait pour eux, si. La menotte glisse dans sa poche, trouve les ciseaux chirurgicaux qu’elle vient fourrer dans la pogne de l’animal, guidant l’une des lames contre sa propre jugulaire. « Tu me hais. Je te débecte ? Alors vas-y. Je te facilite le boulot. Ma putain de faute, c’est d’être née le cul entre deux chaises. T’aurais pu en vouloir aux blancs, comme tu dis – mais non, les Sames, tu les hais davantage. Parce qu’ils sont comme toi. » Et que tu ne te supportes pas. « Tu as honte de tes foutues origines. Elle est là la vérité. » Le souffle cavale mais le timbre est féroce. Et il n’y a pas de crainte dans les prunelles de celle qui maintient le poignet du bourreau, à fleur de sa vie. « Montre-moi, Lars. » Chuchotement à peine audible. Elle s’avance plus près, colle presque son corps au sien. La main guide la pointe du ciseau de sa gorge à la poitrine qui se soulève dans des soubresauts erratiques. Droit dans le cœur. Allez. « Montre-moi ton instinct de tueur. »

Elle l’a dit. Elle préférerait crever de sa main plutôt que du mal qui la gangrène.        

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Sujet: Re: Opium [Terminé]   Sam 1 Juil - 3:46
OPIUM
Varri & Irénée
C’est du foutage de gueule. A l’état pur. A l’état brut.

Elle se redresse, sans me toucher et en réussissant, avec une habilitée étonnante, à me regarder de haut malgré la vingtaine de centimètres qui nous séparent. Nos fiertés s’affrontent dans une œillade acide. Mes muscles se tendent lorsqu’elle m’aboie dessus. J’ouvre la bouche. Elle ne me laisse pas en placer une pendant que je boue. Mes épaules vibrent. Mes sourcils se froncent. Mes dents mordent l’intérieur de mes joues pour m’éviter de la faire taire de force. J’ai envie de te secouer si vivement que ton corps claquerait entre mes doigts. Sinistrement. La plaie de ma bouche se rappelle à moi. Une nouvelle fois le goût de fer affole mes sens. Ses propos piquent ma colère. Parce que tu penses que les forces de l’ordre ont le pouvoir de faire changer les choses ? En faisant respecter des lois élitistes ? Ca ne devrait même pas être permis d’être aussi naïv…

Je n’achève pas ma pensée. La main de Varri plonge dans sa poche et avant que je n’ai le temps de faire un mouvement ou de comprendre ce qu’elle en sort, j’ai une paire de ciseaux calée dans la paume… Lame vers la carotide de la blonde. Qu’est ce que tu comptais faire avec ça ? Te défendre ?! Me l’enfoncer dans le bide ? Un feu, mélange d’un pouvoir intense et d’une dualité interne tonitruante, me percute de plein fouet. La violence du choc m’engourdit l’esprit, me coupe le souffle, stoppe les battements de mon cœur. C’est aride. Comme une brise emplie de sable qui s’infiltrerait dans ma gorge. L’espace d’une seconde, ou d’une éternité, je demeure en suspend. L’arme griffe sa peau jusqu’à sa poitrine. Je sens vaguement les remous de son cœur. Son sein sous mes doigts. Puis tout disparaît. Varri. Son appartement. Il n’y a que ses pulsations. La sensation de sa peau contre la mienne. Je ne vois rien. Je ne sens rien d’autre. Je ne suis rien d’autre que son assurance tinté d’une lucidité suicidaire. Et la seule chose qui me permet de savoir où se situe ma bouche pour lui répondre, c’est la saveur de mon propre sang qui l’inonde.

- Ta résilience, dis-je difficilement. Tout bas. Toi qui parlais de la mienne... Je prends une grande inspiration frissonnante, tente de repousser cette chaleur. Cette haine immense. Le tumulte qui gronde en moi. Moi. Lars Hjelm, pareil à un connard de Same. Tu me compares à tes foutus pairs. J’essaie de repousser ces images de ma tête. Celles de son cou et de la gerbe de sang que pourrait provoquer son ciseau. Celles de son manche qui viendrait buter contre sa peau pour empêcher les lames de s’enfoncer davantage. Il me faut quelques longues secondes – voire une grosse minute – pour me rendre compte que la crispation de ma pogne sur le tranchant du ciseau m’a légèrement entaillée. – Ta résilience… répété-je hébété, surpris et, dans le fond, énervé qu’elle s’en soit débarrassée. Il n’y a plus de combat. Juste des vérités crachées sous un ton de défit et une résignation sordide. Une mort stupide. Une mort rapide. L’arme improvisée pique la chair. La meurtrie mais ne la transperce pas. J’aurais aimé qu’elle me supplie de la laisser vivre et cette simple idée me donne la nausée. JE me donne la nausée. Me faire supplier par une demi-same et préférerais ça à ce qu’elle accepte simplement son sort. Offert par la sacro-sainte main salvatrice du kvène pur.

D’un geste sec, fébrile, colérique, je jette le ciseau à nos pieds. Mes doigts pincent les bras de Varri jusqu’à en faire blanchir mes phalanges. D’une impulsion je l’oblige à reculer. Encore, la soulevant presque du sol jusqu’à ce que son dos percute lourdement le mur le plus proche. Estimant que la douleur de base n’est probablement pas assez intense, je la ramène vers moi, pour la renvoyer en arrière. Ta putain de faute ce n’est pas d’être une bâtarde, c’est de trop offrir ta putain de gueule. Et… Et rien. Je l’aurais bien secoué encore, dans une tirade bien sentie, le genre qui l’aurait clouée sur place avant que je ne lui éclate le crâne contre le mur mais j’en suis soudainement incapable. Je m’immobilise, l’obligeant à la réciproque. La maintenant plus fort encore lorsque je la sens bouger. Qu’est ce que je suis sensé faire ? Te poignarder ? Tu en es sûre ? Tu veux vraiment que je te tue ? murmuré-je en relâchant doucement la pression de mes épaules. – Comme ça ? Durant un instant, une fraction de seconde intensive, je me demande vraiment si, si je la tuais, on pourrait me retrouver. Ce que j’ai touché, où j’ai laissé mon mégot, ce que je devrais récurer pour ne pas qu’il y ait un seul de mes cheveux sur cette potentielle scène de crime et combien de temps ça me prendrait de faire tout ça ; une heure, ou deux… Peut-être même le restant de cette nuit. Est-ce que ça ne ferait pas trop suspect de tout trop bien nettoyer ? Est-ce qu’ils verraient que je t’ai touché, pincé ? Est-ce qu’ils verraient les bleus que j’ai laissés sur tes bras, est-ce qu’ils sauraient reconnaître la forme de mes doigts, le souvenir de mon odeur sur ton corps ? Est-ce qu’ils te trouveraient, tout simplement ou est-ce qu’ils s’en ficheraient, que tu sois morte ? Est-ce que tu pourrirais seule ? Est-ce que c’est comme ça que tu envisages ta fin ?

Non… Non… C’est beaucoup trop facile, dis-je entre mes dents. Je rapproche mon visage. Le baisse en direction de son cou. Je la hume. Nos bustes se touchent, se frôlent au rythme instable de nos respirations. Pourquoi c’est si facile ? Pourquoi t’abandonne ? Pourquoi tu ne me résistes pas ou à peine ? Y a des micros dans ton bouge, c’est ça ? Un bouton sur lequel t’as appuyé dans ta salle de bains ? La cavalerie va bientôt arriver ? Je suis piégé ? On ne peut pas accepter un sort aussi injuste que celui là, comme ça. Ce n’est pas possible.Prends ta clé, articulé-je. J’attends. Un peu. Remue pour lui permettre un accès facile. – Mets ta main dans ma poche et récupères ta clé.  Je te rends ta liberté. Elle esquisse le geste. Je détourne le visage. Mes cheveux cascadent devant mes yeux. La pulpe de ses doigts effleure le tissu de mon pantalon laissant courir un frisson aussi désagréable qu’agréable jusque sur mes côtes. Je serre les mains, en trouve une moite, et me rappelle dans un clignement lent de paupières que ce n’est pas de la sueur mais du sang. Je me suis taillé. Je saigne. Je vais laisser du sang chez elle. – Qu’est-ce que tu attends de moi, Varri ? Je l’observe, de biais, à travers un rideau de mèches brunes. Je tire légèrement sur le pan de son tee-shirt pour apercevoir un bout de son ventre. Je tire plus fort. – Seulement de ne pas passer la nuit ? Ou juste de ne pas la passer seule ?Aucune autre dernière volonté ? Je jette un coup d’œil vers la porte. – Tu n’envisages même pas la fuite ?... Tu as appelé quelqu'un, c'est ça ?


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[titre de mon champ]: OSSATURE: : 36 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibataire [titre de mon champ]: BESOGNE: : Officier de police [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé des gens. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation. [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Clairvoyance. Varri peut voir les souvenirs des autres. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Charlize Theron, swan, alas [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 2095 [titre de mon champ]: PACTE: : 04/01/2017



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Sujet: Re: Opium [Terminé]   Sam 1 Juil - 18:10


Opium
Irénée N. Carissi & Varri Bjurman
Qu’il est long le sentier de la perdition. L’esprit papillonne, s’écorche contre les parois d’une sensibilité à fleur de peau. D’un remugle de pensées violentes. Indignation, frustration, résignation. Elle le hait. Elle se hait. Ne sait plus. Le colosse contient toute sa fureur. Elle le sent. Mais elle n’a pas peur. Pas de lui. Etrangement, elle est placide – confronte la stature qui fulmine, implacable. Qu’il la détruise. Elle envie le silence. Repos éternel, fantasme l’asphyxie des voix, paupières closes aux images qui harassent. La harcèlent. Puis tant pis pour les autres. Pour les morts et les vivants.
Elle se fout de tout.
Sa main ne tremble pas quand elle guide la lame contre sa poitrine. Le baiser de l’acier glacial fait frissonner le derme mais les globes céruléens ne chaloupent pas. Ils fixent, ils boivent, se repaissent de la stupeur du Kvène qui semble livrer bataille au fin fond de son propre tumulte intérieur. Le corps du mâle est tension – un récif auquel on aurait l’envie de s’accrocher avec la conscience d’y laisser sa vie. Jamais le double tranchant n’a paru aussi attrayant.
Résilience. Les yeux se ferment, le menton bascule vers l’avant dans une inspiration profonde. Rire qu’elle garde pour elle, réfrène au prix d’un tressaillement. Elle s’est carapatée sa résilience, mettant le bourreau face à sa propre vésanie. Elle a cessé d’être son reflet de violence abrupte, lui rendant les coups à n’importe quel prix. Ses paroles heurtent, exhument quelques vérités au milieu d’un entrelacs d’hypothèses.
Douce saveur que celle du sursis.
La puissante paluche broie l’arme, quelques gouttes de sang perlent le long du poignet. Pas son sang à elle. Pas encore. Les yeux de la blonde mettent au défi. Qu’est ce que tu attends ? Mais la carrure s’ébranle et le ciseau est brutalement jeté au sol. Varri ferme les yeux tout en restant droite, bras le long du corps, ongles entaillant ses paumes. Un rire sardonique voudrait à franchir ses lippes blêmes dans une pulsion folle mais rien ne sort. Il l’attrape par les bras, resserre l’étau et la pousse à reculer. Une, deux fois avant qu’elle ne percute brutalement le placo – a l’impression d’ébranler la charpente et d’en perdre quelques neurones au passage. Un gémissement douloureux décrispe la mâchoire. La nuque balance vers l’arrière mais Varri se redresse dans un ultime effort pour braver le regard amer de ses prunelles venimeuses.
Elle le devine perdu. Circonspect. Parce que l’enflure voudrait trouver raison de l’achever. Qu’elle se donne la peine de lui montrer qu’il n’a pas tord. Il la bloque et elle hoquette de fureur avant de s’immobiliser, docile – quelques mèches de cheveux entravant sa vision. Elle respire profondément, yeux ravivés par l’insoumission bravache de l’esprit. Alors que le corps n’est que carapace qui encaisse. Il y pense, à la tuer. Elle le voit dans l’incandescence calomnieuse de ses prunelles mordorées. Est-ce que c’est ce qu’elle veut ? Crever comme ça ? « On a jamais ce qu’on veut. » Et la mort n’est pas un putain de jeu. Un rêve qu’on se voit exaucer. « Tu réfléchis trop. » Elle le voit qui hésite, qui doute – partagé entre appréhension, incompréhension et virulence.
Il va céder. Elle en est sûre.
Non.
Trop facile qu’il dit. Le faciès s’aiguille vers la gorge offerte. Il inspire, la sent et Blondie se redresse perceptiblement, plaquée contre le mur – pressée par la stature titanesque du Kvène. Son poitrail l’oppresse dans une mouvance effrénée, dans la fièvre du souffle hors de contrôle. L’ordre tombe et Bjurman fronce les sourcils, cligne des yeux – a un doute sur ce qui vient d’être dit. Il l’invite d’un mouvement de hanches. Réitère la demande. – Mets ta main dans ma poche et récupères ta clé. Quoi ? Il abdique ? Lui aussi ? Un bref éclat de contrariété palpite dans les billes de la femelle qui s’exécute dans un geste lent. Les doigts s’avancent, dessinent le contour de la poche pour y trouver le passage. Le regard de l’homme file avec noirceur sur le côté. Il détourne son attention le temps de trouver assez de contenance pour lui poser une énième question. Qu’est ce qu’elle veut. De lui. Elle glisse ses doigts dans la poche, se redresse dans le mouvement – ressent la vague frissonnante qui le parcourt et en soupire. Les billes cristallines s’arriment aux lèvres impudentes, le ventre se creuse au tissu qui se dérobe. Il tire. La peau frissonne. Varri ne sait pas. Elle a chaud, elle a froid. Les phalanges caressent l’objet rutilant au fond de la poche mais peinent à s’en saisir. Qu’est ce qu’elle veut. Mourir. S’abandonner. Ne pas fuir. Tout céder.
Il est soupçonneux, l’observe avec scepticisme. A sa dernière question, Varri se fend d’un sourire amusé. « J’ai appelé personne. » Murmure. Le palpitant déconne. L’estomac se tord. Elle oblique un regard vers la mâchoire barbue, remonte la courbe jusqu’aux prunelles mordorées qui lorgnent vers la porte. Ce dont elle se rend compte la terrifie. Le désir, fiévreux s’installe en son sein – fait chavirer tous ses élans de combativité. La main libre s’emmêle dans les nippes du mâle, les épaules de la blonde basculent vers l’arrière et la poitrine se tend. Crinière flavescente qui serpente contre le mur.
Elle lâche la clé. Laisse le butin au dragon. Remonte sa main jusqu’à la ceinture dont elle trouve la boucle à tâtons. Elle est tenaillée par l’envie pressante de le sentir contre elle. A peau nue. Oublier tous leurs griefs. Oublier qui ils sont. Car quitte à crever, autant que ce soit avec passion. Elle se hisse jusqu’à ses lèvres, les effleure des siennes – cherche dans le regard trouble de l’animal une étincelle de réciprocité. « Est-ce que tu aimes ? » Murmure-t-elle contre ses lèvres, paupières closes. A l’accalmie succède la lucidité terrible. Elle s’imprègne du goût de lui, mine froissée dans une pensée passagère. « J’veux t’oublier. J’veux que tu partes. J’veux que tu te ranges. » Supplique qu’elle lui lâche, balbutiement d’une inquiétude latente. « Si tu me laisses la vie sauve et que tu es coupable, alors j’redoute la fin de cette histoire. » Un flic reste un flic.


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Sujet: Re: Opium [Terminé]   Dim 2 Juil - 2:03
OPIUM
Varri & Irénée
Menteuse. J’écoute, attentivement, au-delà du silence du couloir, les quelques vrombissements des voitures qui passent dans sa rue, sous sa fenêtre ouverte. Aucune ne semble arriver avec fracas. Aucune ne semble s’arrêter devant son immeuble. Mais je suis pourtant sûr que son abandon est dû à un arrogant coup de bluff ; pour le plaisir de me voir me décomposer lorsqu’une horde de flics arrivera pour me demander de lever les mains au ciel, très haut et sourire de ma stupide impulsivité lorsqu’on me plaquera brutalement au sol pour me passer les menottes. Mourir sciemment de ma main, une bien drôle d’idée.

Trop occupé à penser, l’esprit ailleurs, je ne reviens dans le présent qu’à l’instant où je la sens onduler contre moi. Se mouvant, agrippant mon débardeur  à son tour, elle m’offre un regard que je ne me sens pas prêt à interpréter. J’aimerais y lire une assurance retrouvée, une impertinence implacable, un dégoût  palpable, un désir fugace que je me barre fissa ; quelque chose avec lequel je pourrais jongler, quelque chose que je connais et reconnais. Cependant je ne vois rien de tout ça. Parce qu’elle me donne l’impression de me regarder pour la première fois. Son visage se teinte d’un doute, ou de plusieurs, d’une évidence presque tragique. Elle ne me paraît plus autant fatiguée qu’en début de soirée. Peut-être plus douce. Peut-être plus naturelle. Assurément irréelle devant son halo de cheveux blonds. Je crois que je ne l’ai jamais trouvé aussi belle. Je crois que je n’ai jamais voulu la trouver belle. Je crois que je n’ai toujours pas envie de la trouver belle. La beauté m’empêche de réfléchir. Tu m’empêche de réfléchir.

Elle laisse la clé là où elle est. J’esquisse le geste de me reculer – elle ne doit pas pouvoir y accéder – mais ses doigts qui effleurent ma ceinture ont tôt fait de me figer. Je soupire son prénom, enserre son poignet impétueux dans un frisson grisant. Elle se redresse, se grandit. Et, même si j’ai le temps, avant que ses lèvres ne touchent les miennes, de dire : Non. Ne fait pas ça. Tu n’en as pas envie. Tu le regretteras. Tu me le reprocheras. Tu te le reprocheras. Tu veux seulement te prouver quelque chose, je ne le dis pas. Je ne dis rien. Je me tais. Parce que je veux ce baiser. Même si ça me fait mal de l’avouer. Il est court. Il est presque chaste. Ce qui n’empêche pas mon cœur de manquer un battement. Ma respiration de s’emballer légèrement. Sa question m’ébranle plus encore, tant et si bien que je suis incapable d’y répondre… Comme si j’étais un pauvre adolescent qui embrassait une fille pour la première fois. La plus jolie du collège. Alors, je hoche la tête, tout simplement. Fou serait celui qui n’aime pas ça.

Son visage est douloureusement proche du mien lorsqu’elle me parle. La douleur en devient presque physique. Je m’écarte. M’efforce de respirer. De réfléchir. Je lâche son bras. Fais rouler mes épaules pour retirer ma veste. – Tu m’oublieras. La veste tombe. Je soulève les pans de mon débardeur. – Je partirai. Le débardeur est balancé sur le canapé. Je pose mes mains sur ses hanches, glisse mes doigts entre son jean et sa chair. Les boutons cèdent. Je la ramène contre moi. J’effleure sa bouche dans un grognement de frustration. – Ne penses pas à la fin de l’histoire Varri… C’est loin… La fin. Mes paumes caressent ses reins. Descendent sur sa croupe. L’incite à abandonner rapidement son pantalon pour finir leur course sur l’arrière de ses jambes. Mes doigts pianotent sur sa fémorale quand d’une pression je la soulève pour me caler entre ses cuisses. Je hoquette contre son épaule. Contre la chaleur de sa peau. – J’imagine, je me perds dans son cou. – J’imagine qu’à la fin tu feras ton travail. J’ima… Je mords l’angle de sa mâchoire dans un grondement sourd. La bouscule d’un coup de hanche pour la faire couiner. La colle plus étroitement contre moi pour la faire soupirer.

Personne ne va arriver. Personne. Elle n’a pas menti. Je tente de terminer ma phrase. Vainement. Tout s’emballe. Rien ne va plus. Son odeur de mûre sauvage embrouille mon esprit. Son souffle irrégulier qui flotte sur ma peau me pousse à vouloir connaître chaque vibrato qu’elle a dans la voix. Toutes ses nuances. Toutes ses gammes. Mais c’est Varri. L’ennemie. La demi-same. Ma raison s’essouffle devant la cambrure de ses reins. Ma langue goûte sa jugulaire. J’ai envie de te prendre contre tous les murs de ton appartement minable. J’ai envie de te faire hurler de plaisir pendant des heures. Que tu me griffes. Que tu me mordes. Que tu me supplies d’arrêter. Que tu me supplies de continuer. J’ai envie que tu m’oublies avec le souvenir de mes mains sur ton corps. De ma langue sur ta peau. Que chaque autre homme que tu touches te paraisse fade sans que tu ne saches vraiment pourquoi. J’ai envie de laisser en toi une trace indéfectible. Sournoise. Et j’ai envie que ça te plaise. J’ai envie que tu aimes cette frustration. Qu’elle t’émoustille. Qu’elle t’ensorcelle. Que l’allégorie de son existence te soit agréable. Que, même sans savoir d’où elle vient, tu ne veuilles pas t’en défaire. J’ai envie que tu me cherches sans savoir qui je suis. Que tu ne me trouves pas et que ça te rende dingue. J’ai envie que tu rêves de cette nuit. Que jamais tu ne la regrettes. J’ai envie de te détruire. J’ai envie que tu aimes ça.

Ca va trop vite. L’un de mes bras s’enroule autour de ses côtes, l’autre bute lourdement contre le mur. Les omoplates de Varri s’y plaquent. – J’ai envie de toi. Tellement. - Ce n'était pas prévu. Je presse ma bouche contre la sienne. Je me noie dans son baiser. Dans le pouls et les vibrations de son corps. Dans la marée de son désir. – Dis-moi que toi aussi, réclamé-je à bout de souffle. – Dis-moi qu’il n’y a pas de piège. Que je peux avoir confiance. Que tu ne cherches pas à me nuire… De la façon la plus tordue qui soit. Et, comme si cette simple interaction était dans la capacité de taire mon ardeur, je recule mon visage du sien, lui jette un regard raisonné – du moins le plus raisonné que je puisse avoir dans de telles circonstances. – Tu... Tu ne vas pas me demander d’arrêter, n'est-ce pas ? Tout ça, ce n'est pas pour me prouver que j'avais tord...? Que j'ai fabulé pour te vexer. Que je suis faible. Que tu me détestes. Qu'il faut que je te tue.



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Sujet: Re: Opium [Terminé]   
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