boulevard of broken dreams (annibale)

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conter son règne



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Sujet: boulevard of broken dreams (annibale)   Sam 22 Avr - 17:21


Vêprée polaire, bouffée putride.
Avril soufflé par un vent arctique. Là où devrait s’éclore pétales par milliers, où la faune devrait s’épanouir à foison, gronde la houppe des arbres, sourde dessous la chair. Le froid se fait cheerleader d’une fringale sous l’hypogastre. La faim qui vocifère, arrache spasmes, fait palpiter le labre sous un cigare.

Aujourd’hui corne l’écho d’une vendetta et du glas ultérieur.
Aujourd’hui s’ébauche la fresque sanglante longtemps mijotée.
Le grincement de l’huis, l’intrus au seuil de l’habitation taciturne. Ca frémit en prévision, aux phantasmes éveillés au regard du rejeton. Au père, à l’émule abhorré, aspiré morte, mortifié dans un indicible tourment signé de sa patte. Apre dégrisement lorsque, déniché de son antre, la cirrhose fut mise à nue, colosse tombé en ruines, mué en ombre, charogne à l’agonie. Alors, aux pieds du mourant, ces mots malandrins chuchotés dans un mauvais présage, une promesse pour le criminel de ses frères et sœurs. De l’holocauste de wendigos dont il est l’auguste auteur. Il a promis fatum identique à l’engeance calomnié. Il pleurnichera, il suppliera la mort. Et lorsque viendra le sentiment las, l’ennui moribond, il l’égorgera comme un mouton.

Des semaines après cette visite de courtoisie, le complot a pris esquisse, fricassant au grès des rencontres. Plusieurs fois, mioche croisé sous la voûte sacré de l’antique synagogue. Ebullition sous la chair aux desseins prenant racines. Aujourd’hui est le jour. Le soir d’eucharistie, où le vin et le pain vont couler à foison. Où celui qui se pâme loup pliera genou.

Poussant la porte, soufflant chaleur entre ses naseaux, le monstre frissonne, tâtonne le plancher sans bruits. Mutisme du prédateur dans la bergerie.  Traînées de macule dans le sillage, la pièce s’imprègne d’un bouquet acéré et bestial. Sous les reflets de l’opale curieuse, se hissent les appendices en bois, du haut de la massive carrure. Wendigo affamé.

Mouvement au loin, d’un escalier. Sourire en coin. L’hôte est réveillé.
« Bonsoir Annibale »
Ronronnement périlleux dans la gorge. Immobile à l’orée du salon, l’ogre se repaît de la surprise fanfare léchant l’interpellé. Monstre hideux dans la maison. Mignon à croquer.

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ANATOMY OF THE SOUL

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conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : quarante et un. clocher de la décadence. [titre de mon champ]: CONTRAT: : amours rares. femmes à son bras, parures pour la présentation. quelques putes masculines pour qui il ploie genoux, cancelle aussitôt le foutre expulsé. ignominie de l'acte. son corps qu'il scalpe sous la douche. [titre de mon champ]: BESOGNE: : psychiatre. s'organise la nef des fous sous la coupole du vatican. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : gamin qu'on jette à la fournaise de la vérité, pas le temps de découvrir la crasse, on lui recouvre les yeux, le corps. pas le temps d'imaginer, l'idée est ancrée au crâne. bestiaux à museler de leurs névroses. [titre de mon champ]: GANG: : astragale vaticane. l'ordre de dépiauter les esprits. mettre les serres au cortex et remanier la pensée. faire éclore l'humanité sous l'échine monstrueuse. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : SCHOENAERTS, LΛZΛRE [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 123 [titre de mon champ]: PACTE: : 22/03/2017



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Sujet: Re: boulevard of broken dreams (annibale)   Mar 25 Avr - 19:51
sweet dreams


Vivante. C’est l’impression qu’il en retire chaque soir, la sensation frissonnante que le parquet s’effiloche au grattement de quelques diables noirs sous l’écorce centenaire. Les miroirs chatoient de leurs reflets coquins, se font porteur d’âmes errantes, de passe-muraille entre les mondes. Le danger se sculpte dans les ombres, à cette sensation d’en posséder une seconde. Que la dernière étrangle la première à un duel Goliath. Volets qu’il ferme nécessairement, a ordonné réparation des fissures laissant filtrer l’opale et ses enfants cauchemardesques. Encre dans laquelle il baigne. Quatre années à ébaucher la connaissance absolue des lieux. Pouvoir se déplacer en aveugle. Solitude du soir. Annibale s’enfonce aux draps, rabat couverture sur le corps malingre. Prothèse éparpillée au coin gauche, à sa place destinée. C’est un dernier regard qu’il lui offre. Toujours cette même rêverie. Que le métal ait disparu au matin, que la jambe soit à nouveau présente.

Nocturnes pensées.
Le cauchemar s’enroule, pénètre, ricane de facéties à venir.

Craquements. Le plancher s’ébroue d’une présence. Intrus qui n’est pas encore notifié au crâne du propriétaire. Cerveau à la cavale des pensées. Les sons caverneux continuent leur symphonie. Sabots du diable. Pénètre la Bête à l’antre du pêcheur. Les tympans s’éveillent, les pensées se mélangent. C’est la lutte entre les draps. Souffle court. Le corps tremble d’images voraces qu’il chasse d’un mémo enfantin. Compter, se remémorer, marquer le temps. Impression fantôme. Ce n’est qu’un cauchemar, une entourloupe. Malheur pour celui qui tend l’oreille, donne corps à ses chimères cannibales. Raclement. Sifflement. Il voudrait s’imaginer le vent, trouver rationalité des sons. Mais la peur s’insinue, se fait traîtresse alors qu’il devrait raisonner. Pauvreté du vêtements à la carne. Boxer et t-shirt. Le corps claudique à la canne, ne pas prend le temps de visser le carbone.

Annibale s’engage à la descente, aux premiers pas menant à la gueule d’un Léviathan. Porte pour ses enfers personnifiés. De son antre de paix, il ne reste que des miettes. Porte ouverte. Le froid devient canaille sur ses membres à nu. Marches qu’il descend avec précaution. Voleur ? L’idée pourrait le rassurer.

Se dégage une odeur pestilentielle. Nasaux qu’il masque vulgairement de son bras. Un instant. Celui d’après, c’est l’horreur, la panique mécanique du coeur, du corps, l’embrayage calant sur la première réaction. Homme à son salon. Son prénom accolé à quelques salutations. La trame horrifique se loge au crâne serti de bois. “ROSARIO!” Il s’époumone, cherche la présence du chauffeur, compagnon, ami, qu’importe l’utilité. Personne. Il a oublié Annibale. La solitude pour ce soir. Sa propre réclamation. Distance de cinq pas qu’il maintient. En bas de l’escalier. Prisonnier entre le diable et les marches du pandémonium. “Vous... vous violez une propriété. Vous devriez vous nourrir ailleurs. Rome regorge de grasses personnes qui feraient le bonheur de vos appétits… particuliers.” La voix chevrote de la peur. Wendigo. Il les connait, les a côtoyé, promené, aimé à sa façon. Canne qu’il pointe à la menace cervidé. Corps en bascule d’une prothèse manquante, oubliée. Il replace le bâton de l’éclopé contre le sol. Désarmé.
(c) AMIANTE

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