(roue du rp) le serment des limbes

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conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : carcasse millénaire, vieille branche trainant sa cuirasse à travers les âges. [titre de mon champ]: CONTRAT: : âme voyageuse, baluchon de vie. [titre de mon champ]: BESOGNE: : oeil vagabond, curieux des fourmis cavalant sous son regard moqueur. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : il nargue les diablotins de pacotille, observe leur lutte depuis un olympe ressuscité. querelles dont il se moque. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : LΛZΛRE [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 294 [titre de mon champ]: PACTE: : 19/11/2016



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Sujet: (roue du rp) le serment des limbes   Dim 30 Avr - 10:35
I'm a witch,
not a Ouija board


MARS 2017 (FLASHBACK) Serpentent les venelles de la périphérie romaine. Enchevêtrements. Les touristes restent le nez plongé dans leur guide tandis que les romains s’aventurent à quelques chemins de traverse. Vitrines singulières, de celles devant lesquelles le rire calfeutre la curiosité, et peut-être la peur. Elles s'érigent en chapelles religieuses, vendeuses d’encens et autres objets.

Artémisia. Tu as suivi des sorciers, tu as enquêté. Ils t'ont tous guidé vers cette boutique, mais lorsque toi tu entres, lorsque tu observes, tu n'y vois qu'un magasin décrépi.

Cian. Tu as échappé à la surveillance de ta mère qui s’est aventurée dans une boutique de vêtements. Ton goût pour les ennuis t’entraine chez Walpurgis, boutique que les sorciers romains connaissent. La curiosité s’empare de toi lorsque tu découvres les lieux. Amoncellement de potions, ustensiles, bocaux renfermant d’étranges formes. Les questions s’agitent au bout de ta langue. Tu agrippes verbalement la première personne, inconscient qu’il s’agit d'un chasseur, qu'elle ne voit pas la vérité des lieux.

(c) AMIANTE

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Sujet: Re: (roue du rp) le serment des limbes   Dim 30 Avr - 18:35
Le serment des limbes
la boutique aux milles éclats.


Les odeurs se mêlent, se frayent un chemin tortueux jusqu’aux narines de l’enfant, alors que les sons se cognent à son tympan, toujours plus violemment. Il y en a de toutes les couleurs ici, de toutes les origines. Emerveillé, il promène son regard gorgé d’innocence sur chaque passant, qu’il soit penché en avant dans l’ultime tentative de déchiffrer les lettres qui se mélangent sur le guide, ou le nez levé dans l’attente d’un élément perturbateur à sa routine accablante. Et lui, il erre gaiement, marchant d’un pas enthousiasmé dans les rues, sursautant aux appels éreintés de sa génitrice lorsqu’il a le malheur de s’éloigner un peu trop de ses pas. Peu à peu, la lassitude s’empare de cet esprit vif, conséquence des longues heures de marche en périphérie de la ville. Alors qu’en temps normal il s’évertue à refuser chaque sortie que Madame Vacchelli lui propose, ce jour-là, il s’est prêté au jeu. Seulement, il n’avait aucunement imaginé que ses courses dureraient si longtemps, et l’ennui empreint bientôt ses foulées d’une lourdeur qu’il ne cache plus.

« On rentre ? »

Certainement trop enchantée par la perspective de passer du temps avec son rejeton chéri, la matriarche dodeline du chef, provoquant, comme en réponse immédiate à une réaction psychologique, un soupir de la part de Cian. Quelques dizaines de minutes plus tard, le petiot s’étonne soudainement du manque de rappel à l’ordre lui étant adressé. Et c’est en effectuant un tour sur lui-même qu’il comprend qu’il est finalement parvenu à se dérober à l’autorité maternelle, flânant il ne sait où. Retrouvant immédiatement tout ce qui fait le bon-vivre de ce petit être, il se met à sautiller dans la petite ruelle, sifflotant un air entraînant à l’intérieur de sa chétive caboche. Le chemin qui se dessine dans la vision curieuse est assez désert, la principale forme de vie présente semblant être les quelques morceaux de paperasses voletant au gré du vent. Plongé dans une joie palpable à des milliers de bornes, le gamin trace sa route, irrémédiablement attiré par cet endroit mystérieux, par les murmures qui y paraissent étouffés et nébuleux.

Alors que la mélodie crachée silencieusement prend fin au creux de l’esprit, une pression s’exerce au niveau de la nuque et celle-ci pivote, les talons stoppant leur course contre le macadam. Une enseigne attire son attention, vitrine obscure et sans indication aucune. Un lieu qui peut presque se fondre dans la masse des bâtiments tant il veut se faire oublier. Walpurgis. Abri de tous les mystères. Comme un chaton jeté dans un univers inconnu, il avance, son allure se faisant plus lente, comme suspendue dans le temps. Quand ses fins doigts effleurent le bois pour finalement l’agripper, une imperceptible décharge se propage dans sa chair. Il pousse le battant pour retrouver ses semblables. Des centaines de fioles ornent les étagères, des grimoires reposent presque paisiblement sur les étalages, et un nombre incalculable de choses qu’il est bien incapable de nommer le lorgnent. Contraste surprenant de la ruelle morte et de l’endroit enjolivé de vie. Cette pièce le fascine autant qu’elle l’effraie. Cette puissance que semble renfermer l’espace lui donne presque mal à la tête, provoque un tournis inévitable. Il tangue, ses membre ne répondant plus de rien. Le garçonnet s’accroche au tissu que sa paume rencontre, alors qu’il manque tomber à la renverse. Son menton écorché par les nombreuses chutes se redresse et il interpelle cette dame face à lui, celle auprès de qui il s’est instinctivement réfugié.

« Je… » commence-t-il alors que ses iris reprennent leur course sur les murs environnants. « Quel est cet endroit ? Je crois que j’ai atterri sur le Chemin de Traverse, mais je ne suis pas sûr… Vous savez, comme dans Harry Potter ! »

A l’évocation de cette fiction qui a bercé les quelques dernières années de son enfance inachevée, son teint reprend un brin de couleur et ses yeux s’ouvrent à nouveau, laissant transparaître la flamme increvable de ce tout jeune sorcier.

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OPUS DEI

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[titre de mon champ]: OSSATURE: : Deux naissances. La première il y a vingt-six ans, organique et pécheresse, d’entre des cuisses flasques et moites. La seconde il y a neuf ans, bercée de chants grégoriens et d’épitaphes sanguinolentes. Entre les deux, il n’y a que néant – un temps sans saveur ni intérêt, qu’elle a préféré oublier. [titre de mon champ]: CONTRAT: : Fille de Dieu, élue des anges, protégée du Vatican. Rien ne l’attache, sinon son Seigneur. [titre de mon champ]: BESOGNE: : Elle glisse et serpente dans les rues de la Rome pécheresse, à la rencontre des Inconnus. Elle les écorche, les pénètre, les possède. Elle se nourrit de leur péché pour raviver son éclat et servir son Seigneur. Artemisia est chasseuse, Artemisia est tueuse. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : Trop de fois elle les a mutilé pour ne pas les connaître. [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Celle des mortels, des éphémères, de ceux qui vivent et meurent, ceux qui bourgeonnent, brillent, puis se fanent. Tout comme eux, Artemisia n’est que poussière et reviendra à la poussière. [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Connaissance accrue du surnaturel. Croit à l'illusion des runes. [titre de mon champ]: GANG: : Sa pénitence. Sa famille. Ceux qui tirent les ficelles de ses membres déliés. Sa vie et sa mort : l'Opus Dei. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Elena Mitinskaya © Cendre [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 88 [titre de mon champ]: PACTE: : 28/04/2017



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Sujet: Re: (roue du rp) le serment des limbes   Mar 9 Mai - 17:55
Le serment des limbes

ft. Cian H. Vacchelli // mars 2017 // Walpurgis


Dans les rues romaines, la chasseuse s’élance, silhouette féline. Ses yeux scrutent les murs, regardent avec insistance ceux qui ont l’air trop suspect. Elle sent les aiguilles frapper contre son torse malingre, bien cachées dans son manteau. Sa démarche rigide, pressée, lui donnerait presque l’air fuyard ; il n’est est rien. Rien, quand on ose lever les yeux vers son regard givre, gouttes azur, prunelles incandescentes. Artemisia traque, rôde à la recherche des suppôts de Satan, des covens diaboliques. Prédatrice, elle pourrait leur planter ses griffes dans le dos et le leur lacérer jusqu’à n’en plus pouvoir – et sans doute au-delà. Mâchoires saillant sous la peau, jointures blanchies, la soldate de l’Opus Dei s’apprête à découvrir l’un de leurs repaires. Un sabbat en intérieur ? Une cave aux sacrifices ? Une salle de potions ?

… Une boutique délabrée.

La stupéfaction la prend au cœur avec virulence. Elle s’arrête net devant cette vitrine poussiéreuse aux étalages éventrés. Son visage moribond demeure flegmatique, mais ses yeux hurlent une rage glaçante. Comment ? Pourquoi ? L’auraient-ils flouée, amusés de sa quête ? Auraient-ils un, cinq, dix coups d’avance ? Artemisia pose une main gantée sur la porte, la poussant dans un soulèvement de poussière. Les grains viennent lécher ses bottes et l’arête de son manteau de chasseur. La lumière transperce avec difficulté le voile diaphane qui s’élève un peu plus à chacun de ses pas. Autour d’elle, ce n’est que décrépitude et déréliction. Livres humides et déchirés côtoient bouteilles ayant dégueulé depuis longtemps leur contenu sur le plancher pourrissant. L’humidité agresse ses narines et pénètre dans ses vêtements, léchant son derme pour en exciter les poils. Elle croise les bras. Malaise. Tout est trop calme. Plus elle avance, plus l’idée de l’embuscade se tricote dans sa petite tête blonde. Et elle de se retourner, prête à dégainer, quand elle sent son manteau comme aspiré vers le bas.

Ce n’est qu’un enfant.
Dieu merci, c’est un enfant.

Dans un soupir amer, la chasseuse range fissa son attirail. Surtout ne pas exciter la curiosité du bonhomme, qui a l’air bien content malgré les griffures sur son menton. Elle le regarde d’un air circonspect. Elle n’a jamais su faire avec les gamins. Un enfant, c’est un adulte en plus petit. Pas besoin de fard. Juste un peu plus de protection. Et un émerveillement pour tout et n’importe quoi. En témoignent ses yeux brillants devant des breloques pourries. Surtout qu’elle n’entend rien à ce qu’il déblatère. Harry Potter ? Le nom lui paraît vague. Tout comme ce Chemin de Traverse dont elle n’a jamais lu la moindre syllabe dans ses livres. Artemisia est de ces enfants qui ont oublié de s’amuser. Ses lèvres rougeâtres se tordent en rictus crispé. Elle réajuste son manteau sur son épaule – l’époussète au passage. Avant toute chose, il convient de se débarrasser de cette jeune pousse. Aussi innocent soit-il, il pourrait entraver sa marche vers l’hérésie sorcière. Et en subir les conséquences – malgré lui et malgré elle. Dans un gémissement de cuirs, Artemisia s’accroupit devant lui. Et sa voix de trancher :

« Tu devrais aller jouer ailleurs. Ce n’est pas un endroit pour les enfants, surtout quand ils sont seuls. Tu as bien… une maman, non ? »

Maman – ça sonne comme quelque chose de désagréable, quelque chose qui gratte, qui irrite. Son regard acier dépiaute le visage poupin, croisant les prunelles brunes du garçon. Loin d’être la figure maternelle de substitution.
HRP:
 

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Sujet: Re: (roue du rp) le serment des limbes   Dim 14 Mai - 23:50
hrp:
 

Le serment des limbes
la boutique aux milles éclats.


Il demeure persuadé qu’il aurait dû découvrir sa véritable nature il y a un bon nombre d’années. Si Drákon était apparu plus tôt dans sa petite vie, il serait alors désormais un sorcier spectaculaire. Craint de tous car adulé, super-puissant. Digne d’un héros de comics, sans peur et sans scrupules. Après tout, le gamin est borné comme on l’a rarement vu ; dans son esprit, il est évident qu’il est plus doué que les autres vieillards farfouillant dans les potions à la couleur peu engageante, car il est l’heureux possesseur de non pas un mais deux dons. Ses rêves sont peuplés d’une multitude de fragments formant l’histoire de tel ou tel passant, constituant un passé oublié ou un avenir incertain. Et lui, il est là, il observe, tel un voyeur, ces inconnus qui rient, pleurent, chantent ou dégueulent leur désespoir sur le sol. Ils vivent, ils meurent, et il assiste à leurs desseins. Il est présent dans ces univers parallèles ; son corps, sa peau, vibrent sous les soubresauts provoqués par le passage d’un train ou la mise en marche d’une tondeuse à gazon, non loin.

L’homme chez qui il accourt désormais à la moindre question le lui a affirmé ; d’après ses dires, il est effectivement capable de maîtriser plusieurs pouvoirs. Il les a nommés voyance et projection astrale. Deux mots qui le bercent, flattent son ego encore trop jeune pour se trouver mesuré. Il s’y raccroche comme à une bouée de sauvetage, comme à un bienfaiteur qui lui affirme qu’il n’est pas l’unique raté que sa mère voit en lui. Bien évidemment, le petiot n’établit aucun lien entre ce besoin de reconnaissance et la rancœur cultivée à l’égard de sa génitrice. Mais après tout, qui le fait ?

Les ongles agrippés au tissu s’ôtent peu à peu, l’emprise de la poigne se desserrant presque immédiatement. La silhouette à laquelle le petit être qu’il est s’est raccroché flanche, les genoux fléchissent, et il se retrouve le visage ahuri à quelques centimètres du teint pâle qui le fait presque frémir. Son bref tournis s’est estompé, laissant la place si convoitée à ces frissons d’angoisse courant l’échine et transformant son regard bourré d’un innocent entrain. A présent, ses pupilles s’entremêlent aux autres, froides et presque menaçantes. Inconsciemment, il recule, les yeux résolument ancrés à ces iris. Les mots de la dame accroupie près de lui fendent l’air, tranchants comme les épées qui s’entrechoquent durant les parties de jeux de rôles qui alimentent ses soirées de petit garçon. La gaieté accompagnée de son amie l’innocence se sont fait la malle depuis deux longues minutes, et Cian lorgne la porte d’entrée de la boutique d’une œillade hésitante. Franchir les quelques mètres démultipliés par une vilaine vision d’optique et disparaître pour de bon, ou bien faire un petit coucou au sol en perdant connaissance ? Le cerveau en ébullition, il déglutit, ses traits trahissant l’effroi que lui inspirent ceux de l’inconnue au visage glaçant. Malgré la peur lui ligotant les entrailles, le gamin ne semble décidément pas abandonner cette abominable naïveté qui fait de lui cet être trop chétif, puisqu’il  s’évertue à répondre, la tête basse ;

« Ma mère ne peut pas venir ici… Elle ne comprendrait pas, elle n’est pas comme nous, vous savez. »

Ces quelques mots provenant du fin-fond de sa gorge lui redonnent un semblant de confiance et font germer cette nouvelle étincelle le poussant à continuer ses explications, réagissant finalement aux précédentes paroles de l’apparition.

« D’ailleurs, vous en faîtes pas madame, je suis assez grand pour venir ici. Qu’est-ce que vous cherchez, vous ? » demande-t-il en même temps que ses muscles cessent leur crispation passagère. « Vous pourriez m’aider à attraper certains bocaux ? Ils sont trop hauts pour moi. »

Sans même attendre de quelconques réponses, le môme s’est déjà mis à la recherche d’une babiole pouvant capturer son vif intérêt, sautillant presque dans le rayon s’offrant à lui.


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[titre de mon champ]: FABLE: : Trop de fois elle les a mutilé pour ne pas les connaître. [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Celle des mortels, des éphémères, de ceux qui vivent et meurent, ceux qui bourgeonnent, brillent, puis se fanent. Tout comme eux, Artemisia n’est que poussière et reviendra à la poussière. [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Connaissance accrue du surnaturel. Croit à l'illusion des runes. [titre de mon champ]: GANG: : Sa pénitence. Sa famille. Ceux qui tirent les ficelles de ses membres déliés. Sa vie et sa mort : l'Opus Dei. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Elena Mitinskaya © Cendre [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 88 [titre de mon champ]: PACTE: : 28/04/2017



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Sujet: Re: (roue du rp) le serment des limbes   Lun 22 Mai - 16:15
Le serment des limbes

ft. Cian H. Vacchelli // mars 2017 // Walpurgis


Pas comme nous.

Elle ressasse chaque mot prononcé par le petit être. Décrypte. Décortique. Dissèque. Pas de conclusion hâtive. Sa réflexion ne doit pas être très discrète tant son interlocuteur semble apeuré. Elle s’y est déjà habituée – n’y prête plus attention. Sa présence n’a jamais été rassurante pour quiconque. Sa présence suppure le malaise. Pourtant le garçon reste vaillant, dans son étroite carcasse de chair. Il semble bien décidé à rester ; c’est qu’il y a autre chose à voir que des babioles éventrées. Les enfants voient les choses différemment. Plus grandes, peut-être plus belles aussi. Elle devait être plus jeune que lui quand la Sainte Vierge lui est apparue. L’âge où le sang d’autrui ne tache pas les mains.

Elle acquiesce. Ce n’est peut-être qu’un enfant, mais la chasseuse veut être certaine qu’il n’a rien à voir avec ce commerce abandonné. Et si ses doutes se confirment, que fera-t-elle ? Monstruosité ou pas, c’est un enfant. Le Christ ne tolérerait pas l’infanticide : seul un Pharaon paranoïaque l’aurait fait. Sans compter qu’il est encore jeune – encore malléable. Il y aura toujours moyen de lui transfuser la haine des siens – et de tous les Autres. Elle se relève ; sa silhouette se déplie comme un morceau de papier. Son regard se pose sur les… bocaux. La plupart sont cassés. Ses gants préserveront ses mains – et sa couverture. Mais lui… Lui, comment les voit-il ?

« Bien sûr. Lesquels veux-tu ? fait-elle, avant d’ajouter : J’étais censée attendre ici… Des collègues devaient venir. Tu ne les aurais pas vus, par hasard ? »

Elle croise les bras. Jette un regard à l’extérieur. S’éloigne un peu, palpant le mur. Fait mine d’être à la recherche de quelque chose.

« Qu’est-ce qu’on t’a dit sur cet endroit ? »

Question indiscrète cachée sous un fard candide. Requête qui en masque tant d’autres. Qui est-il réellement ? Qu’est-il venu chercher ? Et surtout, pour quoi faire ? Artemisia hume l’air. Ne sent que la poussière qui lui pique les yeux. Rien d’autre que le soufre de sa méfiance.
Il ne tient qu’à lui de la raviver ou de l’adoucir. Dans tous les cas, jamais sa vigilance ne s’éteint.  L’idée de l’embuscade s’est déjà bien logée dans un coin de sa caboche. Tapie dans l’ombre, prête à resurgir.


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