Le corbeau & la pie

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[titre de mon champ]: OSSATURE: : Trente trois ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : En relation libre, célibataire - tout dépend des jours [titre de mon champ]: BESOGNE: : Modèle de nu à la faculté d'arts le jour, chanteuse de jazz dans un bar le soir [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : Elle connait l'existence de créatures surnaturelles depuis son adolescence. [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Humaine, chair tendre et insouciance de l'éphémère. [titre de mon champ]: GANG: : Lourd passif dans la Mano Rossa. Ayant quitté la sphère depuis dix ans. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Freema Agyeman, Carnavage [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 117 [titre de mon champ]: PACTE: : 22/04/2017



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Sujet: Le corbeau & la pie   Lun 1 Mai 2017 - 16:40

Ignazio Pastore & Alessandra Ottone

Le corbeau & la pie


Vautrée sur le lit, l’ordinateur portable sur ses cuisses, Alessandra pianote à une vitesse fulgurante – survolant les quelques dossiers virtuels qu’elle a déniché la veille sur la machine d’un chasseur de l’Opus Dei. Déformation professionnelle d’une vie antérieure peuplée de larcins et d’échanges. Propension à flirter avec le risque. A décortiquer cette institution avec laquelle s’est acoquinée la Mano Rossa depuis des années. Ils sont des chasseurs de créatures, main punitive qui s’abat sur le museau des espèces contre-nature. Leur base de données est gargantuesque et Alessandra les observe avancer leurs pions petit à petit sur l’échiquier géant que représente la Rome corrompue par les pouvoirs en place. La mine s’éclaire lorsqu’elle tombe sur un nom dénué de ce rouge indiquant l’élimination pure et simple du sujet. Ignazio Pastore. Déclaré comme étant un wendigo, créature cannibale et maudite, épargnée par leurs services pour la bonne et simple raison qu’il traque les siens et refuse de se nourrir d’humains. Bref sourcillement de la donzelle qui imagine ô combien cette paix doit sembler fragile. La curiosité corrode l’encéphale et l’hyperactivité gangrène l’instinct de préservation. Un wendigo revanchard, en pleine vendetta contre ceux de son espèce ? ça ferait un fabuleux anti-héros de série B - de quoi piquer la curiosité de la métisse qui cherche désespéramment à vaincre l’ennui d’une vie sans vague. Elle se redresse en tailleur, arrache le bâtonnet de sucette qu’elle mastique pour le jeter dans la poubelle à l’autre bout de la pièce puis se félicite de cet habile succès. Le temps d’enfiler quelque chose de décent, de griffonner l’adresse de la boutique qu’il tient et voilà qu’Alessandra enfourche sa vespa jaune poussin pour arpenter les ruelles romaines.

Il Buco. Le moteur ronronne tandis que la belle détaille la devanture du numéro en question. Pas de vitrine – seulement une boîte aux lettres branlante où est marqué le nom de la boutique. Pour un trou, c’est un trou. Alessandra gare sa vespa et décroche son casque, balancée par le doute d’être devant un coupe-gorge plus qu’une échoppe.
Porte qui grince, signalant sa venue. L’italienne parcourt l’endroit du regard avant de s’y engouffrer. Étagères en pagaille, où s’amasse du matériel occulte. Pierres, plumes, fioles en tout genre. La perspective la fait sourire – magie. Le wendigo tient une boutique de magie, bien planquée aux yeux des simples mortels. Entre admiration et amusement, Aly laisse traîner son doigts entre les pages d’un bouquin poussiéreux avant d’aviser le comptoir et d’y remarque l’absence du tenancier. Le peu de lumière rend l’endroit particulièrement sinistre – et même si le faciès de la curieuse demeure égayé, cette dernière sent un frisson lui ébranler l’échine. Elle frotte ses bras nus, se demande brièvement si les wendigos craignent le froid avant de percevoir une silhouette surgir de l’arrière boutique. Elle arque un sourcil, se marre intérieurement. Pas mal pour un bouffeur de carcasses même s’il s’annonce pas très causant mais ça n’enlève rien au plaisir.

« Salut. » Qu’elle lui lâche au bout de quelques secondes. « J’espère que je n’interromps pas l’un de vos rituels satanistes. » Elle se fend d’une risette amusée, regarde avec circonspection ce qui flotte dans un bocal avant d’en revenir à son interlocuteur. « Je me demandais... » Elle s’accoude au comptoir et détaille le visage du probablement faux quadragénaire. « Est-ce que vous faites dans les filtres d’amour ? » Elle garde son sérieux même si l’hilarité la bouffe de l’intérieur. Heureusement, une petite voix à l’intérieur de sa caboche est là pour lui rappeler à qui elle a affaire. Un type qui a probablement les crocs parce qu’il muselle ses envies de viande humaine.

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Sujet: Re: Le corbeau & la pie   Mer 3 Mai 2017 - 18:52



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Crever la dalle n’a aucun sens tant que tu n’as pas été Wendigo. Tu sais rien de la faim, la vraie, tant que tu n’as pas senti cette fureur sourde te torturer les entrailles de ne pas pouvoir bouffer. Plus rien n’occupe l’esprit que l’obsession douloureuse de la déglutition de la chair. Se mordre les doigts par nervosité ? Non. Si tu te dévore des morceaux de chair c'est pour espérer tromper les crocs affamés qui claquent dans l’air lorsque personne n’y prête attention. Ignazio crève la dalle. Plus d’un siècle à engloutir son propre reflet et la faim devient toujours plus forte et envahissante. Il suffit de manquer une chasse et tout menace de s’effondrer. Une chasse en moins et c’est fini tu es à l’arrière de la boutique, le poing dans la bouche, à chercher dans tous les journaux de la ville le moindre signe de wendigo. Il devrait y arriver. Aucun problème. Avec les derniers événements, y a du wendigo dans toutes les rues, ils ne peuvent pas tous être comme elle. Le visage se crispe davantage au souvenir de la créature pendant que la mâchoire se détend légèrement. Il respire un peu mieux en sachant qu’une autre que lui souffre de la même façon. Il a laissé vivre cette créature immonde sans même savoir pourquoi. Générosité ? Sadisme ? Quelle connerie. Il aurait du la bouffer au lieu de jouer avec la nourriture. Et le soulagement de n’être pas seul n’est rien face au ridicule de vouloir dévorer sa propre main. Chasser serait un soulagement mais de jour, peine perdue. Et puis la boutique doit être tenue. Il peut au pire espérer trouver victime parmi les clients. Un loup-garou ferait l’affaire. Un sorcier même. Jusqu’au vampire. Tout mais pas.
Grincement de la porte. Les oreilles attentives captent le bruit depuis le fin fond du Trou. Le corps se secoue, se redresse, se relève, lourd et lent. Un œil blasé scrute les traces de crocs disparaître lentement de la peau brûlée de la main. Il agite cette dernière comme pour en chasser toute douleur. La salle principale de la boutique est rejointe d’un pas traînant, pour découvrir la face de l’intruse. Il renifle, espérant percevoir l’odeur de cadavre caractéristique de son peuple. Rien. Seuls les vampires et les sorciers ne sont pas reconnaissables à l’odeur. – Et les. –
Aucune réponse lorsqu’elle le salue. Il s’approche de quelques pas, passe derrière le comptoir, la fixant en silence. L’obscurité l’empêche de tout percevoir mais sa peau ne ressemble pas à celle d’un vampire. Il l’aurait reconnue, si. Sorcière donc. Pas rare. Pas courant non plus. On ne se fournit pas vraiment chez les wendigos quand on peut faire ses propres potions. Ou alors. Ah putain. Elle ouvre la gueule et la vérité éclate : une sorcière hargneuse. Qu’est-ce qu’il lui a fait, dans son autre vie, à celle-là ? Il a buté son mari ? Initié son fils ? Ignoré ses plaintes ? Ou alors est-elle juste venue cracher sur venin sur l’ancien suprême pour le plaisir, pour se sentir plus forte en ridiculisant la Bête ?

La patience n’est pas une amie d’Ignazio. Tourner autour du pot l’insupporte. Se taire ou cracher. Ce sera le crachat. « Non. » Avant toute chose, répondre à l’imbécile question. « Aucun intérêt. » Le visage fermé se craquelle d’un rictus moqueur. « Potion de contrôle, d’obéissance, d’obsession, ça j’ai. Aphrodisiaque, simple comme bonjour. » De quelques pas s’approchant, sa hauteur menace la minuscule créature venant l’irriter sur son propre territoire. Il bouffera l’impertinente. « Y a que les niais d’humains pour croire encore à ces foutaises. » Le mépris suinte l’ensemble de sa phrase alors qu’il finit de sonder la future carcasse. Fragile. Aucune trace de tatouage magique, aucun bijou reconnaissable. Pas d’artefact. Il n’aime pas chasser les sorcières, trop de souvenirs, mais il pourra sûrement faire une exception pour celle-là. Juste vérifier qu’elle ne soit pas aux ordres de l’autre folle. La gorge s'ouvre de nouveau. La voix a le ton de l'aboiement. « Qu'est-ce que tu fous ici ? »
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Sujet: Re: Le corbeau & la pie   Lun 8 Mai 2017 - 10:47

Ignazio Pastore & Alessandra Ottone

Le corbeau & la pie


Aly les aime, ces endroits sortis tout droit de l’imaginaire d’un écrivain tordu. De ceux qui ont une histoire à raconter avec son lot de fascination et d’étrangetés. Toute gosse, elle était mièvre de découvrir l’existence des créatures surnaturelles, et c’est un sentiment qui malgré tout ce qu’elle a vécu, ne l’a jamais vraiment quitté. Voilà pourquoi elle se retrouve dans cette boutique obscure à darder ses prunelles sur un wendigowak, testant la force de ses préceptes. Ne pas bouffer d’humain. Et pourtant, vu comme il la lorgne, c’est difficile à croire. Pastore lui jette à la gueule son acrimonie et son agacement. Peu amène, il énumère les possibilités – s’approche d’elle et joue de sa hauteur pour se faire intimidant. Alessandra croise les bras, accueille la remarque avec un calme implacable. « Ah ouais. T’es pas du genre à passer par quatre chemins toi. » Les niais d’humains. La donzelle ne se vexe pas, se contente de plisser les yeux dans une œillade attentive. « T’as fini de me reluquer ? Je suis pas un steak. » Elle l’a saisi, son regard intrusif - celui qui la désosse littéralement pour saisir la signature de son essence. C’est que ça doit le chiffonner, de ne pas trop savoir à qui il a affaire. L’alarme retentit vaguement dans la caboche d’Aly, lui rappelant qu’à trop jouer avec le feu, on peut s’y  brûler. Et pourtant, elle ne se débine pas – ne témoigne d’aucune crainte à l’égard de celui qui pourrait l’incendier du regard.

« Qu'est-ce que tu fous ici ? » Qu’il lui aboie. Les paumes de mains se dressent en signe de reddition. « Hé, du calme. Je viens en paix. » Médor. Qu’elle songe étant donné la propension du mâle à rauquer. « Tu m’étonnes que ta boutique tombe en désuétude si t’accueilles tes clients comme ça. » A la poigne de son regard elle se dérobe pour mieux se balader entre les allées. « Et tes potions, est-ce qu’elle marche sur les gens de ton genre ? » Qu’elle le questionne d’une œillade appuyée. L’ego du bougre claque à l’image de sa mâchoire. Elle perçoit la fierté piétinée de celui qui exècre sa nature. Qui serait prêt à tout pour faire payer la race toute entière pour le préjudice qu’on lui a causé. Elle le comprend, d’une certaine manière. Les prédateurs de l’espèce sont comme des pilleurs de tombe, mutilant toute humanité pour n’en laisser que l’horreur d’une existence parasitaire. Alessandra y songe avec empathie, à la difficulté de renaître maudit. Elle l’aime son éphémère volupté et ne voudrait s’en séparer pour rien au monde. Et pourtant, beaucoup convoite l’immortalité sous ses maintes formes. Elle-même aurait été prête à demander à une créature de mordre sa mère pour la sauver du cancer qui la rongeait si son paternel n’avait pas été si réfractaire. Une faiblesse du moment qu’elle regrette aujourd’hui. Sa mère serait bien morte, d’une manière ou d’une autre. L’humour incisif se dissipe, laissant place à un ton pudique de franche interrogation. « Comment parviens-tu à résister à l’envie de viande humaine ? Tu ne manques pas de volonté. Comme de désir de vengeance, je présume… »            

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Sujet: Re: Le corbeau & la pie   Lun 15 Mai 2017 - 17:35


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Se faire prendre de haut, Ignazio déteste ça. Qu’on le prenne pour un con aussi, il déteste ça. Lui qui avait pu avoir le droit et même le devoir de mépriser la terre entière se retrouve absolument dépourvu si on en vient à lui rendre la pareille. Tout ce qu’il entend chez cette cliente, c’est l’impertinence et le crachat renvoyé à la figure. En pleine face, qu’elle l’insulte. Cette pute sait qui il est. Impossible de savoir comment, pourquoi. D’où tient-elle ses informations ? De quel droit se permet-elle de les lui vomir à la gueule ? Il va briser son petit cou de petite niaise, le faire glisser entre ses doigts, et se repaître de sa chair. Elle n’aura pas le temps de regretter son affront. Il aura tout le temps de nettoyer le sang qu’elle laissera sur le comptoir. A ses yeux, elle est un steak, rien qu’un futur steak qui parle bien trop. Chacun de ses mots ne fait que nourrir sa colère, d’autant plus que tout est justifié.
Tout est justifié. Ignazio mérite qu’on le traite comme une bête puisqu’il en est une. Se faire cracher dessus, il s’y est habitué. Il déteste cela, cela le fait grincer de rage, gronder de frustration. Manger l’humain lui a retiré tout droit à l’honneur, à la morale. Et tout en essayant désespérément d’avoir l’air digne il sombre, sombre dans le bestial. Pour cette petite fouineuse de merde qui vient rôder chez lui, il veut bien être le pire des monstres. Prends-le pour une brute, il se fera un plaisir de correspondre à toutes tes attentes.

Venir en paix. La formulation absurde arrache une grimace amusée à son visage endurci. Venir en paix c’est ne pas foutre la merde, ne pas lui parler, prendre commande et se casser. Quand tu cherches la merde, tu viens pas en paix. Quand tu dis que tu viens en paix, c’est que t’es qu’une sale fouine, et que ta tête va être désolidarisée de ton corps. Et vite. La preuve, quand il la fixe, elle s’éloigne. Elle lève les mains en l’air, l’imbécile, comme si un sorcier avait besoin d’arme pour le mettre hors d’état de nuire. Incapable. Elle doit avoir le don, et ne pas savoir s’en servir. Il pourrait lui apprendre. S’il avait encore de la générosité en lui. S’il n’était pas déjà déterminé à ronger le moindre de ses os. Il crève la dalle. S’il n’a rien bouffé demain, son corps va commencer à se révéler. Bouffer aujourd’hui, c’est tout ce à quoi il pense.
Chacun des mouvements de la proie est suivi avec une terrible attention. Elle a l’air agile, pas forcément forte. Impossible de savoir son type de magie. Si ce n’est pas offensif, il peut la tuer en un coup. Pas besoin de la faire souffrir. Faut juste savoir à quel point il doit faire gaffe. Quel Coven. Peu importe quel coven, il la bouffera. Mais il ne la bouffera pas pareil si elle appartient à l’autre pute, ou si elle appartient à l’autre niais. Il cachera plus ou moins le corps. Il se cachera plus ou moins lui-même. Bien sûr qu’il risquera sa vie plutôt que de crever de faim ainsi.

Il bouge peu. A peine la suit-il dans les allées, surveillant sa progression, visage fermé, parfois traversé de quelque spasme irrité au fur et à mesure qu’elle lui dévoile ses informations. Elle en sait beaucoup. Trop. Assez pour en crever. Ses dents grincent et sa langue claque alors qu’elle étale ses cartes. Rien sur sa nature de sorcier. Son ex-nature de sorcier. La boutique en dit peut-être assez. Trop maline pour rester en vie. « Pas ton problème, » rétorque-t-il en continuant de fixer chacun de ses mouvements, prêt à l’attaque. Il surveille ses doigts, sa bouche, à la recherche de la moindre incantation, du moindre signe agressif. Elle s’est éloignée de la porte. Il se tient entre elle et la sortie. Ne pas la laisser s’enfuir. « Qui t’envoie ? » lui renvoie-t-il à la figure. Pas grand monde en veut à sa peau. « L’Opus Dei ? » Son dossier traîne trop dans leurs quartiers. Il n’aurait jamais du faire de pacte avec eux. S’ils commencent à lui envoyer la moindre merde passant par là… « Une mafia ? » Bien qu’il suive soigneusement ses contrats, la vie en lien avec ces crevards peut être difficile. Utile, mais difficile. Elle ne serait pas la première à venir lui voler dans les plumes. « Ou ton Suprême ? » Grondement brusque de la voix. Incendie du regard. Les doigts craquent alors qu’il se prépare déjà à bondir, à lui trancher la gorge, à cette chienne. « Je n’ai pas de temps à perdre avec des fouille-merde. Parle clairement ou dégage. » Essaye, du moins.
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Sujet: Re: Le corbeau & la pie   Dim 11 Juin 2017 - 22:17

Ignazio Pastore & Alessandra Ottone

Le corbeau & la pie


Il est vorace, le wendigo. Sa carrure semble fulminer de colère, chose qui parvient à faire flancher l’assurance de la métisse le temps d’une seconde. Elle s’avance dans la boutique, lorgne ci et là, cherche à distinguer les détails d’une existence maudite. C’est qu’elles l’inspirent, les hideuses créatures aux relents d’humanité. Elle sent les globes cristallins la matraquer d’une acrimonie de chat traqué et à peine formule-t-elle ses mots qu’elle sent l’acidité s’inviter dans leur huis clos. Il la guette, tente de la déchiffrer. Elle peut se douter de l’ébauche de son questionnement. Qui est-elle ? Qu’est-elle ? Mains fourrées dans les poches de son jean, Aly essaie de garder sa nonchalance. Elle s’incline dans la direction de Pastore et le détaille d’un regard inquisiteur. Et merde. Constat qui lui saute à la figure maintenant qu’elle réalise qu’elle a été sotte d’ainsi s’avancer en toute inconscience. Il est entre elle et la sortie et semble bien décidé à obtenir des réponses à ses questions. L’homme tranche d’un ton sec – refuse de se livrer à la moindre confidence. Quoi de plus normal ? Alessandra passe sa langue sur ses lèvres, venant à douter sérieusement de l’idée qu’elle a eu de traîner ses guêtres jusqu’ici. Ses pulsions suicidaires, probablement. Le myocarde s’affole subrepticement, les menottes se serrent instinctivement contre les flancs tandis qu’elle recule à pas lents à mesure que le timbre grave aboie. « Du calme. Personne ne m’envoie. Je viens là par simple curiosité. Tu es d’un susceptible… » Elle ne peut pas s’empêcher de débiter des conneries, même dans les situations les plus périlleuses. Peut-être parce qu’elle estime ne pas avoir grand-chose à perdre. Il éructe – lui intime avec férocité de lui dire la vérité et Alessandra prend le temps de songer aux quelques informations qu’il a délivré malgré lui. Mafia. Elle pense avec amusement qu’elle n’en fait plus partie maintenant, et s’interroge quant aux relations qu’entretient le wendigo avec elle. Suprême. Les paupières papillonnent et la donzelle réalise finalement la complexité du cas de Pastore. Monstre cannibale doublé d’un sorcier. Lucidité qui lui arrache un bref sourire qu’elle étouffe brusquement en jugeant la menace. Elle recule. Il s’avance. Danse cocasse qui s’insinue dans leur face à face. Aly enfonce la tête dans ses épaules, le temps d’attraper la bombe lacrymo qui traîne dans son sac à main, la brandissant dans la direction de l’assaillant avec la conscience du ridicule que ça représente. « Hé ! Range tes crocs et garde tes distances. Je vais t’acheter une babiole s’il n’y a que ça pour te faire plaisir. » La ferme. Qu’elle se dit avec outrage. Elle tente de se convaincre intimement d’arrêter là la mascarade mais la pression est telle qu’elle ne contrôle pas vraiment le cours des événements. L’échine heurte un meuble derrière elle. Choc d’adrénaline dans ses veines qui l’ébranle de la tête aux pieds. Index sur la gâchette de la lacrymo, Aly balaie la crainte fugace se lisant sur ses traits. Une farouche pugnacité s’invite le temps des aveux. « J’suis humaine Pastore. J’ai juste fouiné dans les papelards d’un chasseur de l’Opus Dei et ton cas m’a intrigué. J’suis juste coupable d’être curieuse. Et suicidaire, si tu préfères. » Elle darde ses yeux dans les siens et ne se débine pas une seule seconde face aux orbes glaciales qui la condamnent. Elle sait pertinemment que le gazer ne servira à rien mais semble espérer que l’élan cocasse de la situation puisse lénifier le malentendu qui s’est distillé entre eux. Aly cherche dans les prunelles inquisitrices de son vis à vis la lueur d’une accalmie. Ses muscles sont noués, sa respiration se bloque dans sa poitrine et tout en elle crie à la vigilance. C’est comme quand elle est sur le ring. Elle ne sait jamais quand l’autre va rendre les coups.

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