Friendship in odds ways | Auguste&Laks

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Sujet: Friendship in odds ways | Auguste&Laks   Mar 2 Mai 2017 - 16:16
Friendship in odds ways
AUGUSTE ft. LAKSHAN

La pluie avait menacé toute la journée.  Le ciel s’était retrouvé piqué de gros nuages floconneux et grisâtre comme de la barbe à papa ayant servi à chasser des toiles d’araignées. Et l’air s’était chargé d’électricité, laissant un goût de ferraille dans la bouche et l’odeur forte de la terre dans les narines. Tant et si bien que Lakshan avait tendu le dos dès le matin, craignant que l’averse ne frappe avant qu’il ne trouve un abri satisfaisant. Il avait hésité à quitter l’abri relatif du pont, qui prendrait l’eau s’il pleuvait trop – il le savait pour l’avoir déjà appris d’une façon un peu cruelle au cours d’une nuit -  pour aller se chercher à manger. Mais au bout de plusieurs heures d’attente, pas la moindre goutte d’eau n’avait pointé le bout de son nez et son ventre s’était mis à grogner comme un monstre impatient.  

Il aurait pu aller jusqu’au centre-ville, où il aurait pu glaner assez pour se payer un de ces mini hot-dogs que servaient les vendeurs ambulants. Mais là encore, la pluie qui menaçait le tenait sur ses gardes. Les bonnes cachettes étaient rares en ville, et il n’y avait pas grand monde qui le laisserait impunément squatter son patio le temps que la tempête ne se calme. On le plaignait si on le croisait au détour d’une rue, mais s’il zonait sous leurs fenêtres, les romains n’avaient alors plus aucune pitié. Mais pour leur défense, il comptait maintenant plusieurs semaines sans même une toilette de chat et sa peau était devenue noire de crasse, traçant des sillons sur son visage quand il transpirait ou s’essuyait avec sa manche lui donnait des airs de guerrier d’une autre époque. Ses frusques étaient rigides, à force d’être portées et leur fumet tout aussi détestable.

Il s’était donc résigné à faire les poubelles dans l’un des parcs de la ville. La dernière fois qu’il s’y était tenté, il avait tout de même récolté un fond de milkshake et une fin de sandwich tout à fait délicieux. C’était la première fois de sa vie, qu’il goûtait à du salami mais il avait encore en tête le goût fumé et gras de la viande, coupé en tranches très fines et balancé par l’acidité de quelques cornichons. De drôle de petits machins tout verts et bossus dont la peau lui avait fait penser à celles de grenouilles mais qui croquaient sous la dent et chatouillait les papilles comme jamais. Il espérait être, ne serait-ce que moitié moins chanceux aujourd’hui. S’il était vraiment en veine, il mettrait la main sur un café. Il en rêvait avec la fraicheur harassante de ce temps couvert.

Mais il ne trouva ni salami. Ni café. Une grosse goutte glacée tomba sur sa pommette, juste en dessous de son œil et au contact de sa peau commença à s’évaporer. Pas assez en revanche pour qu’il ne sente pas la morsure de l’eau contre sa peau, et que son derme ne réagisse aussitôt à la brûlure, lui arrachant un hoquet de douleur. Son rythme cardiaque s’emballa aussitôt, alors qu’il scannait les horizons à la recherche d’un abri salvateur. D’autres gouttes le brûlèrent, l’obligeant à se mettre à courir. Dans sa précipitation, il renversa un quidam, qui l’abreuva d’injures qu’il ne comprenait pas, mine froissée de dégoût lorsqu’il se rendit compte avec « quoi » il était entré en collision. Il ne resta pas pour écouter, se plaquant contre un mur pour profiter de la protection, toute relative d’une corniche. Fermant ses paupières, il inspira, à petites goulées, cherchant à chasser la douleur de dizaines de petites gouttes qui le vrillait comme des têtes d’épingle. Il ne vit que trop tard qu’il avait perdu son carnet.

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Sujet: Re: Friendship in odds ways | Auguste&Laks   Ven 12 Mai 2017 - 19:42
Tu m'as relégué loin dans ton crâne. Finis le bonheur d'être libre des derniers jours, tu as repris les contrôles. C'est pas plus mal, je commençais à sévèrement m'ennuyer. Nous ne sommes pas indissociable l'un de l'autre. Je suis même certain qu'à un moment, toi aussi tu en aurais marre de vivre sans moi. Tu es moi, je suis toi, tralala. Tu n'en peux plus d'entendre mes logorrhées moqueuses. Pauvre bichon. Je vais te faire craquer dès les premiers instants en tête à tête avec nous même ? Quand je te dis que tu es pas drôle… Et tu veux sortir, mon bichon, tu veux sortir car tu étouffes dans le petit appartement que nous partageons. Si tu y restes, tu sais comment ca va se finir, un joyeux combo de doigts dans la gorge et de lame de rasoir sur les côtés.
La pluie et toi est une grande histoire d’amour. Elle est toujours là quand tu fais des crises, dehors, accompagnant ta paranoïa, excitant ton empathie avec la morosité qu’elle provoque autour d'elle. Cette pluie là est différente, elle ne semble pas être dirigée contre toi. Elle tambourine contre les pavés sales, l'odeur si reconnaissable du pétrichor romain, mélange de terre et de déjections animales, chatouillent nos narines. Cette pluie est pleine de peur. Pas la nôtre, pas la tienne. Celle d'un autre. Elle provoque la peur. Cette peur m’attire, excite mes entrailles. On dirait celle d'un enfant, incontrôlable et incontrôlée. Les enfants, ce ne sont pas les plus excitants dans la chasse. Il y en a qui kiffe ça, question de tendresse dans la viande sûrement, mais moi je trouve ça trop simple. Certes, c'est bien pratique quand on a pas vraiment les pattes pour traquer mais cela reste trop facile. Moi, je chasse avec le nez et toi, avec ton empathie. Elle te guide, elle te terrorise en même temps que ce gamin prisonnier de la pluie. Il y a un carnet au sol, quelques pages déchirés essayant de s'éloigner mais l’eau alourdie leur pas. Un peu tremblant, tes doigts les ramassent, tes yeux curieux parcourent les courbes et traits de crayons. Le bouquin est plein à craquer et son possesseur est vraiment doué. A-t-il peur à cause de la perte ? Non, celle-ci est présente par accoup, suivant le rythme des grosses gouttes qui persistent à fendre le ciel. Tu es trempé, l’eau dégouline de ton crâne maigre, collant ton pull en coton à ta peau. Et tes yeux se posent sur l'homme-qui-a-peur. Un adulte. Un adulte terrifié par l’eau. Sorcier, je le flaire sur sa peau, sûrement un nouveau né de leur race étrange, un perdu, chassé de la meute. Toi, tu restes sourd à cela, te bornant à rester aveugle face à cette communauté magique dont tu fais pourtant parti. Te débarrassant de ta veste, tu le hisses au dessus du crâne de l'homme. Il n'est pas d'ici.
« - M- monsieur ? Vous allez bien ? J'habite à deux pas d'ici, on.. on pourrait y aller le temps que la pluie se calme ? »
Chez toi ? Vraiment ? Tu laisserais un inconnu entré dans notre tanière ? Il pourrait être un monstre, te sauter dessus dès que tu auras le dos tourné, te manger, te toucher, te traumatiser. Mais tu ne réagis pas, tu restes droit dans ton crâne, inquiet pour le garçon, ton empathie te faisant trembler.
« - Je m'appelle Auguste, monsieur. »
Oh, j'ai compris : tu veux l'aider car tu n’es pas foutu de t'occuper de toi. Tu as vraiment cru que tu en avais assez pour l’aider ? Merde, tu en es persuadé. Pauvre type, tu vas sûrement plus le casser qu'autre chose. Tout un tas de question de bouscule dans ton petit crâne, à propos de l'art que tu as entre aperçu dans le carnet glissé dans ta poche, et sur lui, surtout lui.  Peut-être ton empathie qui te joue encore des tours, qui veut te rendre fou autant que moi je le veux. Alors tu le fixes, les joues rouges par l’audace de ta proposition, tes bras faibles le protégeant du monde (ou du moins la pluie).

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Sujet: Re: Friendship in odds ways | Auguste&Laks   Sam 20 Mai 2017 - 17:33
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Ce carnet, il l’avait trouvé des années de cela. Un petit crayon coincé entre ses pages dont seules les premières étaient noircies d’une écriture fine et gracile. Tracée d’une main habituée par l’exercice. Un charabia dans une langue étrangère, il lui semblait, puisqu’il n’avait même pas les rudiments pour comprendre la sienne. Puis le reste, kilomètre de pages blanches qui n’attendaient que son bon vouloir. C’était la fleur dessinée dans une marge, compagne de celle séchée et légèrement odorante qui avait inspiré ses premiers traits. Il s’était avéré qu’à passer son temps à voir le monde évoluer sans lui, il avait acquis un don pour le reproduire. L’espace avait fini par se faire rare. Mais il conservait le carnet comme un précieux porte bonheur et un témoin de ce qu’il avait vu. Sa perte était douloureuse. Mais certainement pas autant que celle ressentie sous la colère du ciel. Malgré toute la volonté qu’il avait, il ne pouvait pas forcer ses muscles à retourner là-dessous. Refermant le col de sa veste de ses deux mains, il avisa qu’il s’était mis à claquer des dents. Il allait finir trempé et la météo étant ce qu’elle était ces derniers temps, il mettrait probablement plusieurs heures à sécher, si ce n’est la journée entière. Douleur lancinante dans les membres, rien que la perspective d’avoir à le subir l’épuisait déjà.

Réaction de chat sauvage à l’approche d’une autre silhouette. Il esquissa un mouvement sur le côté, alors que les bras de l’inconnu se levaient comme pour frapper, mais il se figea en réalisant qu’il cherchait à le protéger de la pluie à l’aide de sa veste. Ganesh en soit loué, il n’avait pas vu tel élan de solidarité envers lui depuis… une éternité. Assez pour que cela l’étonne. Qu’il ressente le soulagement se diffuser dans ses membres avant que la pisse aigre de la honte ne vienne l’envahir. Misérable loque malodorante qu’il était, écœuré par la propre fragrance de son derme. Quand l’autre s’en rendrait compte, il allait fuir, avec son abri de fortune. S’y réfugier n’avait donc rien d’une bonne idée. Le sentiment de perte était bien plus cruel que celui du manque.

« Auguste. » Qu’il répéta. Syllabes rudes et difficiles à articuler. Seule information qu’il pouvait absorber dans l’instant. Il se laissa glisser le long du mur, genoux contre menton et secoua la tête. Non il n’allait pas bien. Et il répéta le mouvement. Non il ne pouvait pas entrer dans la maison d’un autre, aussi tentant que cela puisse l’être, et la souiller de sa présence. Recroquevillant ses orteils à l’intérieur des chausses qu’il portait, il se tassa sur lui-même en voyant avec angoisse l’eau gagner du terrain sur son abri de fortune. Les élancements de son estomac devenaient des aiguillons de torture. Sa gorge se serra et il hoqueta.

« Moi chien sale. Chien dehors. »
Il espérait que ce qu’il disait avait un sens. Il ne connaissait que des balbutiements d’italien et son anglais était à hacher au couteau. Et puis, il avait trop peur de sortir de sous la corniche.

« Namasté. » Qu’il souffla, sourire blanc et tremblant sur face noire de crasse.

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Sujet: Re: Friendship in odds ways | Auguste&Laks   Jeu 1 Juin 2017 - 12:02
Mon rire un brin méprisant résonne dans ton crâne. Lui, un chien ? Non, un chien aurait plus de dignité. Mais tu veux être gentil, Auguste, tu fais semblant de ne pas m’entendre, tu fais semblant de ne comprendre que le fumet qui agresse nos narines provient de ce type et non pas des poubelles avoisinantes. Je te pousse à remettre ta veste sur tes épaules avant que tu choppes la mort, je te pousse à partir, le garçon n’est pas comme nous, il n’est pas de la meute, tu n’as pas à en prendre soin. Mais ton empathie déréglée est excitée par la détresse du type si bien que tu as l’impression de faire qu’un avec. Tu dois le sortir de là, le mettre en sécurité, tu dois vous sortir de là. Namasté ? Namasté ? Ça sonne japonais, mais Chien n’a pas vraiment une tête asiatique. Tu ne parles pas très bien anglais,une langue qu’il pourrait comprendre, les religieux qui t'ont fait les classes n'étant pas vraiment porté sur la globalisation. Par contre, tu es capable de traduire en moins de deux minutes un texte latin.
« - Tu n’es pas un chien, tu es un… humain. »
Ou un sorcier, mais ils sont habituellement plus débrouillards que ça. Eux aussi travaillent en meute. Chassant l’horreur que cela créer en toi, tenant toujours ton blouson au dessus de vous, tu déposes ta main sur son bras. Il est brûlant, pas chaud mais brûlant. Il est sûrement malade. Il va peut-être mourir. Tu me sens déçu, la viande morte à moins de saveur. Doucement, tu tapotes avec maladresse son bras, voulant faire disparaître les vaguelettes de peur qui l’habite.
« - On pourra te soigner, chez moi, j’ai de l’aspirine. Et de la nourriture. »
Nous nourrir. Le frigo et les placards sont vides mais il doit rester les tupperwares que Tatiana t’a fait, l’un de ces jours où elle s’inquiétait pour toi. La vision d’une assiette débordante de lasagnes juteuses t’emplie d’effroi et d’excitation. Faim, tu as faim, tu meurs de faim, il faut que tu manges, tu as besoin de manger. Lui aussi, il a besoin de manger, il a presque autant la peau sur les os que toi.  
« - Tu vas pas aller mieux en restant tout seul dehors. »
Bien que lente, ta voix se fait pressante. Tu veux ces lasagnes, tu les veux en toi. Tu récupères tes doigts tremblants de son bras, les recroquevillant contre ton torse cave. Tu voudrais le supplier, le supplier de le suivre, de venir manger avec lui, de ne plus être seul, de ne plus avoir peur. Mais vous êtes bloqués, il n’y a plus rien à faire. Juste attendre. Espérer.

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