Portami via | Calliope & Giorgio

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[titre de mon champ]: OSSATURE: : 34 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : En couple avec Calliope Tinovia. Et papa dans quelques mois... Un défi de taille qui l'attend, mais il n'est pas sûr d'y être prêt. [titre de mon champ]: BESOGNE: : Prof d'Histoire de l'Art (particulier), qui essaye de reconstruire sa vie après sa sortie de prison début mars, où il a passé cinq longues années pour avoir tué trois personnes sous l'effet du sang de vampire, qu'il consommait à l'époque sans se douter que ce n'était pas une drogue comme les autres. Héritier d'une famille aristocratique tyrolienne, il a été renié par son père à cause de ses déboires. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : Longtemps ignorant, Giorgio a découvert que les monstres existent réellement, que les mortels tels que lui sont en danger sans même s'en rendre compte. Le blond s'est récemment fait mordre par un vampire, frôlant la mort. Plus que jamais, la menace est devenue tangible à ses yeux, la peur le guette une fois la nuit tombée. Les monstres existent, personne n'est réellement en sécurité. [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Humain, proie potentielle. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Dan Stevens by Ultraviolences (c) [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 2800 [titre de mon champ]: PACTE: : 02/01/2017



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Sujet: Portami via | Calliope & Giorgio   Sam 6 Mai 2017 - 4:14


❝Portami via❞
Calliope & Giorgio
Le voyage avait été long. Très long même. Plus de sept heures de route, pour être plus précis. Calliope et Giorgio s'étaient levés tôt, histoire de pouvoir profiter du reste de la journée en arrivant à Glorenza, quittant ainsi la capitale pour quelques jours, loin de l'agitation romaine. Bien entendu, ils n'avaient pas fait ce voyage juste pour changer d'air. Le professeur d'Histoire de l'Art avait prévu d'aller rendre visite à son père, de faire un pas vers la réconciliation. C'était dur après dix-sept ans d'éloignement, c'était effrayant... Impossible de le nier. Surtout que le moment fatidique approchait à grands pas, désormais qu'ils étaient arrivés. Mais Giorgio essayait de ne pas trop y penser. Sans grand succès, parce que ces pensées finissaient toujours par envahir son esprit. Mais au moins, il n'était pas seul. Calliope était là, avec lui, dans la petite ville médiévale où le blond était né.

Les deux jeunes gens marchaient à présent dans les rues de Glorenza. Ils avaient garé la voiture quelques mètres plus loin, à l'intérieur des murailles qui entouraient la ville historique. Depuis qu'il était descendu de la voiture, les yeux du Tyrolien brillaient de fascination, de contentement. En fait, cela avait commencé dès qu'il avait reconnu les paysages de la vallée, les montagnes qui l'entouraient. Cela faisait si longtemps qu'il n'était pas revenu dans ses parages. Depuis dix-sept ans, oui. Depuis qu'il avait quitté la ville minuscule pour s'installer à Bolzano, loin de son paternel qui le blâmait pour la mort de sa femme, sa mère Kathrin. Mais en ce moment, ce n'était pas à cela que l'ancien détenu pensait. Il observait les rues, les maisons, les moindres détails. Glorenza n'avait pas énormément changé, toujours aussi petite, serrée à l'intérieur des murailles, toujours aussi médiévale. Il y avait pas mal de monde ici, mais, dans le même temps, la tranquillité berçait toujours les rues étroites de la cité. Giorgio glissa sa main dans celle de Calliope, avant de regarder la brune.

« Eh bien... Bienvenue dans ma ville natale ! C’est moi, ou est-ce que ça a valu le long voyage ? »

Dit-il, tout en étirant un sourire sincère. Il était fatigué, mais heureux. Glorenza lui semblait encore plus belle que dans ses souvenirs, curieusement. Peut-être parce qu'il la redécouvrait maintenant, comme si c'était la première fois qu'il mettait les pieds ici. Le campanile se fit entendre, il était quinze heures. Le soleil tapait particulièrement fort en ce moment, tellement que Giorgio décida de s'arrêter à l'ombre, sous un arbre. L'homme entoura la Piémontaise de ses bras, l'attirant contre lui.

« J'suis content d'être là après toutes ces années... J'suis content d'être là avec toi. Je crois que je n'aurais jamais osé revenir à Glorenza sans toi, au fait... »

Un léger rire franchit la bouche de l'ancien aristocrate, puis il poussa un discret soupir. Il pensait à son père, aux retrouvailles qui approchaient. Autant son retour à Glorenza lui faisait plaisir et lui rappelait de beaux souvenirs, autant l'idée de retrouver Mario Reppucci après toutes ces années l'angoissait. Il avait presque envie d'oublier cette stupide idée de réconciliation et de se contenter simplement de profiter de la région avec Calliope. Ils pouvaient parfaitement rester dans un petit hôtel, ici ou dans un village voisin, rien ne les obliger à se diriger vers le manoir où il avait grandi et dont il n'avait jamais réellement parlé à l'Italienne.

« Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée d'aller voir mon père. »

Il ne l'avait pas appelé pour prévenir son géniteur qu'il venait ici. Il n'avait pas osé le faire, le mettre au courant de son intention de renouer avec lui. Mais débarquer à l'improviste ne le rassurait pas non plus. Et si son père le rejetait à nouveau ? Et s'il l'accusait encore, s'il lui montrait à nouveau à quel point il avait honte de lui ? Giorgio était déjà passé par là, il en avait déjà assez souffert. Il ne voulait pas revivre ça. Pas maintenant qu'il allait mieux, qu'il était heureux avec Calliope. Il ne voulait pas lui permettre de le blesser encore, de le détruire comme il l'avait fait la dernière fois.

« A vrai dire... je suis terrifié à l'idée de le revoir. Il ne s'attend même pas à me voir... Peut-être que j'aurais dû l'appeler avant de venir, j’sais pas... J’suis affamé, bon sang ! »

Dit-il avec un sourire amusé, essayant de balayer le sujet. Mais cette fois-ci, cela allait être impossible, il le sentait.


© Pando

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Piccola anima, che fuggi come se fossi un passero spaventato a morte. Qualcuno è qui per te. Se guardi bene, ce l'hai di fronte. Fugge anche lui per non dover scappare. Se guardi bene, ti sto di fronte. Se parli piano, ti sento forte. Quello che voglio io da te, non sarà facile spiegare. Non so nemmeno dove e perché hai perso le parole. Ma se tu vai via, porti i miei occhi con te. Piccola anima, tu non sei per niente piccola. ~ Beerus (c)
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[titre de mon champ]: OSSATURE: : Vingt-sept années [titre de mon champ]: CONTRAT: : En couple avec un ex-drogué, ex-détenu, tueur, et qui s'inquiète de tout ♥.... Et enceinte ♥ [titre de mon champ]: BESOGNE: : Assistante Vétérinaire, autrement dit larbin de vétérinaire. Ou aussi sa seconde paire de main. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : Je suis au courant pour le surnaturel, les monstres, les créatures... Appelez-les comme vous voulez. Je sais comment le monde qui m'entoure est dangereux. Mais tout n'est pas noir. Je sais aussi que certaines créatures surnaturelles ne nous veulent pas de mal... Pas plus qu'un humain lambda en tout cas. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Ashley Greene, ©Little Juice [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 1962 [titre de mon champ]: PACTE: : 29/01/2017



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Sujet: Re: Portami via | Calliope & Giorgio   Lun 8 Mai 2017 - 22:41

Portami Via
Giorgio & Calliope

Je regarde le paysage défiler devant mes yeux. La ville laisse doucement place à la campagne, qui commence à être de plus en plus vallonnée, au fur et à mesure que les kilomètres passent. Les heures passent aussi. Je ne sais pas depuis combien de temps nous sommes partis de Rome. Peut-être déjà trois ou quatre heures. Je sens la tension en Giorgio. Je pose ma main sur la sienne pour lui montrer que je le soutiens. Je sais que l’épreuve qui l’attend ne sera pas simple. Mais je suis persuadée qu’elle se passera bien. La rencontre avec son père. Paternel non revu depuis dix-sept années, depuis la mort de la mère de l’Italien, depuis les coups reçus du vieil homme. Mais je sais que ça se passera bien car j’ai eu le culot d’appeler la demeure familiale avant de venir. J’ai trouvé le numéro plutôt facilement. Je n’en ai rien dis à mon petit ami. Je ne sais pas comment il l’aurait pris. J’ai juste appelé pour jauger la situation, m’assurer que ce n’était pas une erreur d’y aller. Je ne voudrais pas que Giorgio regrette… Mais je suis tombée sur un père surpris, ne s’attendant pas à tel appel de la part de la copine de son fils, d’une inconnue, mais il fut… Agréablement surpris en fait. Enfin, c’est ce qu’il m’a semblé au téléphone. Je pense vraiment qu’il a envie de renouer avec son fils. J’espère que ça se passera aussi bien en vrai qu’au téléphone…

Les paysages défilant sous mes yeux m’hypnotisent et ont raison de moi. Je finis par m’endormir un petit moment. Lorsque je me réveille, nous sommes presque aux portes de la petite cité. Glorenza. A peine arrivée, je suis déjà sous le charme. Giorgio n’avait pas menti, il l’avait parfaitement dépeint. C’était même encore plus joli en vrai que ce que j’imaginais. La petite ville avait vraiment un air médiéval, on ne peut que s’y sentir bien. Je remarque les yeux brillant de Giorgio. Les miens doivent avoir la même expression, mais de découverte. Je lui prends la main, et nous déambulons doucement dans les rues pavées. Je prends le temps de regarder chaque détail, chaque maison, chaque fleur. Effectivement, ça valait les sept heures de trajet. Heureusement pour moi, les sept heures s’étaient d’ailleurs déroulées sans encombre. Je suis en pleine périodes de nausées, ça aurait été embêtant si ça m’avait pris en voiture… Je me sens bien pour le moment, mais je ne sais jamais trop quand ces satanées nausées pointent le bout de leur nez… Apprendre la nouvelle de ma grossesse n’a pas été simple au début. Mais finalement, je me suis maintenant faite à l’idée de devenir maman. Je l’accepte. Et le fait que Giorgio soit toujours à mes côtés, qu’il me soutienne, m’aide grandement. Le campanile annonce quinze heures. Mon petit ami s’arrête à l’ombre d’un arbre, et me prend dans ses bras. Je souris, heureuse de le voir si bien.

« Je suis tout aussi heureuse d’être là avec toi. C’est vraiment magnifique, et je comprends pourquoi cette ville te manquait… »

Je vois son léger soupir. Je vois l’inquiétude qui revient dans son regard. Il repense à son père. Il m’avoue qu’il n’est plus sûr que voir son père soit une bonne idée. Je le sens reculer psychiquement. Il essaie encore de retarder le moment fatidique. Je me défais un peu de son étreinte pour poser mes mains sur ses bras, et mon front sur le sien. Il ajoute, avant que je ne puisse dire quoique ce soit, qu’il était terrifié, qu’il aurait peut-être du appeler avant. Et aussitôt, il essaie de balayer le sujet, en clamant sa faim. Je souris, mais ne lâche pas l’affaire.

« Il doit bien y avoir à manger chez ton père, non ? Hé, ça va bien se passer, je te le promets… Et si ce n’est pas le cas… Il subira la colère d’une femme enceinte, et nous irons nous balader, laissant le passé derrière nous. Mais ça se passera bien. L’instinct féminin ne se trompe jamais ! »

Je l’embrasse, puis lui reprend la main. J’attends qu’il me montre le chemin, qu’il m’emmène vers la demeure familiale. Je ne lui laisse pas trop le choix à vrai dire. Parce que je sais que si je ne le pousse pas un peu, il n’ira pas. Et ce serait vraiment dommage. Il se poserait toujours la question de savoir si son père veut renouer avec lui ou pas, et ça serait encore pire. Au moins là, il sera fixé.

© HELLOPAINFUL



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« Oh you can't tell me it's not worth tryin' for, I can't help it there's nothin' I want more, I would fight for you, I'd lie for you, Walk the wire for you, I'd die for you. You know it's true, Everything I do, I do it for you » by Wiise


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[titre de mon champ]: FABLE: : Longtemps ignorant, Giorgio a découvert que les monstres existent réellement, que les mortels tels que lui sont en danger sans même s'en rendre compte. Le blond s'est récemment fait mordre par un vampire, frôlant la mort. Plus que jamais, la menace est devenue tangible à ses yeux, la peur le guette une fois la nuit tombée. Les monstres existent, personne n'est réellement en sécurité. [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Humain, proie potentielle. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Dan Stevens by Ultraviolences (c) [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 2800 [titre de mon champ]: PACTE: : 02/01/2017



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Sujet: Re: Portami via | Calliope & Giorgio   Mar 9 Mai 2017 - 16:04


❝Portami via❞
Calliope & Giorgio
Les souvenirs le heurtaient de plein fouet. De bons souvenirs pour la plupart, mais aussi des mauvais. C'était inévitable. C'était ici, dans cette minuscule ville médiévale, que sa vie avait commencé. Et c'était ici que le premier gros tournant dans sa vie avait eu lieu, surtout. Giorgio avait tué involontairement sa mère, la faisant tomber dans les escaliers alors qu'ils se disputaient. Il était un adolescent, il était un gosse rebelle qui ne voulait pas qu'on le contrôle, qu'on lui impose des règles. Un adolescent comme un autre. Il n'avait pas encore l'étoffe pour supporter ne serait-ce que la perte de sa mère... Alors comment aurait-il pu supporter le fait de l'avoir tuée lui ? Comment aurait-il pu supporter le fait d'avoir brisé sa famille ? La culpabilité s'était installée au fond de lui et, pendant tout ce temps, l'avait rongé de l'intérieur, avait ouvert la voie à sa décadence dans les années qui avaient suivi.

Il était ravi d'être à Glorenza, de retrouver ces beaux paysages, de se rapprocher de son enfance, de ces années heureuses où il avait pu profiter de sa famille et de sa propre innocence. Il était ravi d'être là avec Calliope, de se sentir soutenu. Il était ravi d'avoir eu le courage de faire ce qu'il n'aurait jamais pensé faire. Mais ce courage vacillait désormais. La perspective de rencontrer son père, de le regarder en face, de lui parler, c'était terrifiant. Cet adolescent brisé par sa culpabilité, cet adolescent que la Justice avait épargné mais qui ne s'était jamais réellement épargné lui-même, était toujours là au fond de lui, et il était terrifié. Le blond ne voulait pas se faire rejeter par son père à nouveau. Il ne voulait pas qu'il le pointe du doigt, qu'il lui rappelle pourquoi il s'en était toujours voulu pendant la moitié de sa vie. Il ne voulait pas se sentir brisé à nouveau, alors que depuis deux mois Calliope était en train de l'aider à se redresser. Pour la première fois depuis longtemps, Giorgio était réellement heureux, il avait de l'espoir. Et ce malgré la découverte de l'existence des monstres. Le Tyrolien ne voulait pas replonger, ne voulait pas décevoir la jeune femme.

Le trentenaire finit par se confier, par lui dire ce qu'il avait sur le cœur. Il se détestait quand il montrait ainsi ses peurs, ses faiblesses, mais il savait qu'il pouvait compter sur la brune. Son front contre le sien, l'homme se perdit dans ses pensées pendant quelques secondes. Il était terrifié, oui. C'était ce qui arrivait quand on essayait d'affronter ses peurs, ses vieux démons. C'était inévitable d'avoir peur. Désormais, il n'avait pas le choix. Il était là, il fallait qu'il aille jusqu'au bout. Et si son père le rejetait... Eh bien, il l'oublierait. Pour de bon. Un fin sourire aux lèvres, le professeur regarda sa petite amie. Elle ne lui permettait pas de balayer si facilement le sujet, et quelque part, il en était content. Content et contrarié à la fois... Le parfait paradoxe.

« L'instinct féminin...Cette science mystérieuse et pourtant si fiable, hein ? »

La main de Giorgio se posa sur la joue de Calliope, tandis qu'il plongeait son regard clair dans celui de l'Italienne, puis glissa doucement le long de la joue de la brune.

« Il est temps d'affronter mes peurs... Pour toi. Pour moi. Pour... lui ou elle, qui arrivera dans quelques mois. Je peux le faire. Je vais le faire. »

Son regard était très sérieux. Comme si souvent, l'ancien prisonnier avait fini par se ressaisir après que Calliope l'ait rassuré. Comme s'il suffisait d'un simple regard, de quelques simples mots de sa part pour qu'il se sente invincible... Quel étrange pouvoir que celui de changer ce que jamais personne d'autre n'avait pu changer en lui. De toucher son âme comme jamais personne d'autre n'avait su le faire. Les lèvres de l'homme vinrent chercher celles de l'assistante vétérinaire, alors que sa main se glissait doucement dans sa nuque. Penser à ses peurs, à ses regrets, c'était inutile. Il fallait qu'il pense plutôt à ce qui le faisait avancer. A la personne incroyable qu'il avait à ses côtés. Au fait qu'en l'espace de deux petits mois, son monde avait complètement changé. Que son passé était derrière lui, surtout s'il continuait à aller de l'avant, à devenir celui que Calliope méritait. Le trentenaire rompit doucement le baiser.

« Il doit bien y avoir à manger chez mon père, j'imagine... Allons-y, avant que je ne change d'idées. »

Dit-il avec un sourire narquois, sa main toujours dans celle de la jeune femme. Puis il se mirent finalement en marche, direction la demeure familiale que Giorgio avait quittée depuis dix-sept ans déjà. Pendant le trajet, alors qu'ils marchaient dans les rues de la ville, le blond décida de changer le sujet, histoire de ne pas penser sans arrêt aux possibles réactions de son géniteur.

« Au fait... T'as déjà pensé à un prénom pour le bébé ? T'as une préférence... ? »

Après tout, il fallait bien qu'ils en parlent un jour, non ?


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[titre de mon champ]: FABLE: : Je suis au courant pour le surnaturel, les monstres, les créatures... Appelez-les comme vous voulez. Je sais comment le monde qui m'entoure est dangereux. Mais tout n'est pas noir. Je sais aussi que certaines créatures surnaturelles ne nous veulent pas de mal... Pas plus qu'un humain lambda en tout cas. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Ashley Greene, ©Little Juice [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 1962 [titre de mon champ]: PACTE: : 29/01/2017



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Sujet: Re: Portami via | Calliope & Giorgio   Mer 10 Mai 2017 - 10:40

Portami Via
Giorgio & Calliope

Je regarde un instant le paysage nous entourant. Les montagnes enneigées, au loin, me rappellent ma ville d’origine, Avigliana. Je me rends compte que cette vue me manquait, que mes parents me manque. Surtout en ce moment je suppose… Je ne les ai pas encore appelés pour leur annoncer la nouvelle de la grossesse. Je ne sais pas comment m’y prendre. Surtout que ça fait un petit moment que nous ne nous sommes pas parlé. Et puis je me vois mal leur annoncer une nouvelle pareille par téléphone… Il faudra que j’aille les voir aussi. Ou qu’ils viennent à Rome… Je les appellerai. Ouais… Dans quelques semaines. Je vais attendre encore un peu.

Giorgio m’avoue ses craintes de retrouver son père. Je le comprends. Mais je m’empresse de les balayer en le rassurant. Il faut y aller. Au moins, il sera fixé. Il pourra vivre pleinement, sans repenser au passé, ou du moins en y repensant moins. Il vient poser sa main sur ma joue, puis la fait doucement glisser. Je hoche la tête, convaincue, suite à ses paroles. Il va le faire, et ça va bien se passer.

« Je t’y traine de force si tu changes d’idée tout à coup ! »

Je rigole doucement. Bien sûr que je ne le forcerai pas. Pas si je sais qu’il n’en est pas capable en tout cas. Mais parfois, il suffit juste d’un petit coup de pouce pour y arriver. Nous nous remettons en marche, vers la demeure familiale donc. Quelques minutes plus tard, Giorgio décide de changer de sujet. Sa question me surprend quelque peu. Un prénom ? A vrai dire… Je n’y avais encore pas du tout pensé. Un prénom, ça rend tout de suite les choses plus concrètes, et je ne sais pas si j’étais vraiment prête avant. Et après… Je n’y ai pas réfléchis. Après tout, ça fait même pas un mois qu’on est au courant. Je le regarde, en secouant la tête.

« Non, je n’ai pas vraiment pris le temps d’y réfléchir… Je pense que j’y verrai plus clair quand on saura si c’est un gars ou une fille… Mais c’est vrai qu’on pourrait commencer à réfléchir, en prévision… Une préférence ? Je ne sais pas trop. Comme ça, j’ai l’impression que je n’en ai pas, mais j’ai fais un rêve l’autre jour. Enfin c’était plutôt un cauchemar à vrai dire, mais bon, ça n’a pas d’importance. Juste que… J’étais avec notre enfant, et c’était une petite fille. Alors peut-être que mon subconscient essaie de me faire comprendre que j’ai une préférence. Je ne sais pas trop. » Je lui souris, caressant sa main de mon pouce. « Et toi alors ? »

Nous continuons notre chemin, traversant les petites rues pavées de Glorenza. Je repense à ce cauchemar. Un vampire nous attaquait. Cette question de surnaturel revient toujours finalement. Même si on n’y pense moins souvent en ce moment, plongés dans le bonheur, elle reste bien là. Ce souvenir me fait aussi penser à Dante. Je n’ai pas dis à Giorgio que j’avais rencontré un vampire. C’est peut-être le moment ? Je l’écoute répondre à mon retournement de question sur les prénoms et sa préférence. Je laisse passer un petit instant, puis, quelques minutes plus tard, je reprends la parole.

« J’ai retrouvé quelqu’un l’autre jour… J’allais au salon de tatouage, et il s’est avéré que le tatoueur était en fait un ami de la famille… Je l’ai connu lorsque j’avais… Sept ou huit ans, quelque chose comme ça, à Avigliana. C’était un peu mon tonton de cœur si on peut dire… Ça m’a fait bizarre de le revoir, il n’a pas changé, en vingt ans… » Je fais une pause, regardant si Giorgio voit où je veux en venir. « J’ai découvert que c’était un vampire… Et il était déjà vampire à l’époque… Et il ne nous a jamais fait de mal… »

Je ne sais pas trop à vrai dire pourquoi je lui ai dis ça, dans quel but. Je ne veux surtout pas l’inquiéter, j’ai confiance en Dante. Mais ça me paraissait important qu’il soit au courant. On a l’habitude de tout se dire. Et puis je suis contente de l’avoir retrouvé.


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Sujet: Re: Portami via | Calliope & Giorgio   Sam 13 Mai 2017 - 2:27


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Calliope & Giorgio
Giorgio étira un sourire en coin lorsque Calliope dit qu'elle l'y traînerait de force si jamais il changeait d'idées tout à coup. Non, il ne faudrait pas en arriver là... Du moins, l'espérait-il. Ceci dit, l'homme savait que cela n'allait pas être facile. Il avait peur de ces retrouvailles. Mais il était temps qu'il parle avec son père, qu'il le regarde en face, qu'il lui dise ce qu'il avait à dire. Seulement, le blond aimerait être sûr que cela allait bien se passer. Savoir d'avance si c'était réellement une bonne idée de faire un pas vers son paternel ou non. Mais c'était impossible, et il le savait, alors il fallait prendre le risque, tout simplement. Pendant dix-sept ans, ils étaient restés loin l'un de l'autre, s'étaient haïs. Et peut-être que le trentenaire aurait pu vivre avec cette situation pendant quelques années encore, jusqu'à la mort de son géniteur. Néanmoins, Calli’ avait changé sa vie, l'avait changé lui. Et il allait devenir père à son tour. Cet enfant qui allait naître dans quelques mois n'y était pour rien s'il avait fait des conneries, s'il avait brisé sa propre famille et qu’il n'avait rien fait pour limiter les dégâts par la suite. Cet enfant méritait d'avoir la chance de pouvoir connaître son grand-père, de connaître la ville où son papa était né, où il avait grandi.

Il fallait donc qu'il fasse un effort. Qu'il ravale sa fierté et qu'il fasse ce qu'il avait toujours refusé de faire. Au pire, si son père le rejetait, il survivrait. Il ferait demi-tour et essaierait de profiter un peu de la région avec Calliope, histoire de pouvoir se dire qu'il n'avait pas fait tout ce chemin pour rien. Les minutes s'écoulèrent lentement, tandis que les deux jeunes gens marchaient dans les rues pavées de Glorenza. Soudainement, l'Italien changea de sujet, voulant chasser de son esprit, ne serait-ce que pour quelques minutes, ses retrouvailles avec son père. Ils n'avaient pas encore parlé de prénom pour le bébé. Ce qui n'était pas réellement étonnant, puisqu'ils ne savaient toujours pas s'ils attendaient une fille ou un garçon. Calliope le regarda d'un air visiblement surpris. Ouais, cette question sortait de nulle part et elle n'y avait pas encore pensé, mais bon... Rien ne les empêchait de commencer à en parler, même si c'était encore tôt.

« Moi non plus, je n'y avais pas encore réfléchi... J'sais pas, je viens d'y penser tout d'un coup. Mais t'as tout à fait raison, on a encore le temps, fort heureusement. Mais dis-moi, tu crois vraiment que ce sera une fille ? Que c'était ton subconscient qui essayait de te dire la vérité ? Ton cerveau serait-il déjà au courant depuis tout ce temps, le vilain... contrairement à nous ?! Quel culot ! Dis-lui que je suis curieux de savoir, hein ! »

Dit-il avec un sourire taquin aux lèvres. Il ne saurait dire si c'était réellement son subconscient qui lui envoyait des signes. Peut-être bien... Ou peut-être pas. De toute façon, ils ne le sauraient que lorsque l'échographie leur permettrait de savoir s'il s'agissait effectivement d'une fille ou d'un garçon. Finalement, Calliope lui retourna la question, alors qu'il arborait toujours ce sourire. Pensif, le professeur se gratta le menton. Il avait encore du mal à s'imaginer en tant que père, que ce soit d'un petit garçon ou d'une petite fille. Il n'y arrivait pas vraiment, tout simplement. Mais en même temps, il ne fallait pas non plus oublier qu'il y a trois mois à peine, le Tyrolien était encore en prison. Les choses s'étaient enchaînées à une vitesse incroyable depuis sa sortie et le trentenaire ne pouvait s'empêcher de se sentir parfois dépassé.

« Ma préférence ? Eh bah... Un garçon ! Ce serait cool un petit ragazzo, quand même ! Mais si c'est une fille, crois-moi, je serai heureux aussi. Fille ou garçon, je veux juste être un bon père. Même si je ne sais pas vraiment comment m'y prendre. En fait, l'idée d'être père m'effraye toujours. C'est peut-être bon signe, ça veut dire que je ne prends pas ça à la légère. »

Un petit sourire en coin prit place sur les lèvres de l'ancien prisonnier. Il n'avait jamais réellement pensé à devenir père, il n'avait jamais été particulièrement doué avec les enfants... Alors Giorgio avait l'impression que le monde de la paternité ne lui disait rien, que ce n'était pas pour lui. Comment pourrait-il savoir s'il ferait un bon père ? Comment pourrait-il être sûr qu'il pouvait faire mieux que son propre père ? Bon, il voulait bien y croire quand même. Il savait ce que cela faisait que de se faire mépriser et haïr par son propre père. Jamais il n'oserait imposer ça à son enfant. Le blond tourna la tête vers Calliope lorsqu'elle lança un autre sujet. Les paroles de la brune attirèrent son attention. Il ne savait pas qu'elle était allée à un salon de tatouage récemment, tiens. Et encore moins que le tatoueur en question était un ami de la famille, son tonton de cœur, comme elle disait. Néanmoins, ce qui l'intrigua réellement, ce fut le fait que, selon sa petite amie, ce dernier n'avait pas changé en vingt ans. Son regard croisa celui de la Piémontaise. Est-ce qu'il n'avait pas changé... littéralement ? Comme un... Giorgio ouvrit la bouche pour lui poser la question. Ses yeux le firent pour lui, finalement. Puis Calliope prononça les mots qu'il redoutait. J’ai découvert que c’était un vampire. Apparemment, il l'était déjà à l'époque et ne leur avait jamais fait du mal, que ce soit à elle ou à sa famille. Mais le mot qui résonnait le plus fort dans la tête du jeune Reppucci, c'était bien le mot 'vampire.

« Un vampire ? Et... tu lui fais toujours confiance maintenant que tu sais que c'est un vampire ? Enfin, comment tu l'as su ? C'est lui qui te l'a dit ? Tu devrais te méfier, Calli... T'as vu ce que ces créatures sont capables de faire... »

Les sourcils de l'ancien aristocrate se froncèrent malgré lui. L'idée qu'elle se rapproche d'une créature pareille ne le rassurait pas du tout, même si Calliope soulignait le fait que c'était son tonton de cœur et qu'il ne s'en était jamais pris à elle. Continuant de marcher dans les rues étroites de la ville, les deux amoureux finirent par arriver quelques minutes plus tard devant le grand manoir de la famille Maier, qui appartenait aujourd'hui à Mario Reppucci. Giorgio s'arrêta devant la grande porte, observant la demeure familiale. Dix-sept ans plus tard, il était enfin de retour... Curieusement, le manoir lui semblait un peu moins grand que dans ses souvenirs, même s'il restait tout de même assez imposant.

« Et voilà, on y est... T'es prête ? »

Et lui, est-ce qu'il l'était ? Non, clairement pas. Mais il ne le serait jamais, de toute façon, donc c'était inutile d'attendre davantage. Ainsi, l'Italien toqua à la porte, avant de se reculer instinctivement, comme s'il craignait qu'un chien ne sorte de l'intérieur pour le mordre. Son cœur battait à tout rompre, ses mains étaient moites et froides. Putain, il n'était vraiment pas prêt. Heureusement, ce ne fut pas son père qui vint ouvrit la porte, mais plutôt une vieille dame, qui s'adressa à lui en allemand, le regardant pendant quelques secondes, sans réellement le reconnaître. Puis ce fut le déclic, lorsque Giorgio lui répondit, toujours en allemand.

« C'est moi, Gertrud. Giorgio. »

La vieille gouvernante porta une main à sa bouche, avant de pousser un léger cri et de s'avancer vers lui. Le trentenaire ne saurait dire si elle était en train de rire ou de pleurer en ce moment. Peut-être un peu des deux. Lui, il souriait de plus belle. Oh Gertrud, qu'est-ce qu'elle lui avait manqué. L'homme s'approcha de la vieille dame pour aller la prendre dans ses bras. La pauvre Gertrud ne pouvait plus cacher son émotion.

« Mon beau et gentil garçon ! Je savais que tu reviendrais. Oh, quelle joie ! Je savais que je ne mourrais pas sans te revoir... Mon petit Giorgio ! Mon beau garçon ! »

Bon, maintenant elle ne semblait plus vouloir le lâcher... Giorgio poussa un léger rire, tout en déposant un baiser sur la joue de Gertrud.

« Je suis content de te retrouver, Gertrud. Mais tu peux me lâcher maintenant, sinon cette jeune femme derrière moi va être jalouse. »

Cette fois-ci, Gertrud remarqua enfin que Calliope était là. La pauvre, elle n'avait probablement rien compris de leur petite conversation en allemand. C'était dans ce genre de moment qu'on pouvait se rendre compte que Giorgio ne venait pas d'une région comme les autres, le Haut-Adige était une région germanophone et autonome.

« Gertrud, je te présente Calliope. Calliope, voici Gertrud, notre gouvernante. »

Dit-il, cette fois en italien, pour ne pas que sa petite amie se sente un peu exclue. Gertrud répondit en italien elle aussi, mais avec un lourd accent allemand. Un accent que Giorgio n'avait plus, puisqu'après quinze ans à Rome sans parler allemand il s'était progressivement effacé.

« Enchantée, mademoiselle. Ah, Giorgio... Elle est belle, très belle ! Dit-elle en souriant. Le professeur fit de même, avant de regarder Calliope. « Entrez, s'il vous plaît, entrez ! Je vais appeler Monsieur Reppucci. »

Le moment fatidique approchait dangereusement. Giorgio attrapa la main de Calliope, puis entra dans le manoir, tout en prenant une profonde inspiration.


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[titre de mon champ]: FABLE: : Je suis au courant pour le surnaturel, les monstres, les créatures... Appelez-les comme vous voulez. Je sais comment le monde qui m'entoure est dangereux. Mais tout n'est pas noir. Je sais aussi que certaines créatures surnaturelles ne nous veulent pas de mal... Pas plus qu'un humain lambda en tout cas. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Ashley Greene, ©Little Juice [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 1962 [titre de mon champ]: PACTE: : 29/01/2017



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Sujet: Re: Portami via | Calliope & Giorgio   Dim 14 Mai 2017 - 22:44

Portami Via
Giorgio & Calliope

« Je ne sais pas trop si mon subconscient essayait de me montrer le sexe de notre enfant, ou s’il essayait juste de me dire que j’avais une préférence pour une fille, sans que j’ose me l’avouer… »

Je l’écoute me répondre, après un petit instant de réflexion. Une préférence pour un garçon ? Je souris doucement. Je n’ai aucun doute sur le fait que cet enfant, non attendu à la base, soit entouré d’amour. La nouvelle a été violente. On a haussé le ton, pour la première fois. Mais finalement, on s’y attache vite. Et je pense que ça sera encore pire après la première échographie. Ce sera le moment où tout deviendra vraiment… Réel. On réalisera mieux. On se projettera plus, certainement. Moi non plus je ne sais pas trop comment m’y prendre pour le moment. J’ai toujours eu le contact facile avec les enfants. Mais ce n’est pas la même chose quand c’est le sien. Je ne me sentais pas prête à être maman. Avant de retrouver Giorgio, je ne me posais jamais réellement. Je n’ai jamais eu de relation sérieuse avant lui. Que des coups d’un soir. Certains duraient plusieurs soirs. Mais rien de sentimental. Rien de sérieux. Alors… Tout a été très vite pour une première relation. Trop vite peut-être, mais tant pis. Maintenant qu’il est là, je l’aime déjà cet enfant. On se débrouillera, on y arrivera. Ce ne sera certainement pas facile tous les jours, mais je crois en nous. A deux, on est plus forts. On se relève mutuellement. On se soutient constamment.

« Je ne doute pas de toi. Tu seras un très bon père. Les gestes viendront naturellement je pense… »

Nous continuons notre chemin dans les rues de Glorenza. J’admire les rues et les maisons fleuries. J’aime ces petits villages tout en pierres, au style historique. Je lui avoue tout à coup ma rencontre avec Dante. Vieille connaissance du temps d’Avigliana, de mon enfance. Tonton de cœur qui m’a vu grandir pendant deux petites années, mais que je n’ai jamais oublié. Joie de le retrouver par hasard dans ce petit salon de tatouage, où aucun rayon de soleil ne traverse la devanture. Stupeur à la vue de son physique, resté inchangé alors que vingt années séparent nos dernières rencontres. Suceur de sang, mais je lui fais pourtant confiance. Je ne me vois pas faire autrement, surtout sachant qu’il était déjà un vampire à l’époque. Je sais que je ne crains rien avec lui. Peut-être aussi que je m’en persuade.  Mais à vrai dire, lui que je considère comme un membre de la famille… Cela fait du bien de l’avoir à mes côtés. Bien sûr que Giorgio est ma nouvelle famille aussi. Mais, avec Dante c’est différent. C’est comme si un petit bout de mes parents était avec moi. Je vois l’inquiétude dans le regard de Giorgio. Je le comprends, lui, ne connait pas Dante. Pour lui, c’est un vampire, c’est tout. Je caresse doucement sa main, pour le rassurer.

« Oui je lui fais confiance. Je l’ai deviné, qu’il était un vampire. Son physique n’a pas changé d’un iota en vingt ans. Et la vitrine de son salon de tatouage est peinte de telle manière à ce que le soleil ne traverse pas. Et il me l’a confirmé. Ça m’a fait un choc, mais j’ai confiance en lui. Il aurait pu m’attaquer, il ne l’a pas fait. Tout comme il ne l’a pas fait il y a vingt de cela, alors que je n’étais qu’une enfant. Je te le promets, amore mio, que je resterai vigilante quand je le verrai. Je te le présenterai aussi, tu pourras te faire ton idée. »

Nous arrivons finalement devant une grande demeure. Le manoir familial certainement. Je ne sais pas vraiment à quoi je m’attendais, mais… Pas vraiment à ça en fait. Je trouve la demeure immense. Moi qui ai grandi dans une petite maison accolée à la bergerie des mes parents… Je ne suis pas habituée à cela. Giorgio me confirme que c’est bien ici. Il me demande si je suis prête, je lui souris.

« C’est plutôt à toi qu’on devrait le demander… Ça va bien se passer ! »

Il ne le dit pas cette fois, mais je sens son appréhension. Je lui lâche la main pour qu’il aille toquer à la porte. Mais je ne suis pas loin, je reste à quelques pas de lui. Il me rejoint d’ailleurs, en reculant un peu. Je pose ma main sur son dos, lui montrant mon soutien. Je ne veux pas l’abandonner, surtout pas maintenant. Je lui ai promis que je serai là, je suis là. Je ne me vois pas être ailleurs en fait. La porte finit par s’ouvrir. Ce n’est pas un homme qui ouvre, ce n’est pas le père de Giorgio. C’est une dame, plutôt âgée. Je suis surprise de ne pas comprendre ses propos. Je crois identifier de l’allemand. C’est vrai que nous ne sommes pas très loin de la frontière ici… Mais je ne m’attendais pas à entendre de l’allemand. Le Haut-Adige est une région que je ne connais pas tellement. Je ne savais même pas que Giorgio parlait allemand à vrai dire. Je ne comprends rien à ce qui se dit, mais la vieille dame semble émue. Je vois mon Italien sourire de plus belle. Je suis heureuse de le voir comme ça. Il semble libéré pendant un instant. Il prend la femme dans ses bras. Elle prend à nouveau la parole, dans un allemand que je ne peux traduire. Je reconnais juste le prénom de Giorgio. Je reste un peu en retrait, ne voulant pas gâcher ces retrouvailles. Je les laisse s’étreindre tranquillement. A la fin de cette étreinte, la vieille dame me regarde. Je souris doucement, faisant un petit signe de tête de salutation. Giorgio fait les présentations en italien cette fois. Je rougis légèrement à la réponse donnée par la gouvernante, dans un italien au fort accent germanophone.

« Enchantée madame. Merci pour le compliment. »

Je souris tendrement à Giorgio. Gertrud annonce qu’elle va chercher Monsieur Reppucci et nous invite à entrer. Mon petit-ami me reprend la main, et nous rentrons. Je lève les yeux pour observer le manoir sous tous les angles. Je regarde Giorgio, en souriant doucement.

« Dire que tu m’avais caché ça… »

J’entends soudain des bruits de pas assurés…

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« Oh you can't tell me it's not worth tryin' for, I can't help it there's nothin' I want more, I would fight for you, I'd lie for you, Walk the wire for you, I'd die for you. You know it's true, Everything I do, I do it for you » by Wiise


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[titre de mon champ]: OSSATURE: : 34 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : En couple avec Calliope Tinovia. Et papa dans quelques mois... Un défi de taille qui l'attend, mais il n'est pas sûr d'y être prêt. [titre de mon champ]: BESOGNE: : Prof d'Histoire de l'Art (particulier), qui essaye de reconstruire sa vie après sa sortie de prison début mars, où il a passé cinq longues années pour avoir tué trois personnes sous l'effet du sang de vampire, qu'il consommait à l'époque sans se douter que ce n'était pas une drogue comme les autres. Héritier d'une famille aristocratique tyrolienne, il a été renié par son père à cause de ses déboires. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : Longtemps ignorant, Giorgio a découvert que les monstres existent réellement, que les mortels tels que lui sont en danger sans même s'en rendre compte. Le blond s'est récemment fait mordre par un vampire, frôlant la mort. Plus que jamais, la menace est devenue tangible à ses yeux, la peur le guette une fois la nuit tombée. Les monstres existent, personne n'est réellement en sécurité. [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Humain, proie potentielle. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Dan Stevens by Ultraviolences (c) [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 2800 [titre de mon champ]: PACTE: : 02/01/2017



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Sujet: Re: Portami via | Calliope & Giorgio   Jeu 18 Mai 2017 - 14:42


❝Portami via❞
Calliope & Giorgio
L'homme hocha la tête lorsque la brune dit qu'elle ne doutait pas de lui, qu'il serait un très bon père, que les gestes viendraient naturellement. Il n'en était pas du tout sûr, mais peut-être bien que Calliope avait raison, que cela viendra tout naturellement. En tout cas, il allait falloir attendre encore quelques mois pour voir si elle avait raison ou non. C'était inévitable qu'il se pose des questions, Giorgio le savait pertinemment, mais il était également conscient qu'il valait mieux ne pas s'en poser tout le temps, pour le bien de sa santé mentale. Hélas, même s'il venait d'éloigner le sujet "serai-je un bon père", sa petite amie en lança un autre, qui ne le rassurait pas plus. Au contraire, même. Découvrir que le "tonton de cœur" de Calli' était un vampire, et qu'elle le faisait confiance malgré cela, ne le rassurait point, tout simplement.

La main de l'assistante vétérinaire caressait à présent la sienne, mais cela n'était pas suffisant pour l'apaiser, loin de là. L'Italienne lui dit qu'elle lui faisait effectivement confiance, avant de lui expliquer que c'était elle qui avait deviné pour sa nature vampirique, une nature que la créature lui avait confirmée. Une nature qui l'avait choquée, dont elle ne s'était jamais doutée, mais qui n'empêchait pas qu'elle lui fasse toujours confiance. Oui, il aurait pu l'attaquer, oui, il ne l'avait pas fait... Mais, et s'il perdait le contrôle un jour ? Comment être sûr qu'il ne s'en prendrait jamais à elle, ou pire encore, à leur enfant ? Au fond de lui, Giorgio savait qu'il était méfiant à l'extrême, qu'il s'attendait toujours au pire, même quand il n'y avait rien à craindre... Mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Peut-être que s'il rencontrait ce type, il comprendrait mieux pourquoi la jeune femme lui faisait confiance ? L'idée ne l'emballait pas tellement, mais pourquoi pas.

« D'accord. Mais oui, sois vigilante surtout. »

Sa main caressa le bras de Calliope, tandis qu'ils continuaient de marcher dans les rues de la ville médiévale. Au bout de quelques minutes, ils arrivèrent finalement devant le manoir familial, qui lui rappelait tant de souvenirs, bons et mauvais. Après une hésitation tout à fait normale, le jeune Reppucci toqua à la porte, puis la vieille gouvernante Gertrud vint ouvrir la porte. S'en suivit un long câlin qui démontrait à quel point ils avaient toujours été proches. Gertrud était un peu comme une tante, en quelque sorte, voire une deuxième maman, qui était toujours présente pour lui. Et oui, forcément, leurs retrouvailles, après toutes ces années, ne pouvaient qu'être intenses ; tellement intenses que la vieille dame en oublia Calliope. Giorgio se chargea alors de faire les présentations, en italien cette fois-ci, pour ne pas exclure la jeune femme de la conversation. Gertrud fit un compliment plus que mérité à sa petite amie, puis les invita à entrer.

Le blond était de plus en plus nerveux, sachant qu'il allait bientôt voir son père en face. Un tourbillon de sentiments l'agitait, le secouait dans tous les sens. Il était là, il ne pouvait plus empêcher le moment fatidique d'avoir lieu. Il fallait prendre son courage à deux mains et faire ce pourquoi il était venu. Les sourcils de l'ancien détenu se froncèrent, alors que son regard voyageait à l'intérieur de la demeure familiale. Les souvenirs affluaient, les émotions aussi. Giorgio se contenta d'adresser un sourire en coin à Calliope. Ils étaient en train de se diriger vers le salon, là où tout s'était produit. Son regard s'envola en direction des escaliers. Ils n'avaient pas changé. Comme pratiquement tout autour de lui. Il y avait de nouvelles œuvres d'art, de nouvelles toiles que son père avait achetées, mais à part ces petites différentes, c'était comme s'il avait fait un voyage dans le temps, dix-sept ans en arrière. Son cœur battait à tout rompre, il sentait le monde tanguer de plus en plus sous ses pieds. Le professeur particulier déglutit. Des bruits de pas se firent entendre. Le Tyrolien se retourna lentement. C'était lui. Leurs regards se croisèrent, les deux hommes se toisèrent pendant quelques secondes. Son père avait vieilli... Son visage lui semblait moins austère, plus amical. Tout l'inverse de la dernière fois où ils s'étaient vus.

« Giorgio. »

« Père. »

La tension était palpable. Ni le fils ni le père savaient exactement quoi dire ou comment réagir. La relation avait été brisée, c'était comme s'ils étaient deux inconnus. Et pourtant, ils se connaissaient depuis toujours... Et c'était en partie cela qui rendait ces retrouvailles aussi bizarres. Giorgio resta immobile, n'osant pas s'approcher de son géniteur. Ce dernier, quant à lui, prit le risque, s'arrêtant devant le blond. L'ancien prisonnier mourait d'envie de reculer. Pire encore, de faire carrément demi-tour.

« Tu lui ressembles tellement... »

Giorgio baissa son regard clair. Il était réellement mal à l'aise. Il ne savait pas quoi dire. A part l'insulter, l'agresser comme lui l'avait fait juste après la mort de sa mère. Il n'avait fait que le haïr depuis toutes ces années... Qu'est-ce qu'il était censé dire ? Parler de sa mère avec lui, comme si c'était un truc banal ? Désolé, mais il ne pouvait pas.

« T'as bonne mine toi aussi. »

Nouvelle pause dramatique, digne d'un film de suspense. Giorgio se demandait quoi faire maintenant... Puis soudain, une lumière s'alluma dans sa tête. Calliope. Voilà un très bon moyen de briser la glace entre son père et lui. Sa main froide vint chercher celle de la jeune femme. Ses yeux bleus croisèrent ceux de l'élue de son cœur.

« Papa, je te présente Calliope... La femme de ma vie, et la mère de ton futur petit-fils ou petite-fille. »

Bon... Ce n'était pas exactement comme ça qu'il comptait lui annoncer qu'il allait être grand-père, mais au moins il lui avait dit clairement dit à quel point Calliope était importante pour lui. Mario Reppucci porta les mains à sa bouche, avant de sourire. Cela avait marché, la tension négative avait été brisée. Pour le moment...

« Je... Je vais être grand-père ? Mais c'est une excellente nouvelle ! » Le paternel s'avança vers la brune, lui tendant sa main pour serrer chaleureusement la sienne. « Enchanté de vous rencontrer enfin, Calliope. Toutes mes félicitations ! Bienvenue dans notre maison et surtout, dans notre famille. »

Giorgio laissa un soupir soulagé s'échapper de sa bouche. Cette dernière phrase de la part de son père l'avait touché.

« Venez, asseyez-vous. Vous voulez boire quelque chose ? Un café, un thé... ? Mais quelle belle nouvelle, Giorgio ! Je suis content pour toi. Pour vous deux. Vous allez rester combien de temps ? Puis-je compter sur vous pour le dîner ? »

Dit-il en regardant Calliope, puis Giorgio. Le professeur avait toujours envie de faire demi-tour... Mais il avait l'impression que le courant passait plutôt bien entre son père et sa petite amie.


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[titre de mon champ]: FABLE: : Je suis au courant pour le surnaturel, les monstres, les créatures... Appelez-les comme vous voulez. Je sais comment le monde qui m'entoure est dangereux. Mais tout n'est pas noir. Je sais aussi que certaines créatures surnaturelles ne nous veulent pas de mal... Pas plus qu'un humain lambda en tout cas. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Ashley Greene, ©Little Juice [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 1962 [titre de mon champ]: PACTE: : 29/01/2017



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Sujet: Re: Portami via | Calliope & Giorgio   Ven 19 Mai 2017 - 11:00

Portami Via
Giorgio & Calliope

Gertrud semble vraiment ravie de revoir le jeune Tyrolien, et cela me parait réciproque. Je ne comprends rien à leur conversation, mais les gestes veulent tout dire. Giorgio repasse à l’italien, faisant les présentations. Un compliment de la part de la vieille dame me fait rougir, puis elle nous invite à entrer le temps qu’elle fasse venir Monsieur Reppucci. Ma main dans celle de mon petit-ami, nous entrons doucement. Mon regard navigue d’un coin à l’autre de la grande pièce. C’est magnifique. Je regarde Giorgio, stressé. Je vois son regard fixé quelque chose et le suit. Les escaliers… Certainement ceux où tout a basculé. J’essaie de m’imaginer la scène terrible qui s’est produite ici, mais je ne peux pas. Ces choses là ne s’imaginent pas, ne s’invente pas. Je pose simplement ma main sur le bras de mon bien-aimé, pour le soutenir dans cette épreuve.

Des bruits de pas se font alors entendre. Nous nous retournons vers leur provenance. Un homme s’avance vers vous. A voir le regard de Giorgio, et la façon dont il se tend, je devine que c’est bien son père. Ils semblent se toiser un instant. Mais Monsieur Reppucci ne semble pas en colère, bien au contraire. Il a cette expression amicale, celle que j’avais pu ressentir au son de sa voix au téléphone. Je pense sincèrement qu’il est content de revoir son fils. Il prononce d’ailleurs son nom, auquel Giorgio répond simplement par un « père ». Je me tiens légèrement en retrait, guettant la moindre réaction de chaque côté. Je ne parle pas. Je ne veux pas briser ces retrouvailles plutôt tendues. Le professeur ne bouge pas, tandis que son père s’approche de lui. Je retiens un instant mon souffle. Ne recule pas, Giorgio… Le vieil homme prononce la phrase tant redoutée. « Tu lui ressembles tellement ». Il n’a pas besoin de préciser de qui il parle, nous l’avons tous compris. La seule manquant au tableau, le sujet de toutes ces années d’éloignement. Je crains la réaction de Giorgio, mais il préfère ne pas rétorquer. Il lui répond seulement que lui aussi a bonne mine. Me rendant compte que je retenais toujours mon souffle face à toute cette tension, je reprends à respirer normalement. Le plus dur est fait je pense. J’espère. Au moins, il ne nous a pas mis à la porte.

Nouveau silence. Je les regarde à tour de rôle. Ni l’un, ni l’autre ne semble savoir que dire. Soudain, Giorgio se retourne vers moi, et me prend la main. Sa main est froide. Je lui souris, croisant son regard. Il me présente alors comme étant « la femme de sa vie » et la mère de son futur petit-fils ou petite-fille. Ses mots me font chaud au cœur, me touchent. Mais je suis aussi surprise. Je ne m’attendais pas vraiment à ce qu’il annonce la grossesse tout de suite, comme ça. Certainement une façon de briser la glace qui s’installait, une échappatoire. Et ça semble fonctionner car je vois le vieil homme porter les mains à sa bouche, souriant franchement. Je revois Giorgio dans cette expression. Le professeur particulier ressemble à sa mère aux dires de son père, mais il tient ses expressions, ses gestes, de son père à coup sûr. Cette façon de porter ses mains à sa bouche lorsqu’il est heureux, lorsqu’il est angoissé, lorsqu’il réfléchit. Je vois bien là le lien les unissant tous les deux. Son père annonce que c’est une excellente nouvelle et s’avance vers moi. Je lui souris, serrant la main qu’il tend vers moi. Ses paroles sont vraiment bienveillantes, sans aucune once de rancœur, ou de quelque hostilité que ce soit. Il me félicite, et me souhaite la bienvenue dans la maison, ainsi que dans la famille. La famille. Ce mot veut tout dire. Il considère toujours Giorgio comme de la famille, comme son fils. La colère semble réellement passée. L’heure est aux retrouvailles pures, et ça me soulage.

« Je suis enchantée de vous rencontrer aussi, Monsieur Reppucci. Et merci pour l’accueil. Il faudra patienter encore sept mois environ, mais oui, vous allez effectivement être grand père… Nous l’avons appris il n’y a pas longtemps… »

Le vieil homme nous invite à nous asseoir, nous demandant si nous voulons boire quelque chose.  Il renchérit sur la bonne nouvelle, vraiment heureux, puis enchaîne en nous demandant combien de temps nous comptons rester dans le coin. Je hoche la tête à sa dernière question, sans même attendre l’avis de Giorgio. Il faut qu’on reste, il faut qu’ils parlent. Je décide alors de lui répondre.

« Nous resterons dîner avec vous, oui. » Je regarde Giorgio d’un air appuyé, semblant vouloir dire ‘ne me contredis pas, c’est pour ton bien’, et reporte à nouveau mon attention sur son père. « Nous avons prévu de rester quelques jours, afin de profiter de la région. Enfin de la découvrir, pour ma part. C’est vraiment joli ici. » Je fais une légère pause, toujours en souriant, puis reprend. « Je veux bien un thé, s’il vous plait. »

J’attends ensuite que Giorgio parle. Puis son père s’absente un instant, certainement pour aller passer commande auprès des domestiques… Moi qui ne suis pas habituée à tout ça, ça me fait bizarre. Mais je ne dis rien. Je regarde Giorgio amoureusement, et profite qu’on ne soit que tous les deux pour le prendre dans mes bras.

« Comment ça va ? Tu vois, instinct féminin infaillible, ça s’est bien passé. »

Je le sens toujours tendu, raison pour laquelle je tente la rigolade. Je glisse un bisou dans son cou, et le regarde. Instinct féminin ouais… Plutôt un coup de fil en douce, mais bon, ça il ne le sait pas. Enfin j’espère qu’il n’a pas tilté au « enchanté de vous rencontrer enfin » de son père tout à l’heure. Je ne pense pas qu’il prendrait mal, mais mon instinct en prendrait un coup, et je ne pourrais plus jouer dessus, ça serait dommage…

« Alors comme ça au fait… Je suis la femme de ta vie ? » Je fais un sourire en coin, regard charmeur. « Ça tombe bien, je compte bien passer ma vie avec toi… » Je rigole doucement, puis j’entends des bruits de pas au loin qui se rapprochent. Je mets fin à l’étreinte avant que Monsieur Reppucci ne revienne, mais tiens encore la main de mon petit-ami dans la mienne.

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[titre de mon champ]: OSSATURE: : 34 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : En couple avec Calliope Tinovia. Et papa dans quelques mois... Un défi de taille qui l'attend, mais il n'est pas sûr d'y être prêt. [titre de mon champ]: BESOGNE: : Prof d'Histoire de l'Art (particulier), qui essaye de reconstruire sa vie après sa sortie de prison début mars, où il a passé cinq longues années pour avoir tué trois personnes sous l'effet du sang de vampire, qu'il consommait à l'époque sans se douter que ce n'était pas une drogue comme les autres. Héritier d'une famille aristocratique tyrolienne, il a été renié par son père à cause de ses déboires. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : Longtemps ignorant, Giorgio a découvert que les monstres existent réellement, que les mortels tels que lui sont en danger sans même s'en rendre compte. Le blond s'est récemment fait mordre par un vampire, frôlant la mort. Plus que jamais, la menace est devenue tangible à ses yeux, la peur le guette une fois la nuit tombée. Les monstres existent, personne n'est réellement en sécurité. [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Humain, proie potentielle. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Dan Stevens by Ultraviolences (c) [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 2800 [titre de mon champ]: PACTE: : 02/01/2017



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Sujet: Re: Portami via | Calliope & Giorgio   Dim 21 Mai 2017 - 15:36


❝Portami via❞
Calliope & Giorgio
Décidément, le courant semblait bien passer entre son géniteur et sa petite amie. Mario Reppucci semblait vraiment être ravi de la nouvelle qu'il venait d'apprendre, enchanté à l'idée d'être grand-père. La façon dont il accueillit la brune rassura néanmoins Giorgio, qui s'attendait déjà au pire. Ce qui n'était pas très difficile quand on avait tendance à être pessimiste depuis de nombreuses années et qu'on ne parlait plus avec son père depuis bien plus longtemps encore. Le blond étira un léger sourire en coin, toujours aussi tendu, laissant son père et l'assistante vétérinaire parler.

Le regard de l'ancien prisonnier erra dans le salon, puis finalement vers les escaliers. C'était probablement une mauvaise idée, mais le professeur particulier se demandait comment aurait été sa vie s'il ne s'était pas disputé avec sa mère ce jour-là. S'il ne l'avait pas faite tomber par accident. Il ne serait peut-être pas aussi brisé qu'il ne l'était aujourd'hui. Il n'aurait probablement jamais passé autant de temps en prison, n'aurait pas merdé comme il l'avait fait à de si nombreuses reprises... Peut-être qu'il n'aurait pas eu une vie parfaite, mais qu'au moins il n'aurait pas souffert autant. Mais il n'avait pas échappé à la souffrance, et dans le fond, c'était mérité à ses yeux.

Le Tyrolien suivit Calliope et son père, allant s'asseoir sur le canapé aux côtés de la jeune femme. Il tourna la tête vers la Piémontaise quand son père les invita à dîner et qu'elle accepta aussitôt, sans même lui avoir demandé son avis. L'Italienne le regarda à son tour, ne le laissant même pas s'y opposer. Giorgio détourna alors son regard, se sentant acculé. Une sensation qu'il détestait, mais qu'il ne pouvait s'empêcher de ressentir. Mais enfin, à quoi fallait-il s'attendre en venant ici, hein ? Maintenant, il fallait assumer. Cacher son mal-être et feindre un sourire poli, alors qu'en réalité il avait juste envie de bouder dans son coin ou, mieux encore, d'envoyer un verre contre le mur le plus proche. Un soupir discret franchit les lèvres du trentenaire.

« Moi je ne veux rien, merci. »


Non, il ne craignait pas vraiment que son père tente de le tuer en empoisonnant un café, mais l'idée de recevoir quoi que ce soit de sa part l'horripilait au plus haut point. Peut-être parce qu'il n'avait rien reçu tout au long de ces dix-sept dernières années, hormis de l'indifférence et du mépris. Alors bon. Les yeux clairs de l'Italien croisèrent ceux de son père, la tension se fit sentir encore une fois. Le vieux Reppucci hocha la tête, avant d'étirer un fin sourire et de se relever donner ses instructions à ses employés, ou bien pour ne pas avoir à le regarder en face plus longtemps. Quoi qu'il en fût, Giorgio n'allait pas s'en plaindre. Un lourd soupir s'échappa brutalement de la bouche de l'homme lorsque Calliope le prit dans ses bras, profitant du fait qu'ils soient seuls dans le salon. Comment il allait ? Pff, il ne saurait vraiment le dire. Mais oui, somme toute, ça s'était plutôt bien passé. Le blond eut un léger sourire en coin quand Calli' déposa un baiser dans son cou.

« Heureusement que ton instinct est infaillible, sinon je serais déjà en train de faire demi-tour. On n'en est pas encore venus aux poings, donc... ouais, on va dire que ça s'est bien passé. »

Le professeur passa ses bras autour de ceux de la brune. Il était fatigué, il avait tellement envie de fermer les yeux et de dormir. Le blond ne savait pas si c'était à cause du long voyage qu'ils avaient fait ou si c'était à cause de ces retrouvailles tendues, mais il se sentait épuisé. Pendant quelques secondes, Giorgio resta blotti contre Calliope, les yeux fermés, avant de les rouvrit et de se détacher légèrement. Son regard croisa celui de la jeune femme. Un sourire fleurit sur les lèvres du Tyrolien.

« Je pensais que tu le savais déjà ? N'avais-je pas encore été assez clair là-dessus ? »

Il savait qu'il ne l'avait jamais dit de cette façon, à voix haute. Aujourd'hui, il l'avait enfin fait, et il ne regrettait pas une seule seconde de l'avoir fait. Parce que c'était la vérité. La vie les avait rapprochés après toutes ces années, et Calliope lui avait tendu la main, l'avait sauvé. Il revivait réellement depuis quelques semaines, grâce à elle.

« Bonne chance pour me supporter pendant le reste de ta vie alors... J'espère pour toi que t'as une patience infinie, hein. »

Un léger rire s'échappa de la bouche du trentenaire. Il aimait Calliope, profondément. C'était la première fois qu'il ressentait cela envers quelqu'un, d'une façon aussi pure et intense. Alors vous me direz, il ne devrait pas avoir trop de mal à s'imaginer aux côtés de la jeune femme pour le reste de sa vie. Et pourtant, c'était le cas. Non pas parce qu'il ne l'aimait pas suffisamment, mais bien parce qu'il avait arrêté depuis longtemps de se projeter aussi loin. Pour pouvoir survivre, il avait appris à vivre au jour le jour. Désormais, avec ce bébé qu'ils allaient accueillir dans quelques mois, Giorgio était en train de réapprendre à faire des plans pour l'avenir, à se projeter quelques mois en avant... Mais il avait besoin de temps pour changer certaines habitudes, en espérant qu'elles pouvaient effectivement être changées. Cependant, le jeune Reppucci tut ses pensées, se contentant d'adresser un sourire à Calliope et de caresser son visage du bout des doigts.

Giorgio se redressa légèrement en entendant des bruits de pas. Il en avait presque oublié qu'il était chez son père, tiens. La main de Calli' toujours dans la sienne l'aidait heureusement à rester calme. Plus calme qu'il ne l'était avant que son père ne s'éclipse il y a quelques minutes, en tout cas.

« Un thé pour vous, Calliope... »

Le professeur regarda son géniteur. Il n'avait rien demandé, à ce qu'il sache.

« Et un café au lait pour toi, avec une touche de cannelle. C'est Gertrud qui te l'a préparé. »

« Merci. »
   
Comme au bon vieux temps. Le cœur serré, Giorgio hocha la tête, avant de lui adresser un petit sourire en coin, plus sincère cette fois-ci. Menteur... c'était lui en personne qui l'avait préparé. L’ancien aristocrate s'en souvenait parfaitement, c'était son père qui lui mettait de la cannelle dans son café, le jeune homme avait toujours aimé ce curieux mélange d’odeurs et de saveurs. Son regard se plongea dans celui de son père pendant quelques secondes, sans qu'aucun des deux hommes n'ose dire quoi que ce soit. Finalement, ce fut l'aîné qui reprit la parole.

« Alors, Calliope, depuis quand connaissez-vous Giorgio ? Comment vous êtes-vous rencontrés ? »

Son père poursuivit, après la réponse de la brune.

« Si vous voulez rester dormir ici ce soir, on peut vous préparer une chambre. Cela fait un petit moment que l'on n'a pas eu de visiteurs, Gertrud en serait ravie. Sinon, je connais un ami qui gère un endroit très sympa pas loin d'ici, une sorte de chalet... Je pourrais l'appeler aussi, histoire de voir s'il est toujours dispo. »
 

© Pando

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PICCOLA ANIMA
Piccola anima, che fuggi come se fossi un passero spaventato a morte. Qualcuno è qui per te. Se guardi bene, ce l'hai di fronte. Fugge anche lui per non dover scappare. Se guardi bene, ti sto di fronte. Se parli piano, ti sento forte. Quello che voglio io da te, non sarà facile spiegare. Non so nemmeno dove e perché hai perso le parole. Ma se tu vai via, porti i miei occhi con te. Piccola anima, tu non sei per niente piccola. ~ Beerus (c)
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[titre de mon champ]: OSSATURE: : Vingt-sept années [titre de mon champ]: CONTRAT: : En couple avec un ex-drogué, ex-détenu, tueur, et qui s'inquiète de tout ♥.... Et enceinte ♥ [titre de mon champ]: BESOGNE: : Assistante Vétérinaire, autrement dit larbin de vétérinaire. Ou aussi sa seconde paire de main. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : Je suis au courant pour le surnaturel, les monstres, les créatures... Appelez-les comme vous voulez. Je sais comment le monde qui m'entoure est dangereux. Mais tout n'est pas noir. Je sais aussi que certaines créatures surnaturelles ne nous veulent pas de mal... Pas plus qu'un humain lambda en tout cas. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Ashley Greene, ©Little Juice [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 1962 [titre de mon champ]: PACTE: : 29/01/2017



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Sujet: Re: Portami via | Calliope & Giorgio   Dim 21 Mai 2017 - 23:03

Portami Via
Giorgio & Calliope

J’informe Monsieur Reppucci que nous partagerons avec lui le dîner de ce soir, sans en laisser vraiment le choix à mon petit-ami. Je sais qu’il a besoin de parler avec son père pour dégager peu  à peu cette rancœur qui s’est installée en lui pendant ces dix-sept dernières années. Et je sais que ce n’est pas en quelques minutes que cela se fera. Il faut qu’ils réapprennent à parler, à se connaître. Alors même si je vois qu’il n’était pas tellement de mon avis, je décide de l’ignorer. J’ai dis que je serai là pour lui, que je l’aiderai. Cette partie en fait partie.

Je demande un thé, Giorgio dit qu’il ne veut rien. Ce n’est pas lui qui était affamé tout à l’heure pourtant ? Il me semble pourtant que c’était l’excuse qu’il m’a sorti tout à l’heure pour retarder l’échéance de la rencontre avec son père. Cette pensée me fait sourire intérieurement. Monsieur Reppucci nous abandonne un instant. J’en profite pour câliner Giorgio, lui demander comment il va et flatter un peu mon faux instinct féminin. Je souris doucement à ses paroles. Heureusement qu’ils n’en sont pas venus aux mains… J’avoue que je ne sais pas du tout comment j’aurai réagit si cela avait été le cas… J’enchaîne en enchérissant sur le fait que je sois la femme de sa vie, selon ses dires. Je suis heureuse de parvenir à le faire sourire, en pareilles circonstances. Je hoche la tête à sa question, certainement rhétorique. Evidemment que je m’en étais rendue compte. Mais… L’entendre de sa bouche… C’est différent. Ça fait chaud au cœur, ça me touche. Ses paroles qui suivent me font rire.

« Je ne sais pas qui de toi ou de moi devra être le plus patient… Surtout pendant les huit mois à venir en fait… »

Je lui fais un clin d’œil complice avant d’entendre des bruits de pas au loin. Nous nous lâchons un peu, se tenant juste par la main, restant polis devant Monsieur Reppucci qui revient vers nous. Il me tend mon thé, que je récupère avant de le poser doucement sur la petite table devant nous, en attendant qu’il refroidisse légèrement, puis le regarde tendre une tasse à Giorgio, qui n’avait pourtant rien demandé. Un café au lait, avec de la cannelle… Etrange. Mais apparemment une vieille habitude du professeur, que je ne connaissais pas. Je remarque le petit sourire en coin du jeune Tyrolien. Il semble se détendre un peu, même si je vois que la tension est toujours là, juste sous la surface. Les deux hommes se toisent encore un instant. La gêne semble encore là entre eux deux. Si bien que son père reprend la parole, mais en s’adressant à moi. Comme si je faisais tampon. La Suisse entre les deux pays sous tension. L’échappatoire. Mais si ça peut les aider, cela ne me dérange pas. Je ne suis pas du genre timide, et le courant passe plutôt bien avec Monsieur Reppucci. Profitons-en. Il me demande depuis quand est-ce que je connais Giorgio, et comment nous sommes nous rencontrés. Je souris, regardant un instant le blond.

« A vrai dire… J’ai arrêté de compter… Ça doit faire… » Je réfléchis un instant, demandant à Giorgio la confirmation de ce que je m’apprête à dire, par le regard. « Sept ans ? Nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises en soirée, et les choses en entrainant une autre, nous sommes devenus amis. Et… Voilà… »

Je souris doucement, sans en dire plus. Je ne veux pas trop m’attarder sur notre relation, je ne veux pas aborder le sujet de la prison. Si Giorgio en a envie, qu’il le fasse, mais ce n’est pas à moi de parler de ces choses-là. Je préfère éviter de parler de ces cinq années sans aucune nouvelles de lui. Le fait qu’il me repousse m’avait fait mal à l’époque. Je voulais être là pour le soutenir, en tant qu’amie proche. Mais il n’a pas voulu de mon aide, il me l’a bien fait comprendre. Je sais qu’il ne voulait pas me faire de mal, c’est pour cela que je n’ai pas hésité à l’accueillir lors de son retour de prison, en mars. Mais voilà… Je me demande en plus comment son père réagirait, s’il savait que nous ne sommes ensemble seulement depuis fin mars, et que je suis enceinte depuis avril, seulement après un mois de relation…
Monsieur Reppucci reprend la parole, en nous invitant à dormir dans la demeure familiale si nous le souhaitons. Il nous propose sinon un petit chalet, tenu par un ami à lui. Je regarde un instant Giorgio, la questionnant un peu du regard cette fois-ci, mais je décide de prendre la parole.

« Nous ne voulons pas abuser de votre hospitalité, Monsieur, merci. Je pense que le chalet serait une excellente idée. Nous sommes encore là pour quelques jours, nous aurons l’occasion de repasser. »

Cette fois, je n’oblige pas Giorgio dans sa décision. S’il veut rester pour la nuit, aucun problème de mon côté, je pense qu’il le voit dans mon regard. Je le soutiens dans sa décision cette fois, quelle qu’elle soit. Il faut qu’ils parlent, certes, mais il faut aussi y aller doucement. Une fin d’après-midi, et un diner, c’est déjà pas mal pour une première rencontre après dix-sept ans, non ? Je bois une gorgée de thé. Il est délicieux. Cela fait bien longtemps que je n’en ai pas bu d’aussi raffiné. Pas amer, ni âpre, il est infusé à la perfection. Je grimace légèrement cependant, non à cause du thé. Je sens la nausée arriver. Je déteste habituellement ça, mais là, à vrai dire, elle arrive un peu à point nommé… Cela va me faire une bonne excuse pour les laisser un petit instant tous les deux. Je m’excuse poliment, et me lève, en caressant doucement la main de Giorgio, et en le regardant tendrement, avec un regard de soutien. Je remarque Gertrud dans l’encadrement d’une porte et me dirige vers elle pour lui demander l’emplacement des toilettes. Elle m’y guide, laissant les deux hommes entre eux. La remerciant, je l’abandonne en vitesse, sentant la nausée arriver de plus en plus. Lorsque je ressors, je suis surprise de la voir au bout du couloir, qui semble m’attendre. Cela me gêne un peu. Dans un italien fortement accentué allemand, elle m’indique de la suivre. Je m’exécute. Elle me guide jusqu’à la cuisine j’ai l’impression, où elle m’offre un verre d’eau en souriant. Je ne sais pas si elle a entendu Giorgio annoncer la nouvelle à son père, où si elle m’a entendu moi, à l’instant, mais je sais qu’elle a compris. Je bois le verre d’eau, et le repose sur le plan de travail. Gertrud me prend les mains, en souriant grandement.

« Merci… Merci d’avoir été là pour mon petit Giorgio. Et pour être venue ici, avec lui. Monsieur Reppucci en avait besoin… »

Je lui souris, avant de lui répondre.

« Giorgio est une homme formidable. Il a juste besoin d’un peu d’aide pour croire en lui, et aux autres. Il a besoin de soutien. »

Elle me lâche les mains, et me montre le chemin pour retourner au salon, avec les deux hommes. Je la remercie, mais m’arrête juste derrière le mur du salon, un peu sur le côté de la porte. J’étais pourtant partie pour rentrer, mais une bribe de conversation fait que j’ai décidé d’attendre un peu.

« … ça se voit dans ses yeux, comment elle te regarde. Je suis heureux de te voir aussi amoureux… » Il fait une pause, avant de reprendre. « Que deviens-tu ? Que fais-tu maintenant ? »

Je ne sais pas s’ils ont parlé pendant mon absence, ou si la conversation reprend juste. J’attends encore un instant avant de rentrer. J’attends au moins que Giorgio réponde, puis me décide finalement à repasser la porte, venant me réinstaller sur le canapé.

« Désolé pour mon absence… Les joies de la grossesse. »

Je souris, reprenant la main de Giorgio dans la mienne, doucement. Je me demande comment cela s’est passé entre eux… Je le saurai surement plus tard. Ou peut-être jamais. Au moins, ils n’ont pas du se taper dessus, ils ne semblent pas vraiment avoir bougé, et aucun ne de bleu ou de sang sur le visage…  

© HELLOPAINFUL



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« Oh you can't tell me it's not worth tryin' for, I can't help it there's nothin' I want more, I would fight for you, I'd lie for you, Walk the wire for you, I'd die for you. You know it's true, Everything I do, I do it for you » by Wiise


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