Un seul être vous manque et tout est médicalisé. | PV Mia

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Dante Salaì Baldi
VAMPIRES - CLENCHING THE JAGGED JAWS
[titre de mon champ]: OSSATURE: : 29 ans, une trentaine jamais atteinte, vieillesse pour toujours inconnue [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibataire, l'amour m'a déjà tout repris, ma confiance en lui crève un peu plus à chaque rencontre [titre de mon champ]: BESOGNE: : Tatoueur, ancien stratège militaire repenti pour actes de cruauté gratuits et ultraviolence avérée [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCORCE: : 236 ans depuis l'été dernier, et ce chiffre ne va faire que monter jusqu'à me dégouter [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Vampire depuis plus de deux siècles, avec une fierté non dissimulée pour cette origine glaçante qui fait de moi bien plus qu'un mortel [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Synyster Gates. [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 230 [titre de mon champ]: PACTE: : 18/03/2017



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Sujet: Un seul être vous manque et tout est médicalisé. | PV Mia   Mar 16 Mai - 0:40
Every Breath You Take ✝ La fille Del Nero à l'hosto. Super.

Mon myocarde loupe un battement, trébuche sur ces mots crus. Je commence à réaliser que ce n'est pas une attirance de passage qui me force à penser à elle bien trop souvent. Début d'affection, de quoi empêcher mon coeur de ralentir.
Un souffle lourd, je me calme lentement en refermant mon ordinateur portable. Plus de peur que de mal si elle est à l'hôpital plutôt qu'à la morgue. Et pourtant, je fixe le vide d'un air absent en mordant ma lèvre inférieure. Nerfs et colère, je m'en veux de vouloir toujours jouer les héros alors que le rôle de salaud me sied davantage. Contre-nature, mon lot quotidien.
Ma main vient se plaquer contre mes yeux, pouce et majeur massant mes tempes alors que je cherche mon calme cynique habituel. Ma paume glisse sur mon visage et s'arrête contre mes lèvres coupables, un souvenir d'ascenseur figé me revient et me fait rouler des yeux. Je soupire avant de me relever de mon siège de bureau pour retourner dans la pièce principale.

Vas-y cours, Roméo médiocre.

Il se traîne seulement jusqu'au canapé, ton Montaigu de merde. Fatigué, lassé, j'en ai assez de ces idioties. Avoir la paix, j'en rêve. Elle m'échappe toujours dès que je l'effleure. Une heure, une seule, et tout n'était plus qu'un vaudeville bas de gamme. Une heure entre quatre murs métalliques. Une heure en tête à tête avec Mia.
La rage se détend, fait place à un curieux mélange de langueur et de tristesse. Un rapide coup d'oeil dehors, il fait toujours sombre sous l'orage printanier, la nuit ne devrait plus tarder elle aussi. Un choix qui s'installe, ronge. La solution primaire, la seule, revient sous mes pensées avec traitrise. Fuir, c'est bien là ma réponse à tout. Une famille, une ville, un problème, et partir en est toujours l'unique dénouement.

Je n'ai pas le courage d'écrire une fin différente.

Mais je m'inquiète pour elle. Le semblant de mépris que je feins n'est pas suffisant pour que je me mente à moi-même. J'ai envie de savoir si elle va bien. J'ai besoin de savoir qu'elle va bien.
Les clés dans une main, ma veste dans l'autre, je quitte l'appartement pour m'engouffrer dans l'ascenseur. L'ironie est là, tandis que j'enfile veste et lunettes de soleil, je songe à nouveau à nouveau à ces lentes minutes enfermé près d'elle. Priant pour qu'une panne ne survienne pas à nouveau, je soupire de satisfaction en entendant la sonnerie distinctive signalant l'arrivée au rez-de-chaussée.
La rue, le taxi, l'hôpital. Je n'en reviens pas de faire une telle connerie. La moindre éclaircie soudaine avant le coucher du soleil et je devrais compter sur ma chance légendaire pour survivre une heure ou deux en attendant la tomber de la nuit.

Le choix est fait.

Pas d'ascenseur cette fois, je prends gentiment les escaliers après une indication d'un numéro de chambre gracieusement donné par une infirmière facile à faire avouer. Ni famille, ni vraiment ami, et l'heure des visites déjà dépassée de quelques minutes.
Face à la porte, je remets en cause ce choix stupide. Fuir mes problèmes me semblait bien plus simple que de passer cette porte. Souffle coupé, cardiaque erratique, j'hésite. Il est encore temps de repartir d'ici, un simple fantôme passé dans ces allées. Je tourne la tête vers le fond du couloir, déjà déserté par le personnel occupé et les visiteurs repartis. Solitude accablante, qui me remet le doute sur la légitimité de ma visite. On se connaît à peine, je suis le seul de nous deux à tenir à ce semblant de relation entre nous. Fou que je suis, et folle dont je suis affolé. Je te hais autant que je t'aime, disait Baudelaire. Comme il avait raison d'emprunter de tels mots pour justifier un amour naissant tiraillé par la passion du meurtre.

Triste élégie.

Ce n'est pas moi, ce sont mes muscles qui prennent les décisions finalement. Je frappe à la porte, attendant une réponse avant d'entrer mais décidant de m'en passer, l'inquiétude me gagnant à mesure que je suis proche de la revoir. J'ai peur de la savoir dans un piteux état, peur qu'elle ne s'en remette pas. Les yeux bas, mes lunettes sur la tête avec un bonnet pour planquer des cheveux en pagaille d'une autre journée insomniaque. Je jette un regard au nounours acheté au rez-de-chaussée. Arriver les mains vides, ça ne se fait pas chez les Baldi. Avec le recul, je trouvais ce choix de cadeau des plus minable, mais il avait une bonne tête pour une peluche.
Je relève les yeux une fois dans la chambre, la porte fermée derrière moi. Je ne m'attendais clairement pas à ça. Mia est là, bien sûr, je n'ai pas fait la bêtise de me tromper de chambre, mais elle n'est pas seule et je réalise alors combien j'ignorais les fréquentations de sa famille. Un sorcier. Evidemment. Je me tends quelque peu en osant à peine approche, gardant des distances évidentes en m'attendant à devoir décamper aussitôt.
Le coeur en vrac, toujours. Tais-toi, je t'en pries. Chaque battement s'affole, je peux les sentir sans le moindre mal. La moindre frappe me hurle que je n'ai rien à faire ici. Crainte de devoir m'en aller, peur de ne pas savoir quand elle pourra sortir. Je n'ai pas de raison valable d'être ici, mais je meurs d'envie d'y rester. Des jours sans la voir, des semaines. Je me demandais presque si elle se souvenait de moi, si elle m'en voulait, si elle me détestait. Rongé par la culpabilité d'un acte manqué, je sombre. Excuses et explications, j'en ai déjà le goût sur la langue, prêt à dire tout ce que je pense. Si Hermès apprenait que j'étais venu, je serais soudainement son pire ennemi. J'aurais pu mordre Mia, la tuer d'une seconde de trop. L'erreur fatale, impardonnable, un meurtre dont culpabiliser, finalement.
Mes yeux cernés s'attardent tendrement sur le visage de Mia. J'en retrouve tous les traits qui me fascinaient tant. Plaisir refoulé, j'arbore davantage une expression douloureuse de malaise et de honte. La mélancolie aussi, propagée par la tristesse de la savoir loin de la stabilité émotionnelle que je croyais avoir deviné chez elle. Elle est finalement aussi torturée que je le suis, sans doute plus pour en être arrivée là. Et je souffre de le savoir, mais je tairais ce sujet, je veux seulement savoir qu'elle va bien.
Je garde un apparent calme dur à contenir, peinant à trouver une raison crédible à ma venue. Je me sens minable, pas à ma place. Je déglutis à peine avec de lâcher quelques faibles mots de politesse.

"Salut, Mia..."

J'aurais du fuir.

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Mia Del Nero
VATICAN - ANATOMY OF THE SOUL
[titre de mon champ]: OSSATURE: : 25 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibataire, puisque la trahison et l'hypocrisie font partie intégrante d'elle.. [titre de mon champ]: BESOGNE: : Assistante de Sixte (Vatican) / diplomée en chirurgie [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : Totale. Son métier est d'étudier ces créatures, ce surnaturel. Elle a aussi accès à des connaissances plus poussées avec les ouvrages et les relations de sa famille. [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Humaine, issue d'une famille de sorciers, mais la magie qui coule aussi dans les veines, réprimandée par une volonté trop forte [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Son adaptation et son intelligence. Soit autre chose que des pouvoirs surnaturels. [titre de mon champ]: GANG: : Membre de la Mano Rossa / Par sa famille, elle est liée au coven Hellébore, malgré son absence de pouvoirs [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Emily Browning (c)Swan [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 456 [titre de mon champ]: PACTE: : 30/12/2016



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Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est médicalisé. | PV Mia   Jeu 25 Mai - 20:35
Every Breath You Take ✝ La pression mêlée aux insomnies avait eu raison d'elle. Elle n'aurait pas pensé pourtant, celle qui travaillait pour une institut n'hésiterant pas à se servir d'elle comme monnaie d'échange si la vérité éclatait au grand jour. Elle avait l'habitude de vivre avec cette idée que la moindre erreur la mènerait à sa perte. A leur perte, quand bien même ses parents étaient importants, ils ne fuiraient pas indéfiniment les chasseurs. Cela faisait des mois, bientôt plus d'un an qu'elle jouait avec le feu au Vatican. Si elle prenait en compte la Mano, cela faisait plus de quatre ans qu'elle y risquait plus que sa propre vie. Et pourtant, elle avait tenu. Elle avait supporté bien plus que ce que la majorité des humains pourrait. Finalement, la jeune femme ne savait pas réellement comment elle avait fait. Néanmoins, le point de retour avait été atteint. A cause du meurtre commis, sans qu'elle n'en garde le moindre souvenir. A cause de la torture de Sancia, qu'elle avait elle-même faite, puis de sa disparition. Vu que son identité était connue, elle se doutait que les chasseurs avaient dû mettre fin à ses jours. A cause de Sixte. Il avait l'air d'avoir appris des choses sur elle dernièrement, mais son ironie habituelle l'empêchait d'en savoir plus. Alors elle attendait que la guillotine tombe, sonnant le glas de la tranquilité. Puis il y avait Dante. Inconsciemment, il revenait en boucle dans son esprit. Souvenirs souvenirs... Et quelque chose le poussait vers lui. Encore et toujours, échappant à son contrôle, celui-là-même dont elle avait désespérément besoin dans sa vie.

Cet amas de problème et de stress supplémentaire l'avait poussée dans ses retranchements, à faire basculer la souffrance psychologique sur son corps. Sans réellement s'en rendre compte finalement. Pourtant, elle était celle ayant fait des études de médecine, elle aurait dû savoir quels impacts ses mutilations auraient sur le reste. Ca n'arrangerait rien, bien au contraire. Il aurait juste fallu qu'elle en parle à quelqu'un. Mais avait-elle réellement une seule personne dans sa vie qui soit au courant de tout ? Et à qui elle pourrait parler sans jugement ? Non. Elle avait fait en sorte d'être seule. Puisqu'il était bien plus facile de cacher des secrets en étant solitaire qu'en étant populaire. Cela avait ses inconvénients, et elle le remarquait aujourd'hui. Inconsciemment.

Les bras collectionnaient les cicatrices. Elle ne les comptait plus ces dernières semaines. Et pourtant, plus la quantité augmentait, plus la fatigue s'accrochait sur ses traits. Sur son organisme. Elle ignorait les changements, alors même que son instinct de médecin lui ordonnait de faire quelque chose. De régler le problème. D'arrêter, d'aller voir quelqu'un. Un psychologue, un psychiatre, qu'importait. Quelqu'un pour la guider hors de cet enfer. Et finalement, elle s'enfonça jour après jour dans le cauchemar, sans chercher à se débattre. Les doigts qui s'accrochaient jusque-là à la vie s'y détachaient. L'un après l'autre. Et ce fut la fin.

La fatigue de trop, et le corps qui s'écroulait. La panique extérieure à laquelle elle était totalement imperméable, déjà perdue dans les limbes de l'évanouissement. Au beau milieu des laboratoires du Vatican.

**

Les yeux se rouvrirent, muscles engourdis par les heures passées dans les vapes. Il lui faut de très longues minutes pour reprendre contact avec la réalité. Beaucoup trop longues. Elle tenta de comprendre où elle se trouvait, pourquoi elle était si... Mal. Les doigts se pliaient et se dépliaient régulièrement. Elle était en vie, c'était déjà ça. Et pourtant... Elle sentait que quelque chose n'allait pas. Les yeux s'ouvrirent, mirent quelques secondes à s'adapter à la nouvelle luminosité. Tout était blanc. Trop blanc. La panique se glissa dans le cœur, l'étreignit violemment. L'envie de vomir était présente, bien trop. Et ce fut les larmes qui collèrent contre ses joues, avant la réalisation. L'hôpital, qui lui revenait en pleine tête. Un endroit qu'elle n'appréciait plus depuis quelque temps. Pourquoi se trouvait-elle ici ? Les doigts se posèrent contre son front, et elle sentit les différentes aiguilles accrochées sur son bras. Décidément...

Un mouvement non loin d'elle. Les yeux s'y portèrent, tombèrent sur la mère, qui faisait les cent pas. Avant de remarquer que sa fille était réveillée. Les premiers mots ne furent pas perçus par son esprit encore fatigué. Il fallut quelques secondes supplémentaires. Et les paroles sortirent. Des demandes d'explication, pour elle dont les souvenirs étaient si flous. Le visage encore plus pâle une fois la vérité énoncée. Et elle se mura un peu plus dans le silence, provoquant le soupir de sa génitrice, jusqu'à ce que celle-ci s'esquive, la journée touchant à sa fin. Néanmoins, elle ne fut pas laissée seule. Un sorcier pour lui tenir compagnie, et surtout soigner les cicatrices toujours présentes. Elle se posa sur le bord du lit, le laissant s'occuper des blessures. Deux coups sur la porte la sortit de ses pensées, et celle-ci s'ouvrit sur la dernière personne qu'elle s'attendait à voir ici. Dante. Les yeux s'écarquillèrent, et elle put sentir le sorcier se tendre à ses côtés. Il avait dû percevoir la nature de l'autre. Un simple geste, accompagné de quelques mots :

« Tu peux nous laisser Marius. S'il te plaît. »

Il rechigna, tout en sachant qu'il n'avait pas son mot à dire dans la situation. Alors il se leva, partit non sans jeter un regard noir à Dante. La jeune femme se retourna, sans tenter de se lever, se sachant bien trop faible. Ses yeux cernés de noir montraient dans quel état de fatigue elle se trouvait, sans parler de ses bras et avant-bras. Elle hésita, les cacha. N'osait pas réellement parler, de peur que sa voix ne suive pas. Puis elle se lança.

« Coucou Dante, je... Je ne pensais pas te voir ici... Je suis désolée pour l'état dans lequel tu me vois, c'est... Pathétique. »

Oui, elle devait l'être, avec sa voix tremblante, son regard fuyant, son rire nerveux. Les doigts jouèrent avec le drap blanc, si impersonnel, puis se glissèrent contre sa nuque. Léger massage pour détendre les muscles. Heureusement qu'elle avait déjà pleuré, sinon ce n'était même plus pathétique qu'elle aurait été. Puis ses yeux se posèrent sur la peluche, s'illuminèrent. Le sourire qui accompagna alors la relevée de son regard était bien plus franc, bien plus réel.

« Dis... J'aime vraiment la peluche que tu tiens dans les mains. »


Etait-ce pour elle ? Non, certainement pas. Elle se frotta les yeux, légèrement humides sans qu'elle ne s'en rende compte. Elle grimaça, baissa le regard. Elle était brisée, sans être proche de l'exprimer. Il n'y avait néanmoins plus de barrières à ce qu'elle était. Ce qu'elle avait toujours été.

« Comment vas-tu ? Tu peux t'asseoir si tu veux... »


Trop faible pour ne serait-ce que se relever...


HJ:
 

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+ In the ruins of Madness +
There was once a girl, she wasn't well known, she fell down a rabbit hole. She tried to get up but she couldn't break free, as she was locked in the chains of Insanity.

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Dante Salaì Baldi
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[titre de mon champ]: ÉCORCE: : 236 ans depuis l'été dernier, et ce chiffre ne va faire que monter jusqu'à me dégouter [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Vampire depuis plus de deux siècles, avec une fierté non dissimulée pour cette origine glaçante qui fait de moi bien plus qu'un mortel [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Synyster Gates. [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 230 [titre de mon champ]: PACTE: : 18/03/2017



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Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est médicalisé. | PV Mia   Sam 27 Mai - 14:04
Every Breath You Take ✝ Pathétique, foutre non.

De nous deux, je ne saurais dire qui porte le plus de honte sur son expression. Je n'ose même pas relever mon regard vers Mia, je garde les yeux baissés sur le sol depuis que son ami m'a condamné en me voyant. Je n'ai pas ma place ici, je ne suis que le vaut-rien accusé avant même un procès. Comment leur en vouloir? Mon allure crie ma culpabilité où que j'aille.
Je ne parviens pas à aligner deux mots. Ma voix fatigue avant même d'être utilisée. Je déglutis, ravale mes héroïques envies de venir la voir. Je peine presque à respirer tant j'aimerais être ailleurs à cet instant. Mais elle me tire de mon doute, elle et sa voix enjouée par la plus ridicule de mes attentions vers laquelle je porte mes iris un instant. J'ouvre la bouche, mon regard à nouveau posé sur elle avec une inquiétude pénible à cacher. Je constate qu'elle se préoccupe de mes états actuels et je ne peux retenir un semblant de rictus en venant m'asseoir près d'elle.

"Ca va... Désolé de venir aussi tard mais... Mais je n'avais pas tellement de meilleure option et je tenais à..."

Mes mots se bloquent un moment. Perdu, je referme la bouche. Je ne sais plus vraiment ce qui m'amène à venir la voir. Ou bien je ne le sais que trop. Elle m'obsède, curieusement. J'y pense encore et encore alors que je devrais m'en abstenir. Mais je songe à elle et j'espère chaque fois qu'elle se porte mieux sans moi. Je voudrais m'excuser mais ces excuses ne trouvent pas la voie jusqu'à mes lèvres. Je baisse les yeux à nouveau, vers l'épouvantable sol carrelé de la chambre.

"Je voulais te voir et m'assurer que tu allais bien."

Des aveux échappés, je ne voulais pas les formuler ainsi. Cependant, ils sonnent avec une justesse et une vérité cinglante. C'est mon coeur qui s'en assure à frappant plus fort mes veines glacées.
Mon regard tombe face à face avec la peluche entre mes mains. L'ours factice me fixe de son regard rassurant, une moue souriante cousue au museau. Même lui semble rire de la situation et s'amuser de ma peine à faire preuve d'une politesse pourtant simple. Tout blanc qu’il est, innocent, il dénote entre mes phalanges encrées. C’est presque s’il me rappelle mon apparence avant des décennies de punk londonien, de grunge américain. Sauf que lui, il ne s’est pas marqué la chair de dessins stupides pour se prouver qu’il pouvait encaisser les aiguilles et porter son encre jusqu’à la fin de sa vie. Il n’a pas besoin de ça pour se sentir exister, lui. Il est juste un nounours immaculé, comme et hôpital. Si je m’écoutais, je lui aurais dessiné des tatouages pour en faire un objet moins impersonnel. J'aime autant briser cet embarrassant jeu de regard et le pousser dans les bras de Mia.

"C'est pour toi." je marque une brève pause, réfléchissant "Ma... Ma mère m'a toujours dit d'offrir quelque chose quand on s'impose chez quelqu'un... J'évite les hôpitaux mais j'imagine que la politesse est sensiblement la même pour les visites imprévues..."

Les hôpitaux, je n'en avais que des souvenirs atroces. Je les fuyais plus que la peste et me tenir ici relevait d'un exploit sans précédent. Je retire mon bonnet noir pour passer la main dans mes cheveux défaits par la précipitation que j'avais mise pour venir ici si vite. Mes phalanges se crispent lentement sur le tissu, comme pour accumuler ma tension grimpante dans ce ridicule geste plutôt que dans mes bafouilles pitoyables. Je hais les hôpitaux, mais je déteste plus encore me trouver incapable d'aider Mia là où elle en avait cruellement besoin.
Une rengaine , comme une berceuse affolante, me renvoie à l'épisode de l'ascenseur. C'est cette voix qui murmure le manque de légitimité de ma venue et qui me crache au visage à chaque seconde passée ici. Tout ce que je mérite, c'est bien ce regard noir lancé par l'autre type, la désapprobation parfaite face à un monstre voulant jouer les héros. Moi qui avais failli la mordre, moi qui avais failli la tuer, je me prétendais maintenant dénué de toutes fautes, assez du moins pour venir ici comme si je n’étais qu’un ami sincère, pas un mort-vivant comme un autre.
Pathos, je m'en défais toujours, préférant qu'on m'ignore plutôt qu'on me prenne en pitié. Plutôt mourir debout que vivre à genoux. Mais quand je regarde la vérité en face, je me vois bien plus pitoyable que ne l'a jamais été Mia. Même affaiblie par une erreur presque mortelle, elle me paraissait tellement plus honorable que moi. Ses erreurs ne concernaient qu'elle, ses dérives la mettait en danger mais épargnait ses semblables. Jamais je ne pourrais en dire autant. J'avais déjà détruit plus de vies à son âge qu'elle ne pourra jamais le faire. Elle répare là où je brise.

"Mia... Tu es loin d'être pathétique. Au contraire." mes iris noirs se risquent à croiser son regard avant de fuir aussitôt sur le carrelage blanc "Si j'avais su que tu te sentais si mal, je... je... Si j'avais pu t'aider,... je l'aurais fait..."

Mais je n'ai rien fait.

Je ne suis même pas l'ombre d'un héros, seulement moi. Je n'ai pas la prétention d'être bien placé pour aider qui que ce soit. je ne sais même pas si j'aurais pu changer quoique ce soit pour elle par ma seule présence. Mais j'aurais voulu essayer.

"Ca n'a rien de... de honteux d'avoir fait... ce que tu as fait... C'est plutôt moi qui devrais aller me cacher dans un trou pour mourir." je me ravise aussitôt "Pardon, je n'aurais pas du dire ça comme ça. Mais... Mia, je..."

Je t'aime.

"J'espère que ça n'a rien à voir avec mes conneries si tu en es arrivée là... Je m'en voudrais à vie si tu mourrais."

Du calme, Don Juan.

"Si tu mourrais à cause de moi." l'égocentrisme, le meilleur moyen de cacher l'altruisme; je relève enfin les yeux vers elle, sincère, mais craignant toujours un faux pas malheureux "Je suis sans doute terriblement mal placé pour te donner le moindre conseil à ce sujet mais si tu te sens mal encore... Il faut que tu en parle. Pas à moi mais tu as Hermès, tes parents, des gens qui t'aiment."

Comme moi, finalement. Mais je préfère les savoir eux plutôt que moi autour d'elle.

"Ne reste pas toute seule avec ta peine... C'est tout ce que je te souhaite."

Instinctivement, comme pour cacher l'empathie qui se lit dans mon regard, je baisse la tête. Je déglutis en passant une main sur mon épaule où la douleur d'une balle me lance encore tacitement. Mon attention se porta sur les bras nus de Mia et les restes de mal-être qui y persistaient. Scarifications. Horizontales, hôpital: verticales, morgue. A trop connaître les veines des autres, on en retire quelques leçons. Mais c'était bien plus dur de constater la faiblesse du corps sur quelqu'un à qui on tient. Des anonymes, je me fichais tant de les voir perdre litre après litre sous mes canines. Mais imaginer quelqu'un à qui l'on tient laisser son destin à une lame de rasoir, c'est bien plus navrant. Tristement, je souffrais bien plus de voir quelques marques de souffrance sur Mia que les cadavres que j'empilais. malgré tout ce qu'on en dit, l'autodestruction ne touche jamais que soi. C'est un gouffre, une cellule. On s'y enferme sans voir qu'on traîne famille et amis en prison près de nous. Voilà pourquoi le suicide est réservé aux égoïstes, aux aveugles, et aux meurtris.
Je fronce doucement les sourcils en croisant une fois de trop le minois du terrifiant nounours. Lui n'avait pas tant de problème, seulement du rembourrage pour bourrer son pauvre petit corps en peluche. Chanceux.
Perçant le silence dans lequel je me mure encore, je tente un semblant de grimace pensive en agitant le bras de l'ours blanc.

"Je l'ai appelé Boudin en venant ici mais bien sûr tu peux lui trouver un meilleur nom... Ca ne devrait pas être trop dur de faire mieux que ça..."

Je me racle la gorge, peu fier de ce changement de sujet ridicule. Donneur de leçon, ce n'est pas mon plus grand talent. J'avais essayé mais je préférais bien m'en garder. J'avais plus de talent pour la fuite, même dans les discussions. Et je ne doutais pas que Mia préférait sans doute évoquer d'autres sujets que mes inepties sans fin. Mais la sincérité, ça je peux encore le faire.

"... Avec le recul je me dis que j'aurais pu trouver quelque chose de plus adulte qu'un nounours appelé Boudin, ouais..."

Je serre les lèvres, grimaçant quelque peu, comme pour me forcer à me taire avant de sortir davantage d'idioties. Les yeux bas, les doigts entrelacés, je commence à comprendre pourquoi j'ai si peu d'amis...

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Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est médicalisé. | PV Mia   Ven 21 Juil - 1:04
Every Breath You Take ✝Son regard s'attardait sur la silhouette de Dante. Quelques secondes, quelques minutes. Un silence étonnamment peu pesant qui se développait dans la chambre. Juste qu'à ce que l'homme parvienne à relever le regard, le heurter à celui de l'humaine. L'inquiétude qu'elle percevait lui serrait le cœur. Elle n'aimait pas qu'on s'inquiète pour elle. Elle n'aimait pas avoir cette importance dans la vie d'un autre. Elle se connaissait. Et elle savait qu'elle faisait juste souffrir ceux l'entourant. Tueuse et tortionnaire, elle était un monstre. Un monstre caché derrière ces traits de poupée. Un monstre tellement plus dangereux... L'italienne n'en avait pas le visage, ni la force. Ce masque d'innocence était si parfait.

Il s'approcha, se posa au bout du lit, ce lit si blanc et si impersonnel. Se retrouver à l'hôpital en tant que patiente... Cela lui restait au travers de la gorge. Surtout, qu'étrangement, Mia n'était pas du genre à apprécier cet endroit, tout en y ayant travaillé durant quelques années pour des stages. Les hôpitaux, c'était le reflet de la mort à ses yeux, et finalement, elle appréciait ne pas avoir eu à y exercer plus longtemps. Il fallait avoir un moral en béton, pour encaisser les décès de ceux qu'on ne pouvait pas sauver. Et elle ne l'avait pas ce moral, comme le prouvait si bien son besoin de souffrance, de mourir. Une tentative de suicide si faible. Pourtant, elle n'avait pas cherché à mourir. Pas réellement. Sinon, elle aurait sauté du haut d'un immeuble, aurait ingéré un cocktail de médicaments mortel, se serait pendu ou tiré une balle dans la tête. Elle avait accès à tellement de moyens de suicide, la petite Mia. Elle connaissait l'anatomie humaine à la perfection, savait créer une arme et pouvait en voler à la Mano Rossa. Elle habitait au dernier étage d'un immeuble dans le nord de Rome, un simple pas par-dessus la rembarde du balcon et pouf, la mort viendrait la cueillir. Si facile... Et elle, elle avait simplement collectionné les cicatrices, les scarifications. La décision d'en finir n'était pas encore prise. Pas définitive mais son corps avait fini par craquer. Le sang perdu y était pour quelque chose, lié au stress et à la dépression des derniers jours. Un cocktail dangereusement mortel...

Des excuses, qui arrachèrent un sourire triste à la jeune femme. C'était à elle de s'excuser pour causer autant d'inquiétude, pas à lui. Il n'y était pour rien dans ses choix, absolument rien. Et il était venu. Elle ne s'y attendait pas. Outre sa famille, peu de personnes viendraient la voir, elle le savait. C'était un peu le souci de ne pas vraiment avoir d'amis, de refuser de se lier. Encore de sa propre faute.

Puis les aveux. Voir si elle allait bien. Et ce fut à son tour de baisser le regard, d'arracher un bout de sa tenue. Blouse blanchâtre pas très flatteuse pour sa silhouette, même si c'était le cadet de ses soucis. Elle n'osait pas dire que l'attention la touchait, trop pudique par rapport à ses propres sentiments. Elle ne s'y attendait pas de sa part non plus. Qu'il veuille qu'elle aille bien. Qu'il ait eu peur. Mia n'avait pas réfléchi aux conséquences de chaque découpe, chaque trace laissée par la lame sur sa peau. Elle le faisait pour faire taire la souffrance grandissante dans son cœur, dans son esprit. La preuve apportée que la peluche était pour elle dessina un sourire enfantin, sincère sur son visage, illumina ses iris. Oh, une partie de son esprit lui ressassait sans cesse qu'elle aurait pu mourir lors de leur première rencontre. Cependant, Mia avait vécu en flirtant avec le danger durant une année entière, elle avait donc fini par relativiser ses soucis, et la dangerosité de certains.

Ah, qu'il se voulait rassurant. Rien de pathétique, alors que c'était tout le contraire. Ses actes étaient pathétiques. Son incapacité à faire face aux problèmes était pathétique. Son manque de détermination était pathétique. Elle était une femme tout ce qu'il y avait de pathétique. Une humaine dans une famille de sorciers. Une gosse de riche dans une mafia. Une chirurgienne dans un hôpital. En tant que patiente. Légère grimace, alors qu'elle détourna le regard après avoir croisé les yeux de Dante.

Chaque mot de l'homme la faisait se sentir encore plus mal. Il aurait pu l'aider. Elle n'en doutait pas, mais c'était elle qui n'en était pas capable. Elle trouvait ça tellement plus simple de se réfugier dans la douleur physique. Celle qu'elle s'infligeait elle-même. Parce que finalement, dire qu'on allait mal, paraître faible dans le monde actuel, c'était un peu signer son arrêt de mort. Et elle... On ne lui avait pas appris à agir ainsi. On l'avait toujours en quelque sorte... Obligée à suivre une certaine direction, se comporter d'une certaine manière. Un chemin tracé dans lequel elle avait avancé. Et ne pas être bien, ce n'était pas possible. Il fallait mieux faire semblant plutôt que d'avouer que quelque chose n'allait pas. Et elle appliquait à la lettre ces conseils destructeurs.

Puis la chute, vertigineuse. Elle l'observait, les yeux écarquillés. Pourquoi devrait-il se cacher, mourir ? Quelle putain de raison pouvait l'emmener à penser cela ? Ah, si elle avait eu la force nécessaire, elle l'aurait secoué. Cependant, en l'état actuel, elle se contenta d'un regard incrédule. Heureusement qu'elle était assise finalement. Elle le laissa parler, l'écouta dans un silence religieux. De nouveaux conseils, toujours les mêmes. Les médecins les lui avaient déjà donnés, et elle les connaissait par cœur. Sans jamais parvenir à les appliquer. La suite la fit à nouveau sourire, et elle osa reposer son regard dans celui de Dante.

« Pourquoi toujours vouloir être un adulte, se comporter en tant que tel ? » Doux murmure, sans forcer sur sa voix ou son ton. « Je trouve que Boudin lui va parfaitement. Je lui ferai un petit tee-shirt sur lequel j'écrirai son nom. »

Elle finit par se rapprocher de l'homme, les jambes se balançant dans le vide. Une fois à côté de lui, elle laissa ses mains s'emparer avec douceur de la peluche. Sa tête se posa contre l'épaule de Dante, les yeux se fermèrent quelques secondes. La respiration se calma, petit moment de détente avant que les mots ne reprennent :

« Je ne pensais pas te voir ici. Mais... Tu as eu raison de venir, qu'importe l'heure. Je préfèrerai avoir ce genre de bonnes surprises plus souvent. »

La vérité. La vérité pure et simple. Par sa présence, elle avait l'impression de vivre un peu plus « normalement », un peu plus comme tout le monde. Alors certes, d'un côté, cela lui faisait se rendre compte... A quel point elle était seule, loin des préoccupations d'une fille de son âge. Désagréable, ça l'était, mais elle avait bien d'autres chats à fouetter pour s'y attarder.

« Tu n'as pas... Pas à te sentir honteux ou autre. Tu n'aurais pas pu agir, parce que je ne t'en ai pas parlé. Parce que je n'en ai parlé à personne. Alors, s'il te plaît, ne t'en veux pas. Tu ne pouvais en aucun cas savoir. »

Et même s'il avait su et n'avait rien fait... Ce n'était pas un problème. L'être humain était fait pour être égoïste, comme toutes les autres races peuplant cette planète. Ni l'une, ni l'autre n'était altruiste. Cela n'apportait rien de l'être.

« Je ne mourrais pas à cause de toi... »

Bien au contraire. Pensée qui ne passa pas la barrière de ses lèvres. Trop épuisée pour tout dire, son esprit choisissait les mots prononcés. Peut-être qu'elle aurait dû continuer. Peut-être pas. Finalement, elle ne le saurait jamais, alors autant ne pas trop y penser.

« Je... J'essaierai d'en parler. Mais je ne peux rien te promettre. Il est... Il est mal vu dans mon entourage de paraître aussi faible. De devoir demander de l'aide. Je... Je n'ai pas l'habitude d'être ainsi. » Le sourire devint forcé. Elle tentait de masquer son mal-être comme elle le pouvait. « Est-ce que tu as déjà été... Dans un tel état toi ? »

Est-ce que c'était normal ? Est-ce qu'elle n'était tout simplement pas en train de virer folle ? Avec ces souvenirs qui remontaient à la surface, ce meurtre qui tournait en boucle de son esprit, elle nageait en plein cauchemar. Finirait-elle par se réveiller, ou était-elle déjà dans la réalité, bien plus sombre qu'elle ne l'aurait imaginé ?

« Je te remercie réellement d'être venu ici. D'avoir pris de ton temps. Et merci pour la peluche. Vraiment. »

La gorge se serra, la voix se fit plus tremblante. Bordel, elle n'allait pas non plus rajouter des pleurs par-dessus tout ?! Foutues émotions incontrôlables...

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Dante Salaì Baldi
VAMPIRES - CLENCHING THE JAGGED JAWS
[titre de mon champ]: OSSATURE: : 29 ans, une trentaine jamais atteinte, vieillesse pour toujours inconnue [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibataire, l'amour m'a déjà tout repris, ma confiance en lui crève un peu plus à chaque rencontre [titre de mon champ]: BESOGNE: : Tatoueur, ancien stratège militaire repenti pour actes de cruauté gratuits et ultraviolence avérée [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCORCE: : 236 ans depuis l'été dernier, et ce chiffre ne va faire que monter jusqu'à me dégouter [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Vampire depuis plus de deux siècles, avec une fierté non dissimulée pour cette origine glaçante qui fait de moi bien plus qu'un mortel [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Synyster Gates. [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 230 [titre de mon champ]: PACTE: : 18/03/2017



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Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est médicalisé. | PV Mia   Sam 22 Juil - 16:54
Every Breath You Take ✝ "On peut dire ça..."

La question éludée par une vague réponse, un semblant de soupire cachant le vrai. Mia avait posé une seule maigre interrogation, moi j'y avais vu la misère que j'avais touchée bien trop souvent.

Déglutir. Encore.

J'aquiesce à ses remerciements. Ce n'était pas tant l'amas de tissu camouflée sous les traits d'un ours qui comptait, c'était la tendresse qu'il était supposé apporter. Un cadeau au regard bien mal avisé, au final un choix apprécié. Je laisse échapper un sourire soulagé, rassuré. Elle semble aller mieux, je m'attendais à tellement pire. Mais non. L'allure doit rester telle quelle. Les simagrées avant tout.

"C'est normal. C'était le moins que je puisse faire."

Éduqué, habitué, dressé. Paraître le plus serviable du monde tout en étant à son sommet. Maman et Papa avaient bien fait leur travail, j'étais finalement devenu comme eux, un pantin en marbre, incapable de savoir si ces décisions étaient motivées par l'envie simple ou le devoir constant. Aies l'air parfait. Toujours.
La discussion semblait close, la fuite idéale. Mia, fatiguée et en grand manque de repos, avait bien plus besoin d'une nuit tranquille que de ma présence. Je me cherche des excuses pour partir comme un fuyard. À peine debout, prêt à saluer, je me rassieds. Le pantin coupe ses fils, l'ironie.

"J'ai été dans un tel état."

L'aveu, le vrai. Même moi je réalise seulement ce que je ravalais depuis tout ce temps. La proximité de la dépression, le frisson provoqué par la lassitude si proche. Je l'avais connu ce sentiment, cette sensation rageante de n'être plus rien, de n'avoir plus rien. Des années j'étais cet implacable cadavre sans égal, sans faiblesse. Il avait suffit d'un jour pour me ravager. Changer, la nécessité de se réécrire alors. Comme si j'avais voulu arracher toutes les pages et soudain tout recommencer. Changer de pays, d'apparence, de nom pendant un temps. L'allure d'un jeune premier, les tourments d'un centenaire.

"C'est ridicule toutes les conneries que j'ai pu faire en une vie si courte. C'est aberrant même. Mais j'en ai fait et j'ai eu des regrets. Pas immédiatement, pas pour tout, mais j'en ai eu."

Je fixe mes mains et les vies brisées entre. Fantômes. J'ai toujours mes 29 ans figés sur le visage. La vérité, la pauvre, elle est bien bafouée sous la sempiternelle jouvence. Si j'avais eu dix ans, vingt ans, trente ans de plus avant la glaciale morsure, à quoi ressemblerais-je aujourd'hui?

Serais-je déjà mort?

"Et je n'avais personne à qui le dire non plus."

Personne.

"C'est après ça que j'ai commencé à tatouer. Les clients se confient, moi j'ai plus besoin de le faire. C'est eux qui chialent, pas moi. C'est mieux pour tout le monde." un comble, presque, et un fond de rire qui vient sur mes lèvres avant de reprendre "J'imagine même pas ce que mes parents auraient dit s'ils le savaient d'ailleurs."

Des remontrances, sûrement. Eux qui étaient déjà si peu fiers de me voir vendu à l'armée, ils seraient mortifiés de me savoir prince parmi les vaut-rien. Ils avaient tellement d'attente, tellement de déceptions par ma seule faute. La famille. Un fardeau plus qu'une épaule.
Je relève mes yeux vers Mia. La détresse s'en va. La nuit ou l'hôpital, je ne sais pas, mais l'envie de partager des secrets reste derrière mon sourire discret. La preuve que n'importe qui peut tomber un jour. Et la certitude qu'on se relève toujours.

"Quand j'étais petit,... peut-être 5-6 ans, ça remonte maintenant, j'ai faillit me noyer. Parce que j'étais bien con et que je ne savais pas nager, forcément. Après ça, et après m'avoir sorti de l'eau surtout, j'ai pas pu approcher la moindre flaque pendant des années. L'horreur. La honte. Le supplice que ce serait pour mes parents. Pas que je meurs, pas vraiment, mais l'héritier Baldi terrassé par un fleuve..."

On est tous humains finalement. Ou mortels tout du moins.

"C'était tout à fait impensable. Donc pas de lac, pas de rivière, pas de fleuve, pas de piscine. Rien. Je restais enfermé loin de tout." un bref regard vers la pièce s'arrête sur le plafond une seconde avant d'en revenir à la malade "Après ça je me suis barré en Amérique et je te raconte même pas le choc de voir l'océan Atlantique en vrai pour la première fois. Donc leur petit prodige devenu tatoueur, ça les ferait sûrement mourir de honte."

Je lâche un rire, hausse les épaules.

"C'est pas leur vie, c'est la mienne."


HJ:
 

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Took over my sense and I lost control. I'll taste your blood tonight. But know it's too late you've wasted all your time. Relax while you're closing your eyes to me. So warm as I'm setting you free, with your arms by your side there's no struggling.
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Mia Del Nero
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[titre de mon champ]: OSSATURE: : 25 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibataire, puisque la trahison et l'hypocrisie font partie intégrante d'elle.. [titre de mon champ]: BESOGNE: : Assistante de Sixte (Vatican) / diplomée en chirurgie [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : Totale. Son métier est d'étudier ces créatures, ce surnaturel. Elle a aussi accès à des connaissances plus poussées avec les ouvrages et les relations de sa famille. [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Humaine, issue d'une famille de sorciers, mais la magie qui coule aussi dans les veines, réprimandée par une volonté trop forte [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Son adaptation et son intelligence. Soit autre chose que des pouvoirs surnaturels. [titre de mon champ]: GANG: : Membre de la Mano Rossa / Par sa famille, elle est liée au coven Hellébore, malgré son absence de pouvoirs [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Emily Browning (c)Swan [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 456 [titre de mon champ]: PACTE: : 30/12/2016



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Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est médicalisé. | PV Mia   Lun 14 Aoû - 1:36
Every Breath You Take ✝ La présence de Dante, appréciable dans un tel instant, malgré ce qu’ils avaient pu vivre quelque temps auparavant. Mia n’avait définitivement pas la même notion de danger que les autres êtres humains. Ou alors le jeune homme apportait quelque chose de nouveau dans sa vie morne et… Désespérante. L’illusion qu’elle pouvait décider de faire tout ce qu’elle voulait, envoyer en l’air les décisions de ses parents du jour au lendemain, sans avoir peur des représailles. Fuir ce qui la liait à tout ce bordel, qui la poussait à se rapprocher minute après minute de la mort. Il avait ce pouvoir, même s’il ne le savait pas forcément. Que ses parents approuvent cette connaissance une autre, pour une fois, elle n’en avait rien à faire. Ah, la rébellion qui se réveillait dans le coeur de la petite fille parfaite… Comment le verrait Hermès ? Oui, l’avis de son aîné comptait plus que le reste. Il lui passerait certainement un savon, mais pas pour les raisons auxquelles on s’attendrait. En fait, il ne fallait pas l’oublier, mais Mia avait rencontré Dante dans l’ascenseur pour aller chez son frère. Et, possiblement, il était un des clients d’Hermès… Oui, ça pouvait être mal vu…

Le moins qu’il puisse faire, sans se rendre compte que c’était déjà beaucoup. Parce que personne n’était venue à part sa mère, et elle avait eu un discours plus moraliseur que tendre. Quant à la peluche… Jamais elle ne lui en aurait offert une. Donc Dante avait fait bien plus que n’importe qui dans son entourage. Il se releva, tenta de partir, avant de se rasseoir. Une lueur étonnée se glissa dans son regard. L’aveu la transforma en intrigue. Elle était intriguée. Lui aussi. Il lui avait toujours semblé si… A l’aise, heureux, qu’elle n’aurait jamais imaginé qu’il avait pu vivre quelque chose de semblable à elle. Peut-être qu’elle était égoïste, à penser ainsi. Certainement qu’elle l’était.

Elle l’observa, le détailla. Un doux sourire s’était dessiné sur ses lèvres. Devenir une confidente, même si ce n’était qu’une demi, c’était plutôt nouveau pour elle. Enfin, elle resta silencieuse, parce que c’était le mieux qu’elle avait à faire… Non, les conneries n’étaient jamais ridicules. Elles forgeaient l’esprit, les pensées, mais aussi la manière dont on vivait après. Alors certes, toutes les conneries n’étaient pas bonnes, elle en était la preuve vivante. Essayer de se suicider… Bordel, mais que lui était-il passé par l’esprit ? Les doigts se glissèrent dans ses cheveux, entreprirent de jouer avec. Les enroulaient autour d’eux. Une manière de détourner son attention, de ne pas trop penser à la situation. Pourtant, elle était là, pesante, la bouffant de l’intérieur. Le regard se porta sur les moniteurs, désormais éteints. Dire qu’ils avaient mesuré son pouls il y avait quelques heures… Définitivement, elle était mal à l’aise en ces lieux, mais elle n’avait d’autres choix que de rester…

Alors, elle reporta ses yeux sur Dante. Dante qui fixait ses mains, comme si elles étaient coupables des pires crimes de l’Humanité. Puis, pleine d’hésitation, elle les enserra de ses doigts. Simple contact, pour notifier sa présence, son soutien. Il allait finir par lui retourner une claque à force. N’avoir personne à qui parler… D’un côté, elle comprenait. Même si elle, il s’agissait du fait qu’elle n’avait pas osé en parler. Parce que son frère l’aurait écouté, elle le savait. Juste… C’était apparaître comme faible. Elle ne voulait, ne pouvait pas.

La suite l’étonna, la laissa sur le cul. Alors, il y avait une raison plus profonde que simplement l’amour de l’Art. Non pas que ce n’était pas une raison suffisante, loin de là. Puis il revint sur ses parents. La jeune femme ne le quittait pas des yeux, cherchant à en savoir plus dans le regard de l’autre. Trouver la réalité des sentiments derrière les mots.

Une histoire, contée avec une certaine douceur. Un souvenir, partagé pour la première fois. Le passé, on avait tendance à vouloir le laisser à sa place. Loin, très loin, pour ne jamais se le remémorer. Là, il lui proposait un petit voyage.

Une noyade survenue quand il était jeune, très jeune, puisqu’il ne se souvenait même pas de son âge exact. Elle se retrouvait en lui. Ils avaient une éducation et une famille semblable. Enfin, elle n’était pas l’héritière direct elle, puisqu’elle était seulement la cadette. Mais son frère avait échoué aux yeux de ses parents, et elle s’était donc retrouvé propulser à une place qu’elle ne désirait pas, obligée de supporter les carcans d’une société bien trop stricte pour elle. Jusqu’à la conclusion. Une virée en Amérique, une redécouverte de soi. Parce que c’était sa vie. Un sourire plus franc prit place sur son visage, malgré tout ce qui s’était passé.

« Merci d’avoir été sincère. » Un murmure, alors qu’une larme coulait silencieusement sur sa joue. Elle était encore instable, tantôt souriante, tantôt déprimée. « Ce… Ce n’est pas ridicule tu sais. J’imagine qu’il faut en faire, c’est le propre des êtres vivants. Et si tu as des regrets, ça signifie que tu as appris de tout ça, non ? »

Elle ne savait pas elle. Les regrets, elle avait appris à ne plus en avoir. Sinon, elle aurait déjà fui le Vatican et la Mano, serait passée de traqueuse à traquée, sans savoir si les connaissances de ses parents seraient suffisantes pour lui éviter la sentence de mort. Se mettre une mafia de la capitale n’était clairement pas une bonne idée.

« Je ne pense pas que tes parents auraient eu le moindre mot à dire sur la façon dont tu vis ta vie. Après tout, tu l’as dit toi-même, c’est la tienne. » Une profonde inspiration, pour chasser la mélancolie de son coeur, et la peur aussi. De ne jamais arriver à faire la même chose, faire ce qui lui plaisait. Mais finalement, avait-elle la moindre passion ? « Je trouve que tu as eu du courage de faire quelque chose en sachant que tes parents le désapprouveraient… Mais tu as eu raison. Un tel talent en dessin se doit d’être exploité ! »

Elle avait encore en tête l’oeuvre qu’il avait dessinée dans cette cage d’ascenseur. Un endroit si exigu qu’il avait pourtant magnifié en quelques dizaines de minutes. Une facilité déconcertante qui laissait Mia sur le cul. Les doigts chassèrent l’eau sur la peau de ses joues, avant de venir frotter le reste des cicatrices sur ses bras. Désagréables, voilà ce qu’elles étaient. En plus d’être un souvenir impérissable. Tout du moins, pas avant quelques semaines ou mois…

« Personne ne peut faire face au courant d’un fleuve si celui-ci a décidé de vous emporter... » Aussi métaphorique que cartésien comme discours. Elle détourna le regard, y trouvant presque un écho à sa propre situation. « Tu ne pouvais pas savoir en plus... »

Elle ne comprenait pas cette proportion à la surprotection, à ne pas avoir peur de perdre son enfant. Elle ne comprenait pas non plus qu’elle était dans une situation similaire avec sa propre famille, en quelque sorte. Néanmoins, il était toujours tellement plus facile de voir les soucis chez les autres que chez soi…

« Hé bien, qu’ils meurent de honte, je trouve que c’est une bonne chose ! » Ton légèrement plus virulent, avant de se recalmer. « Dis… Tu peux me parler de l’Océan Atlantique ? Ca a fait quoi de le traverser ? »

En réalité, Mia n’avait que peu quitté son pays d’origine. Ses parents étaient bien trop impliqués dans la vie locale pour se permettre de partir loin. En plus, elle avait commencé ses études tôt. Des études dans lesquelles elle se devait d’être studieuse, qui lui bouffaient tout son temps. De quinze ans à vingt-quatre ans. Et avec la mafia, puis le Vatican… Oui, si un jour elle avait l’occasion de faire le tour du monde, elle en serait la plus heureuse.

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Sujet: Re: Un seul être vous manque et tout est médicalisé. | PV Mia   
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Un seul être vous manque et tout est médicalisé. | PV Mia
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