outre-tombe. (irina)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

GOD HATES FANGS

avatar

conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : perpétuité cramponnée aux pétales d'une fleur de l'âge fauchée à deux décades. [titre de mon champ]: CONTRAT: : myocarde somnolant, pétrifié en sa lave, sous la cendre des siècles. [titre de mon champ]: BESOGNE: : scylla sème kyrielle de mues en sa sombre scissure, amoncèle autant de têtes. nihiliste (des)incarnée, elle n'est rien pour personne, elle est sa propre légion. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCORCE: : près de sept siècles, qu'elle se l'écrit, sa posthume tragédie. [titre de mon champ]: GANG: : sibyllin pygmalion, elle est consigliere de la nostro regno, revers occulte de loreto. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : n. vodianova // (sign. & ava. by lazare) [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 252 [titre de mon champ]: PACTE: : 11/02/2017



Message
Sujet: outre-tombe. (irina)   Sam 20 Mai - 10:44
outre-tombe

       

je suis le mal
que vous m'avez fait

Hantant le vacuum d'atones homélies, quatre gérontes, aux rachis voûtés, traînent savates sur le pavage délabré de la cellule. C'est le synode des siècles qui ergote, inexhaustible, et pourtant las. Vieux frères, à la sénilité têtue, s'adonnant à ce dada favori de tout bon barbon, et qui consiste à tuer le Temps, père indigne, puis à ronger jusqu'à l'os la carne coriace de la Mémoire, marâtre ingrate. Vaines chamailleries n'ayant sans doute que ce seul effet de nier que l'on stagne puisque, par définition, tant que l'on ferraille, c'est qu'on n'est pas fini, pas encore. Quand bien même on ne sache plus vraiment pourquoi l'on se chicane, à dire vrai. Qu'importe ; en leur infinie sapience, les siècles savent que triomphe et défaite ne sont que pile et face d'un même liard inique, gratifiant quelque souverain caprice au dessein nébuleux, et non point le talent du plus méritant. Du reste, aucun d'eux ne saurait se vanter d'en faire preuve, de mérite. Tout ce dont ces vétérans tribuns aux rhétoriques rouillées peuvent se targuer, c'est d'être à l'origine du ravage de ce champ de bataille blondin dodelinant dans le vide, mais non sa plénière conquête. D'une diatribe à l'autre, ainsi, la cabèche brimbale : Espérance, Désolation, Épouvante ou Fureur ? Le cœur nauséeux balance au gré des vagues à l'âme que la sempiternelle zizanie des centenaires ne cesse engendrer en brassant sous la surface placide des orbes lunatiques. Versatilités que la Mère Supérieure, pourtant au fait de la nature foutrement damnée de son immuable captive, se borne à taxer de gamineries effrontées, ne distinguant là, sous tignasse hirsute, qu'une enfant sauvage, égarée au fin fond des limbes certes, mais rien qu'une pauvre brebis tout de même. C'est aussi, en son temps, ce que sa précédente protectrice voulu croire, que Dieu la garde. L'agnelle, on l'oublie, n'a pas que l'humeur en dents de scie ; mais l'appétit, aussi. Et lorsqu'on cause du loup, le voilà qui se montre, ne révélant toutefois à l'œil profane que ses plus sages apparats, soit de délicates concavités gondolant à peine la pulpe labiale.

« Que fais-tu ? » Enchâssé dans la lucarne perçant vantail d'argent laqué, le portrait perplexe de la carmélite matrone dérange nonobstant les fauves divagations. « Descend d'ici, on dirait... » Ce qu'elle toise lui déplaît ; ça n'a pas de sens, ou plus exactement, ça n'est pas dans le bon sens. Pendue tête en bas, cuisses enlaçant l'une des poutrelles du solivage, c'est de fait une saynète troublante qu'a révélé le vacillant éclat du chandelier, hissé à hauteur de quinquets soupçonneux. « On dirait... ? », s'enquiert, mutin, l'objet du malaise. Désarroi lui fraisant le front, la moniale ne décale pas d'un iota, scrutant l'acrobate entre persiennes oculaires mais, sans se départir de sa pieuse contenance, se dérobe par le verbe néanmoins. « Tu ne sais que trop. » Un babil enfantin riposte à la caponnade, cependant que sur terre l'ange chute. Calots pâles crevant membranes, ce n'est pourtant pas la juvénilité souhaitée qui confère quelque lustre au regard incisif qu'elle réserve à sa gardienne, mais bien l'animosité que la nonne se refuse à nommer. N'insistant pas davantage, la narquoise recouvre gravité d'usage et, lissant l'ocre rêche des nippes fagotant son galbe prisonnier, se fige au mitan de son antre. « Allons, détends-toi, vieillarde. Je serai sage. », qu'elle jure, griffe ciselant crucifix contre myocarde racorni, « Croix de bois, croix de fer, si je mens... » Babine troussée dévoilant à son angle le saillant d'une ogive ivoirine, elle oblique alors de la caboche, comme l'attention dévie sur la compagnie, en retrait, ayant jusqu'ici escorté la moniale. « Fais-la entrer. »

Aux charnières de ronfler, enfin, tandis que la curiosité s'aiguise. Oh, le flegme n'en trahit pas une once, mais d'anxiété s'assortit l'intérêt porté à l'étrangère pénétrant ses indigentes pénates. C'est que, depuis qu'elle croupit ci-bas, c'est la première, n'étant point ni sa Cause, ni l'une de ses successives tortionnaires, à s'y risquer. « Vous devez être Irina ? », qu'elle s'enquiert alors, dévisageant, sans manières aucunes, l'effigie de la conviée. « Que me vaut le... plaisir ? Ceci, en revanche, on ne me l'a guère prédit. »

   

(c) REDBONE


_________________
feast
upon
vices


Dernière édition par Medea Carnese le Lun 19 Juin - 16:42, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

GOD HATES FANGS

avatar

conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : Si le froid minois affiche quarante cinq ans, l'âme est sombre et vieille - corrompue par les cinq cent quatre années défaites de son pacte horrifique. [titre de mon champ]: CONTRAT: : La veuve noire ne compte plus les fois où elle a empoisonné ses époux. Le seul homme qu'elle supporte à ses côtés est son frère aîné. [titre de mon champ]: BESOGNE: : Officiellement, riche PDG d'une firme pharmaceutique appelée Evora. Officieusement, bourreau scientifique, extorquant aux créatures leurs secrets. Désirant trouver remède à la stérilité vampire et créer la créature parfaite. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Famke Janssen - Carnavage [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 77 [titre de mon champ]: PACTE: : 06/02/2017



Message
Sujet: Re: outre-tombe. (irina)   Mer 14 Juin - 19:54
Les fleurs du mal
Medea Carnese & Irina Altieri



LYON – 1805

Cliquetis régulier qui hante les murs du bureau où la lumière perce peu à travers la lucarne esseulée – sinistre endroit dépossédé de vie mais hanté par les symboles religieux qui sont placardés ci et là sans la moindre pudeur. L’horloge. C’est une faille dans l’intemporalité qu’arbore le couvent de par son allure décatie – son recul de tout. Irina est figée dans son siège, ses globes lorgnant avec dédain les crucifix de différentes factures qui sont témoins de l’échange contre nature qui se joue dans un silence mortifié. Le froissement d’une page, le grattement du papier et l’éclaircissement de la voix éraillée de la Mère-Supèrieure finit par fracturer les pensées corrosives qui taquinent l’encéphale de la gorgone, ébauchant sur ses traits un sursaut de vie et d’attention. « Hm… Donc, rappelez-moi donc la raison de votre venue ? » Que la vieillarde questionne en levant ses yeux vers Irina, refermant son registre dans un rituel bien huilé. Silence glaçant ponctuant son timbre, reflet de l’importance qu’elle se donne – elle qui s’arroge la compréhension d’un dieu tout puissant.  « Mais surtout d’autant d’insistance. Nous n’avons pas pour habitude de recevoir des visiteurs. » Faux. La hongroise laisse échapper entre ses lippes étroites un ricanement sec, ses entrailles brusquement léchées par l’envie dévorante de laisser libre cours au monstre. Bafouer l’ordre. Saccager le temple. Violenter ses ouailles. Tester les limites de la ferveur et de la dévotion. « Vous et moi savons que c’est faux. Qu’un arrangement s’est noué entre un homme et vous. » Le français est maîtrisé mais le verbe transpire l’accent de moult origines. Irina appuie sournoisement le terme, sous entendant le péché de la pratique – laissant loisir à la dévote d’interpréter comme elle l’entend. La mine de vieille chouette se froisse et une lueur d’agitation s’épingle dans ses calots aux orbites creuses. « Comment… » Raclement de la chaise vers l’arrière, tension musculaire qu’Irina remarque de ses phalanges exsangues vissées aux accoudoirs du trône matriarcal. « …Osez-vous. » Finit-elle avec amertume et susceptibilité. Cependant, l’inquiétude qui l’ergote est davantage exquise aux yeux de la noire madone qui étire un sourire satisfait. L’endroit est un appel au carnage mais demeure bel et bien fidèle à la piété bafouée du bougre qui l’a envoyé ici. Baruch. Chasseur enfiévré touché par le mal, luttant contre sa nature méphitique en traquant les siens. Il n’a guère été aisé pour la hongroise de se sortir de telle confrontation mais l’évocation d’un ennemi commun s’est finalement révélée salvatrice. Belphegore Fornese. Illustre soldat de Gallerini, responsable du rapt d’Elza et incarnation des maux de Baruch. Un épais brouillard hante encore les couloirs de la compréhension d’Irina quant à la raison véritable de cette croisade mais l’attachement de Fornese pour la créature détenue ici - aussi lointain eut-il été - n’a pas échappé à l’entendement de la gorgone, se trouvant là empêtrée dans un triangle social bien trop intrigant pour qu’elle prenne ses distances. Dans l’adversité, même la plus infâme des créatures peut trouver allié pour porter le coup fatal.

« Quoique soit le prix de sa captivité. Je vous donne le double. » Irina glisse une bourse généreusement remplie à la Mère Supérieure qui semble osciller entre indignation et froide conciliation. L’approbation est accordée par la serre parcheminée qui s’accapare le butin comme le ferait un dragon envieux et les lèvres de la madone s’ourlent d’un sourire carnassier. Les voies du Seigneur sont impénétrables, qu’ils disent mais la veuve noire sait ô combien l’or a toujours raison des convoitises.

Medea. Nom porté par un sombre secret à la crinière flavescente. Incarnation même de l’agnelle aux noirs desseins. De ces pantins désarticulés qui ont la poigne féroce lorsque vient leur tour de s’avancer dans la lumière. Medea. Sylphide aux billes cristallines, danseuse céleste mutilée par l’indifférence d’un temps interminable passé en seule compagnie des harpies qui la séquestrent. Physique candide, guère départis d’une acidité rhétorique qui fait sourire la silhouette obscure qui se tient aux côtés de la marâtre, attendant de faire son entrée.

L’invitation est prononcée et la Mère Supérieure déverrouille l’huis d’humeur grinçante. Irina reste une poignée de secondes dans l’encadrement à darder ses prunelles sur la silhouette de la captive avant de rentrer dans la geôle de la succube et de lui accorder une risette singulière. De démon à démon.

L’accueil n’est pas vraiment celui escompté. Medea articule son prénom et Irina accueille sa remarque avec un semblant d’amusement. Pas si ingénue que ça l’effrontée retenue captive. Elle promène son regard sur l’équipement spartiate de la cellule et joint ses mains dans son dos avant d’incliner le museau en direction de la Mère Supérieure, qu’elle devine derrière la porte. « Ne jouez pas sur mes nerfs, vieille folle. Je cognerai à la porte lorsque ce sera bon. » Assez fort pour que ton ouïe décadente puisse l’entendre. La hongroise devine le pincement agacé de la dévote bafouée, s’en amuse dans un battement de paupières las avant d’en revenir à aux traits fins de la donzelle. « Je suis ravie de te rencontrer, Medea. Les pierres de cette pièce n’ont plus aucun secret pour toi, j’imagine. Depuis combien de temps es-tu là ? » Elle est auréolée d’un mystère opaque au goût d’un attachement viscéral qui contraigne les plus pieux. Le galbe est ravissant, bien évidemment mais cela va bien au-delà de ça. La cellule est étriquée, ce qui n’empêche pas Irina d’en faire le tour d’un pas lent, accordant une œillade attentive à chacun des éléments qui s’y trouvent. « Leur en veux-tu de te garder ainsi prisonnière ? » Les harpies. « Ou en veux-tu à ton créateur d’ainsi te contraindre dans la maison de Dieu ? » Alors que ricane le diable.  
 






© Gasmask

_________________
L'AVIDE
© FRIMELDA
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

GOD HATES FANGS

avatar

conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : perpétuité cramponnée aux pétales d'une fleur de l'âge fauchée à deux décades. [titre de mon champ]: CONTRAT: : myocarde somnolant, pétrifié en sa lave, sous la cendre des siècles. [titre de mon champ]: BESOGNE: : scylla sème kyrielle de mues en sa sombre scissure, amoncèle autant de têtes. nihiliste (des)incarnée, elle n'est rien pour personne, elle est sa propre légion. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCORCE: : près de sept siècles, qu'elle se l'écrit, sa posthume tragédie. [titre de mon champ]: GANG: : sibyllin pygmalion, elle est consigliere de la nostro regno, revers occulte de loreto. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : n. vodianova // (sign. & ava. by lazare) [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 252 [titre de mon champ]: PACTE: : 11/02/2017



Message
Sujet: Re: outre-tombe. (irina)   Lun 19 Juin - 16:42
outre-tombe

       

je suis le mal
que vous m'avez fait

Si sa sienne de gueule s'ose à esquisser audaces et vilenies sans avoir à se défier d'une chute que l'on sait inexorable, la similaire aisance prosaïque déployée par l'Étrangère taquine, en revanche, tympan et intérêt de l'Hilote à l'urbanité néantisée. Vieille folle, l'ouït-elle s'autoriser à feuler, n'en déplaise à l'éminence du curial sacerdoce. Et ça grelotte Affidée ?, en la poupine cabèche, tandis que la vétusté obtempère, avec une diligence insolite, quoiqu'à contre-cœur se révoltant sous flasque mamelle. Ainsi s'en tire-t-elle, au plus loin du synode réprouvé, pogne vissée autour du candélabre, qu'elle ne daigne pas même leur céder. Au diable, la Lumière et sa putain ; que l'Obscur soit.

« Au contraire, qu'elle rétorque, sponte sua, convoyant d'un œil la déambulation de la visiteuse, Mais s'il entre en votre érudition quelque stratagème pour que devise la rocaille, faites m'en faveur. » Césure. Les calots dévalent jusqu'au platelage raboteux, tantôt talonné du timbre, qui dégénère en notes gutturales, lestées de sarcasme. « Ce sont mes secrets que les pierres détiennent, non l'inverse. » Réflexion faite, ceux d'un Autre ; rectification que paraphe un rictus absurde. Elle est le Tabou emmuré dans la roche, la Clandestine promise à la nuit rémanente, hors du monde. Hors du temps ; qu'on lui demande combien, ainsi, c'est ineptie. Ça n'a aucun sens, et pire, ça n'a même plus d'importance. « Je ne sais pas. », souffle-t-elle alors, s'ébaudissant presque de telle saugrenuité, non sans que ne se cloque chaque syllabe d'un cynisme acescent. Aux prunelles nyctalopes de heurter le râble en noir, achevant sa circonvolution en cet autre cosmos sans astres qu'est la claustration. Des plus spartiates ; nul grabat, nulle commodité d'aucune sorte. On l'en a privée, il y a une éternité, ou était-ce hier ? Punie, la Bête en cage s'en cogne, s'accommode, ne quémande pas, n'en geint rien. Ça n'a même plus d'importance.

En son coin de grotte, l'oréade coule échine famélique, rotules éboulées sous menton. Éreintée, affamée. C'est Irina que l'on dévisage derechef. Irina qui ne répond pas. Irina qui pose des questions, par contre. Des questions dont on n'entrevoit pas la visée. La langue fauve fouette l'air. « Mon... Créateur ? » Un soupçon de sagacité lui suffit, pour deviner, au moins, de qui l'on ne cause pas. Si ce n'est de Dieu, c'est de son Chien. L'occiput heurte l'abrupt. « Me faut-il inculper qui que ce soit ? », qu'elle s'enquiert, avec prudence. La Dame pourrait être le compas, expédié par l'Architecte de sa ruine. L'outil venu évaluer l'amplitude de sa révolte. La corriger, enfin. Suspicion trahie par la crampe lui bistournant le labial ; elle voudrait ne plus moufter, taire ce dépôt d'âme infestant son être-épave à la dérive. Cependant. Quitte à s'échouer cette nuit, autant témoigner, narrer un peu de ces eaux troubles. Aux paupières de palpiter, alors, tandis que clapote le credo. « Un Corbeau me prêcha, naguère, que nous n'étions fils et tributaires que d'une entité capricieuse et volage ; l'Existence. » Concept qu'à son bras, elle s'abrutit à célébrer, honorer, s'initiant à sa liturgie, son idiome. Dupliquant l'ardent rictus dont le Maître se fendait en proférant ses clairvoyantes homélies, l'épigone poursuit. « En ceci qu'Elle est tout ce qu'il me reste à chérir et à haïr, la chienne demeure, en cette heure, l'unique Créatrice dont je puis me prévaloir. » Ce disant, les orbes dégringolent, suintant la gouaille. « Car Elle, au moins, reconnaît ses erreurs. Elle me reconnaît moi. » Au poing noué de pilonner par deux fois le poitrail désigné, siège des aberrations. En bondit alors un rire, puant le souffre, volcanique en ses graves, vésanique en ses hauts. « Voyez, Irina, mieux vaut qu'on m'enchaîne ci-bas. Faute de quoi je serai tenue, ainsi que professait le Corbeau, de m'acquitter de la rançon de ma liberté auprès d'une Existence vorace. » Les opales s'embrasent, à telle idée, comme riffaudées par l’en-deçà, aux flammes d'une fournaise chthonienne. La Démoniale ponctue, tout bas, sur le ton de la confidence prophétique. « Votre monde, votre Dieu, qui me sont mêmement étrangers... sans ciller, je les lui sacrifierai. M'entendez-vous ? » Sa gorge elle dénude d'une phalange, alors, harponnée au col de son chiton maculé. « N'hésitez pas. C'est eux, ou moi. »

   

(c) REDBONE


_________________
feast
upon
vices
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

GOD HATES FANGS

avatar

conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : Si le froid minois affiche quarante cinq ans, l'âme est sombre et vieille - corrompue par les cinq cent quatre années défaites de son pacte horrifique. [titre de mon champ]: CONTRAT: : La veuve noire ne compte plus les fois où elle a empoisonné ses époux. Le seul homme qu'elle supporte à ses côtés est son frère aîné. [titre de mon champ]: BESOGNE: : Officiellement, riche PDG d'une firme pharmaceutique appelée Evora. Officieusement, bourreau scientifique, extorquant aux créatures leurs secrets. Désirant trouver remède à la stérilité vampire et créer la créature parfaite. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Famke Janssen - Carnavage [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 77 [titre de mon champ]: PACTE: : 06/02/2017



Message
Sujet: Re: outre-tombe. (irina)   Ven 23 Juin - 0:30
Les fleurs du mal
Medea Carnese & Irina Altieri

Divine perspective. Leur conciliabule a des allures de morgue et la gargouille veillant sur le castel ne manque pas de répartie ce qui ravaude une risette amusée sur le visage patient de la visiteuse. L’enfant sauvage ne semble pas avoir oublié les convenances sociales. A question posée, réponse livrée – aussi nébuleuse soit-elle, charriant avec elle l’insurrection de l’âme. « Et quels secrets… » Le murmure suave se perd entre les murs de la geôle où gît l’absence de tout. Irina surprend l’empathie au détour de ses pensées, s’installant pernicieusement dans la mouvance de leur dialogue. Qu’est ce que ça fait ? De n’avoir que soi sans être libre. Le temps semble être un détail anecdotique entre les murs du despote et la question taraude l’esprit de l’intriguée. Quel âge peut-elle avoir ? La céleste créature au regard d’airain.  La chétive se porte jusqu’au mur, s’y laisse couler non sans darder ses billes inquisitrices sur la silhouette de la hongroise qui demeure immobile – attendant que du silence naisse l’intérêt. Incompréhension mutique de l’animal qui ne comprend pas les mœurs ni le langage. La donzelle répète. Créateur. Semble chercher la signification de ce mot ébréchant le portrait d’un froissement singulier. Allégeance, dévotion, soumission, hérédité. Vésanie d’une existence cavalant auprès du contentement de l’autre. L’altière guette l’expression sur le faciès de la captive – tente d’y déceler le moindre relent d’acrimonie que cela puisse évoquer mais au lieu de ça, Medea se claquemure. De cette mine qui évoque les enfants soupçonneux qui ne veulent rien céder. La créature demande – doit-elle accuser ? Cracher son venin tant bien même cela n’y changerait rien ? La donzelle n’a jamais appris à susurrer complainte. Pas même aux pierres de sa geôle – de ça, Irina en est presque certaine. La noire madone distingue dans ces calots ardents les prémices d’une crainte, alouvie derrière la herse de contenance qu’elle se donne. Elle parle, finalement. Non, elle récite. Doucereuse litanie d’une enfant qui raconterait une fable, ayant pour protagoniste l’Existence. La fameuse, la sacrée, l’infâme. « Ah oui, il t’a dit ça… » Elle imagine sans mal la gueule du templier, prenant malin plaisir à faire entrer dans la caboche de la réprouvée, tous ces sacro-saints fondements. Créature qu’il a prise en pitié bien que la haine envers l’espèce parasitaire soit là, obsessionnelle et corrosive. Le salut de l'âme n’est qu’illusion. Du moins, l’a-t-elle toujours été pour eux. Irina étire un sourire énigmatique, de ceux que les adultes adresseraient à leurs gosses, contents de les voir répéter leurs dires avec application. Puis mention est faite, regard se biaisant contre le pavé sale. L’erreur est tolérée par l’Existence. Elle en est la preuve même. La hongroise reste immobile, à fixer la vénusté dans l’obscurité rampante des lieux, peinture sinistre de la folie nommée isolement. Le rire saccade, gondole la frêle carcasse de la succube tapie dans l’angle de la pièce. Elle exulte, enrage de ce sombre présage qu’elle représente pour l’Humanité. Pour ce monde en dehors qui lui est toujours resté clos.

« Je n’ai pas de dieu. » Le ton est placide, tranchant à l’encontre du timbre galvanisé de la jouvencelle. « Pas de maître. » Risette carnassière qu’elle étire avec lascivité. « Mais c’est mon monde. Comme c’est le tien. » La madone s’avance, fend les ombres pour rejoindre la captive, une main furtive venant à saisir la gorge gracile. Elle la redresse sur ses pieds, convoie platement le rachis contre le mur et maintient son emprise de ses longues phalanges sans sourciller. « Joli petit secret bien gardé. » Qu’elle lui murmure, inclinant son index pour l’inviter à tourner le faciès sous son regard inquisiteur. « Qu’elles sont sages, les paroles de ton bourreau. Les seules que tu aies jamais entendu si je ne m’abuse. Truffées de mensonges et d’illusions. L’oiselle est si ravissante lorsqu’elle est docile. » La main quitte la gorge, remonte le long de la joue pour la caresser avec tendresse. Un geste maternel qui préserve une certaine rudesse en mémoire de ce qui lui a été volé. « Je les sacrifierai eux, pour te laisser voir le jour et t’offrir au monde, Medea. » Reflet de l’émail révélé dans un sourire prédateur. La gorgone rit elle aussi de la tempétueuse trouvaille. Et que l’Existence vomisse ses plus belles créations.  







© Gasmask

_________________
L'AVIDE
© FRIMELDA
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

GOD HATES FANGS

avatar

conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : perpétuité cramponnée aux pétales d'une fleur de l'âge fauchée à deux décades. [titre de mon champ]: CONTRAT: : myocarde somnolant, pétrifié en sa lave, sous la cendre des siècles. [titre de mon champ]: BESOGNE: : scylla sème kyrielle de mues en sa sombre scissure, amoncèle autant de têtes. nihiliste (des)incarnée, elle n'est rien pour personne, elle est sa propre légion. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCORCE: : près de sept siècles, qu'elle se l'écrit, sa posthume tragédie. [titre de mon champ]: GANG: : sibyllin pygmalion, elle est consigliere de la nostro regno, revers occulte de loreto. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : n. vodianova // (sign. & ava. by lazare) [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 252 [titre de mon champ]: PACTE: : 11/02/2017



Message
Sujet: Re: outre-tombe. (irina)   Mer 28 Juin - 20:13
outre-tombe

       

je suis le mal
que vous m'avez fait

Fêlé de foudre, l'iris hyalin cingle la Funeste qui, à nébuleux dessein, cafarde sa pendable félonie, sa frondeuse apostasie. Hargne pour l'équanimité, confinant à la désinvolture, dont s'émaille l'apophtegme ce disant. Ça lui larde les tympans, à la Cloîtrée, d'ouïr, en son monde, outre-tombe, semblable fanfaronne ineptie. Ci-bas, ça sonne si faux, si dérisoire. Cela étant, jamais Baruch ne s'était fait si vulgaire en ses coups-bas, jauge-t-elle, cédant tout à fait à la paranoïa, cette fois-ci pénétrée de l'idée que l'ombre honnie s'incline à l'esgourde de ce qui ne peut être qu'un énième pantin. Ni Dieu, ni Maître, vraiment ? Est-ce donc ce qu'il a susurré à sa Marionnette de goualer pour la tenter ? Bien sûr, qu'elle n'avale pas la fable qu'on lui sert, mais ne crache pas davantage, endiguant par devers crocs le vitriol que sécrète, à flots, les glandes de sa colère qu'à son corps défendant telle pénible comédie concourt à tuméfier. C'est qu'elle est d'abord bête en cage, et les gesticulations tant corporelles que cérébrales de la Visiteuse sont le tourment de trop infligé à son illusoire sérénité d'ermite. C'est une chose d'appréhender la Tentation, une autre d'y être confrontée. Quand bien même la Madone feint-elle l'émancipation dont elle se targue, quand bien même n'est-elle qu'un traquenard à la séduisante psalmodie. Somme toute, il est de notoriété commune que les putains simulent, elles aussi. Mais dès lors que l'on se fait marchand de rêves, mentir n'est point trahir, romancer n'est point tromper. Celle-ci, de Ménesse, ne déroge pas aux règles de l'art. C'est un bien beau phantasme, qu'elle lui suggère. Un espoir, un calvaire doux-amer. Un supplice malmenant avec charme l'étanchéité supposée de son abnégation. Un tourment délicat, au poing duquel la gorge écrouée palpite, à l'instar de quelque fragile agnelle s'offrant sans bêler à l'haleine carnassière. Qu'il est doux, de vaciller de la sorte, au seuil de la gueule du loup... Sous paupières, l'orage passe.

« Feriez-vous cela. », qu'elle susurre, a posteriori d'un motus songeur, modulant la question d'accents péremptoires. Une dextre se juche, alors, contre main câline, cependant que les voiles carnés se rétractent. Délicatesse évinçant toute tentative de dérobade. Le poignet de la Madone est ainsi guidé, avec une brutale indolence, auprès de la pulpe évasée de la flave Pouponne. Aux narines de béer plus encore, se bâfrant de l'effluve furtive, de concert aux pupilles dilatées, puits noirs qui, du visage anguleux, ripaillent sans vergogne aucune, cependant que cogite la Damnée. « Vous ne connaissez pas Baruch. », qu'elle finit par inférer. Car lui sait qu'il y a pas d'oiselle sans cage. Qu'il n'est rien de docile, ni de petit, ni de joli, en ce secret qu'il a pris soin, près de cinq siècles plus tôt, de jeter plus bas que terre. Et plus que tout, il n'est pas le Corbeau de la fable. Non. Elle ne connaît pas Baruch. Tout au plus sont-ils liés par quelque abstruse cabale. « C'est une erreur. » Contre peau, murmure et babines s'épuisent. « Mon existence ne semble jalonnée que de cela. D'erreur en erreur, je vais, je demeure. C'est d'un burlesque ! » Et ça voudrait en rire, mais ça ne peut qu'en soupirer, pas même en sourire, ni du reste en chialer. Las, le minois, avec pondération, se détache alors, comme à grand peine, de l'embaumant délice. Des éons, qu'on ne l'avait point ne serait-ce qu'effleurée de la sorte. « Vous feriez mieux de sortir, à présent. », qu'elle suggère, labre retroussé sur les apex d'une fâcheuse fringale, sans pour autant ébaucher le moindre geste l'y invitant. C'est qu'à force de ne se nourrir que de chats, bien sûr, qu'elle est tentée. Ainsi que Baruch l'escomptait, sans l'ombre d'un putain de doute.

   

(c) REDBONE


_________________
feast
upon
vices
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

GOD HATES FANGS

avatar

conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : Si le froid minois affiche quarante cinq ans, l'âme est sombre et vieille - corrompue par les cinq cent quatre années défaites de son pacte horrifique. [titre de mon champ]: CONTRAT: : La veuve noire ne compte plus les fois où elle a empoisonné ses époux. Le seul homme qu'elle supporte à ses côtés est son frère aîné. [titre de mon champ]: BESOGNE: : Officiellement, riche PDG d'une firme pharmaceutique appelée Evora. Officieusement, bourreau scientifique, extorquant aux créatures leurs secrets. Désirant trouver remède à la stérilité vampire et créer la créature parfaite. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Famke Janssen - Carnavage [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 77 [titre de mon champ]: PACTE: : 06/02/2017



Message
Sujet: Re: outre-tombe. (irina)   Sam 1 Juil - 23:35
Les fleurs du mal
Medea Carnese & Irina Altieri

L’indignée tressaute en son for intérieur. Irina le flaire. L’agnelle n’y croit pas vraiment, refuse de voir son carcan protecteur se briser sous les dires d’une arriviste aux mains froides. Néanmoins, la gorgone est , ce qui donne une miette de légitimité à ses paroles. Les visites se font rare dans le caveau de la succube à la flavescente crinière et miroite dans ses grands yeux une lueur d’émoi qui satisfait la visiteuse. Irina prend un malin plaisir à se faire vile tentatrice dans l’antre de la captive, grattant les bribes de curiosité pour mettre à nu l’intrigue carnassière. Celle qui dévore les imprudents. Elevée dans le mensonge, la donzelle a la tête pleine des injonctions du créateur – de la même manière que Fornese a plié l’esprit d’Elza au gré de sa volonté. Toute puissante. La veuve jalouse. La madone gronde de l’emprise insidieuse que les mâles ont sur leur proie. Ce qu’on lui vole, elle veut le reprendre – et elle le fera, ô ça oui, de la plus sournoise des manières.
La ravissante créature flotte un instant, suspendue à ses réflexions et l’altière embrasse le minois d’un regard incisif, un sourire attendri vissé sur ses lèvres purpurines. Medea commente plus qu’elle ne questionne, mettant en doute la parole de la noire instigatrice. Petite maligne. La main de la hongroise épouse lascivement la joue de la poupée, brouillant les pistes entre réconfort maternel et attraction charnelle. Puis, les phalanges de la damnée grimpent à leur tour pour l’y rejoindre dans une lente observation. Le portrait figé dans une mutique accointance, Irina ausculte de ses noirs calots la mouvance de sa dextre guidée par la donzelle. Effleure la pulpe des lippes, fragrance de la chair morte humée par l’indicible dans l’espoir de lui extorquer tous ses sombres secrets. Les longs doigts restent suspendus, la langue de la captive s’agite dans un verdict sans appel. Elle ne connaît pas Baruch – constat qui fait sourciller la gorgone. Et que les sombres amandes amères tentent d’exorciser la loyauté de la pauvrette, langue claquant contre palais dans un semblant d’agacement. « Cesse donc de t’embourber dans tes acquis. » Susurre-t-elle une fois main rendue. D’un battement de cils, Irina accueille l’accès taciturne de la flavescente. Léger chatoiement dans calots qui dévoile l’aura carnassière de la démone et voilà qu’elle lui conseille de prendre congé avec politesse. Aurait-elle taquiné l’appétit du monstre ? Les babines dégueulent de bon sens. « Ce n’est pas surprenant que Baruch ne t’aie pas donné goût à l’ambition. » La hongroise esquisse un pas vers l’arrière, sa longue chevelure ramenée sur une épaule. « Je peux t’ouvrir à une certaine clairvoyance, Medea. » Elle offre son avant-bras au regard de la captive, pupilles étrécies par la prédation. « Goûte et tu verras. Je n’ai pas de mensonge à t’offrir. Seulement un avant goût de liberté. » Mais au lieu de s’approcher, la madone s’écarte, venant à tracer des sillons invisibles du bout des doigts sur la porte de la geôle. « Sache que tu peux refuser. » Court silence. « Mais que je ne renoncerai pas à toi. »          







© Gasmask

_________________
L'AVIDE
© FRIMELDA
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

GOD HATES FANGS

avatar

conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : perpétuité cramponnée aux pétales d'une fleur de l'âge fauchée à deux décades. [titre de mon champ]: CONTRAT: : myocarde somnolant, pétrifié en sa lave, sous la cendre des siècles. [titre de mon champ]: BESOGNE: : scylla sème kyrielle de mues en sa sombre scissure, amoncèle autant de têtes. nihiliste (des)incarnée, elle n'est rien pour personne, elle est sa propre légion. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCORCE: : près de sept siècles, qu'elle se l'écrit, sa posthume tragédie. [titre de mon champ]: GANG: : sibyllin pygmalion, elle est consigliere de la nostro regno, revers occulte de loreto. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : n. vodianova // (sign. & ava. by lazare) [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 252 [titre de mon champ]: PACTE: : 11/02/2017



Message
Sujet: Re: outre-tombe. (irina)   Ven 7 Juil - 19:41
outre-tombe

       

je suis le mal
que vous m'avez fait

Le derme s'hérisse d'une survivance d'animosité revêche, celle-ci qui tantôt encore lui horripilait allègrement l'humeur, mais qui désormais ne se manifeste plus qu'en sourdine. Écho de la grogne de Ménade s'en revenant à son barathre, et dont on perçoit, encore, au loin, la rumeur endiablée ricochant dans le grand vide qu'obombre le sein de la recluse. La furia, à l'instar de quelque passion que ce soit, n'est plus pour l'ermite qu'une braque concubine de passage, volage et versatile, qui s'harasse et se lasse de peu, de rien. Vieille bête ne se démontant plus volontiers. C'est qu'ici-bas, en telles limbes, c'est au règne de la Torpeur que les siècles humiliés finissent toujours par se soumettre. Souveraine permissive qui tolère certes d'accidentels adultères, mais qui néanmoins, sans relâche, à l'usure, recouvre ses privilèges d'épouse légitime, olympienne, terrible. Un baiser d'elle endort alors, éthérise les affres, gèle les feux. On crève, ainsi. On agonit, sans heurt, sans peur ; ainsi que ces promeneurs égarés, que le frimas surprend, et que l'on découvre à l'aube, béats, pelotonnés sous linceul de givre. À ceci près que, chaque soir, la Maudite s'éveille de son simulacre de trépas, expiant par là les prétendues incartades d'un autre. Un autre qui ose lui dédaigner la seule et unique faveur jamais mandée : un coup de grâce. Tirer sa révérence, en bonne et due forme, en se libérant non pas de sa prison, mais de ce pacte la liant à l'Existence, déité adorée, et d'autant plus redoutée. Une fin digne de ce nom, en somme. Au lieu de quoi le médiocre épilogue s'éternise. En cela, Irina ne se fourvoie pas ; Baruch lui prohibe, de fait, d'atteindre l'exclusive ambition ayant daigné cloquer la glèbe aride de son désespoir. Tout le reste ne fut que passades, velléités et tocades. Sursauts de poussières dans le néant. Le bataillon de leurres qu'invoque inéluctablement l'ennui et qui, sur-le-champ, périt. Mais vouloir en finir, ça, c'est autre chose. Ça vire à l'obsession, à l'hantise. C'est une visée qui s'incruste sur rétine, et qu'on ne perd, dès lors, plus jamais de vue. Alors, bien sûr, s'entendre causer de clairvoyance en telles circonstances, c'est à se tordre. Sarcasme qu'elle passe sous silence. Ça ne lui charcute qu'un coin de labre, hermétique.

Nonobstant, l'échine s'écorche de l'enceinte, cette seconde peau de pierre dont on voudrait la mutiler. Non, pardon ; la délivrer. La Madone verrait-elle l'Enfant à mettre au monde, que ça ne l'étonnerait pas, Medea, accoutumée qu'elle est à la condescendance que sa gueule d'ange inspire. Nonchalance lestant son allure, c'est à son tour d'ondoyer vers la Tentation. À portée, elle fait halte, porte un vaste et distant regard sur le poignet tantôt affranchi, puis à la jugulaire dérobée sous dense chevelure, et enfin jusque sur la convexité de la cuisse, muchant sa fémorale sous robe. Si des yeux, elle la bouffe, toutefois c'est là tout. Elle sait le fascinant et lancinant pouvoir que l'ichor détient. Ce qu'elle ignore, en revanche, c'est que sa nature, désormais, l'en préserve pour bonne part. Nature n'ayant qu'un nom ; damnation. L'Autre n'ayant jamais jugé bon de l'instruire plus avant. Qu'à cela ne tienne, si Irina s'envisage Mater de substitution. Ses veines, elle ne tètera point, mais sa sapience, pourquoi pas ?

« La vérité, c'est que j'ai peur. », qu'elle fredonne alors, drapant soudain ses airs carnassiers sous les voiles d'ingénuité et de candeur escomptés. « De ce qui, au-dehors, me tuera. Ainsi que ces animaux apprivoisés, que l'on tente de réintégrer à leur milieu naturel, voyez-vous. » Ce parallèle, il n'est pas d'elle, mais de Baruch. Brocard qu'elle use, à ses fins, quand bien même n'en croit-elle rien. Façon commode d'enquêter plus avant sur ce qui l'attend. Elle poursuit. « Mais est-ce bien là ce que vous envisagez, pour moi ? Et si tel est le cas, pourquoi, Irina ? Pourquoi m'aidez-vous ? Qu'attendez-vous de moi ? » Enfin, la question a franchi le seuil de la pensée. La seule qui compte, lui tenant vraiment à cœur. Pourquoi. « Je ne le refuse pas, ce secours. Comprenez... C'est juste... que je n'y entends rien. Que j'ai peur. » Et alors, sur commande, le regard tantôt orageux s'embue de pluie. Ondée purpurine, qui jaillit sous cils. « Sortez-moi d'ici... Finissons-en. » Ou plutôt poursuivons, ce drame qui se cherche décidément une conclusion.

   

(c) REDBONE


_________________
feast
upon
vices
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

GOD HATES FANGS

avatar

conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : Si le froid minois affiche quarante cinq ans, l'âme est sombre et vieille - corrompue par les cinq cent quatre années défaites de son pacte horrifique. [titre de mon champ]: CONTRAT: : La veuve noire ne compte plus les fois où elle a empoisonné ses époux. Le seul homme qu'elle supporte à ses côtés est son frère aîné. [titre de mon champ]: BESOGNE: : Officiellement, riche PDG d'une firme pharmaceutique appelée Evora. Officieusement, bourreau scientifique, extorquant aux créatures leurs secrets. Désirant trouver remède à la stérilité vampire et créer la créature parfaite. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Famke Janssen - Carnavage [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 77 [titre de mon champ]: PACTE: : 06/02/2017



Message
Sujet: Re: outre-tombe. (irina)   Dim 16 Juil - 19:29
Les fleurs du mal
Medea Carnese & Irina Altieri

A travers l’obscurité nébuleuse de la cellule, les furies s’auscultent d’un regard attentif. Et la veuve voudrait se fendre d’une risette goguenarde, réalisant que des réponses, elle n’en a eu qu’une ébauche abstraite – soulevant volutes de brume épaisse dans son esprit égaré. Ce que Medea a daigné lui donner, ce ne sont que quelques miettes aiguisant davantage sa satiété. Le silence éprouve l’esprit, les globes tentent de distinguer l’émoi qui bouillonne en deçà de la carcasse maudite. Que veux-tu Medea ? Le trépas. La liberté. Ou l’absence. L’indifférence. L’oubli. Le minois juvénile se drape  d’une frissonnante hostilité et la candeur qu’on peut lui trouver se disloque pour laisser place à une certaine… Férocité. Vorace. Qui fait écho au tumulte carnassier de la noire madone qui songe à la belle époque, quand elle pouvait encore s’abreuver au cou des innocents sans éprouver la moindre contrepartie salée. Que se déchaînent les pulsions les plus obscures – les plus sales que leur espèce ait pu engendrer. La hongroise n’oublie pas pourquoi elle est là. Elle veut y goûter aux délices de cette connaissance obscure de celle qui ne parait pas même savoir qui elle est vraiment. Elle se dit damnée. Peut-être se croit-elle même unique ? Le regard d’ébène parcourt lascivement les contours de la geôle. Ce qui semble sordide et froid à l’une est probablement ce qui a de plus familier et rassurant à l’autre. C’est aussi sûrement tout ce qu’elle a connu.
La fille se meut, la farouche musarde. Et qu’elle la dévore d’un regard de vipère, lorgnant sur ses veines comme si la tentation était trop grande. Irina reste impassible, menton dressé face à la sournoise, cherchant à en découdre avec ce qu’elle cache. Que veux-tu Medea ? – qu’elle se répète inlassablement, entêtée à trouver cette réponse qui tarde à venir. La captive est trouble – tout autant qu’elle est mystère. L’altière le sait. Medea pourrait fondre sur elle à tout moment, dégueulant rage des babines retroussées. Parce qu’elle aurait toutes les raisons d’être furieuse. Les deux se jaugent, le silence mortifère s’étire, puis le masque enfiévré de la flavescente ploie sous minauderie. Peur. Qu’elle lui dit, revenant sur le sentier de la perdition. A fleur d’une accalmie déroutante. Elle s’inquiète de là dehors, de ce qui pourrait l’attendre, écorche quelques faiblesses aux yeux de la gorgone qui veille, mutique. Irina sent la glace de ses traits s’ébrécher au ton – flaire que son instinct maternel ne cesse de gesticuler en elle. Medea saborde son émoi, vient chercher en elle ce qu’elle a de plus lointain. Pourquoi fait-elle ça ? L'aider.
Parce que tu as appartenu à un autre.
Et cet autre m’a volé ce que j’ai de plus cher.
Statue austère figée dans l’introspection, Irina tarde à embrayer une expression à l’égard de la bouille poupine qui se froisse dans un grand chagrin. La veuve incline le chef, ses onyx caressant la courbe harmonieuse de la créature, cherchant la bévue sur l’expression qui traîne. Est-ce que tu mens ? Si c’est le cas, elle le fait bien.
« Avant cela, il me faut savoir, Medea. » Lui répond la hongroise, d’un ton traînant. Les ombres lui grignotent le visage mais Irina s’amourache de quelques perles sanglantes qui coulent le long de sa mâchoire. Elle les cueille sur l’index, veut y goûter mais réfrène ses ardeurs, préférant porter une œillade attentive sur la belle. « Baruch. Il est le seul qui t’a conforté jusqu’à aujourd’hui, n’est-ce-pas ? » Et le Corbeau, le fameux. Celui qui hante les tréfonds de sa conscience. C’est Fornese. Elle en est sûre. Car ils ont partagé bien plus qu’un plaisir à s’instruire.    

« Si je t’aide c’est parce que j’exècre les muselières. Je réprouve ceux et celles qui choisissent à notre place. Ton libre-arbitre te sera rendu. Libre à toi ensuite d’en faire ce que tu veux. J’estime que quiconque a le droit d’en faire son propre choix. » Pur altruisme ? Pas vraiment. Medea lui rappelle le joug du tortionnaire, la main qui l’étrangle, resserrant petit à petit l’étau sur sa liberté. Cette résilience qu’il entame en elle, jour après jour – tandis que l’enfant est gardé dans l’ombre du régent. Conditionnée. Détournée.

La haine.

Sans vraiment s’en rendre compte, Irina a resserré les paumes contre les pommettes de la belle, rendant ce contact plutôt désagréable pour cette dernière. Le voile dans ses globes d’ébène se dissipe tandis qu’elle réalise que la fureur la gangrène. Encore.
La veuve rompt le contact, détendant ses bras le long de ses hanches.  
« C’est normal d’appréhender ce que l’on ne connaît pas. » Murmure qui revient de loin. « Mais l’excitation de découvrir, c’est toujours plus intense. » Un délice. Et la madone est bien placée pour le savoir.







© Gasmask

_________________
L'AVIDE
© FRIMELDA
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



Contenu sponsorisé
conter son règne



Message
Sujet: Re: outre-tombe. (irina)   
Revenir en haut Aller en bas
 
outre-tombe. (irina)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» Mémoire d'Outre Tombe
» Le début d'une grande amitié... ou presque. (PV Outre-Tombe)
» Il revient d'outre-tombe !
» Créature : Outre tombe
» Angleterre - Discussion d'outre-tombe.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
RIGOR MORTIS ::  :: NARGUER LE MONDE-
Sauter vers: