Come un Miraggio | Elza Maroni (Terminé)

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[titre de mon champ]: OSSATURE: : 35 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibataire [titre de mon champ]: BESOGNE: : Gérant d'un restaurant [titre de mon champ]: FABLE: : La vie n'est pas suffisamment compliquée comme ça, il faut maintenant qu'on nous invente des problèmes aux allures de créatures fantastiques ? Allons bon, ce ne sont que des conneries ! Du moins, c'était ce que je croyais...avant qu'elle n'entre dans ma vie et ne foute tout en l'air. [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Plus humain, tu meurs. [titre de mon champ]: PRESTIGE: : J'ai un sens inné pour...rien en fait ! M'attirer des emmerdes ? [titre de mon champ]: GANG: : Je me suffis à moi tout seul, en tant que Roi Suprême de la Maladresse et des Autruches [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Luca Argentero(c)Elza [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 683 [titre de mon champ]: PACTE: : 19/05/2017



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Sujet: Re: Come un Miraggio | Elza Maroni (Terminé)   Ven 16 Juin - 13:47





Come un Miraggio



Elle se souciait de moi. Sincèrement. Je le voyais à l’expression désolée qu’elle affichait, impuissante quant à ma condition d’amant blessé. Elle n’avait pas l’air de remettre en cause ma parole, bien qu’il faille toujours avoir les deux versions de l’histoire, comme j’avais pu le lui dire lors de notre précédente entrevue. Je m’estimais moi-même responsable de mes maux d’amour. En grande partie, du moins. Il n’est pas aisé d’avoir un jugement objectif sur sa propre personnalité, bien sûr. Mais on pouvait tout de même se reconnaître quelques qualités visibles de tous ! En l’occurrence, ma facilité à faire sourire les autres. A la faire sourire, elle. J’en étais ravi. Mais le fait de ne pas être fatiguée de mon comportement ne l’avait pas empêché de disparaître sans laisser de traces ! Ah…les femmes !

Arrivés à hauteur d’une fontaine, on n’entendait presque plus rien des conversations entre invités. Il n’y avait que l’eau, la brise, quelques merles chanteurs et nous. Elle savourait ce changement d’atmosphère, soulignant les babillements inintéressants des hôtes. J’étais on ne peut plus d’accord, puisque sa seule présence me satisfaisait. J’eus tout le loisir de la regarder, tandis qu’elle fermait les yeux. Ma belle ingénue pas si innocente et pourtant fragile, qui suscite la protection et la tendresse, le désir dépourvu de bestialité. Un sentiment pur. Aussi pur qu’elle. Je détournai mes yeux alors qu’elle rouvrait les siens, partageant une idée sur le pourquoi je ne pouvais garder mes conquêtes. Je ris, surpris, encore. J’avais été projeté dans un univers onirique et revenais à la réalité par une pirouette rocambolesque digne d’un Chaplin ! J’adorais cela.

" Mes talents culinaires sont très restreints ! Je doute que ce soit la raison de leur départ. A moins qu’elles n’aient pas compris la différence entre gérer un restaurant et être maître des cuisines ? Il faudrait que je pense à prendre des cours dans ce cas… ", ajoutai-je en caressant mon menton, songeur.

Je la suivis sur le banc, m’asseyant à côté d’elle. Elza avait le don de passer du coq à l’âne et bien qu’il ne s’agisse pas d’un interrogatoire, j’avais parfois du mal à être aussi spontané qu’elle dans mes réponses. Penser une chose et l’exprimer de façon intelligible, ce n’était pas la même histoire. Non pas que je redoutais d’en dire trop ou que je voulais paraître plus pertinent que je ne l’étais. Mais j’essayais d’être aussi vrai que possible. Pour lui prouver qu’elle pouvait me faire confiance. Pour lui prouver qu’elle pouvait nous faire confiance.

" Je ne crois pas, non. Je n’ai pas toujours besoin d’être entouré pour me sentir bien. Pour me sentir libre. " Je me tournai vers elle, constatant qu’elle était attentive à ma réponse. Je continuai :
" Le plus difficile dans le fait d’être seul…c’est peut-être l’incapacité à partager. A échanger. On n’est pas fait pour ça. " Elle n’avait pas bougé d’un cil et c’était à mon tour de regarder ailleurs. Mes prunelles avaient glissé sur ses lèvres qui, dans mon esprit, avaient un goût divin. Je regardai à nouveau droit devant moi, frottant mes mains comme si ce simple geste allait faire s’évaporer toute gêne.

" Etes-vous nécessairement condamnée à la solitude ou vous êtes-vous faites un peu trop vite à cette condition ? "





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[titre de mon champ]: OSSATURE: : Bien que l’image renvoyée par son miroir révèle l’apparence d’une jeune femme d’une vingtaine d’années, Elza en compte exactement 480. [titre de mon champ]: CONTRAT: : Malgré les années écoulées et ses indénombrables rébellions, Elza est restée pieuse. Qu'est-ce qu'un homme si ce n'est une source de conseils et de réconfort ? [titre de mon champ]: BESOGNE: : Sa dévotion envers le clan Gallerini est telle qu'un emploi serait superflu. Son unique aspiration est dédiée aux croyances de son roi qu'elle s'efforce à faire respecter. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCORCE: : 480 printemps plus tard... [titre de mon champ]: ÉCHINE: : I am a vampire, I have lost my fangs ♫ [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Sens accrus, résistance au froid, agilité, force et rapidité. [titre de mon champ]: GANG: : Clan Gallerini : la paix avec les hommes est le but des tous les membres. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Mia Wasikowska [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 169 [titre de mon champ]: PACTE: : 18/03/2017



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Sujet: Re: Come un Miraggio | Elza Maroni (Terminé)   Ven 16 Juin - 21:51
Je n’avais pas senti son regard se poser sur moi tandis que mes paupières étaient clauses. En connexion avec la nature, mes sens avaient été dévoués à tout autre chose qu’à l’analyse aveugle du comportement de l’homme. Qu’aurais-je pensé de cet intérêt à tendance romantique ? Je ne l’en aurai pas blâmé, mais me serais reprochée de rester à ses côtés malgré le terrible secret que je tentais de lui dissimuler. Le rire de Vittorio s’étira sur plusieurs mètres, signe que ma réplique ne l’avait pas laissé totalement indifférent. Être la cause la joie d’un individu était particulièrement agréable, j’appréciais la sensation que cela procurait. Comment les vampires lambda pouvaient-ils se contenter de la destruction et du massacre ? Sans ces brefs moments de bonheur, la vie ne méritait clairement pas d’être vécue. L’écoutant attentivement, je souriais à sa réponse. Si mon cœur battait encore, la cuisine aurait été une de mes passions, j’en étais sûre et certaine. Je m’imaginais parfois en train de sortir des brioches du four, préparant des plats de lasagnes… Tant de mets qui m’étaient interdits. J’avais déjà tenté de me nourrir de la sorte à l’époque où ma condition était encore récente mais, malheureusement, les conséquences s’étaient révélées catastrophiques. Depuis, je n’y avais plus jamais touché. Devenir une créature nocturne devait être tragique pour un individu dont la vocation avait été dans l’univers culinaire, mais il ne s’agissait pas du moment le plus opportun pour y réfléchir longuement. « Peut-être êtes-vous uniquement sorti avec des gourdes. » Je haussais les épaules d’un air indifférent, avant de pouffer de rire. « En tous les cas, songez-y la prochaine fois. On ne sait jamais. J’ai parfois une sorte de sixième sens ! » Je fis les yeux ronds en prononçant cette dernière phrase, modulant ma voix afin de la rendre mystérieuse et perchée, tentant de me rendre à la fois terrifiante et loufoque à la mention du paranormal.

Désormais assis sur un banc faisant face à la fontaine, un blanc s’installa. Il ne s’agissait pas d’un silence lourd et gênant, il nous permettait à chacun de profiter du moment présent à notre façon. Je savourais la douceur du temps et de notre échange, me maudissant de ne pouvoir donner suite à cette soirée. Encore. Je fus soudain saisie par une interrogation qui s’échappa aussitôt de mes lèvres. Est-ce que la solitude lui pesait ? Était-il malheureux du désintérêt des femmes à son égard ? Oui, je me montrais parfois trop curieuse et intrusive, mais j’avais le sentiment que ce n’était pas pour déplaire à mon interlocuteur. Auquel cas, il lui suffisait d’ignorer ma question ou même de la détourner. Ce qu’il ne fit pas. Devais-je interprété cela comme un aveu de confiance ? Avait-il suffisamment foi en moi pour se livrer aussi ouvertement malgré le fait que nous nous connaissions à peine ? D’après les faits, c’était bel et bien le cas. Un sourire mêlant compassion et tendresse se tendit alors sur mon visage. Ses mots trouvaient une résonance incroyable en moi. Je pouvais m’y identifier sans l’ombre d’un doute, aveu qui devait se refléter dans mes prunelles. Je fus parcourue comme d’un courant électrique en remarquant ses yeux se poser sur mes lèvres. Le contact visuel ne dura qu’un bref instant, probablement le temps qui lui fut nécessaire pour réaliser, avant que le brun ne regarde ailleurs. Visiblement, ce dernier n’était guère à l’aise mais j’avais le sentiment que ce n’était pas uniquement dû à la discussion. Comme pour l’aider à trahir la cause de ce mal-être physiquement manifesté par le frottement de ses mains entre elles, je demandais : « Avez-vous froid ? Désirez-vous rentrer ? » Oui, j’en étais presque à l’encourager à me mentir, mais je lui fournissais l’alibi parfait. Personnalité paradoxale vous vous souvenez ?

Je n’eus pas l’occasion de reprendre le sujet principal puisqu’il en profita pour m’interroger à son tour. Je fronçais les sourcils, non par énervement mais par réflexion. Tout serait si simple s’il connaissait mon histoire… Même si je devais la lui cacher, rien ne m’interdisait d’employer une comparaison plus ou moins fidèle à la réalité. Au moins, cela suffirait peut-être à lui donner un ordre d’idée et le motiverait à ne plus poser de questions trop dérangeantes. Considérant que je m’apprêtais à lui confesser une bribe d’information importante, je saisis son menton de la main droite dans le but de le tourner dans ma direction. Je plongeais mon regard dans le sien, arborant un air grave. Il devait saisir la difficulté de la situation dans laquelle je me retrouvais plongée. « Imaginons pendant une minute que je fais partie d’une… organisation gouvernementale secrète. Oui, je sais, c’est très peu probable et cela frise le ridicule. Mais écoutez-moi. Si tel était le cas, divulguer certains aspects de mon existence me serait interdit. Briser cette règle aurait des conséquences inimaginables et désastreuses. Non seulement je mettrais ma vie en danger, mais aussi celle de ceux qui comptent pour moi. Et ça, je ne le permettrai jamais. » Il s’agissait du meilleur parallèle que j’étais parvenue à improviser. Je marquais une pause, le fixant dans les yeux afin de m’assurer qu’il saisissait la gravité de mes propos. Et aussi qu’il correspondait au critère cité : j’avais de l’affection pour lui. « Croyez-moi, vous ne souhaitez pas être mêlé à ça. Vous méritez d’être en sécurité -si ce n’est de vous-même car vous serez sûrement votre propre bourreau- et d’avoir une vie paisible. » Petite parenthèse humoristique durant un moment sinistre. « Tout ça pour dire que… Oui. Je suis condamnée à la solitude mais ce n’est ni par obligation ni par envie. Mais par choix. Je veux, pour une fois, être fière de mes propres décisions. » Que se passait-il dans sa tête ? Me prenait-il pour une psychopathe ? Allait-il s’insurger avant de prendre la fuite ? « Voici la raison pour laquelle nous ne pouvons pas être amis. »

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Sujet: Re: Come un Miraggio | Elza Maroni (Terminé)   Ven 16 Juin - 23:03





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Mes yeux se plissèrent, mes sourcils se froncèrent, je secouai légèrement la tête de gauche à droite et j'essayai de rembobiner ce qu'elle venait de me dire. Ce n'était pas une excuse bidon ou si elle l'était, Elza méritait la palme d'or du prix d'interprétation féminine. Sa concentration, son ton, la braise brûlante dans ses yeux, il y avait du vrai dans ce mensonge. Elle essayait véritablement de me donner une information capitale. De m'avertir d'un danger imminent en cas de récidive. Je savais qu'il n'y aurait pas de prochaine fois volontaire. Mais ce soir, aucune de nos volontés n'était en cause alors...j'espérais que le destin me donne prochainement un nouveau coup de pouce.

Je retirai sa main de mon menton, la conservant dans la mienne. Elle était glacée ! N'était-ce pas elle qui préférerait rentrer par peur d'attraper froid ? Mon pouce effleura lentement le dos de sa main avant que je ne prenne la parole.

" Pourquoi vous infligez ça ? Je veux dire, tout ne vous serait pas interdit, je me trompe ? James Bond, Ethan Hunt, Jason Bourne...ils ont une vie ces gens-là ! Difficile, certes. Mais il leur arrive comme à tous de profiter d'instants de répit. "

Je soupirai en repensant à tout ce qu'elle avait dit. Tout ce qu'elle n'avait pas dit, aussi, et ne me dira probablement jamais. Est-ce que je m'en contenterais ? N'allais-je pas me lasser de cette infime part de son être qui m'était autorisé seulement pour quelques heures quand d'autres -assurément, il y en avait d'autres !- pouvaient connaître le reste ?

" Est-ce que je peux me convertir ? Passer des examens médicaux ou je ne sais quelle épreuve sportive ? Pas sûr que je réussisse mais au moins, j'aurai tenté ! Ne vous donnez pas tant de mal pour vous couper du monde. Vous avez le droit d'être heureuse ", ajoutai je en retrouvant ses prunelles.

Déterminée, elle l'était. Mais cette décision impliquait une tristesse infinie, un manque de tant de choses simples et essentielles ! Je me demandais depuis quand cela durait ou combien d'autres avaient croisé sa route sans pouvoir s'y arrêter parce qu'elle leur avait barré l'accès. Parce qu'elle croyait que c'était la meilleure solution pour tout le monde, y compris pour elle-même. Se condamner, voilà ce qu'elle faisait. Et je ne comprenais pas pourquoi. Me protéger d'elle, de moi, de cette pseudo organisation que je ne connaissais pas et dont je me fichais éperdument, c'était complètement absurde. Même si elle ne m'en croyait pas capable, je pouvais très bien me défendre sans son aide ! Les conséquences m'importaient peu, si ce n'est aucunement ! Nous ne faisions de mal à personne en étant ensemble, alors pourquoi nous en priver ? Ou pour qui ? ...

" C'est votre petit ami, c'est ça ? Il est violent ? Il vous a déjà menacé, vous ou vos proches et c'est la raison pour laquelle vous fuyez ? "

La simple idée que j'étais dans le vrai concernant ce type me fit contracter la mâchoire de rage. Il ne m'avait jamais inspiré, bien que je ne sache qui il était ni à quoi il ressemblait. Ce fumier avait la chance d'être aimé par une femme comme elle et se permettait de la blesser...c'en était insupportable !





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Sujet: Re: Come un Miraggio | Elza Maroni (Terminé)   Sam 17 Juin - 0:08
La réaction de mon interlocuteur ne se fit pas attendre. Les informations que je venais de lui fournir semblaient virevolter dans son esprit, cherchant à comprendre et à mesurer l’importance des minces renseignements que je venais de lui fournir. Il était impensable de lui en communiquer davantage, j’en avais déjà bien trop révélé. Pourtant, il s’agissait de l’unique carte qu’il me restait en main. Si je ne le décourageais pas dans ses tentatives d’en apprendre de plus belles sur moi, il ne cesserait de remuer le couteau dans la plaie malgré lui. Aussi, cela m’éviterait de répondre à des questions embarrassantes. Du moins, c’était ce que je pensais originellement, mais la suite des événements allait me prouver l’opposé. Désormais, il me comparait à 007 et ses acolytes du même genre. Tellement embarrassant et éloigné de la vérité ! Je ne lui reprochais pas ce verdict des plus abracadabrant puisque j’avais moi-même utilisé la métaphore de la société secrète. Je soupirais à mon tour, baissant mon regard sur mes genoux. Que pouvais-je répondre à cela ? Lorsqu’il prononça le mot « convertir », mes yeux se reposèrent sur lui, les sourcils légèrement froncés. Je venais d’être témoin de l’étendue de l’ironie du vocabulaire. S’il y avait une chose que je craignais, c’était bel et bien qu’il le soit. Je sentais d’ores et déjà les pensées suicidaires montant en moi s’il se retrouvait à partager ma condition surnaturelle, et ce, de ma faute. Je sentais le pouce de Vittorio me caressant la main qu’il avait saisi, mais je ne la retirais pas de son emprise. D’ordinaire, une unique personne détenait l’autorisation d’établir un quelconque contact physique avec moi. Un seul homme m’avait délicatement touché de la sorte. Il s’agissait d’Isiah. Qui d’autre ? Lui seul s’était vu accorder l’honneur de me blottir entre ses bras et de s’allonger auprès de moi. Pourtant, je ne résistais pas au témoignage d’affection et d’intérêt que me portait l’italien me faisant face. Ce dernier prenait des risques en mettant un terme à sa réticence de m’approcher, précédemment découragé par ma possible réaction. Le fait de m’être livrée à lui plus que d’ordinaire avait-il suffit à briser la barrière qui nous séparait ? De son côté, cela semblait être le cas.

Je restais sans voix face à ses commentaires. Comment pouvais-je lui lancer qu’il avait faux sur toute la ligne ? La complexité de la situation n’en serait qu’accentuée. Tandis qu’il commençait à mentionner mon « petit ami », je pris conscience de l’impasse dans lequel je venais de le jeter. J’en avais à la fois trop dit, et pas suffisamment. Le brun ne savait que faire des éléments de ma confidence, et se noyait sous le flot des possibilités. Mon cœur se serrait tandis que je lisais la confusion profonde qu’exprimait son visage. Il m’était impossible d’abréger la torture qu’il s’imposait. Comprenant qu’il n’ajouterait rien tant que je me murais dans le silence total, je pris une profonde inspiration et finit par me lancer. « Mon petit ami n’a rien à voir là-dedans. » Vittorio ne devait pas apprendre qu’il s’agissait d’un leurre. Il devait déjà commencer par digérer ce qui avait été dit et les précisions ultérieures. Ne souhaitant pas m’enfoncer dans le mensonge concernant ce point, j’enchaînais avant qu’il ne me coupe la parole. « Et je vous l’ai dit. Si je m’inflige cela c’est pour m’assurer que ceux auxquels je tiens restent sains et saufs. Ne me demandez pas d’être égoïste et de vivre avec ça sur la conscience si un désastre se produit par ma faute. »

Le jardin était silencieux aux alentours, nous permettant l’intimité nécessaire au bon déroulement de la discussion. Je me mordais la lèvre inférieure en signe de concentration, ne sachant quoi ajouter. Je me maudissais pour m’être rendue à cette réunion puisque, en mon absence, rien de tout cela ne se serait déroulé. Seulement, je n’aurais pas passé un moment délectable en sa compagnie. Ne pouvions-nous pas nous contenter de retourner en arrière ? Ainsi, je serais en capacité de retenir ma langue. « Même s’il existait un moyen de vous… « convertir » pour employer vos propres termes, je vous tuerais avant que vous n’en ayez le temps. » J’étais bien placée pour savoir que le repos éternel était à favoriser à la vie sans fin. Mes globes oculaires ne cessaient de changer de point fixe tandis que je prononçais les mots suivants : « J’aimerais être heureuse, croyez-moi. Mais je dois réaliser des sacrifices et faire preuve d’altruisme. Quitte à ne jamais trouver la paix… » Soudain, je pris conscience de la moiteur de mes joues. J’y frottais ma main libre avant de l’examiner. Des larmes. Pourpre.

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Sujet: Re: Come un Miraggio | Elza Maroni (Terminé)   Sam 17 Juin - 1:27





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Sa première réponse me fit l'effet d'un électrochoc. Naturellement, elle le défendait. Comment pouvait-il en être autrement ? Elle l'aimait, la malheureuse ! Elle couvrait ses arrières quoiqu'il fasse ou quoiqu'il soit sur le point de faire. J'avais lu quelque part que les femmes battues, bien qu'elles aient conscience de subir les affres de leurs conjoints, persistent à croire que ces monstres sont capables de changer. Malgré tout ce qu'elles endurent au quotidien, elles sont aveuglés par l'amour qu'elles leur portent. Elza avait beau avoir un caractère fort, elle n'en restait pas moins sensible et douce. Il devait sûrement l'embobiner à coups de discours lyriques ou de gestes affectueux. L'enflure !

" Mais ce ne sera pas de votre faute, jamais ! N'endossez pas la responsabilité qui nous est propre à chacun, je vous en prie... ", ajoutai-je, pressé de reprendre la parole. " Nous sommes adultes et je doute que vos proches apprécient que vous ne choisissiez pour eux. De la même manière que j'aimerais pouvoir être libre de mes choix vous concernant. "

Il ne s'agissait pas d'un engagement officiel, bon sang ! Un numéro de téléphone, une envie de lui parler à la terrasse d'un café, de visiter ensemble la chapelle Sixtine, le palais Colonna ou juste se balader dans la galleria Spada. Cela ne me semblait pas impossible...et pourtant ! A voir la souffrance qui marquait à présent ses traits en raison de ce qui lui traversait l'esprit, j'en déduisais qu'effectivement, toutes ces choses incarnaient le Malin en personne. Pure folie ! Mais alors que je pensais que cela ne pouvait être pire, elle évoqua une situation on ne peut plus impensable : elle, meurtrière et moi, victime. Mes sourcils se haussèrent immédiatement, incrédule que j'étais. Elle qui m'avait, dès notre première rencontre, materné. Qui avait continué à prendre soin de moi en expliquant que son choix de m'éloigner d'elle était pour mon propre bien. Comment était-ce possible qu'elle envisage cela ? Et quel serait son motif ? On nageait en plein délire ! La conversation était en train de prendre une tournure pour le moins inattendue et je n'étais pas préparé à y faire face. Mais ce n'était rien comparé à ce qui m'attendait...

Sa voix avait changé, plus frêle que jamais. Les yeux rivés sur nos mains enlacés, je n'avais pas remarqué de suite qu'elle pleurait. Qu'elle pleurait...du sang ?! J'avais redressé la tête vers elle au moment où elle essuyait ses joues, y laissant des traces rougeâtres.

" Mon Dieu ! ", soufflai-je, pris de panique. Je libérai ma main de la sienne pour déchirer un morceau de ma chemise afin d'éponger maladroitement son visage. Etait-ce une veine qui avait éclaté ? Un vaisseau trop fin qui avait cédé ? Etait-ce un signe avant coureur d'AVC ? Comment stopper l'hémorragie ? Etait-il seulement possible de faire un garrot au niveau des yeux ?!

" Retournons à la Villa chercher de l'aide ! Il nous faut un médecin sur-le-champ ! ", tonnai-je.





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Sujet: Re: Come un Miraggio | Elza Maroni (Terminé)   Sam 17 Juin - 19:42
Vittorio se donnait bien du mal dans sa tentative d’influencer mes choix, malgré le fait qu’il ne détenait pas toutes les clés en main. Était-il toujours persuadé que mon « petit ami » me battait ? D’ailleurs, comment pouvait-il imaginer qu’avec un caractère comme le mien je me laisserais frapper sans rendre les coups ? J’étais la prisonnière volontaire du clan Gallerini, mais jamais, Ô grand jamais, je me plierai sous la menace physique d’un homme. Me prenait-il pour une damoiselle en détresse, attendant que son prince charmant ne vienne la délivrer de sa tour de torture ? Malgré la connotation misogyne de cette théorie, je ne parvenais pas à le mépriser. J’appartenais à un monde dont il ne suspectait même pas l’existence. Je ne pouvais pas m’attendre à ce que sa théorie soit justifiée ! Ainsi, je l’écoutais d’une oreille attentive tandis qu’il voulait me persuader que je n’avais pas à m’imposer une telle misère, ne laissant pas les miens décider de ce qu’ils souhaitaient. Seulement, si je leur en offrais la possibilité, l’existence du surnaturel ne serait plus dissimulée. Ce serait trop tard. D’une voix calme et douce, je lui dis : « Seriez-vous prêt à prendre le risque de bouleverser définitivement votre vie ? Votre vision du monde ? Vous ignorez tout de l’ampleur de mon secret. Aucun retour en arrière ne serait possible, c’est pour ça que je prends la décision à votre place. Il s’agit de l’unique option pour vous protéger. » Je me répétais, mais je n’étais pas certaine que mon interlocuteur entendait mes paroles. Pourquoi anéantirait-il tout ce en quoi il croyait depuis sa naissance ? Pour… quelqu’un comme moi ? Ni fille, ni femme, ni vivante, ni morte. Je n’en valais pas la peine. Mon regard se posa sur la fontaine qui continuait de propager sa douce mélodie. L’environnement était si paisible, si apaisant ! Il était difficile à croire qu’une discussion aussi terrible s’y déroulait. Je murmurais : « Vous m’aurez oublié bien plus rapidement que le temps qui vous serait nécessaire afin d’assimiler ce que je vous dissimule. » Ne comprenait-il pas que je faisais tout cela pour son propre bien ? Que je le sauvais et non le punissais ?

Peu après, je m’essuyais à l’aide de ma main avant de la contempler. Je m’étais mise à pleurer tout en lui parlant, sans même en prendre conscience. Les conséquences risquaient d’être abominables alors que mon attention se portait sur la couleur rougeâtre de mes larmes, caractéristique réservée aux vampires. Le brun ne me laissa pas le temps de me dérober à sa vue afin de me nettoyer. Le mal était fait. Pris de panique, je le vis déchirer un bout de sa chemise avant de la frotter sur mes joues. Il s’affolait, hurlant que nous devions trouver un médecin. Devais-je feindre le problème de santé ? Non, j’étais certaine qu’il souhaiterait rester à mes côtés jusqu’au diagnostic. Je n’avais aucune marge de manœuvre, dans tous les cas j’étais foutue. Il ne me restait plus qu’à trouver une issue limitant les dégâts. Plus facile à dire qu’à faire ! Je saisis son poignet, et l’éloigna. « Je vais bien. Calmez-nous. Pour la énième fois, je vous demande de me croire quand je vous dis que vous ne désirez pas faire partie de mon monde. La dernière fois, j’ai pris la fuite. Aujourd’hui, je vous en laisse l’honneur. » Aucune information supplémentaire ne lui fut fourni. À quoi bon si c’était pour le tromper ? Je me levais et me dirigeais vers la source d’eau d’un pas lent, me rafraîchissant le visage. Je me tenais dos à lui, attendant de sentir sa présence se dissiper. Après l’horreur à laquelle il venait d’assister, je ne pouvais imaginer que Vittorio désire rester davantage en ma présence. J’allais bien, son aide était donc dispensable. Je n’allais pas m’effondrer pour rendre l’âme.

Les prunelles dans le vague, je fredonnais pour moi-même, comme si je résistais contre la solitude qui allait à nouveau s’abattre sur moi. En dehors de ces derniers instants, la soirée avait été bien plus agréable que je l’avais soupçonnée auparavant. Est-ce que le gérant était toujours derrière moi ? Mes sens m’indiquaient que oui, mais j’ignorais pour combien de temps. Ce dernier ne devait jamais avoir été autant perdu qu’au moment-même. Quelle explication rationnelle trouverait-il pour comprendre ce bouleversement ? Le rouge sur le visage, j’avais dû lui paraître démoniaque. Encore un rappel de ma nature véritable. Malgré mon accoutrement, je n’étais pas une princesse. Je ne l’avais jamais été et ne le serais jamais. Une créature de la nuit ne mérite pas une telle distinction.

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Sujet: Re: Come un Miraggio | Elza Maroni (Terminé)   Sam 17 Juin - 22:31





Come un Miraggio



Mon enveloppe charnelle était la seule chose qui m'empêchait de m'éparpiller en tous sens. Les alarmes se multipliaient dans ma tête, les angoisses aussi et je redoutais de ne pouvoir rester éveillé suffisamment longtemps pour lui porter les secours nécessaires. Et si je m'évanouissais ? Je chassai cette idée de mon esprit en secouant la tête d'un geste rapide. Hors de question que je me défile maintenant. Ses doigts se refermèrent autour de mon poignet et m'écartèrent de son visage. L'empreinte de sa main marquait ma peau par endroit, là où la pression avait été plus forte. Comment pouvait-elle rester aussi calme ?! Elle allait...bien ?! Son monde ?! Mais qu'est-ce que cela venait faire là dedans à un moment pareil ? Elle pleurait du sang nom de Dieu ! DU SANG ! Et j'étais le seul à m'affoler. Le seul à devoir prendre congé aussi. Partir ? Maintenant ? Elle délirait complètement ! C'est ça, elle délirait ! Le vaisseau sanguin qui avait éclaté faisait se balader le liquide un peu partout dans son cerveau et cela expliquait son attitude détachée, son manque de clairvoyance.

Elle m'abandonna sur le banc pour se rapprocher de la fontaine, rafraîchissant son visage en y passant un peu d'eau. Comme si de rien n'était. J'essayai de calmer ma respiration, sentant mon cœur battre trop vite en raison de la peur qui m'avait saisi. Mes mains tremblaient légèrement et je sentais la sueur se frayer un chemin depuis la nuque jusqu'en bas de mon dos. Je passai une main sur mon visage, toujours choqué. Au bout de quelques minutes, je pris la parole à voix basse.

" Si c'est un test, il est de très mauvais goût... "

Je me levai, braqué sur sa silhouette.

" Je n'aurais jamais imaginé que vous puissiez aller aussi loin pour me tenir à bonne distance ! ", ironisai-je, scotché par son numéro. Mes tempes cognaient tandis que je m'avançai, toujours derrière elle.

" Quand est-ce que vous aurez compris que ça ne sert à rien ? ", demandai-je au reflet de la fontaine avant de la regarder, elle.

A mesure que je détaillais son profil, je me rappelai de ce qu'elle m'avait dit un peu plus tôt. Pas de retour en arrière...savait-elle seulement que c'était déjà le cas ? Que dès lors qu'elle avait croisé mon chemin, je pensais à elle ? Au fait qu'elle me plante sans explication, que je ne m'en accommodais pas, que j'allais faire mon possible pour la retrouver ? L'oublier, encore ! Ca aussi, ça n'avait plus lieu d'être ! Bouleversée, ma vie l'était déjà. Seule la mort est un encéphalogramme plat et rares sont ceux qui la souhaitent. Pas moi, en tous cas. Alors un peu plus de vagues dans l'océan, cela ne me dérangeait pas. Tant que je pouvais apprécier des instants avec elle.





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[titre de mon champ]: OSSATURE: : Bien que l’image renvoyée par son miroir révèle l’apparence d’une jeune femme d’une vingtaine d’années, Elza en compte exactement 480. [titre de mon champ]: CONTRAT: : Malgré les années écoulées et ses indénombrables rébellions, Elza est restée pieuse. Qu'est-ce qu'un homme si ce n'est une source de conseils et de réconfort ? [titre de mon champ]: BESOGNE: : Sa dévotion envers le clan Gallerini est telle qu'un emploi serait superflu. Son unique aspiration est dédiée aux croyances de son roi qu'elle s'efforce à faire respecter. [titre de mon champ]:
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Sujet: Re: Come un Miraggio | Elza Maroni (Terminé)   Dim 18 Juin - 15:14
Tandis qu’il se rapprochait de moi, face à la fontaine, je ressentis son angoisse. Elle me parvenait par vagues dans une sensation des plus désagréables. Lorsque Vittorio prit la parole, j’eus la chair de poule. Je possédais bien des talents, mais je n’étais pas une magicienne. Comment aurais-je pu imiter un saignement ? Il commençait à sérieusement remettre sa sincérité en question. Peut-être était-ce une bonne chose ? S’agissait-il de l’unique moyen pour l’éloigner de moi ? À en croire ses dires, je me leurrais. Il ne renoncerait pas. Je poussais un grognement mêlant désespoir et exaspération avant de me retourner vers lui et de le fixer droit dans les yeux. « J’ignore si vous êtes un idiot ou non, mais vous m’en avez tout l’air. » lançais-je d’une voix trahissant la fureur qui naissait en mon être. Je commençais à perdre patience alors que j’étais confronté à son caractère buté. Que se passerait-il s’il me faisait sortir de mes gonds ? Finirais-je par l’assommer avant de disparaître pour la seconde fois ? Je l’avertissais et lui offrait de s’enfuir et, pourtant, il s’acharnait à me tirer les vers du nez. Serrant les poings, je m’avançais dans sa direction, une lueur étrange et effrayante dans le regard. Je ressemblais à n’importe quel vampire en chasse, tournant autour de sa proie, à la différence que ma dentition n’avait pas changé. Brusquement, je le saisis par le col afin de rapprocher son visage du mien, laissant seulement un ou deux centimètres de distance. D’un ton mêlant sensualité et intimidation, je lui demandais simplement : « Est-ce que je vous fais peur ? » Entre les larmes pourpres et mon changement brutal de comportement, le brun aurait toutes les raisons d’exhiber le trouillard sommeillant en lui. Aucune réponse. « Vous devriez. » concluais-je avant de laisser mes canines s’allonger. La vision était cauchemardesque, la grandeur de ces dernières étant accentuée par la lumière pâle provenant de la lune qui nous surplombait. Il désirait la vérité, la voici. « Je suis un vampire. » L’existence des créatures surnaturelles ne lui était désormais plus un mystère, à moins qu’il ne me prenne pour une psychopathe possédant des aptitudes incroyables. « Vous étiez prévenu mais vous souhaitiez la vérité. Je réitère mon offre : fuyez. » Je le repoussais en arrière avant de reprendre ma place précédente, les bras croisés. Notre relation était terminée. Je venais de mettre un terme à ce qui aurait pu se révéler être une incroyable aventure, et à l’innocence de l’homme. Son existence en serait à tout jamais bouleversée par ma faute… mais aussi par la sienne. Pourquoi ne s’était-il pas contenté de m’écouter ? S’il s’était soumis à mes recommandations, nous n’en serions jamais arrivés jusque-là.

Mes prunelles se posèrent sur mon reflet, déformé par de multiples vaguelettes. J’avais l’apparence d’une femme banale mais exceptionnellement élégante. Mon profond désarroi se lisait dans mon expression faciale, brisée par la tournure des événements. Est-ce que Vittorio allait alarmer les forces de l’ordre ? Tenterait-il de me tuer avant de quitter les lieux ? Alerterait-il toutes les personnes présentes pour la célébration ? Le champ des possibles était interminable, je n’en voyais tout simplement pas le bout. Il ne me restait plus qu’à rejoindre Isiah à l’appartement que nous partagions, du moins s’il était rentré. Pourrais-je lui faire part de la situation dans laquelle je m’étais fourrée ? Si oui, qu’en penserait-il ? Me désapprouverait-il ? Mes entrailles se retournaient dès que l’idée de le décevoir m’assaillait. J’aimais le savoir auprès de moi, prenant soin l’un de l’autre de la manière la plus délicate possible. Coincidentellement, je pouvais dresser un parallèle avec le lien qui me reliait à mon protagoniste actuel. À moindre mesure bien évidemment. Nous n’avions encore rien partagé ou presque. Et ce n’était pas près de changer. Je glissais ma main dans ma chevelure et les laissa retomber en masse sur mes épaules. J’en avais assez d’être présentée de la sorte. Pour qui me prenais-je ? Une humaine ? Une brise légère vint les agiter tandis que mes yeux ne quittaient toujours pas mon image. J’étais chargée par des émotions puissantes et contraires dont je n’étais pas l’unique provenance. Le gérant se trouvait toujours non loin, probablement tétanisé. Seul le temps lui permettrait d’accepter ce tremplin de révélations qui manquait de l’assommer.

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Sujet: Re: Come un Miraggio | Elza Maroni (Terminé)   Dim 18 Juin - 23:53





Come un Miraggio



J'avais réveillé la bête, littéralement parlant. Le grognement qu'elle émit suite à mon dernier propos semblait venir du profond de son être. De son "autre" être. Celui que je ne connaissais pas et qu'elle se refusait à me montrer. Jusqu'à ce que ce ne soit plus possible de faire autrement. Parce que toutes ses munitions avaient été épuisées. Que malgré tous ses efforts, je restais ancré sur mes positions. Je voulais savoir. Tout savoir. Parce que j'étais persuadé de pouvoir encaisser. De comprendre. Quelles qu'aient été ses actions ou ce qu'elle avait traversé. Je n'ai jamais jugé les autres et cela n'allait pas commencer ce soir, qu'importe les révélations qui seraient faites.

Son expression avait changé. Son regard...alternait entre froid glacé et feu incendiaire. Plus difficile que d'ordinaire, il m'était impossible d'interpréter ses émotions. Ce n'était pas elle qui s'adressait à moi, mais bien son autre personnalité. Elle n'eut aucun mal à me rapprocher d'elle, me saisissant par le col. Les bras figés le long du corps, je ne faisais que respirer. Les battements de mon cœur martelaient mes tempes, j'étais complètement hypnotisé. Je ne voulais rien perdre de ce qui était en train de se passer. Peur ? Je mentirais si je disais que j'étais pleinement confiant quant à la suite des évènements. Malgré tout, mes yeux restaient grand ouverts. Sa lèvre supérieure se retroussa légèrement, juste assez pour que je puisse voir ses dents. Ses canines s'allongèrent, plus pointues et bien plus longues que la normale. Je clignai des yeux à plusieurs reprises, comme pour m'assurer que ma vision n'était pas brouillée. Que ce qui était en train de se passer était réel. Et ça l'était ! Les larmes de sang d'abord, maintenant les canines, il fallait être un expert en effets spéciaux pour un tel niveau de supercherie ! Pouvait-on vraiment faire ça ? Elle me repoussa, m'ordonnant de partir, mais je ne bougeai pas. Réduit au silence, j'étais également aussi figé qu'une statue de pierre. Trop d'informations se bousculaient dans ma tête. Des informations que je n'arrivais pas à classer : ce que je savais, ce que je ne savais pas, ce qui était vrai, ce qui ne l'était pas...faisais-je l'objet d'une caméra cachée ? Quelqu'un allait-il sortir d'un buisson pour crier "surprise" ? J'en doutais. Comme je doutais de ce qu'elle venait de me révéler. Je regardai ses cheveux tomber en cascade alors qu'elle défaisait sa coiffure. Je regardai son masque tomber sans pour autant croire en sa véritable nature. Un flot de paroles inutiles se déversait sur ma langue, que je contenais du mieux que je le pouvais entre mes lèvres. Comment encaisser ça ? Comment...comprendre cela ? Nous ne sommes pas dans un film et elle est aussi réelle que je suis moi, Vittorio Sedara, homme d'une trentaine d'années confronté à la plus extravagante de toutes les confessions.

Je reculai lentement, cherchant de la main le banc pour m'y asseoir. L'image de ses larmes, de ses dents, de sa bestialité soudaine, des flashs qui ne cessaient de se confronter à une réalité que j'étais incapable d'abandonner : les créatures fantastiques n'existent pas.

" Ce n'est pas...possible... ", parvins-je à articuler.





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Sujet: Re: Come un Miraggio | Elza Maroni (Terminé)   Lun 19 Juin - 16:03
Le silence ponctué de sons naturels fut interrompu par Vittorio tandis qu’il se rasseyait sur le bon que nous avions précédemment occupés. Je ne parvenais pas à le comprendre. Sa logique m’était inconcevable. Bon nombre d’individus se retrouvant confronté à un vampire s’enfuiraient en courant s’ils s’en voyaient offrir l’opportunité. Mais pas lui. Était-il instable mentalement ? Aimait-il le danger, l’adrénaline ? Avait-il des pensées suicidaires ? Il ne pouvait pas tenir à moi au point de prendre un quelconque risque n’est-ce pas ? Après tout, nous ne nous connaissions guère malgré les bons moments que nous avions partagés. Malgré cela, l’homme se tenait toujours à une poignée de mètres de moi, indifférent au danger qui pourrait le guetter. Si je le souhaitais, une fraction de seconde seulement me serait nécessaire pour planter mes crocs dans sa jugulaire afin de lui ôter tout souffle de vie. Je levais les yeux en direction du ciel, tout en poussant un profond soupir face à son refus d’accepter la vérité que je venais de lui proposer sur un plateau en or. Je lui tournais toujours le dos lorsque je répondis : « Vous vouliez que je vous accorde la possibilité de choisir. Vous l’avez. Croyez-moi ou non. Tout dépend de vous. Il n’est pas trop tard pour vivre dans le doute. » Cette option était plus avantageuse pour lui que de savoir avec certitude que bien des créatures diaboliques foulaient le sol de ce monde. Plus un mot. Que pouvais-je ajouter ? Tout reposait sur ses épaules, réponse à la requête qu’il m’avait poussé à accepter. Il devait opter pour l’acceptation ou son alternative. Je n’étais plus en mesure de faire quoique ce soit pour lui, ce que je lui signifiais alors tout en me retournant dans le but de poser mes prunelles sur lui. « Je comprends votre suspicion, votre hésitation quant à ce que je viens de vous révéler. Vous avez besoin de temps afin de mettre les choses au clair dans votre esprit, ce qui m’amène à croire qu’il vaut mieux que je me retire. »

D’un pas lent trahissant mon désir de ne pas l’effrayer et la tendresse que j’avais à son égard, j’avançais vers lui puis lui posait ma main sur son épaule gauche. « Je suis désolée. » avouais-je d’un ton bouleversé. J’avais parfaitement conscience de la tempête qui s’abattait désormais sur celui qui avait été proche de devenir un ami. Pourtant, était-ce de cette manière qu’on traitait ses proches ? En leur posant un terrible fardeau sur les épaules ? Non, ce n’était pas mon avis mais, pourtant, je l’avais fait. Je m’étais pliée à sa requête, certes, mais était-ce vraiment une excuse ? N’était-ce pas là le témoignage d’un profond égoïsme de ma part ? Tout était embrouillé dans ma tête. « Peu importe votre décision, vous savez où me trouver. » murmurais-je en faisant référence à la boite de nuit où nous nous étions rencontrés pour la première fois. Habituellement, je m'y rendais peu, mais peut-être ferais-je une exception durant les prochaines semaines. Je l’abandonnais là, seul, bien décidée à ne pas répondre à ses appels s’il criait mon prénom. Lui seul devait faire son choix, je ne devais aucunement l’influencer.

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Sujet: Re: Come un Miraggio | Elza Maroni (Terminé)   
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