Clinical Trial ➳ pv Annibale

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GOD HATES FANGS

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conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : 27 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : solitaire [titre de mon champ]: BESOGNE: : barmaid, petits trafics, prostitution occasionnelle [titre de mon champ]:
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Sujet: Clinical Trial ➳ pv Annibale   Mar 13 Juin - 4:18

La plupart des gens — humains, disons — détestent les hôpitaux. C’est l’odeur, disent-ils. Ça leur rappelle toujours un sale truc, la perte de leur grand-mère ou autre tragédie personnelle. Ce mélange de détergeant, bétadine, sécrétions humaines et bouffe industrielle. Ça pue la misère. Pour quelqu’un comme moi, une composante essentielle s’ajoute à ce sympathique cocktail. Le Sang, bien sûr. Il est partout, dans et hors des corps, gouttant des seringues et des tubes, remplissant les fioles, les poches, séchant sur les pansements, drainé, centrifugé, filtré dans les machines. Ses particules imprègnent jusqu’à l’air ambiant, capiteuse obsession.

Évidemment, j’ai toujours évité ce genre d’établissement. Une immortelle n’a rien à faire chez les toubibs. Mais il faut croire que les temps changent. L’ombre de la menace plane sur les sanguinaires de Rome. Si une majorité du peuple a avalé sans broncher les couleuvres pontificales, il semble évident qu’ils sont aujourd’hui plus nombreux encore à nous épier. Nous traquer. Je pourrais décider de m’envoler une nouvelle fois, quitter ces contrées devenues trop hasardeuses. Après tout, je n’ai pas vraiment pris le temps de m’attacher à la ville. Mais je suis trop proche de retrouver Dumitru.

À ma connaissance, s’il n’est pas à Rome, c’est toutefois son point de chute régulier, là où il revient inexorablement ramper auprès de ses supérieurs. Mes informations, laborieusement grapillées, sont loin de certitudes absolues. Mais je pense avoir appris qu’il vouerait allégeance à l’un des assoupis. Vacaresco, son compatriote à la réputation ombrageuse. Une histoire d’alliance pluricentenaire entre vieux boyars. Quoi qu’il en soit, il reviendra. Et je l’attendrai.

D’ici là, j’aimerais donc éviter autant que possible de me faire repérer par de nouveaux ennemis. Je cultive celui-ci avec trop de rancœur pour consacrer mon temps à d’autres volontaires. Ce qui implique malheureusement de lever le pied sur mes chasses et me contraint à innover. Voilà pourquoi je traîne ma carcasse dans les couloirs vert mucus de cet hôpital, le souffle contenu et la démarche assurée. Comme si je savais parfaitement où j’allais, flottant dans mon uniforme d’infirmière. Sa propriétaire est en ce moment inconsciente dans le lit vide de l’unité de soins palliatifs où je l’ai placée. Drainer une victime shootée à la morphine jusqu’aux os m’a tentée pendant quelques pénibles secondes, mais je ne veux pas risquer de devoir sortir du bâtiment dans un état second.

J’ai depuis dérivé jusqu’aux urgences, en quête d’échantillons, de poches de transfusion, n’importe quoi. Ici, l’odeur est encore plus prenante, au point de me donner le tournis. La Soif écorche mes entrailles et je commence à devenir impatiente. J’aurais sûrement dû mieux planifier cette petite incursion, mais j’ai jamais été un stratège. Le corridor s’ouvre sur une salle d’attente remplie de souffrants, certains arborant des plaies ouvertes à peine dissimulées sous un bandage grossier. Je suis contrainte de détourner les yeux. Mais quelque chose les interrompt dans leur course. Un autre regard, dans lequel ils s’accrochent instinctivement. Par familiarité.

Ces billes là, je les connais.

Eh merde. Fucking Scarpa.

J’aurais bien fait demi-tour, mais ce serait ridicule. Il m’a vue, je l’ai vu, on s’est vu, pas moyen de faire semblant du contraire. J’aurais vraiment dû le buter quand j’en avais l’occasion. Ma cervelle s’active en accéléré. Il sait très bien que j’ai rien d’une infirmière. S’il lui prenait l’envie de donner l’alerte ? Je préfère ne pas lui en donner le temps. Comme d’habitude, j’improvise sans trop penser aux conséquences. Je le rejoins en quelques pas déterminés et lui offre mon plus beau sourire carnassier.

— Monsieur Scarpa ? C’est à vous. Si vous voulez bien me suivre. Ah, laissez-moi vous aider…

Mais s’il veut pas, c’est pareil. Ma proposition de soutien n’est qu’un prétexte à l’attraper par le bras d’une poigne ferme, ne lui laissant aucune possibilité de retraite. Je l’entraîne d’autorité vers un ailleurs plus tranquille dont j’ignore encore la location, sans me préoccuper de ses éventuelles protestations. Pas le temps de chercher l’endroit idéal, je m’engouffre dans la première pièce vide venue et referme la porte, avant de me tourner vers mon otage, que je fixe un instant avec circonspection. Et maintenant ? J’en sais trop rien moi-même.

J’ai rien contre ce type, à l’origine, c’est pas le plus désagréable de mes clients et le petit jeu que j’avais entrepris avec lui avait quelque chose de divertissant. Mais depuis mon petit dérapage, le paradigme a changé. Il est un danger que je ferais mieux d’éliminer. Je croise les bras, indécise, abandonnant le vouvoiement factice de mon rôle, que j’employais également lors de nos premières rencontres. On n’en est plus là.

— Dis-moi, t’as aussi prévenu ta petite milice personnelle que tu t’étais retourné un ongle ?

C’est en partie ironique. Si je lui ai laissé la vie sauve, la dernière fois, c’est parce qu’il m’avait menacée. J’y croyais qu’à moitié, mais je ne pouvais pas prendre le risque. Depuis, silence radio. Et cette nuit, y a clairement personne pour voler à son secours. Pourtant, je me suis toujours pas décidée à esquisser un geste dans sa direction.

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ANATOMY OF THE SOUL

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[titre de mon champ]: OSSATURE: : quarante et un. clocher de la décadence. [titre de mon champ]: CONTRAT: : amours rares. femmes à son bras, parures pour la présentation. quelques putes masculines pour qui il ploie genoux, cancelle aussitôt le foutre expulsé. ignominie de l'acte. son corps qu'il scalpe sous la douche. [titre de mon champ]: BESOGNE: : psychiatre. s'organise la nef des fous sous la coupole du vatican. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : gamin qu'on jette à la fournaise de la vérité, pas le temps de découvrir la crasse, on lui recouvre les yeux, le corps. pas le temps d'imaginer, l'idée est ancrée au crâne. bestiaux à museler de leurs névroses. [titre de mon champ]: GANG: : astragale vaticane. l'ordre de dépiauter les esprits. mettre les serres au cortex et remanier la pensée. faire éclore l'humanité sous l'échine monstrueuse. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : SCHOENAERTS, LΛZΛRE [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 123 [titre de mon champ]: PACTE: : 22/03/2017



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Sujet: Re: Clinical Trial ➳ pv Annibale   Lun 26 Juin - 14:46
ANTIGONE
&
ANNIBALE
DEUX EX MACHINA
Infamie du geste. Compréhension que l’ignoble se joue dès maintenant. Deux ex machina. Soif épanchée aux cuisses d’une femme prétendue homme. Corps longiligne. Courbes en absence. De ce dégoût pour les féminines. Entrecuisse évoquant l'absorption, le malaise d’une chair qu’il n’a jamais su apprécier. Malade disaient père et père, voisins et famille. Masculins n’étant que prétexte à quelques ébats conquérants et apprentissage. Puis la crainte s’est nommée. Homophobe qu’il a voulu être. Se croire non atteint d’une maladie. Repousser les hommes. Les envoyer à la fournaise. Tous déviants. Non dignes. Mais le vice s’est incrusté, tenace. Virus. Gangrène. Inflammation de la chair quémandant la vérité des envies. Depuis, Annibale jongle avec la folie tapissant son crâne, secouant de spasmes un corps maladroitement maîtrisé d’envies furieuses. Quelques hommes, toujours des liasses à leur poche. Toujours ces corps que l’on paie, le silence qu’on ordonne. Et parfois, ces femmes aux allures garçonnes. Tenter de dompter le mal, de se plonger à de douteuses médicamentations personnelles.

Elle.
Lui.
Inconnu(e)

D’une escapade au bar, de quelques nuits plongée au corps moite, il en résulte la peur, l’impression d’être suivi. Dernière rencontre ayant aboutie à l’éclat de la vérité. Triomphe du mal, et de la duperie. Vampire à sa couche. Vampire qu’il a touché, pris, outragé, peut-être aimé à de rares minutes où l’esprit s’est dévoyé. Monstre coulé de semence. Il a fui Annibale, fui à s’en calfeutrer entre les murs de sa maison. De la mort, il pense y avoir échappé, il pense que le Destin s’est mêlé. La vérité, c’est que le monstre a montré clémence. A quel prix ?

Douleur.
Sang.
Chair.

Urgences clignote pitoyablement d’une lumière rouge, cinglant la rétine des éclopés venus trouver refuge et aide des blouses blanches. Le cou emmailloté d’une soie, il s’avance au comptoir, apostrophe une infirmière, explique le cas, le danger, décrit les symptômes. Ordre qu’il reçoit aussitôt. S’asseoir. Attendre son tour. Ce n’est pas assez grave pour être vu immédiatement. Rengaine qu’il connaît. Hôpitaux qu’il a fréquenté pour son internat. Hôpitaux. A être assis à la gauche d’un ivrogne et à droite d’un geignant promettant une péritonite malicieuse, c’est la réalisation d’un fait, d’une peur, d’une odeur créant frissons d’horreur : le sang. Visages barbouillés, membres tuméfiés. Bandages rouges de plaies expulsant leur suc. Terreur. Les billes ricochent de frayeur en apocalypse. Malaise. Sang qu’il ne supporte pas, odeur venant rappeler de lointains souvenirs, écorce enterrée à sa mémoire. Panique. SOS. Mécanique en détresse.

Elle.
Encore.
Mourir.

Se crayonne une silhouette connue, un visage bordé d’un sourire falsifié. Infirmière qu’elle se prétend. Non. Non. Il ressemble aux fous emmenés dans les asiles, à ces pantins désarticulés hurlant l’incompréhension. Silence de sa peur. Seuls les orbes témoignent de la négation à suivre tandis que le corps agit en contraire, se laisse porter d’une poigne trop forte pour résister. Bureau accueillant leur rencontre nocturne. L’effrayé vient à s’asseoir sur une chaise. Incapable de rester debout. “Je… Une escouade devrait être en chemin pour me récupérer. Ils ne me laissent jamais seul.” Se croire précieux d’une organisation qu’il ne connaît que peu. Se croire indispensable alors que s’allonge la pile de potentiels remplaçants à sa décadence. Tremble l’humain, frisonne le roseau craintif d’une mort chuchotant son rire. Etole qu’il resserre à son cou. De l’empereur piétinant la plèbe, au mépris exacerbé, il ne reste que le pitoyable, la carcasse menaçant de supplier à tout moment. Cafard qu’il a toujours été, restera. “Je promets de ne rien leur dire. Ils ne trouveraient aucun intérêt à s’en prendre à vous… les solitaires et jeunes n’apportent plus de connaissances. Ce qu’ils recherchent, ce sont les nids, vous voyez ? Vos rassemblements… Vous voyez vos camarades bientôt, dans quelques nuits peut-être ?” Glaner des informations alors que sa langue menace la scission.
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Sujet: Re: Clinical Trial ➳ pv Annibale   Mer 5 Juil - 0:07

Je ne suis pas dans mon élément. Celui où je pourrais délier mes muscles, retrouver mes manières de succube indolente, mon rictus supérieur et mes petits jeux de pouvoir. Dans une chambre d’hôtel, là où nous avions l’habitude de nous retrouver, j’aurais certainement moins hésité. Je me serais plus aisément réfugiée dans mon personnage, cette connasse souveraine et infaillible. Ici, douloureusement assoiffée dans cet environnement hostile, mes repères me fuient. Ma posture est plus défensive qu’autre chose et je me force à la relâcher, esquissant quelques pas souples dans la pièce. Sans surprise, Scarpa n’a pas l’air plus détendu. Blême, presque vacillant, il s’échoue sur la première chaise venue. Ça me fait quand même bizarre de le voir comme ça.

Avant mon petit… dérapage, il dégageait une toute autre image. Un homme singulier, avec sa démarche claudiquante mais nerveuse, son assurance de mâle tout juste assez accentuée pour semer la confusion, son verbe acide et ses gestes gauches. Il n’avait jamais été un bon amant. Pas vraiment. Ses caresses étaient mécaniques, trop appliquées, comme s’il répétait un exercice. Il fermait souvent les yeux, les crispait presque, et j’imaginais sans peine qu’un tout autre film devait se jouer derrière ses orbes. À cet égard, je suppose que je n’aurais pu non plus me qualifier de bonne amante. Ce qui était autrement plus problématique, puisque l’homme me payait pour cela. Mais je n’y pouvais rien. Je n’étais pas son genre, à un niveau plus fondamental que la couleur de mes cheveux ou la forme de mes seins.

Chacune de nos rencontres était toujours la dernière. Jusqu’à la suivante. Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi il revenait, ni cherché à percer ce mystère. On a tous nos secrets et nos obscures lubies. J’ai tenté pourtant de le satisfaire. Une pute, par essence, doit tendre vers l’universel. Être tout à la fois personne et précisément quelqu’un. Dans notre cas, il me fallait devenir autre, courber l’étoffe de la réalité, m’envelopper d’illusion. Je ne crois pas y être parvenue. Mais je me suis prise au jeu. Ça m’amusait, d’écarter les épaules, abaisser la tonalité de ma voix, infuser du masculin dans ma posture et chacun de mes mouvements. S’il n’était pas totalement convaincant, je m’étais pourtant attachée à l’ersatz d’homme que j’interprétais. J’aimais me couler dans sa peau, m’imprégner de son assurance.

Et forcément, lorsqu’on oublie la prudence, les choses dégénèrent. C’est ainsi que je l’ai mordu. Appelons ça une folie passagère. Un moment d’égarement. Dans cette mascarade, emportée par mon délire de virilité, j’ai agi en homme ordinaire. Cessant de donner pour prendre. C’était bon… D’oblitérer aussi radicalement l’autre, de l’extraire de ma conscience pour ne penser qu’à mon propre plaisir. Totalement déplacé, mais divin. Je ne regrette pas vraiment. Ce ne sont jamais les remords qui m’étouffent. Pour autant, la vision qu’il m’offre ce soir n’est pas plaisante. Il me balance une première menace que j’accueille dans un ricanement offensé. Exactement comme la dernière fois. Il me prend vraiment pour une conne ?

— Ben voyons… Tu t’es pris pour le pape ?

J’aurais dû le buter cette nuit là, tiens. Je savais que c’était du bluff, mais dans le doute…  J’en sais rien. Je me suis dit que je pouvais lui laisser cette chance. Courir ce risque. Peut-être bien qu’une sorte de curiosité morbide m’a poussée à attendre de découvrir ce qu’il ferait vraiment. Ou alors j’avais pas tout à fait envie de le tuer. Une idée que je balaye avec nonchalance. Il tire nerveusement sur l’espèce de foulard autour de son cou, sur lequel mon regard s’attarde un instant avant de revenir à sa bouche, qui expulse un nouveau flot de paroles.

Je ne peux m’empêcher de hausser un sourcil. Sérieusement ? Quelle réaction pense-t-il obtenir de moi avec ces conneries ? Je le fixe avec dureté tout en me mettant en branle. Mes pas sont mesurés, prédateur encerclant sa proie. Je m’approche, je l’accule, cherche à le voir se tasser sur sa chaise. Le racornir d’un regard. Je pourrais le tuer tout de suite. Je devrais le tuer tout de suite. À quoi bon commencer à argumenter avec lui, quand l’issue de la conversation est déterminée d’avance ? Pourtant… Je m’obstine. Mon ton est bas, ma voix roule de menace.

— Tu sais ce que j’en pense, moi ? Tu mens. Tu mens comme tu respires, aux autres et à toi-même. Personne ne viendra à ton secours parce que tu n’es rien. Tu n’es personne. Et tu me demandes de trahir les miens en un claquement de doigt ? Tu l’as dit toi-même… Je fais partie des solitaires. Je n’ai pas de « camarades ». Je ne les connais pas et je me contrefous de leur sort. J’attrape les accoudoirs de son refuge et m’y appuie pour ployer vers lui. Mais il faut croire que le plus moral d’entre nous n’est pas celui qu’on croit…

Avec surprise, je constate qu’il m’a réellement irritée. Pourquoi ? Peut-être parce qu’il me juge avec la spontanéité craintive de l’évidence, comme si je ne pouvais rien être d’autre qu’une dépravée aisément corruptible, moi la pute, moi la vampire. Une condamnation aussi facile qu’irrévocable.

On ne se connaît pas vraiment, lui et moi, et j’ai jamais eu grand espoir quant à la finesse d’esprit de mes clients — après tout, ce sont des types qui payent pour coucher —, mais celui-ci m’avait habituée à un peu plus de nuance. Enfin, je suppose que mes crocs plantés dans sa chair ont quelque peu influencé son opinion.

Il ne cesse de tripoter son col, ça m’agace. D’un geste vif, j’étends la main et tire sur le morceau d’étoffe, l’arrachant à sa gorge. La peau dénudée révèle son terrible stigmate. Je cille un peu, me redresse. Recule d’un pas. Les yeux rivés à la balafre suintante. C’est moche. J’aurais jamais pensé qu’il puisse être ici à cause de moi. Mon nez se plisse en une moue contrariée.

— Putain mais t’as jamais entendu parler de désinfectant…

Pas moyen que je me sente responsable. Parce que j’ai jamais vu ça, et j’ai mordu mon lot de gorges tendres. Mon hypothèse, c’est qu’il a charcuté la plaie, d’une manière ou d’une autre. Est-ce que je me trompe ? Une note de désarroi sourd au creux de ma question.

— Qu’est-ce que t’as foutu ?

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