pour un fragment d'empire. (irénée)

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GOD HATES FANGS

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[titre de mon champ]: OSSATURE: : perpétuité cramponnée aux pétales d'une fleur de l'âge fauchée à deux décades. [titre de mon champ]: CONTRAT: : myocarde somnolant, pétrifié en sa lave, sous la cendre des siècles. [titre de mon champ]: BESOGNE: : scylla sème kyrielle de mues en sa sombre scissure, amoncèle autant de têtes. nihiliste (des)incarnée, elle n'est rien pour personne, elle est sa propre légion. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCORCE: : près de sept siècles, qu'elle se l'écrit, sa posthume tragédie. [titre de mon champ]: GANG: : sibyllin pygmalion, elle est consigliere de la nostro regno, revers occulte de loreto. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : n. vodianova // (sign. & ava. by lazare) [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 252 [titre de mon champ]: PACTE: : 11/02/2017



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Sujet: pour un fragment d'empire. (irénée)   Ven 16 Juin - 6:17
pour un fragment d'empire

       

never trust a survivor,
until you find out what he did to stay alive.

N'en déplaise à la bien-pensance des bigots, il y a comme un sale relent de liturgie, ci-bas. C'est flagrant, songe l'oisive, vautrée en fond de siège, nez levé vers les brumes bleuâtres stagnant sous cloisons moites, que tousse en chœur le cheptel de boucs en rut dont elle s'intitule bergère, et qui tels d'humains encensoirs crapotent, comme à la messe, leurs smogs sacramentaires. Depuis ces confessions feutrées, que geignent les fervents, aux hymnes ardents de leurs idoles, ointes de foutre à l'écran, l'atmosphère ne souffre, en trop, que de l'arôme capiteux d'un stupre assumé, quoique confidentiel. Nul vice ne saurait tout à fait subir le grand jour sans en pâlir, et l'on sait, ici comme au temple, que du mystère procède la tentation et que du défendu émane le délice. Si les oiseaux se cachent pour mourir, les satyres, eux, se planquent donc là pour jouir.

Trois nuits par semaine, Gigi ne prête ainsi qu'une sourde oreille aux petites morts qui, par dizaines, se succèdent à l'ombre de tel caveau des vertus ; rien qu'un minable petit cinoche, où rien ne brille, si ce n'est l'enseigne et ses néons vulgaires, racolant les quelques crève-la-dalle préférant encore la bonne vieille petite branlette entre complices d'infortune, à la gratuité solitaire d'un YouPorn ou autre fast-food pour burnes enflées. C'est une espèce d'affection répugnée, qu'elle a pour eux, pour ces mendiants aux libidos et braguettes échancrées ; de celles que l'on destine d'usage à ces vieux clébards faméliques parqués au revers des barreaux d'une fourrière, avant l'injection finale. Parce que piquée, pour sûr que la plupart l'est déjà. Ceux-ci ne se radinent d'ailleurs même plus vraiment pour dégorger, mais pour Gigi, parce qu'elle est jolie, et parce qu'elle les autorise à pioncer en fond de salle, dans le douillet des cuirs craquelés. Parfois même qu'elle distribue des échantillons d'orviétan, came trop onéreuse pour leurs bourses à sec — daddy est dans le business, qu'elle murmure, en riant. C'est un ange, Gigi, un vrai, qui ne mérite pas sa chienne de vie. C'est qu'on la soupçonne réduite à vendre son cul, la gamine ; y a qu'à les voir défiler, tous ces olibrius aux trognes patibulaires, lorsqu'elle est de service. Souvent, leurs causeries s'achèvent là-haut, dans la chambre du projecteur. Ils y baisent, obligé. Sinon quoi ? C'est un fond de vérité que la rumeur effleure, quoiqu'on se méprenne a fortiori sur l'identité du niqué. Si l'habit ne fait pas la moniale, qu'on se le dise, talons aiguilles et bas résilles ne font pas davantage la putain.

« Excusez... euh, Gigi ? » Au minois dénommé d'obliquer à la rencontre de celui, non moins juvénile,  surplombant sa rangée depuis la travée centrale. Dino. Lui, c'est l'un des siens. Papa s'est fait sauter le caisson le mois dernier, ne léguant à son mioche que créances et inimitiés auprès des gars de Bellavere. L'Hydre s'en est occupé. Les dettes de l'orphelin sont siennes, désormais. Il est sien, ne le sait déjà que trop bien, connaît son rôle mais pas encore son texte. Raison pour laquelle il se tient en sa présence comme empalé par la férule crucifère du Pape en personne. « Détends-toi, qu'y-a-t-il ? » qu'elle gazouille. « Y a... un néandertalien qui vous... qui t'demande au guichet. Il a d'jà son ticket... 37b, j'fais entrer ? » Ne daignant d'emblée céder à l'idiote question nulle autre réponse que la dégringolade des opales sur le siège l'avoisinant — le fameux 37b — la stryge sourit, nonobstant. « S'il te plaît. » L'évidence percute alors la bouille imberbe du gamin qui, se sentant sans doute un peu con, fait choix de ne plus broncher de crainte d'aggraver son cas, opine et tourne les talons.

◦  ✝  ◦

Irénée Carissi, dit Nemesio. Le Consigliere se souvient, n'oublie rien, amoncèle en son gouffre-mémoire pléthore d'insignifiances, trésor désincarné sur lequel, en dragonne digne du titre, elle trône et veille. Nemesio, donc. Un grand gaillard au poil noir ; le môme n'a pas tort, un rien de primitif burine l'homme, et pourtant. Rhétorique solide, concise. Sens indéniable de la négociation, assorti d'une certaine forme de sagacité toute à son honneur, compte tenu de sa sienne de race. C'est qu'elle en a côtoyé, du Suprême en voie d'extinction ; la vanité ronge l'instinct de survie de ces drôles de bestioles, et les dévore le plus souvent. Rares sont ceux ne méprenant pas gloriole et fierté, arrogance et honneur. Ceux-là seuls font grandes œuvres. Les autres crèvent, ne sont que chair à pâté pour l'Oubli, ce monstre qu'ils s'usent à vaincre en vain.

D'un geste du poignet, à son flanc lui intime-t-elle de s'ancrer, ce faisant sans accorder à sa massive stature ni salut, ni même œillade. Fixité du regard rivée sur la toile, il n'y a de mobile que ce peton hautement chaussé qu'elle balance à la façon de quelque métronome impavide. « Sais-tu ce qui fait la prospérité de ce business ? », qu'elle questionne, enfin, décochant de la mâchoire en direction de la sylphide se déhanchant pour eux et les quelques crevards disséminés. « Son invariable efficacité. Un bon porno' ne déçoit pas, tient ses promesses. » Braquant alors de pâles et coupantes iris sur le portrait de la Sentinelle, qu'elle cisaille ainsi de haut en biais, la dilettante poursuit. « On n'en attend ni pirouettes narratives, ni coups de théâtre. » La gambette se fige, et à la frimousse de se cloquer d'un rictus empreint d'une gravité un brin affectée. « Parlons-nous bien le même idiome, Nemesio ? Comprends-tu le langage du succès, ou es-tu sourd à ses dogmes ? »

   

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Dernière édition par Medea Carnese le Lun 19 Juin - 16:57, édité 1 fois
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[titre de mon champ]: OSSATURE: : 37 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibâtard-HomicidoPresqueInvolontairement-Veuf - (Re)marié aux vins et spiritueux de la supérette discount du coin [titre de mon champ]: BESOGNE: : Fabricant et dealer d'une drogue dure commercialisée par la Nostra Regno - ah, ces sponsors du crime [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCHINE: : Sorcier pur, suprême déchu mordu par la fourbe lupine [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Je crève dans mon dedans actuellement, j'ai les pouvoirs d'un gosse de 15 ans et les capacités irrégulières de ces gens en proie à une dualité interne. Mais j'ai un Beretta 92 FS et je sais viser. [titre de mon champ]: GANG: : Je collabore avec la NR pour qu'elle assure ma protection - et quand je dis collabore, je veux dire que je travaille pour eux - mais je ne suis membre d'aucun coven, d'aucune meute et je n'ai prêté allégeance à personne - faut pas déconner non plus [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Jason Momoa © Sign code by 2981 12289 0 © Gifs by Varri <3 [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 2235 [titre de mon champ]: PACTE: : 06/06/2017



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Sujet: Re: pour un fragment d'empire. (irénée)   Sam 17 Juin - 23:12
POUR UN FRAGMENT D'EMPIRE
Medea & Irénée
Je suis tiré de mon sommeil par la sonnerie d’un téléphone. De mon téléphone. A défaut de me précipiter pour y répondre je me pelotonne sous les draps malgré la chaleur étouffante de la pièce. De ma nouvelle chambre, dans mon nouvel appartement, dans l’Est. Les cartons, tous intacts depuis que je suis arrivé ici, sont empilés sous la fenêtre gigantesque faisant perdre à l’espace quelques mètres carrés appréciables. Du moins, là, les aurais-je foutrement appréciés. J’ai l’impression de suffoquer. Que les murs se rapprochent de moi alors que je suis comme coincé entre la réalité et le sommeil ; dans ce monde onirique qui nous fait perdre tous nos repères. Assez pour qu’une main invisible m’enserre le cœur. Des frissons rampent sur ma peau halée. Et quand j’essai de repousser cette désagréable sensation de flottement interne, un claquement étrange à l’intérieur de mon crâne me fait tourner la tête. C’est lorsque j’ouvre les yeux, ajournés par un voile indigo plein de points blancs, que mes vertiges s’accentuent puis qu’une nausée violente me retourne l’estomac. Une odeur intense de musc s’engouffre si fort dans mon nez que je suis persuadé que dans un claquement de langue je pourrais y goûter. Je me redresse. Trop vite. Le matelas tangue. Le sol. La chambre entière. Je repousse la couverture épaisse d’un geste sec. Mon téléphone se remet à sonner. C’est un cauchemar. J’suis pas vraiment réveillé. C’est précautionneusement que je me laisse rouler sur le sol avant de tituber jusque dans la cuisine ; j’y retrouve, non sans mal, une fiole moyenne où un liquide bleu étrange stagne. J’en bois une grosse gorgée. La saveur et la texture en sont toujours aussi infectes. Mais ça fait taire la bête. Ca l’isole. Ca l’enferme dans les profondeurs de mon être.

Me voilà reparti en sens inverse pour accéder à la salle de bains. Je m’épargne la vivacité de la lumière, et me remercie vaguement d’avoir choisi un appartement avec une baignoire. Mon téléphone attendra que je me sente mieux pour que j’y prête attention. Je me bats un instant contre le robinet pour trouver la température parfaite. Il ne faut que quelques minutes - que je passe accroupi, la tête entre les mains avec un début de migraine qui me lance derrière mon œil droit – pour que la baignoire soit pleine et que je m’y plonge dedans. Le liquide m’enveloppe. Si chaud. Si doux. Je suis horriblement fatigué me dis-je en me laissant couler.



- Mais qu’est-ce que tu fous putain ?! beugle la voix rendue mécanique par le haut parleur de mon portable. BIIIIP Le second message s’enclenche, suivi du troisième qui est fleuri d’insultes puis du quatrième qui s’excuse en me suppliant de bien vouloir bouger mon cul pour vendre ma Pikku. Le cinquième et le sixième sont carrément désespérés. Ada me parle de retombées, celles que la Nostra pourrait nous faire subir, quand je me demande plus franchement si elle sait au moins qu’on existe. Surtout elle. Or, même si je n’ai raté le boulot que 7 jours, les répercussions financières commencent à se compter avec plus de deux zéros. Je me laisse tomber sur mon lit, complètement nu, avant de tourner la tête vers le réveil posé par terre. Il est censé cracher son heure digitale contre un mur, mais ça n’a jamais marché. De toute façon, il m’indique qu’il est trois heures passé… Ada a du rentrée chez elle depuis un moment, à défaut de me trouver dans mon ancien logement.

Ce soir j’aurais eu 27 appels en absence, dont 8 d’un numéro masqué.



Je lève le menton vers l’enseigne lumineuse rouge et jaune indiquant, très sobrement "Cinéma". L’un des néons grésille dans un rythme si régulier que je me demande si ce n’est pas fait exprès. Et en dessous de ça, en plus petit, moins violent pour les rétines, son nom d'origine. Alors ce n’était pas une blague ?

Je me suis questionné un moment sur l’invitation que j’ai reçu hier. Une invitation très mystérieuse se déclinant en un simple ticket de cinéma. Pourtant je n’ai jamais eu de doute sur les expéditeurs… La patte de l’artiste. Même si, à la recherche de l’adresse, j’ai cru comprendre l’essence du lieu dans lequel j’allais me rendre. Jusqu’au dernier moment j’ai pensé que c’était un leurre, qu’on m’interpellerait avant que je n’y arrive ou que, dans le pire des cas, ce bâtiment miteux à la devanture craquelé et aux affiches vieillies, aurait été rafraîchi en un somptueux repère de brigands. Mais parfois il n’y a que la vérité. Et là, la vérité est si vulgaire, que j’ai carrément envie de faire demi tour pour retourner chez moi, ou me perdre dans les rues romaines, dans ses bars et peut-être même les draps d’une vraie fille. Le genre dont on oubli le nom.

Je piétine un moment, la clope entre les lèvres, avant de me décider à passer les portes. Aucune surprise de plus à l’intérieur, aussi misérable et de mauvais goût qu’à l’extérieur. Je soupçonne la déco de ne pas avoir été refaite depuis, au moins, les Trente Glorieuses – ce qui n’est pas glorieux. Derrière le guichet, un pauvre gars à l’allure ingrate, d’un petit mètre soixante-quinze. Il me paraît jeune, inexpérimenté et gêné par son rôle qu’il ne maîtrise qu’en pointillé. Il est en train de se battre avec la caisse enregistreuse dont le tiroir ne veut pas s’ouvrir, tant est si bien qu’il met un temps interminable à lever son nez en ma direction. Il me salut, poliment. Il arrange le bas de sa veste qu’il lisse d’un revers de main plus élégant que sa dégaine générale le laisserait penser, avant de pincer délicatement le ticket que je lui tends. Sa bouche toute fine forme un grand "O" et il me rattrape quand je me dégage sur la droite pour rentrer dans l’une des salles. – Attendez ! m’enjoint-il en me coupant la route, les joues rouges comme s’il venait de courir le marathon de sa vie. – Vous ne pouvez pas entrer je… - J’ai un ticket.Oui mais… - Tu veux ma carte d’identité pour voir si je suis majeur peut-être ?Non juste… - Sérieusement Mickey, pousse toi de là. Il se renfrogne en disant un truc dans sa barbe – un truc que je bite pas. J’arque un sourcil. Il lève ses mains au niveau de ses épaules en signe de paix – il a vu sa mort dans mes yeux. – S’il vous plait, Monsieur. Juste, laissez moi vous annoncer. Et il disparaît derrière des portes battantes avant même que je ne puisse acquiescer… Ou donner mon nom.

Il ne met pas longtemps à revenir, mais ça ne m’empêche pas de grogner lorsque sa petite tête châtain réapparaît dans le hall. – C’est… Je le bouscule. Mon épaule percute lourdement la sienne et lui coupe le sifflet dans un râle douloureux. Bien fait.

La salle, faiblement éclairée par le faisceau lumineux du projecteur qui passe déjà le film, respire une odeur de sperme à peine sec, de sueur fraiche et de tabac froid. De quoi calmer les ardeurs des plus téméraires…

C’est donc en grimaçant que je descends les marches épaisses qui me séparent du siège 37b. On en parle du fait que j’ai envie de poser mon cul sur ses sièges comme j’ai envie d’avaler une boîte entière de lames de rasoir ou bien… ? Et lorsque je le trouve, je dois y regarder à trois fois avant de reconnaître la blonde qui m’intime de m’y asseoir. Le contraste est si choquant que je ne peux retenir un hoquet moqueur. Les gens de la Nostra manquent d’effectif dans leur rang ? Vous devez porter plusieurs casquettes ? C’est si triste. Je m’affale, sans classe. Les épaules rentrées, la mine contrite. Je me sens à l’étroit. Je ne suis pas à ma place ici. La meuf qui dandine son cul à l’écran ne m’aide pas vraiment et je ne cesse de me répéter que je préfère vivre ma vie plutôt que de la fantasmer dans ce genre de bouge. J’ai l’impression que l’atmosphère est moite, tendue et pesante ; et ça, pas seulement parce que la nonne ne me laisse pas le temps de répondre à sa question. Pourquoi tu demandes si tu t’en bats les reins ?

Je tourne le visage vers elle. Vers ces lèvres qui bougent, qui balancent des trucs ; des mots qui sont censés avoir un sens. Mais elle vomirait du Shakespeare en indonésien que ça me ferait le même effet de vide. T’emmerdes pas à me parler bien va, je ne suis qu’un mec du peuple qui a fait ses armes dans les rues de Kiruna. Alors, s’tu veux, tes termes complexes en italiens que j’ai jamais entendu avant ce soir ils me donnent plutôt envie de te faire bouffer un dictionnaire kvène.De quoi ?, lâché-je dans un rictus mordant. Je me redresse, comme si ça pouvait m’enclencher le traducteur automatique, avant de poursuivre. – Tu veux que j’te fasse une étude de marché sur le cinéma porno italien ou ta métaphore est censée nous amener vers une discussion plus profonde sur la Nostra ? Court silence. - Je t’avoue que dans le contexte, Red d’Arc, ça va être vachement difficile d’avoir une discussion plus profonde que la gorge de cette actrice… soufflé-je en donnant un coup de menton vers l’écran.

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Sujet: Re: pour un fragment d'empire. (irénée)   Ven 23 Juin - 1:42
pour un fragment d'empire

       

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until you find out what he did to stay alive.

Un syntagme tamponne les synapses de la Lémure, tandis que dégoise le sorcier ; vaffanculo. Une salve de quatre syllabes-chevrotine, qu'elle brûle lui loger à bout portant, droit dans sa profonde gueule de clébard, qu'elle ravale toutefois, s'ulcérant son propre pharynx à la descente du mot mordant. Ça lui prend, souvent, d'insulter le tout-venant ; elle a la vulgarité pimpante, Medea, d'autant plus lorsqu'on lui brandit si belle perche. Façon de renier ce sang froid, tuméfiant ses veinures marmoréennes, car quoiqu'on présume, il n'est rien d'algide, en ce fossile aux airs glaciaires, qui ne sache cracher le feu. Parce que ce monde ne mérite que la flambe, elle est fournaise qui s'incube, embusquée sous une banquise, pas si stable, mais qu'elle fait choix de lisser, au présent, décelant dans la posture du dealer, quelqu'intriguant malaise. C'est qu'il la mériterait, tout de même, sa trempe. À valeur d'instruction. Ne serait-ce que pour avoir eu l'insolence de lui japper au nez. Suprême ou pas, qu'importe ; il n'est qu'un serf en cet empire qu'est Nostro Regno, et elle est la face obscure d'un suzerain qu'il lui incombe de donner à respecter. Toutefois, la palpable nervosité du corniaud incite à la pondération, et si l'incartade n'est pas pour autant excusée, c'est après la cause, pesant comme un monde sur les épaules d'Atlas avachi, que la stryge s'en vient giboyer.

Paupières plissées, tandis que le mutisme se prolonge, elle s'attarde ainsi sur la physionomie titanesque, sans pour autant ne lui en soutirer davantage. « Une discussion ? », reprend-t-elle, un rictus gouailleur entamant son labre laqué, « Voyons, tu n'es pas en position de discuter, Nemesio — d'autant moins si tu t'obstines à user de ce ton avec moi. Tu as reçu l'insigne faveur d'être ici-même convoqué, parce que j'avais en mémoire l'homme sensé auprès duquel, à l'époque, il était possible de se faire entendre. » Feignant un soupire désabusé, dont ses bronches crevées ne sauraient se fendre avec naturel, elle secoue de la caboche. « Mais sans doute ton capo' était-il dans le vrai, tout compte fait. Sans doute n'avons-nous plus rien à nous dire ; n'est-ce pas le message que tu désirais nous communiquer, en n'honorant pas la part du contrat t'incombant ? » Aux rétines de rallier la salle, et ses rares occupants, désignés à la cime du menton. « Sans doute ne vaux-tu, finalement, pas mieux que ces galeux-ci qui, à la première occasion venue, mordent la main nourricière. Navrant ce que vous autres puissiez être prévisibles, et pourtant, j'y ai cru. J'ai voulu croire en ton bon sens, ou du moins en ta parole. J'ai eu tort, ça n'arrive pas souvent, mais force m'est de constater que sur ton compte, j'ai moi aussi manqué de jugeote. »

L'audience pourrait s'en tenir à ces quelques tristes mots. La blonde se lèverait alors, ponctuant sa tirade d'un signal muet à l'endroit de l'Uccisori campé, deux rangées au-delà, et qui dévore déjà du regard l'encolure râblée de la Sentinelle, tous crocs dehors. Exhumant toutefois une cibiche du paquet de Vogue calé à la ceinture de sa courte jupe, le Consigliere semble d'humeur à brader de ce temps, n'ayant somme toute pas plus de valeur que le sourire qu'elle coule à son cabot de voisin. « À moins que tu ne considères que nous n'ayons pas respecté nos propres engagements ? », tinte la seconde chance, au tympan de l'hirsute, vers lequel le buste de la succube s'est incliné, clope aux lèvres. « Du feu ? »  

   

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Sujet: Re: pour un fragment d'empire. (irénée)   Dim 25 Juin - 17:19
POUR UN FRAGMENT D'EMPIRE
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J’ai eu la faveur d’être convoqué ? Sérieusement ? FA-VEUR ? Et ça te fait pas mal quand ça passe ce genre de conneries ?

Je réprime un rire sincère et moqueur, préférant détourner le regard de la blonde plutôt que de lui pouffer au visage. Je sens que ça pourrait ne pas lui plaire et que je pourrais m’en prendre une belle. Tu n’as pas d’odeur mais tu m’as l’air bien peu catholique ma sœur. J’ai pas envie de savoir lequel de nous deux arriverait à battre l’autre au bras de fer… J’ai une fierté assez sensible ces derniers temps. Mais il ne faut pas déconner, me faire venir dans un cinéma porno c’est pas le plus merveilleux des privilèges de ma carrière… Je ne suis pas tout à fait débile même si j’en donne l’air et sais encore faire la différence entre une obligation technique et une faveur sympathique. Vous n’êtes pas bon Prince. Vous êtes juste à court de remède. De Pikku. De merde. Appelle ça comme tu veux Red d’Arc, ça ne change pas le fond du problème. C’est parce que je ne vends pas que je suis là et c’est juste parce que la Pikku se vend bien que ma tête suis encore le reste de mon corps.

Quant à la part du contrat et l’honneur que je suis censé y voir… Cette conversation est d’un comique. J’en ai même du mal à me concentrer sur le merveilleux jeu d’acteur que je fixe. Je ne la coupe pas, dans ce beau monologue plein d’assurance, me renfonçant dans mon siège à mesure qu’elle me cause. Pas parce que je me sens enseveli sous une tonne de clauses que je n’ai pas suivies ni respectées, ni même parce que je m’ennui, ni parce que je culpabilise mais parce que je me sens observé et que ça m’emmerde sévère.

C’est quand elle termine de parler que je la regarde de nouveau. Que je regarde son profil dans la pénombre des projos. Ses pommettes hautes, ses yeux bleus-gris dans la salle obscure et son teint crémeux ; sa masse de cheveux couleur blé ramenée en arrière, son cou, ses épaules ses jambes bien trop dénudées pour être celles d’une religieuse. Je sors alors, avec une lenteur calculée, un briquet de ma poche pour lui allumer sa Vogue. – Je vais te raconter une histoire, Consigliere. Tu vas voir elle est assez drôle, je suis sûr qu’elle va te plaire, dis-je d’un calme olympien.

- Il était une fois un mec, originaire de Florence, qui débarqua à Rome avec son coven. Dealer dans l’âme il traita avec un coven suédois pour récupérer des herbes lapones et en faire une super drogue. Mais, pensant que ces accords ne tiendraient pas parce que les Sames sont tous des bâtards, il préféra protéger ses arrières. Il proposa donc à une mafia locale des parts sur sa came pourvu qu’elle assure sa sécurité et qu’il ne lui arrive jamais rien. Ni à lui, ni à personne de son entourage. Et pas que quand il dealerait. Non non non. Tout le temps. Genre partout. A n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Et la mafia, satisfaite de cette nouvelle alliance, accepta sans broncher les clauses du contrat avec le sorcier. Je tente de me décaler sur la droite pour lui faire face, mais les sièges sont trop étroits pour me laisser cette possibilité. Je soupire. – La fin aurait pu être très très heureuse et très très choupinou-pinou mais ce ne fut pas le cas. La méchante mafia n’assura pas ses engagements, probablement trop occupée à résoudre des problèmes de restructuration de poste, craché-je en osant un sourcil, et le gentil sorcier faillit perdre la vie, poursuivit par un demi-coven de Sames dans les glorieux paysages de la Monte Mario. Je continue ? questionné-je faussement enjoué par l’histoire contée. – Je continue ! Figure toi que le sorcier s’est fait cueillir en boîte lorsqu’il vendait sa came. Oui oui, par un officier suédois venu expressément enquêter sur la disparition de six Sames. Ces fameux Sames, hein… Et quelle ne fut pas sa surprise d’apprendre de la bouche dudit officier qu’il était le suspect numéro un dans cette affaire.

Je me penche vers elle. Un peu vite. Un peu menaçant. Or je ne la touche ni ne l’effleure. - L'homme sensé auprès duquel, à l'époque, il était possible de te faire entendre aimerait savoir comment la moitié d’un coven Sames peut débarquer, au calme, à Rome sans que ça n’inquiète la Nostra alors prévenue des différends qu’il peut avoir avec eux ; il aimerait savoir comment il a put se faire approcher par un officier suédois en charge de cette enquête sans qu’il ne soit averti de son arrivée. Mais il aimerait surtout savoir à quel moment la Nostra compte assurer les parts de son contrat ?  Mon débit de parole est saccadé, ma mâchoire crispée. - Faudrait-il que je fasse passer le planning, digne de fonctionnaires français, de vos gros bras à mes ennemis pour qu’ils sachent quand venir m’emmerder et me maudire le reste du temps, enroulé dans du papier bulles pour ne pas qu’on me blesse, de vous avoir fait  confiance ?

Mon dos vient percuter lourdement le dossier de mon assisse. - Il me semble que mort ou en prison je serais beaucoup moins rentable... Alors ne me prends pas pour un abruti, Consigliere, je vendrais de la drogue correctement le jour où vous ne me protégerez pas qu’à mi-temps. Et laisse-moi penser que, dans cette histoire, je suis plus qu’en mesure de discuter.


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[titre de mon champ]: OSSATURE: : perpétuité cramponnée aux pétales d'une fleur de l'âge fauchée à deux décades. [titre de mon champ]: CONTRAT: : myocarde somnolant, pétrifié en sa lave, sous la cendre des siècles. [titre de mon champ]: BESOGNE: : scylla sème kyrielle de mues en sa sombre scissure, amoncèle autant de têtes. nihiliste (des)incarnée, elle n'est rien pour personne, elle est sa propre légion. [titre de mon champ]:
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Sujet: Re: pour un fragment d'empire. (irénée)   Mar 4 Juil - 16:35
pour un fragment d'empire

       

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Le masque d'albâtre, penché pour téter de la flamme mandée, s'irise de teintes équivoques. Salmigondis d'attitudes plurielles, à l'égard du procédé choisi par le cabochard. Une histoire, qu'il conspire à lui narrer. Ça lui dérobe une risette presque affable, à celle qui ne collige pas moins de récits qu'elle ne compte d'années. Un goût pour ce clair-obscur que le prisme de la fable autorise, qu'elle nourrit à satiété, moins par contrainte que par insidieuse plaisance. Le rôle exige, pour sûr, d'user d'un arsenal de faux-semblants. Prétexte commode, au revers duquel s'escamote la vérité crue, qui déplaît, et dont nul ne se souvient plus – dieu merci. Cependant, de pair à la complaisance sincère, le minois poupin se bariole de dépit, car sous couvert de conte, suinte l'amertume d'un réquisitoire qu'elle sait d'avance légitime et qu'il va lui falloir souffrir, puis à son tour chicaner. Tout ça, de la faute d'un lardoire d'ignares, pas foutus de distinguer un putain de viking d'un enfoiré de teuton. Bavure qu'il lui incombe de torcher, d'où le tête-à-tête, d'où la prise de tête. Toujours est-il que son voisin vise juste, en lui proposant le sien, de fabliau. Quand bien même le connaît-elle déjà, sur le bout des griffes, elle opine ; car ce qu'il y a de fascinant, avec les fables, ce sont leurs déclinaisons. Jamais on ne les conte de la même exacte façon. Et parfois, qui sait, la chute peut encore surprendre...

De fait prête-t-elle donc au monologue indigné l'ouïe indulgente de la nonne, celle-la même qu'elle dévoue d'ordinaire aux ragots de la fosse à purin clérical. Ça ne la captive pas, ça ne la scandalise pas davantage, mais ça a toutefois le mérite d'être désopilant, risible même, et en cela plutôt fidèle à la promesse annoncée. Loin de se poiler, néanmoins, c'est à fumiger ses nonchalants silences, que la Stryge se consacre, consignant en vain dans un coin de caboche quelques détails sur lesquels, de toute façon, elle n'ergotera pas. Car au petit jeu des sept erreurs, à son grand âge, on cesse de s'adonner sans que la bouffonnerie n'en vaille la chandelle. Or, qu'y gagnerait-elle, à étriller plus avant cette loque de couverture dont il s'imagine si bien drapé ? Peanuts. De cela, elle s'en branle – n'est-ce pas le bon endroit ? Par ailleurs, il est des conneries qui lui écorchent le flegme, à maintes reprises. Nostro Regno, une mafia locale ? P'tit con, que ça feule en tapinois, se figurant la dose de Chrysocale trôner côte-à-côte d'un foutu litron d'huile d'olives à la foire des denrées régionales. N'empêche qu'en toute autre circonstance, tel culot désinvolte la séduirait. Mais pas là. Non, là, elle se tâte surtout à lui révéler une autre forme de spécialité du coin, qui sans doute le purgerait à terme du moindre atome d'arrogance que peut bien receler son grand corps de primate.

« Schengen. », qu'elle maronne, en crachant vapeur par les sinus. « Schengen. », qu'elle réitère, toupillant sa moue de garce narquoise en direction du Géant rencogné en fond de siège. « Vas-tu nous imputer la signature du traité ? Parce que c'est pour bonne part de sa faute à lui, si tes petits copains ont été en mesure de dévaler le continent jusqu'à toi... périple qu'ils n'ont somme toute pas eu grand mal à planifier, compte tenu de la flopée d'empreintes laissées, à leur intention, dans ton crasseux sillage. Déchets que nous aurions nous-même été susceptibles de traiter, si tu avais pris la peine de nous en aviser. Mais soit, j'endosse la responsabilité de ta mésaventure, puisqu'il y a eu défaillance. Humaine, défaillance. Travers ayant été corrigé, depuis, si ça peut te consoler. » Au buste débraillé de virer de bord, alors, un coude se juchant sur dossier. « Quant à l'officier Bjurman... » Une canine entame le rictus taquin dont la Lémure se gerce, tandis que roule le patronyme de la suédoise contre langue ritale. « Tu t'en es bien tiré. À dire vrai, je craignais que tu ne la zigouilles. C'eut été une connerie. Tu ne l'as pas commise, ça t'a sauvé. Félicitations. » Une césure, hachée de complaintes extatiques, ponctue pour un temps la tirade. Moment que la Stryge met à profit pour tyranniser, de la pointe du mégot, l'accoudoir cloisonnant encore leurs espaces. Mais aussitôt libérée, la dextre s'élance, happe au vol la massive maxillaire de la Sentinelle, en contraignant l'orientation de sorte qu'il n'ait plus d'autre mire que ces deux orbes diaphanes, qui de même se rivent à ses siens calots. « Vends ta came, Nemesio, et tu n'auras plus à te soucier de quelque enquête que ce soit. Chie-moi dans les bottes une seconde fois, et tu regretteras ne pas l'avoir refroidie tant que tu le pouvais encore, ta blonde. Si tu la veux, ta fin choupinou-pinou, mérite-la mieux que ça. »

   

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Sujet: Re: pour un fragment d'empire. (irénée)   Sam 15 Juil - 22:08
POUR UN FRAGMENT D'EMPIRE
Medea & Irénée
Schengen. De biais, je vois la volute de fumée s’extirper de son nez, marbrée de teintes bleutées accentuées par la scène qui se joue présentement à l’écran – l’une de celles qui feraient rougir une vraie none. L’acte lui donne un côté très bovin ; joli le bovin, mais bovin quand même. Et elle semble prête à charger son adversaire sans se soucier de l’arène, des spectateurs, du danger, des piques faites pour lui perforer la peau du dos... Ce qui me fait dire qu’elle sait avec exactitude que quoi qu’elle fasse ici et maintenant elle ressortira vivante de ce combat. Malgré la taille du toréador, sa force physique et les atouts qu’il peut avoir dans les manches. J’ai les plus gros biceps dans ce cinéma et pourtant je suis sûr que je suis le plus susceptible de ressortir d’ici les pieds devant. Ferme ta grande gueule Lars. Même si elle te crache en travers du visage, même si elle te décoche un coup dans la mâchoire, l’énième, ferme ta grande gueule. Elle n’est, de toute évidence, ni seule, ni tout à fait humaine. Tu vas te retrouver à devoir nettoyer les recoins de ce connard de bouge avec ta langue si tu fais trop le malin. Alors elle répète, avec peut-être plus de fermeté, le sacro-saint nom d’un accord qui ne m’est pas familier. Je dois chercher, rapidement, dans ma mémoire, les réminiscences des cours d’histoire, ceux auxquels je n’ai probablement jamais participés. La référence ne me vient pas et une moue désappointée naît alors sur ma face ; désappointée et un peu vexée. Je dois louper un avertissement capital dans cette utilisation, mais l’ignore à défaut de m’énerver davantage.

Le reste du discours est, de toute façon, beaucoup plus clair. Elle cause, la Consiglière courroucée par l’affront du connard de Sentinelle. Du coup je suis attentif même si je peux donner une impression plus désinvolte. Et ce qu’elle me balance me fait enserrer plus fort l’accoudoir de gauche. Mes phalanges blanchissent. J’ai envie de hurler. Sur elle. Vraiment. De lever mon cul de ce siège, de l’affronter, de lui mettre une bonne claque – qu’elle mérite – et de lui beugler qu’elle ne sait pas. Qu’elle ne sait rien. Qu’elle ne sait même pas qui je suis et qu’elle a dans la main les pauvres cartes que j’ai bien voulu lui servir. Que je n’ai pas laissé d’indice, comme elle semble le penser, que j’ai peut-être l’air con mais que je ne le suis pas tout à fait, même si je ne suis pas vraiment allé à l’école, mais que ça… Ca ! Disparaitre, je connais. Je le fais depuis que ma mère m’a pondu au bord de ce foutu lac, à Kiruna. Mon père ne m’a jamais vu lorsqu’on habitait dans la même baraque et il ne me verra jamais. Puis aucune autorité ne m’a jamais trouvée dans le Norrland suédois ; alors un putain de Sames à l’autre bout du globe, non, ce n’est pas possible et ça me ferait bien mal que ça le soit. J’ai envie de lui beugler que la seule piste que j’ai laissé, elle s’appelait Eija et qu’elle était plus bavarde que des galets blancs sur le bord d’un chemin de campagne. C’est bon. C’est bon. Le seul déchet existant a été traité. Éliminé. Enterré. Anéanti.  Un pincement au cœur. Un frisson qui secoue mes épaules. Tout est fini depuis longtemps. Tout. Et personne ne me retrouvera plus.

Mais un nom me fait tiquer, tue mon beau propos dans l’œuf. Je tente de préserver un faciès neutre or, à l’entente du patronyme Bjurman, celui-là même que je n’ai pas servi, je me détourne d’une colère latente pour un étonnement sincère. D’un geste vif je pointe mon menton vers la blonde, mes lèvres ondulant dans une question sans son - tu me mouches – et je dois me racler la gorge, trois fois au moins, pour reprendre la contenance qu’elle vient de me voler. Vous saviez tous autant que vous êtes et vous ne m’avez pas averti ? Vous m’avez laissé prendre le risque de la croiser et de la buter ? Pourquoi ? De quoi ma brillante patience m’a sauvé ? Est-ce que je gagne des points si je l’ai bai… Le bras s’élance. J’esquisse un faible mouvement de recul. Ses doigts emprisonnent quand même mon museau, m’arrachant, au passage un grognement guttural ; le genre qui vient du bide avant de venir de la gorge. Ma paluche encercle à son tour le poignet de la donzelle, sans pour autant le serrer. Pauvre réflex. Inutile réflex. Ma tronche est orientée bien en face d’elle, au cas où j’aurais oublié son positionnement exact par rapport à moi dans ce foutu huis-clos. Mes deux biles émeraude percutent les siennes, dans un combat de noirceur et de profondeur que Dark Vador nous envierait. Alors en fait, il aurait été plus sûr que je la bute à Varri, ou pas ? Je fronce les sourcils. Ma pogne se fait plus présente sur sa peau fraiche. – Ne sous-estime pas la Sentinelle, vociféré-je entre mes dents, si un jour il me venait à l’esprit de te chier dans les bottes, Consiglière, j’aurais au moins la décence de le faire bien. Je ne me contenterais pas d’un mauvais chiffre d’affaire, parce que c’est nul ; ni d’un ton un peu sec, ni de cynisme, ni d’une histoire romancer pour te conter ce qui me turlupine… Non.  Je ne serais même pas là pour en parler. Et je me serais assuré que toi non plus.

Je lui intime de me lâcher, d’une pression polie. – Je reprendrais mes activités dès demain soir, dis-je plus tempéré. Puisque, de toute évidence, vous gérez parfaitement la situation. Et la prochaine fois, si ce n’est pas trop te demander, ça serait super sympa de me tenir informé. Ca prévient des mauvaises surprises. Ca permet d’être prudent. Ca évite aux gens de faire des conneries. J’aurais pu la buter, à l’officier, * putain. Et peut-être que si vous aviez intercepté les Avengers blonds à la sortie de l’aéroport ou dans les jours qui ont suivis, une enquête n’aurait pas été ouverte. Une sensation désagréable pique ma peau. Qu'est-ce qui va se passer pour Varri ? Mes épaules tressaillent lorsque je me lève de mon siège, subitement. – On pourrait refaire le monde avec des si, soufflé-je peu convaincu par ce que j’avance. – Autre chose à me faire savoir, Consiglière ? Ou je peux rentrer. J’ai soif d'oublie. J'ai soif d’alcool.



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Sujet: Re: pour un fragment d'empire. (irénée)   Hier à 17:40
pour un fragment d'empire

       

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À rogne aboyée, sarcasme débuché. Un quelque chose de carnassier ne rôdant jamais bien loin de l'orée du breuil que sont ces cils fauves, dont le va-et-vient nerveux parfois se trahit, par jeux d'ombres accidentels. La Consigliera n'est point de ces chattes qui, sitôt provoquées, feulent aux museaux beuglards, mais de celles qui pastichent la somnolence, cependant que s'acère la colère. À défaut de s'en décrocher la mâchoire, celle-ci dénude un croc narquois. Il peut lui pisser tout ce qu'il a de menaces, le cabot, car matou trop échaudé n'a plus peur d'aucune eau. Nonobstant, elle ne minore pas le péril qu'incarne la Sentinelle, loin s'en faut. Au contraire, de fait, c'est parce qu'elle renifle contre trogne hispide les prémisses d'un danger comme elle les aime qu'à la palabre elle s'adonne, volontiers. Nostro Regno dispose, sinon, de procédures persuasives moins dispendieuses en temps et patience pour raboter les bouffissures illégitimes des marauds dont elle use et abuse. De toutes les pègres gangrénant ce bas-monde, elle est celle qui ne cogite qu'en termes de pragmatisme et ne s'embarrasse pas de ce qui peut être, d'un claquement de dent, radié et remplacé. Mais Carnese, quand à elle, ne gâche aucun os à rogner, si tant est que la moelle mérite la ténacité accordée. Ceci requiert que son mignon petit nez sache flairer les aubaines, lorsque celles-ci se manifestent, y compris de la manière la moins ordinaire et commode qui soit. Sans doute est-ce là, du reste, un apanage qu'ils ont en commun ; n'est-elle pas aussi, pour lui, un mal pour un bien ? C'est ceci, précisément, qu'elle se plaisait tantôt à nommer longueur d'onde. Alors, la main de bronze n'oppose aucune résistance, lorsque s'ôte à son étau la gueule assagie. Satisfaction. De même ne bronche-t-elle pas, tandis qu'il lâche un traître phonème, ni plus cependant qu'il cabre sur postérieures. « Peut-être. », opine-t-elle, simplement. Avec des si. Une risette s'attarde, sous pommette. Avec des si, on va toujours plus loin que sans. Alors, le museau toupille derechef et pour de bon vers l'écran. Façon d'expédier là le rencart, sans plus de mots qu'il n'en faut.

Quoique. Dino les a rejoint, invitant le mastodonte a lui emboîter le pas, lorsque la stryge change d'avis. Prunelles vissées droit devant, la nuque vrille nonobstant de peu. « Nemesio. », qu'elle hèle, ne devinant plus dans son champ de vision étriqué que la silhouette faisant alors halte à quelques mètres. « Lupo non mangia lupo. » Au minois de confluer, tout à fait, sitôt le proverbe susurré, quêtant dans la pénombre les quinquets de la créature mentionnée. Nulle malice n'en déforme plus les traits, désormais, et c'est avec une sincère gravité qu'enfin, elle ponctue. « Reviens si... » Rictus. « Non. Reviens lorsque la faim te le commandera. Nous t'aiderons. »

À la satisfaire.


━━━━━━━━━━( F I N )━━━━━━━━━━

   

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