Sacra corona, sacré coroner [PV Cendre]

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[titre de mon champ]: OSSATURE: : 42 ans, petit gabarit musclé et plein de ressources [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibataire [titre de mon champ]: BESOGNE: : Pas le temps de faire autre chose que chasser pour l'Opus Dei [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : Des vilains pas beaux qu'il faut buter et je crois que je suis douée. [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Un truc bâtard qui s'ignore, j'aurais du sang de loup dans les veines. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Penelope Cruz ♦ moi // Signature ♦ Justayne [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 3224 [titre de mon champ]: PACTE: : 15/02/2017



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Sujet: Sacra corona, sacré coroner [PV Cendre]   Ven 16 Juin - 20:55
Va peut-être falloir que je songe à prendre une carte de fidélité ! A force je cumulerais des points bonus qui me garantiront toujours une place de choix aux premières loges de la dissection. Vous savez un peu comme ces actions commerciales : les fameuses ventes privées. Ça serait assez drôle pour le contexte, n’est-ce pas ? Ha merde de quel contexte il s’agit…c’est vrai que si je ne précise rien on peut tout et rien imaginer. En tout cas ça n’a rien à voir avec un commerce justement, quoique…on pourrait parler de commerce morbide d’une certaine façon ou d’une variante de bistrot parce que vous discutez autour une pièce de viande découpée à mesure que les langues commentent. Ouais c’est un peu ça la morgue.
En moins de quinze jours, je ne compte plus les fois où j’ai dû trainer, du côté de la morgue, depuis cette affaire…ces affaires remontées jusqu’à nous. Nous, c’est l’Opus Dei. A force de tendre des perches, je crois que le légiste n’est plus dupe sur mon appartenance à l’Opus. C’est ce qu’il voulait, attirer notre attention. Dans quel but, j’en sais foutre rien. Moi ce qui m’importe c’est de procéder au nettoyage des rues de Rome. Visiblement on avait un beau spécimen lycanthrope qui ne se privait pas de se tailler des steaks bien saignants quand bon lui semblait.
Mes déductions m’avaient même amenée à penser qu’il s’agissait d’une femelle venant de découvrir sa nouvelle nature suite à un bouleversement émotionnel. Infidélité conjugale, un truc de ce genre, au regard du premier cadavre que le légiste avait commencé à examiner. Soupçon confirmé quand des analyses plus poussées avaient détecté des rapports sexuels. Si la Belle s’était contentée d’une seule bouffe, ma foi, j’aurais pu dire que son mec l’avait peut-être mérité. Seule, elle ne s’arrêta pas à un encas. Cette pute affamée commençait à me courir sur les ovaires. Mettre la main dessus devenait une urgence sanitaire.

S’il n’y avait eu qu’elle encore dans toute cette histoire mais une saloperie en engendre souvent une autre.

Malgré mes nombreuses visites, je crois que je n’arriverais pas à me faire à toutes ces odeurs qui encombrent la morgue. Ho, je suis sûre que pour le commun des mortels ça ressemble ni plus ni moins aux odeurs d’un hôpital. Mais pour ma pomme, c’est nettement plus fort. Ça toujours était comme ça. Même pour l’instinct, quand un truc me titille ma nuque me démange bien avant la vôtre. A force, je m’en accommode mais ça m’a souvent permis de rester en vie plus longtemps.
Tout ça pour vous dire que depuis que j’avance dans ce couloir, j’aime pas ça du tout. Ça pue, ho mais ça pue dans le sens figuré. Comme un automatisme ma main s’en va glisser dans mon dos, histoire de m’assurer la bonne position du Beretta qui m’accompagne souvent.
J’ai tronqué depuis ma première visite, le tailleur singulier et les talons - censés tous deux faire l’illusion d’une identité usurpée pour interroger le légiste – pour des fringues plus fonctionnelles. Jean, tee-shirt, blouson en cuir assez ample et des boots tout ce qu’il a de banal. J’y vais pas pour me lever une queue mais pour bosser et là, je vous dis que ça pue, plus je pénètre dans la morgue.

Vous avez remarqué comme c’est toujours super silencieux ce genre d’endroit. Ça ferait presque flipper, on s’attend à ce qu’un tueur ou un zombie surgissent d’une pièce. Pas de légiste. Personne. C’est à se demander si un des monstres que j’ai l’habitude de chasser n’est pas venu faire un brin de nettoyage.

Je n’avais pas de rendez-vous mais y a forcément quelqu’un qui traine habituellement. Mon ouïe, plus fine que la normale, me fait avancer vers la salle où le légiste avait entreposé tous ces fameux bocaux d’échantillon qu’il comptait envoyer au coffin de l’Europe histoire de voir si l’Opus allait bouger son cul. Le mien en l’occurrence.
Difficile de dire si on manipulait des bocaux mais ça venait de là-bas j’en étais certaine.

Du bout des doigts je finis d’ouvrir la porte restée juste entrouverte. La pièce est éclairée. Déportée sur le côté, je ne vois personne pour l’instant. Je suis contrainte d’avancer lentement, la main dans mon dos, prête à braquer si nécessaire. Ce n’est qu’une fois dans la pièce que je le vois de dos. Rien à voir avec le légiste. Plus carré, plus massif. Ses mains semblent se balader sur les étagères.

- …Oh ? Vous faites quoi là ? L’accès est restrictif…Et si vous posiez ce que vous tenez dans la main...Tournez-vous que je voie votre tronche...Lentement...mains en vue mon joli...

Je le sais parce que je n’y ai pas non plus accès.  

Mon regard fait un tour circulaire rapide de la pièce. Perso je ne pourrais pas dire s’il manque quelque chose. C’est en vérifiant autour de lui que je remarque le chariot d’entretien. C’est un putain d’agent d’entretien !! Y a peut-être mal donne, pourtant je ne parviens pas à me détendre. Ma main reste plaquée sur ma cuisse.

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Sujet: Re: Sacra corona, sacré coroner [PV Cendre]   Sam 17 Juin - 13:43
Le bruit de la serpillière humide sur ce sol déjà bien trop propre retentissait depuis plusieurs heures dans les couloirs silencieux de la morgue. Les longues franges de coton frottaient inlassablement les carreaux gris, parfaitement ordonnés et qui défilaient sous les yeux de l'homme à mesure que sa tâche avançait. Un observateur averti aurait remarqué que l'eau du sceau était déjà réduite à un fond noirâtre qui roulait dans son récipient rouge vif, seule touche de couleur dans ce monde si manichéen. En présence des morts, une pudeur ancestrale retenait les vivants d'apporter un peu de cette chaleur du cœur qui bat. Et tout ici n'était que blanc, bleu délavé, vert pâle et gris.

Cendre aimait bien l'ancien légiste qui, autrefois, opérait en ces lieux aux allures de tombeaux. C'était un homme replet, rougeaud mais jovial. Il n'aimait pas son métier mais l'exerçait avec vigueur et ne s'en plaignait qu'en passant près du chariot d’entretient, en lançant un habituel salut à celui qui maniait le balais de ses bras noueux comme des racines. Le nettoyeur l'entendait parfois se verser un verre de cognac quand il pensait être seul dans son bureau. Mais, comme tout être qui respire lorsqu'il est confronté, jour après jour, à son destin funeste, il était parti sans dire un mot. Le nouveau venu était froid et professionnel, plus frêle mais empli d'une détermination certaine, et Cendre s'arrangeait pour ne jamais croiser son chemin, de sorte que l'autre n'avait qu'à peine idée de son existence. Et pour cause, celui-ci menaçait de mettre en péril le secret présent autour de la communauté surnaturelle, et Cendre était là pour l'en empêcher.
A mesure que les centimètres se rapprochaient entre la pièce de stockage et le milieu du couloir où se trouvait l'agent d'entretien, celui-ci jetait des coups d’œils obliques aux alentours, puis sur les caméras de surveillance qu'il savait désactivées, de même que la porte de la pièce réservée aux échantillons et aux dossiers critiques du légiste était ouverte. Un oubli, ça arrive à tout le monde n'est-ce pas ? Peut-être pas. La poignée se baissa sans un grincement, fraîchement huilée, et la silhouette épaisse de l'homme se glissa par le battant, emportant avec lui son chariot.

Par habitude, il vide la poubelle de la pièce dans celle qui pendait, pleine à craquer, sur le côté de son attirail. La serpillière mouillée vient frotter une partie du sol, puis est posée en équilibre contre le bureau, à portée de main. Il serait étrange pour un visiteur inopportun de constater que l'agent d'entretien n'était pas en plein nettoyage.
Le bac de son chariot s'ouvre, révélant à la place des produits chimiques, des récipients en verre hermétiques. Les échantillons de bête inconnue deviendront ceux d'un simple fauve enragé. Dommage qu'il faille briser la réputation d'un homme pour qu'il se taise, pour qu'il ne révèle pas un secret qui n'est pas le sien. Un secret que tu veux garder toi aussi, Marche-Mort.
Il sursaute sans le vouloir, faisant teinter les bocaux entre ses mains agiles. La voix de lanmo (La Mort) vient encore une fois lui chatouiller les oreilles, fluide et perfide, teintée d'acide et de poison, susurrant ses plus noires pensées, ses plus noirs désirs au creux de son oreille. Et, alors qu'elle lui chuchote de sombres idées, une autre langue se délie, le ramenant dans la réalité comme un coup de fouet claquant sur un dos vierge de blessure.

Dans le miroir près de l'étagère où ses yeux se posent, il ne voit que son reflet. Ses cheveux ne sont que fils blancs et gris, une épaisse tignasse poussiéreuse aux épis nombreux, à l’ordre inexistant. Ses yeux luisent d’un éclat malade, couleur de ciel délavé. Sa bouche n’est qu’un pli tordu, canines épaisses dépassant de ces lèvres tachées comme autant de crocs prêts à mordre. Son visage est celui de la mort, et un souffle rance s’échappe lorsqu’il exhale enfin, lâchant dans l’air puant sa corruption. Le rictus sauvage se détend soudainement, prenant un air hébété de simplet et ses iris s'emplissent d'une peur factice alors que ses mains se lèvent en tremblant. La bouche ronde, le front soudain constellé de sueur, il se tourne en bégayant, laissant ses origines créole couler dans sa voix, rendant sa diction plus floue.


Oui-là, ne...ne tirez pas ! C'est pas c'que vous croyez, ça non madam. Si fait, je voulais juste siroter un peu du whisky qu'il planquait quelque part, c'est point du vol, ça non ! Juste un petit remontant pour finir ma tournée-là. Vous êtes delapolis ?

Pendant un instant, il s'imagina que son babillage incessant allait avoir raison de la vigilance de la jeune femme qui lui faisait maintenant face. Mais sa main caressant la crosse d'un pistolet qu'il devinait sous sa veste, et son regard suspicieux qui ne changeait pas, même devant son numéro jetèrent un véritable froid dans ses sens.

Ses doigts frôlèrent les charmes pendus à son poignet et, quelque part dans ces couloirs sombres et glacials, cinq paires d'yeux roulèrent dans leurs orbites, leurs membres s'étirant comme sous l'effet d'un spasme électrique.
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Sujet: Re: Sacra corona, sacré coroner [PV Cendre]   Dim 18 Juin - 16:03
- …tirer !? Qu’est-ce qui vous fait croire que je vais tirer ? On est dans une morgue d’hôpital…c’que vous n’avez pas la conscience tranquille ou quoi ? Lançais-je en même temps qu’il obtempérait en se retournant.
Ben quoi ? C’est vrai sans déconner pourquoi avoir peur que je lui tire dessus. Un habitué des faits, je ne vois que ça comme explication. Ancien tôlard ou aimant à emmerdes condamnables. J’peux pas dire qu’il me rend nerveuse mais l’air devient comme électrique. Ça ne me plait pas, c’est assez étrange pour que je garde la main pas trop loin de mon flingue qu’il n’était pas censé deviner s’il était clair dans ses pompes.

Lorsque j’ai sa tronche enfin en visuelle, mes yeux se plissent machinalement pour chercher dans mes multiples archives cérébrales si je l’ai fiché quelque part. Simple réflexe. Automatisme du chasseur que son instinct commande de rester dans ses fringues de l’opus.
Sourire d’un benêt, les mains en l’air, perles de transpiration sur le front…tout ça !! Faut vraiment que je revoie mon discours d’approche pour le commun des mortels. On dira : déformation professionnelle encore du chasseur. Les monstres se moquent de la politesse. Je me balance de la politesse, à force ça s’imprime dans mes veines comme une bonne vieille routine.

L’accent ne me parle pas. Africain mais à la peau blanche, il sort d’où celui-là ?

– Et qu’est-ce que je dois croire alors ? La belle excuse de la bouteille qui traine soi-disant par-là !! …techniquement prendre un truc qui n’est pas à soi ça s’appelle pourtant du vol. Je fais un pas vers lui. Un grand pas afin de pouvoir lire sur son badge. Vaudrait mieux pas en prendre l’habitude…et attendre pour vous en jeter un après les heures de taf.

Comme je vois que dalle d’où je suis, je continue ma progression jusqu’au molosse. J’ai le chic pour tomber sur des baraques. Lui n’échappe pas à cette fatalité qu’est la mienne. Ce mec est un cube taillé pour le combat, je ne sens pas d’odeurs spécifiques sur lui, à part celles des produits qu’il a dû tripoter.  D’ailleurs en parlant de ça, mon regard s’abaisse sur son chariot comme pour conforter mes déductions sur son odeur.
Un sot plein d’une eau crasseuse, une serpillière en fin de vie avec des franges fatiguées. Rien de bien d’anormal en fait sauf que…

– C’est quoi ça ? Mes doigts choppent un bocal qui n’a pas lieu d’être dans son chariot.

Si je trouvais l’air électrique tout à l’heure, là, je la trouve pesante voir puante…j’ai même cette foutue impression que mon sang se glace dans mes veines.
Alors oui je n’ai pas répondu si j’étais flic mais je lui confirme bien que j’ai un putain de flingue que je lui braque en face, faisant un pas en arrière, histoire qu’il ne s’imagine pas pouvoir m’en déposséder.

– T’es qui mon gars ?...trafic d’organes… ? …pervers notoire ? Tu collectionnes…? Lève tes mains bien haut que je puisse bien les mâter.

C’est là que j’aperçois les breloques à son poignet. Je savais que ça aurait dû m’interpeller tout de suite mais à cet instant, je ne vois rien d’autres. Des babioles point. S’il fallait se méfier de tous les types qui portent des signes religieux, sataniques ou que sais-je encore…nous ne cesserions jamais de traquer, chasser et buter. Remarquez c’est déjà un peu le cas.

Pourtant, le temps de connecter cerveau, bocaux, breloques et mon instinct qui me crie de : GAAAAFFFE.

Je me fais peut-être un film, à force de baigner dans la boue on ne voit plus que ça.  Dans quel sac je vais devoir le mettre celui-là ?

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Sujet: Re: Sacra corona, sacré coroner [PV Cendre]   Mer 28 Juin - 0:36
L’œil noir du canon le fixe, bouche hurlante prête à cracher la foudre. Il avait merdé.
Le temps se fige alors qu'un éclair d'adrénaline traverse soudain le corps fatigué du Mort. Le tic et le tac de l'horloge marquent les secondes au ralentit alors que l'air semble s'emplir de la promesse silencieuse qu'un des deux êtres ne sortirait jamais vivant de la pièce. Au loin, les morts se réveillent leurs lourds pas se faisant entendre, de même que le doux gémissement qui s'échappe d'entre leurs lèvres. Quelqu'un allait mourir aujourd'hui, déchiré par des crocs jaunis, le front percé par la mortelle semence de l'arme, des doigts serrés autour du cou, une lame plongée dans le cœur. Quelqu'un allait mourir, et Cendre ne comptait pas être la victime de cette entrevue malchanceuse. Faim. leurs bouches puantes veulent goûter cette chair qu'ils n'habitent plus. Passion cannibale, amour carnassier, des puits sans fond qui veulent se repaître de ce dont ils sont privés.

Ses mains toujours levées, les poignets s'agitent doucement, faisant cliqueter les bracelets de perles de bois en un tempo d'abord lent, puis s'accélérant au fur et à mesure des mouvements du mage. Le pied droit vient battre la cadence, dessinant d'étranges arabesques dans la poussière du parquet encore sale. La voix grave de Cendre, un murmure d'abord, se joint à la danse, conjurant les morts à lui, ses ordres s'imprimant au fer rouge dans le crâne de ses pantins.
Il n'eût pas besoin de les convaincre. Les morts éprouvent une haine véritable pour les vivants, ces êtres aux possibilités infinies. Qu'est-ce qu'une vie inachevée peut bien ressentir pour celui qui peut tracer son propre chemin ? Ils ne sont qu'amour et rage, déception et tristesse, nostalgie et jalousie. Et ces murs qui gardaient les corps étaient pavés des émotions que Cendre leur donna, comme l'on donne une arme chargée à celui qui veut prendre sa revanche.

La balle avait été tiré, mais pas par la jeune femme.

L'air apeuré et le menton tremblant avaient disparus avec l'incantation. Un sourire se dessinait maintenant sur le visage de Cendre, un rictus inquiétant qui faisait luire ses yeux pâles. Sa tête se pencha lentement, avisant la tenue de son interlocutrice et le sourcil se leva, sarcastique.

Je crois que je suis censé garder le silence. J’attends encore la lecture de mes droits d'ailleurs, et cetera. On ne vous apprend rien dans la Police ? A moins que la raison pour laquelle vous êtes ici n'a aucun lien avec la notion de légalité. Je pense pas que la mafia ait une raison de se mêler de cette affaire. Je dirais donc...une chasseuse ?


Le ton se fait maintenant moqueur, disparût l'accent créole et le bégaiement imbécile.

Je pensais que vous bossiez en équipe. Non pas que j'ai beaucoup d'informations sur vous, vous savez vous faire discret, pour l'instant. M'est avis cependant que vous auriez du relire le manuel du bon petit tueur, parce que menacer quelqu'un sans savoir de quoi il est capable, c'est plutôt idiot. Et le chasseur peut être...chassé ?


Lorsqu'il prononça ces derniers mots dans un éclat de rire, une silhouette livide percuta la jeune femme par le côté, la renversant au sol dans une étreinte mortelle, tandis que d'autres formes blafardes se hâtaient dans le couloir en beuglant. Les accidentés de la route conservaient rarement tous leurs membres, mauvaise pioche pour le nécromancien qui enjamba en jurant les deux combattants au sol, fuyant dans le dédale de la morgue, un bocal en main.
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Sujet: Re: Sacra corona, sacré coroner [PV Cendre]   Sam 8 Juil - 16:44
Contrairement à l’effet de lenteur avec lequel les images défilées tout allait très vite. Canon du Beretta braqué. Cran de sécurité viré. Des incantations. Un coup de feu tiré dans le couloir. Une voix crachant dans une radio. Du renfort urgent. L’agent de sécurité de l’hosto. Les morts sont vivants gueule-t-il dans sa radio.

* Quoi !! *

Un second coup de feu. Des hurlements de terreur. L’idiot. Les morts n’obéissent qu’à leur maitre. A ce fils de pute que j’ai en face de moi. Je le comprends trop tard.
Tête penchée, il me scanne comme un steak, fait ses déductions. Son sourire se veut flippant comme ceux qui se sont un jour trouvé à l’autre bout du canon de mon flingue. Si ma main est sûre, cela ne veut pas dire que j’en éprouve une peur latente qui me glace l’échine. Ne plus avoir peur, c’est de l’inconscience et la mort assurée.

– La légalité commence là où je le décide. Tes droits ? Allons un grand garçon comme toi n’a plus besoin qu’on lui raconte une histoire avant d’aller dormir en tôle…Va te faire foutre pour tes droits…là où tu iras t’en aura pas besoin…sorcier. Tu sais que t’es pas mauvais pour les devinettes…

Bon en devinette mais à chier sur ses pseudo infos concernant l’Opus. Je bosse en solo par choix, chacun sa merde comme ça. Si ça foire je ne m’en prends qu’à moi-même. Vous savez le : “pas d’attaches, pas point faible blablabla…” et bien ça vaut aussi pour le boulot. Mais ce n’est pas une généralité et certaines missions ne peuvent pas tout le temps être gérées par un seul chasseur. Faut pas se leurrer la protection divine est aussi efficace qu’une capote percée. Et jusqu’à présent je n’ai pas eu vent que les chasseurs de l’Opus étaient de super ninja ou ce je ne sais quel super-héros en collant. Je parle pour les humains bien entendu…parait que dans nos rangs traineraient des chasseurs mordus. Je dis ça mais j’dis rien hein, c’est pas censé être connu. De mon côté, j’ai juste hérité de sens plus accrus. Agilité, ouïe plus fine ce genre de trucs. D’où ça vient ? Un coup de chance je dirais même si je sais qu’au fond de moi – mais bien au fond – l’origine est tout autre.

Alors je lui retourne la politesse mentalement parce que je n’ai pas le temps de lui dire de se méfier à son tour des ressources cachées d’un chasseur de l’Opus. Mon instinct ne s’était pas trompé. Toujours écouter son foutu instinct avant de se retrouver comme maintenant à se débattre sur le sol avec un cadavre froid mais bien vivant.
L’enfoiré n’attend pas de réponse de ma part et se casse presto. Dans l’ouverture des portes j’ai le temps d’apercevoir les jambes sans vie de l’agent de sécurité et des “rampants” des morts rampants dans ma direction.
Le canon du Beretta s’enfonce juste à temps dans la gueule ouverte de cette vorace femelle. Le coup part. La cervelle ressort par le trou béant laissé par la balle. Mais n’allait pas croire que j’en ai fini avec. Les dents s’activent toujours sur le canon et les mains s’accrochent à moi. Je dois mettre toutes mes forces pour inverser nos places. La cross devient marteau, je lui défonce les dents…la tronche. Les rampants commencent à pénétrer dans la salle lorsque je me dégage enfin du cadavre.

* Putain de sorcier.*

J’essuie rapidement ma cross avec un linge qui traine sur le chariot abandonné. Mon tee-shirt a subi mon acharnement sur la tronche du mort. Bah ça ne sera pas le premier ni le dernier. J’attire les rampants dans la salle, répands du liquide inflammable. Le zippo tombe dans une flaque enflammant aussitôt tout sur le passage du liquide. Je bloque les portes une fois dans le couloir. Pas le temps de m’attendrir sur le corps de l’agent que déjà j’entends les renforts demandés arriver à l’autre bout. Je dégage dans la direction opposée.
Le sorcier n’a pas dû aller bien loin avec la cavalerie qui débarquait. Je grimpe les marches de l’escalier deux par deux, déboulant ensuite au rez de chaussée de l’hosto alors que l’alarme incendie beuglait. Je dois remettre la main sur cette enflure au cas où les flammes n’auraient pas eu le temps de les arrêter.
Je me fie à mes sens, me concentre sur ce que j’ai pu sentir, voir, écouter de lui. Mon visage se tourne dans une direction.

* Par là…*

Le flingue planqué sous mon blouson, je me lance à la poursuite d’un gibier que je n’avais pas prévu de chasser.
Tablant sur le fait qu’il doit croire m’avoir rayée de la carte, je bénéficie de l’effet de surprise. Plusieurs mètres dehors. Plusieurs minutes après être sortie de l’hôpital, je ne tarde pas à mettre les yeux sur la silhouette de catcheur du sorcier. Mais pas de précipitation. Je le filoche tout doux, histoire d’attendre le bon moment pour le stopper comme là, c’est parfait. Personne, pas de témoins.

Pas de sommations, je lui tire une balle dans la jambe droite. Ouais dans le dos, rien à foutre, la moralité n’a jamais été mon credo.

– T’as oublié un truc. La leçon vaut pour toi également. Faut pas sous-estimer un chasseur. Ha désolée pour la balle mais y a que comme ça que tes pantins resteront bien morts.

Dans sa chute il a préservé un bocal volé. J’avance jusqu’à lui, la jambe en sang. Pointe sur lui le canon.

– On est quitte comme ça, ta saloperie m’a flingué mon tee-shirt….regarde-moi un peu ce boulot. Jus de cervelle et autres joyeusetés…je remercie pas…Tiens profite-s’en pour me virer tes breloques là. Je plaisante pas et colle contre son front le canon. Fais-moi un plan foireux encore et je te fais un trou dans ta belle petite gueule…

Je porte mon intérêt sur le bocal puis regarde à nouveau ce bâtard de sorcier.

– T’avais raison sur un point. Je suis pas mandatée par la police. T’étais pas prévu au programme…pas de bol mauvais karma, mauvais endroit tout ça tout ça tu vois ce que je veux dire. Bref on s’en tape, par contre ça m’intéresse beaucoup de savoir ce que tu foutais là-bas et pourquoi tu pars avec un …. Je détaille le contenu du bocal. …un foie ? Ne Me dis pas que c’est pour le bouffer …

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