L'Instinct de Survie ft. Nunzia

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[titre de mon champ]: OSSATURE: : 37 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibâtard-HomicidoPresqueInvolontairement-Veuf - (Re)marié aux vins et spiritueux de la supérette discount du coin [titre de mon champ]: BESOGNE: : Fabricant et dealer d'une drogue dure commercialisée par la Nostra Regno - ah, ces sponsors du crime [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCHINE: : Sorcier pur, suprême déchu mordu par la fourbe lupine [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Je crève dans mon dedans actuellement, j'ai les pouvoirs d'un gosse de 15 ans et les capacités irrégulières de ces gens en proie à une dualité interne. Mais j'ai un Beretta 92 FS et je sais viser. [titre de mon champ]: GANG: : Je collabore avec la NR pour qu'elle assure ma protection - et quand je dis collabore, je veux dire que je travaille pour eux - mais je ne suis membre d'aucun coven, d'aucune meute et je n'ai prêté allégeance à personne - faut pas déconner non plus [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Jason Momoa © Sign code by 2981 12289 0 © Gifs by Varri <3 [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 2470 [titre de mon champ]: PACTE: : 06/06/2017



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Sujet: L'Instinct de Survie ft. Nunzia   Sam 17 Juin - 17:36
L'INSTINCT DE SURVIE
Nunzia & Irénée
Je balance la tête en arrière dans un soupir las avant que des semelles rigides grincent sur le trottoir en contre bas. Je me suis perché sur des marches métalliques, à l’arrière d’un immeuble discutablement habité. On peut entendre quelques gargouillis derrière les fenêtres clouées et les murs fissurés, mais aucun dialecte ne prouve que des gens en parfaite possession de leur moyen se trouvent ici. C’est dingue comme ce genre de baraque peut se trouver à moins d’un kilomètre d’une boutique de robes de mariées et d’une pizzeria. A côté des turbulences de la ville : la misère des bas fonds.

J’ai chaud, murmure Timothée, mon binôme de ce soir, plus pour lui-même que pour moi. Ce grand type – aussi grand que moi, si ce n’est plus – a la peau chocolat et la musculature très fine de ces personnes qui prennent énormément soin de leur apparence sans passer toutes leurs soirées à la salle de sport. Il est athlétique, pas musclé… Il doit surtout courir me dis-je alors qu’il se passe le haut du poignet sur le front pour y enlever les quelques gouttelettes de sueurs qui y perlent. Il doit faire plus de 25°C maintenant, alors que l’air a été irrespirable tout l’après-midi – ça promet une sacrée canicule pour l’été à venir. – Qu’est-ce que t’as ? me demande-t-il tout en relevant ses cheveux en un gigantesque chignon – les dreadlocks aident pour le volume et la tenue.  – T’as pas… - Personne ne va venir ici, le coupé-je en me penchant vers lui. Il semble se tasser sans pour autant perdre la légère assurance qu’il a toujours dans ses yeux ; ses yeux d’un marron si intense qu’on dirait qu’il porte des lentilles. – Tu veux rire Nem’ ? Il rit. Enfin, il glousse plutôt. Ce bâtiment est rempli de camé. Parce que tu penses qu’ils peuvent payer, ces gens là ? Je hausse les épaules. – Si tu le dis.Bien sûr que je te le dis ! Ces gens là préféreront te payer à toi plutôt qu’avoir un repas chaud demain matin. Tu peux me faire confiance ! Dans tous les cas, tu peux compter qu’à 22h je me barre de ta ruelle coupe gorge toute pourrie.

Il tapote la rampe en fer, à quelques centimètres de ma main. – Et arrête de faire la gueule. Je crois que personne ne t’as jamais vu sourire frère.Frère ? Il dodeline de la tête. – Je pensais que ça pourrait le faire mais, ouais, t’as raison, j’ai senti en le disant que… Il grimace. Que non. Il fait un vague signe, tue l’expression un peu comique qu’il portait jusqu’alors sur ses traits, avant de se détourner de moi pour partir un peu plus loin ; au alentour de la porte battante – et défoncée – de ceux qu’il a en tête d’arnaquer. Normalement je ne deale que dans des endroits que la Nostra, ou moi-même, choisissons… Mais ce soir je n’avais aucune envie de réfléchir au commerce florissant de la Pikku ou à toutes ces conneries de rentabilités qui vont avec. Ce soir, si j’avais eu le choix, j’aurais dormi. Mais il faut bien gagner sa vie, penser à autre chose. Peut être à une future reconversion.

Avec tout ça les minutes passent. Elles passent en faisant ressembler le ciel nocturne à un sablier rempli de ténèbres liquides. Pareille à de minuscules diamants les étoiles émettent une lueur froide et blafarde ; la lune est un camaïeu de gris et d’argent. C’est en sa direction que je crache les volutes de fumée de ma cinquième cigarette – déjà. J’ai entendu parler, plusieurs fois, un peu gueuler – un braiment d’ivrogne - puis la ruelle est redevenue calme et aucun client n’est arrivé en bas des escaliers. J’avais raison. Les minutes ont encore défilées. Et encore. Et encore… Et encore. Elles se sont même transformées en une heure d’ennui intense qui m’a permis de me rendre compte que dans un angle, à quelques centimètres à peine d’une benne débordante, il y avait des marques à la craie qui se détachaient sur le bitume. Des traits, des carrés, des chiffres, des diagrammes peut-être même une croix. Ca ressemble à un jeu pour enfant. J’ai regardé ça un moment, en me questionnant, un peu ailleurs, sans bouger pourtant – par flemme et désintérêt. Mais à force de fixer ces arabesques au sol j’ai fini par ne plus être tout à fait certain que ça soit vraiment un genre de marelle améliorée. Déjà parce que ça serait carrément surprenant que des mioches viennent jouer à la marelle sous des sacs poubelles et ensuite parce que ça me rappelle un truc sur lequel je n’arrive pas à mettre le doigt – peut-être parce que je ne vois qu’un tiers de ce qui est dessiné.

Je me redresse, doucement, en balançant le mégot de ma clope à moitié consommée sur le macadam. – Nemesio ! siffle Timothée dans mon dos. Je n’y prête pas attention. – NEMESIO ! Cliente. Et je sais, à l’intonation de sa voix, qu’il a un sourire jusqu’aux oreilles. T’es content, je vais enfin pouvoir servir quelqu’un dans un endroit que tu as toi-même choisi. Je stoppe mon ascension pour faire face à la cliente qui arrive.

Mes épaules, presque aussi larges que le fond de la venelle, cachent assez de luminosité pour cracher une ombre gigantesque vers la fille trop jeune qui s’approche. Durant une fraction de seconde, ou peut-être deux, ses longs cheveux blonds, ses joues légèrement rosies, sa démarche flottante, presque dansante, me rappellent, avec un pincement atroce au cœur, Ejia. Un genre de tout tragique, d’innocence et de relents nordiques – alors que cette gamine n’a probablement jamais foutu les pieds plus au Nord que Milan.

Elle manque d’un certain aplomb, d’une certaine confiance, un truc moche qu’on acquiert qu’à partir d'une certaine dose de came dans les veines ; elle n’a pas de cernes grisâtres, pas le visage marqué de ces gens qui me supplient de leur vendre un fix à prix réduit. Elle semble être là par dépit – un dépit suicidaire – plutôt que pour un besoin vital. Peut-être qu’elle fait ça pour un ou une collègue. Après tout, ce n’est pas mes affaires. D’un coup de main sec j’empoigne le pan de ma veste sans manche pour l’ouvrir légèrement. Une poche interne me donne accès à un panel raisonnable de drogues. – Qu’est-ce que tu veux petite ? soufflé-je d’un timbre bas en m’épargnant les courbettes classiques et les politesses risibles. – Si tu hésites, et comme tu es visiblement une nouvelle cliente, trois petits sachets, contenant pilules et fioles, sont extirpés de leur cachette, saches que le premier essai est gratuit. Pour tester la marchandise.

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[titre de mon champ]: OSSATURE: : Dix-sept printemps à courir dans les champs de fleurs. Le dix-huitième se joue présentement sur le bitume [titre de mon champ]: CONTRAT: : L'amour ? C'est quoi ? A quoi bon s'enquiquiner avec ça ? [titre de mon champ]: BESOGNE: : Je cours entre mes classes de danse afin d'en faire mon métier et la pose de steack oignons sauce salade sur des pains, quand il ne s'agit pas de plonger des frites dans de l'huile marronasse ou pire, de récurer les toilettes. Tout ça pour se faire un peu d'argent de poche. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : La Fontaine, Grimm, Disney. [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Sorcière, sorcière, prend garde à ton... [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Magie des Astres, comme cela sonne poétique. (Je parle avec des âmes errantes, sans même le savoir.) [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Emily Ruhl [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 75 [titre de mon champ]: PACTE: : 03/05/2017



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Sujet: Re: L'Instinct de Survie ft. Nunzia   Mar 20 Juin - 11:27
Vapeurs acides. Le bitume martelé par les passants recrache ses toxines, il exsude la chaleur accumulée tout au long d'une journée trop chaude, étouffant ainsi la moindre fraicheur que la nuit a pu apporter avec elle. Les murs des immeubles se referment sur les ruelles typiques de la capitale ausonienne. L'ambiance est lourde, brumeuse, calfeutrée. Malgré les appliques figées dans des pans de murs ici ou là, éloignées les unes des autres, grillées ou clignotantes pour la plupart. La seule lumière dans ce trou à rats urbain est presque la candeur juvénile de la jeune Nunzia, poussée dans le dos vers l'intérieur de ce dédale sombre et poussiéreux.

« Allez Noon, on n'a pas toute la nuit, » lui lance la voix criarde associée à ce bras peu amicale, dans toute l'ironie que cette simple phrase peut contenir. Filipa et ses amis s'esclaffent, contents d’entacher la pureté qu'ils n'ont jamais possédée, inconscients fêtards à la recherche de sensations, jeunesse dorée de Rome qui n'a d'étincelant que les pièces qui leur remplissent les poches. Maitres du monde ils pensent être, en bafouant la nuit et les règles.

Nunzia s'avance, le palpitant au tempo presto. Néanmoins le pas n'est pas hésitant, il n'y a plus de retour en arrière possible. Elle ne va pas se dégonfler maintenant alors que c'est la première vraie occasion qu'elle a de prouver qu'elle n'a peur de rien comme elle aime tant l'affirmer. A gauche, puis la ruelle à droite. Ne regarde personne dans les yeux. A gauche, puis à droite. Avec sa tenue un brin provocante, un shirt en jean déchiré dévoilant ses longues et fines guiboles presque entièrement caché par un t-shirt où se dessine un drapeau américain, des grosses boots noirs et quelques bijoux gothiques comme pour dire fuck à la vie, elle essaye de se donner un genre grunge et rebelle. Il faut avouer que ça lui va bien, avec son corps de danseuse, sa trogne bafouée par sa chevelure, moue boudeuse subtilement barrées de mèches blondes qui retombent sur son haut noir. Elle serait presque crédible en jeune rebelle, s'il n'y avait pas quelque chose dans l'attitude générale et le port de tête qui ne la trahissait. Et on peut légitimement se demander ce qu'elle fout là.

Crise d'ado tardive sans doute. L'appel du danger. Pourquoi se mettre dans de telles situations si ce n'est pour assouvir un fantasme inconscient ? Elle s'imagine souvent Nunzia triste héroïne d'une histoire dramatique, subissant les perversités d'un monde dont on a trop voulu l'éloigner. Pourtant ça n'est pas du masochisme, elle ne cherche pas à souffrir ou se faire du mal. Comme tous ados, elle veut comprendre la vie et la mort. Une danseuse aux jambes brisées peut-elle continuer à vivre ? Comme s'il fallait pousser le destin pour qu'à un moment il n'y ait plus que deux choix : mourir ou être sauvé. Un jour martyr, un autre princesse échue dans des bras enjôleurs. Faux choix d'ailleurs puisqu'il ne lui appartiendra pas de décider, et c'est peut-être là le point de tout ça : s'abandonner, lâcher prise, perdre le contrôle. Ou bien simplement vivre son propre conte comme elle a tellement lu et vu. Rêves de gamine mélangés à la curiosité de l'adolescente qu'elle devra abandonner si un jour elle veut devenir femme.

Alors elle a mis ces fringues et enfilé ce masque, espérant corrompre le jugement d'autrui. Et il n'aurait pas fallut allé bien loin. Sa marraine d'école - qui aura mis des mois à la contacter une première fois - était la personne tout indiquée pour la trainer dans un coin sordide un jour ou l'autre. Filipa c'est ce genre de nana qui ne pense qu'à s'amuser et surtout qui ne fait rien si ça n'est pas dans son intérêt.  D'habitude, elle considère sa filleule comme un fardeau, trop jeune et trop gourdasse à son goût, ne connait rien aux bonnes choses de la vie et donc pas intéressante. L'hypocrisie n'a pas de limites, et ce jour là, visiblement, Nunzia pouvait quelque chose pour elle.

« Nunzia ! Je te cherchais partout ! On sort ce soir avec la bande, tu viens ? »
« Hmm, j... »
« Tutut, tu viens, on va danser toute la nuit ça va être génial ! »

Nunzia acquiesce tout en se disant que cette fille est barbante et que la soirée promet d'être aussi ennuyante que les quelques fois où elle l'a embarquée après les cours. Mais soit. Très vite elles se retrouvent avec la bande de copains de Filipa dans son gigantesque appartement ultra moderne des quartiers riches de la ville. Ils discutent, boivent des bières et du vin. Nunzia aussi même si elle fait attention, pour sa ligne. Elle s'ennuie, n'ayant rien en commun avec eux.

« Filipa, tu n'avais pas parlé de danser toute la nuit ? » Finit-elle par lancer avec désespoir, très vite suivi d'éclats de rires. Son accent de paysanne les amuse, pour sûr que ça dénote avec sa trogne. Même si elle a une voix plutôt grave.
« Idiote de Noon, vous avez entendu ? Elle croit que les boites ouvrent à 22h ! » Les rires s'intensifient et puis on passe à autre chose. Les heures passent et enfin la bande décolle pour une destination inattendue. Le fameux intérêt est dévoilé. « C'est Nunzia qui paye la came ce soir ! » Sacrée aubaine pour elle d'une certaine façon, mais sacré coup dur pour son porte-feuille. Par chance, elle n'a pas assez de monnaie et quelques uns se portent volontaire pour compléter ce qui manque.

Le passage se resserre après le virage, comme si les murs voulaient engloutir la ruelle. Nunzia ne peut s'empêcher de contempler les quelques personnes qui trainent par là, yeux dans les yeux, clairement dans un état étrange. Pupilles dilatées, cristallin rougi. Un homme allongé sur un perron d'immeuble lui attrape subitement le bras. Prestissimo. Il marmonne quelques mots incompréhensibles mais sans doute sexiste alors qu'elle s'échappe, avant de retomber sur béton. Dernière ligne droite, la jeune blonde chasse l'idée de rebrousser chemin de sa tête. Ça ferait d'elle une poule mouillée. Elle essaye de se convaincre que tout va bien se passer et qu'elle a choisi d'être là en pressant le pas. Ce qui ne lui donne que moins d'assurance, alors que son regard se perd un peu dans la contemplation de ce cul-de-sac où il fait plus chaud encore qu'avant.

Un homme immense et plus que costaud s'impose devant elle, il fait au moins deux fois sa taille et quatre fois sa largeur. Sans exagération. Un peu plus loin un autre homme basané et encore plus grand semble surveiller. Ici, la lumière est encore plus tamisée et des bruits étranges de personnes faisant des choses inexplicables est plus intense que dans les ruelles. Au moins elle en aura des choses à raconter. Engloutie par son ombre, elle exécute les derniers pas qui la séparaient encore du dealer. Par chance, il se met à parler, plaçant des mots qu'elle n'aurait pas réussit à retrouver. Les explications de Filipa lui semble bien loin et elle ne sait déjà plus ce qu'elle doit prendre. S'il te propose, essaye la came surtout ! C'est tout ce dont elle se souvient. Elle inspire un grand coup et se forge un regard décidé, remontant directement vers les prunelles de ce mastodonte - elle n'avait jamais vu un gars comme ça en vrai. « Bonsoir... » Le premier mot tire légèrement vers les aigües, elle se ressaisit. « Oui, ok, faisons ça. » Bras le long du corps, elle serre les poings, fronçant les sourcils et le dévisageant avec un curieux aplomb qu'elle n'a pas. Ce qui peut paraitre aussi comique qu'être impressionnant. Enfin, ses épaules retombent et elle tend sa main ouverte, dans l'attente de la drogue et des consignes pour l'essayer.
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Sujet: Re: L'Instinct de Survie ft. Nunzia   Sam 24 Juin - 0:29
L'INSTINCT DE SURVIE
Nunzia & Irénée
La petite me tend le bras, revigorée par une assurance qui lui sort de nulle part. Je reste un instant à fixer ses phalanges, pensif, en tâtant, l’esprit embrumé, les sachets que je tiens. Injection, sniff, cachet ? T’es bien mignonne mais c’est quoi que tu veux gouter ? A cette question muette, elle n’y répond pas, semblant plutôt s’impatienter de mon évaluation. J’imagine que la coutume veut que le dealer commercialise sa drogue avant celle des autres. J’espère que tu n’es pas sensible des veines, parce que ça risque de piquer… Et je suis sûr que d’ici peu, je te reverrais trainer dans une ruelle sombre ou dans un lieu de débauche. Tu y seras pour me réclamer ce poison qui te rongera de l’intérieur comme la gangrène. Tu me le réclameras comme si c’était vital, parce que t’en seras sûre, parce que ça te brûlera le sang, le bide, le crâne ; tu ne penseras qu’à ça, ça sera pire qu’une ritournelle, pire que ces mots là, qui sont sur le bout de notre langue mais qu’on ne retrouve pas. Pire que cette plaie sur le bord de tes lèvres qui te lance chaque fois que tu la lèche mais qui te donne une sensation de revient-y. Tu n’auras plus de vie tellement ça te rendra dingue, le manque. Tu voudras d’exploser la tête contre un mur. Tu deviendras insomniaque. Et, de toute façon, quand tu trouveras le sommeil, c’est de poudre blanche et de seringues que tu rêveras. Ca te retournera. T’en vomira de douleur. Jusqu’à ce que tu me retrouves et que j’abrège tes souffrances. Jusqu’à que t’ai ton foutu fix pour planer moins d’une heure. Ouais. Tout ça pour ça, tu te diras. Tu te diras que t’arrêtes. Mais le cercle de la dépendance est interminable.

Je te donne 6 mois à vivre, jolie blonde.
Je te les donne à partir de ce soir.


Je prends une gélule, range le reste, sort, en des gestes précis et routiniers, une petite cup – un genre de cuillère à café d’expert - que je tends à mon interlocutrice. Je positionne sa main de sorte à ce qu’elle tienne le tout bien horizontalement, sans bouger. Le temps que je vide la poudre blanchâtre de la Pikku à l’intérieur ; un sourire indescriptible étire la commissure de mes lèvres… J’ai toujours aimé préparer mes fixs. J’ai toujours aimé le moment de frénésie et d’excitation qui précède l’injection. C’est pas avant. C’est pas pendant. Mais c’est après que tout se casse la gueule. Quand tu comprends que t’as rien vécu et que tu vivras jamais rien. Je glisse une clope entre mes lèvres, profite du briquet allumé pour le foutre sous la cup. Je renifle l’air qui possède un relent foutrement étrange. Je penche ma tête sur le côté. La poudre est devenue liquide. J’examine distraitement les alentours. Sérieux tu sens pas l’odeur cheloue ? Je m’arrête pour me redresser, soudainement beaucoup moins intéresser par la préparation minutieuse. Je ne suis plus distrait ; même si je tends maladroitement un garrot et une seringue à la gamine – parce que je connais mon taff et je sais ce qu’il me rapporte. – Serre, pique, kiffe. Paie et casse toi.

Je souffle ma volute de fumée au dessus de sa crinière dorée. Et là, j’en suis sûr… Même les flagrances de nicotine et de vapeurs de plantes lapones n’arrivent pas à voiler le parfum de moins en moins étrange qui me prend à la gorge. Une odeur de pourriture. Comme celle d’un rat crevé dans la cloison de ton 8m².Attends, soufflé-je plus par réflexe que parce que j’en ai quelque chose à carrer qu’elle se drogue avant de capter. – Non continue, me repris-je en jetant un coup d’œil par-dessus mon épaule, en direction de cette foutue benne et de ces foutues poubelles et de ces foutues dessins sur le macadam. Un mouvement, à la périphérie de mon champ de vision, me fait me remettre droit. Mes épaules se tendent tandis que ma peau se parsème de chair de poule. Y a de la magie dans l’air. Elle court sur mon épiderme. Désagréable.Dépêche putain de merde, dis-je en kvène pour ne pas la brusquer. Cela dit je ne suis pas sûr que pas comprendre ce que je dis la rassure. Et puis…

Un cri. Celui de Timothée. Je le reconnaîtrais entre milles. Pourtant, la surprise me fait faire un bond en arrière. Je manque de trébucher sur une dalle qui ressort légèrement du sol. Ca me fait presque louper l’entrée d’un nouveau protagoniste. Ou du moins, une nouvelle. Il n’y a aucun doute que ce soit une femme qui se pointe à l’angle de la ruelle – ce maudit cul de sac – parce qu’elle est complètement à poil. Ses seins pendent, ses mains, recroquevillées comme des pinces de crabe, tentent vaguement de les cacher ; mais c’est peine perdue, à chacun de ses pas ces derniers se balancent comme de vieux gants de toilettes remplis de flotte. Et elle n’a franchement pas besoin de plus s’approcher pour qu’on voit déjà parfaitement que cette gonze est pas de première fraicheur. Elle est morte depuis longtemps. Vraiment longtemps à en croire son corps gonflé et violacée.
De son ventre, ballonné par des gaz et ourlé de lambeaux de chairs, émerge une espèce de mousse noirâtre et pestilentielle. – C’est de toi ? craché-je entre mes dents à l’attention de la gamine. Putain dis moi que c’est toi qui as créé cette horreur. Dis moi que tu vas pouvoir l’arrêter avant qu’elle arrive à notre hauteur.

La morte feule, nous montrant une rangée de dents fines et bizarrement pointues. Un de ses yeux – plus desséché qu’un pruneau – roule dans son orbite dans un craquement particulièrement ragoutant. – Merde ! Je relève une main comme pour me protéger le visage – de quoi, j’en sais rien – avant de la plongée sous ma veste. J’extirpe mon flingue de son holster d’épaule, fait un pas en arrière, vise dans une inspiration profonde.  Mon Beretta est chargé de balles dum-dum – le genre qui font des trous si gros qu’il suffit de toucher sa cible pour être sûr de la buter… A condition que sa cible soit vivante et qu’elle ait besoin de tous ses organes pour le rester. Mon index presse sur la détente sans plus de cérémonie. L’explosion a une puissance incroyable dans la ruelle. Elle se répercute sur les murs à m’en faire vriller les tympans. La morte est touchée dans un sursaut violent. Elle vacille. Son bras droit se détache dans une pluie de fragment de chair et d’os. Pas de sang. Le cadavre est trop ancien pour ça… Mais pas assez pour avoir perdu toutes ses facultés et son agilité. Je n’aurais jamais parié sur sa rapidité à la course à pied… Et j’aurais eu tord. Elle se sent peut être plus légère avec un bras en moins, en tout cas elle fond sur nous à une allure folle. J’ai à peine le temps de lui envoyer une seconde décharge – qui la percute à l’épaule – qu’il faut que je me détourne pour me barrer en courant vers la seule issue possible. Et elle implique passer par-dessus le mur du fond de la ruelle.

Finalement, je ne te donne plus que quelques minutes à vivre petite.


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Sujet: Re: L'Instinct de Survie ft. Nunzia   Mer 28 Juin - 23:06
Elle observe, silencieuse. Ses yeux le regardent mais ses oreilles sont tournées vers l'arrière de son crâne. Elle écoute. Mauvais pressentiment ou simple vérification d'usage des possibilités de fuite ? Il fait, chaque geste suivi de près par les iris céruléennes, et même un peu plus. Elles vont au-delà, parcourent tout, chaque détail, s'aventurent sur la peau et les habits du colosse cherchant à comprendre qui il est et pourquoi il fait ça. Elle regarde à la fois intriguée et dégoutée par ce qu'il est en train de préparer. Aurait-elle  dû lui préciser le nom de ce que voulait Filipa ? Elle n'a aucune idée de ce qu'il est en train de concocter. Elle sursaute dés qu'il la touche, bien sûr elle a tellement peur au fond. Elle sent ses tripes faire des grands huit dans son ventre... Elle qui aime les grands huit d'ordinaire, cette fois doute d'elle-même. C'est ça de jouer les caïds, de se montrer aussi stupide essaye-t-elle de se dire furtivement alors que toute son attention est accaparée par ce qu'elle tient entre ses mains. Douce chaleur qui signe peut-être la fin d'une vie. Heureusement que je suis un chat. Elle se rassure comme elle peut alors que la vue de l'aiguille l'enfonce dans son angoisse. « Heu, vraiment ? » Elle gémit alors qu'il serre le garrot, un son à peine audible qui ne sera suivi d'aucune opposition, curieusement. Maintenant la seringue est entre ses doigts. A toi de jouer lui dit-elle avec ses mots à lui, aussi étrangers à son langage que sa personne lui est opposée.

Difficile d'imaginer plus de contrastes entre deux personnes. Grand, costaud, tanné, brun versus taille moyenne, fine, pâle et blonde. Elle a peut-être en commun avec lui d'être costaud à sa façon, un corps sec, finement musclé par les heures quotidiennes de danse. Mais comme elle est encore jeune, cela ne se voit pas forcément, masqué par les rondeurs juvéniles. Ses pensées s'égarent. Il s'impatiente, elle hésite, l'aiguille posée à l'intérieur de son bras et laissant poindre une gouttelette de sang. Pourtant il lui demande d'attendre, faisant remonter vers lui les sourcils froncés de la jeune fille. Il lui dit de reprendre sans la regarder. Est-il fou ou juste préoccupé ? Elle se reconcentre sur l'aiguille, l'enfonçant enfin sans un bruit, souffrance trahie par un affreux rictus. Doucement, tout doucement, elle appuie sur le bout de la seringue, la main tremblante. Et si c'était l'erreur de sa vie ? Son autre main l’attrape comme elle peut, lui le grand monsieur, surement par un bout de sa veste, n'importe quoi. Un besoin pressant de s'ancrer quand le sol ne suffit plus.

Elle n'a pas eu le temps de lui demander ce qu'il voulait dire dans sa langue inconnue alors que quelque chose d'étrange semble se passer. Etrange et inquiétant, encore plus que maintenant et pourtant elle avait déjà de quoi s'en faire. Néanmoins cette situation pourrait être salvatrice pour elle, un coup du sort qui avait du bon. Le cri de l'autre et le sursaut de lui, elle a bondi aussitôt, bondi et lâché la seringue. Un peu de drogue fera tout de même son chemin jusqu'à son encéphale loin de la dose qu'il lui avait prescrit. Elle l'avait lâché par la force des choses et serrait son poing sur un bout de tissu imaginaire, le regardant lui, yeux écarquillés, pupilles dilatées, pâle comme un linge. Elle esquissa tout juste un « Pardon ? » sincère à sa drôle de question. De quoi de elle ? De quoi parlait-il ? Pourquoi faisaient-ils cette tronche tous les deux ? Ouïs vers l'arrière, elle n'osait jeter un oeil. La suite prit une tournure qu'elle n'aurait jamais pu imaginer.

Elle cria lorsqu'il sorti son arme, se couvrant le haut du corps de ses bras en se recroquevillant sur place. Un geste machinal parfaitement inutile et totalement adapté à l'inutilité qu'elle pouvait représenter à ce moment là. Elle n'était que de la chaire fraiche. Et elle n'en n'avait même pas conscience. Elle, elle voyait juste un fou au regard aliéné tirer sur on ne sait quoi. Jusque là, elle aurait pu passer outre, attendre gentiment que le calme revienne avant de prendre la drogue pour les autres et de se tirer. Sauf qu'après avoir tiré un deuxième le gars se tailla sous ses yeux ébahis. Elle n'avait toujours pas regardé derrière, mais si un type comme lui fuyait tel un couard, la queue entre les jambes que devait-elle faire ? D'ailleurs son collègue s'était évaporé lui aussi, certainement juste après avoir crié. Nunzia avait un instinct de survie développé, en plus de sa capacité d'abnégation surprenante et ne se fit pas prier pour le suivre. Où qu'il aille, elle irait, c'était son nouveau mojo. Il allait être son guide de survie personnifié.

Elle avala alors l'air qui la séparait du mur qu'il était en train d'escalader, s’élançant sans réfléchir comme si elle avait déjà fait ça toute sa vie. Elle a les muscles, la souplesse, l'agilité, la détente. La danse donne tout ça, il n'y a plus qu'à oser, reproduire ce qu'elle venait de voir. Sans hésiter, elle s'accroche à lui pour s'aider dans son ascension de la paroi quasi lisse. Malheureusement, quelque chose derrière elle a eu la même idée, cette fameuse chose qui leur a filé la frousse à ces grands gaillards. La blonde hurle, se contracte et s'agrippe à lui qui passe de l'autre côté du mur. Une véritable teigne bien décider à en découdre avec la vie. Elle balance son pied férocement pour faire lâcher prise à la chose, vainement. Les ongles s'enfonçant dans le cuir ou dans sa propre chair ne lâcheront rien et c'est finalement la gravité qui viendra à son secours. Alors qu'il saute du mur, il l'emporte avec elle. Peut-être même qu'il l'a aidé dans ce passage, elle ne sait pas, elle ne cherche pas à comprendre ce qu'il se passe, ce qu'il a fait ou n'a pas fait, ou même s'il a tenté de la donner en pâture au monstre. Elle, elle veut juste se débarrasser de ce truc qui enserre sa cheville à vouloir lui rompre les os et retrouver son lit.

De l'autre côté du mur, un instant de calme. Pourtant elle sent toujours un truc autour de son pied, même si la prise est moins féroce. Elle a chuté un peu plus loin et son premier réflexe n'est pas de constater les dégâts. Jambes cassés ou peu importe quoi d'autre, l'adrénaline et la drogue masquent tout. Elle se rassoit et regarde enfin. Les cris suivent rapidement, elle se débat en reculant sur les fesses - visiblement les jambes sont fonctionnelles - jusqu'à dégager ce bras sans attache loin du sien. Il est bizarre, boursouflé, violacé et nauséabond. Sa cheville brûle et elle la prend entre ses mains. Enfin elle le regarde lui avec ses sourcils en forme de questions, son nez froncé et ses yeux terrorisés. Incapable de formuler une quelconque suite de mot. Elle qui est si bavarde. Et maintenant quoi ? La chose va escalader à son tour ? Le bras va se remettre à bouger tout seul ? Ou bien c'est ça la drogue ? Elle attend les instructions, prête à suivre sans vraiment se demander tout ça. Elle est plutôt incrédule et absente, le cerveau complètement déconnecté.

Tout ça lui parut durer une éternité alors qu'il ne s'était passé que quelques secondes depuis le premier tir. Et ce semblant de pause sera court lui aussi, elle n'en doute pas.
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RUN WITH THE MOON

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[titre de mon champ]: OSSATURE: : 37 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibâtard-HomicidoPresqueInvolontairement-Veuf - (Re)marié aux vins et spiritueux de la supérette discount du coin [titre de mon champ]: BESOGNE: : Fabricant et dealer d'une drogue dure commercialisée par la Nostra Regno - ah, ces sponsors du crime [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCHINE: : Sorcier pur, suprême déchu mordu par la fourbe lupine [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Je crève dans mon dedans actuellement, j'ai les pouvoirs d'un gosse de 15 ans et les capacités irrégulières de ces gens en proie à une dualité interne. Mais j'ai un Beretta 92 FS et je sais viser. [titre de mon champ]: GANG: : Je collabore avec la NR pour qu'elle assure ma protection - et quand je dis collabore, je veux dire que je travaille pour eux - mais je ne suis membre d'aucun coven, d'aucune meute et je n'ai prêté allégeance à personne - faut pas déconner non plus [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Jason Momoa © Sign code by 2981 12289 0 © Gifs by Varri <3 [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 2470 [titre de mon champ]: PACTE: : 06/06/2017



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Sujet: Re: L'Instinct de Survie ft. Nunzia   Sam 8 Juil - 21:31
L'INSTINCT DE SURVIE
Nunzia & Irénée
J’agrippe d’un bond le haut de la murette. Donne une impulsion avec mon dos. Bats des jambes. Tends les bras. Tente de basculer de l’autre côté d’un coup de reins mais… Je repars en arrière aussi vite. Un grognement étranglé remonte le long de ma gorge pour mourir avant même d’en sortir. Putain de merde ! Mes doigts glissent, dérapent. Je m’écorche les mains quand vient un second poids plomber mon ascension. Celui là me fait jeter un coup d’œil par-dessus mon épaule pour m’apercevoir qu’on se tient tous… Et que je suis le chef de file. Vous avez pas l’impression que ça fait beaucoup ? La blonde hurle. D’un hurlement si strident qu’il me donne envie de lui envoyer mon pied en travers du visage – et pas que pour la faire taire. Lâche moi ! Je n’ai aucune envie de la comprendre. La simple idée qu’elle ne fait ça que par peur de mourir n’est absolument pas les options que me sert ma caboche. Pour moi, elle veut juste m’emmerder au possible. La pensée aberrante que ce soit finalement bien son zombie me percute dans un courant électrique. Ca me parait parfaitement impossible mais ça  a le mérite de m’envoyer une décharge d’adrénaline. Elle se débat. Je me débats. Le zombie tient bon malgré son bras en moins et son épaule très amoché. Je n’ai pas envie de tomber. Il ne faut pas que je tombe. J’étire un bras. Me tortille. Me secoue. Danse de droite et de gauche jusqu’à arriver à passer ma jambe par-dessus le mur et me laisser choir de l’autre côté.

La descente est rude parce qu’elle n’est absolument pas contrôlée. Je m’écroule lourdement dans quelque chose de moue avant de rebondir sur quelque chose de dur et de rugueux. Poubelles. Bitume. Je me protège à peine le visage. Sens l’autre qui se détache de moi et mon flingue qui glisse plus loin dans un bruit métallique. Je suis sûr qu’il est rayé. Et je reste là, sans bouger. Le front posé sur mon avant bras, les oreilles à l’affut du moindre nouveau glapissement étrange et sinistre. Du moindre mouvement. Du moindre tremblement sur l’asphalte. Le zombie râle, de l’autre côté. Ses dents pointues claquent dans un feulement étrangement – comme si sa gorge était percée, quelque part. Il ne lui faudra pas longtemps pour faire le tour du bâtiment… Je me redresse, toujours sur le ventre. Cherche la gamine du regard… Son nouvel hurlement m’indique plutôt bien sa position. Je rentre mon cou dans mes épaules, lui jette une œillade désappointée, avant de voir un bras pendre à sa cheville. J’ai envie de rire. Vraiment. Mais elle est visiblement étrangère à ce genre de conneries mystiques. Alors j’ai envie de la laisser là. Seule et abandonnée. Dans l’ignorance de notre monde. Parce que je ne suis pas sûr que ce zombie soit la pour moi et que je ne suis pas sûr qu’il ne va pas y en avoir un autre… Ou plusieurs. Et que la meilleure façon de le savoir et de sauver l’une de nos peaux c’est de se séparer. Puis j’ai pas envie de me trainer un boulet, si tu vois ce que je veux dire.

Un coup de pied envoi le bras loin d’elle. Prostrée contre un bâtiment. Les pupilles dilatés – entre la terreur onirique et la drogue injectée. Je me relève entièrement, cette fois. Dans un râle contrit et dans un soupir las. Je frotte mon pantalon, vais récupérer mon flingue – qui est effectivement rayé, enfoiré de macchabée. J’hésite à partir, en la regardant, là, à quelques mètres de moi ; elle qui semble attendre que je me déride, que je cause pour que tout ça devienne réel ou ne reste qu’un cauchemar. Le bras du zombie tressaute. Ses ongles sales, jaunâtres et écaillés grattent le sol pour se redresser. C’est bien ça, qui est chiant avec ce genre de bestiole. Elles ont des limites corporelles complètement démentes. Comme si, chaque partie de leur corps, avait une volonté propre. Je m’avance, pose le pied dans le creux de la paume, et l’écrase dans un craquement humide, malgré le manque de sang frai circulant. Puis je me penche vers la blonde, pour claquer des doigts devant son nez. – Tu pourrais réciter l’alphabet à l’envers, toucher ton nez, jouer à la marelle ? Faire ce genre de trucs qu’on te demande pour s’assurer que t’es apte à reprendre le volant, ou pas assez péter sur la voie publique pour aller en cellule de dégrisement ?Est-ce que tu peux articuler des mots, petite ? Parce que je ne veux pas te faire peur mais il va falloir bouger notre cul de là. Les zombies n’ont peut être pas de force surnaturelle… Mais ils sont dotés d’une détermination aveugle. Si on a donné l’ordre à celui là de nous buter, il n’y a aucune chance pour qu’il abandonne ou s’économise à la tâche. D’autant qu’elle est moisie, la gonze, mais elle court sacrément vite. Avec ses deux bras en moins on l’a délesté d’un poids. Je n’ai pas envie de savoir si ça peut y jouer. - Allez, je lui tapote la cuisse avec ma godasse, comme on le ferait à un animal mort sur le bord de la route pour s’assurer qu’il est vraiment mort. – Lève-toi… Lève-toi et marche, dis-je avec une pointe de cynisme.

Un bruissement. Un raclement. Je n’ai pas besoin de me retourner pour savoir ce qui arrive dans mon dos. Ni besoin de tendre d’avantage l’oreille pour savoir que la gonze putride n’est plus toute seule. Combien ils sont, au juste ? Le seul point positif c’est qu’ils semblent marcher. Le point négatif c’est qu’à partir du moment où on va se mettre en mouvement y a des chances qu’ils se mettent à courir… Et je ne suis pas sûr de les battre à la course à pied, je n’ai jamais été un bon sprinteur. – Parle moi, balancé-je en jetant un coup d’œil pressé autour de nous. S’ils ne savent pas qu’on sait qu’ils sont là… Je me masse la tempe. Vois une fenêtre condamnée à même pas trois mètres de nous. Je resserre ma main autour de mon Beretta, inspire à fond, chope la gamine au niveau du coude et m’élance vers l’une de nos seules issues de secours. Une décharge éclate pour nous ouvrir un passage… Je me rappelle avec une pointe d’amertume que, la vie, ce n’est pas comme dans les films et que mes balles ne sont pas éternelles. Je viens d’en utiliser une pour le fun… Et je n’ai pas d’autre chargeur. Faut dire que j’avais pas prévu qu’on essaierait de me tuer… Ou de tuer la personne à qui je vends ma came. Je pousse la blonde par la fenêtre. La suit de près quand, derrière, je sens un déplacement d’air… Trop tard. J’essaie de faire vole face mais je ne me tourne que de trois quart. Des bras me ceinturent et me plaquent contre une poitrine. Je sais à l’écho mouillé de son torse que, ce mort là, est carrément moins mort que le précédent. Une brève lutte s’annonce ; la chose veut me faire plier le poignet pour que je n’utilise pas mon flingue et je détourne le visage pour le protéger d’une quelconque morsure. Claquement de mâchoire. Des dents s’enfoncent dans mon épaule. Un grognement sonore fait vibre ma cage thoracique. Je pèse de tout mon poids vers l’intérieur, espérant ainsi qu’il va céder un peu de mou… Mais il s’affale sur moi, trébuchant sur le rebord de l’embrassure. Déséquilibré, je pars en arrière… J’aurais pas du. La vieille bâtisse n’a visiblement pas prévue de recevoir, avec élan, sur son sol décrépit, une carcasse de 110 bons kilos et une autre qui doit, au bas mot, en peser 85. Le combo ne lui convient pas. On passe le plancher des vaches laissant seule, en haut, la gamine avec la femme sans bras.

Comme quand on n’a pas de chance, c’est jusqu’au bout... C’est moi qui amorti la chute du zombie. L’impact me coupe la respiration… Sa bouche, qui tente de m’arracher une moitié de joue, me la rend. Je me débats, le canon de mon flingue coincé son épaule… Fais chier. Tant pis ! J’appuie sur la détente. Le recul me vrille un peu le poignet mais fait reculer le monstre. Assez pour que je puisse viser. Je lui vide mon chargeur dans la tête et le buste.



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[titre de mon champ]: OSSATURE: : Dix-sept printemps à courir dans les champs de fleurs. Le dix-huitième se joue présentement sur le bitume [titre de mon champ]: CONTRAT: : L'amour ? C'est quoi ? A quoi bon s'enquiquiner avec ça ? [titre de mon champ]: BESOGNE: : Je cours entre mes classes de danse afin d'en faire mon métier et la pose de steack oignons sauce salade sur des pains, quand il ne s'agit pas de plonger des frites dans de l'huile marronasse ou pire, de récurer les toilettes. Tout ça pour se faire un peu d'argent de poche. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : La Fontaine, Grimm, Disney. [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Sorcière, sorcière, prend garde à ton... [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Magie des Astres, comme cela sonne poétique. (Je parle avec des âmes errantes, sans même le savoir.) [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Emily Ruhl [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 75 [titre de mon champ]: PACTE: : 03/05/2017



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Sujet: Re: L'Instinct de Survie ft. Nunzia   Mar 18 Juil - 23:35
Poupée de cire. Poupée immobile aux traits si pâles. Elle n'en a plus les joues rosées, ni les lèvres humides, pulpes à croquer. Figée, inexpressive. Elle s'interroge. Il l'a tiré par dessus bord, ou plutôt elle est venue à sa suite, se rappant sur les briques au passage. Simples égratignures, déchirures du tissu, gâchis d'argent. Hématomes au postérieur après la chute, inévitablement. Elle l'a suivit, elle ne sait pas pourquoi, elle le sent. Sa peur, celle de mourir qui s'insinue tel un pathogène hautement contagieux. Maintenant elle sait un peu, elle voit le bras mais elle ne comprend pas. Pauvre personne à qui il doit manquer, c'est elle qui a fait ça s'horrifie-t-elle. Il n'avait pas envie qu'elle le suive, il voulait la laisser en pâture à ce bras et au reste de son corps. Si malintentionné. Comment quelqu'un peut-il faire peur à un homme aussi fort ? Qu'est-ce que cela cache ? Peur de mourir, seuls au monde et pourtant, il ne semble pas éprouver la moindre compassion pour elle. Entraide absente.

Poupée de son. Muette. Interdite. ses yeux se perdent dans le vague. Vague à l'âme. État de choc. Déception du genre humain. Drogue dans le sang. Drogue dans les neurones. Son esprit est si loin. Il parle, elle ne répond pas, elle n'esquisse rien. Elle n'a pas envie, ou elle ne peut pas. Si elle avait dû lui répondre, quelque part admirant la scène, ses pensées formulent. Je pourrais en y allant doucement, mais quel intérêt ? J'ai pas envie de faire le singe maintenant. Il continue, il a écrasé la main qui bougeait encore. Elle réalise seulement. Réflexe post-mortem, elle a entendu ça quelque part et sa raison approuve. Elle a envie de lui dire, effrontée, j'suis pas petite ! Ses lèvres s'articulent comme une plume tombe par calme plat. Subtile. Aucun son n'en sort. Il persévère, poupée de chiffon, à quoi bon. Ce n'est qu'un corps sans âme. Et la tâter du bout du pied ne va rien arranger, négligence absolue. Et puis en fin, elle se tourne vers lui. Une once de compassion, dans l'attente, dans le ton. Finalement, le déclic tant attendu pour que ses yeux inexpressifs, iris opalines devenues trous béants le considèrent. Elle n'est peut-être plus grand chose - à cause de lui - mais elle va l'aider comme elle peut quand la fuite s'annoncera. Elle ne veut pas mourir. Elle ne veut pas qu'il l'abandonne là, vieille chaussette sans valeurs. Pauvre petite chose. Elle dépend entièrement de sa bonne volonté, et elle déteste ça. Absence de choix, absence de volonté, incapacité totale. Parent indigne, la drogue. Elle n'est pas de la meilleure compagnie, ni un bon allié.

Pantin désarticulé. Il la lève, la pousse ou la tire. Elle suit, jambes chancelantes, concentration à son maximum. Un pied devant l'autre. Elle fait ce qu'elle peut. Et c'est déjà mieux que de la porter. A peine consciente de ce qui se passe autour, douce chaleur dans le bas du ventre, le dos, la nuque. Échappatoire par le verre brisé, éclats coupant la peau d'albâtre. Traits pourpres sur lesquels perlent de fines groseilles, et même quelques petites grappes. Trois fois rien, mais trois fois plus que les précédents blessures. A la toute fin, le bilan sera peut-être lourd sur ce corps qui fut immaculé. Elle le sent tomber près d'elle, allongée, toujours impuissante et incapable de se relever. Le plancher tremble avec fracas alors qu'il descend d'un étage. Elle n'a pas vu l'autre, elle n'a rien vu, elle perd ses sens l'un après l'autre. Pas de douleurs, pas de vision, pas d'odorat, bientôt plus d'ouïe.

Soudain, sensation chaude au creux des reins, humidité au coeur des courbes. Tous ses pores s'extasient. C'est brutal et intense, jouissance neuronale, fabriquée, imposée, subie. Douce violence qui tort son corps, dos qui se courbe, pieds qui glissent contre le sol. Ses bras s'étendent, tels les ailes d'un cygne, touchés par la grâce par dessus le trou béant. Plaisir silencieux, plaisir vicieux. Elle aime et déteste en même temps. Elle qui n'a jamais connu que de maigres expériences solitaires. Délicieuse douleur. Une montée en puissance, sensation sourde rapidement répandue dans tout le corps, atteignant tout aussi son climat et ne semblant plus en descendre. Étrangement, elle comprend enfin ce film sur le cygne noir, la dualité en son propre intérieur. Elle a mal de se tordre de plaisir, de ses yeux révulsés, de sa tête à l'envers et elle en veut encore. Elle souffre de cette volupté chimique, sentiment de trahison profond. Viole des neurones vierges. De toutes les substances, il a choisi la pire et elle ne le sait même pas. Elle ne sait rien de la drogue d'ailleurs, à part qu'il ne faudrait pas en prendre. Elle maudit ce dealer, le haït de toute son âme. Tout ça, c'est de sa faute. Et bien plus, si elle savait... Convulsion, elle se tourne au dessus du vide, visage au rictus inquiétant rivé sur lui, par hasard. Son souffle déforme ses joues, de rage pourrait-on croire. En pleine lutte contre la substance, elle déchaine sa haine en un regard sans trop le savoir. Car elle a complètement perdu pied, elle flotte au dessus du vide à deux doigts d'y sombrer, elle n'entend rien, pas même les coups de feu, ne se rend compte de rien. Elle veut juste que cette sensation cesse. Son corps reprend place sur le dos de la même façon qu'il en avait bougé.

Adrénaline. Vers de terre au teint passé glisse jusqu'à elle, escalade son corps. Peau froid et suintante. Elle ne réalise pas encore. Ascension lente de cette femme tronc. Enfin son visage entre dans l'angle de vue de la jeune junkie, faciès monstrueux, dents carnassières. Une vision horripilante qu'elle tente de fuir, battant des jambes sur le sol pour s'en éloigner. Les chicots couleurs suie survolent le derme, alerte les poils hérissés. Elle hurle. Réflexe de survie, incontrôlé, unique et dernière défense. L'hormone corporelle chasse la drogue, elle reprend pied. La terreur guide son sixième sens. Décharge d'énergie aussi violente qu'elle a pourfendu l'air de ses aigües, partant en sphère depuis l'épicentre qu'est son âme. La morte décolle, bonhomme en mousse s'écrasant mollement à l'étage d'en dessous, percutant comme une quille l'autre mort-vivant. Les corps sont bousculés par l'onde de choc, celui du dealer y compris. Ce n'est pas un hasard si elle a atterri sur lui, pas plus qu'ils aient fini par roulé au loin. L'atmosphère se calme et elle se redresse, posant immédiatement un regard circonspect vers l'étage d'en dessous. La poussière flotte dans l'obscurité. Les poutres grincent encore de la décharge qui a fait trembler la bâtisse entière. Les questions se bousculent.

Elle a envie de lui en vouloir, de le détester et de l'abandonner ici avec ses problèmes. Elle pourrait fuir facilement, non ? Elle parcourt vaguement les lieux, les rideaux poussiéreux, les murs délabrés, les fenêtres cloitrées de vielles planches mortes. Lui en bas, se remettant, son indéchiffrable regard posé sur elle. Et puis... Eux. Sursaut de réaliser. Un rêve, un cauchemar, la drogue. Il y a bien une raison. Soudain la langue se délit, en même temps qu'elle agite ses membres pour en chasser les fourmis. Impatience de l'esprit curieux d'en avoir tant gardé pour lui, d'avoir été frustré, presque puni. De lui avoir coupé les liens avec son corps. Monologue rapide et étrange, presque schizophrène, accent plus fort que jamais, notes de panique. Parler comme c'est pensé, plus pour elle-même.

« C'était quoi ? Ils vont rebouger ? Il s'est passé quoi ? Et la drogue, pourquoi tu m'as donné ça ? Je pourrais en avoir à nouveau ? Elle murmure celle-ci, comme si c'était un aveu insoutenable. Elle a honte. Allez dis moi, c'est fini ? Est-ce qu'on peut rentrer ? J'en ai marre, je le jure, je reviendrais pas. C'est pas drôle. Et... Et puis... Pourquoi ? C'est une mauvaise blague de Filipa hein ? Je peux fabriquer une corde avec des rideaux si tu veux remonter, si on remonte. On va descendre peut-être. S'il-te-plait dis moi quoi faire. »

Supplication, inutilité demi-avouée mais consciente et opérationnelle cette-fois. Avec encore un peu de douceur en son sein pour supporter l'insupportable vérité. Pour la maintenir à flot, hors de la panique la plus totale. Mais l'adrénaline, elle s'échappe vite et son petit tour de magie, elle ne pourra pas le refaire à chaque fois.

Bruissement dans la ruelle, de l'autre côté du verre brisé. Coups sourds portés sur une porte en bas. Elle se lève d'un bond, prête à fuir où il lui indiquera. Il ne manquerait plus que les deux se remettent à gigoter.
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