(Flashback) Cure me Father, for I am a monster | Micaela

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[titre de mon champ]: OSSATURE: : 29 ans, mais bien plus à fouler la Terre. [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibataire, au grand dam de son père. [titre de mon champ]: BESOGNE: : Généticienne et biologiste pour le Vatican, elle est spécialisée dans les loups-garous et les wendigos. De son propre chef, elle tente de créer un contraceptif capable d'atténuer, voire de faire disparaître, les chaleurs des louves. Mais c'est un secret qu'elle garde farouchement. [titre de mon champ]: ÉCORCE: : 100 ans déjà ; le temps passe sans que l'on n'y prête attention, et les pressions augmentent, mais elle résiste. [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Lycan ; elle est de ceux qui hurlent à la lune, qui courent dans les rues, qui déchirent de leurs griffes et arrachent de leurs crocs. [titre de mon champ]: PRESTIGE: : De sa nature de louve, elle hérite des sens accrus, de son appartenance à la meute rublev, elle est une des porteuses de la malédiction de son père : l'empathie. [titre de mon champ]: GANG: : Meute Rublev, la seule famille qui compte. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Cintia Dicker ; hedwige aka Klaus (avatar), Tumblr (gif), Dezbaa (signature). [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 60 [titre de mon champ]: PACTE: : 25/05/2017



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Sujet: (Flashback) Cure me Father, for I am a monster | Micaela   Mer 21 Juin - 22:59
Six mois plus tôt, décembre 2016.

Les murs froids encageaient la louve. Les ordres étaient venus d'en-haut, et s'imposaient, dans toute l'autorité qui les auréolait, comme indiscutables. Elle n'avait même pas osé ouvrir la bouche. Par respect, plus encore par conscience du danger. Par curiosité, aussi. Une curiosité de scientifique ; le genre de curiosité qui pouvait s'avérer dévastatrice. A trop vouloir savoir, l'âme tombe dans des limbes dont elle ne peut plus s'extraire, et ne peut qu'admirer avec une avidité angoissée les mains trifouiller les chairs et brutaliser les corps, l'esprit creuser toujours plus profond, vers une vérité qu'il ne connaît pas, mais qu'il cherche ardemment.
Il y avait une ligne à franchir, une démarcation floue, à peine perceptible. Tatiana était convaincue que sa soif de savoir et la science devaient rencontrer des limites. Elle plissait les yeux : la barrière semblait s'amenuiser toujours plus, à mesure que les découvertes progressaient, et surtout que la peur grimpait et que la volonté de contrôler se faisait plus pressante. Elle avait parfois l'impression d'être un instrument utilisé contre son propre peuple ; mais elle chassait vite cette pensée. Tout ce qu'elle faisait, elle le faisait dans leur intérêt. Pour améliorer leurs existences, les rendre plus aisées, plus simple à gérer, moins tortueuses et douloureuses.

Et peut-être que ce vaccin fonctionnerait, finalement. Peut-être même qu'il n'aurait aucun effet secondaire... Elle l'espérait. Qu'au moins, ce ne fût rien de trop inquiétant. Si l'attente du résultat était éprouvante, il n'en demeurait pas moins que la jeune femme n'avait aucune envie de sentir une vague de culpabilité l'envahir. Elle espérait pouvoir aider la demi-louve qui allait venir - d'autant plus qu'elle y était contrainte par leurs supérieurs, ces hommes qui méprisaient les bestiales engeances. Elle voulait réussir à atténuer les pesants symptômes dus à sa condition. Elle y travaillait désormais depuis plusieurs mois, et avançait peu à peu, pas à pas. Tout était question de patience et de méthode. D'ambition aussi ; elle se méfiait des grands pontifes, dont elle craignait que le désir fût de parvenir, un jour, à la création d'un antidote qui saurait éradiquer les natures lupines.
Elle aligna les différentes seringues sur la table métallique qu'on avait mis à sa disposition. Derrière elle, il y avait un fauteuil. Le fauteuil où s'assiérait son cobaye. Elle se redressa et resserra la queue de cheval qui retenait ses cheveux roux. Elle passa deux mains sur sa blouse, comme pour la défroisser, bien que le geste tînt plus à une tentative d'apaisement qu'à autre chose.
Elle était toujours un peu nerveuse lorsqu'elle devait tester un médicament. La crainte qu'il ne fût pas efficace ; l'espoir qu'il le fût. L'adrénaline. Elle courait dans les veines, forçait le cœur à battre plus vite, dilatait les pupilles.

Elle inspira ; on toqua à la porte. Elle se retourna et, d'un pas vif, alla ouvrir. Dans l'encadrement apparut alors une femme. Elle avait de longs cheveux bruns, des yeux noirs captivants. Quelque chose en elle évoquait clairement la méditerranée, son soleil chaud et ses plages dorées. Pourtant, lorsqu'elle croisa son regard, il lui sembla que l'expression qu'il portait eut le pouvoir de chasser les rivages du sud, pour les remplacer par une cendre froide et sombre. Le don d'empathie de la louve fondait sur l'autre, et elle sentait comme une rage latente, patiente.
Toutefois, elle lui sourit. L'habitude, sûrement. « Vous êtes Madame Orsini, je présume ? Docteur Narychkine. » dit-elle en lui serrant la main. « Entrez, je vous en prie. » Elle s'écarta pour la laisser passer, avant de refermer la porte dans un clac discret.

La scientifique se dirigea vers la petite table de fer, et prit un dossier qu'elle avait posé dessus. Elle pivota à demi vers la femme et lui intima : « Vous pouvez vous asseoir dans le fauteuil. » Elle attrapa elle-même un tabouret rangé sous la table, s'y assit et, le dossier ouvert, se tourna vers son cobaye, non, sa patiente. « Micaela Orsini, née en 1974 - dites-moi si je me trompe -, chasseuse pour l'Opus Dei, demi-louve. » Elle releva le regard vers la femme, en quête d'une confirmation, puis demanda, les yeux fixés sur les lignes du dossier : « Cinquante et un kilos pour un mètre soixante-huit, c'est ça ? » Elle redressa la tête. « C'est pour doser correctement la quantité de médicament. » Elle sourit encore, se voulant rassurante. A sa place, elle serait très probablement anxieuse, sceptique tout au moins. « Ça va, pas trop inquiète ? » s'enquit-elle en refermant le dossier d'informations.

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PR/Ralentissement du 5 au 26 août.

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Dernière édition par Tatiana Narychkine le Lun 26 Juin - 21:35, édité 1 fois
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[titre de mon champ]: OSSATURE: : 42 ans, petit gabarit musclé et plein de ressources [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibataire [titre de mon champ]: BESOGNE: : Pas le temps de faire autre chose que chasser pour l'Opus Dei [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : Des vilains pas beaux qu'il faut buter et je crois que je suis douée. [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Un truc bâtard qui s'ignore, j'aurais du sang de loup dans les veines. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Penelope Cruz ♦ moi // Signature ♦ Justayne [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 2937 [titre de mon champ]: PACTE: : 15/02/2017



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Sujet: Re: (Flashback) Cure me Father, for I am a monster | Micaela   Jeu 22 Juin - 21:23
Plusieurs phases viennent cadrer la vie d’un chasseur. Un costume pour lequel vous êtes entrainé depuis l’adolescence pour y rentrer et apprendre à fermer votre gueule. Ça pour y rentrer, je n’ai pas rencontré de réelles difficultés, même la première fois où j’ai donné la mort, quant à savoir fermer sa gueule…et bien j’ai dû aller aux cours de rattrapage plus d’une fois. Cela m’a valu des missions bien pourries avant d’intégrer la notion et garder pour moi-même ce que je pensais vraiment. Obéir uniquement aux ordres quels qu’ils soient.

Du plus profond de ma mémoire, je ne me souviens pas avoir eu, un jour, une enfance dite “normale“, vous savez les poupées, les peluches toutes ces petites choses qui vous permettent de rester encore innocent et préservé d’une réalité qui vous rattrapera bien assez vite ensuite. Non ça je ne me souviens pas avoir connu cela. D’une peluche j’ai appris qu’on pouvait y planquer ce qu’on voulait dedans tout comme dans une poupée, qu’un couteau ne servait pas qu’à couper sa viande pour manger etc etc. Remarquez tout cela me semblait tellement naturel à l’époque. Allez savoir peut-être que j’agirais de la même façon si j’avais eu des gosses.
Par contre de l’amour de mes deux parents, ça, je ne pourrais pas dire le contraire, j’en ai lu autant que j’ai pu y déceler de la crainte également. Pour quel motif ? Je suppose que cela s’explique parce que les chasseurs ne parviennent pas toujours à l’âge de la retraite. Mais avec le recul j’ai senti une crainte beaucoup plus profonde que celle liée à une disparition trop rapide. Une crainte plus marquée à mesure que mes troubles se sont manifestées par des démangeaisons, de plus en plus violentes, au point de m’en arracher la peau. Si cette saloperie est toujours présente encore aujourd’hui, j’ai appris à vivre avec et m’en servir. Curieusement les lycans sont plus sensibles à cet atout, ça tombe bien, j’ai toujours ressenti une attirance particulière pour ces monstres.
Pour résumer, c’est une existence quasi monastique qui s’est imposée d’elle-même. Une vie vouée à l’Opus qui ne laisse de la place à rien d’autres qu’à se maintenir en vie.

* Quelle vie de merde…*

Le plaisir je le trouve quand mes pas partent fouler les alentours de la ville pour courir. Des moments qui se font rares depuis quelques temps, préférant les séances de tirs ou les équipements d’entrainement dans les locaux de l’Opus, comme à cet instant où je saute à la corde.
AC DC, Maiden, que du gros son dans les écouteurs, je ne ménage pas la corde et ma cadence. Ma peau ruisselle comme si je sortais d’une douche. Le cœur tape, c’est une bonne mort physique, idéale pour garder une endurance nécessaire.
Je saute. Saute. Saute. Les paupières se ferment parfois. Inspirant. Expirant. Mentalement j’essaie de retracer des faits marquant qui m’ont valu de racheter mes mauvais points. Je saute toujours les yeux clos. Lorsque je rouvre, c’est sur Bosco Tulciano, mon homologue mais en plus ventru et plutôt homme de bureau que de terrain. Je le vois agiter sa main devant mes yeux, genre : hé ho. Je diminue mon rythme. Ses lèvres bougent mais je n’entends rien. Je finis par m’arrêter de sauter, essoufflée mais c’est normal ça fait un moment que je m’entraine. J’arrache les écouteurs au moment où il gueule :

– ORSINI T’ES ATTENDUE PAR LE BOSS..
– T’as besoin d’hurler sans déconner ? Tu peux attendre deux minutes que je m’arrête. Putain, pensais-je pour moi-même. Je ramasse ma serviette pour m’éponger et reprendre mon souffle. …tu sais pourquoi il veut me voir ?
– Nan mais ça fait un moment que je te cherche…et il aime pas attendre le vieux. T’as encore fait une connerie ?
– Encore… !! Tu crois pas que t’abuses avec le “encore”…faut bien que certains d’entre nous aille patauger dans la merde pour des planqués comme toi Tulciano.
Je me dirige vers les douches, attrapant au passage ma bouteille d’eau. Je l’entends protester comme un putois. Bah c’est pas lui qui pourra me coucher au tapis, même en s’entrainant il lui faudrait un miracle ou que je sois malade. Pour lui montrer que j’en ai rien à foutre, je lui notifie mon respect par un joli doigt d’honneur. Oh mais à part ça on s’adore lui et moi.

Je prends le temps de me doucher avant de me rendre dans le bureau du Boss. Ma tenue est correcte, les cheveux partiellement séchés, rien à redire sauf pour mon retard. Putain qu’est-ce qui va encore me tomber sur la tronche ? J’ai beau réfléchir, je ne vois quelle connerie j’ai pu faire dernièrement.
Je frappe, attends le mot magique qui vient en….je vous le donne dans le mille…en gueulant. Bravo.

– Chef. Vous m’avez demandé ? Question con mais bon élémentaire.
– Orsini, vous et un groupe d’autres personnes, nous vous avons choisi pour participer à une expérience afin de mettre au point un nouveau sérum pour optimiser l’endurance des chasseurs.
– Pardon ? un rat de labo !! Qu’il aille se faire foutre. … nous ? Qui nous ?
Je vois bien que ma question l’emmerde. Le ton de sa voix s’élève et marque son ascendance sur moi.
– Nous…la haute sphère Orsini. C’est un ordre Orsini pas une invitation à une garden party alors vous allez vous rendre au labo où on va attend.
Je le regarde presque bouche bée.
– MAINTENANT Orsini, allez dégagez moi le plancher et vous avez tout intérêt à vous s’y rendre, croyez-moi.
Ça sonne comme une menace vers un retour aux missions merdiques. Ouais…ben on va y aller à son truc pourri. Putain. Cobaye…

Quelques longues minutes plus tard, parce que fallait le trouver le labo.
Cobaye !! Vous imaginez l’état d’esprit dans lequel j’arrive quand je frappe à la porte.

* Purée, y a bien assez de tôlards pour faire leurs tests. *

La porte s’ouvre sur une silhouette féminine. Blouse blanche et tout le tralala d’un toubib de labo, manque juste les gants en latex et vous avez le topo.

* Madame !! Ben elle est polie. *
– C’est ça. Orsini. Vous êtes perspicace… Je rentre à son invitation, en même temps j’ai pas vraiment le choix. Je vous préviens on ne m’a pas laissé le choix…de servir de cobaye. Traduction, ça me fait chier d’être là. [/color] Docteur Narychkine…[/color] P’tain quel nom à coucher dehors. Narychkine ? Ça sonne pas l’Italie ça. Brouhouu ça m’évoque la Russie avec ses savants fous qu’on voit dans les vieux James Bond. Vous êtes jeune pour un toubib …ici.

Mouais c’est louche ça, elle cache quoi la petite rousse sous sa blouse. J’ai pas envie de me faire tripoter par une de leur créature qui sert le Vatican même si on bosse pour la même cause, j’ai du mal à les encadrer.
J’obtempère et vais m’asseoir dans son siège.
Je ramène mes cheveux sur un côté avant de m’appuyer pendant qu’elle se saisit d’un dossier. Enumère des informations sur moi, j’acquiesce jusqu’à :

– PARDON ? Demi quoi ? Vous faites erreur, je suis demi-rien, vérifier vos infos mes parents sont Isabella et Sonny Orsini, chasseurs à l’Opus depuis toujours comme leurs parents avant eux. J’espère que vous n’allez tester une saloperie destinée aux lycans sur moi ?

J’aime pas vraiment l’idée d’être un cobaye mais alors si c’est pour me coller un truc dans les veines pour en voir les effets sur un humain, c’est pas prévu dans mon plan de carrière ça.

– Si justement parce que j’aime bien savoir où je mets les pieds.

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Sujet: Re: (Flashback) Cure me Father, for I am a monster | Micaela   Ven 21 Juil - 16:22
La femme entra. Tatiana saisit sans mal le sarcasme de sa première phrase, et si celui-ci éveilla une pointe d'énervement, la russe se reprit rapidement. Elle aurait probablement, elle aussi, été d'une humeur massacrante, si on l'avait forcée à voir un docteur pour devenir le cobaye d'une expérience. « Je sais. J'en suis désolée. Je préfère avoir des volontaires, mais visiblement le Vatican n'a pas le temps de chercher ces gens-là... » Bien qu'elle tentât de contrôler son ton, son agacement transparaissait sans mal. « Il faut croire que la science n'attend pas. » déclara-t-elle dans un sourire ironique, quoi que crispé. Depuis le temps qu'elle travaillait entre les murs saints - et qui pourtant cachaient bien des péchés -, elle avait retenu cette leçon. Le temps est compté ; les vies le sont aussi. La première qui se présente est souvent la bonne ; et c'est comme la nourriture en tant de guerre, on ne chipote pas. On prend, et on cisaille. Pourtant, l'expérience n'y avait rien fait : l'idée la chagrinait toujours autant.
A la remarque de Micaela, elle ne put empêcher un rire de s'échapper de ses lèvres. « Vous trouvez ? » Il était vrai qu'elle paraissait jeune pour exercer un tel métier, et surtout au sein de l'Église, dans les sous-sols qui rongeaient les âmes et les corps. Mais ce n'était que tromperie ; une vaste mascarade dressée par un Dieu taquin, qui des Hommes s'ennuyait, et avait apporté à la Terre, par quelques tours de passe-passe divins, les créatures qui hurlaient à la lune. Cependant, il était hors de question d'affirmer quoi que ce fût à la femme - quand bien même elle était demi-louve. Avant d'être quoi que ce fût, elle était chasseuse. Elle aurait pu le lui dire, et la narguer, le menton levé, comme une proie qui se sait hors d'atteinte. Ce n'était ni son genre ni la chose à faire. Car si elle ne l'atteignait pas, il n'était pas dit qu'elle ne remontrait pas jusqu'à sa meute, jusqu'à sa famille. Même s'ils ne cherchaient les conflits nulle part, et que son père entretenait des relations cordiales avec le Vatican, elle se devait de les protéger du moindre risque. Ainsi, elle rétorqua, la malice au fond de l'oeil : « Vous préférez que j'aille chercher un de mes collègues décrépits ? Ce n'est pas ce qui manque... Je n'ai qu'à traverser le couloir. » Le grand édifice religieux semblait préserver les vies de ceux qui servaient la fameuse cause de Dieu.

Tatiana jeta un œil au dossier et récita ce que l'on y avait noté. Mais, lorsque la patiente manqua de bondir de sa chaise, et qu'une vague de répulsion heurta son don d'empathie, elle faillit faire tomber son stylo. Sa main se crispa dessus, et elle dévisagea la femme, les sourcils froncés, le regard intrigué, et avec une lueur de colère, brève, rapide. Ainsi, on lui avait apporté une demi-louve qui ignorait sa condition. On lui avait assigné un cobaye qui ne savait même pas pour quoi il allait être traité, contre quoi. Elle rebaissa les yeux sur les papiers, et relut. « Hum... C'est pourtant ce qui est écrit. » Elle pesta intérieurement contre cette administration incapable de fournir les documents adéquats à la situation, contre ces hauts-placés qui méprisaient les identités, puis elle raya les mots indicibles, et releva la tête, une expression neutre à nouveau apposée sur son visage - peut-être un peu forcée ? « Ils ont dû se tromper. » Elle secoua ses boucles rousses. « Et non non, ne vous inquiétez pas, rien à voir avec les lycans. Enfin... si, disons qu'avec ça, vous arriverez peut-être à rivaliser avec eux à la course. » Nouveau sourire, sourire affable, sourire mystérieux, aussi. Elle avait réfléchi à toute vitesse, et avait songé que le plus probable, c'était qu'on l'avait envoyée ici afin de se faire injecter un produit dont le but était d'améliorer les performances des pions de l'Opus Dei. Elle ne voyait bien que ça ; et l'expression d'Orsini ne laissa pas transparaître de surprise. La scientifique en fut soulagée.

Elle se détourna de la demi-louve, et attrapa la table métallique, qu'elle attira vers elles. Tandis qu'elle attrapait une seringue, elle répondit : « Pas de quoi vous inquiéter, dans ce cas. On est toujours au Vatican... » fit-elle, un brin d'ironie dans la voix, avant de reprendre son sérieux. « Ce que je vais vous administrer est censé améliorer vos performances, en agissant sur les muscles et le système nerveux. » D'une main experte, habituée au geste, elle planta l'aiguille dans le flacon de produit, en tira la quantité nécessaire, et poussa doucement sur le bout de la pipette pour faire sortir l'air. Puis, elle pivota avec le tabouret, et fit face à la demi-louve. « Donnez-moi votre bras, s'il-vous-plaît. » demanda-t-elle.

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Sujet: Re: (Flashback) Cure me Father, for I am a monster | Micaela   
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