L'or rosé – Marius

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Jeu 22 Juin - 17:03
Marius Vitale. C'est son nom. Ulisse trouve ça joli, Marius. Ça fait doux et simple. Un Marius n’est pas censé vider de son sang une jolie rousse. Peut-être qu'il l’a tué parce qu'elle était rousse. Ulisse a lu que selon certaines personnes, le sang de rousse aurait des propriétés sataniques. Mouais, bof, il attend de voir un démon invoqué pour y croire. Ça ne l’intéresse pas trop. D’un oeil critique, Panani sur les genoux, le garçon observe l'adresse gribouillée sur un rappel de facture. C'est son ami “informaticien freelance” qui le lui a déniché, un type bien sûr tous les rapports hormis que son passe-temps c'est de spammer les bureaux du Kremlin de gif de chatons. Un type fort étrange, mais agréable. Il travaille pour Ulisse avec plaisir, gratuitement. Peut-être parce que ce dernier a un argument de choc : un chat. Panini ronronne sur ses genoux, ses longs poils gris ardoise ne lui procurant aucune fraîcheur face à cette chaleur d'été. Les gens les regardent un peu de travers dans ce métro, les chiens de service étant plus communs que les chats. Ulisse ne se préoccupe pas d’eux, concentré sur son enquête. Il a l’adresse du tueur, il sait ce qu'il a fait et il va lui poser des questions au lieu d’aller voir Giacomo. Tout va bien, encore une journée banale chez le Del Viccho. Puis, lentement, déposant Panini à ses pieds, Ulisse sort à la station voulue, remontant à la surface, dans la chaleur étouffante de la ville. Le maincoon a une laisse, mais le chat reste collé au cuisse de son maître, allant parfois renifler ci et là. C'est un bon chat. Et puis finalement, les voilà devant la joellerie. En suivant Giacomo une demi année avec la criminel, Ulisse a appris que les horribles personnes ne sont pas forcément les plus moches, sans travail et mal rasées que veulent nous faire gober les films. Le luxe fait parfois perdre la tête à de nombreuses personnes. Il entre. Gling gling. Marius est derrière le comptoir. La porte se referme. Gling gling. D’un pas raide, les mains se tordant nerveusement devant lui, Ulisse s'avance vers le comptoir. Bonjour, je m’appelle Ulisse. J’aimerai vous pousser des questions sur votre attitude la nuit du 30 mai. Un lieu plus privé serait peut-être plus confortable. Il dit ça, son petit speech préparé en amont, sans bégayer ni buter. Ulisse est fier, mais son visage reste de marbre. Soudain, il réalise quelque chose : le soleil brille, pénétrant dans la boutique. Mais d'après tous les écrits un minimum sérieux qu'il a pu lire, les buveurs de sang craignent le soleil. La météo actuelle ne vous blesse pas ? Il le scrute, scrute sa peau, recherchant peut-être des rougeurs et des brûlures. Panini grimpe agilement sur le comptoir, allant mordiller la gomme au dessus d’un crayon de papier abandonné dans un pot.
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Marius L. Vitale
SIRÈNES - DROWN YOUR SOUL
OSSATURE: : Trentaine apposée sur la paperasse factice, échine piégée entre deux âges. CONTRAT: : De trop nombreuses conquêtes éphémères qui se sont fanées, myocarde sel qui fuit l'attachement, âme jouissant de sa pleine liberté. BESOGNE: : Précieuses qui étincèlent de leurs éclats délétères, joaillier aux phalanges habiles ornant les nuques de gemmes. Murmures et secrets glanés ou soufflés, informations échangées, babines fourbes crapahutant à la cité sainte une fois le crépuscule tombé.
ÉCORCE: : Six-cent-quatre-vingt-sept années d'errance, observateur silencieux qui voit le monde se perdre peu à peu. Belle gueule juvénile mensongère et factice. ÉCHINE: : Fils de l'ondine et des abysses dévorant les souffles. Piranha aux écailles d'un bleu nuit et aux éclats lazuli qui scintillent dans les flots à la manière d'une voûte nocturne. PRESTIGE: : Douce cristalline qui joue entre les doigts, domptée à merveille, branchies striant les flancs peu importe la forme. Doux murmure inné pour séduire les âmes par la fourberie, ainsi qu'une carne qui se referme sous les maux. GANG: : Opportuniste solitaire, grimaçant alors que celle qui se dit reine est évoquée, désolation d'un poisson avisé maître de son échine, détournant le regard des bas fonds dégueulasses. @EFFIGIE: : Brendon Urie ❉ faust (ava) / DΛNDELION (gifs/aes) BAFOUILLES: : 2949 PACTE: : 09/04/2017



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Ven 23 Juin - 11:34

« Heres' my life story and it's far from fiction. One part love and two parts addiction, mix it with a little bit of fun for details. »

Infernal. Chaleur étouffante, qui donne cette impression que l'air se raréfie, semble disparaître, carcasse peinant à s'y sentir à l'aise, poisson hors de l'eau ne rêvant que de son ondine fraîche, sentir la caresse d'un océan salin sur l'échine sans en sortir durant les prochains mois, époque révolue tant manquée. Saison épouvantable qui s'apparentait à l'enfer, où l'astre solaire devenait l’ennemi à abattre, comme chaque année, schéma qui se répétait indéfiniment, rendait fou. L'automne et sa fraicheur sont attendus comme le messie. La climatisation fonctionnait déjà à plein régime, dégueulant son air froid dans toute la joaillerie qui se faisait glaciale, contraste absolu avec le monde extérieur qui s'étendait, devenant cocon protecteur pour la journée. Les clients ne se plaignaient pas, profitant de l'air qui y règne dans un soupir de soulagement, oasis aux gemmes et précieuses gelées dans le désert de la ville éternelle.  

Énième aller-retour au robinet, filet d'eau se glissant sur le derme terriblement sec, le caresse, l'hydrate comme il peut, maigre lot de consolation à défaut de pouvoir y baigner, attendant que la voûte nocturne pointe son museau et enrobe les ruelles dans sa gueule, mettant fin à un jour de plus où l'illusion d'une humanité serait le maître mot. Ennuyeux. Les moindres entre-vues avec le monde externe en deviennent presque croustillantes, maigres rebondissements brisant le silence et les mélodies connues par cœur qui se répètent inlassablement à la radio à longueur de journée et de manière agaçante, me surprenant parfois à en fredonner des brides.

Les mirettes se posent sur ce gamin qui pénètre dans les lieux givrés. Peu courant de voir ce genre de mômes à la recherche d'un quelconque joyaux, à moins qu'ils n'aient été élevés avec une cuillère en argent dans la bouche et dilapidaient la fortune de leurs parents à outrance. Sourire qui s'esquisse et se fend pour l'accueillir, avant de remarquer l'abominable bestiole qu'il semble trainer avec lui dans son sillage. Félin qui laisserait très certainement des poils dans les lieux au vu de la fourrure abondante, retenant une grimace alors que la bestiole prend ses aises et grimpe déjà sur le comptoir, espérant qu'elle ne s'approche pas trop de ma carne et de son odeur iodée, félin et poisson, ça ne faisait pas véritablement bon ménage. Désagréables mésaventures alors que les rues de Rome grouillaient de chats errants, pullulant auprès des pierres antiques et sans âges, gardiens des lieux d'antan et oubliés qui avaient un brin trop tendance à m'emboiter le pas, alléchés.

J'étais loin d'être au bout de mes tourments. Voilà que le blondinet, propriétaire de l'animal, ouvre la bouche, laissant des syllabes pour le moins surprenantes s'échapper. La nuit du trente mai ? Sourcils qui se froncent alors que les souvenirs sont écumées, ayant toujours eu du mal à apposer un jour sur une date, encore un truc bien humain que de vouloir donner des noms au temps qui passe et au jours qui défilent. Les mots ne disent rien qui vaillent, espérant qu'il ne soit pas tombé sur la dite magouille qui s'impose à mon esprit, chasse opérée dans l'urgence et très certainement trop hasardeuse. Bien ma veine d'avoir été pris en flagrant délit par un mioche. « Mon attitude ? » Il était de la crimino ? A se planquer derrière une couverture qui lui servait d'écrin d'innocence ? Ou bien jeune chasseur qui prépare le terrain, poches pleines de caulerpa ? Nouvelle question qui s'élève alors que les sourcils se froncent un peu plus, se font murs. « La... météo ? » Quand bien même le soleil restait une plaie et mortel à long terme, en quoi cela le concernait-il ? Attendait-il des aveux ? Une confirmation que l'être en face était bel et bien un "monstre" ? 

Soupir qui s'échappe, lui faisant signe de passer dans l'atelier, antre isolée du monde pour satisfaire sa requête et surtout éviter la casse si les choses venaient à déraper. Réduire la distance avec l'évier et le maigre robinet d'où l'ondine peut affluer est tout aussi judicieux, capable de se faire arme, alliée protectrice envers son fils. Une main se pose bien à plat sur le plan de travail, toisant l’intrus. « Qu'est-ce que tu veux au juste gamin ? » C'était certain qu'il n'était pas là pour s'offrir un cailloux. La mâchoire se crispe, ne sachant pas vraiment à quoi m'attendre. « T'es quoi exactement ? » En dehors d'un petit humain imprudent qui se glisse dans l'antre d'une créature mangeuse d'hommes bien entendu.


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Dernière édition par Marius L. Vitale le Jeu 27 Juil - 14:05, édité 1 fois
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Jeu 29 Juin - 14:21
Monsieur BLBL a l'air d'être dans une profonde confusion. Ulisse cligne des yeux. L’apprenti détective a tendance à penser que chacune de ses questions seront répondues rapidement et véridiquement. Peut-être s'est-il trompé de surspect ? Peut-être que le hackeur désignait le voisin de ce Marius. Ou un homonyme ? La poisse. Même Panini semble avoir oublié la mission, sa tête féline venant se frotter contre le bras du suspect dans un puissant ronronnement. Les sourcils d’Ulisse se froncent. Panini méprise tout le monde, rarement câlin avec autres que lui. Parfois Dolorès, mais c'est normal. Mais pas un illustre inconnu. Le geste de son chat de service pourrait le rassurer des intentions de ce Marius, mais au contraire, Ulisse se tend, de plus en plus inquiet. Il a même l'impression que Panini veut lui faire comprendre quelque chose en faisant les yeux doux au joaillier. Mais Ulisse ne comprend pas, se concentrant sur les balbutiements de l'homme. Le soleil. D'une voix monocorde, tout en le suivant dans l'arrière boutique, il s'explique : Selon la littérature, qu'elle soit moderne ou non, le vampire craint le soleil. Soit il devient cendre, soit il devient pierre ou récemment, il devient brillant comme le quartz. Ses yeux parcourent les établis, curieux, s’accrochant brièvement aux joyaux et aux métaux d’ornement. Maman serait contente s'il lui ramène une jolie pierre. Mais Ulisse est trop concentré dans sa tâche pour penser à cela. Je vous ai vu. Et la dame avait été vidée de son sang, littéralement. Par le cou. Comme ce que les livres décrivent pour les vampires. Vous en êtes un ? Comment vous faites pour supporter le soleil ? Panini tourne autour d'eux en miaulant régulièrement, allant se frotter aux jambes du suspect. Ulisse n'aime pas trop ça, c'est son chat après tout. Mais semblant sentir le désapointement de son humain, le maincoon retourne s'asseoir près de son maître, se léchant paresseusement la patte gauche. Se reconcentrant sur Marius, sans jamais croiser son regard, il répond gentiment aux questions. Je m'appelle Ulisse, Monsieur, je tiens un blog où je réponds à des questions intéressantes. Je dois vous avouer que ce que j'ai vu la nuit du trente me fait douter de mes connaissances au surnaturel, que je pensais seulement lié à la littérature. Je veux seulement des réponses à mes théories. Mais la seconde question le brusque, notre Ulisse. Ses mains s'agitent devant lui, nerveusement, ne ressemblant à rien. Il n'aime pas les questions de ce genre. Qui est-il ? Un humain, composé à majorité d'eau et de chair. Qui est-il ? Je ne suis pas neurotypique comme vous. Je suis autiste. Qui est-il ? Un être vivant car pensant. Il y a milles et une manières de répondre à une question pareil. Ulisse préfère s’accroupir afin de caresser le poil gris bleu de son chat, se calmant. Son corps se balance tout de même, légèrement, d'avant en arrière. Le mouvement de balancier le rassure. Et vous, Monsieur, qui êtes vous ? et ses yeux croisent brièvement ceux de son partenaire, une demi seconde, à peine. C'est déjà beaucoup pour Ulisse.
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Marius L. Vitale
SIRÈNES - DROWN YOUR SOUL
OSSATURE: : Trentaine apposée sur la paperasse factice, échine piégée entre deux âges. CONTRAT: : De trop nombreuses conquêtes éphémères qui se sont fanées, myocarde sel qui fuit l'attachement, âme jouissant de sa pleine liberté. BESOGNE: : Précieuses qui étincèlent de leurs éclats délétères, joaillier aux phalanges habiles ornant les nuques de gemmes. Murmures et secrets glanés ou soufflés, informations échangées, babines fourbes crapahutant à la cité sainte une fois le crépuscule tombé.
ÉCORCE: : Six-cent-quatre-vingt-sept années d'errance, observateur silencieux qui voit le monde se perdre peu à peu. Belle gueule juvénile mensongère et factice. ÉCHINE: : Fils de l'ondine et des abysses dévorant les souffles. Piranha aux écailles d'un bleu nuit et aux éclats lazuli qui scintillent dans les flots à la manière d'une voûte nocturne. PRESTIGE: : Douce cristalline qui joue entre les doigts, domptée à merveille, branchies striant les flancs peu importe la forme. Doux murmure inné pour séduire les âmes par la fourberie, ainsi qu'une carne qui se referme sous les maux. GANG: : Opportuniste solitaire, grimaçant alors que celle qui se dit reine est évoquée, désolation d'un poisson avisé maître de son échine, détournant le regard des bas fonds dégueulasses. @EFFIGIE: : Brendon Urie ❉ faust (ava) / DΛNDELION (gifs/aes) BAFOUILLES: : 2949 PACTE: : 09/04/2017



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Ven 14 Juil - 14:06

« Heres' my life story and it's far from fiction. One part love and two parts addiction, mix it with a little bit of fun for details. »

Mâchoire qui se crispe alors que les syllabes coulent. Gamin fouinard qui avait visiblement bien vu ce qui était craint, la désignation de vampire au soleil voulait tout dire, bien que l'égo n'apprécia pas la comparaison, fils de l'ondine outré d'être assimilé à une chauve-souris et sangsue terrestre, fier comme un paon de sa nature qui n'a jamais été humaine et de ses écailles malicieuses. Tristesse que d'avoir été banni d'un océan douçâtre et protecteur, dégueulé aux milieux des hommes et condamné à subir les pavés pour éviter les filets et pouvoir me nourrir. Pourtant ne pas lui en vouloir, démontrer la frustration, couverture non seulement maintenue au possible tout en ayant assimilé l'idée que les hommes se référaient aux contes de fées maritimes, qu'une sirène hors de l'eau n'était pas envisageable, oubliées à la mer.

Grimace contenue alors qu'il confirme un peu plus, oubliant tant bien que mal le matou qui se frotte et ronronne, visiblement alléché par ma couenne et quémandant un retour au squelette original pour mieux tenter de me glisser sous ses babines. Préférer plutôt jouer la carte d'un rire qui s'élève, amusé par une remarque surréaliste. « T'as du rêver, les vampires ce n'est que dans les histoires. » Jouer l'humain naïf, loin de toute vérité qualifiée de surnaturelle. Regret de ne pas avoir pu chasser mieux que ça, dissimuler la carcasse dans les eaux troubles du fleuve, le problème lorsqu'on a tendance à faire la fine bouche trop longtemps, au point que la soif tiraille les entrailles et assèche la carne, temps qui se marque à nouveau sur l'épiderme, être contre nature qui dérobe les années d'autrui pour conserver jalousement son minois juvénile.

Croiser les bras, rictus fendu sur les lèvres, tout de même curieux à l'évocation du dit "blog". Pratique inconnue bien que fuitée aux oreilles, loin d'être un adepte des technologies humaines en général qualifiées de démoniaques, mais supposant que la chose fonctionnait à l'image d'un journal. Là où l'histoire devenait moins mignonne et amusante, ce fut imaginer un article avec mon patronyme en dessous, apposant une flèche illuminée sur ma couverture factice. « Et tu y parles de quoi exactement ? Je suis curieux d'entendre tes théories. » Haussement de sourcil, ne sachant pas si ce qu'il entretenait était prit au sérieux ou non, surtout au vu du dernier aveux sur son autisme, même si d'un autre côté, commencer à penser qu'il vaudrait peut-être mieux l'hypnotiser pour lui faire oublier ce qu'il avait bel et bien cru voir, avantage que de savoir fredonner un air perturbateur qui joue avec l'esprit. Paranoïa pourtant toujours présente, jeune chasseur peut-être capable de se dissimuler un peu plus sous son voile d'innocence.

« Je suppose donc que tu n'es pas là pour m'acheter des cailloux. Dis-moi, ton blog, on te paye pour l'écrire ? Tu le fais pour quelqu'un ? » Sait-on jamais, préférant gratter sous la croûte quitte à piétiner un peu plus le masque qu'il tentait de faire disparaître. « Puisque tu es là tu devrais le savoir non ? Marius, un simple joaillier. » Sourire qui s'élargit. A voir s'il se laissait berner ou non, tentant de retourner la chose et lui faire croire qu'il s'est laissé emporté par sa propre imagination fertile. Faire preuve de bonne foi, silhouette faisant volte face pour lui tendre un verre d'eau, grimaçant alors qu'un bol rempli à rebord d'ondine est également posé sur le sol pour l'horrible bestiole recouverte de poils. Réflexe lorsque les clients exposaient leurs commandes en plein été, alors que les ruelles se font suffocantes, la cristalline devient précieuse.  


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Dim 27 Aoû - 10:46
Il y a une tristesse passagère dans les yeux de Marius, Ulisse n’y voit rien, il n’y comprend rien. L’art des sentiments, des émotions lui est inconnu. Oh, si, dans les livres, dans la littérature légère que Maman lit en secret, dans les films, dans certains documentaires spécialisés sur le développement humain. Ulisse s’y connait, finalement, sur le papier, la théorie. Il connaît le nom de toutes les aires corticales préfrontales associées à leurs émotions. Mais en pratique, c’est une toute autre affaire. Ulisse restant Ulisse, il se concentre sur les mots. Les vampires, seulement des histoires ? Impossible, Ulisse a vu, vu de ses yeux vu ! Contrairement à son frère, il ne prend aucune substance, il ne se drogue pas, il ne se fait pas rêver en s’injectant ou en avalant par les narines des choses. Non, Ulisse est un terrien, un vrai, il a les pieds sur terre plus que quiconque. Il ne ment pas, il n’a jamais menti. Lorsqu’il essaye d’en gratter un, c’est marqué en lettres luminescente sur son visage. Ca le blesse, qu’on ne le croit pas, encore une fois. Ulisse, il aimerait être marqué comme son frère, être viril comme son oncle, être barbu comme son père. Mais à la place, il a un visage d’enfant, il a la carrure d’un adolescent, il est glabre comme un bébé. Alors Ulisse se redresse, doucement, essayant de se donner une carrure plus adulte. Monsieur Vitale, ce n’est pas parce qu’on ne croit pas à certaine chose qu’elle n’existe pas. J’ai vu des choses, Monsieur, je les ai vu alors j’y crois. Il fourre ses doigts dans la fourrure de son chat, se rassurant, empêchant alors ses mains à danser devant lui à un rythme connue d'elles seules. Je suis allé à la morgue, vous savez. Elle a des perforations à la jugulaire, ici. Il tend le cou, montrant mécaniquement la zone d'attaque sur sa propre peau, lisse et pâle, vierge de tout malheur. Monsieur Amario m'a dit qu'elle avait été entièrement vidée de son sang. Entièrement. Son coeur était blanc, il me l'a montré. Ulisse se perd quelques demi seconds dans son crâne, la bouche entrouverte et les yeux vides. Il visionne mentalement l'état du coeur, on aurait dit une pièce d'art, il en a d'ailleurs pris une photo, ça fera la une de son article. Monsieur Vitale reprend la parole, raccrochant ainsi Ulisse à la situation présente. Que disait-il déjà ? Il ne sait plus, mais le joaillier me relance sur ses théories, les mains du garçon s'agite alors un peu plus devant lui, dans les poils du maine coon qui se met à ronronner plus fort, lançant toujours des regards tendres vers l'aîné de cette pièce. Ulisse se met à sourire, les yeux fixés sur une agate à demi-brute sur l'un des plans de travail. Oh ! La question lui rappelle soudainement ce qu'il voulait dire plus tôt, alors il s'empresse de le dire, oubliant de respirer : Monsieur Amario m'a dit que ce n'était pas humain de vider quelqu'un de son sang au milieu de la rue sans laisser aucun dépôt au sol donc vous n'êtes pas humain. Il laisse quelques tempes couler afin de reprendre sa respiration, occupé maintenant à fixer ses doigts froisser son tee-shirt. Beaucoup de scientifiques émérités pensent que nous sommes pas les seuls dans l’Univers, celui-ci étant trop vaste. Je pense qu'il va de même avec la Terre, elle n'est pas si vaste que ça à comparer des autres, mais elle évolue rapidement, il suffit de voir les changements climatiques actuels. Peut-être que les vampires ont été l'objet d'une évolution ? Il marque une nouvelle pause, les sourcils froncés. Non, finalement je pense que ce sont les vampires qui ont évolué en Homme. On parle d'eux depuis le début de l'Humanité ou presque... Une nouvelle fois, Ulisse se perd dans son crâne, notant dans un coin de son cerveau la nouvelle piste hypothétique. Pourquoi n'y a-t-il pas pensé plus tôt ? Il aurait fait un tour dans les archives historiques des premiers hommes, dans les contes et légendes laissés par eux. Marius reprend la parole, réveillant une nouvelle fois Ulisse. Décidément. Et bien, je peux acheter une pierre pour ma maman si ça peut vous faire parler. Un saphir, maman aime les saphirs. Peut-être que ça la rendra heureuse, brièvement, et qu'elle se souviendra qu'elle a une fils. Non Monsieur, je suis le seul propriétaire de mon blog. Parfois on essaye que je parle de choses précises dedans pour de l'argent mais ça ne m'intéresse pas. Regardez. Il sort son téléphone de sa poche, allumant les données mobiles afin de lui montrer le dit blog. Le design est sobre et simple, les articles rangés deux par deux, chacun dans des carrés montrant le titre et les premières lignes. “Pourquoi notre patrimoine est en danger” “Résoudre l'un des problèmes mathématiques les plus vieux du monde” “La faune volante de Rome” “Immersion dans le Blue Whale Challenge” sont le genre d'articles éclectiques que Ulisse poste. Ils font de plus en plus de vues, surtout depuis la publication de ce dernier.

Mais Marius n'est pas un simple joaillier, Ulisse le sait, il l'a vu. Il ferme ses yeux, les frottant, fatigué de tourner en rond. Il aimerait avoir la persuasion de son grand frère, il pourrait même faire parler un muet (mais si scientifiquement c'est impossible). Aujourd'hui, même un autiste peut avoir un boulot décent. Je suppose qu'il va se même pour les vampires. Il hausse les épaules de tout parlant, sursautant une énième fois lorsqu'il se retrouve avec le verre entre les mains. Ulisse panique : il ne l'avait pas demandé. Hébété, il regarde tout autour de lui, cherchant sûrement un panneau qui lui dise de boire. Le panneau, c'est Panini qui s’est lui-même mis à boire. Ulisse découvre alors qu'il avait soif et que l’eau fraîche fait du bien. Il pose son verre vide sur le plan de travail, avec précaution comme si c'était du cristal. Enfin, il se reconcentre sur Marius, le silence brisé par les lapements de Panini. Êtes-vous humain, Monsieur Marius le joaillier ?

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Marius L. Vitale
SIRÈNES - DROWN YOUR SOUL
OSSATURE: : Trentaine apposée sur la paperasse factice, échine piégée entre deux âges. CONTRAT: : De trop nombreuses conquêtes éphémères qui se sont fanées, myocarde sel qui fuit l'attachement, âme jouissant de sa pleine liberté. BESOGNE: : Précieuses qui étincèlent de leurs éclats délétères, joaillier aux phalanges habiles ornant les nuques de gemmes. Murmures et secrets glanés ou soufflés, informations échangées, babines fourbes crapahutant à la cité sainte une fois le crépuscule tombé.
ÉCORCE: : Six-cent-quatre-vingt-sept années d'errance, observateur silencieux qui voit le monde se perdre peu à peu. Belle gueule juvénile mensongère et factice. ÉCHINE: : Fils de l'ondine et des abysses dévorant les souffles. Piranha aux écailles d'un bleu nuit et aux éclats lazuli qui scintillent dans les flots à la manière d'une voûte nocturne. PRESTIGE: : Douce cristalline qui joue entre les doigts, domptée à merveille, branchies striant les flancs peu importe la forme. Doux murmure inné pour séduire les âmes par la fourberie, ainsi qu'une carne qui se referme sous les maux. GANG: : Opportuniste solitaire, grimaçant alors que celle qui se dit reine est évoquée, désolation d'un poisson avisé maître de son échine, détournant le regard des bas fonds dégueulasses. @EFFIGIE: : Brendon Urie ❉ faust (ava) / DΛNDELION (gifs/aes) BAFOUILLES: : 2949 PACTE: : 09/04/2017



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Mer 30 Aoû - 0:10

« Heres' my life story and it's far from fiction. One part love and two parts addiction, mix it with a little bit of fun for details. »

Échec. Misérable et pathétique tentative infructueuse, essai de contourner la chose vain. Voilà que le mioche semble se gonfler, prenant les traits d'un homme l'espace d'une seconde, torse bombé pour imposer un peu plus ses idées et mots. Quel con. Con d'avoir négligé la carcasse, de l'avoir laissé pourrir sur le bitume, abandonnée au bon soin de qui passera par là pour la récupérer, con de ne pas avoir pris cinq minutes pour l'engloutir dans la flotte, la faire disparaître à jamais, la revendre, la bruler ou n'importe quoi d'autre. Scène de crime d'ordinaire tapie au possible, proies disparaissant au mieux, maitre mot pour ne pas attirer les regards suspicieux. Une exception contrariante, démontrant le pourquoi il ne fallait pas négliger ce genre de détails.

Crispation de mâchoire alors que le jeune blondinet mime, imite, démontre. Gestes qui furent opérés quelques jours plus tôt. Ignorer ce qui fut le plus dérangeant, le fait que ses mirettes se soient posées sur l'homicide ou qu'un quelconque abruti ait laissé rentrer un mioche dans une morgue pour analyser la gisante et son myocarde blafard et asséché. Cet Ulisse fut ré-évalué pour sa capacité à fouiner et remonter au coupable plus rapidement qu'un quelconque chasseur. Devancé par un môme autiste, il fallait le faire. Aubaine en un sens. « T'es un sacré fouineur à ce que j'vois. Comment t'as fais pour entrer dans une morgue ? » Remarque qui pourrait presque sonner comme un compliment, admirant presque le fait qu'il se retrouve là, bien encré sur le sol, faisant face à la bête qu'il avait déniché. Paradoxalement inconscient du risque encourut, des tenailles aiguisées qui pourraient s'enfoncer dans son épiderme comme s'il s'agissait de beurre, du danger.  

Parvenir à presque ricaner de ses hypothèses sur l'évolution, alors qu'il fut à côté de la plaque quant à l'espèce désignée. Voilà que son engin démoniaque atterrit entre les doigts, téléphone abominable, technologie incomprise et ennemie. L'écran défile, iris vagabondant sur les mots qui sont parcouru, étudiant vaguement l'étendue de ce dit blog, sceptique. Profond soupir alors que le portable est rendu à son propriétaire. Comédie ridicule qui ne servait visiblement plus à rien, gamin plus futé qu'il en eut l'air. Capituler, la meilleure chose à faire. « Perspicace » Bras qui se croisent sur le torse, mâchoire carrée toujours crispée. Question qui tombe à nouveau, provoquant une maigre grimace.

« Non. » Clair, net et précis. Négation affirmée et sûre d'elle. Sourcil qui se hausse, préférant jouer la carte de la franchise. Quitte à se faire ruiner ma pauvre couverture bancale, autant qu'elle soit anéantie correctement. « Et je ne suis pas un vampire non plus. Je ne pourrais pas sortir au soleil sinon, tu l'as dit toi-même. » De toute façon il oublierait certainement, songeant très sérieusement à fredonner quelques vagues notes hypnotique, lui faire oublier le patronyme, l'odieuse soirée, ses lubies. Douce tricherie. Une facilité qui ne fut pas réellement appréciée. « Peut-être que je t'en dirai d'avantage. Seulement si tu me garantis qu'aucun nom n'apparaîtra sur ton blog où quoi que ce soit d'autre. Sache que je n'aime pas vraiment être contrarié. » Tout de même tenter le tout pour le tout, voir une potentielle négociation, quitte à devoir y apposer une potentielle menace, comme celle de noyer son foutu matou aux ronronnement qui agacent l'oreille.


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