Trompe moi une fois honte à toi [...] ft Alessandra

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Irénée N. Carissi
LYCANS - HOWL TO THE MOON
OSSATURE: : 38 ans CONTRAT: : Célibâtard-HomicidoPresqueInvolontairement-Veuf - (Re)marié aux vins et spiritueux de la supérette discount du coin BESOGNE: : Fabricant et dealer d'une drogue dure commercialisée par la Nostra Regno - ah, ces sponsors du crime
ÉCHINE: : Sorcier pur, suprême déchu mordu par la fourbe lupine PRESTIGE: : Je crève dans mon dedans actuellement, j'ai les pouvoirs d'un gosse de 15 ans et les capacités irrégulières de ces gens en proie à une dualité interne. Mais j'ai un Beretta 92 FS et je sais viser. GANG: : Je collabore avec la NR pour qu'elle assure ma protection - et quand je dis collabore, je veux dire que je travaille pour eux - mais je ne suis membre d'aucun coven, d'aucune meute et je n'ai prêté allégeance à personne - faut pas déconner non plus @EFFIGIE: : Jason Momoa by Bel' © Sign code by Grey Wind © Gifs by Varri <3 & Hawaiian Jesus BAFOUILLES: : 4805 PACTE: : 06/06/2017



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Jeu 22 Juin - 21:31
Trompe moi une fois honte à toi
Alessandra & Irénée
La porte du bar est noire et elle se fond si bien à la façade du bâtiment, en contrebas de trois marches, que j’ai dû passer deux fois devant pour la remarquer. Il faut dire qu’on m’a donné une adresse un peu bâtarde après de longues et lourdes négociations… Tout ça pour un artefact dont on m’a vanté les mérites et que je cherchais depuis quelques mois déjà voire une bonne année. Si au départ j’ai été guidé par de la simple arrogance, ma récente réorientation génétique me motive plus que n’importe quoi. Et ce même si la documentation sur cet objet est faible et que certaines provinces sont persuadées que ce n’est que mythe. Les plus optimistes, quand à eux, assurent que la bague de Maha Sekh est l’une des rares à décupler le pouvoir de son propriétaire… Le décupler à un stade divin. Si c’est vrai, j’ai toutes mes chances de faire taire le loup en moi pour faire renaître le Suprême. Si c’est faux, ce connard de vendeur va passer un sale quart d’heure. D’autant que, de lui, je ne connais que la voix. – Je vous reconnaîtrais m’a-t-il assuré d’un timbre très rauque, au téléphone. – Comment ? lui ai-je demandé, moqueur. – Vous le comprendrez bien vite.

Il ne croyait pas si bien dire…

Je pousse la porte du bar. De la fumée flotte dans la pièce comme une nappe de brouillard estivale. Une nappe de brouillard qui put et qui pique la gorge – et je suis un gros fumeur, pour dire qu’il y en a énormément – mais un brouillard quand même. Je peine à jeter un coup d’œil circulaire or, du peu que je capte, je sais que je ne vais pas du tout passer inaperçu. Ou il faudrait peut-être que je troque mon pantalon et mon débardeur contre des pièces en cuir pour être dans le thème. Un genre BDSM motards chelous ; le genre qui ne me dérangent pas dans le privé mais qui me fout particulièrement mal à l’aise quand j’ai des intentions complètements chastes et professionnelles. Je reste d’ailleurs un instant sur le pas de la porte subjugué par l’ambiance et tous les regards qui se tournent vers moi. Oui. J’ai compris. Je suis la personne la plus habillée du lieu, et pourtant nous sommes en été – genre j’ai pas 18 couches de vêtements pour me tenir chaud non plus. Tu m’étonnes que l’autre il va mettre trente secondes à me repérer. Ces gens ne sont pas menaçant mais ils doivent tous clairement rouler des mécaniques chaque fois qu’un touriste rentre sur leur territoire. S’ils ne pissent pas partout d’ici 10 minutes pour m’indiquer que je ne suis pas le bienvenu, je suis carrément le mec le plus chanceux du monde. Faut vraiment être con et téméraire pour ne pas promptement saisir le message et déguerpir. Sauf que là, le problème, c’est qu’on m’a  invité les gars.

Je m’avance vers le comptoir, un peu à contre cœur. Des motards plantés devant battent en retraite à mon approche… Pas comme s’ils avaient peur mais comme si j’avais la lèpre – grimace de dégoût en prime. Ok. C’est vraiment trop aimable. J’arque un sourcil en m’asseyant sur l’un des tabourets, levant une main impérieuse vers la barmaid pour qu’elle me serve. Famélique. C’est le terme qui, je le pense, la définit le mieux. C’est même frappant lorsqu’elle se redresse pour me jeter une œillade sceptique. Elle a des cheveux noirs corbeaux-nuitsnoires-ténébres-ledarkc’estlalife très courts dans un genre de coupe au bol très novatrice – au moins, ça lui va pas trop mal. Un visage carré, aux traits marqués non par l’âge mais par les chagrins et les soucis. Un regard dur. Une arcade fendue d’une grosse cicatrice, un peu comme la mienne, qui me fait remarquer que la gonze a paumé ses deux sourcils – par style à en croire la repousse brune et drue sur sa peau diaphane. Et, pour parfaire le cliché de la meuf qui a eu une vie bien dégueulasse et difficile, une ribambelle de tatouages skull, tribaux et sombres sur les parties de son corps visibles – nombreuses vu la tenue légère. – Qu’es’qui veut l’nouveau ? lance-t-elle d’une voix bourrue avec un accent que je ne reconnais pas. Irlandais ?Un whisky, sans glace. Elle rit, dans un genre de râle qui lui remonte des glaires… Qu’elle préfère avaler plutôt que recracher – super glamour.

Le service est rapide et l’alcool avalé, en une grande gorgée, me ferait presque oublier les murmures et les coups de menton que la plupart des autochtones jettent en ma direction. Je suis une bête de foire.

Une jeune fille – si elle a plus de 18 ans je veux bien bouffer mon propre bras, tout cru et sans sel – me fixe d’un air hostile. Ce qui ne jure pas dans le contexte, je te l’accorde. Mais elle est assez insistante pour que j’ai l’impression que son mépris, sa haine et sa colère sont palpables. Qu’elle m’en veut personnellement de vivre. Elle est petite, ses longs cheveux châtains – ou blonds foncés je sais jamais – propres et soyeux tombent un peu plus bas que ses épaules. Avec son maquillage exubérant – faux cils à l’appui, gros traits de liner, pommettes roses pâles, visage redessiné avec un fard plus foncé – elle a la tronche d’une meuf  d’une bonne quarantaine d’années qui ne s’assume pas… De celles qui veulent faire comme leur gamine de 12 ans, avec le string qui dépasse du pantalon… Mais là pas de problème puisqu’il n’y a pas de pantalon. J’imagine que, si son pari c’est de se vieillir, elle n’y arrive qu’à moitié. Et la tenue va avec le reste. Elle porte un soutien-gorge de cuir noir clouté, avec un short assorti, qui semble peint sur ses hanches étroites tant il lui colle à la peau, et une paire de chaussures à semelles compensées… Le genre de pompes qui étaient déjà hideuses dans les années 90. Là c’est un massacre esthétique.

Sans me lâcher de ses prunelles foncés, elle s’avance – d’une démarche suave, comme si elle dansait ou qu’elle glissait sur le sol – vers un type qui, à en juger sa barbe et ses cheveux grisonnants, doit avoir trente ans de plus qu’elle. J’espère que c’est son père. Elle se vautre sur lui pour l’enlacer tendrement, déposant un baiser langoureux dans son cou. OK, finalement, j’espère que ce n’est pas son père, putain. Il dodeline de la tête, la penchant doucement sur le côté lorsqu’elle semble lui murmurer un truc à l’oreille. Il rit. Il se lève. Au premier abord on pourrait croire que le type est gros. Mais, maintenant que je le vois entièrement, il est plutôt imposant à la manière d’un joueur de foot américain… Ou de hockey canadien ou de rugby italien – prends l’image qui te va le mieux. C’est une montagne de muscles à fleur de peau. Malgré la pénombre qui règne dans le bar de petites lunettes de soleil rondes dissimulent ses yeux. D’un geste souple, une expression apaisée et apaisante roulant sur ses rides – ça put la magie à des kilomètres – il m’invite à venir le rejoindre. Tu m’as fais poireauter 10 minutes au bar alors que tu étais assis à la table la plus proche de la porte depuis le début ?! Je soupire, soudainement agacé, avant d’aller le rejoindre.

- Monsieur le futur acquéreur de ma bague ! dit-il d’une voix très enjouée lorsque je prends place en face de lui. Il me tend une main que je refuse de serrée – ni par principe, ni par stratégie, juste parce que je n’en ai pas la moindre envie et que je ne compte pas m’en faire un copain. Il ne se rembruni pas, gloussant de plus belle en louchant sur le décolleté de sa moitié qui se dandine lascivement sur ses cuisses. Ah bah, comme la musique semble entrainante...Elle est où ? demandé-je sans vraiment y mettre les formes. Par instinct je vérifie immédiatement ses doigts, or il ne porte qu’une chevalière marquée de ses initiales : SV. – Vous êtes bien pressé Monsieur… Monsieur… - Monsieur.Et bien impoli. Faisons un peu connaissance avant de faire affaire. Sa langue claque contre son palais. La gonze se redresse en ondulant. Elle lui caresse la joue avec la sienne et me balance un regard assassin. Qu’est ce que t’as, connasse ? La tension monte. D’un coup. Si elle pouvait grogner comme un clébard je suis sûr que c’est exactement ce qu’elle ferait à cet instant précis. – Elle n’aime pas les étrangers. Si c’est que ça alors, me voilà rassuré !Alors Monsieur monsieur, très drôle la blague..., d’où venez vous ?De Florence… Je souhaiterais que la transaction s’effectue rapidement. Et que votre chien de garde arrête de me tenir en joue.Daisyyyy, murmure-t-il dans une intonation étrange qui me file des frissons désagréables. – Tu lui fais peur ma douce. En fait elle me donne surtout envie de lui faire manger le rebord de la table mais si ça l’arrange de penser qu’elle m’effraie.Daisy n’aime pas les menteurs. D’où venez-vous ?Daisy devrait s’occuper de l’authenticité de sa carte d’identité avant de se mêler des mensonges des autres. Elle se penche subitement sur la table pour me souffler au visage. Comme un chat. Vraiment. Je réprime un rire moqueur, mais elle doit le lire dans le fond de mes pupilles. C’est SV qui la tire délicatement en arrière. Il n’a, lui non plus, plus l’air content. – Va chercher la bague Daisy. Et toi, on ne se vouvoie donc plus maintenant ? montre moi l’argent. On a dit 15 000 billets plus un service. Presto !


acidbrain

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Broken and Torn
Recommencer le combat, affûter ma lame pour replonger en moi. Un fantôme se pavane dans son anonymat […] Car dans la ville je meurs à nager dans des yeux, des regards transparents qui me noient à petit feu. La zone est de mépris, la vague est d'indifférence. La foule est un zombie et je vogue à contresens. ∞


   


Dernière édition par Irénée N. Carissi le Jeu 20 Juil - 10:33, édité 2 fois
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Alessandra Ottone
HUMAINS - DISSOLVED VOICES
OSSATURE: : Trente trois ans CONTRAT: : En relation libre, célibataire - tout dépend des jours BESOGNE: : Modèle de nu à la faculté d'arts le jour, chanteuse de jazz dans un bar le soir
FABLE: : Elle connait l'existence de créatures surnaturelles depuis son adolescence. ÉCHINE: : Humaine, chair tendre et insouciance de l'éphémère. GANG: : Lourd passif dans la Mano Rossa. Ayant quitté la sphère depuis dix ans. @EFFIGIE: : Freema Agyeman, Carnavage BAFOUILLES: : 140 PACTE: : 22/04/2017



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Mer 19 Juil - 19:51

Irénée N. Carissi & Alessandra Ottone

Attrape-moi si tu peux


Alessandra les regrette ses converses, même si ses doc lui permettent de passer inaperçue dans la jungle de loubards gothiques qui traînent dans le bar à l’enseigne qui déconne. Ça se serait appelé le Titty Twister que ça l’aurait même pas étonné – et la canaille qui se détend flaire le surnaturel à plein nez. Autant dire qu’elle est l’agneau perdu au milieu des loups, drapé d’une peau de prédateur pour passer inaperçue au sein de la meute. Elle a osé les bas résilles, la jupe à plis, mais ils peuvent toujours aller se faire voir pour le wonderbra clouté. Elle a quand même besoin de passer inaperçue une fois dehors, lorsque la victime se sera rendue compte du larcin et pour ça, rien de mieux qu’un top noir, échancré mais pas tape-à-l’oeil. Parce que oui, si elle est là, ce n’est pas pour enfiler des perles. Elle est l’heureuse cliente d’une transaction – d’une transaction à 15000 pour laquelle elle ne compte pas débourser un rond. L’audace, Aly l’a toujours eue. La crainte ? C’est son carburant.
La métisse fait rouler une pièce entre ses phalanges, louchant discrètement sur la clientèle du bar. Au vendeur, elle lui a filé un faux nom – une identité inventée de toute pièce, juste histoire qu’il se prépare aux négociations à venir. Des négociations qui n’auront en fait jamais lieu. Mais ça, il n’en sait rien. Le type lui a donné un horaire et elle a trente minutes d’avance. Elle jauge, scrute entre deux shooters – ne se gêne pas pour taxer l’irlandais de casu. Juste pour le faire sortir de ses gonds.

« Quand est ce qu’on commence ? »
Tintement du shooter contre la table, gargarisme vocal avant qu’O’Brian ne dévoile ses dents dans un soulagement sonore. L’irlandais est toujours partant lorsqu’il s’agit de jouer à la bagarre. Il aime plus cogner sur les autres que le fric qu’Alessandra lui a promis. D’une pierre, deux coups – Aly a besoin de semer la confusion dans ce bouge et pour ça, O’Brian est particulièrement doué. L’homme a deux yeux sombres et vifs enfoncés dans leurs orbites, la gueule ravaudée par les bastons et un crin virant vers le roux qui ne laisse aucun doute sur ses origines. Ajoutons à ça le fait qu’il porte des bretelles et qu’il mesure près du mètre 90. Un chat de gouttière qui n’attire pas vraiment la sympathie donc. Idéal pour semer la pagaille en temps propice. « J’suis toujours pas sûre. » Lâche la métisse tout en cueillant son menton dans le creux de sa main, promenant une fois de plus ses prunelles sur l’assemblée. « La meuf au bar. Elle est irlandaise. Mais dommage qu’elle soit si peu baisable. O’Brian renifle avec un cruel manque d’élégance et fait passer sa langue sur ses canines tandis que son interlocutrice sourcille en se rabattant contre le dossier de son siège. « Fais pas l’trou de balle. » Les doigts de la donzelle pianotent sur la table, jouent encore un peu avec la pièce avant que le bruit de la porte du bar ne vienne à faire tourner les museaux de la peuplade. Le sien y compris. Seul O’Brian semble absorbé par la contemplation d’une veste en cuir traînant sur le dos d’une chaise, avec une lueur de réminiscence bizarre dans son regard. Aly parvient à décrocher un demi-sourire, pas dupe de ce qui est en train de se passer. Le mec qui rentre est colossal et même si il pourrait avoir la dégaine d’un motard venu se rincer le gosier, la tronche des autres en dit long sur l’hostilité qu’il suscite. Quelle chance qu’il soit là pour détourner leurs regards d’eux. Alessandra l’observe avec plus d’attention. Aussi grand que l’irlandais, plus massif – mine patibulaire, teint hâlé et tatouages aux bras. « Regarde ça. » Enjoint-elle O’Brian, en lui donnant un coup du coude. Ce dernier tourne enfin le chef, bat des cils avant d’hausser les sourcils entre surprise et admiration. « Hé bé ! En voilà un qui serait à la hauteur de ma carrure. » Il semble en joie, pressé d’en découdre avec ses poings. Alessandra, ça l’amuse. Elle se demande bien comment O’Brian peut encore être en vie aujourd’hui. Il est un fin connaisseur de toutes les arènes clandestines qui ont fleuries en ville depuis quelques années et sa gueule en atteste. Il est attachant dans sa folie.
Un mouvement attire l’attention de la ritale. Une donzelle au style douteux se promène, lorgnant furieusement en direction du nouveau venu avant de rejoindre un type qui doit bien avoir deux fois son âge. Et quatre fois sa carrure aussi. « Et lui, il t’fait pas envie ? » Demande Aly à son comparse en voyant l’homme imposant se hisser de son assise. O’Brian renâcle bruyamment avant d’attraper son sixième shooter et de se l’envoyer dans le gosier. « Mouais. Je les prends tous. » L’humilité ne l’a jamais trop étouffé – à croire que le bougre n’a jamais rien appris de ses combats. Pas même de celui qu’ils ont échangé tous deux. La clé contre O’Brian ? Jouer sur la vitesse et l’agilité. Il est lent. Trop lent. Mais ses coups sont puissants alors mieux vaut les éviter.

Quelque chose de prépare. Alessandra fronce les sourcils, saisissant quelques mots dans les salutations que sert le grisonnant au colosse hâlé. Bague. Elle écarquille un instant les yeux avant que sa mine ne se froisse avec susceptibilité. L’enflure. La bague. Sa bague. O’Brian joue l’oisif, trop préoccupé par son verre ou par le vide de ses pensées pour se rendre compte qu’Alessandra se hérisse. La table où se jouent les négociations n’est qu’à quelques mètres de la leur. 15000 contre la bague. Le nouvel acquéreur va être une putain d’épine dans son pied. Ça se jauge avec méfiance – elle le devine, surtout vu comment la jeune femme reluque le nouveau comme un chien devant un steak. Cette bague. C’est un artéfact magique, sensé donner un pouvoir incommensurable à celui qui la détient. Mais pour ça, il faut être sorcier, semblerait-il. Ce qui n’est pas le cas d’Alessandra. Mais ça peut se revendre. Ça peut se collectionner. La menotte de la métisse vient se poser sur la paluche de l’irlandais pour attirer son attention. « Prépare-toi. Dès que je disparais, ok ? » Lui chuchote-t-elle. Elle claque ses doigts devant ses yeux pour être sûre qu’il l’a bien reçu. « Ouais. Ouais. J’attends qu’ça. » Il grimace et ce qui est sensé le rendre sauvage semble juste risible. D’un hochement de tête, Aly met en branle son plan. Elle se lève et se dirige vers le comptoir pour alpaguer la barmaid. « Deux shooters de plus s’il te plait. » L’oreille traîne. Saisit la mention de Daisy, envoyée pour aller récupérer le bien qu’ils convoitent. La barmaid glisse les deux verres sous le nez d’Aly qui abandonne un billet avant de suivre d’une œillade voulue distraite les mouvements de la gonzesse. Elle se dandine jusqu’à la porte d’entrée et disparaît en une poignée de secondes. Merde. C’est pas vraiment ce qu’elle escomptait. O’Brian doit lire son désarroi car il se redresse bruyamment, écartant sa chaise avec véhémence. « Qu’est ce que tu mâtes troufion ?! » Qu’il crache en pointant un doigt accusateur vers l’un des motards qui le fixe d’un œil rond. « Quoi ?! C’est ma tête qui t’revient pas, connard ? » Une ondée de mépris fait frémir les faciès des habitués. L’irlandais avale la distance qui le sépare de sa victime et l’attrape par le col pour le tirer jusqu’à lui. Le cinquantenaire n’en mène pas large et se laisse emporter pour être brutalement repoussé sur ses comparses. Une chaise casse sous le poids d’un corps déséquilibré. Un râle retentit. Et c’est parti. Une bouteille vole en travers de la pièce pour venir s’écraser sur la table des négociations, mettant fin à l’échange. Alessandra mime la surprise, la frayeur, avant de se glisser jusqu’à la porte d’entrée pour la franchir et chercher du regard la silhouette chétive de la dénommée Daisy au milieu des ombres. Elle apparaît à l’angle du bâtiment, pressée de rejoindre l’intérieur pour voir ce qu’il se passe. « Hé ! » L’interpelle Alessandra en la saisissant par le poignet pour mieux la retenir contre elle. Elle n’a pas le temps de tergiverser. Elle déchiffre une émotion paradoxale chez la drôlesse – entre étonnement et acrimonie. La métisse plaque la fille contre le mur, promenant ses mains jusqu’à ses hanches. Elle presse ses lèvres contre les siennes, l’embrasse avec langueur en espérant faire disparaître toute réticence. Il lui suffit de peu finalement, juste le temps que Daisy organise ses pensées – se rende probablement compte qu’en vrai, elle n’aime pas les filles. D’une caresse, la ritale localise la bague, dans la poche droite du short collé à ses flancs. Elle la subtilise, au même moment que Daisy se cabre. « Tu fous quoi ?! J’suis pas gouine. » Qu’elle vitupère. Elle essaie de se donner contenance et Aly se marre à l’intérieur. Bague dans le creux de la paume, Alessandra détaille Daisy de la tête aux pieds. « T’es bien sûre de ça ? » Raille-t-elle. Juste pour la provoc. Effarouchée, la donzelle ne pensera pas à vérifier la présence de la bague. Daisy tourne les talons pour franchir la porte d’entrée et Alessandra esquisse quelques pas vers l’arrière avant de siffler à l’intention d’O’Brian. Bordel. Tu vas pas ressortir de là vivant cette fois-ci.

AVENGEDINCHAINS



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Marche ou crève
I'm a bitch, I'm a lover, I'm a child, I'm a mother, I'm a sinner, I'm a saint, I do not feel ashamed.
©️lazare.


Absente du 19/10 au 20/11.
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Jeu 27 Juil - 21:44
Trompe moi une fois honte à toi
Alessandra & Irénée
L’argent. Je me recule. Imperceptiblement. Arque un sourcil. Ca ne m’est même pas venu à l’idée de me promener avec l’argent dans les poches en venant ici. Dans ce bar. Parce que ça ne se fait pas des masses. Et si la transaction n’avait pas eu lieu ? Et s’il n’était jamais venu ou accompagné de sa bande de joyeux motards pour me refaire le portrait ? Un portrait à 15 000 balles. Cela dit maintenant que je suis là, en face de lui, et qu’il ordonne à sa poule de m’amener la bague, ça me paraît peut être un peu extrême comme prérogatives. Je me sens un peu nu et peut-être un peu bête. Or ça ne fait tiquer personne. Daisy se redresse, vexée, et contourne la table pour rejoindre la sortie de sa démarche féline. – Presto, répète SV avant même qu’elle n’ait survolé les marches du perron. Il se penche sur un côté. J’imagine qu’il rêve de voir une valise blinder de thune à mes pieds mais… Il n’aperçoit d’ici que mes rangers. Il maugrée quelque chose dans sa barbe, un terme que je ne comprends pas. Et si ta bague c’est une merde récupérée dans une machine pour gosses, celles qu’on voit parfois devant les magasins de confiseries… J’allais pas me trainer une valise sans avoir l’assurance que tu ne me la mettais pas profond, quand même.

De l’agitation en fond de salle lui fait redresser la tête. – Ne me dit pas que tu vas me faire un chèque ? Je fais la grimace, sceptique. - Je ne prends pas non plus la carte bleue, Monsieur. - C’est da… Putain ! Malgré la surprise je ne ferme que les yeux. Vois parfaitement la bouteille de vin – non, la bouteille de whisky bas de gamme – s’éclater en plein milieu de notre table. Gros blanc. On se regarde, vaguement, dans le doute et l’incompréhension jusqu’à ce qu’une question muette nous traverse, presque simultanément : C’est toi ?… Forcément que non. On se tourne de trois quarts pour réaliser avec stupeur qu’un espèce de mastodonte roux – blond vénitien ? Vous me faites chier avec vos couleurs de cheveux bizarres – écrase la tête d’un motard contre le dossier d’une chaise. Ses potes veulent l’aider mais aucun ne semble savoir comment frapper Hercule sans l’énerver davantage. Je me remets bien droit. Tape du poing sur la table pour que l’autre connard me regarde. – Qu’est ce que c’est que ce bordel ? Si t’as organisé tout ça pour me voler mon blé, tu t’es carrément fourvoyer sur le connard à arnaquer. Il hausse les épaules, très rapidement – il a perdu toute son assurance, m’est avis que ce n’est pas un habitué de ce genre de situation bien qu’il soit aussi large que moi. – Elle est où, la bague ?, demandé-je très vite pour me barrer fissa. Et là, ce n’est pas une bouteille qui nous coupe la parole. Mais un mec. Entier. Du moins lorsqu’il traverse le bois dur. Du chêne à en attendre son dos douloureusement craquer. Et il hurle ce con là quand je bondis de ma chaise pour éviter qu’il ne me roule sur les pieds. SV c’est déjà plaqué contre le mur du fond, ses gros poings serrés contre ses hanches, ses yeux et son attitudes entière implorant qu’on ne le remarque pas plus que maintenant.

Si je n’ai pas trouvé l’emplacement de notre QG stratégique en début de partie, je la bénis désormais d’être si proche de l’une des issues de secours. Je fais un pas en arrière, puis deux. La porte est juste là. Derrière. Il faut juste que je l’ouvre pour rejoindre Daisy. Les bagarres collectives ne m’ont jamais filées la nausée mais je passe volontiers mon tour pour cette fois. Je vois déjà les flics débarquer, m’embarquer et me parquer ; tout ça parce que j’aurais été au mauvais endroit au mauvais moment. Que mon cassier italien reste vierge… Que mon cassier italien… Et juste quand je vais pour sortir, main sur la poignée, la gonze revient, la mine défaite. Je l’attrape par le bras. Un sifflement lointain.La bague, grogné-je. Ses mirettes ne s’égarent même pas sur mon visage mais sur cette salle pleine de bruits ; ceux des coups et des beuglements d’hommes sauvages qui s’attaquent comme des chiens enragés. Je la secoue. Sans aucune douceur. – Hey ! m’interpelle SV. – La bague. La pulpe de mes doigts s’enfonce dans sa chair. Elle couine, penaude, retient une œillade vers son mini short. – Va te faire foutre, qu’elle me souffle, provocante mais pas fière. Je plaque ma main valide sur son cul. Elle proteste en claquant des dents, très proche de mon visage. Je lui tords le bras. Cette fois je lui fais vraiment mal… Et ça la surprend. Assez pour qu'elle se calme dans la seconde. Je palpe ses poches. Rien.La bague ! Des verres roulent à nos pieds. Des coups se rapprochent de nous. Je n’ose même pas relever le nez du visage de la gamine. Même lorsque son copain-trop-vieux me tire violemment par l’épaule ; je bouge, mais je ne la lâche pas. Elle se débat. L’autre me pince. Le jeu de mains est risible. – Dans ma poche putain ! Elle est….Y a rien dans tes poches connasse ! hurlé-je beaucoup trop fort. Vague de silence dans le trio. Elle se tâte. Ouvre la bouche stupéfaite et… - La... Dehors… Y a une fille dehors elle a… Elle se tourne vers SV. – Je suis désolée ! Elle a dû me prendre la bague au moment où elle m’a em…

Je la pousse dans les bras de son acolyte. Me décale pour franchir le pas de la porte. Avance. Recule. C’est pas vraiment ce que je voulais faire. Je n’ai même pas besoin de tourner la tête pour comprendre que les deux bras de buffle qui m’enserrent le buste et me soulèvent du sol sont ceux du rouquin emmerdeur. Je tente de freiner, de basculer mais il tient bon, le bougre. Il râle bruyamment dans mon oreille lorsque j’envoie tout mon poids vers l’arrière. Par miracle il ne se renverse pas – c’est qu’il faut se les soulever, mes 110kg en poids mort. Son haleine sent fort l’alcool et sa peau la sueur. Il titube. Me presse contre lui à m’en péter un poumon. Voire même les deux vu comme il insiste. Je balance ma tête en arrière. Il n’a plus aucun recul pour ne pas se la prendre en plein dans la pommette. Là. Il tombe. Avec moi sur lui. Ca lui coupe le souffle. Et le coup de coude que je lui envoie dans les cotes pour qu’elle défasse définitivement l’étau de ses bras le fait plus tressauter que ce qu’il le fait gueuler. Brave mec. Je me relève d’un bon. Evite la balayette qu’il essaie de me mettre et cours, cette fois jusqu’à la porte. Saute par-dessus les marches de l’entrée. M’arrête pour jeter un coup d’œil circulaire dans la rue et… Il n’y a que toi jolie brune. Pas près. Plus loin. Mais j’en mets ma main à couper que c’est elle qui a ce que je convoite. Et ça se presse contre la porte. Et ça va commencer à sortir en masse.T’as un truc qu’est à moi, vociféré-je en la pointant du doigt. Elle se barre, la connasse. Elle allait pas t’attendre la bouche en cœur Lars. Elle doit voir juste à ton regard que t’as pas envie d’aller boire une bière.

Et je la suis, à la gazelle, bien que mes jambes aient envie de me dire merde à la première intersection. Parce que je suis du genre rapide à la course à pied, mais sur de courtes distances. Pour le reste, je ne suis pas endurant pour deux sous et, à l’ombre d’un virage, j’ai déjà le palpitant qui frappe. Dans la gorge, les joues, le bide. J’ai la gerbe. Je souffle comme un bœuf, ou presque, et j’ai un goût de nicotine sur le fond de la langue. Je regrette toutes les clopes de ma vie. Ma dernière bière qui me brûle l’estomac et le repas que je n’ai pas mangé depuis la veille, au moins. Je jure que je me remets au footing dès demain !, me promis-je alors que la gonze disparaît à l’angle d’une ruelle. Elle me promène. Je m’arrête, finalement, me plis en deux en le regrettant de suite vu le relent de bile qui me crame l’œsophage. Alors je me redresse. Analyse à une allure folle, l’adrénaline au maximum, les quelques rues qui bordent celle dans laquelle je trime. C’est un véritable foutoir périphérique mais j’ai envie de croire à un circuit circulaire, dans ce putain de labyrinthe italien. Je tente ma chance un peu plus haut, priant pour la prendre à revers, le pif relever pour tenter de la flairer – ce qui s’avère compliqué, je ne connais pas son odeur et elle ne m’a pas l’air surnaturelle. Mes doigts caressent mes reins à la recherche de mon flingue – le seul endroit où je pouvais le mettre vu comment j’étais sapé. S’emparent de sa crosse et le tirent doucement de ma ceinture. J’ai chassé le renne pendant des années, une voleuse ça ne doit pas être plus compliqué. Je rase un mur, écoute le bruit mat de semelles lissent sur le bitume – elle est d’une discrétion ahurissante même en gambadant.

Je me suis planté, très probablement, d’une ou deux ruelles parallèles. Or, lorsque j’arrive à l’angle de mon mur, que je braque une espèce d’allée principale, avec un pauvre lampadaire à la lumière grillée, je suis sûr de voir sa crinière noire. Furtive mais présente. Mon doigt se plaque sur la détente de mon Beretta. Dans le silence de la nuit, l’écho de la détonation est terrible. La balle dum-dum percute la jolie bâtisse, juste au dessus de la tête de la métisse, dans un avertissement meurtrier qui ressemble plus à une erreur de mire. Le canon descend légèrement. Vise juste cette fois. – Ma bague, grogné-je. Je chambre une nouvelle balle. Pour faire bien. Pour faire comme si je ne rigolais pas. Et je ne rigole pas.



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Recommencer le combat, affûter ma lame pour replonger en moi. Un fantôme se pavane dans son anonymat […] Car dans la ville je meurs à nager dans des yeux, des regards transparents qui me noient à petit feu. La zone est de mépris, la vague est d'indifférence. La foule est un zombie et je vogue à contresens. ∞


   
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Alessandra Ottone
HUMAINS - DISSOLVED VOICES
OSSATURE: : Trente trois ans CONTRAT: : En relation libre, célibataire - tout dépend des jours BESOGNE: : Modèle de nu à la faculté d'arts le jour, chanteuse de jazz dans un bar le soir
FABLE: : Elle connait l'existence de créatures surnaturelles depuis son adolescence. ÉCHINE: : Humaine, chair tendre et insouciance de l'éphémère. GANG: : Lourd passif dans la Mano Rossa. Ayant quitté la sphère depuis dix ans. @EFFIGIE: : Freema Agyeman, Carnavage BAFOUILLES: : 140 PACTE: : 22/04/2017



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Ven 28 Juil - 22:49

Irénée N. Carissi & Alessandra Ottone

Attrape-moi si tu peux



Thème musical


Sors de là O’Brian. Implore Aly en silence, mâchoire contracturée dans l’appréhension de la suite. Les semelles raclent le sol poussiéreux quand elle recule alternativement un pied puis l’autre – les yeux toujours rivés vers la porte. Ce n’est qu’une question de temps avant que la gonzesse ne se rende compte que sa poche est vide et elle ne tardera pas à faire le rapprochement avec ce qui vient de se passer. Alessandra presse tellement fort la bague dans le creux de sa main qu’elle en imprime les reliefs sur sa paume. Elle l’observe un court instant avant de la fourrer dans la doublure de son soutif, le vêtement ne permettant pas qu’on l’y décèle d’un regard. Et oui, fallait y penser avant de se décider à porter une jupe. « Bordel. Ça a intérêt à valoir le coup. » Grince-t-elle, sursautant en entendant le fracas à l’intérieur de la bâtisse. O’Brian est déchaîné. A moins qu’il ne soit que l’instigateur de l’ouragan qui se joue là-dedans et que tout le monde ne se foute allègrement sur la gueule. Fort probable. Et intelligent. La ritale se mord sauvagement la lèvre, poings serrés contre son râble. Tout crie en elle d’y retourner. De percuter, cogner, mordre jusqu’à sortir l’irlandais de ce trou. S’assurer que tout ira pour le mieux. Mais la voilà qui se maudit, qui roule des yeux avec exaspération. Pourquoi se prend-elle la tête au sujet d’O’Brian ? Il n’a jamais été du genre à accepter la moindre sollicitude de sa part. Et vu le raffut, les flics ne tarderont pas à arriver et à mettre fin aux représailles. Une décharge fait soubresauter le corps tendu de la donzelle. Elle tourne les talons et se dirige vers la ruelle adjacente quand la porte du bouge s’ouvre avec fracas, dégueulant une carrure musculeuse. Aly pivote, l’espoir miroitant dans ses billes écarquillées. Mais même si la charpente est semblable, pas d’irlandais au crin fauve. Juste le client de cette transaction, furibond. Il sait. D’instinct, la brune se glisse souplement sur le côté, dardant une œillade avertie sur l’index accusateur tendu dans sa direction. Elle sent le battement de son cœur cogner dans son crâne mais il demeure étrangement régulier. Calme. Sorcier. Qu’elle se dit furtivement en lorgnant l’individu. Indubitablement. Sinon, pourquoi voudrait-il mettre la main sur la bague ? En payant 15000. La ritale a conscience de ne pas partir gagnante. Elle a eu trop peu de sorciers comme adversaires pour espérer anticiper des attaques. Cela dit, les défis sont son dada – ce qui fait encore battre son palpitant grignoté par l’ennui d’une vie sans vague. Alors, ce défi là – il est alléchant. Sorcier doublé d’une brute épaisse. Elle dévoilerait ses canines dans un sourire provocateur si elle n’était pas en plein examen comportemental. Le type l’a interpellé mais elle est restée muette. Qu’est ce qu’il croit ? Qu’elle va capituler gentiment après s’être donnée autant de mal ? Elle se contente d’hausser les épaules avec nonchalance avant de faire volte-face et détaler à toutes jambes dans la ruelle adjacente.

Il est temps de donner tout ce que t’as, Alessandra. La boxe lui a donné l’endurance et musarder lui a conféré légèreté et agilité. Sans oublier qu’elle connaît le terrain – les ruelles les plus pernicieuses pour paumer ses détracteurs. La certitude, c’est qu’elle doit le garder à distance car au corps à corps, il n’y aura plus que ses esquives qui pourront la sauver. Si ce gars a allongé O’Brian c’est que sa force de frappe doit être conséquente.
Klang. Aly s’emmêle les pieds dans les ordures qui jonchent le sol à l’angle de la ruelle. Elle envoie valser une vieille canette de soda. Fais chier. Elle manque de s’étaler mais s’équilibre en étouffant un juron. D’une œillade vers l’arrière, la métisse s’enquit de prendre la température mais ne distingue pas la carrure massive de son adversaire. Où est ce qu’il est ? Qu’elle l’ait semé l’étonne. Elle le sent mal. Mais qu’importe – l’adrénaline lui donne des ailes et elle n’est pas prête de s’arrêter. Elle calme toutefois la cadence, préférant se couler dans les ombres pour évoluer jusqu’à l’allée principale. Silence. Au loin, les sirènes hurlent dans le dédale romain. Les flics. Peut-être viennent-ils jusqu’ici ? Cette pensée traverse l’esprit de la brunette – elle s’inquiète vaguement pour l’irlandais avant d’évoluer dans l’obscurité à tâtons. Elle cherche son échappatoire d’un regard appuyé. Ce foutu escalier.

BANG. La détonation résonne à lui péter les tympans. Juste au dessus d’elle, l’impact fait voler un nuage de poussière. Dans une secousse, Aly enfonce la tête dans ses épaules et se replie sur elle-même. Il ne manquait plus que ça. Semi-automatique. Peut-être du 9mm vu le bruit et la distance. Son dos rencontre le mur en pierre et elle fixe la silhouette menaçante dans l’obscurité. Une chance, ou pas, la voûte céleste éclaire assez les ruelles pour distinguer ce qu’il s’y passe. L’homme est à quelques mètres et la braque du canon de son flingue. Elle songe vaguement à ce que ça ferait d’être à sa place. Dix ans qu’elle n’y a pas touché, aux armes à feu. Elle a été biberonée à ça, il a donc fallu qu’elle s’en éloigne tout autant que du paternel et de ses magouilles.
La bague. Qu’il exige d’un timbre guttural et menaçant.

« C’est pas vraiment la situation que j’imaginais pour une demande en mariage. » Qu’elle lâche sans la moindre inquiétude. Nature. Elle plisse les yeux, examine attentivement son interlocuteur et son argument. « Joli calibre. Beretta, non ? » La curiosité s’invite avec sincérité, même si c’est aussi un gain de temps. Elle pourrait mentir – lui dire qu’elle ne voit pas de quoi il parle, qu’elle a juste eu peur de la baston. Mais le type n’a pas l’air trop con. Elle pourrait aussi lui donner la bague, se rendre en espérant qu’il ne la truffe pas de plomb. Mais Aly n’est pas crédule. Elle sait qu’un type qui brandit une arme à feu n’a guère d’égard pour l’insigne et la bonne conscience. Elle lève doucement ses mains en l’air et repère en même temps la benne à ordures juste sur sa droite. Créneau à saisir. Dans un geste vif, elle donne un coup de pied pour expulser un objet métallique gisant à terre, l’envoyant droit sur le géant. Elle s’abaisse et pivote jusqu’à la benne, la longe en quelques foulées rapides et s’esbigne dans une impasse étriquée. Là, elle braque son regard sur l’escalier de service qui grimpe jusqu’au toit. Peu de temps. Une chance sur deux s’y rester. La féline s’y rue, s’y coule. Elle grimpe quelques marches puis rabat son échine contre la façade. Un autre coup de feu retentit et la balle ricoche. Pas loin. Elle vrille un œil sombre sur son adversaire avant de se remettre à monter. Une volée de marches seulement avant de se coucher littéralement sur le côté, évitant un autre projectile. Sans l’infrastructure de ferraille, elle serait dans la merde. Continue, connard. Et tu vas rameuter tout le quartier. Qu’elle songe, venimeuse, avant de se hisser jusqu’au toit du bâtiment. Ce dédale là, elle ne le connaît pas trop mal. S’ouvre à elle un nouveau terrain de jeu, éclairé par la lueur de quelques néons et panneaux publicitaires crachant leurs marques. Elle se penche légèrement, risette canaille aux lèvres avant d’envoyer un baiser de la main à son interlocuteur. « Ciao Delight. » Et la voilà qui se retourne, trottinant tranquillement entre les décrochements, chat de gouttière, funambule d’exception.

AVENGEDINCHAINS




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I'm a bitch, I'm a lover, I'm a child, I'm a mother, I'm a sinner, I'm a saint, I do not feel ashamed.
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Irénée N. Carissi
LYCANS - HOWL TO THE MOON
OSSATURE: : 38 ans CONTRAT: : Célibâtard-HomicidoPresqueInvolontairement-Veuf - (Re)marié aux vins et spiritueux de la supérette discount du coin BESOGNE: : Fabricant et dealer d'une drogue dure commercialisée par la Nostra Regno - ah, ces sponsors du crime
ÉCHINE: : Sorcier pur, suprême déchu mordu par la fourbe lupine PRESTIGE: : Je crève dans mon dedans actuellement, j'ai les pouvoirs d'un gosse de 15 ans et les capacités irrégulières de ces gens en proie à une dualité interne. Mais j'ai un Beretta 92 FS et je sais viser. GANG: : Je collabore avec la NR pour qu'elle assure ma protection - et quand je dis collabore, je veux dire que je travaille pour eux - mais je ne suis membre d'aucun coven, d'aucune meute et je n'ai prêté allégeance à personne - faut pas déconner non plus @EFFIGIE: : Jason Momoa by Bel' © Sign code by Grey Wind © Gifs by Varri <3 & Hawaiian Jesus BAFOUILLES: : 4805 PACTE: : 06/06/2017



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Sam 19 Aoû - 20:15
Trompe moi une fois honte à toi
Alessandra & Irénée
Au moins fait-elle l’effort de lever les mains pour ne pas que je la canarde… Non sans un trait d’humour qui m’arrache une grimace. Ce n’est pas le moment où il faudrait, au moins, que tu fasses semblant d’avoir peur la Gazelle ? Je te braque. Tu es seule. Et je suis prêt à te tuer pour avoir la bague que tu caches quelque part sur toi. J’esquisse un pas. Baisse les mirettes une fraction de seconde pour voir où je fous les pieds. Me prend un truc, sans réaliser quoi, au niveau d’un de mes poignets. L’angle de tir est dévié. Le choc, bien que léger, me surprend assez pour que je crispe le doigt sur la détente. Un nouveau coup part. Dans un mur au hasard. Dans un boucan infernal. Fait chier ! Je crache une injure en voyant que l’autre a eu le temps de filer. M’élance à ses trousses alors qu’elle re-disparaît dans sa ruelle. Qu’elle se jette sur un escalier de secours. Au moins j’aurais plus besoin de courir. Je m’y poste. Maudis tous ces rebords métalliques qui ne laisseront probablement pas passer une balle… En plus de créer des rebonds désastreux, surtout avec le genre de munitions qui garnissent mon chargeur. Me manger un projectile n’est pas dans mes plans. Tant pis, au moins que je te ralentisse. Je me tortille. Recule. Vois une ouverture. BANG ! La rate. Me décale de l’autre côté. M’avance. Monte sur les premières marches. Tente une dernière fois ma chance. BANG ! La rate, encore. Elle bascule sur le toit. Saine et sauve. Connasse !

C’est à mon tour de me ruer sur la charpente en ferraille. La faisant grincer sous mon poids et la nervosité de mes gestes. Je m’accroche à la rampe brinquebalante pour me donner de l’impulsion. Avale les étages avec beaucoup plus de facilité que ce que j’avale généralement les kilomètres sur le bitume. J’ai toujours été plus agile qu’endurant. Comme quoi il ne faut jamais se fier aux apparences. Tu as mal choisi ton nouveau terrain de jeu, Voleuse. D’un geste souple je me propulse sur le toit – plat sur les premiers mètres, avant de se perdre dans les autres toits des autres immeubles et bâtiments industriels de la ville sur les suivants. Un simple coup d’œil périphérique me permet de voir celle que je poursuis, derrière un décrochement – un bloc électrique. J’hésite à rester par là, statique. Me demande à quelle distance une balle dum-dum peut aller sans faiblir. Si je pourrais la buter sans me faire chier à courir.  D’ici. Mais me ravise, assez rapidement, en me disant que j’ai déjà assez fait de bruit pour la soirée. Les flics sont visiblement arrivés au bar ; les sirènes hurlent dans le silence de la nuit et des lumières bleutés et rougeâtres sont vomies par l’obscurité à cinq rues de nous. Je range mon bordel dans son holster.  Fonds droit devant moi. Ignore les obstacles. Les traverses, saute et glisse au dessus d’eux. Ripe et dérape. Dérive de ma trajectoire sans perdre mon objectif de vue. Me laisse choir, sur le ventre. Déraille sur des tuiles grises d’un immeuble haussmannien dans une figure de style contrôlée. Reste debout grâce à sa gouttière. M’appuie vaguement à l’une des fenêtres. Sort mon flingue dans un mouvement vif. La Gazelle n’est pas loin. Je peux facilement y dégommer un pied, voire la jambe entière, en gardant cette position.

CLAC CLAC. Je me fige. N’ose pas regarder par-dessus mon épaule. Dans la rue du bas. Un fusil  à pompe. Je paris sur la recharge d’un fusil à pompe.Tue les ! Tue les ! chantonne gaiement une voix de gamine. Daisy ! songé-je subitement. Je ne sais pas comment ils nous ont retrouvés si vite. Me décide à loucher succinctement sur l’horizon. Dans la panique, on est allé dans le bon sens pour se fuir, mais dans le mauvais pour fuir tous les connards pas contents du bar. Putain ! Putain, putain… !!! J’imagine que je ne serais pas le premier à crever, de la balle qui vient d’être chambrée, mais suppose que je serais le suivant. Alors je ne cherche pas  vraiment à comprendre – ne jamais réfléchir longtemps avec un fusil à pompe dans les parages, c’est ma devise. J’enjambe la balustrade d’une des petites lucarnes des combles. Donne un grand coup de coude dedans en me protégeant le visage. Me précipite à l’intérieur lorsqu’une décharge monumentale explose à l’extérieur. Me retrouve dans une espèce de chambre de bonne, vide, mais à la température excessive. Il doit au moins faire 40° sous ce con de toit. J’entends des exclamations. De colère majoritairement. Ou de peur. Ou de joie. Daisy. Daisy est vachement contente de nous avoir retrouvée.CREVE LA ! hurle-t-elle. Je lève le museau. Capte que l’autre est presque au dessus de ma tronche. Elle piétine. Certainement pour faire machine arrière. Je fais un tour sur moi-même. Repère une porte. Il faudrait que je sorte mais, en bas, y a les deux autres cons qui doivent m’attendre… Et en haut y a toujours ma bague. Je ne sais plus trop si ça vaut toujours le coup. J’ai peut-être pas tout mon pouvoir, mais je suis au moins sûr d’une chose : SV a totalement le sien. Le flingue n’est qu’artifice, il doit pouvoir nous faire très mal sans lui – bien que je ne sache absolument pas la magie qu’il maîtrise.

Pas le choix cependant. Je prends quand même la porte. Elle m’amène dans un corridor très étroit aux marches tout aussi étroites. Je les descends, pour sortir de cette fournaise. Passe une nouvelle porte. Me retrouve dans un superbe couloir, avec des fenêtres immenses des deux côtés. Quelques rires percent d’un des appartements, des murmures inquiets de l’autre. Je m’avance doucement vers l’ouverture côté rue. Rase le mur en retenant mon souffle – comme s’ils étaient capables de m’entendre. Glisse un œil à l’extérieur par l’un des carreaux du fond en me baissant. Je vois nos deux poursuivants, sur le trottoir, en train de faire des grands gestes dans tous les sens. Ils semblent… Plus excédés. Irrités. Que tout à l’heure, si c’est possible. Daisy a perdu son sourire et n’est plus comme une gamine devant son sapin à Noël. Elle tape dans un caillou. Se détourne de son amoureux bien trop vieux pour elle. Pointe du doigt l’accès à l’immeuble. – Stelio ! STELIO !!! Essayons par là ! suggère-t-elle. – Fais péter le portillon ! Merde. Je repars en sens inverse. Remonte le couloir, me poste devant la seconde fenêtre. Fais céder le loquet. Lutte un instant pour arriver à l’entrebâiller – c’est qu’ils ne doivent pas s’y amuser tous les jours, visiblement, les gongs doivent être complètement rouillés ou une connerie du genre. Vais pour m’y faufiler malgré tout et… Qui atterrit devant moi ? La Gazelle. Je ne sais ni pourquoi, ni comment. T’es tombée ? Ou tu les as surement pas vu rentrer ici, hein…

Je n’ai qu’à tendre le bras pour attraper le sien, encore à moitié dehors et à moitié dedans. Je la secoue difficilement. Enfonce la pulpe de mes doigts dans la chair tendre de son biceps. – Espèce de… Je rerentre. Veux la tirer avec moi dans le couloir. Me rappelle, aux exclamations et aux bruits de pas, que ce n’est certainement pas le moment. Du coup… Je la lâche. Carrément à contre cœur. Je la pousse même. Pour qu’elle me laisse la place de me jeter sur l’espèce de rebord. – Dégage !, craché-je en me tortillant. Je vais jamais réussir à passer, putain !Ils sont dans l’immeuble !




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Alessandra Ottone
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Dim 20 Aoû - 9:04

Irénée N. Carissi & Alessandra Ottone

Attrape-moi si tu peux


Et merde ! Les semelles bruissent d’un son feutré contre les tuiles tandis que la métisse place ses pieds judicieusement pour ne pas ébranler le toit de l’immeuble qu’elle arpente. Un peu plus loin derrière elle, la carcasse métallique grince – signifiant l’arrivée du titan. Alessandra jette nerveusement un regard par-dessus son épaule avant de se déplacer de biais pour rejoindre une corniche moins instable. Elle inspire profondément, se rabaisse derrière un bloc de béton abritant les antennes de l’immeuble et laisse échapper une injure entre ses dents serrées en constatant d’une brève œillade que l’homme s’est mis en chasse. En voyant sa carrure, elle a cru le décourager en empruntant les toits mais doit se rendre à l’évidence qu’aussi massif soit-il, ce dernier ne manque pas de ressources. Plus agile qu’endurant hein ? La brune maudit son intuition fallacieuse avant de s’arracher à son point d’observation pour se remettre en mouvement. Au moins, il a arrêté de la canarder à vue – ce qui est plutôt une source de stress en moins pour la funambule. Elle essaie d’appréhender sa direction, tente de s’éloigner d’un pas dextre – se coule contre la charpente brunie par les intempéries, se baisse et se glisse entre deux murs se coudoyant avec étroitesse. Elle est petite – et en ça, il devrait avoir des difficultés à pouvoir l’atteindre. Mais elle l’entend, qui la talonne. Et ça, ça la secoue. Son cœur marque un bond dans sa poitrine, et le pied trahit son incertitude. Elle s’écorche les paumes sur le crépi d’un mur beige, manque de glisser sur le cul en descendant la pente d’un toit – puis reprend assez de contenance pour poser le bout de sa godasse sur le relief en bord de bâtiment. Sa longue crinière tressée bat contre ses épaules lorsqu’elle s’accroche aux imperfections de la façade, évolue de biais pour longer les fenêtres en se criant de ne pas faire gaffe aux sirènes qui hurlent dans la nuit. Manquerait plus qu’elle tombe nez à nez avec les flics et qu’ils la prennent en chasse, rameutés par les coups de feu tirés par l’ostrogoth.
Lorsqu’une voix de gonzesse retentit en contrebas, Alessandra écarquille les yeux et se maintient contre la façade dans un hoquet de stupéfaction. Ça vitupère, autoritaire, et pas besoin d’être bien perspicace pour reconnaître la voix de la fille qu’Aly a effarouché d’un baiser pour mieux lui subtiliser la bague. « Et merde ! » Crache-t-elle de vive voix, cette fois-ci. Ses phalanges d’une main lâchent. Elle bascule violemment sur le côté pour venir se ramasser contre la paroi du bâtiment adjacent. Elle manque de lâcher prise lorsque la détonation retentit dans un fracas tonitruant. Un gros calibre, cette fois-ci. Fusil. La pierre blanche gicle à quelques mètres d’elle et Alessandra doit se faire violence pour bouger. Bouge Aly, p’tain ! T’es trop jeune pour mourir ! Elle se hisse sur la corniche, rejoint le toit en pliant son corps dans des à-coups secs, redoutant que la furibonde n’appuie à nouveau sur la détente. – CREVE LA ! C’est qu’elle est sacrément en pétard, la donzelle. Mais au moins, ce n'est pas elle qui tient l'arme. C'est l'autre. Le gros balèze. A se demander ce qui l’a le plus outragé entre le baiser et le vol. Aly a bien son hypothèse mais n’a pas vraiment le temps de tergiverser sur la question. Tu peux pas rester là, Aly. Bouge ! Elle lâche un grognement, se redresse pour jeter un œil par-dessus l’avant-toit. Un bref coup d’œil qui la convainc de reculer vers l’opposé du bâtiment. Elle s’abaisse et évolue pliée jusqu’à l’angle, gronde son mécontentement lorsque son pied ripe sur une tuile branlante. Bordel de merde, ça a intérêt de valoir le coup. Avec tout le raffut qu’ils font, les flics ne devraient pas tarder à débarquer pour les boucler. Oui mais c’est probablement un sorcier. Les sorciers ont toujours des solutions pour s’en sortir. A cette idée, la métisse grimace. Ça geint toujours en contrebas mais les voix sont étouffées par la distance. Elle parvient jusqu’au bord opposé, se penche trop brièvement et voit son champs de vision s’auréoler de petites étoiles blanches. La tête lui tourne - elle se renverse vers l’arrière, se dit qu’elle resterait bien étendue là sur le toit à admirer la voûte céleste avant que l’adrénaline ne fasse pulser son cœur à une vitesse folle. Ça la réveille. Agrippée à la moulure, elle se laisse glisser du toit au rebord de la première fenêtre, se réceptionne sur ses pieds en essayant d’ignorer les mètres qui la séparent du sol en contrebas. Pas le moment d’avoir le vertige, ma fille. Avec le tumulte de ses sensations internes, la métisse ne distingue pas tout de suite le mouvement qui s’esquisse sur le côté. La fenêtre devant laquelle elle s’est arrêtée est ouverte et la masse colossale de son adversaire s’y dessine avec fureur. Saisie de stupeur, Alessandra essaie de contrebalancer le poids lorsqu’il lui attrape le bras pour la tirer vers l’intérieur. Merde, merde, MERDE ! C’est qu’elle l’avait presque oublié lui, mais il semblerait qu’ils soient tous deux dans le même bateau à essayer de fuir le même ennemi. De sa main libre, elle s’accroche au décrochement la surplombant tandis qu’elle se sent ballottée entre intérieur et extérieur du bâtiment. Puis voilà qu’il la repousse, maintenant, lui ordonnant de dégager pour la rejoindre sur le bord de fenêtre – l’informant qu’ils sont rentrés dans l’immeuble. Elle pourrait tenter de lui décocher un coup de pied de là où elle est. Lui écraser sa semelle sur la gueule pour le forcer à se faire prendre – et profiter du moment pour s’enfuir. Ça lui traverse l’esprit – évidemment – mais c’est tout aussi risqué que le type a une sacré force qu’elle aura forcément des difficultés à appréhender. Elle se redresse échine contre façade, le vent galopant contre sa peau comme pour lui rappeler qu’un seul faux pas signifie la chute. S’écarte assez pour laisser la place au titan de se glisser par l’encadrement. Tendue, elle le regarde faire – caresse l’idée de le faire basculer d’une impulsion mais se ravise. Tuer quelqu’un, comme ça ? Jamais.
Et pourtant, lui, pourrait le faire. Mais probablement que récupérer une bague sur un cadavre balancé en contrebas que l’on pourrait ramasser à la petite cuillère n’est pas une idée si attractive que ça. Tendue, ramassée contre le mur, elle le regarde se déplier de toute son envergure. D’aussi près, il semble immense. « Ok. C’est toi et moi l’balèze. Si tu veux espérer revoir ta bague. » Lui donnera-t-elle après s’être échappée de toute cette merde ? Non. Mais autant faire croire que c’est possible. Tous les coups sont permis. Alessandra pivote et enjambe le vide qui mène à une fenêtre adjacente. Enchaîne le parcours tout en sachant que c’est la seule issue et que le titan est dans son dos. Un décrochement de quelques briques abîmées lui permet ensuite de grimper sur un bâtiment un peu plus industriel au toit plat.
BANG. A peine s’est-elle tractée jusqu’au rebord, qu’elle roule sur le flanc en entendant la détonation derrière eux. Par la fenêtre qu’ils ont quitté. – Les enfoirés ! Ils s’tirent ! Que ça feule avec aplomb de l’autre côté. La charpente du mâle se laisse couler à sa suite et elle l’attrape par les fringues pour le tirer vers elle. Mis à part le fait qu’il lui sert de bouclier humain, la ritale glisse sa main au bas de son dos pour s’emparer du calibre coincé entre sa peau et sa ceinture. « Tu t’offusqueras plus tard ! » Qu’elle lui lâche en le repoussant brutalement du coude pour se redresser et aiguiller le canon dans la direction de la fenêtre ouverte par laquelle la dénommée Daisy se tient, rageuse. Alessandra ne peut pas vraiment expliquer ce que ça lui fait – de mettre la main sur une arme à feu après tout ce temps. Ça lui picote tout le bras. Remonte pour lui ébranler la colonne vertébrale dans le sentiment d’avoir retrouvé un bout d’elle perdu depuis des années. C’est intuitif. Tout lui revient. Elle abaisse le cran et tire. Le projectile fuse dans une détonation sèche. Daisy crie, touchée à l’épaule – se retrouve projetée vers l’arrière mais se maintient sur ses pieds dans un élan de vigueur insoupçonné. « Merde ! Râté ! » Articule Alessandra qui visait la tête. T’es rouillée, ma fille. Les événements s’enchaînent mais elle soupèse l’arme, goûtant au plaisir de tenir une automatique dans sa paume. Elle croise le regard de la brute et se démêle de leur étreinte tout en gardant l’arme en main – histoire d’être sûre qu’il ne fasse pas de connerie. Sans attendre ne serait ce qu’une réaction de sa part, la donzelle se remet à galoper – zigzaguant entre les pylônes dressés sur le toit bétonné pour trouver une meilleure issue à leur débandade nocturne.        

               
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Irénée N. Carissi
LYCANS - HOWL TO THE MOON
OSSATURE: : 38 ans CONTRAT: : Célibâtard-HomicidoPresqueInvolontairement-Veuf - (Re)marié aux vins et spiritueux de la supérette discount du coin BESOGNE: : Fabricant et dealer d'une drogue dure commercialisée par la Nostra Regno - ah, ces sponsors du crime
ÉCHINE: : Sorcier pur, suprême déchu mordu par la fourbe lupine PRESTIGE: : Je crève dans mon dedans actuellement, j'ai les pouvoirs d'un gosse de 15 ans et les capacités irrégulières de ces gens en proie à une dualité interne. Mais j'ai un Beretta 92 FS et je sais viser. GANG: : Je collabore avec la NR pour qu'elle assure ma protection - et quand je dis collabore, je veux dire que je travaille pour eux - mais je ne suis membre d'aucun coven, d'aucune meute et je n'ai prêté allégeance à personne - faut pas déconner non plus @EFFIGIE: : Jason Momoa by Bel' © Sign code by Grey Wind © Gifs by Varri <3 & Hawaiian Jesus BAFOUILLES: : 4805 PACTE: : 06/06/2017



Message
Dim 3 Sep - 0:12
Trompe moi une fois honte à toi
Alessandra & Irénée
Je me contorsionne. Je me plie, me déplie et me tord pour passer, au moins, les épaules par l’ouverture de la fenêtre. C’est le plus dur, les épaules, me rassuré-je en grimaçant, le reste de ta carrure suivra forcément. Je force. Force encore. Ce que je n’avais pas envisagé par contre c’est que, oui, ça suivrait, mais avec une poche de jean en moins. Le craquement du tissu est presque sinistre. Ca me fait trébucher sur le rebord extérieur. Ca me fait manquer de m’échouer plusieurs mètres plus bas. Et je me tourne pour constater de la piste que je laisse – évidente, certes, mais j’aurais pu m’échapper en étant légèrement plus subtil, quand même. Je crache une injure. Louche sur le trou béant de mon pantalon. Il est sur le haut de ma cuisse, voilée par mon simple boxer. Super. Vraiment. SU-PER. Cette soirée aura été un calvaire de bout en bout. Mes pensées vont à ma moto, restée non loin du bar, finalement. Dans une rue adjacente. Pas mieux fréquentée - je pourrais le parier. Il ne manquerait plus qu’on me la vole. Qu’on me la défonce ; pour y trouver de la thune ou des conneries de ce genre. Sans savoir qu’à elle seule elle vaut plus que la moitié des maisons de cette bourgade moisie. Putain. Fait chier. Je serre les poings. Relève la tête. Me demande si, par les toits, je suis si loin gargote que ça. Puis j’arque un sourcil quand l’autre me parle. Je t’avais presque oublié, avec ces tribulations internes. Elle me ramène à la réalité. Me fait rire. D’un cynisme flagrant. Tu me prends pour un abruti ? Tu crois que je vais avaler que tu vas me la rendre, ma bague ? Alors que tu me fais courir depuis 30 minutes et que t’as pas eu peur de mon flingue ? Ne compte pas sur moi pour parier sur ta bonne foi. C’est déjà un miracle que tu n’essaies pas de me pousser dans le vide.

Elle ne me laisse pas le temps de lui répondre. Elle se remet à sautiller pour atteindre une autre parcelle de toit ; et à grimper pour en gagner une autre plus plane. Je la suis. Râle dans ma barbe. Me demande… Quatre fois, au moins, pourquoi je suis assez con pour l’accompagner quand on serait des cibles beaucoup moins faciles séparément. Et lorsque j’ouvre le bec pour lui faire part de la débilité de notre regroupement une détonation retentit. A m’en faire vriller les tympans. La Gazelle roule derrière l’ourlet bétonné du toit. Moi je me plaque contre mon mur. Entend la balle siffler très – trop – proche de mes oreilles. Elle doit probablement être plus loin que ce que je ne l’imagine, mais ça me motive à bondir par-dessus bord d’une grande impulsion. L’élan me renverse sur le dos dans un soupir exténué. Je vais pouvoir souffler quelques secondes… Deux mains empoignent les pans de mon débardeur. Ou pas. La métisse me secoue. Me tire lorsque j'ancre mes deux pieds dans le sol. Je lui dégage en poignet en grognant. Me demande ce qu’elle fout sans être capable de prononcer la moindre syllabe. Est-ce que je cogne ou est-ce que je laisse faire ? Je tente de me redresser en la repoussant. Mais ses doigts se glissent dans mon dos. Agrippe la crosse de mon flingue. Je braie. Me jette en sa direction. Arrête mon geste. Elle les braque. Ca serait foutrement con de la déranger alors qu’elle les braque. La gâchette est écrasée d’un index déterminé. Daisy beugle. Loupé.Tu te fous de moi ?! Visiblement pas. Elle se dégage et elle dégage. Avec mon arme.

Je me redresse. La regarde s’éloigner. Le flingue au poing. C’est une blague ? Elle se barre vraiment avec mon flingue et ma bague ? Une colère vive secoue mon corps de part en part. Fait tressauter chacun de mes muscles. Ma mâchoire se contracte. Un coup d’œil sur ma droite m’indique que les deux autres péquenauds ne tenteront pas les toits avec l’épaule en vrac de Daisy. C'est qu'elles font mal mes munitions. Et un nouveau pas sur la gauche me met presque hors d’atteinte. Mon cou craque dans un mouvement rude de nuque. Mes prunelles se figent sur l’une des chevilles de la voleuse. Elle disparaît derrière un obstacle. Inspiration profonde. Elle réapparaît. Imprudente. Mon pouvoir fatigué déborde de mes pores. Je peux le sentir forcer le passage de ma peau comme s’il était tangible. Onduler grossièrement jusqu’au sol. S’iriser face à l’aridité italienne des quelques cailloux qu’il évite. Ronronner sous l’humidité de l’air qui le caresse. Et il serpente. Et il rampe. A travers les pylônes à la recherche de la cheville pleine de flotte. Il l’accroche. La retient. D’un geste brusque. D’une pression mauvaise. D’une sensation désagréable. Il l’épingle et la renverse. Le poignet armé est plaqué au toit lorsque la métisse est glissée jusqu’à moi. Que ça te fasse mal c’est carrément le cadet de mes soucis. J’avance en simultané. Le visage fermé. Le palpitant compressé dans une poitrine figée par la nervosité. Dès qu’elle est à portée je lui arrache le flingue des paluches. Lui balance un grand coup de pied dans la cuisse. Mon pouvoir s’estompe à cet instant faisant danser quelques points blancs devant mes yeux. Je prendrais bien un verre.

Espèce de garce, feulé-je en me baissant pour la clouer au sol d’une paume contre sa gorge et d’un canon contre la tempe. – C’est toi et moi ? Une balle est chambrée. Un genou est collé contre ses côtes. Ma langue claque contre mon palais. Pourvu que tu sois armée et loin devant moi j’imagine.On ne joue pas dans la même cour… Ce n’est pas toi et moi. C’est Moi tout court.Alors écoute-moi bien, connasse, vociféré-je d’un timbre froid, calme et très bas, je n’espère pas revoir ma bague. JE SAIS que je vais revoir ma bague. Et tu sais comment je le sais ? Ma main se fait plus insistante. Plus étouffante. - Parce que TU ne décides pas. TU n’es pas en mesure de le faire. Ni même en mesure de marchander. Tu n’es pas en position de force. Tu n’es rien. Et tu es morte si tu ne m’obéis pas. Je relève légèrement le menton. Pédant.  Tu as vraiment emmerdé le mauvais sorcier. - Rend moi cette foutue bague où je te jure que je répands ta saloperie de cervelle sur cette saloperie de toit. Est-ce que je suis clair cette fois ? J’ai toujours voulu savoir les dégâts que faisait une balle dum-dum à bout portant.



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Recommencer le combat, affûter ma lame pour replonger en moi. Un fantôme se pavane dans son anonymat […] Car dans la ville je meurs à nager dans des yeux, des regards transparents qui me noient à petit feu. La zone est de mépris, la vague est d'indifférence. La foule est un zombie et je vogue à contresens. ∞


   
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Alessandra Ottone
HUMAINS - DISSOLVED VOICES
OSSATURE: : Trente trois ans CONTRAT: : En relation libre, célibataire - tout dépend des jours BESOGNE: : Modèle de nu à la faculté d'arts le jour, chanteuse de jazz dans un bar le soir
FABLE: : Elle connait l'existence de créatures surnaturelles depuis son adolescence. ÉCHINE: : Humaine, chair tendre et insouciance de l'éphémère. GANG: : Lourd passif dans la Mano Rossa. Ayant quitté la sphère depuis dix ans. @EFFIGIE: : Freema Agyeman, Carnavage BAFOUILLES: : 140 PACTE: : 22/04/2017



Message
Lun 4 Sep - 22:45

Irénée N. Carissi & Alessandra Ottone

Attrape-moi si tu peux


Dans le fond, Alessandra a toujours été une grande optimiste. Sa chance, elle la provoque à grands coups de spontanéité et a toujours su avec brio s’adapter pour s’épargner le pire. Oui mais voilà. Là, elle le sent mal. Très mal. Quelques mètres derrière, la métisse entend les feulements de la fille qu’elle a blessée. Elle noue ses phalanges avec plus de témérité autour du flingue, goûte au plaisir de l’avantage qu’elle détient avant d’être rattrapée par l’évidence même – le balèze ne va pas vouloir qu’elle s’esbigne avec son dû. Et pour avoir coudoyé sa charpente, elle n’a aucune envie de finir entre ses énormes paluches. Elle n’a clairement aucune chance. Alors elle espère profiter de la surprise qu’elle a distillée en passant. Profite de l’occasion pour se couler dans les ombres des décrochements en zinc, priant pour que l’hirsute se mette juste dans l’idée de déguerpir de son côté. Sans demander son reste.
Douce utopie. Aly avance à bon train avant de s’ébranler face à la désynchronisation brutale de ses membres. Elle se fige, fait dégringoler une œillade circonspecte sur son pied qui refuse de bouger puis essaie de réitérer dans un grognement farouche. Y a comme une pression. Une main invisible qui l’enserre. Empêche sa cheville de correctement se mouvoir. Et la rend terriblement impuissante. « Qu’est ce que c’est qu’ce bordel ?! » L’effroi la gagne. L’adrénaline pulse dans un semblant de panique mais elle a à peine le temps de lorgner le potentiel concerné d’une sombre œillade qu’elle est déjà à terre, clouée par une force mystérieuse. Les doigts s’agitent vainement contre la crosse tandis que le poignet suit la mouvance de la contrainte. Son ossature craque et la métisse se contracte douloureusement.  
Foutue magie ! L’affinité surnaturelle de son opposant n’est donc plus à prouver. De quoi faire voler en éclat l’assurance légendaire de la ritale. Décidément, ce n’est pas de chance que de tomber sur un type au physique titanesque et un pouvoir offensif à distance. Comment échapper à ça ? « Qu’est ce que… » Tu m’fais, enflure ?! Elle riposte, s’agite, se débat – vainement. A l’impression qu’on lui vrille les membres par la pensée pour restreindre ses libertés. L’indocile rage et geint de son étau forcé – redresse le museau pour guigner la carrure imposante du mâle à quelques mètres. Il s’avance et tout son corps à elle se fait irrémédiablement tracter dans sa direction. Elle enfonce ses talons dans le sol, tente tant bien que mal de se retenir du mieux qu’elle peut mais rien n’y fait. Elle n’est qu’un pantin désarticulé, s’écorchant les coudes contre le béton en voyant son heure venir. « Non. Non. NON ! » La mine s’assombrit d’une moue mutine. Il est encore plus massif vu d’en bas. « Aïe. » Qu’elle articule avant qu’il ne s’empare du flingue et lui décoche un violent coup dans la jambe. Il est furax. Aly retrouve petit à petit le contrôle de son corps – assez pour se recroqueviller sur elle-même, sentant sa cuisse irradier d’une douloureuse chaleur. Ok. Ok. J’imagine que je l’ai mérité. Elle laisse échapper un hoquet effaré lorsqu’il l’épingle au sol d’une paluche à la gorge et pèse de tout son poids d’un genou contre son thorax. Le contact froid du canon de l’arme à feu braqué sur sa tempe lui fait obliquer la caboche. Elle remue, les mains agrippées à son poignet – suffoque brièvement face à la pression exercée tout en ruant des jambes. Et lui, la fustige avec amertume – ses prunelles crachant tout son mépris et ne laissant aucun doute quant aux menaces qu’il pourrait mettre à exécution. Et qu’il les articule, ses sommations – imbu et féroce. Elle plisse les yeux, vexée par le fait qu’il la sous-estime à ce point. Elle aurait bien pu être une créature surnaturelle ne craignant pas les balles – mais malheureusement, sa mortalité lui revient à la gueule comme l’évidence de son échec. « Ok. Ok. T’as gagné, Hercule. » Elle ferme les paupières un instant et même si la crainte louvoie brièvement dans son timbre, elle la dissipe d’une quiétude suspicieuse. Il va tirer ma grande. T’éclater la cervelle et se barrer avec la bague. T’auras tout gagné pour cette saloperie d’relique. Elle dresse ses paumes, comme pour signifier qu’elle ne tentera rien d’extravagant – flirte d’une joue contre le granit pour esquiver l’œil du flingue avant de remarquer la brèche au pantalon masculin. Elle arque un sourcil, un brin moqueur « Tout doux le chippendale. » Glisse-t-elle d’un timbre éraillé par la pression des épaisses phalanges contre sa trachée. Elle saisit avec exaspération le manque flagrant d’humour de son interlocuteur et reprend. « La bague est planquée dans mon soutif, alors à moins que tu veuilles y foutre les mains – j’te demanderai de me laisser respirer deux secondes. » Et on sait tous les deux que tu lâcheras pas ton arme pour m’tripoter. Surtout pas pour risquer de prendre un coup dans les noix. Elle soupire longuement, essayant de passer outre la gêne. « J’comptais mettre la main sur cette bague. Je ne m’attendais juste pas au fait de ne pas être seule sur le coup. J’avais rendez-vous avec ce connard. Toi aussi. Alors j’imagine qu’elle aurait été pour celui qui aurait craché le plus d’argent. » Maugréé-t-elle, se justifiant plus ou moins. « Et je m’attendais surtout pas à tomber sur quelqu’un de ta trempe. » Sorcier doublé d’une brute épaisse. Aly sait reconnaître quand un adversaire fait montre de combativité. Sur ses deux pieds, elle aurait peut-être pu avoir ses chances. A l’horizontale, avec un Beretta sur la tempe et étranglée par une pogne solide – rien n’est moins sûr.  

               
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ÉCHINE: : Sorcier pur, suprême déchu mordu par la fourbe lupine PRESTIGE: : Je crève dans mon dedans actuellement, j'ai les pouvoirs d'un gosse de 15 ans et les capacités irrégulières de ces gens en proie à une dualité interne. Mais j'ai un Beretta 92 FS et je sais viser. GANG: : Je collabore avec la NR pour qu'elle assure ma protection - et quand je dis collabore, je veux dire que je travaille pour eux - mais je ne suis membre d'aucun coven, d'aucune meute et je n'ai prêté allégeance à personne - faut pas déconner non plus @EFFIGIE: : Jason Momoa by Bel' © Sign code by Grey Wind © Gifs by Varri <3 & Hawaiian Jesus BAFOUILLES: : 4805 PACTE: : 06/06/2017



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Dim 1 Oct - 1:21

TROMPE MOI UNE FOIS HONTE À TOI [...]
ALESSANDRA & IRENEE

La référence à ma tenue me fait vaguement baisser le menton vers la déchirure de mon pantalon. Je la contemple une seconde. Peut-être deux. D’une expression distante et distraite. Comme si c’était la première fois de ma vie que je la voyais ; comme si je n’en prenais définitivement conscience que maintenant. Ou qu’elle n’était pas à moi. Ca me paraît loin, l’instant où je passais par cette foutue fenêtre. Le temps me paraît ralentir. J’ai des nausées tout plein le bide. On n’est pas censé fuit quelqu’un, d’ailleurs ?

Je grogne, dans une plainte étrangement animale, en faisant danser mes phalanges contre crosse et gorge, d’une hésitation tangible. Et mon hésitation ne va pas aux conséquences de ce qui se passerait si je la laissai en vie. Elle va aux conséquences de ce qui se passerait si j’appuyais vraiment sur la détente du Beretta. Y aurait du sang. Ouais, y en aurait même énormément. Et des bouts de cervelles. Et une odeur de merde. Parce qu’on a beau nous faire croire que c’est splendide et merveilleux et fascinant la mort, c’est juste des conneries qui tiennent du fantasme cinématographique américain… Un corps sans vie reste un corps qui se décontracte. Et un corps qui se décontracte reste un corps qui put la merde. Ca ferait aussi du bruit. Ouais. Et ça ramènerait les deux autres malades. Ils te buteraient. Non, pas si j’ai la bague. Il ne serait plus question qu’on me bute. Si j’ai la bague et que mes pouvoirs sont décuplés… Je deviendrais l’un des sorciers les plus puissants du globe. La boucle serait bouclée.

Une lumière de convoitise brille dans le fond de mes pupilles. Loin de penser aux seins que je vais alors palper, mais à ce que ces seins palpés contiennent. Ce qui va en découler. Un infini pouvoir élémentaire. Je balance une œillade circonspecte sur la poitrine féminine tout en raffermissant la pression du canon de mon flingue contre sa tempe. Faut dire que t’as pas grand endroit pour la cacher, vu comment tu t’es sapée pour l’occasion. Et c’est qu’elle commente, la métisse. C’est qu’elle se justifie, la métisse. C’est qu’elle doit voir dans le fond de mes prunelles que je me tâte à la refroidir, définitivement, la métisse. – Comme si t’avais eu l’intention de cracher le moindre centime, débité-je en décrispant mes doigts, ceux qui enserrent sa trachée. Alors Lars ? Tirera ? Tirera pas ? Qu’est-ce qu’un cadavre de plus laisser derrière toi quand il y en a déjà des dizaines ? Des dizaines dont tu ne te souviens même plus les visages. Sauf peut-être d’un ou deux mais, allons, nous savons que l’alcool est un bon complice pour oublier.Ca ne va absolument pas être agréable, soufflé-je en arquant un sourcil. Tirera pas. Trop risqué avec les flics proches et la quantité astronomique de clients qui m’ont vu, ce soir, faire tâche dans le décor du bar. Je serais le premier accusé. Et ils auraient tous raison de le faire.

Ma paluche glisse sur son derme. Pince ses côtes pour qu’elle se cambre légèrement. Touche la poitrine tendue avec neutralité. Repère la bague dans l’une des doublures. Un sourire victorieux étire mes lèvres lorsque j’arrive à sortir la relique de sa planque, non sans galérer un peu. Je la lorgne, un court instant avant de me redresser de toute ma taille, repoussant sans douceur et sans particulièrement de brutalité, le corps à mes pieds – du moins je fais rouler la gazelle sur le flanc, le temps de passer l’anneau à mon doigt. Si elle attaque maintenant, je serais prêt me dis-je dans une grande inspiration tremblante. Adieu le loup. Bonjour mes pouvoirs de Suprême. Bonjour la toute puissance ! J’ouvre les bras en croix, dans un geste théâtral. Tente de sentir la terre sous mes pieds – bien qu’elle soit loin – l’air sur ma peau hâlée. De me sensibiliser à ce qui m’entoure, d’un coup d’un seul, pour me préparer à l’impact phénoménal de ce qui m’a été vendu – du moins qui était censé m’être vendu 15000 balles. Et j’attends. J’attends. L’autre a le temps de gigoter. Elle aurait même clairement le temps de me frapper si je n’avais pas au préalable fait étalage de ma magie défensive. Dans un frisson désagréable je vais même chercher dans mes forces fatiguées pour faire vibrer l’étincelle métaphysique. Rien. Rien ? Rien. Une grimace haineuse traverse mes traits, fend mon visage d’une rage colossale. Mes bras tapent le long de mon corps. Mes mirettes se jettent sur l’anneau passé ; le mensonge du sorcier. J’ai envie de croire que les effets mettent plusieurs minutes à arriver. Plusieurs heures ? Jours ? Mais ça me paraîtrait très grossier, pour un artefact si convoité. Ca me paraîtrait insultant pour les éloges qui en sont faites. Enflure.

Je me détourne d’un geste sec. Ignore la gazelle. Me fous de ce qu’elle compte faire. Je vais sur l’un des rebords du toit. Balance un regard sur le trottoir en contrebas. N’y vois personne. Ni passant lambda, ni voiture. Tout est étonnamment silencieux. Et je le longe jusqu’à la rue perpendiculaire. Jusqu’à la rue parallèle. Je fais tout le tour de ce connard de toit jusqu’à… - Là ! Une échelle ! Eux. Ils semblent me sentir. Tendent le museau vers le canon de mon Beretta qui est braqué directement sur leur tronche. Ils devaient penser qu’on n’était plus vraiment là. Qu’on avait fuit depuis un moment. Mais de cet immeuble là, l’un des plus dégagé de la rue, l’un des plus haut, ils auraient eu toutes les chances de nous plomber avec leur putain de fusil à pompe. Loupé. C’est un peu comme là bague ça. C’est la faute à Pas-de-chance.

C’est sans l’ombre d’une hésitation que mon doigt écrase la détente. En direction de Daisy. De sa tête. De sa sale tête da garce. Je ne pense à aucune conséquence, cette fois. Ni à la quantité de sang, ni à l’odeur, ni au bruit, ni aux flics quelques rues plus loin ; je ne pense à rien. Dans un vide intersidéral de mon être. Seul mon besoin de vengeance anime mes gestes.NON ! hurle le sorcier en jetant une main désespérée vers sa dulcinée. Elle  couine. Elle qui a déjà l’épaule vachement amochée – le sang recouvre une bonne partie de ses affaires et elle est sacrément pâle, la Daisy. Ma balle, pourtant, ne l’atteint pas. A l’instant où l’autre esquisse son mouvement la donzelle est expulsée plus loin dans une benne. Si je mets une grosse seconde à me rendre compte qu’il y a un problème, je n’en mets qu’une fraction à comprendre que Stelio est télékinésiste. Télékinésiste ? Et merde ! Mon arme change immédiatement de cible. Il relève son fusil à pompe. Sent qu’il va être beaucoup trop lent par rapport à moi. Me décoche une rasade sèche d’un pouvoir étonnamment chétif. T’es le genre de mec qui a beaucoup trop dû tirer sur la corde. Il n’empêche que, même chétif, la salve me soulève du sol pour m’envoyer valdingué au hasard – le hasard veut que ce soit sur un pilonne, parce que je n’ai jamais eu de chance avec le hasard. J’en lâche mon flingue qui va riper un peu plus loin. J’en tombe à genoux – juste à genoux. Je me relève presque aussitôt, sans douleur particulière, mais avec le sentiment que Stelio ne montera jamais sur ce toit. L’escalier de service couine légèrement. Je m’élance vers lui. En bas il a la tête dans la benne. Baragouine un truc que je n’entends pas de la où je suis et il repart comme un dératé, en sens inverse. Une intuition me percute. L’intuition que… - Il va chercher les flics, soufflé-je trop bas pour que quiconque d’autre que moi-même entende ma remarque. Vraie ou fausse ? Je me tourne, dans une surprise proche de l’effarement. – Il va chercher les flics, répété-je à l’intention de la métisse, toujours dans les parages. Mais qu’est ce que tu veux qu’elle y fasse ? Elle connait mieux la ville que moi, c’est indéniable… Et… - Pour combien de me fait sortir de ces connards de toits sans croiser un seul flic ? OK… J’ai voulu te tuer mais, j’ai vachement de pognon et tu m’as pas l’air farouche de la corruption.





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Broken and Torn
Recommencer le combat, affûter ma lame pour replonger en moi. Un fantôme se pavane dans son anonymat […] Car dans la ville je meurs à nager dans des yeux, des regards transparents qui me noient à petit feu. La zone est de mépris, la vague est d'indifférence. La foule est un zombie et je vogue à contresens. ∞


   
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Alessandra Ottone
HUMAINS - DISSOLVED VOICES
OSSATURE: : Trente trois ans CONTRAT: : En relation libre, célibataire - tout dépend des jours BESOGNE: : Modèle de nu à la faculté d'arts le jour, chanteuse de jazz dans un bar le soir
FABLE: : Elle connait l'existence de créatures surnaturelles depuis son adolescence. ÉCHINE: : Humaine, chair tendre et insouciance de l'éphémère. GANG: : Lourd passif dans la Mano Rossa. Ayant quitté la sphère depuis dix ans. @EFFIGIE: : Freema Agyeman, Carnavage BAFOUILLES: : 140 PACTE: : 22/04/2017



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Dim 15 Oct - 15:12

Irénée N. Carissi & Alessandra Ottone

Attrape-moi si tu peux


Il hésite, le bougre. Et Alessandra pourrait presque sentir l’impulsion de sa vie défiler devant ses yeux. Le flingue. Son œil froid et meurtrier qui contraint sa tempe. Ça fait cavaler dans sa mémoire une lointaine session d’entraînement de quand elle était môme. Huit ans. Elle avait huit ans, et son père désirait déjà ardemment en faire une meneuse efficace. Et quand on traite d’un sujet dans les affaires, mieux vaut les connaître jusqu’au bout des doigts. Curieusement, le paternel a toujours préféré les lames aux flingues – sûrement parce qu’elles ont goût de trahison et que Nascimbeni est prodigieusement doué en matière de trahison.
Alessandra, elle aime la vie. Elle aime son risque, aussi et cherche probablement à découvrir si elle craint la mort. Ce besoin aliénant de se foutre dans la panade en est la preuve même. Pourquoi t’es là Aly ? Pourquoi tu veux récupérer une putain de bague qui n’aura, de toute manière, aucune utilité pour toi ? La question zèbre sa conscience d’une vive répulsion. Peut-être qu’il est toujours là, ce besoin viscéral. De se sentir sur la pente raide, menacée, car elle ne l’a jamais vraiment quitté – sa sphère amère d’illégalité.

Le titan ne plaisante pas. Le colosse n’aurait pas le moindre remord à la refroidir sur le béton. C’est un tueur impitoyable et elle se demande pour qui il roule. Parce que les gars de sa trempe finissent toujours par rouler pour quelqu’un – à savoir pour quel genre de prédispositions. Drogue, contrefaçon, armes ? Peut-être même que c’est un de ces hommes à lui. Se-dit elle furtivement dans une grimace un peu méprisante. Le silence fait durer le suspense de la décision et Aly reste étrangement docile face au verdict de son adversaire. « Ca ne va absolument pas être agréable » Dans les deux cas, ça ne le sera pas. Alessandra fronce les sourcils, encore peu sûre de la décision. Cela dit, elle doute encore sur l’ordre des évènements. Il n’y aurait pas vraiment d’intérêt à espérer trouver la bague dans un tas de chairs sanguinolent – ça ferait surtout du bruit et ce serait sale. Sale de devoir y plonger les pognes pour retrouver l’objet pas plus grand qu’une pièce. La gorge de la métisse retrouve un semblant de liberté – assez pour qu’elle inspire profondément dans un soulagement pudique. Elle a la gorge sèche, Aly. La pogne se promène dès lors contre ses formes dans le but d’y récupérer son dû. La femelle grogne son mécontentement, le regard torve vissé sur la face attentive et dénuée de concupiscence de celui qui veut la relique. C’est que ça doit être très important pour lui – bien plus qu’elle et son désir un peu bête de posséder quelque chose de magique. Quelque chose de puissant. Au bout de quelques secondes de danse des phalanges dans le repli du tissu, l’homme en extirpe la bague dans une satisfaction triomphante. Là, il pourrait tirer. Quelle importance maintenant qu’il a ce qu’il veut ? Mais le type se redresse et lui intime de rester étendue là et la donzelle guette son expression lorsqu’il glisse l’anneau à son doigt. Perplexe, elle le détaille ostensiblement lorsqu’il écarte les bras comme s’il était en pleine connexion divine – attendrissant dans sa conviction d’être percuté par quelque chose de fort. Aly se redresse sur son séant, prenant un peu de distance dans une gestuelle prudente. Elle ne le quitte pas des yeux – contemple ouvertement la les miettes de désillusion qui s’incrustent au fur et à mesure sur son portrait. Quelque chose cloche. C’est qu’elle s’attendait à le voir tressaillir de la tête aux pieds, jubiler sous l’assaut d’un pouvoir grandiloquent – la silhouette secouée d’éclairs étincelants. La magie est un domaine obscur qui s’avère être spectaculaire, parfois. Mais dans ce cas là. Non.

La gueule se froisse avec fureur, les babines se retroussent dans un sursaut amer. ça ne marche pas hein ? Elle est presque déçue, Aly. Etire une moue dubitative en se gardant bien de sourire face à la déception du titan. Il pourrait très bien lui faire payer à elle pour l’audace du vendeur. Ce connard qui se révèle finalement être encore plus inconscient qu’elle et ses petits larcins. La montagne s’ébranle. Alessandra le fixe. Il se détourne pour longer le rebord du toit, s’y penchant par-dessus comme pour trouver quelqu’un. Il les cherche, elle se doute. C’est l’moment Aly. L’moment d’en profiter pour te carapater. Les laisser soin de régler leurs petites affaires entre eux. Pour une humaine, se retrouver entre une guerre de sorciers – c’est prendre des risques. Et à la fois, c’est tellement grisant. Elle remue la tête au gré de ses incertitudes, finit par lâcher un râle étouffé d’un juron. BAM. Une détonation sèche retentit et la métisse tourne vivement la tête en direction du colosse. Il a tiré. En contrebas, probablement en direction de ses adversaires. T’es sacrément furax, dis. Un frisson ébranle l’échine d’Aly à l’instant même où elle se remet sur ses pieds. Elle recule instinctivement mais capte la charpente massive du type qui voltige vers l’arrière sans crier gare. Ferme les yeux. Ouvre les yeux. Se demande brièvement si c’est en rapport avec ce qu’il lui a fait subir à elle, en l’épinglant sur ce toit quelques minutes auparavant. Casse-toi. CASSE-TOI. Mais elle ne bouge pas Alessandra. Au lieu de ça, elle reste camper à admirer le spectacle qui se déroule sous ses yeux. Le gros bras se rue de nouveau vers le bord – y jette un rapide coup d’œil avant de se retourner vers elle dans un air hébété. Les flics. Il cause des flics qui vont débarquer, lui demande alors de le faire sortir de là pour un paquet de pognon. Alessandra reste muette, son étonnement teinté d’une franche suspicion. « Tu pourrais m’buter comme qui rigole. » Commente-t-elle platement avec scepticisme avant de hausser les épaules avec nonchalance. Il pourrait la tuer maintenant si elle refuse. Il pourrait la tuer plus tard si elle accepte. Elle n’a pas vraiment de marge de manœuvre et la perspective de se retrouver coincer chez les flics est ce qui lui semble être la pire des alternatives. « Suis-moi. » Pas de négociation. Pas de prix. A vrai dire, Alessandra pourrait même lui faire cette fleur – en signe de sa bonne foi. Dans son geste, elle parcourt les alentours du regard – fait décanter dans sa conscience de l’endroit le meilleur chemin pour ne pas être emmerdée. Les toits, c’est une valeur sûre si toutefois on n’est pas maladroit – et si, on ne mesure pas plus du mètre quatre vingt dix. Pour la maladresse, pas de doute – le bougre a bien prouvé qu’il sait se débrouiller mais vu l’envergure – difficile d’espérer passer inaperçu en évoluant en hauteur. Sans parler du poids qui rend l’expérience un peu plus périlleuse. Alors elle analyse succinctement les différents itinéraires possibles – faisant une croix sur tous ceux qui prennent en compte des passages trop étriqués. Après avoir fait le tour d’elle-même, Alessandra désigne le nord et ouvre la voie. Les immeubles imbriqués donnent lieu à toute sorte de décrochements et après avoir arpenté quelques toits assez classiques elle se laisse glisser jusqu’à la terrasse close d’un appartement le temps de traverser jusqu’à l’autre bout. Elle contourne un tricycle pour enfants, enjambe quelques jouets abandonnés en vrac avant d’aviser le mur d’en face. Elle y grimpe sans trop de difficulté, s’assure d’un regard par-dessus son épaule que le titan suit toujours et longe la corniche régulière du prochain bâtiment pour rejoindre une muraille d’antennes. Elle s’y glisse, passe à flanc d’une armoire électrique qui grésille dans un bourdonnement agaçant et poursuit entre les décrochements. Ils s’éloignent petit à petit de la zone de tension. C’est de loin, maintenant, qu’elle voit la lumière bleue et rouge des voitures de police se répercuter sur la blancheur des façades.

Les toits s’enchaînent et de ressemblent jusqu’à ce que la métisse n’arrête son mouvement au niveau d’un velux entrouvert. Elle dresse une main pour intimer au colosse de s’arrêter et s’abaisse pour l’ouvrir en grand, bien assez pour que l’homme à sa suite puisse s’y glisser. Mais le doute subsiste. Elle le guigne avec incertitude avant de se couler par l’encadrement pour atterrir sur un lit. Lit qu’elle connaît bien puisqu’il s’agit du sien. La chambre n’est pas bien grande mais décorée dans un souci de chaleur. Tentures colorées, posters quelque peu psychédéliques ornant les murs, odeur d’encens qui flotte tandis que des guirlandes lumineuses ponctuent ci et là les angles de la piaule. Du fait qu’elle soit sous les toits, Aly peut y circuler aisément en vue de sa petite taille mais l’homme peut s’y tenir debout qu’en son centre. Jetant un voile d’indifférence sur ce dernier, la métisse se dirige vers la commode et plonge une main dans sa godasse pour en ressortir les quelques objets qu’elle a piqué en passant. Une montre, un briquet, un bracelet, un badge qui lui a fait de l’œil sur la veste d’une gonzesse. Elle ne dit rien, ne le regarde pas – ouvre simplement la porte de sa chambre pour entrer dans le salon et sa cuisine ouverte. Parfaitement détendue, elle va jusqu’au frigo, en sort deux bières qu’elle décapsule dans la foulée et vient en poser une sur la table basse à l’intention du colosse. « Tu peux rester un peu si tu veux le temps que ça se tasse. Ils ont sûrement dû fournir ta descriptions aux flics et ça court pas les rues, un mec aussi grand et baraqué avec un regard de tueur. » C’est un constat. Elle prend la peine de le détailler à la lumière du salon, portant le goulot à ses lèvres pour boire une gorgée de sa bière. « Tu t’es fait rouler hein ? Ça marche pas, son truc. » Elle désigne la bague à son doigt d’un geste du museau avant que la porte à côté de celle de la chambre ne s’ouvre sur Matilde – sa colocataire. La grande brune au teint laiteux, bientôt trentenaire non assumée – ne semble pas voir le convive au prime abord. « Hé Aly, je t’ai pas entendu rentrer. J’arrive pas à … » La métisse se place intuitivement entre elle et le colosse – par crainte d’une réaction défensive de ce dernier. « Ah, pardon. J’savais pas que t’étais avec quelqu’un. Salut. » Elle semble un peu gênée, esquisse un geste de politesse au mâle avant de reprendre. « J’suis Matilde, la colloc. » Aly saisit l’étincelle d’espièglerie dans ses calots. Evidemment qu’elle pense à des trucs, Matilde. « Voici... » Court silence. « Sergio. Peintre en bâtiment. On était en train de débattre sur ce bleu plutôt vert. » Glisse Aly en désignant le pan de mur coloré. Elle se fend d’un sourire tandis que Matilde hoche la tête d’un air entendu. « Bon j’retourne dormir, faites comme si j’étais pas là. » Elle se retourne vers sa chambre, se ravise le temps de croiser les mirettes du titan. « Enchantée de faire ta connaissance Sergio. » Elle disparaît derrière la porte et Alessandra sent une certaine tension lui nouer les épaules. Et si c’était un pourri. Et si il voulait la truffer de plomb. Et si Matilde se faisait truffer de plomb par sa faute à elle ?    

             
AVENGEDINCHAINS

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Trompe moi une fois honte à toi [...] ft Alessandra
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