Not a Drop to Drink ft Kaniz

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RUN WITH THE MOON

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conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : 37 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibâtard-HomicidoPresqueInvolontairement-Veuf - (Re)marié aux vins et spiritueux de la supérette discount du coin [titre de mon champ]: BESOGNE: : Fabricant et dealer d'une drogue dure commercialisée par la Nostra Regno - ah, ces sponsors du crime [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCHINE: : Sorcier pur, suprême déchu mordu par la fourbe lupine [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Je crève dans mon dedans actuellement, j'ai les pouvoirs d'un gosse de 15 ans et les capacités irrégulières de ces gens en proie à une dualité interne. Mais j'ai un Beretta 92 FS et je sais viser. [titre de mon champ]: GANG: : Je collabore avec la NR pour qu'elle assure ma protection - et quand je dis collabore, je veux dire que je travaille pour eux - mais je ne suis membre d'aucun coven, d'aucune meute et je n'ai prêté allégeance à personne - faut pas déconner non plus [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Jason Momoa © Sign code by 2981 12289 0 © Gifs by Varri <3 [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 2373 [titre de mon champ]: PACTE: : 06/06/2017



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Sujet: Not a Drop to Drink ft Kaniz   Dim 9 Juil - 0:46
NOT A DROP TO DRINK
Kaniz & Irénée
Un verre.
Deux verres.
Trois. Puis une bouteille entière. Encore une. Je m’appuie sur la porte de mon frigo qui grince sous le poids de mon corps. Il bascule un peu mais ne se renverse pas. Ou c’est moi qui tangue. Tout ça n’a aucune foutue importance. Je me penche à l’intérieur. Il est vide. Ou presque. On n’y trouve qu’un pot de sauce marocaine à moitié vide, une bouteille d’eau gazeuse même pas ouverte, un fruit dont la fraicheur est discutable et des bières, la base de mon alimentation de table. Mais ce n’est pas ça, que je veux boire. Parce que j’estime qu’il y a un degré d’alcool pour tous les maux. L’alcool, c’est la meilleure médecine au monde me souffle une fois nasillarde dans un coin de mon crâne. Il me semble la reconnaître. Il me semble que c’est la mienne. Celle que j’avais à l’adolescence quand mon nez était complètement bouché par la cocaïne. Plein de poudre. Je souris doucement en repensant à cette insouciance. A cette normalité que j’avais touché des doigts, bien qu’emplie d’une violence tyrannique à l’encontre de ceux qui ne me ressemblaient pas ; à la liberté relative que je pouvais ressentir chaque fois que je rentrais dans la réserve et le lâché prise incontestable que j’avais chaque fois que je frappais sur un same. Mais tout ça c’est finit. Maintenant t’es seul. T’es à Rome. Et y a Varri qui habite à quelques kilomètres de chez toi…. Tu penses qu’elle est morte ?

Je me masse une tempe en me reculant brusquement, frapper par cette interrogation, un flash de couleur vive percutant mes paupières – j’ai du trop fixer la lumière de mon frigidaire. Je titube maladroitement pris d’un haut le cœur assez intense pour parier que je vais vomir… Je m’arrête, agripper au dossier de mon canapé… La bouche pâteuse, la gorge brûlante de bile, de la sueur perlant sur mes tempes… Mais, cinq longues et douloureuses minutes après, rien ne se passe. Je peux continuer ma quête de plus. Si je veux me saouler encore, si je veux oublier qui je suis, ce que je suis, il va falloir que je fasse les choses en grand. A la vue de mes problèmes, me faudrait de l’eau de vie. De l’alcool à 90 à m’envoyer dans le gosier… De l’eau de Cologne. Cela dit, je peux aussi très bien aller à la superette du coin pour me prendre deux nouvelles bouteilles de whisky. 40° je trouve que c’est un bon chiffre quand on a pas de suite envie de se flinguer l’œsophage ou d’avoir un cancer du foie la semaine suivante – quoi que, ça a des cancers, les loups ? Je reste figé devant ma porte d’entrée, la main sur la poignée, à me poser cette question stupide. Mon esprit embrumé me renvoie à d’autres questions, toutes du même acabit, inintéressantes au possible, jusqu’à me faire oublier, complètement, pourquoi je réfléchis aussi intensément depuis près de 30 minutes.

Une cigarette entre les lèvres, éteinte, la démarche vaporeuse de ceux qui ne sont pas en état de conduire, je m’avance dans les rues de Rome - Rome la putain comme dirait l’autre. La supérette que je fréquente habituellement est fermée. Je n’avais pas remarqué qu’il était si tard… Alors je erre, encore, jusqu’au centre qui me semble plus vivant que l’Est. Et plus bruyant, aussi. Et plus emmerdant dans le fond. Chaque rire. Chaque œillade. Chaque bousculade. Me donne l’impulsive envie d’éclater, à mains nues, la tête de quelqu’un contre un mur. N’importe qui. Ronger par une brutalité intrinsèque puis trafiquée, en mutation animale et bestiale… Je pourrais tuer pour rien. Comme on tue pour des idées. Comme on tue pour de l’argent. Je m’arrête devant Margherita ; l’une des seules enseigne qui a la devanture allumée à cette heure. Je rentre pour me promener devant les rayons. D’abord de rien… Ensuite de tout. J’empoigne les deux bouteilles que je convoite avant de remonter l’allée jusqu’à la caisse. Le jeune homme derrière sa machine bipe les articles en me jetant des coups d’œil sceptiques. Ou apeurés. Je ne saurais pas faire la différence. Mais le reflet que me renvoie le miroir à la gauche de sa caisse – le mien, celui d’un homme déjà bien entamé, débrailler, hirsute avec des cernes noirs – me convainc qu’il doit sacrément flipper. Je ne vais pas te braquer.

Et je paie.
Et je sors.
Et tout ça, sans le braquer.

En rerentrant, je fais une escale sur les bords du Tibre. Un des bancs, le genre classique, en bois vert, me pousse à aller m’asseoir pour regarder le fleuve, en contrebas. Je suis peut-être un peu fatigué. J’ai peut-être assez bu, finalement. Quelques péniches y sont amarrées. Une brise plus fraiche qu’en ville vient me coller des frissons. J’aurais du prendre ma veste. Je me détourne de trois quart pour loucher sur le contenu des bouteilles de whisky bon marché, au verre verdâtre donnant au liquide une couleur de poison. Une dernière. Pour la route. Pour me tenir chaud. Pour endiguer le loup. Je porte la bouteille à mes lèvres, en bois une gorgée brûlante. Puis je descends le contenu, sans siller, en moins de temps qu’il faut à un gosse pour finir sa purée. C’est lorsque je me relève, visiblement pas mal amoché, que je prends conscience que c’est chez moi, que j’aurais du la boire, cette connasse de dernière lampé. La terre fait plus que bouger. Elle tremble. Se retourne, virevolte. M’assure que si j’ose me coucher je me noierais dans ma bile ambrée. Je manque de m’écrouler. Me rattrape au bord du pont. L’eau et son étendue ténébreuse me donne la nausée. Me donne l’irrépressible envie de m’y pencher. Qu’est ce que tu racontes… La suicide n’est pas la seule option. Quitte à crever, autant le faire avec panache ! J’essaie de m’en aller. De faire demi-tour… Mais d’une façon complètement inexplicable je perds complètement l’équilibre. Je ne comprends pas comment… Ni pourquoi… si j’avais l’esprit plus clair peut-être... Là j’ai juste la sensation que le sol se dérobe sous mes pieds et que la seule solution que j’ai pour me rattraper c’est de me coller au mur derrière moi… Sauf que derrière il n’y a pas le mur. Il n’y a que le Tibre. Je vais mourir. Saoul. Avec le vague souvenir d’avoir vécu. Mais sans le souvenir de comment j’ai claqué.

L’atterrissage est glacial… Malgré les températures estivales. Il me claque tout le fond du dos et je passe à moins d’un mètre d’un rebord vraiment menaçant. Dans les premières secondes – entre la surprise, la douleur et l’alcool – je ne bouge pas… Or, les suivantes, je me débats comme un dingue pour sortir la tête de ce béton liquide qui me pousse vers ses profondeurs. Je bats des jambes, des mains en des gestes parfaitement désordonnés. J’ai l’impression d’aller vite mais, le spiritueux brouille la plupart de mes perceptions. J’arrive cependant – après des heures me semble-t-il alors que ça ne doit faire que deux minutes – à m’accrocher à l’une des péniches. Elle me maintient à la surface, le temps que je reprenne mes esprits. J’attends, patiemment, que mon palpitant arrête de tambouriner et m’applique à trouver une espèce d’échelle qui pourrait m’amener sur le pont. Je dois faire quelques pas sur ce dernier pour m’apercevoir que j’ai paumé une chaussure et que j’ai les reins en compote. Je soulève mon débardeur, tente de regarder l’étendu physique des dégâts. Je vais avoir un méga hématome me dis-je en m’avançant péniblement vers une porte. Elle est fermée. Je peste. Force un peu sur la poignée, donne un coup d’épaule brutal sur l’un des côtés. Elle me cède. En même temps, elle n’est pas bien épaisse.



acidbrain

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