D'horreur en aurore.

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Feng Xhiao
HUMAINS - DISSOLVED VOICES
OSSATURE: : Les années passent, la carcasse trépasse et le psyché s'enlasse. Ses pieds labourent le sang et la chair du monde depuis trente-cinq ans. CONTRAT: : La solitude est une fière amie qui ne saurait trahir. Puisque s'effeuiller devant un autre révelerait la mascarade et ferrait sûrement tomber sa propre tête. BESOGNE: : Capitaine au Mano Rossa, là où les circéennes sont écartées et dénigrées. Pas le choix pour le dragon d'enfiler le costume du sexe opposé, dupant chaque jour, ceux à qui elle a durement prêté serment.
FABLE: : Sait à propos du surnaturel et porte une haine sans faille envers les créature. GANG: : Mano Rossa. @EFFIGIE: : persephone - frimelda BAFOUILLES: : 324 PACTE: : 12/06/2017



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Mer 12 Juil - 18:42
Calme affolant. De ces silences sacrés que l'on chérissait au sein des églises, de cette atmosphère dont le mutisme régnait sans gêne. Et là, inerte, à écumer la marée aux macchabées, l'enfant de chine. Orpheline inédite s'offrant encore le luxe d'enlacer les défunts parents. Enfin, des morceaux de dépouilles débagouler ou négligé par l'appétit fugace. Tout comme elle. L'animal semblait avoir été repus avant qu'elle ne puisse passer sous ses crocs. Ses géniteurs en guise de plat de résistance pour ce pourpre festin de roi. Peut-être qu'elle n'avait pas été à son goût. Pas assez en chair, pas suffisamment délectable, trop menue. A ses yeux pillards, Feng n'avait été surement qu'une carcasse ambulante sans le moindre intérêt. Aucun plaisir à en tirer d'une proie dont l'ossature était plus imposante que les fibres musculaires qui l'enveloppaient. Un simple cure-dent. Pourtant la bête eut la perfide politesse de la goûter avant de donner son avis, tels ces chérubins attablés que l'on somme d'au moins faire l'effort d'estimer du bout des lèvres la nourriture avant de recracher. Ainsi, elle n'était que l'inestimable rejet de l'enfant gâté. Celui qui s'illustrait par l'écorchure de sa poitrine à la fleur de l'âge. Sauf qu'au sein des profondeurs, Feng n'en devinait pas le miracle. Elle n'en percevait seulement la destruction et la désolation. Pendant combien de temps avait-elle pleuré ? A agoniser de cette perte brutale ? A hurler gorge déployée, jusqu'à s'en éreinter le gosier ? A dégueuler l'hymne du chagrin ? Le terme temporel était devenu une notion épsilonesque dont les grains de sable se confondaient tous dans le sablier. Elle ne savait plus Feng. Mais ce qu'elle savait, c'était qu'elle désirait oublier. Clore ses paupières purpurines et s'abandonner au néant.

Mais un éclair de lucidité assaillit ses membres, l'extirpant de sa baignade funèbre. Le corps poussé par un ultime soupir de volonté jusqu'à la pièce la plus proche. La salle de bain. Il y a ce reflet fantasmagorique qu'arbore les miroirs, aux allures désorientés, effrayé de sa propre personne. Joues baignées de gouaches d'hémoglobines et d'eau salée, Feng peinait à affronter les autres parcelles de sa figure souillée. Entrevoir ce que gardait en cage les abysses de ses prunelles, donnerait probablement un aperçu du ravage psychique. L'affrontement demeurait encore prématurité, non prête à plonger dans cet océan de perdition. Malheureuse rescapée de ce naufrage putride. Trouvant finalement les bandes de tissus qui n'avaient auparavant nulle autre fonction que d'envelopper ses poings de combattante, ce fut d'un geste machinal qu'elle fit glisser le lin sur sa manucure dégoulinant de carmin. Son propre sang allait barioler l'immaculé cotonneux. Alors qu'il fut un temps où seuls ses adversaires y laissaient leurs traces sous ses coups cuisants. A présent, elle était réduite à masquer les marques d'un autre, à imbiber les parcelles meurtries. Emprunte démoniaque sur l'innocence de sa pulpe. Ainsi, s'entrechoquaient ses phalanges prises de tressaillement névrotiques, s'esquintait le doigté tandis qu'il tentait de panser la plaie d'une précision floue. Et alors que l'adrénaline semblait éponger toute souffrance, l'adolescente se fit violence à étouffer le chagrin croissant qui battait en ses tempes. Un sanglot ne pouvait se permettre de jaillir de son gosier ébranlé. Le moindre bruit était synonyme de trahison. L'abomination pouvait revenir sur ses pas et achever son tableau aux nuances égorgées. Et le torse désormais rafistolé de cette armature superflue, Feng enfila un de ces gros pull sombres que sa tendre mère à la minutieuse prévoyance avait emporté, même en ce temps estival. Et Feng ne goûtera plus à ce souffle maternel. Plus jamais.

Elle devait partir afin de s'échapper des échos barbares qu'abritaient cette maison aux façades si lisses, au coeur désormais si sombres, comblés de ténèbres. Abandonnant cette scène sanguinolente à l'image glacée d'un nouveau tombeau. Pas de prières, pas d'adieux. L'enfant était pourprin peinte, le corps en guise de toile vierge, le mal s'étant adonné à l'art de la sauvagerie, dont l'essence la plus vive en était la matière première. Corps charcuté, damage collatérale minime face à la boucherie de son âme. Le néant rencontrait le chamboulement, elle n'était plus qu'un débâcle vide. Les restes d'un champs de bataille en guise d'entrailles où les tranchées débordaient du sang de ses sentiments soldats. Des sillons sanguins teintant des terres brûlées. Feng avait mal et en même temps, le goût du rien survolait son être. Mandibule relevée, face pointant un ciel luné, ses pieds nus foulaient la pierre des escaliers extérieurs. Telle une âme errante, elle se laissa porter par l'effluve de la nuit, jusqu'à atteindre l'entrée glorieuse de la résidence. La chaleur du sang avait le don de couvrir sa peau bridée par la fraîcheur nocturne. Et sans la moindre œillade envers ce qui n'était plus que trépas, le jeune dragon dévala les ruelles italiennes, jusqu'à ce que sa propre carcasse succombe à l'appel du sommeil infini.



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   Brutalité Réelle de la brutale réalité.
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Giacomo Fibonacci
LYCANS - HOWL TO THE MOON
OSSATURE: : 49 s'étiole au faciès marbré de l'ancien. fissures notées au masque pourrissant d'un carnaval passé. CONTRAT: : divorce notifié. le myocarde cogne de noces nouvelles, l'attrait retrouvé, les bacchanales mortuaires pour un noctule enivrant. BESOGNE: : inspecteur, police criminelle. le canon logé à la paume, le sang en rigole sur la parure et les lippes. traque de la fourberie humaine. paluches plongées à la fange, aux cercles infernaux. moissonneur de pécheurs. crocs aux cuisseaux.
ÉCORCE: : 147, vie de moitié incisée. tombeau encore éloigné. ÉCHINE: : lupus sous l'échine du mensonge. monstre au revers du costume. l'humain est un pyjama, une erreur, le voile d'une stupeur cannibale. GANG: : nostro regno. paluches à la poudre séquestrée. paquets revendus au contrat malsain des trafiquants. picaille prospère. orbes clos aux transactions. @EFFIGIE: : MIKKELSEN (ΛLDEBΛRΛN, ZIGGY STARDUST) BAFOUILLES: : 4203 PACTE: : 14/12/2016



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Dim 23 Juil - 19:22
(FLASHBACK) Giacomo a fui Rome. Virée de quelques jours entre camarades. Mensonge tissé à l'oreille de Maria. Epouse qu'il ne saurait emmener à ses balades noires. Contrainte du terrifiant geignant à l'intérieur, s'éveillant à la nébuleuse pale. La bouche est cousue. Nécessité de préserver la vérité. Mariage qui s'étiolerait à la véracité dénoncée. Du peu d'âmes à qui il a avoué, le désarroi s'est infiltré à leurs vaisseaux, manquant l'asphyxie de quelques uns. Panique mécanique d'une cervelle humaine non prête à l'acceptation de l'autre. Carte entre les doigts. Papier marqué à divers endroits, rayé pour ces présences passées. Voila un village pleurant ses derniers habitants. Vacances pour la plupart. Déménagement pour les autres. Campagne délaissée, abandonnée au lichen grignotant la pierre, s'infiltrant à chaque crevasse architecturale. L'espoir d'y trouver une ancienne cave se meurt rapidement. Rien pour retenir le fauve. Chaines qu'il a déjà tentées. Cerbère s'enfuit toujours, rejoint une Perséphone rieuse.

Lunaire clarté.
S'éveillent les lucifériens.

Souffle mortuaire. La Bête est lâchée à l'appât de la chair, à la voracité geignant entre les entrailles remuées. Animal. Homme. Infâme. L'opale pleine de ses méfaits darde les enfants ayant revêtus leur apparence véritable. Charnelle miséricorde de ces monstres bâtis sur l'humain, se tenant sur leur postérieures. Annonce de la terreur. Hurlements au loin. Prévention du malheur. Mise en garde d'une atrocité cavalant à vive allure. C'est le battement furieux de leur vie qui attire, c'est l'odeur, cet amas de chair. Carne que devient l'humain. Les griffes déchirent le bois de la porte, signent la marque d'un territoire. Son gain du soir. De Giacomo, il n'en est plus question, n'existe plus. Ce n'est que l'affreux guidé par ses instincts premiers. Faim et débauche. Le pas est lourd sur le plancher, fait grincer la maison d'une présence non désirée. Babines retroussées, nasaux ouverts, l'animal se pourlèche d'un festin qu'il sait tout proche. Chasse. Au salon, il est l'ombre étendue sur le sol, la curiosité dont le père se moque, pensant à la présence de sa femme. Une bouchée seulement. Un coup de paluche à la gorge. Le sang éructe, inscrit quelques tâches démoniaques aux murs de pierre. Pas le temps d'hurler, de mettre en garde. L'animal dévore, plonge museau et dents à la chair sanguinolent. Visage retenant son intérêt.  
Chambre.  
Etage.  

L'escalier souffle d'un poids volumineux. Bête sur ses quatre pattes, entamant l'ascension d'un festin royal. Mansarde parentale. Les griffes éventrent, se taillent un chemin à la tripaille fumante. Contenant du corps qu'il déloge avec fureur, semble creuser la mort, dénoyauter la femme devenue vulgaire poupée de chair.  Quelques plaintes, souffles maladroits d'une vie s'évaporant. L'animal s'étire au dessus du corps, semble entamer un ballet vicié. Festin charnel d'une association démoniaque. Le sac de chair est abandonné. Porte grinçante. Dernier humain de la maisonnée. Un marmot se tient au devant, figure que le loup renifle, semble jauger. Du geste entrepris par l'enfant, c'est une menace qu'il perçoit. Attaque. Les serres griffonnent la chair, entament et marquent.  

Cavale cerbère au delà de la demeure.

Opale déclinant à l'arrivée du solaire. La fourrure s'étiole, les os se rétractent, se reforment, entament la métamorphose inversée de l'humain reprenant ses droits sur le loup. Chair mâchurée de boue, sang, foutre. Le réveil est ordinaire à d'autres, à ces obscurités de perdition où l'esprit est muselé derrière l'instinct. Corps charogne. La nuit a strié ses méfaits, entamé les fibres de multiples contusions, plaies en cours de cicatrisation. Le sang est un écrin, un habit d'empereur. Toge purpurine de l'abattoir nocturne. Giacomo peine à se relever. Membres tremblants, semblant atrophiés face à la dimension des pattes hier lupines. L'œil hagard accroche la bâtisse. Cœur du shéol dans lequel il ose s'engouffrer. Tissus qu'il dérobe à la penderie, revêt les fripes des malheureux. Carnage qu'il ne réalise pas encore, peut être jamais. C'est l'odeur qui chatouille les narines. Pestilence de la mort. Chantier déjà en cours, de ces artisans œuvrant à la putréfaction. Il ne se souvient pas, mais il voit. Charnier. De l'homme, il n'en reste que des morceaux, quelques gravillons de chair. Responsable. Il sait, mais ne se souvient pas. Giacomo s'éloigne, fuit, court à contre-courant de ses responsabilités.  

Poches de la veste dans lesquelles il encastre ses mains, espère y calmer le tremblement. Découverte terrible. Papier qu'il froisse entre ses doigts, reconnaît la texture, craint d'y découvrir le visage des massacrés. Homme, femme. Et enfant.  Fuite en avant. Photographie abandonnée à la vie calcinée. Il rejoint l'ailleurs, tente la sortie d’un enfer boueux. Odeurs narguant les narines, attisant le loup encore éveillé. Carcasse. Peur. D’instinct il se dirige, cherche, fouille d’un regard inquiet. Corps malingre étendu sur le sol. Boule recroquevillée à la survie. Le visage est barbouillé de sang, le corps constitué de quelques écorchures. Poupée des pays de l’ailleurs. Il refuse de nommer l’identité, de faire la jonction avec la photographie. “Hé! Faut pas dormir ici.” Epaule qu’il malmène, cherche l’éveil. En vain. Sans comprendre, ni savoir, il chausse la gosse entre ses bras. Marmot souillé qu’il ramène auprès du véhicule, installe à la banquette arrière, inspire profondément à l’idée du sang sur le cuir. Trousse de soins qu’il cherche au coffre…

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REMUER LES MORTS
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