D'horreur en aurore.

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ESSENCE OF CHAOS

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conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : Les années passent, la carcasse trépasse et le psyché s'enlasse. Ses pieds labourent le sang et la chair du monde depuis trente-cinq ans. [titre de mon champ]: CONTRAT: : La solitude est une fière amie qui ne saurait trahir. Puisque s'effeuiller devant un autre révelerait la mascarade et ferrait sûrement tomber sa propre tête. [titre de mon champ]: BESOGNE: : Capitaine au Mano Rossa, là où les circéennes sont écartées et dénigrées. Pas le choix pour le dragon d'enfiler le costume du sexe opposé, dupant chaque jour, ceux à qui elle a durement prêté serment. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : Sait à propos du surnaturel et porte une haine sans faille envers les créature. [titre de mon champ]: GANG: : Mano Rossa. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Tumblr & Nemo (margouille ♥) [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 156 [titre de mon champ]: PACTE: : 12/06/2017



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Sujet: D'horreur en aurore.   Mer 12 Juil 2017 - 18:42
Calme affolant. De ces silences sacrés que l'on chérissait au sein des églises, de cette atmosphère dont le mutisme régnait sans gêne. Et là, inerte, à écumer la marée aux macchabées, l'enfant de chine. Orpheline inédite s'offrant encore le luxe d'enlacer les défunts parents. Enfin, des morceaux de dépouilles débagouler ou négligé par l'appétit fugace. Tout comme elle. L'animal semblait avoir été repus avant qu'elle ne puisse passer sous ses crocs. Ses géniteurs en guise de plat de résistance pour ce pourpre festin de roi. Peut-être qu'elle n'avait pas été à son goût. Pas assez en chair, pas suffisamment délectable, trop menue. A ses yeux pillards, Feng n'avait été surement qu'une carcasse ambulante sans le moindre intérêt. Aucun plaisir à en tirer d'une proie dont l'ossature était plus imposante que les fibres musculaires qui l'enveloppaient. Un simple cure-dent. Pourtant la bête eut la perfide politesse de la goûter avant de donner son avis, tels ces chérubins attablés que l'on somme d'au moins faire l'effort d'estimer du bout des lèvres la nourriture avant de recracher. Ainsi, elle n'était que l'inestimable rejet de l'enfant gâté. Celui qui s'illustrait par l'écorchure de sa poitrine à la fleur de l'âge. Sauf qu'au sein des profondeurs, Feng n'en devinait pas le miracle. Elle n'en percevait seulement la destruction et la désolation. Pendant combien de temps avait-elle pleuré ? A agoniser de cette perte brutale ? A hurler gorge déployée, jusqu'à s'en éreinter le gosier ? A dégueuler l'hymne du chagrin ? Le terme temporel était devenu une notion épsilonesque dont les grains de sable se confondaient tous dans le sablier. Elle ne savait plus Feng. Mais ce qu'elle savait, c'était qu'elle désirait oublier. Clore ses paupières purpurines et s'abandonner au néant.

Mais un éclair de lucidité assaillit ses membres, l'extirpant de sa baignade funèbre. Le corps poussé par un ultime soupir de volonté jusqu'à la pièce la plus proche. La salle de bain. Il y a ce reflet fantasmagorique qu'arbore les miroirs, aux allures désorientés, effrayé de sa propre personne. Joues baignées de gouaches d'hémoglobines et d'eau salée, Feng peinait à affronter les autres parcelles de sa figure souillée. Entrevoir ce que gardait en cage les abysses de ses prunelles, donnerait probablement un aperçu du ravage psychique. L'affrontement demeurait encore prématurité, non prête à plonger dans cet océan de perdition. Malheureuse rescapée de ce naufrage putride. Trouvant finalement les bandes de tissus qui n'avaient auparavant nulle autre fonction que d'envelopper ses poings de combattante, ce fut d'un geste machinal qu'elle fit glisser le lin sur sa manucure dégoulinant de carmin. Son propre sang allait barioler l'immaculé cotonneux. Alors qu'il fut un temps où seuls ses adversaires y laissaient leurs traces sous ses coups cuisants. A présent, elle était réduite à masquer les marques d'un autre, à imbiber les parcelles meurtries. Emprunte démoniaque sur l'innocence de sa pulpe. Ainsi, s'entrechoquaient ses phalanges prises de tressaillement névrotiques, s'esquintait le doigté tandis qu'il tentait de panser la plaie d'une précision floue. Et alors que l'adrénaline semblait éponger toute souffrance, l'adolescente se fit violence à étouffer le chagrin croissant qui battait en ses tempes. Un sanglot ne pouvait se permettre de jaillir de son gosier ébranlé. Le moindre bruit était synonyme de trahison. L'abomination pouvait revenir sur ses pas et achever son tableau aux nuances égorgées. Et le torse désormais rafistolé de cette armature superflue, Feng enfila un de ces gros pull sombres que sa tendre mère à la minutieuse prévoyance avait emporté, même en ce temps estival. Et Feng ne goûtera plus à ce souffle maternel. Plus jamais.

Elle devait partir afin de s'échapper des échos barbares qu'abritaient cette maison aux façades si lisses, au coeur désormais si sombres, comblés de ténèbres. Abandonnant cette scène sanguinolente à l'image glacée d'un nouveau tombeau. Pas de prières, pas d'adieux. L'enfant était pourprin peinte, le corps en guise de toile vierge, le mal s'étant adonné à l'art de la sauvagerie, dont l'essence la plus vive en était la matière première. Corps charcuté, damage collatérale minime face à la boucherie de son âme. Le néant rencontrait le chamboulement, elle n'était plus qu'un débâcle vide. Les restes d'un champs de bataille en guise d'entrailles où les tranchées débordaient du sang de ses sentiments soldats. Des sillons sanguins teintant des terres brûlées. Feng avait mal et en même temps, le goût du rien survolait son être. Mandibule relevée, face pointant un ciel luné, ses pieds nus foulaient la pierre des escaliers extérieurs. Telle une âme errante, elle se laissa porter par l'effluve de la nuit, jusqu'à atteindre l'entrée glorieuse de la résidence. La chaleur du sang avait le don de couvrir sa peau bridée par la fraîcheur nocturne. Et sans la moindre œillade envers ce qui n'était plus que trépas, le jeune dragon dévala les ruelles italiennes, jusqu'à ce que sa propre carcasse succombe à l'appel du sommeil infini.



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DE PROIE A NARQUOIS

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