Claustrophobia

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conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : 36 ans [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibataire [titre de mon champ]: BESOGNE: : Officier de police [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé des gens. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation. [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Clairvoyance. Varri peut voir les souvenirs des autres. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Charlize Theron, lux aeterna, alas [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 1979 [titre de mon champ]: PACTE: : 04/01/2017



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Sujet: Claustrophobia   Dim 16 Juil - 23:11


Claustrophobia
Belphegore Fornese & Varri Bjurman


Le temps. Variable inconnue entre ces murs froids et sinistres. Une goutte d’eau s’écrase avec une régularité qui maintient Varri éveillée. Elle fixe le plafond, se heurte au silence troublant qui règne dans sa caboche.
Battement de paupières nonchalant, engluement permanent des sens et de la psyché. Ces médocs vont la rendre folle. Si je ne le suis pas déjà.
Depuis combien de temps est-elle là ? Des jours ? Des semaines ? Des mois ? A l’asile, coincée dans cette pièce de six mètres carré sans fenêtre, avec comme seule variation l’ouverture grinçante de la trappe quand on lui donne sa gamelle. Bouffe insipide. Et le gobelet blanc en carton qui contient ses médicaments. Hérésie. Puis y a la lumière artificielle de sa cellule qui s’éteint. S’allume. S’éteint. Fait vriller l’encéphale dans un train-train asphyxiant.
Qu’il est gerbant, ce tête à tête avec elle-même – sempiternel cheminement de pensées qu’elle ressasse inévitablement. Qu’est ce qu’il s’est passé ce jour là ? Qu’est ce que son crâne a essayé de lui faire croire ? Blondie n’en peut plus des questions sans réponse. De ce mystère qu’elle est devenue pour elle-même. Et le silence. Il l’angoisse. Elle ne distingue plus rien car elle ne voit personne. Et elle se sent terriblement à l’étroit dans esprit. Claustrophobe.
La blonde se renverse sur le côté, repliant ses jambes contre son buste, étouffant un cri dans son oreiller. Ici, tout est sommaire. Lugubre. Il n’y a qu’à voir la façade de l’hôpital psychiatrique, figé dans un temps ancien pour se douter qu’il est difficile d’en ressortir un jour. Du moins, pas avec sa dignité intacte. Et la voilà dans une cellule individuelle, coupée des autres patients depuis qu’elle a mis le pied dans l’établissement. Et elle n’a vu personne. Et sa caboche crie famine. Alors que tout ce qu’elle voulait au départ, c’était que les visions s’arrêtent.

Pathétique. Qu’elle songe d’elle, recroquevillée. Elle se tourne à droite, puis à gauche, fait chavirer ses yeux sur une énième imperfection du décor qu’elle remarque. Elle trouve la force de s’arracher au lit, paumes embrassant le sol pour mieux s’y couler de sa charpente affaiblie. Sillons légers qu’elle lorgne d’une œillade attentive, guidant le bout de ses doigts sur leurs empreintes. Des ongles.
L’uniforme sale et difforme bruisse quand Varri s’assied en tailleur pour guigner les toilettes à l’angle de la pièce. Elle cherche une échappatoire. Quelque chose qui puisse occuper ses méninges pour que la folie de l’isolement ne lui grignote pas le cerveau. Elle se prend la tête dans les mains, se dit qu’ils la retiendront là parce qu’elle a commis un homicide sur le territoire italien. Et que personne ne pourra rien y faire là-bas. Qu’elle est coincée et qu’elle ne reverra peut-être jamais son pays.
Sapmi.
Blondie ferme les paupières, essaie de s’imaginer l’étendue enneigée des terres lapones. Essaie d’inventer ce qu’elle pourrait entrevoir à travers les yeux de quelqu’un. Mais ses souvenirs viennent bien vite entacher l’imaginaire mirifique. Les deux billes émeraude de sa mère sont fixées sur elle, à travers la fumée qui danse devant leurs yeux et Varri sent son cœur se serrer.

Elle la hante. Depuis toujours. Comme une culpabilité chevillée au corps.

Yeux clos, Varri s’humecte les lèvres – penche son museau vers l’avant et daigne faire vibrer ses cordes vocales pour fredonner dans un murmure. Le bruit de sa propre voix lui fait drôle. Finalement, c’est à elle qu’elle devrait parler pour ne pas perdre la boule. Pour s’accrocher à un semblant de sociabilité qui pourrait la maintenir là – dans le réel, et non pas dans l’arantèle d’un délire qui se ferait quotidien. Le chant traditionnel. Bien longtemps qu’elle ne l’a pas entendu. Et pourtant, elle s’en souvient, après toutes ces années.

Le raclement métallique de la trappe qui s’ouvre ébranle la blonde. Le temps pour elle de voir la main gantée lui glisser le gobelet en carton que voilà déjà que les phalanges se retirent pour la laisser seule face à sa mort lente.
Elle se lève lentement, la mine froissée par une soudaine envie d’insurrection. Qu’ils aillent tous se faire foutre. Varri attrape le gobelet et vide avec rage le contenu dans les toilettes avant de tirer la chasse, embrassant d’un regard admiratif le temps de quelques secondes les cachets qui tourbillonnent. Saisie par un élan de vindicte, tout un tas de pensées lui vient en tête. Et si elle bouchait le trou des chiottes et qu’elle tirait la chasse autant que la lumière s’allume et s’éteint. Histoire de voir, s’ils pourraient la laisser se créer sa petite piscine d’intérieur. Et qu’elle crève noyée.        

 
Codage par Emi Burton

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