Rêve Céruléen ft Varri ▲ Terminé

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Rêve Céruléen ft Varri ▲ Terminé - Dim 30 Juil - 21:33
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lycans
lycans


EFFIGIE : Jason Momoa
BAFOUILLES : 8439
PACTE : 06/06/2017


OSSATURE : 38 ans
CONTRAT : C'est compliqué / Varribataire - c'est comme être en couple sauf qu'on se l'avoue pas / Polygamie non assumée avec les vins et les spiritueux de la supérette discount du coin
BESOGNE : Sentinelle, chimiste et auto-capitaine pour le compte de la Nostro Regno
ÉCHINE : Suprématie anéantie - Lupin
PRESTIGE : Sens accrus - Plus agile, plus fort, plus rapide que le commun des mortels, mais pas que le commun des surnaturels - Régénération - Rage, impulsivité, agressivité CHECK - Capacité à péter les plombs en un temps record, CHECK - Instincts primaires enclenchés CHECK - Titiller l'bestiaux : NON CONSEILLE
GANG : Nostro Regno
CREDIT : Sign code by Solosland © Gifs by Varri <3 & QCEENMERAS
Rêve Céruléen
Varri & Irénée
J’ai la tête tellement lourde, comme si on m’avait refiler une trop forte dose de médocs. J’essaie de tendre la main. Intercepter quelqu’un. Impossible. Mon bras est immobilisé par une gouttière en plastique et par une intraveineuse plantée au creux de mon coude. Je ne suis pas malade, me dis-je en m’apercevant d’un bandage qui dissimulé mon poignet gauche. Je remue les doigts. Je n’ai rien de cassé. Tout ça est juste ankylosé. Ca me rappelle l’une des périodes les moins glorieuses de ma vie. – Il est mort, balbutie une voix juste à côté de mon oreille. Que je comprends, bizarrement. – Il est mort on peut descendre le corps. Mais je ne suis pas mort. Je prends une profonde inspiration, toujours incapable de parler et de bouger. En Suède. Le lit sur lequel je suis allongé bouge. Je suis en Suède et cette fois, je ne me suis pas raté.

Réveil.
Réveille-toi.
DEBOUT !


Je sursaute dans mes draps. Dans mon lit. Le vrai. En Italie. Une main contre mon cœur, qui tambourine si fort qu’il en fait vibrer mon corps, l’autre enfoncée dans mon matelas. Je rêvais. Je soupire en décalant légèrement mon visage de côté, manière d’avoir la visibilité sur l’heure numérique de mon réveil. 03:15. Je soupire. Me dégage les jambes des couvertures. Râle. Attends. Je me tourne. Inspecte la place vide à côté de moi. Là où il devrait y avoir Skuld. Mais c'est froid. Même pas tiède. Juste froid comme si elle n'avait jamais été là. L’odeur de vresros a quitté l’appartement. Elle est partie, me dis-je avec résignation. Tristesse. Et j’en suis convaincu. Je suis presque sûr que, si je me lève, que je vais dans le salon, je trouverais quelque part – peut-être accroché à la porte – un mot portant son écriture où elle m’annoncerait son départ. Je pourrais presque le voir… Si je fermais les yeux.

Je fronce les sourcils. Me lève d’un bond. C'est avec une certaine surprise que je constate que je suis nu. Pas que ça ne m'est jamais arrivé ou que je sois très pudique mais… Nu. Je ne dors plus nu depuis que Skuld est ici. Pour des raisons évidentes. Je réfléchie un instant. Comprends pas exactement ce qui est en train de se passer. Alors je m’inspecte. Surtout au niveau du poignet gauche dans une angoisse furtive et irrationnelle. Rien. Je me passe les mains sur la nuque, la tête ; à ces endroits qui expliquent des pertes de mémoire lorsqu’on se les cogne violemment. Rien. Jusqu’à ce que… Je n’étais pas dans mon lit. Hier, quand je me suis endormi. Je n’étais pas dans mon lit. Mes mirettes se renversent sur le lit. Sur ce lit glacial et fait – oui fait. Chavirent sur les murs de la chambre. Cette chambre plus petite et étriquée que l’originale. Sur ces quelques cadres que je ne reconnais pas et qui jonchent quand même l’une des cloisons. – Qu’est-ce… Un rêve dans un rêve, me raisonné-je en m’avançant vers les photos. Des photos que je distingue mal parce qu’elles sont toutes déformées. C’est des visages… Mais les visages de qui… ? Je n’ai jamais fait de rêve lucide aussi lucide. Je me recule. Lentement. Il faut que je me réveille. Que je me réveille vraiment. J’en suis intimement persuadé. Mais le problème c’est que je ne sais pas comment on fait pour se réveiller d’un rêve qu’on a plus envie de faire. Se pincer ça sert à rien. Le vouloir est inutile. Sauter par la fenêtre. Ca c’est une bonne idée. Ou trébucher sur cette connasse de marche qui te fait toujours chier quand t’essaies de t’endormir. De toute façon il ne se passe rien de sensationnel, ici…

De l’eau.
De l’eau qui coule.


Je sursaute bêtement. Me fige. Un fin vaisseau de lumière filtre de sous la porte de ma salle de bains. Qui c’est qu’il y a là dedans si Skuld a quitté l’appartement ?  Je reste là. A le fixer. Silencieux. De longues minutes. Des heures même, peut-être bien – le temps s’écoule tellement différemment lorsqu’on n’est plus dans la réelle réalité. Ou peut-être seulement une fraction de seconde. Puis je ferme les paupières. Fort. Trois fois de suite. Compte jusqu’à 10. Elle n’est peut être pas parti finalement. Elle n’a peut être juste plus d’odeur. Je pose une main sur le bois frai sans avoir eu l’impression de m’avancer jusque là. Le verrou n’est pas mis. La porte n’est même pas clapée. Elle s’ouvre avant que je ne la pousse. Doucement. – Skuld ?, soufflé-je si bas que j’ai du mal à entendre ma voix. Mais il n’y a pas Skuld. Non. Un parfum de mûre sauvage éclate dans mon nez comme éclaterait un feu d’artifices. Elle me fait reculer. Fermer les yeux tant elle est intrusive et perdue. Mon cœur manque un battement. La commissure de mes lèvres s’arrache un sourire grisé. Mes mains se plaquent contre les montants de la porte pour me hisser à l’intérieur de la pièce. Comme si je devais traverser sa flagrance. L’obscurité plane autour d’un petit cercle lumineux qui nous englobe. Aussi épaisse et tangible qu’un rideau. Avec une bouffée de ce qui est presque le mal de mer j’ai à la fois la sensation claustrophobique que les murs se précipitent vers nous et celle, vertigineuse, qu’ils s’éloignent à l’infini. Qu’ils nous laissent suspendus dans un espace ténébreux illimité. – Varri, ronronné-je en jetant un faible coup d’œil à l’endroit où nous sommes. Ce n’est pas vraiment ma salle de bains. Si j’avais, de base, loué cet appartement, c’était pour sa baignoire d’angle assez grande pour mon gabarit. Mais celle là est immense. A tel point qu’elle ressemble à un jacuzzi. Et elle se remplie. Encore et encore. D’une eau bleue turquoise paradisiaque.

Quand je me retourne une nouvelle fois vers Varri, debout devant deux énormes lavabos ourlés d’or et d’ivoire, elle est habillée d’une superbe robe noire, de soirée. Courte sans être vulgaire. Assez proche de la peau pour ne pardonner aucune imperfection. Ses cheveux sont remontés pour dégager sa nuque et elle porte autour du cou un énorme collier de diamants bleus. J’avale la distance qui me sépare d’elle. Presse mes mains contre ses cuisses. La soulève pour l’asseoir sur l’une des vasques. Ecrase ma bouche contre la sienne dans un baiser sauvage. Mordant. – J’ai pensé à toi, hier soir, soupiré-je sans trop m’éloigner de ses lèvres. Je me suis endormi avec ton odeur dans le nez. Comme si je te respirais. Comme si tu étais là. Mes doigts arrêtent leur course sous ses fesses. Capte qu’elle n’a pas de sous-vêtement. Je déglutis. Difficilement. Tu es beaucoup trop frustré Lars. T’en es rendu à rêver de Varri au lieu d’une autre fille. Solution de facilité de mon subconscient. Probablement.

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acidbrain

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“Wait I rise, Lordy Mama”
Sa chaîne va se rompre, le Vorace bondira ▲ Guerre, au seul souvenir des maux que tu déchaînes, fermente au fond des cœurs le vieux levain des haines ; dans le limon laissé par tes flots ravageurs des germes sont semés de rancune et de rage et le vaincu n’a plus, dévorant son outrage, qu’un désir, qu’un espoir: enfanter des vengeurs.
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Rêve Céruléen ft Varri ▲ Terminé - Lun 31 Juil - 23:57
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sorciers
sorciers


EFFIGIE : Charlize Theron
BAFOUILLES : 9206
PACTE : 04/01/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Kiffe se soumettre à un certain mâle alpha et a du mal à l'admettre. A le palpitant qui déconne en sa présence. En couple donc, toujours fourrée dans les bras d'Irénée.
BESOGNE : Ancien officier de police. Morte aux yeux du monde dans l'asile dont elle s'est échappée.
FABLE : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle
ÉCHINE : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé des gens. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation.
PRESTIGE : Clairvoyance empathique. Varri peut vivre les souvenirs des autres.
CREDIT : Cya


Into my skin
Irénée N. Carissi & Varri Bjurman
D’aussi loin qu’elle se souvienne, Varri a toujours voulu comprendre. Savoir pourquoi. Trouver un sens. A ce qui l’entoure et ce qu’elle endure. Pourquoi les chenilles ont-elles tant de pattes ? Elle se souvient de la réponse lâchée par le paternel, mine teintée d’une vague exaspération. « Parce que. C’est la vie. » Lui avait-il répondu, et Varri avait vu sa curiosité se flétrir de désarroi. Parce que son père ne savait pas ce que sa mère aurait pu lui apprendre.
Pourquoi ? Est-il venu, finalement ? L’exiger à la noaidi. Dans un désir purement égoïste probablement. Parce qu’il ne supportait pas que sa fille vive aussi loin, parmi les siens – là où les Hommes ne sont pas encore considérés comme tels. Peut-être par honte aussi, que les autres sachent que son enfant est ici – dans les montagnes, avec une mère que beaucoup traiterait de folle.

L’était-elle ? Folle. Tout ça pourrait venir de là. Cette vésanie de l’encéphale. Son patrimoine génétique pourrait être anéanti. A quoi bon de toute manière car elle n’aura probablement jamais de descendance. Parce que. Parce que c’est la vie.

Sa vie se rembobine sous les paupières closes. Cela fait des jours qu’elle n’a rien vu d’autres que les murs de sa cellule d’isolement. Si, il y a peut-être cette toile d’araignée qui se file de jour en jour dans l’angle droit. Elle la fascine et l’effraie en même temps. Car elle seule représente le temps qui passe. Et le temps ne l’attend pas. Il détale.
Cela fait des jours qu’elle s’enlise dans les miasmes d’une réflexion malade. Elle les cherche désespérément les réponses, dans sa tête – sa mémoire – car elle ne supporte pas l’idée d’être son propre mystère. La frustration de ne rien trouver la rend fiévreuse. Et elle a l’impression d’être coincée dans le mutisme terrifiant de son esprit qui crie mutinerie.

« Qui es-tu ? » La voix de l’officier se perd dans l’immensité crépusculaire des terres lapones. Les chutes. Elle y revient. Toujours.
Face à elle, une gamine aux joues rondes et au crin blond emmêlé – prunelles cristallines rivées dans les siennes. Elle ne dit rien. Varri reconnaît les étoffes bariolées qu’elle porte. La gamine pointe son index dans sa direction – aucun mot n’est articulé. Pas besoin.
C’est elle. La petite fille qu’elle a perdue lorsqu’on l’a arraché aux montagnes. Une partie d’elle, restée là-haut à contempler les eaux torrentielles d’Abisko.
Ça pourrait la faire sourire, comme ça pourrait la faire pleurer.

Le temps semble s’interrompre. La perception s’altère, au ralenti. Le vent gronde dans un bruit d’orgue entêtant – et sa litanie est exquise. Varri ferme les yeux, sent son autre moi la scruter et elle bascule. Là. Aux bords du précipice. Dans les remous de la chute. L’eau est glaciale – son étreinte est violente. Elle n’est que pantin de chair désarticulé. Elle peut presque sentir la fin, ses poumons s’emplir d’eau – le cœur cogner en dernier recours.

Elle n’a pas peur.

Les phalanges s’agrippent aux bords de la baignoire en céramique, le corps se redresse brusquement – provoquant un ras de marais à petite échelle. L’eau clapote, coule sur le carrelage blanc et immaculé et Varri tente de maîtriser sa respiration chaotique, chassant la kyrielle d’étoiles qui voltigent devant ses yeux. Elle s’avachit contre le rebord, se fait la remarque que l’eau est gelée – devine que ses lèvres sont bleues.
Qu’elle est douloureuse la fuite, lorsqu’elle la ramène encore ici. Italie. Son appartement miteux. Et si l’asile n’était qu’un rêve. Et si tout ça n’était qu’un cauchemar ? Elle veut y croire. Férocement. A en rire jaune. A s’en décrocher la mâchoire. Réveille-toi. Qu’elle se dit. Tout ceci ne rime à rien. Tu veux vraiment te voir mourir ? Encore et encore ?
La blonde se recroqueville, enfonce ses ongles dans son derme. Se pince pour s’extirper de là. Rêve. Plus férocement. Rêve mieux que ça.

Soubresaut de l’inconscient. Quand elle ouvre les yeux, le décor s’est changé comme un tableau abstrait. Elle fait face à un miroir ciselé dans du bois brut et contemple son reflet enjolivé. Les billes roulent un instant de droite à gauche, admire l’immensité luxueuse de cette salle de bain là. La seule chose qui la retient au fil de ses songes c’est cette eau. Qui coule. Sans arrêt.
Varri demeure immobile, incline légèrement la tête en constatant qu’elle est bien apprêtée. Le lourd collier pesant contre sa gorge lui fait porter une main dubitative jusqu’aux pierres. Elle les effleure puis ses yeux dégringolent le long de son râble. Elle porte une robe qui ne lui sied pas trop mal – peine à comprendre où elle est. Ce qu’elle fait ou ce qu’elle doit faire. Du dos de la main, elle essuie le rouge à lèvres qui habillent ses lippes. Elle manque d’arracher le collier de son cou pour en faire ricocher les pierres précieuses partout autour d’elle. Tout ça – ce n’est pas elle. Elle ne veut pas s’y attarder car le retour n’en sera que plus douloureux.

Varri. Une voix prononce son nom. Un timbre grave. Profond et rassurant. Une voix. La première qu’elle ait entendue depuis des jours. Des semaines. Elle, ne sait même plus. Blondie retient son souffle, se retourne en s’appuyant contre le meuble pour ne pas vaciller. Étranglée par l’émotion, elle ne dit rien – seuls ses yeux trahissent un relent de surprise, de joie et de tristesse. Car elle est trop heureuse qu’on lui parle. Trop contente de sentir une présence. Et effarée de voir qu’il s’agit de Lars Hjelm. « Hjelm. » Murmure-t-elle. « Lars Hjelm. » Répète-t-elle. Elle n’y croit pas. Pourquoi ses racines reviennent lui dégueuler Lars Hjelm l’Indompté à la face ? Dans un rêve. Un cauchemar. Qu’importe.
Elle le fixe sans vraiment le regarder. Met quelques secondes avant de se rendre compte qu’il est nu. Ne le remarque vraiment que lorsqu’il lui fond dessus. Qu’est ce qu’il me veut ? Le doute traverse ses prunelles. La voilà qui se raidit, cherche autour d’elle quelque chose – machinalement, de crainte qu’il ne l’agresse. Mais il la rejoint en quelques secondes, le regard fiévreux et les paumes brûlantes. Dans un désir tangible et irraisonné. Elle glapit de surprise mais ne le repousse pas, trop fascinée par ce qu’elle entrevoit dans les billes rutilantes de son vis-à-vis. Il la touche, la soulève pour l’asseoir sur la vasque et l’embrasse sauvagement. Et il lui parle, comme s’ils étaient deux amants qui s’étaient quittés trop tôt. Elle, n’y comprend rien.
Elle bat des cils un instant. Toi. Pensé à moi ? Il est très proche. Trop proche. Et ça la perturbe bien trop sans qu’elle ne comprenne pourquoi. Elle a cette sensation d’avoir déjà vécu ça. Son goût lui reste, ses reins lui brûlent mais tout ça est bien trop étrange. C’est la fraîcheur du lavabo en contraste avec les paluches entreprenantes du mâle qui qui lui font prendre conscience d’une chose. Elle écarquille les yeux. Où est ma putain de culotte ?
La blonde plaque une main contre le thorax du Kvène, mettant de la distance entre eux tout en reprenant son souffle dans un soupir panique. Pétrie d’incompréhension, Blondie soutient le regard émeraude – cherche à découvrir pourquoi. Pourquoi elle rêve de lui, là, comme ça. Et pourquoi tout ça a un goût de vrai. Sourcils se froncent dans son rapide examen quand elle lui remarque des traces sur la pommette. Des griffures.
« Je comprends pas. » Qu’elle lâche finalement, attrapant d’une main ferme la mâchoire barbue du Kvène pour le contraindre à rester à distance. Elle resserre les cuisses et tente de se dérober à son emprise. Sent une bulle d’inquiétude cloquer au fond de ses calots. Mon arme. Pensée succincte qui la traverse, exaucée par la matérialisation subite de son arme à feu dans sa main libre. Elle ne sait pas d’où ça sort mais qu’importe car elle est là – bien réelle. Et ça lui suffit, pour l’instant.
Déclic.
Blondie perd le nord. Elle plaque le canon sans douceur contre la tempe de Lars, l’obligeant à pencher la tête sur le côté. « T’es pas là. T’es un putain de mirage, Lars Hjelm. » Mais alors pourquoi j’ai peur ? La question lui arrache une grimace. Varri se dégage, pose pieds à terre et se dirige vers la porte par laquelle le Kvène est entré. Tout en le surveillant d’un regard méfiant, elle pose sa menotte et actionne la poignée. « Il faut que je sorte. Que je prenne l’air. » Qu’elle se répète plus pour elle-même que pour lui. Elle n’en peut plus. De ces murs. Encore.
La porte s’ouvre dans un grincement sinistre et la belle se froisse de désespoir. Un mur. Derrière cette porte, il y a un mur. Un mur qu’elle connaît trop bien. « NON ! » Crache-t-elle. Le poing s’y écrase avec fureur. Elle fait quelques pas en arrière, paupières closes et redoute de se tourner mais elle le fait. La salle de bain n’est plus. La voilà de retour dans sa geôle et elle n’est pas seule. Lars est toujours là. Le lavabo en aluminium crache son eau. Déborde. « Non. Non. Non. Je rêve. Ne suis-je pas sensée pouvoir aller là où je veux ? » Etre libre. Elle le veut son beau mirage. Le regard balaie la pièce étroite avant de s’attarder sur la physionomie du Kvène. Elle le trouve beau – étrangement beau, sous cette lumière blafarde. Dans cette atmosphère suffocante d’anxiété. « Pourquoi tu es là, Lars ? »  


Codage par Emi Burton

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BRUTALE.
L'âme susurre et le cœur se noie. Dans les abîmes d'une rage folle  - créature famélique et vorace qui fouille les entrailles à la recherche d'une raison. Une seule suffit pour qu'elle exulte. Fanfaronne et se digère. N'en reste alors plus que les cendres. Celles de son monde dévasté.(c)lazare.
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Rêve Céruléen ft Varri ▲ Terminé - Mar 1 Aoû - 18:20
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EFFIGIE : Jason Momoa
BAFOUILLES : 8439
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OSSATURE : 38 ans
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BESOGNE : Sentinelle, chimiste et auto-capitaine pour le compte de la Nostro Regno
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Rêve Céruléen
Varri & Irénée
Depuis quand mes rêves lucides me mettent des limites ? Mon regard coule sur cette main, appuyée sur mon torse, quémandeuse d’une distance que je ne veux pas instaurer. Remonte doucement sur le visage de Varri, décomposé par bien trop d’émotions pour que je ne les compte… Mais aucune, aucune, ne retranscrit le désir fiévreux que j’aimerais y lire. Pourquoi tu n’as pas envie de moi ? Elle me pince le menton. Parle anglais. Anglais… Je n’ai jamais, de ma vie, rêvé en cette langue. Ses cuisses se referment avec assurance. Je râle. D’un râle guttural en essayant une nouvelle fois de l’embrasser. Elle tient bon. Panique. Panique de façon si palpable. Si réelle. Si je n’aurais jamais pu, dans un rêve, faire paniquer une conquête comme ça parce que je ne trouve pas ça engageant. J’en hoquette de surprise. Je me demande si, vraiment, tout ça n’est que le fruit de mon imagination. Pourtant, j’en suis sûr, nous ne sommes pas dans ma salle de bains et, jusqu’à preuve du contraire, aucune porte du monde de Narnia n’a été découvert dans mon appartement. Je me suis bien endormi hier soir, sur le canapé, après être allé vendre ma foutue came, alors que Skuld était de sortie. Je l’attendais. Avec une bouteille de whisky. Avec une clope. J’espère que je l’ai éteinte avant de sombrer. Avec un magasine nul que j’avais retrouvé dans l’un de mes cartons. Un magasine qui causait de bécanes. Suédois. Vieux de tellement d’années que certaines pages étaient complètement illisibles. Alors ça ne peut pas être réel. Varri. Cette foutue pièce. Ces foutues circonstances. Rien n’est vraiment là. Autour de nous. Autour de moi. Pourquoi la situation m’échappe dans ce cas ?

Je vacille sous la pression de la bouche froide et métallique d’un flingue qui se plaque sur ma tempe. Mes deux mains, dans un réflex stupide, se lèvent à hauteur de mes épaules et je me recule doucement, d’un grand pas, pour permettre à la blonde de se remettre sur ses jambes. Ok ok ok ! Putain ! OK c’est pas un connard de rêve ! Je crache même une insulte, les mirettes écarquillées. Je cherche  à comprendre dans l’incompréhensible. De me rattacher à cette putain de toupie qui tournoie dans les films. Je rêve ? Elle rêve ? On rêve ensemble ? Au même moment et au même endroit ? Si elle tire je meurs ou je me réveille ? Elle me contourne, précautionneusement, pour atteindre la porte. S’insurge de mon irréalisme. Après tout, c’est vrai, qu’est ce que je foutrais là quand elle ne doit même ne pas se rappeler de moi au présent ? Lars Hjelm se conjugue au passé. La dernière fois qu’elle m’a vu ça devait être à Kiruna et ça remonte à des siècles. Des siècles de haine. Avec un peu de chance elle me pensait mort. Avec un peu d’autre chose elle ne se souvenait même plus de mon existence. Et pendant ce temps j’endure une soirée de paix. Son souvenir sucré, grisant et jouissif. Comment elle pourrait avoir une volonté propre dans l’un de mes songes ? J’en sais rien. J’aimerais que ça n’ai aucun rapport avec ce que nous avons partagé, chez elle. J’aimerais que ma mémoire ne l’évoque pas. Ne me présente pas ça comme une solution satisfaisante. Comme une parfaite réponse. Mais ton odeur de mûre me hante, parfois. Et je me sens si mal sans raison, souvent. Nous sommes liés n’est-ce pas ? Les vannes de nos pouvoirs foirent. Je les ai mal refermées… Ou c’est toi. Sauf que toi tu sais plus. Tu sais pas. Tu sais encore moins. Je baisse le menton. Impossible. Ce n’est qu’un rêve. Ce n’est qu’un rêve. Réveille-toi Lars. Réveille-toi bordel de merde !

Varri frappe dans un mur. Je ne saisi pas vraiment lequel. Je sens mon corps palpiter entièrement. Vibrer dans un espèce de soubresaut. Je me réveille, me dis-je dans un large sourire. Je me prépare à retomber dans mon enveloppe charnelle. Les paupières fermées. Les bras en croix. La tête rejetée en arrière. Parfaitement théâtral mais… Rien. Je peste. Me rend compte que nous ne sommes plus chez moi mais dans une cellule. Une connasse de cellule d’isolement. En Suède ? Elle est presque pareille que celle que j’avais en Suède. Le genre horrible et sans fenêtre. Blanche. Le genre de laquelle tu ne sors pas. Même pas pour te laver. Le genre où t’as tout sur place et où c’est purement aliénant. Le genre où tu te retrouves seul pendant des lustres et où une heure te paraît être des mois. Le genre horrible. Qui te rend dingue. Le genre qui m’a rendu dingue. Le genre qui m’a donné des envies de meurtre… Puis de mourir. Le genre qui m’a fait me dire que je n’existais vraiment pas. Vraiment. Que si mon père ne m’avait jamais regardé c’est parce que j’étais ici depuis toujours. Enfermé. Et que je n’avais aucune existence propre. Que je n’étais ni vivant. Ni mort. Que j’étais juste là. Que je flottais dans un espèce de deux mondes. Que je n’étais personne. Ou tout le monde. Que je n’étais pas quelqu’un, en tout cas. Le genre qui m’a vraiment fait pété un câble. Et pendant un instant. Infime. A tourner sur moi-même,  je pense que je suis en plein cœur d’un souvenir qui m’appartient. Mais il y a des détails – une toile d’araignée, une rature sur le mur, une rayure sur le lavabo – qui me font dire que tout ça… Tout ça c’est à Varri. Qu’elle est là, désormais. Qu’elle subit ce que je n’aurai souhaité à personne d’autre. Moi je souhaite la mort. Je ne souhaite pas… La dépersonnification.


- Parce que tu rêves de moi, dis-je d’une voix pleine en me remettant en face d’elle, à la gauche de la vasque qui dégueule son eau. J’ai les pieds trempés. Et je suis toujours nu. C’est son cauchemar et elle ne m’a toujours pas rhabillé.La vraie question c’est : Pourquoi tu rêverais de Lars Hjelm nu ? Je hausse les épaules. N’ai décemment pas le courage de partir dans une discussion difficile. L’une de celle où on se dirait qu’on est vraiment nous, qu’on est vraiment là, qu’on peut choisir jusqu’à la couleur du papier peint de notre rêve commun… Je n’ai pas envie de me rejouer les retrouvailles. De les recommencer différemment. Parce que j’ai bien aimé la première version. Je n’en ai pas besoin d’une seconde… Dans tous les cas tu m’oublieras encore, au réveil. Tu te diras que je n’étais que chimère. Je préfère n’être personne. Qu’une représentation absurde de ton subconscient.Tu rêves souvent en anglais et en kvène, Clochette, soufflé-je en bougeant de ma flaque. Pour me décaler vers une paillasse qui ressemble à un lit. – Jamais en suédois ? Il fait froid. Il fait toujours froid dans ce genre de pièce. Ils ne mettent pas le chauffage pour les reclus.Calme-toi Varri. Tu vas sortir d’ici. La lumière se coupe. Sans prévenir. Comme ça. Pour brouiller notre notion du temps. Du temps qui passe. De celui qui court.

Ca grésille.
Ca se rallume.
On n’a pas bougé.

J’ancre mes pieds dans le sol. Sens les quelques barrières directrices de Varri faiblir. Je dors. Je dors si bien loin de cette horreur. Mon pouvoir pulse. Ou ma conscience. Ou autre chose. Ma lucidité absolue. Je me tourne. Sèchement. Le néon pète dans un bruit lointain. Or je ne me retrouve pas face à ce mur terne et moche, fait de briques et de blocs. Je me retrouve en face d’un salon pauvre, certes, mais plein de vie. Une table est dressée au milieu de mobiliers garnis de bibelots sans aucune valeur. De cadres et d’images. Une énorme cheminée réchauffe l’ambiance. Une ambiance si terne pourtant. Et je suis habillé. Habillé de vêtements chauds et épais. – Deux couverts. Je jette un coup d’œil à Varri qui n’a certainement jamais foutu les pieds ici. Dans la maison à pignon de mes parents à Kiruna. Dans la réserve Kvène. Là où l’Indomptable a été élevé. Loin de la ville. A l’ancienne. Sans trop d’amour inconditionnel. Toujours avec une certaine pudeur. Toujours avec plaisir. Avec tout ce qu’il faut pour faire d’un homme un grand homme. Alors il n’y a ici que des références d’un couple sans gosse. Pas de jouet. Pas de photo de famille. Juste des cadres. Des images. Des bibelots sans valeur. Deux couverts et une cheminée allumée. – Deux couverts pour trois personnes, soufflé-je en rejoignant la porte d’un pas décidé. Je n’ai aucune envie de rêver de mes parents. J’ai envie de fuir cette pute de maison.

Il ne neige pas encore sur la réserve. La forêt est tassée sous le ciel. Muette et en attente. Comme si elle pouvait sentir le poids glacé qu’elle allait supporter à la tombée de la nuit. Pourtant je n’ai pas froid, moi. J’ai étonnamment chaud. Comme si j’étais en Italie. En plein été. Dans un salon avec toutes les fenêtres ouvertes.Tu peux respirer maintenant. La neige de la veille. De la journée… Crisse sous mes godasses. – Ca fait longtemps que tu es seule ? Seule dans ta cellule en Italie. Et combien de temps tu vas y rester ? Tu devrais le savoir si c’est dans sa tête que tu te promène. Ma langue claque sur mon palais. On a toujours des conversations absurdes dans nos rêves.Il paraît qu’on passe tellement de temps à rêver, dans une vie, qu’on peut considérer nos rêves comme une réalité alternative… Rêve ta vie Varri. Le temps de sortir de ta prison. Tu vas virer barge sinon.



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Rêve Céruléen ft Varri ▲ Terminé - Mar 1 Aoû - 22:11
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sorciers
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EFFIGIE : Charlize Theron
BAFOUILLES : 9206
PACTE : 04/01/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Kiffe se soumettre à un certain mâle alpha et a du mal à l'admettre. A le palpitant qui déconne en sa présence. En couple donc, toujours fourrée dans les bras d'Irénée.
BESOGNE : Ancien officier de police. Morte aux yeux du monde dans l'asile dont elle s'est échappée.
FABLE : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle
ÉCHINE : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé des gens. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation.
PRESTIGE : Clairvoyance empathique. Varri peut vivre les souvenirs des autres.
CREDIT : Cya


Into my skin
Irénée N. Carissi & Varri Bjurman
Il parle. A nouveau. L’arrache à son agitation solitaire. Les globes céruléens de la blonde se baladent hasardement sur le corps dénudé avant de se figer à nouveau dans les prunelles aux couleurs de l’océan tourmenté. Il a toujours eu de ces yeux qui perturbent. Qui transpercent. Et maintenant, ils l’alpaguent avec vivacité. C’est étrange. Elle se fait la réflexion qu’il est plus vieux que dans ses souvenirs. Et pourtant, si elle rêvait de lui, ne devrait-il pas être inchangé ? Et comment peut-elle lui inventer la courbe déliée de ses muscles, le détail de cicatrices sur son corps et l’intimité même de son plus simple apparat ? Pourquoi ? Elle tente de faire des connexions, essaie de se rappeler la dernière fois qu’elle l’a vu. A Kiruna. Ou dans les montagnes. Alors, pourquoi ? Pourquoi est-il son récif ? Celui à qui elle a envie de s’accrocher maintenant pour ne pas couler. Pour ne pas se perdre, maintenant.
Je rêve de toi, Lars Hjelm. Ses yeux se troublent. Elle les ferme le temps d’une pensée. Peut-être parce que tu es libre. Qu’il est l’incarnation même de cette liberté qu’elle fantasme. N’est-il pas le plus malin, ce Kvène ? A s’être mis en marge de la société pour vivre une vie pleine et accomplie. En phase avec les traditions. En osmose avec la nature. Il est peut-être ce vers quoi elle aurait du aller. Au lieu de se croire assez déterminée pour les sauver. Eux. Tous.

La vraie question c’est : Pourquoi tu rêverais de Lars Hjelm nu ? La question ébrèche son faciès d’une expression circonspecte. Elle penche la tête, passe machinalement les doigts dans ses cheveux – sent un malaise lui nouer les entrailles. Elle détourne les yeux avant de sourire faiblement. « J’en sais foutrement rien. Pourquoi je rêverais de Lars Hjelm nu me désirant ? » Autant appuyer là où ça fait mal. Prononcer tout haut les interrogations qui fâchent. Ce n’est qu’un rêve, après tout. « J’pensais que tu pourrais me donner une réponse. Vu que tu me parles. » Avec lucidité. « C’est la première fois que j’ai une vraie discussion dans un rêve. » Elle marque un silence avant de reprendre, ses yeux se plongeant à nouveau dans les siens. « C’est la première fois que je parle de rêve dans mon rêve. » Il lui fait remarquer qu’elle cause en anglais et ça lui fait l’effet d’une détonation résonnant en son sein. Oui. Elle parle en anglais. Clochette. ça la fait sourire. Elle a toujours détesté ça. « Je ne sais pas. Pourquoi je parle anglais. » Qu’elle articule en fixant ses pieds nus. Tire sur sa robe, distraitement. « Parce que je suis loin de chez moi. Et j’ai peur de ne pas retrouver le chemin ? » Qu’elle lui dit en langue kvène avant de tourner sur elle-même, une vague de colère lui ceignant les côtes. Cet endroit la révulse. La calcine. Calme-toi, qu’il lui dit sur un ton quiet. Et qu’elle l’aime, cette voix. L’espace d’un instant, elle a envie de se lover contre lui. Sentir son odeur. Qu’il l’étreigne à lui faire mal. Histoire de ressentir quelque chose – autre chose que ce vide sidéral, ce trou béant dans sa poitrine. Mais non. Elle ne bouge pas. Ferme les yeux, essaie de se calmer – comme il le dit. Elle ignore ce qu’il se passe autour d’elle, ressent juste comme des arcs électriques au bout de ses doigts. Elle devine l’obscurité. Entend le néon crachoter son mécontentement. Vaciller. Puis elle ouvre les yeux, distingue une aura fantasmagorique brouiller la silhouette masculine à quelques pas d’elle. Il irradie de flammes, semble rayonner d’une puissance irrépressible.
Un claquement singulier la fait sursauter. Mais le son s’étire et devient nébuleux. A peine audible. Le décor froid et stérile laisse place à un tout autre tableau. Un feu crépite dans une cheminée titanesque. Il s’agit d’un salon chargé visuellement. D’un tas de breloques. Varri peine à se mouvoir, trop absorbée par l’examen furtif de ce qui l’entoure. Ses yeux repèrent d’innombrables petites sculptures de rennes, taillées dans le bois. Elle s’abaisse un instant, embrasse cette atmosphère étrange – plaisante de par une histoire dont elle ignore tout. Son regard oblique en direction de Lars tandis qu’elle se redresse. Elle s’étonne de le voir habillé. Il le contrôle son rêve. Se fait guide spirituel. Il lui parle et Varri avise les deux assiettes posées sur la table du salon. Deux couverts pour trois personnes. C’est chez lui. Sa maison. Sa famille. La blonde ne comprend pas très bien, l’observe d’un œil peut-être trop inquisiteur. Elle aimerait savoir. De quelles cicatrices il est fait. Pourquoi elle rêve de lui et qu’il demeure si mystérieux. Il s’avance. Fuit. Et elle le talonne, sa voûte plantaire claquant contre le plancher. Il ouvre la porte et une bourrasque la saboule. Elle tangue un peu sur ses guiboles, surprise et se glisse sur le seuil de la porte avec des yeux de gamine éberluée. Le froid la tétanise – elle qui est en robe. Elle penche la tête en arrière, hume la fragrance des conifères, ressent la morsure de la bise glaciale et laisse échapper un soupir de soulagement. Elle s’en cogne d’avoir froid. Elle se contrefout de ce que peut lui prendre la nature. Le blizzard. C’est toujours mieux que ce qui l’attend dedans.
Varri n’a pas le temps de grelotter qu’elle sent le poids de vêtements plus chauds lui recouvrir l’échine. Elle ignore si ça vient d’elle ou de lui mais lui est reconnaissante – dans le doute. Elle descend les quelques marches du perron, fait galoper une œillade admirative sur l’endroit. La forêt se carapate à perte de vue. Les chaumières sont plantées là – à distance et ça sent le feu de bois. Varri inspire profondément, mains fourrées dans ses poches – retenant contre son palais la question qui lui brûle les lèvres. Est-ce que c’est chez toi ? Car c’est beau. Immensément beau.
Mais c’est Lars qui prend la parole le premier – la questionne sur le vérité. Celle qui dérange. Dans un désir de détails qui arrache un froncement de sourcils à la blonde. Elle avance, se poste face à lui, admire quelques mèches de cheveux ondulant autour de son visage dur. « Je ne sais pas. » Elle ne sait rien. « Une éternité. » Qu’elle chuchote avant de secouer la tête dans un soupir brumeux. Elle s’humecte les lèvres, tourne le chef – à droite puis à gauche. « Je n’y arrive plus. A rêver. Je n’entends rien. Je ne vois rien. Je crois même que je ne ressens rien. » Je suis perdue dans moi-même. La remarque la fait sourire. Barge, ne l’est-elle pas déjà ? Elle lui tourne le dos, distingue la silhouette d’un renne à la lisière des bois dans le manteau blanc d’une neige solide. « J’ai tué quelqu’un, je crois. » Elle reste placide comme si ça ne lui faisait rien de le dire. De le formuler de vive voix. « Pourquoi tu me parles de ça ? L’interroge-t-elle finalement sur un ton douloureux. « Donne moi à voir. Donne moi à entendre. » A ressentir. Le rêve sera certainement trop court. Elle redoute la brutalité qui l’attend. Elle veut combler ce vide en elle avant que tout ne s’étiole dans un souvenir pénible. Blondie se meut dans la neige, s’émeut presque des empreintes qu’elle laisse dans son sillage. Ce qu’elle aime l’odeur du givre. La fragrance des pins. Elle veut s’aventurer dans la forêt, guetter la vie battre son plein. « C’est étrange… » Qu’elle lâche par-dessus son épaule à l’attention du Kvène. « J’ai l’impression de te connaître. Plus que je ne le devrais. » Elle lui coule une œillade curieuse, un peu crédule. S’arrête en si bon chemin pour lui faire face et confronter son regard. « Est-ce qu’on est dans ma tête ou dans la tienne, Lars Hjelm ? » Elle le fixe, intensément. Elle se sent à la fois proche et éloignée. Le voit comme un ennemi et comme un allié. « Parle-moi de toi. S’il te plait. » Pour qu’elle s’oublie. Pour qu’elle ressasse autre chose que sa perte de raison. « Dis-moi. C'est ici que tu es né ? N'as-tu jamais regretté d'être fils unique ? » Comme elle. Qui a toujours eu l'impression de manquer de quelque chose. De quelqu'un. « Qu'est ce qu'il s'est passé ? Réellement. Pour que tu en viennes à détester les Samis. J'aimerais savoir. »                       



Codage par Emi Burton

☾ ☾ ☾ ☾ ☾
BRUTALE.
L'âme susurre et le cœur se noie. Dans les abîmes d'une rage folle  - créature famélique et vorace qui fouille les entrailles à la recherche d'une raison. Une seule suffit pour qu'elle exulte. Fanfaronne et se digère. N'en reste alors plus que les cendres. Celles de son monde dévasté.(c)lazare.
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Rêve Céruléen ft Varri ▲ Terminé - Mer 2 Aoû - 16:45
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lycans
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EFFIGIE : Jason Momoa
BAFOUILLES : 8439
PACTE : 06/06/2017


OSSATURE : 38 ans
CONTRAT : C'est compliqué / Varribataire - c'est comme être en couple sauf qu'on se l'avoue pas / Polygamie non assumée avec les vins et les spiritueux de la supérette discount du coin
BESOGNE : Sentinelle, chimiste et auto-capitaine pour le compte de la Nostro Regno
ÉCHINE : Suprématie anéantie - Lupin
PRESTIGE : Sens accrus - Plus agile, plus fort, plus rapide que le commun des mortels, mais pas que le commun des surnaturels - Régénération - Rage, impulsivité, agressivité CHECK - Capacité à péter les plombs en un temps record, CHECK - Instincts primaires enclenchés CHECK - Titiller l'bestiaux : NON CONSEILLE
GANG : Nostro Regno
CREDIT : Sign code by Solosland © Gifs by Varri <3 & QCEENMERAS
Rêve Céruléen
Varri & Irénée
- Alors tu ne vas pas tarder à sortir. C’est long, une éternité. Les yeux rivés sur l’horizon, les bras le long du corps, je me refuse de regarder Varri gambader dans la neige. De l’humaniser. De me dire qu’elle est réelle. Préfère à cette vision faussée, la romancée de mon esprit. La mélancolie folklorique des plaines et des steppes de Kiruna. Des paysages blanchâtres et rudes où tout semble avoir été abandonné. Sauf la petite maison à pignon derrière nous. Je me concentre sur ce froid prenant qui gèle mes poumons. Cette brume étonnante qui descend des monts avec flegme. Ce soir on ne verra pas à un mètre devant nous. Je me passe une main dans les cheveux – humidifiés par l’atmosphère - dégage ces mèches prises dans ma barbe. – Je te demande pour te donner à entendre. Mais tu rêves Varri. Là. Et tu ressens. Puisque tu as eu peur lorsque tu m’as vu. Tu n’es pas encore morte, en dedans.

Je me décale vers la droite quand elle part à gauche. Aimerai m’éloigner encore. Le plus possible. Que nous prenions deux chemins parfaitement différents pour pouvoir scinder ce rêve – ou ce cauchemar – en deux parties distinctes. Et si je la touchais ? Si je refaisais exactement pareil que dans son appartement ? Je me pince l’arête du nez. Comment faire taire un pouvoir, refermer des vannes, couper le flux… A travers un songe où rien n’est vraiment tangible ? Réfléchie Lars, la réponse ne doit pas être bien compliquée… Cependant je ne vois qu’une solution et elle implique un éveil. Pas un endormissement. Elle implique que j’aille dans son asile, que je la vois pour de vrai. Que je fasse ce que j’ai à faire sans qu’elle ne suspecte rien. Faudrait qu’elle dorme quoi. D’une sacrée dose de somnifère. Mais elle dort. Là…. En même temps que moi. Putain.Tu as l’impression de me connaître parce que, si je suis le fruit de ton imagination, nous sommes exactement la même personne, jeté-je par-dessus mon épaule avant de me retourner complètement. Face à Varri. Mon regard la percute. – On est dans ta tête, assuré-je dans une pointe d’agressivité. On est dans la mienne. Personne ne t’empêche de changer d’interlocuteur. Si. Toi. Ton foutu pouvoir. Je me détourne. Reçois la réclamation suivante comme une insulte alors qu’elle n’en est absolument pas une. Qu’elle est aimable, en plus, pour une fois, la Varri. Qu’elle veut savoir. Qu’elle n’essaie pas de m’arrêter. De me frapper ou de me menacer d’un flingue. Et je ne sais pas pourquoi ça me dérange… Ca me vexe. Ca m’énerve. Je n’ai jamais parlé de moi à personne. Même pas à mes psys. Alors à toi. Dans un rêve…Je n’en sais pas plus sur Lars que ce que tu ne sais déjà, Varri. J’effleure la maison du bout des doigts. Sens une pointe dans mon bide à l’entente de la suite. – Non, soufflé-je. Il n’est pas né ici. Du moins pas au sens littéral. Mais il y a grandit, dans cette maison. Quelques années. Seul. Sans penser une seconde qu’il aurait pu ne pas l’être. Je me recule. Ca ne m’a jamais dérangé d’être fils unique. Je n’ai jamais ressentis le besoin d’avoir un frère ou une sœur. Imagine. Imagine Varri. On aurait été deux à souffrir d’indifférence. Ce n’est pas les plus grandes souffrances de la vie mais c’est des souffrances qui marquent.Ses frères et ses sœurs sont tous les kvènes.

Je m’assois dans le vide. En une fraction de seconde ce vide se transforme en chaise. Une chaise de métal grisâtre. – Pourquoi déteste-t-il les Sames ? Tu ne le sais pas ? Le ciel s’affaisse plus que ce qu’il ne l’était encore pour se cloisonner. Pour devenir un plafond bas et jaune. Les arbres se rapprochent. Forment un mur. Puis quatre. On se retrouve en moins de temps qu’il ne fait pour le dire dans une pièce. Petite. Sans fenêtre. Qu’avec une énorme glace en fond. Beaucoup plus grande et difforme que dans mes souvenirs. Si les rêves n’étaient pas exagérément grotesques à quoi les reconnaitrions-nous de la réalité ? J’ai troqué mon blouson contre une veste beaucoup plus simple, dans laquelle j’ai toujours aussi chaud. Mes cheveux sont tirés en arrière et mes mains posées sur une table… Prises dans des menottes. Elles-mêmes reliées à un anneau - visé au centre de la table – par des chaînes épaisses et lourdes. – Personne ne le sait. Je me souviens avoir attendu ce jour là. Attendu des plombes qu’on vienne me parler d’une des nombreuses conneries que j’avais faite. Plus d’une heure. En isolement. J’ai attendu. Dans cette salle d’interrogatoire de Kiruna. Observé à travers cette vitre sans tain. Je le savais. Qu’on me regardait. Ils foutaient un bordel terrible derrière le mur. Probablement qu’ils ne faisaient pas exprès mais, en tout cas, ils n’étaient pas discrets.

Il refuse de parler Suédois, vocifère une voix derrière moi. Un homme sort de l’ombre, d’un des angles de la pièce. Massif mais pas très grand. 1m80 au maximum. Le cheveu clair coupé très court. La mine patibulaire. Les traits crispés de celui qui est sur le point de commettre l’impensable. L’irréparable pour un flic. Un inspecteur. Me frapper. Et ça ne se fait pas de frapper un suspect, quand bien même ça serait le plus con de Suède.  – Tu parles bien kvène toi ? demande-t-il en relevant les mirettes sur Varri, en face de moi. – Je crois que c’est la dernière fois qu’on s’est vu, Varri, soufflé-je d’une voix ronde. Emprunte d’une certaine tristesse. J’enroule mes phalanges autour des chaînes. Fais rouler les maillons contre l’anneau dans un Cloc cloc régulier. – Je veux une cigarette. Un sourire étire mes lèvres. C’est ce que je lui disais. Que je voulais une cigarette. Et il ne comprenait pas. Je m’enfonce dans le fond de ma chaise métallique. Ils m’avaient tout pris en venant me chercher. C’était après une descente chez les Sames. Encore. L’une de nos sempiternelles guerres de clan qui avait mal tournée. On en avait frappé assez fort pour qu’ils finissent à l’hôpital. J’aurais adoré qu’ils meurent. Qu’ils meurent comme le père de Skuld.

Tu as fait l’une des plus grosses erreurs de ta vie, ce jour là. Sciemment. J’acquiesce mon propre propos. Tu m’as laissé sortir d’ici. Avec l’espoir que je me range. Sans aide. De moi-même. Dans une réserve que t’étais la seule à comprendre. Et tu vas le regretter, si tu ne le regrettes pas déjà. Et tu le savais. Tu le savais à l’instant où j’ai passé le portique du commissariat de Kiruna. Et moi aussi. Dans le fond. Je savais que le commissariat de Kiruna faisait une erreur en me laissant sortir. Mais j'ai rien dit. Je n'ai rien dit parce que je voulais être libre. Une main claque violemment à côté de mon bras. – Hjelm ! Répondez aux questions qu’on vous pose ! Je ne sursaute même pas. Ignore son spectacle. La répétition parfaite de ce qui c’est passé quelques années plus tôt. – Tu ne veux pas rêver de Lars Hjelm te désirant. Tu t’en fous qu’il te désire. T’as jamais éprouvé ce genre d’attrait pour ce type. Tu veux juste te rassurer en l’entendant te dire que tu peux avoir fait des choses terribles sans être une personne terrible. Que tu ne recommenceras pas une fois dehors. Qu’on peut devenir quelqu’un de meilleur. Je me lève doucement. Fais grincer les pieds de ma chaise contre le carrelage. Tu n’es pas Lars, Varri. Vous n’êtes pas animé par la même violence. Vous n’êtes pas pareil. Tu te sortiras de cette merde et tu ne recommenceras pas. Reste digne. Et réveille-toi maintenant. Moi je n’y arrive pas.  Réveille-toi ! Je jette un coup d’œil vers l’inspecteur. Proche de moi. Penché vers la chaise où je ne suis plus assis. Le flingue dans son holster est assez tentant pour que je l’attrape. Le geste le surprend et le fait bêtement sortir de son script. Il proteste. S’étonne de me voir là. De me voir plaquer l’arme contre ma tempe et appuyer sur la détente.




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acidbrain

☾ ☾ ☾ ☾ ☾
“Wait I rise, Lordy Mama”
Sa chaîne va se rompre, le Vorace bondira ▲ Guerre, au seul souvenir des maux que tu déchaînes, fermente au fond des cœurs le vieux levain des haines ; dans le limon laissé par tes flots ravageurs des germes sont semés de rancune et de rage et le vaincu n’a plus, dévorant son outrage, qu’un désir, qu’un espoir: enfanter des vengeurs.
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Rêve Céruléen ft Varri ▲ Terminé - Jeu 3 Aoû - 19:58
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EFFIGIE : Charlize Theron
BAFOUILLES : 9206
PACTE : 04/01/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Kiffe se soumettre à un certain mâle alpha et a du mal à l'admettre. A le palpitant qui déconne en sa présence. En couple donc, toujours fourrée dans les bras d'Irénée.
BESOGNE : Ancien officier de police. Morte aux yeux du monde dans l'asile dont elle s'est échappée.
FABLE : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle
ÉCHINE : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé des gens. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation.
PRESTIGE : Clairvoyance empathique. Varri peut vivre les souvenirs des autres.
CREDIT : Cya


Into my skin
Irénée N. Carissi & Varri Bjurman
Varri le regarde. Elle le voit. Lars. Là, planté les deux pieds dans la neige, le regard porté vers le lointain, stature droite – posture insondable. Il lui affirme qu’elle ne va pas tarder à sortir et la belle lui rétorque un sourire froid. Une risette sauvage qu’il ne voit pas tant il est occupé à regarder autre chose qu’elle. Oh non, ça n’est pas près de s’arrêter. Mais c’est pas grave. Elle ne veut pas y penser. Le guide spirituel se fait distant, lui assure qu’elle ressent étant donné qu’elle a eu peur de lui. Blondie baisse la tête, cherche dans le propos les quelques miettes d’un ego mutilé. La peur. Dans le fond, elle est terrifiée. Ça lui reste, comme une empreinte douloureuse – une marque de brûlure au troisième degré. Sa souffrance demeure quand son optimisme se carapate. Non, il n’y a rien à craindre pour sa peur. Pour l’instant.
Varri hausse des épaules à son tour, le voit l’éviter quand elle s’approche. Elle fronce les sourcils, se braque un peu en dedans. Car si c’est son rêve, alors pourquoi Lars l’évite ? Pourquoi il est distant, d’un coup ? Pourquoi il a voulu lui faire l’amour alors qu’elle n’avait pas ça en tête ? Comprendre. Ca se répète dans sa caboche dans une rythmique entêtante. Varri ne supporte pas que la compréhension lui résiste. Elle voudrait que tout soit limpide, sans détour – mais si la vie n’a jamais été aussi simple, elle doit se rendre à l’évidence que les rêves non plus.
Alors, les globes dévalent sur une pierre gisant là, quelque peu recouverte de neige. Et si elle en faisait le vœu, se changerait-elle ? Un rêve, c’est malléable. Faut-il seulement qu’elle recompose un peu sa lucidité. Qu’elle en rassemble les miettes pour prendre le contrôle. L’idée ranime en elle un brin d’excitation. Elle aime maîtriser tout ce qu’elle touche. Et là, dans la réalité, tout part en vrille et elle n’a le contrôle sur rien. Alors qu’elle rêve, car il lui faut contrôler. La voix du Kvène coupe court à ses réflexions. Lui, le fruit de son imaginaire ? Dans ce cas là, ne devrait-il pas agir et parler comme elle veut ? Là. Ne devrait-il pas danser la gigue parce qu’elle le désire très fort ? Il est elle. Elle est lui. Son subconscient se pare simplement d’une forme qui lui rappelle son passé. Lui brandit un personnage sous le nez dont elle ne saisit pas encore l’entièreté et l’importance.
L’émancipation.
La seule réponse face à l’illégalité d’un geste. D’un crime.
L’homme est face à elle. Lui cause des ficelles – lui assure qu’ils sont dans sa caboche et qu’elle peut changer d’interlocuteur à tout moment. Les synapses trahissent un agacement que la blonde peine à déchiffrer. Il semble en colère, au fond – au-delà de cette frontière qu’il vient de poser entre eux. Le minois de Blondie se claquemure dans une réflexion un peu amère. Tout ça semble soudain si impersonnel et s’en est frustrant. Que son propre interlocuteur parle de lui à la troisième personne. Que nulle confidence ne se fasse dans l’illusion d’un partage. De complicité. De quelque chose.
Il lui révèle avoir grandi ici seul. N’est en rien l’écho de ses regrets solitaires. Alors, si tu es moi – pourquoi sembles-tu si différent ? Mué d’une volonté propre. Il cause communauté et elle sourit. Car elle aussi, elle aurait aimé faire partie d’un tout – aurait aimé que son cœur batte en osmose avec celui des autres. Des Samis. Dans une loyauté indéfectible. Comme eux le ressentaient pour sa mère.

Lars matérialise une chaise et le décor se tord à nouveau. La fraîcheur sauvage disparaît. L’odeur des sapins, du feu de bois, de la neige saisie de torpeur – tout ça s’étiole et l’air devient étouffant. Et les murs se ferment. Comme une herse infranchissable. Varri fait le tour d’elle-même – a l’impression d’avoir la gerbe. Voudrait riposter. Non. Ils étaient bien là. Pourquoi vouloir partir ?
Elle ne le veut pas alors pourquoi le fait-il ? Si lui et elle sont la même personne.

Lorsqu’elle se retourne vers lui, elle le voit menotté à la table. Elle reconnaît aussitôt l’endroit – c’est l’une des salles d’interrogatoire du commissariat de Kiruna – et lui, c’est le suspect. Cette réminiscence lui arrache une grimace furtive. Comment pourrait-elle oublier, cette fois là où elle l’a laissé sortir ? Malgré tout.
Elle lorgne avec frustration en direction de la vitre avant qu’une présence autre que la leur ne la fasse se raidir. C’est Hammarström qui surgit de nulle part – d’un angle obscur. Noren. Il semble plus massif, plus dur, aussi, que dans ses souvenirs. Son partenaire. Pas facile. Amer. Un peu violent. Traquant la corruption. Exécrant les connards. Mais un bon bougre dans le fond. Comme Fibonacci.
Avec moins de poil. Cette pensée la tétanise. C’est qu’elle avait presque oublié cette scène absurde – qu’elle s’est rejouée frénétiquement, craignant de l’oublier ou de la modeler différemment. Giacomo, détalant de chez elle en tant que loup.
La voix du Kvène la ramène à la réalité. Du moins, à l’instant présent – bien loin du capharnaüm de ses pensées. Immobile, Varri fixe les anneaux à ses poignets. Ecoute le tintement de la chaîne. « Je m’en souviens maintenant. » C’était au lendemain d’une guerre. Une énième bataille livrée entre les Kvènes et les Samis. Blondie a chaud d’un coup – sensation qui lui pète dans le crâne avant de disparaître en même temps que les fringues trop épaisses pour l’endroit. Jeans, veste en cuir, holster, insigne. Ça c’est elle. Sa deuxième peau. Elle remue légèrement ses épaules, satisfaite de ce choix de tenue – fait quelques pas dans la salle tout en regardant la tierce personne. Il est comme un automate répétant mot pour mot ce qui a été dit ce jour là. Il est un figurant – pas comme Lars.

Mais tu es quoi au juste, Hjelm ? Qu’elle se demande. Pas un guide. Pas elle-même. Il semble guidé par sa propre volonté. Il n’est pas passif mais semble vivre tout ça, comme elle. Il choisit et ça la fait douter. Parce que même s’il lui assure qu’il est elle, il lui ressert cette scène pernicieuse – là où elle a fait un choix déterminant. Un choix lourd de conséquences. Pour elle et les autres.
Lars parle et Varri porte ses mains de part en part de son crâne. Elle ne comprend pas. Pourquoi il lui dit tout ça. L’évidence. L’erreur. La déception. Pourquoi lui rappelle-t-il qu’elle a cru en lui et qu’elle a eu tort de le faire. Au fond d’elle, elle continue à croire que tout est possible. Seulement faut-il le vouloir.
Hammarström abat sa paume sur la table, tente tant bien que mal de secouer le Kvène de son timbre autoritaire mais le colosse ne cille pas. Il continue à lui parler – essaie de lui faire rentrer des faits dans la caboche. Si elle rêve de lui, c’est seulement pour l’entendre dire qu’ils sont différents. Qu’elle n’est pas comme lui. Qu’elle a droit à une seconde chance. Elle ramène sa chevelure vers l’arrière, mains scellées à son crâne – marchant pour ne pas avoir à trop le regarder. A trop le croire. Car il fulmine en elle une sorte de pulsion mutine criant à l’imposture. Ses paroles devraient la soulager mais ça n’est pas le cas. Varri bute sur chaque mot, se heurte à son propre refus d’obtempérer. Même si ça semble si beau. Ses globes se hissent jusq’au néon qui les arrose d’une lumière artificielle. Elle le fixe, a l’impression de se brûler les rétines avant que quelques mots ne la fassent chavirer. Réveille-toi. Qu’il lui demande et elle vrille un regard stupéfait sur lui. Il s’est redressé de sa chaise, assez écarté pour se soustraire à l’emprise du souvenir d’Hammarström. Le Kvène sort de la trame et Blondie comprend bien assez vite l’idée qui lui traverse l’esprit. « Non… » Geint-elle dans un gémissement qui peine à franchir ses lèvres. L’affliction l’incendie. Elle sent une boule de colère lui nouer les tripes, la protestation irradier ses muscles tendus. Sa férocité jubile de combler le vide dont elle s’est crue aliénée – à jamais. « NON ! LARS ! » Les yeux de la blonde s’arriment au canon de l’arme que le colosse vient de plaquer contre sa tempe. Sur la détente sur laquelle il menace d’appuyer. Le fil des événements s’enraye brutalement. Tout semble suspendu au gré de son cri de détresse. L’illusion se tord à nouveau et tout semble imploser – se désagréger sous les yeux des deux seuls vrais protagonistes. L’arme s’effrite alors même que la détonation retentit. Ne reste qu’un bruit sourd qui disparaît dans un tourbillon de poussière tandis que tout se disloque autour d’eux.

5, 4, 3, 2, 1.

Le noir. Profond. Au-delà de l’obscurité nébuleuse. L’on n’y distingue rien. C’est le néant. Blondie est au sol, tentant de se maintenir sur ses genoux. Car oui, s’il y a quelque chose de tangible autour d’eux c’est ce sol froid. Dénué d’imperfection, de gravats ou de poussière. Est-ce le sas d’avant réveil ? Varri sent une vague d’effroi l’envahir.  « Lars ? » Il a appuyé sur la gâchette. Est-il mort ? Dans son rêve ? L’a t’il laissé seule - prisonnière dans l’absence de tout. Aveugle à ce qu’elle pourrait entrevoir. Elle répète son nom et l’écho se perd dans l’immensité insondable. Elle se redresse, avance à tâtons, bute contre quelque chose. Un corps. Elle se sent submergée par l’angoisse, s’abaisse à nouveau pour tenter de distinguer du bout des doigts ce qu’il en est. « Je ne veux pas me réveiller. Je ne veux pas redevenir sourde, muette et aveugle. Je t’en supplie, Lars. » Elle devine le pan d’une veste, les reliefs du torse. Remonte son autre main pour effleurer la crinière attachée, redescendre le long de la tempe et la pommette. Rien. Pas de blessure. Elle s’attarde du charnu de la paume contre les lèvres masculines et sent son souffle. Chaud. Il respire. Une vague de soulagement l’ébranle – elle ne saurait vraiment dire pourquoi ou comment. « Tu n’es pas moi. Car si tu l’étais, jamais tu n’aurais voulu que je me réveille. » Elle lui parle en Kvène, se penche près de son oreille. Un brin de désarroi faisant trembler son timbre. « Tu es Lars Hjelm. Je ne suis peut-être pas comme toi, muée par ce désir de vengeance et guidée par cet instinct primaire de destruction mais j’ai tué quelqu’un. » Elle ignore si il l’entend mais qu’importe. Ramassée sur ses genoux, Blondie se laisse lentement glisser contre le torse, laisse sa tête reposer contre le poitrail – s’émerveillant en silence des battements réguliers de son cœur. « Il y a une violence en moi. Une violence que je n’avais jamais soupçonnée avant aujourd’hui. Et je crois qu’elle est en chacun de nous. Qu’elle nous ronge et qu’il est de notre devoir d’y résister. » Les phalanges se nouent dans le col du mâle qu’elle tente de redresser vers elle. « N’as-tu aucun remord lorsque tu tues ? » Qu’elle lui crache, venimeuse. Furieuse. D’être incapable de changer tout ça. « Ne penses-tu jamais à l’épouse, le mari, l’enfant, le père et la mère à qui tu arraches quelqu’un ? » Court silence. « Ne penses-tu pas aux gens que tu mutiles en leur arrachant ce qu’ils ont de plus cher ? » Elle tremble perceptiblement. De fureur, de torpeur et de désarroi. « Je ne ressens rien de tout ça. Suis-je un monstre ?  

                         



Codage par Emi Burton

☾ ☾ ☾ ☾ ☾
BRUTALE.
L'âme susurre et le cœur se noie. Dans les abîmes d'une rage folle  - créature famélique et vorace qui fouille les entrailles à la recherche d'une raison. Une seule suffit pour qu'elle exulte. Fanfaronne et se digère. N'en reste alors plus que les cendres. Celles de son monde dévasté.(c)lazare.
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Rêve Céruléen ft Varri ▲ Terminé - Ven 4 Aoû - 13:42
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lycans
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EFFIGIE : Jason Momoa
BAFOUILLES : 8439
PACTE : 06/06/2017


OSSATURE : 38 ans
CONTRAT : C'est compliqué / Varribataire - c'est comme être en couple sauf qu'on se l'avoue pas / Polygamie non assumée avec les vins et les spiritueux de la supérette discount du coin
BESOGNE : Sentinelle, chimiste et auto-capitaine pour le compte de la Nostro Regno
ÉCHINE : Suprématie anéantie - Lupin
PRESTIGE : Sens accrus - Plus agile, plus fort, plus rapide que le commun des mortels, mais pas que le commun des surnaturels - Régénération - Rage, impulsivité, agressivité CHECK - Capacité à péter les plombs en un temps record, CHECK - Instincts primaires enclenchés CHECK - Titiller l'bestiaux : NON CONSEILLE
GANG : Nostro Regno
CREDIT : Sign code by Solosland © Gifs by Varri <3 & QCEENMERAS
Rêve Céruléen
Varri & Irénée
Ca claque dans le vide. C'est comme un ralenti étrange. Disloqué. Ma tête reçoit l'impact mais la balle ne part pas. Clac. Clac. Pourtant ça fait boum. Juste à côté de mon oreille et de ma tête qui reçoit l'impact. Ca pète fort à m'en faire vriller le tympan. A m'en fait siffler l'audition. A en faire répercuter sur chacun des murs de cette foutue salle d'interrogatoire, l'explosion de la détonation. Mais il n'y a pas de balle. Il n'y a pas de balle dans mon crâne. De balle qui réveille. De balle qui fait gicler le sang, le cerveau, des morceaux d'os. Un mélange glaireux qui dégoûte. De balle qui fait mourir dans une douleur vive. Ou sans douleur. Je ne sais pas, après tout.  Il n'y a rien. Que le bruit et ma tête qui reçoit l'impact. Qu'une bourrasque violente qui me propulse sur le côté. Puis en arrière. Qu'un ralenti étrange. Un tour caméra sur une scène arrêtée. Que Varri et moi. L'arme entre mes doigts se craquelle. Fond. Se noircie. Tombe en pluie de cendres. Disparaît comme par enchantement. Par magie. Suivie de près par les murs. L'inspecteur. La glace sans tain qui ne cachait en fait rien d'autre que du noir. Une immensité de noir. De ténèbres ni froides ni chaudes. Immatérielles. Mais avec un sol. Et ça claque dans le vide. Ca claque. Ma tête reçoit l'impact. Je ferme les yeux quand j'ai l'impression de perdre pied. De m'écrouler. Je ne sais pas comment. Je ne sais pas où. Dans un monde sourd et aveugle. Dans un monde obscur. Vraiment très obscur. Mes esgourdes bulles. Ouais. Il y a comme des bulles à l'intérieur. Comme si j’étais en altitude. Je n'arrive pas à entendre. Pas à sentir. Mon corps est empli de fourmis. Elles me rendent parfaitement insensible. Incapable de bouger. Je crois que je pourrais me réveiller. Je crois que je me réveille. La peur de mourir aurait-elle été suffisante ? Je m'enfonce dans le sol. Un sol dur. Un sol qui flotte dans le Rien. Dans le Néant. Est-ce que j'ai seulement les paupières ouvertes ?

On me bouscule. Je tressaille imperceptiblement. Revient à vive allure dans cette réalité fantasmée. Dans ce rêve et ce grand Rien. On me caresse. Me touche. M'anime. Varri... Varri laisse moi crever. C'est pour de faux. Pourquoi tu tiens tant à me voir rester ? Sa voix, son murmure. Son vibrato paniqué fait péter bulle et surdité. Je l'entends. D'abord de très loin, il faut que je me concentre fort. Mais elle se baisse. A mon oreille. Me cause en kvène. Se pose sur mon torse. Ensuite je l'entends bien. Je l'entends normalement. Je suis même bien à l'entendre. Bizarrement bien. Apaisé. Tu vas me donner le goût de rester là, putain. A l'écouter me parler. Même si c'est pour m'engueuler, même si elle n'est pas contente, même si elle est paumée. Je comprends que je suis trop discret pour elle à l'instant où elle tire sur mon col pour que je me redresse. Ce que je fais. Dans une lenteur un peu maladroite. Je me cale sur les coudes. Lève une main hésitante. Fais glisser mes doigts le long de son bras dans un frisson. Me penche jusqu'à sentir son souffle tiède sur mon visage. Contre mes lèvres. Ma joue se frotte contre la sienne dans un battement de cœur manqué. – Il fait très… Très sombre ici. Mon front se pose sur sa tempe. Profite de sa douceur. Une seconde à peine. Ma bouche s'en va quérir sa carotide. Son odeur de mûre. - Je crois que j'ai trébuché dans ton rêve Varri. Ou que je t'ai appelé dans le mien, soupiré-je sur sa peau. Dans les deux cas ça doit être ma faute. Je brasse son parfum. Je le brasse à avoir l'impression qu'il est sur ma langue. - Tu es chiante, souri-je. Tout ça aurait été beaucoup plus simple si tu étais un peu plus crédule... Ou si j'étais meilleur menteur. Ou si t’étais capable de rêver de moi. De cauchemardé de moi ? Ou si t'avais de l'imagination tien. Tu ne veux pas te créer un chat qui parle à la place de me retenir ici ? C'est mieux que Lars Hjelm, un chat qui parle. C’est original, au moins. C'est plus mignon. Je lui mords l'épaule. Exaltant. - Ca n'aurait pas eu envie de toi un chat qui parle... Sinon tes rêves sont vraiment très bizarres. Je repars en arrière. Me recouche sur le sol à défaut de me remettre sur mes jambes. Je ne saurais foutrement pas où aller de toute manière et je ne peux, visiblement, rien contrôler pour l’instant. - Mais il n'aurait pas tué des gens ton chat qui parle. Il aurait eu vachement plus de mal à répondre à tes questions.

Je roule des yeux. Bien qu’elle ne puisse le voir. T’es percé à jour de toute manière alors… - Ok... Ok... Je soupire. – On va parler si tu veux qu’on parle. J'ai bien grandi dans la maison qu'on a vue, tout à l'heure. La maison à pignon... Elle était beaucoup moins pleine de merdes mais il y en a toujours eu pas mal. Je trouvais ça presque étouffant de voir tous ces bibelots partout, tout l'temps. Puis j'avais l'impression que ces connes de gravures elles me fixaient en permanence. Où que je sois dans la pièce. Pourtant j'les aurais virées pour rien au monde. Ca faisait cocon. Chaleureux. T'sais quand tu te fais à un truc qui te dérange, tu finis par lui trouver quelques qualités. Regarde, je suis sûr que t'arriverais à m'en trouver toi aussi. Des qualités j'entends, pas des trucs qui te dérangent, dis-je en lui tapotant la cuisse. Mais je suis né en face du lac Luossajärvi. Plutôt vite. Sans trop de douleurs. Enfin j'imagine. J'ai jamais demandé les détails. Voilà. Je suis le seul gamin de la famille et je crois bien qu'ils n'ont jamais parlé d'en avoir un autre, mes parents. Du coup je ne me suis jamais dis que ça pourrait être possible. L'éventualité d'avoir une sœur ou un frère ne m'a jamais traversé l'esprit. J'étais pas trop mal, seul. J'avais toute l'attention d'ma mère, la dernière part de dessert, une chambre à moi... Elle n'a jamais oublié mes spectacles, mes anniversaires. J'ai même réussi à la forcer à fêter Noël. Elle en a jamais favorisé un ou une autre. J'ai jamais eu à lui dire "J'suis pas ton préféré, c'est ça ?!" Ca ne peut même pas être mon excuse. Une excuse à ma violence. J'ai pas été déraciné. J'ai été aimé. Bien élevé. J'ai toujours eu assez de personnalité pour choisir les gens que je fréquentais et pas l'inverse. Mes parents sont toujours en vie. Je crois. Mais j'vous aime pas. C'est comme ça. C'est papa.

- J'aime pas les inégalités entre nos deux peuples. J'aime pas être celui qui en a le moins alors qu'il ne l'a pas choisi. Et pas mérité, probablement. On mérite pas quand on est gosse. J'aime pas être le mal né. Celui qu'on comprend pas quand il parle. J'aime pas avoir eu à me battre pour qu'on me donne des droits que d'autres avaient déjà. J'aime pas que ça ait brisé des familles et des vies. J'aime pas que des Sames se plaignent quand ça aurait pu été pire pour eux. Qu'ils auraient pu être nous. J'aime pas me dire que dans quelques temps on n'existera plus. Qu'on se sera perdu en courbettes. En courbant le dos et ça me donne envie de me battre. De me battre pour des terres. Des droits. Qu'on ne dise plus à mon père que c'est un connard de braconnier. Qu’on ne le fasse plus payer parce qu’il travaille. Qu’il travaille comme les Sames. Pour que mes parents n'soient plus pauvres. Qu'ils n'aient plus besoin de rien. J'ai envie de me battre pour notre mémoire. Pour prouver que les Sames ne valent pas mieux que nous. Et j'ai envie de me battre contre les Sames parce qu'ils ont tout mieux que nous. C'est la faute aux blancs, concrètement. A vos lois et à votre reconnaissance du peuple indigène. Mais vous n'avez rien que je veux ou que je n'ai déjà. Moi je veux les terres des Sames. Je veux leurs rennes et leurs droits. J'suis descendu à Kiruna pendant des années pour l'obtenir et ça n'a servi à rien. Alors j'me suis dis qu'à la source... Je claque ma langue contre mon palais. Ca... Ca c'est sûr tu ne peux pas l'inventer. Je hausse des épaules dans un bruissement feutré de tissu. - Tu as tué quelqu'un Varri mais tu ne t'en souviens même pas. Comment tu veux culpabiliser d'un meurtre que tu ne te doutais pas d’avoir commis avant qu'on ne te l'apprenne. Qu’on ne te l’apprenne putain. Le simple fait que tu culpabilises de ne pas culpabiliser est la preuve que tu ressens quelque chose. Que tu ne ressens pas rien de tout ça. Mais de la tristesse. Une certaine empathie distante. T'es pas un monstre. T'es pas comme moi. Je ne culpabilise pas pour les gens que j’ai tués. Je n’y pense même pas. Je ne me lève pas le matin avec la boule au ventre et des images horribles plein la tête, et je ne bois pas le soir pour éviter de cauchemarder. Je ne me dis pas qu’ils ont laissé des gens derrières eux qui les aimaient. Parce qu’ils ne sont pas des gens lorsque je les tue. Ils sont un ennemi qui m’empêche à la réalisation de mes idées. Qui empêche les gens que j’aime, moi, d’avoir une vie un peu meilleure. Ils sont des ombres. Des murs. Des numéros. Des objectifs. Ils n’ont pas d’âme. Pas de pensées. Ils sont des obstacles. On ne se bat pas pour les mêmes choses Varri. On n’est pas comparable.

Je tente de m’asseoir. Tâtonne jusqu’à trouver la hanche de Varri que je pince doucement. – Si. En une chose. En une chose où je suis d’accord avec toi et nous sommes comparables. Je la rapproche. – Notre violence. Notre part d’ombre. La bête tapis au fond de nous, dans nos eaux troubles. Ma paume roule sur sa peau. Sur ses côtes. Sur son ventre où elle appuie. - Elle attend juste le bon moment pour se manifester…. Parce que jamais elle ne nous quitte. Jamais elle ne se laissera canaliser. Museler. Elle est là. Chaque fois que tu penses y résister c’est juste elle qui ne voulait pas. Et peut-être que tu ne la verras plus jamais. Peut-être que c’était son ultime élan. Le seul. Mais prépare toi à l’éventualité que ça ne soit pas le cas. Et ça ne te rendra plus faible ou plus faillible. Mais plus forte parce qu’il faudra que t’apprennes à vivre avec et à l’accepter. Cette part de violence. A faire des choses meilleures, avec elle. Court silence.Rallume la lumière maintenant, s’te plait, Amour, je n’y arrive pas.



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“Wait I rise, Lordy Mama”
Sa chaîne va se rompre, le Vorace bondira ▲ Guerre, au seul souvenir des maux que tu déchaînes, fermente au fond des cœurs le vieux levain des haines ; dans le limon laissé par tes flots ravageurs des germes sont semés de rancune et de rage et le vaincu n’a plus, dévorant son outrage, qu’un désir, qu’un espoir: enfanter des vengeurs.
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Rêve Céruléen ft Varri ▲ Terminé - Sam 5 Aoû - 0:20
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sorciers
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EFFIGIE : Charlize Theron
BAFOUILLES : 9206
PACTE : 04/01/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Kiffe se soumettre à un certain mâle alpha et a du mal à l'admettre. A le palpitant qui déconne en sa présence. En couple donc, toujours fourrée dans les bras d'Irénée.
BESOGNE : Ancien officier de police. Morte aux yeux du monde dans l'asile dont elle s'est échappée.
FABLE : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle
ÉCHINE : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé des gens. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation.
PRESTIGE : Clairvoyance empathique. Varri peut vivre les souvenirs des autres.
CREDIT : Cya


Into my skin
Irénée N. Carissi & Varri Bjurman
Varri a l’impression d’être seule à remuer dans cet océan de ténèbres. Seule à feuler sa rage et sa colère – contre elle-même plus que contre lui. Lui, l’homme qui s’est pointé là pour lui faire prendre conscience qu’elle n’est pas la pire. Qu’une bavure, c’est pardonnable. Bien plus qu’un passé de massacres. Qu’est ce qu’elle veut entendre ? Elle l’ignore. Ne sait pas ce qu’elle fout là. Ce qu’il fout là. Résolument.
Quand elle secoue le Kvène, la voix de Varri s’est tue pour laisser son introspection se poursuivre dans son crâne. Elle le pense inerte mais l’homme réagit enfin – s’arrache à son inconscience pour daigner se redresser sur ses coudes. Elle le distingue par le toucher mais n’évalue pas vraiment leur proximité – celle qui pourrait lui coller une céphalée si elle prenait conscience du plaisir qu’elle ressent à être si près de lui. Même si elle le hait pour sa virulence et son amertume. Pour son refus de changer sa façon de penser. Sa négation à l’idée de devenir quelqu’un de bien.
La respiration erratique de la blondine, due à sa colère – se rompt aussitôt contre un rempart de circonspection. Lars effleure son bras du bout des doigts et l’incapacité de Varri à appréhender ce qu’il pourrait faire lui arrache un frisson irrépressible. Les doigts de la donzelle sont toujours emmêlés dans le tee-shirt mais elle relâche doucement son emprise sur lui, immobile – trop occupée à contraindre la vague indocile qui déferle en elle. Il s’incline et la promiscuité ne fait aucun doute malgré l’obscurité qui règne. Leurs respirations se coudoient, s’emmêlent et Blondie reste saisie par le consentement qu’elle éprouve – la docilité qu’elle lui offre. Parce qu’elle ne se rebiffe pas. Ne le repousse pas. Mais reste là, à éprouver son contact. La caresse de sa barbe contre sa joue. Sa caboche contre la sienne. Varri ferme les yeux, soulagée qu’il ne puisse pas voir le trouble qui la tenaille. D’où vient ce désir si fulgurant ? Cette réciprocité insensée ?
C’est un rêve. Qui a le goût de vrai. Peut-être qu’elle se l’est toujours fantasmée, Lars Hjelm. Que finalement, c’est pour ça qu’elle s’est donnée tant de mal pour le faire sortir. Au-delà de cette admiration culturelle qu’elle a pour lui, peut-être qu’il ne s’agit là que d’une attraction purement primaire. Primitive.
Le Kvène prend la parole et Varri se rend compte qu’elle a cessé de respirer. Il niche son museau dans son cou et la lapone ondule brièvement dans un soupir. Est-ce qu’il entend son cœur battre dans sa tête ? Sent-il le sang pulser dans ses veines à l’image du contrôle qui lui fait défaut sur son corps. Mon rêve ? Ou le tien ? Alors c’est vrai ? Comment cela pourrait-il l’être ? Elle voit des choses dans l’esprit des gens – mais comment peut-elle se retrouver connectée à Lars Hjelm alors qu’il est aussi loin ? Pourquoi lui parle-t-il comme s’ils avaient tous deux vécu quelque chose d’intense et d’inoubliable ? Pourquoi est-ce qu’elle flanche à ses mots. Son timbre suave. Sa gestuelle fiévreuse d’un désir corrosif. « Qu’est ce que tu fais ? » Murmure-t-elle dans une envie de riposte, incapable cependant de s’arracher à lui. Mais c’est à peine audible et cela se perd entre les mots du Kvène qui lui reproche d’être trop coriace. Il lui cause de chat qui parle, chose qui ramène un brin de lucidité dans la transe intuitive de la blonde. Elle ouvre les yeux mais ne voit toujours rien. Ose croire à l’accalmie jusqu’à sentir le saillant des canines du mâle taquiner la pulpe de son épaule. Nouveau frisson qui la parcourt. Ivresse obscure qu’elle fait taire au fin fond de son ventre. Pourquoi t’as envie de moi Lars Hjelm ? Parce qu’elle le veut ? Ou a-t-elle loupé des épisodes de leur existence en commun ? Il s’arrache. S’étend parterre. Et Varri goûte au répit.
Le meurtre. C’est ça qui semble les lier. Intimement.
Quand elle, ne dit rien, Lars semble finalement délier sa langue. Elle est bien loin la distance qu’il avait instaurée quelques minutes auparavant. Il revient sur les questions qu’elle a posées – sur lesquelles il n’a pas été bavard précédemment. Explique que oui, cette maison c’était la sienne et que malgré tous ses défauts et l’angoisse de ses détails, il ne l’aurait changé pour rien au monde. La confidence se fait spontanément, assez pour que Varri en soit surprise. Il pousse la comparaison jusqu’à eux, évoque les qualités qu’elle pourrait lui trouver avec légèreté ce qui brouille l’expression de Blondie entre intérêt et amusement. Il lui confie une jeunesse paisible en tant qu’enfant unique – bien loin de toutes les préoccupations qu’un frère ou une sœur aurait pu lui amener. Tout ça n’est en rien un prétexte à la violence qu’il a laissé grandir en lui – il le reconnaît. Et cette franchise la trouble, à Varri. Car peut-être bien qu’elle aurait espéré qu’il l’ait été – malheureux. Qu’il ait été battu. Renié. Qu’il ait eu besoin de se rattacher à sa colère pour vivre. Survivre.

C’est comme ça. Qu’il lâche. S’en suit le laïus. L’expression du malaise et du mal-être de toute une vie. De tout ce qui a forgé cette acrimonie à l’égard des Samis - peuple étant coupable d’avoir reçu plus d’égards de la part du gouvernement qu’eux. C’est injuste mais pas comme il l’imagine. Car ils se sont battus, eux aussi – pour arriver  là où ils sont aujourd’hui. Et c’est encore bien peu. Trop peu. Varri ressent la colère abrupte de son vis-à-vis lorsqu’il en parle. Il est pétri d’envie. Il les jalouse, tellement. La guerre entre Samis et Kvènes n’est qu’un dommage collatéral de l’arrivée des colons et ces derniers se contrefoutent bien du mal qu’ils ont causé. Tout se noie dans la foule. Dans le flux des générations. Il n’y a pas vraiment de coupable mais Lars en avait besoin d’un.
Figée, regard perdu dans l’obscurité, Varri demeure immobile quand il en revient à sa situation. Elle a tué sans s’en souvenir et en ça, ils sont différents. Culpabiliser la rend vivante. Empathique. Son détachement n’est qu’un mirage.
Lui, ne ressent rien. N’est pas hanté par ses crimes. Et ses paroles exsudent une telle distance que Varri se sent désemparée. Comment a-t-elle pu croire qu’il puisse changer ? Lars voit l’ennemi bien avant l’humain – et en ça, il est très dangereux. Il déshumanise ses victimes pour ne pas qu’elles deviennent des obstacles à son accomplissement personnel. « On n’est pas comparable. » Confirme-t-elle sur un ton amer. Ça gronde en elle – de désespoir et de frustration. Comment peut-il se montrer aussi insensible ? Froid ?
Il bouge légèrement. Elle le sent. Il semble la chercher d’une main ambitieuse, étreint son flanc, la rapproche et Blondie se cache derrière le rideau de cheveux qui lui tombe devant ses yeux. Il met en lumière une similitude entre eux – cette colère qui est en chacun d’eux, tapie. Patientant comme un animal malingre. Affamé. La paluche masculine semble avide, hasarde sur le corps de la blonde qui se contracte instinctivement. Au lieu de museler cette part de violence, il lui faut la dompter. Se préparer à l’idée qu’elle puisse revenir et réclamer son tribut. Qu’il est bon son conseil – surtout venant de la bouche d’un meurtrier.
La blondine anime sa main gauche, vient saisir la pogne du mâle au vol. Amour ? Elle serre la mâchoire, essaie de deviner la direction à toiser de ses prunelles étrécies par l’agacement. « Tu es fou. Fou et égoïste. » Ses mots tombent sèchement comme un couperet. « Te rends-tu seulement compte que tu ne les protèges pas, les tiens ? Cette guerre ne mène à rien. Ce que tu cherches, c’est des coupables à châtier. Mais regarde où tu en es aujourd’hui, Lars. Tu tues. Tu as beaucoup tué. Et pourtant, rien n’a changé. »
Sa main libre fond jusqu’à la mâchoire barbue qu’elle étreint entre ses doigts tandis qu’elle bascule vers l’avant, amenant Lars à retomber dos au sol. Mais ce n’est pas la surface froide qui l’accueille. C’est le moelleux d’un matelas à la parure immaculée. Un lit. Et tout autour d’eux, la lumière revient progressivement, révélant les frontières d’une chambre. Penchée sur lui, Varri le maintient un instant ainsi avant de se redresser sur ses genoux, jetant un regard ahuri autour d’elle. « Qu’est ce que que… » La pièce est de bonne taille. Le lit conséquent. Et les draps sont en désordre comme si l’on venait d’y dormir. « Est-ce que c’est toi qui… ? » Elle ne finit pas sa phrase, baisse les yeux vers le débardeur étroit qui lui serre le corps et le tanga noir qui épouse son séant. Lars, quant à lui, torse exhibé – a gardé son pantalon. « Est-ce que c’est toi qui… ? » Répète-t-elle d’une œillade attentive.
Non. C’est toi Varri. Lui certifie la petite voix dans sa caboche. Car cette chambre, c’est la sienne. Celle de Kiruna. Comment Lars Hjelm pourrait-il connaître ses détails de son intimité ? Sur les murs, quelques rares photos la montrent elle et son paternel. Bruissant à la poignée de la fenêtre, le collier d’ossements qu’elle a confectionné au fil des années. En souvenir d’elle.
Ça fourmille dans son ventre. Elle s’écarte brutalement de Lars, sauvagement rattrapée par leur proximité affriolante et la lumière comme seul témoin de leur inextricable rapprochement. L’évidence qu’échafaude son esprit la plonge dans une stupéfaction aux relents de vindicte.

J’ai envie de toi.

Et pas parce qu’il est le seul à qui elle a parlé depuis des jours. C’est autre chose. De plus lointain – enfoui. Un désir vorace qui lui ronge les tripes. Un besoin viscéral qui demande à être assouvi. Expressément. Elle recule lentement, comme un chat surveillant un prédateur et tentant de s’esbigner à ses calots. Ses pieds nus touchent enfin le sol. Elle se redresse, recule d’un pas puis d’un autre jusqu’à butter contre la commode derrière elle.

« Y a vraiment quelque chose entre nous, non ? » Demande-t-elle faiblement. Parce que j’ai envie que tes mains me touchent. J’aimerais que tu m’embrasses. Je voudrais ressentir ton désir car ça me semble familier maintenant. A la fois familier et douloureux. Comme une réminiscence. Elle ferme les yeux un instant, essaie de retrouver ses moyens – les re-ouvre pour le fixer avec détermination. Elle veut lire en lui. Voir en lui. Mais il n’y a rien.
Un rêve.
Paumes plantées sur le meuble derrière elle, râble légèrement recourbé vers l’arrière, Varri ne peut s’empêcher de caresser le Kvène d’un regard intense. « Lars. » Et le timbre de reprendre avec une certaine gravité. « Est-ce que tu es en Suède. En Laponie ? » Car le doute fait cloquer toute certitude. Et s’il n’était pas là-bas mais qu’il était ici ?    
       
                       
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Rêve Céruléen ft Varri ▲ Terminé - Sam 5 Aoû - 17:08
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lycans
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CONTRAT : C'est compliqué / Varribataire - c'est comme être en couple sauf qu'on se l'avoue pas / Polygamie non assumée avec les vins et les spiritueux de la supérette discount du coin
BESOGNE : Sentinelle, chimiste et auto-capitaine pour le compte de la Nostro Regno
ÉCHINE : Suprématie anéantie - Lupin
PRESTIGE : Sens accrus - Plus agile, plus fort, plus rapide que le commun des mortels, mais pas que le commun des surnaturels - Régénération - Rage, impulsivité, agressivité CHECK - Capacité à péter les plombs en un temps record, CHECK - Instincts primaires enclenchés CHECK - Titiller l'bestiaux : NON CONSEILLE
GANG : Nostro Regno
CREDIT : Sign code by Solosland © Gifs by Varri <3 & QCEENMERAS
Rêve Céruléen
Varri & Irénée
Souvent il ne faut pas longtemps pour qu’une situation dérape. Un instant. Un battement d’aile de papillon. Une inspiration. Une expiration. Un mot. Une phrase. Un jugement. Même la main de Varri qui se referme sur mon poignet ne rend pas ce qu’elle me dit moins amer et difficile à avaler. Tout ce que j’ai fait n’a donc servi à rien ? Je fronce les sourcils. Relâche subitement la pression sur son ventre. Rompt le contact avant même qu’elle ne bascule sur moi ; sans que je ne le vois venir. Je pars en arrière. Ne percute jamais le sol. J’ai la sensation étrange et désagréable d’y passer au travers. De tomber. De tomber dans le Rien. Pas longtemps. Mais assez pour qu’une décharge d’adrénaline anime mon corps. Le fasse pulse sous ma peau. Que ma bête pas si allégorique que ça, elle, grogne dans ma tête d’une désapprobation que je lui cède. Et même si, finalement, c’est le moelleux d’un matelas que nous accueille ; que la lumière se rallume doucement autour de nous ; que nous nous retrouvions dans une chambre que je ne connais pas sous les balbutiements de Varri… Je suis profondément en colère. La tenue légère dans laquelle elle est drapée ni change rien – une réminiscence de son passé, je suppose, mon manque de débardeur reste un bref mystère que j’élude. Elle se redresse vivement. Je suis le mouvement. M’assois lorsqu’elle se lève - carrément. Grogne lorsqu’elle s’éloigne pour aller buter dans une commode, sous des questions dont je n’ai aucune envie de fournir les réponses. Et il n’a pas grand chose d’humain mon grognement. De cette profonde colère qui stagne. De la colère qui brûle. Il vient de la bête… La spectatrice silencieuse de ma vie qui veut se faire moins discrète que d’habitude.

- Non mais… Non mais c’est une blague ? Elle est comme une flamme à l’intérieur de mon bide. Une chose incontrôlable qui attise. Animée d’instincts primaires. Là, ce n’est pas du sexe qu’elle exige. C’est du sang. - Tu as peur que je te saute dessus ? Que je te viole pour reculer comme ça Varri ? Parce que je suis un fou égoïste ? Un fou égoïste assez con pour essayer de te rassurer quand tu lui poses des questions, ça me paraît utile de le rappeler. Putain mais je suis VRAIMENT trop con. Je me lève d’un bond, sans pour autant m’approcher d’elle. Claque mes bras le long de mon corps, démuni par l’image ingrate qu’elle me renvoie. - Tu voulais que je te dise quoi ? Que ouais, mon père il m’avait tabassé quand j’étais jeune ? Que ma mère était une alcoolique, que je l’avais ramassé un nombre incommensurable de fois sous la table, dans son propre vomi ? Que j’avais pleuré toutes les larmes de mon corps et que j’avais été super triste ? C’est ça les histoires qui te consolent quand tu vois des gens tuer d’autres gens ? Ca rendrait ma présence plus acceptable que j’ai eu une enfance pourrie ? Ca te ferait PLAISIR que j’en ai eu une ? Tu m’prendrais en pitié ? Ca te rendrait plus sympa ? Tu ne reculerais pas quand tu me verrais torse nu ? Parce que grandir dans une famille de cas sociaux ça t’autorise à écraser des gens en voiture ? Genre, Ah oui non,  mais Lars il a le droit de tuer des gens parce que ses parents ils étaient vilains donc c’est pas grave, il ira pas en prison ? Genre c’est bon, c’est ton joker ? Tes parents ils sont vilains donc t’as le droit d’être le pire enfoiré de la terre c’est excusable. Est-ce que ça serait vraiment EXCUSABLE ? Mais y a pas d’excuse valable quand tu tues des gens, que ce soit pour châtier ou par légitime défense. Que t’ai eu une enfance pourrie ou que t’ai eu une enfance merveilleuse. La misère n’excuse pas le crime. Mais c’est dingue, putain. Et c’est moi qui suis fou dans l’histoire ? Oui, peut être un peu, t’extrapoles. Tu dérives.

Je prends une grande inspiration dans une contraction musculaire lancinante. - T’sais quoi oublie ce que je t’ai dis. C’est mal c’que t’as fait. T’es une meurtrière. Tu culpabilises MEME PAS toi non plus tu viens de me l’avouer. Et comme je suis sympa avec toi, en plus, tu me craches à la gueule. Mais c’est quoi que t’aimes pas ? Que je te rassure ? Ne demande pas à être rassurer alors. Tu veux que je te dise que t’es un monstre ? Tu veux que je sois aussi con que toi et que je vomisse des jugements de valeurs ? Mais pour les vomir il faut te penser supérieur à celui à qui tu les dis ! Tu te rends compte de ça ? Tu te rends comptes que tu te crois supérieure à moi ? Pourquoi ? Parce que t’as fait des études, t’as un statut, un bon métier, que t’es du bon côté de la loi… Que t’as tué une personne et que j’en ai tué 10 ? C’est un concours c’est ça ? C’est un concours de bite ? On est dans la surenchère du mieux. Donc moi j’ai juste à me taire. Je te rassure et toi tu me juges. Tout est normal. Y a rien qui te pose un problème ? Parce que c’est facile au final, puisque je viens de te confier une partie de ma vie. Que tu piétines, au calme, sans te demander là non plus si j’ai des émotions. Ah non mais c’est bon je suis un meurtrier qui a eu une mère qui l’aimait alors on peut me tacler toute la journée, ça va, ça ne peut pas me faire de mal. Parce que je suis le Mal de toute manière.. Le raccourci le plus débile du monde. Mais c’est quoi ton foutu problème Varri ?! Je me baisse. A peine. Empoigne le fond du lit pour le soulever d’un geste sec. Puissant. Un à-coup supplémentaire le renverse complètement. La bête jubile. Hurle dans ma tête dans un hurlement de victoire.

Je vacille. Me remet face à Varri. - Reste-y dans ton hôpital psychiatre ! T’en a carrément besoin ! Parce que j’suis peut-être un connard, mais je suis un connard réaliste. Je suis conscient de mes propres tares. J’me sens pas obligé d’humilier les gens pour les assumer ou faire comme si elles n’existaient pas. J’ai la décence d’accepter ce qu’on me dit à partir du moment où c’est bien dit. Ou d’accepter ce que je ressens sans être blessant. Et alors oui, j’ai tué des gens Varri. Mais là aussi, j’ai au moins la décence de me rappeler de mes morts et du pourquoi je les ai tué. Y a des fois ou je me suis juste défendu, y a des fois où je me suis vengé, y a des fois où c’était politique… Ils ont toujours su pourquoi ils allaient mourir. Y a toujours eu une bonne raison même si elle n’était pas cohérente pour tout le monde. Je ne me suis jamais levé un matin avec l’envie subite d’aller buter mon voisin. Et quand bien même je me soigne pour ça. - Mais tu ne vis même pas dans la réserve pourquoi tu m’en parles ? Tu ne sais même pas ce qui a changé, concrètement, depuis que je suis revenu du Norrland. Et toi c’est quoi ta bonne excuse ? Pourquoi tu l’as tué ce mec ? Sa tête ne te revenait pas ? Il t’avait marché sur l’pied dans la rue ? Il sait pourquoi tu l’as tué ? Il est mort en sachant pourquoi ? Pourquoi tu lui tirais une balle ou lui plantait un couteau dans l’bide ? Y avait une logique dans ton meurtre. Aussi infime soit elle ? La moindre petite logique qui ferait que ce soit excusable, plus excusable que moi, et que personne ne recule quand il te voit approcher ? Ou alors demain tu vas croiser quelqu’un et tu vas l’buter juste parce que tu seras mal lunée ? Et il a changé quoi ton meurtre à toi ? La face du monde peut-être ? Une grimace amère déforme l’expression neutre de mes traits. - Pourquoi tu juges ce que j’ai fait Varri ? Pourquoi tu te permets de le faire alors que t’as rien fait de mieux que moi ? Comment tu peux savoir si je les protège ou pas les miens ? Tu vis avec nous ? Dans la réserve Kvène ? Ils sont venus te le dire ? Ou tu juges sur de pauvres suppositions blanches et extérieures ? Ou tu t'en veux à toi alors tu t'acharnes sur moi ?

- Et juste après ça tu me demandes s’il y a quelque chose entre nous ? Elle n’a pas tout à fait tord. T’es pas capable de te rappeler s’il y a eu quelque chose entre nous ? Non puisque tu l’as drogué. Depuis Kiruna. Depuis l’Italie. Y a tellement de mecs qui sont passés sur toi que t’es pas capable de te rappeler si j’y suis passé aussi ? Tu n’es pas fairplay. Y a la queue devant ton appartement ou comment ça s’passe ?! Bien sûr que non ! T’es qu’un sale con frustré d’être le seul à te rappeler. Putain ! La paume de ma main vient se presser contre ma tempe. Bouillante. J’ai chaud. Horriblement chaud. Et ce n’est pas juste dû à la chaleur Italienne. Il fait nuit en Italie. Il fait bon. Mais mon sang boue. J’ai comme de la fièvre. Le genre qui me donnerait une vigueur improbable. C’est la bête. C’est la bête. Elle se met en mouvement. Elle rampe sous ma peau. Lèche ma chair. - Et pour ton information ça fait un an que j’ai quitté la réserve, craché-je en fermant les yeux une seconde. - Ce qui prouve que j’étais un grand méchant détracteur. Ouais. Vous ne vous êtes même pas rendu compte de mon départ et de l’arrêt des guerres intestines. BRAVO la police tribale.

Je me penche. Attrape un bout de drap. Le tire. Le balance vers Varri pour qu’elle s’y enroule. Au moins. Même si c’est son foutu rêve et qu’elle pourrait se rhabiller sans se genre de cache précaire. - Va te faire foutre. Franchement Varri, va te faire foutre. T’es imbuvable. Tu sais pourquoi tu rêves plus ? C’est pas parce que t’y arrive plus, c’est que t’as personne à qui rêver. C’est bas. T’imagine que même moi j’arrive pas à te supporter. DANS UN REVE ?! Moi, Lars Hjelm ! Le mec le plus imbuvable et insupportable du monde. T’imagine que t’arrives à être désagréable avec quelqu’un qui ne peut pas te faire du mal et qui ne veux même pas t’en faire ?! Quelqu’un qui pourrait te comprendre… Tout ça parce que tu restes campée sur tes positions pleines de préjugées et que tu lui réclames ce que t’es incapable de lui donner ? Remet toi en question Varri. Apprend l’échange. En attendant, je vais essayer de me suicider pour retourner dans la réalité vraie avec des gens carrément moins fêlés que toi. Je me détourne. Me dirige vivement vers la porte. - Ah et… Oui c’est bon… Je sais : je suis injuste. Ca parfait le tableau. J’avais pas assez de cordes à mon arc entre le fou et l’égoïste. L’injuste ça fait classe, vociféré-je par-dessus mon épaule. Bonne nuit, finis-je, théâtral, en sortant de la pièce.

Mais ce n’est pas mon rêve. Je ne sais pas comment est faite la maison de Varri, à Kiruna. Je réapparais comme par enchantement dans le fond de la chambre. Du mur. J’en reste sans voix. Surpris. La colère monte. La mâchoire de la bête claque dans un tremblement dingue. Je réitère. M’élance, ouvre la porte. Reviens automatiquement dans le fond de la chambre. Fulmine. L’animal courroucé tempête. Le grognement sort cette fois de ma propre gueule. Absolument pas humain. Il fait vibrer mes cordes vocales comme si elles appartenaient entièrement à la bête. Je m’en prends à une lampe. L’envoie valser contre le mur d’en face dans une violence exacerbée. Mes muscles roulent sous ma peau… Des muscles qui nous avons rarement l’occasion de voir s’actionner sous une peau humaine parce qu’ils… Ne sont justement pas humain. Je sens monter une mutation non désirée. Je ne céderais pas. C’est un rêve. Un pauvre soubresaut de pouvoir tape sur le museau du loup. Le loup refuse la soumission.

J’implose. Littéralement, ai-je l’impression. Une implosion intense. Un choc colossal anime mes entrailles comme je ne le pensais pas possible dans un rêve – même dans un cauchemar. Je sens mon derme se déchirer dans une lacération intolérable quand je suis entièrement propulser contre la cloison du fond, embarquant dans l’élan une table de chevet. Elle tape dans mes reins. Je protège à peine mon visage de mes bras. Atterri brutalement sur le sol. Un liquide tiède s’échappe de mon nez. De ma bouche. De mon torse. Je reconnais la texture, l’odeur et le goût du sang mais n’estime pas les dégâts. J’ai juste horriblement mal. Et je me sens merveilleusement vide. Alors je reste là. Sans bouger. La respiration folle. Ce rêve lucide est trop lucide. Je me vois. Vaguement. En vrai. Dans un spasme conscient. Je suis tombé du canapé.Je suis tombé, frissonné-je. Mais parler me ranime. Un peu. Je tente de bouger. Ce qui s’avère difficile. Je suis endolori. Je suis une plaie vivante. J’abandonne après avoir passé une main sur mon bide dans une vague trop intense de douleur. Et la seule chose à laquelle je pense c’est : Je suis libre ? Je suis libre… Et si je me réveille maintenant… Est-ce que mon loup restera, à vie, dans le rêve de Varri ?




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acidbrain

☾ ☾ ☾ ☾ ☾
“Wait I rise, Lordy Mama”
Sa chaîne va se rompre, le Vorace bondira ▲ Guerre, au seul souvenir des maux que tu déchaînes, fermente au fond des cœurs le vieux levain des haines ; dans le limon laissé par tes flots ravageurs des germes sont semés de rancune et de rage et le vaincu n’a plus, dévorant son outrage, qu’un désir, qu’un espoir: enfanter des vengeurs.
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Rêve Céruléen ft Varri ▲ Terminé - Sam 5 Aoû - 22:45
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sorciers
sorciers


EFFIGIE : Charlize Theron
BAFOUILLES : 9206
PACTE : 04/01/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Kiffe se soumettre à un certain mâle alpha et a du mal à l'admettre. A le palpitant qui déconne en sa présence. En couple donc, toujours fourrée dans les bras d'Irénée.
BESOGNE : Ancien officier de police. Morte aux yeux du monde dans l'asile dont elle s'est échappée.
FABLE : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle
ÉCHINE : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé des gens. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation.
PRESTIGE : Clairvoyance empathique. Varri peut vivre les souvenirs des autres.
CREDIT : Cya


Into my skin
Irénée N. Carissi & Varri Bjurman
Varri a beau retourner tout ça dans sa tête mais il n’y a aucune réponse claire et cohérente qui s’avance dans le dédale d’hypothèses qui se forme. Elle ne comprend pas ce qu’il se passe. Ses propres contradictions lui font tourner la tête. Assez pour en perdre l’équilibre. Pour manquer de s’écrouler.
Elle baisse un instant la tête, détourne les yeux de la carrure nouée du Kvène qui se fissure d’une violence sans pareille. Qu’il la trouve abjecte. Qu’il éructe son mépris. A l’égard de sa réaction et des mots qu’elle lui réserve. Il s’insurge et Varri incline le chef, guettant du coin de l’œil l’aura masculine qui palpite. Brûlante.
Est-ce qu’elle a peur de lui ? Est-ce qu’elle craint qu’il la contraigne ? Non. C’est de ce qu’elle pourrait faire dont elle a peur – ce qu’ils pourraient faire tous les deux s’ils restaient si proches. Si conciliants. S’ils s’apportaient mutuellement assez de réconfort pour aimer ça.
Ses mots ont piqué le mâle au vif. Ils blessent toujours, ses mots. Elle peut parfois briser les autres, son impulsivité. A croire que Blondie ne sait faire autrement. Que d’attaquer. Qu’être en conflit. En permanence.
Varri sent sa gorge se serrer. Elle se sent stupide. Folle à lier. S’en voudrait presque de faire vivre ce ballottement de conscience permanent – de faire subir à Hjelm cette déchirure de son âme. De son essence. De son entité. Ne crie pas. Qu’elle l’implore en silence alors que ses yeux s’embrument. S’il te plait, ne crie pas. Elle inspire profondément, tente de ravaler la peine douloureuse qui l’étrangle. Celle qui l’essore. La noie irrémédiablement dans la noirceur chaotique de la tourmente. Ballottée dans l’inconstance, elle non plus ne sait plus. Ce qu’elle doit faire ou dire.

Il s’insurge et il a raison. Car oui, elle cherche un prétexte pour l’apprécier. Une raison tangible qui puisse expliquer cette folie qu’elle a eu de croire en lui. Au fait qu’il puisse changer. Se racheter. Car quelqu’un qui a vécu le pire a des raisons d’être en colère. Froid. Indifférent et insensible. Qu’un petit garçon choyé par ses parents n’a aucune raison de devenir violent et amer. Lars crache ses mots. Vitupère. Et Blondie se tourne dos à lui le temps de s’appuyer sur la commode, muselant son envie qu’elle a de chialer. Oui. Il a essayé de la rassurer et elle lui a brandi son acrimonie sans sourciller. Mais là, elle veut tout envoyer valser. Après tout. Pourquoi ne se réveillerait-elle pas ?  De ce cauchemar. De ces vérités là qui ne font jamais plaisir à entendre. Lars lui reproche de le juger, de l’écraser sans le moindre état d’âme. D’être insensible à ce qu’il puisse ressentir. Le Kvène s’anime er retourne brutalement son lit dans un élan furieux. La blonde tressaille mais ne bouge pas.

T’es cruelle Varri, parfois. Se souvient-elle dans une ruade de l’esprit. On lui a dit. Plus d’une fois. Elle le sait. Blondie heurte. Fait mal. Pour tester les limites – voir ce qu’ils peuvent encaisser. Elle teste les gens jusqu’à ce qu’ils se lassent – réalisent que là-dedans, rien n’est sain. Elle pousse à la haine et au mépris. Et le retour d’ascenseur fait toujours mal.

Allez ravale tes larmes. Qui est-il, finalement ? Lars Hjelm. Pour elle. Si elle se sent supérieure ? Probablement. Vas-y, crache tout ce que t’as. Elle se tourne à nouveau vers lui, billes rétractées. Rends-moi les coups que je te donne. Non, elle ne sait rien de lui dans le fond – même si elle reste intimement persuadée du contraire. Et peut-être bien qu’elle est pire que lui – car elle a toujours cru faire au mieux et s’est fourvoyée depuis le début. Non, elle ne vaut pas mieux que lui. Pas mieux que la plupart des criminels qui s’entassent dans leurs prisons. Il suffit parfois d’une mauvaise journée tu sais.
Varri le fixe. Elle est pâle, comme si elle était le spectre d’elle-même. Et elle l’écoute, car ne voulait-elle pas ça ? Entendre, voir et ressentir. Même si c’est douloureux. Pénible.  
Il ranime en elle un spasme de vie même si son nom est souffrance.
Qu’elle y reste dans son hôpital psychiatrique. Elle pourrait sourire – lui renvoyer une risette frisant l’irrespect à déraison. Le pousser à la frapper. A la détruire. Parce que c’est toujours plus simple de régler par les poings ce qu’on n’arrive pas à exprimer par les mots. Lars s’indigne qu’elle demande s’il y ait quelque chose entre eux. Pourquoi ne s’en rappellerait-elle pas ? Parce qu’elle aurait fait le choix d’oublier ?

« Tu sais trop de choses et tu m’embrouilles l’esprit Lars. » Qu’elle murmure en contractant la mâchoire. Oui, c’est encore ta faute. Il lui dit que ça fait un an qu’il a quitté la réserve, la taxe d’incompétente de par son ignorance. Elle bat des paupières sous la menace. Il veut se barrer de là parce qu’elle l’éreinte. L’éprouve. Que même lui, qui est loin d’être l’exemple même de la patience et de l’ouverture d’esprit en a ras-le-bol d’elle. Quelque chose s’est brisé en lui. Elle le sent. Même si ce n’est qu’un rêve. Même si ils sont à des kilomètres l’un de l’autre. Même si sa foutue caboche tente de la convaincre que cet échange est réel. Que son pouvoir est vrai. Elle le regarde tourner les talons, ouvre la bouche mais aucun mot ne sort. Elle contemple alors la chambre de ses souvenirs, mise à sac. Comme sa tête.
Il passe par la porte mais re-apparaît à l’opposé comme dans le sketch d’une boucle sans fin. Varri le suit du regard – réalise qu’elle ne veut pas le laisser partir. Se hait pour ça. Pourquoi t’en redemandes ? Se moleste-t-elle. Et Lars poursuit. Tente à nouveau de s’enfuir sans grand résultat. Lâche l’affaire. Réveille-toi. Qui aimerait ? Talonner quelqu’un qui le hait ? Le retenir pour mieux souffrir ? Pathétique.
Il enrage. L’effraie un peu en gesticulant comme un fou. Il lâche un grondement qui semble inhumain, fracasse la lampe de chevet contre le mur opposé. Et Varri sursaute, cette fois-ci. Elle est tendue, fébrile. Et toujours à moitié à poil, malgré la tension d’un tel moment.
« Arrête. » S’il-te-plait, arrête. Mais au lieu de ça, la charpente masculine se tend et voltige à l’autre bout de la pièce. Les murs tremblent sous l’impact – d’une telle puissance que Varri croit un instant qu’elle va se réveiller. Sa mâchoire se décroche et son cœur manque un battement quand elle voit la silhouette d’un loup surgir du colosse avachi pour se ruer vers la porte. D’un bond souple, la bête disparaît. S’enfuit dans l’obscurité nébuleuse de l’arantèle onirique. Les yeux de la belle se porte dès lors sur le Kvène étendu sur le sol  à quelques mètres. La violence du choc l’a sonné. Il saigne sans que la blonde puisse dire d’où ni comment. Saisie de torpeur, elle met quelques secondes avant de daigner remuer, s’approche de lui dans un pas feutré pour se couler à ses côtés, hébétée par ce qu’elle vient de voir. « Qu’est ce qu’il vient de se passer ? » Elle cligne des yeux, essaie de trouver une once de cohérence dans le chaos. « Un loup. J’ai vu un loup. Encore. » La panique se remet à l’asphyxier. « C’est moi ? Encore moi et mon esprit malade ? » Qui ressasse. Encore et encore. Cette folie.
Elle n’ose le toucher, suspend ses mains au dessus de lui entre crainte et désespoir. « Est-ce que c’est moi qui vient de te blesser ? » Pulsion destructrice du subconscient. « Je ne voulais pas. Je… » Une larme roule à l’angle de sa mâchoire. Elle s’en rend compte et l’essuie d’un revers de la main. « C’est tellement plus facile de détester quelqu’un qui nous hait. Alors hais-moi Lars. Hais-moi fort. » Parce que je ne suis qu’une crasse. « Parce que je ne saurais quoi faire d’autre. Parce que tout le reste m’effraie. » Elle passe la langue sur ses lèvres, goûte au sel qu’y ont laissé ses larmes. « J’imagine que c’est ça, ma manière de me punir pour avoir voulu t’embrasser tout à l’heure. Etre odieuse avec toi. Parce que je t’en veux de m’avoir donné envie. » Silence douloureux. « Oui, je suis égoïste et peut-être que je t’ai envié. Pour ce lien que tu as avec les tiens. » Car ça lui rappelle ce qu’elle a perdu.

« Lève-toi Lars. » Lui chuchote-t-elle. « Lève-toi à moins que tu veuilles que je te tue par pitié. » Elle se redresse, lui tend la main – l’invitant à la saisir. « Demande le moi et je me réveillerai. Je te laisserai retourner à ta vie et moi à la mienne. Si c'est ce que tu veux vraiment. » Bien sûr qu'il le veut. Après tout ça, bien sûr que tu le veux.
                       
Codage par Emi Burton

☾ ☾ ☾ ☾ ☾
BRUTALE.
L'âme susurre et le cœur se noie. Dans les abîmes d'une rage folle  - créature famélique et vorace qui fouille les entrailles à la recherche d'une raison. Une seule suffit pour qu'elle exulte. Fanfaronne et se digère. N'en reste alors plus que les cendres. Celles de son monde dévasté.(c)lazare.
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