if i will wake up one day and i miss you too much. (dumitru)

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Lasairian Murtagh
VAMPIRES - THE JAGGED JAWS
OSSATURE: : vingt-sept, et le minois qui en clame une ou deux de moins lorsque les traits se font doux et l'iris crépitant de cette fougue adolescente ne l'ayant jamais quitté. CONTRAT: : potentiel amoureux négligé au profit des déambulations solitaires. BESOGNE: : antiquaire à ses heures, caverne aux merveilles où les reliques amassées au fil des siècles ne se dévoilent qu'à la lumière artificielle.
ÉCORCE: : trois-cent-seize, l'âge qu'il tait, qui arrache un rictus interloqué à quiconque en prend connaissance. même auprès de ses pairs, il n'a jamais fait cet âge-là. ÉCHINE: : transformation amorcée aux tréfonds d'un bordel, ses crocs se font écarlates du sang des êtres qu'il trie, étudie pour leur passé sordide avant de leur ôter la vie. GANG: : main dorée de la monarca, parallèle laissant libre cours aux pulsions artistiques. @EFFIGIE: : bill skarsgard, par hershelves, code sign ANESIDORA. BAFOUILLES: : 189 PACTE: : 22/08/2017



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Mer 6 Sep 2017 - 22:52
did you fall for a shooting star– One without a permanent scar?
I'm only honest when it rains. If I time it right, the thunder breaks when I open my mouth. I want to tell you but I don't know how. I'm only honest when it rains, an open book with a torn out page, and my ink's run out.
C'est sous la noirceur d'un ciel orageux que sa présence timide progresse lentement aux alentours de la propriété. De sa propriété. Que la nuque affaissée se redresse, déroulant les épaules et son échine de géant. Silhouette qui dans l'instant n'a d'impressionnante que cette stature qui aligne son ombre sur tout un chacun, alors que l'allure est pataude, les pas maladroits. L'incertitude étreint ses côtes alors que les convenances s'égarent. Jamais le vampire n'a été de ceux qui s'annoncent, un peu moins encore chez lui, s'invitant effrontément, ne se le voyant jamais reproché. Les portes qui lui ont été ouvertes depuis ce qui ressemble à une éternité se font pourtant lourdes sous les prunelles olivâtres qui disparaissent alors que les cils s'alignent dans la pénombre. Son odeur est ci et là, partout à la fois, depuis des centaines de mètres qu'il hésite, ralentit, reprend sa route en achevant ses déambulations futiles. A l'abris de ses tempes passe le déluge des souvenirs qui s'amène à chaque fois qu'il s'attarde, repères qu'il chercha un temps à rompre, incapable de les oublier. L'avait-il seulement réellement souhaité ? La nostalgie l'étreint alors que les traits de Dumitru s'impriment à l'envers de ses paupières, son plus vieil ami délaissé au profit d'insensées rancunes, à en oublier les vieux griefs.

Et sans même s'en apercevoir, il pénètre déjà à l'intérieur. Demeure quelques minutes de plus immobile sur le seuil, à l'endroit précis où le demi-tour s'est imposé des années plus tôt. La dernière fois qu'il est parvenu à arracher à ses hésitations le courage nécessaire pour faire un premier pas vers lui. Qu'entre les murs, ce n'est pas sa présence qu'il décela, mais celle, humaine, de ce qui lui semblait être un intrus. Ce qui ne l'était finalement pas, sans doute, alors que l'hypothèse se forgeait brutalement, gravant l'incertitude sous sa chair. Un humain, nulle trace de terreur en son sein, qui suffisait à repousser le vampire loin de ces murs. Là où pour l'une des premières fois en trois-cent-ans, la témérité légendaire du gamin s'éteignit au profit d'une lâcheté ne demandant qu'à s'exprimer dans le recul, l'aisance éphémère d'une fuite destinée à le tenir éloigné pour un temps encore. Une simple carcasse de chair et de sang, au palpitant vivace, aperçue du coin de l'oeil, et le voilà qui disparaissait comme si les premières lueurs d'un soleil levant chassait ses pas loin de l'imposante maison. S'attachant à l'idée qu'un autre se trouvait à la place qu'il songeait retrouver, malgré l'absence, malgré le doute des silences, l'amertume s'accentua en négligeant l'évidence. Prétexte d'une jalousie qui lui seyait si bien, à lui qui se débattait avec ses émotions en vain, plus simple que d'admettre sa couardise, à la crainte des retrouvailles. Poids destiné à ne jamais quitter sa poitrine, au regret des temps passés, de la facilité des mots et des gestes éprouvés à son contact, à s'imaginer que les années briseraient doucement la familiarité. Contemplatif, il a laissé faire, Lasairian, après l'échec des premières fois. Et puis, une remise en question au crépuscule d'une nuit banale, de celles qui relevaient de l'impossible dans l'esprit borné du vampire, de celles qui relevaient pourtant du possible lorsqu'il s'agissait de lui. Prenant la direction de ses appartements, comme s'il s'agissait de la décision la plus naturelle du monde. Parce qu'il n'y avait qu'une impulsion capable de repousser ses convictions. Qu'un coup dans ce coeur immobile en se perdant au milieu des reliques amassées, exposées dans sa boutique, laissant Dumitru hanter ses pensées, le pousser à tenter une fois de plus - une dernière fois - de le retrouver.

La tension se relâche alors qu'il se découvre seul dans les lieux, que les pas apprivoisent à nouveau le défilé des salles, ses doigts s'attardant à tout effleurer, empreintes invisibles s'appropriant l'angle d'un meuble, la courbure d'un objet. Il ne l'entend pas entrer, ou ne daigne pas l'entendre, absorbé par la contemplation de la vue des allées assombries offerte par les fenêtres. Ses phalanges sont légèrement crispées sur le bois, témoignent de la tension qui s'annonce insidieusement alors qu'inconsciemment, il détecte parfaitement sa présence. Capable de se mettre des oeillères pour profiter de ces secondes hors du temps précédant la confrontation, après s'être lui-même introduit chez lui, sans que rien ne l'ait laissé présager. Y'a pas de grands mots subtils sur les lèvres du vampire qui se retrouve en proie à une douleur qui lentement chemine, du long de ses veines jusqu'au fond de sa poitrine. « J'ai bien cru que j'allais repartir sans avoir eu le plaisir de te voir. » Comme s'il ne s'agissait que d'une visite anodine, pour profiter des lieux, que le voir n'était qu'un plaisir secondaire. La mauvaise foi se tisse avec aplomb, mécanisme de défense blindant ses traits. Enfin, il se retourne, lui fait face, pose son regard sur lui. Il suinte le malaise malgré ce sourire en coin qui retrouve inévitablement sa place à la commissure de ses lèvres, lui filant quelques années de moins. Lui qui ne mâche pas ses mots se retrouve à tourner autour du pot, à feindre les fausses excuses, esquissant une moue faussement précautionneuse. « Si tu avais déjà prévu quelque chose pour la nuit... » Porte de sortie qui serait presque agréable, à sa manière de le dire, la situation le dépassant de plus en plus au fil des secondes. « J'ai cru remarquer que t'étais assez occupé, les dernières fois. » Il se trahi, volontairement, à laisser entendre que ce n'est pas la première fois qu'il cherche à le voir, ne s'attardant pas davantage, malgré ses iris qui s'animent d'une lueur indiscible, de ces déceptions passées, de cet inconnu trouvé chez lui sans qu'il n'ait su ce qu'il y foutait, au juste. De cette distance qu'il n'ose rompre, par peur de disparaître dans ce fossé qu'il a lui-même creusé entre eux, de cette réaction qu'il attend, suspendu au moindre de ses mouvements. Crépitations muettes distillant ces non-dits berçant ses pupilles. De la déchirure s'opérant depuis le moment où il l'a senti le rejoindre, à son visage retrouvé après des années à ne le croiser qu'au détour des portraits réalisés sur le fil de sa mémoire.
code by bat'phanie

_________________
† he swam through oceans; home was where his heart was but his heart had a mind of its own, swept here and there by the winds ruffling the waves. he could not catch it; so he opened his eyes and ripped apart his chest - and he breathed. - for the greatest tragedy of them all is never to feel the burning light.


Dernière édition par Lasairian Murtagh le Dim 24 Sep 2017 - 20:22, édité 5 fois
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Dumitru Vulpesco
VAMPIRES - THE JAGGED JAWS
OSSATURE: : 36 ans et 492 ans au compteur vampirique CONTRAT: : Veuf BESOGNE: : Espion pour le clan Vacaresco/ accessoirement Vigneron
FABLE: : Fils de boyard autrefois, il a gardé de cette époque son éducation et l’art de gouverner. Enfant muet jusqu’à 15 ans, il se révèle à la mort de son père au moment de reprendre le domaine familial. Les Vulpesco sont vassaux du clan Vacaresco depuis plusieurs générations. Fidèle, loyal. Il épousera de toute son âme la cause de son monarque. Redonner ses lettres de sang à Dragos Vacaresco c’est son objectif. Enfant unique, il voit un frère en celui qui le fera immortel. Fraternité évoluant en sentiments bien plus profonds qu’il n’aurait imaginé malgré l’horreur et le dégoût que provoquera sa transformation. Humaniste, il se met en retrait le temps d’apprivoiser sa bête. Revient sur ses terres. Reconstruit son domaine en exploitant les Roms. Ces gens le fascinent, le redoutent. Les rumeurs circulent : c’est un démon. A force de les côtoyer, son intérêt se porte sur l’une d’entre eux. Etonnant car les femmes n’ont que peu d’intérêt pour lui. Elle suscite désir et convoitise en lui portant à son tour de l’intérêt. Il fera d’elle son infant. ÉCORCE: : 492 ans ÉCHINE: : De la race des Princes. Immortel assoifé @EFFIGIE: : Ben Whishaw - Merci à Marius BAFOUILLES: : 1307 PACTE: : 01/08/2017



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Sam 9 Sep 2017 - 0:09


if i will wake up one day and i miss you too much. Lasairian & Dum' Quelle heure se fait-il ? C’est une question que je ne me pose plus depuis longtemps. Alors pourquoi vient-elle se manifester maintenant ? Ce soir ?
Mes doigts se ferment, froissent le papier comme si cela pouvait en effacer la raison, ou plutôt la réponse. Le visage figé, je m’enferme dans les souvenirs de cette soirée passée. Les phalanges se serrent un peu plus fort, finissant en poing. C’est la présence d’Umberto dans mon dos, qui me fait relâcher les doigts de ma main.
Le souvenir reste. La rancœur devient vapeur mais persiste encore.

Mon fidèle Umberto n’ignore pas la raison pour laquelle cette journée me rend à ce point sombre. Date anniversaire d’un jour que j’aimerais n’avoir jamais connu il y a plusieurs années à présent. Celui où il m’a dit “ basta” … où tout a pris fin, évoquant qu’il ne fallait pas mélanger business et vie privée. Peut-être que si je n’étais pas resté de marbre à ce moment-là…peut-être que si mes émotions s’étaient exprimées…peut-être que cette soirée aurait été différente…peut-être…
A quoi bon mettre ses tripes à l’air ? Pour quel résultat ? Regardez où cela mène dès qu’entre dans ma vie un être auquel je tiens. Si je fais la synthèse depuis le premier souffle de mon éternité, je peux la résumer en un seul et unique mot : abandon. Qu’ils soient de ma race ou de celle des hommes, tous m’ont dépossédé du peu d’âme qui me restait.

- …oui Umberto ? Demandais-je sans me retourner.
– Monsieur devrait peut-être sortir ce soir ? Souhaitez-vous que… Il ne continue pas.
- …que quoi Umberto ?
- …que je fasse venir une compagnie à Monsieur.
- …nan ça ne sera pas la peine. Ne t’inquiète pas Umberto demain je n’y songerais plus. Je me retourne pour le rassurer d’un sourire qui ne le trompe pas mais il sait qu’il ne doit pas abuser de mon amitié envers lui. tu peux te retirer Umberto, je n’ai plus besoin de tes services pour ce soir…je t’ai laissé de quoi te “préserver”. Quelques gouttes de sang pour prolonger sa vie.
– Merci Monsieur…

Umberto se retire, je me lève pour me rendre à la fenêtre. Le temps est aussi sombre que je le suis. Orageux. Pluvieux. Je n’aime pas cette météo peu propice au raisin quand l’eau est trop abondante. Les grappes sont fragiles et peuvent s’abîmer facilement. Un éclair vient de zébrer le ciel à quelques kilomètres apportant sa luminosité éphémère et éclatante. Bien loin de rappeler l’incandescence du soleil, elle n’en reste pas moins magique., me faisant oublier l’espace de son sillage, le poids de cette solitude quand je ne voyage pas. Je devrais peut-être m’éloigner de Rome durant un moment.
Il est loin ce temps où en mon fief, fêtes et rires égayés mes nuits au rythme des Rom’. Mon regard se perd dans d’autres souvenirs, celui des flammes qui dansent et du bois qui crépite, dévoré par le feu. Celui d’Antigone, ensorceleuse diablesse.

Alors que j’étais à nouveau parti à m’enfermer dans cette nostalgie mélancolique, l’iris de mes pupilles se dilatent en même temps que je tourne le visage sur le côté, comme si je venais de percevoir quelque chose d’inhabituel. Mon front se plisse comprenant que l’inhabituel ne l’était pas tant que cela…
* Lui ! *
Je ne sais si je dois m’en réjouir ou si je dois me préparer à une nouvelle confrontation. Encore un nom qui s’ajoute à cette foutue liste de ceux qui aiment se servir sans donner en retour et décident du jour au lendemain de ne plus donner de nouvelles. Bien sûr que cela n’a jamais été une obligation entre lui et moi, Lasairian est une étoile filante dans ma vie, apparaissant quand il en éprouvait le désir, accueilli dans mes murs…dans mon lit, repartant. Je me suis toujours interrogé si ces aller et venues n’étaient une habitude conservée du temps de ses voyages sur les flots.
Ami…amant, Lasairian est l’un des rares à connaitre les détails de mes deux vies. Lui et moi partagions ce point commun : un désintérêt pour le langage à une étape de notre vie. Aujourd’hui nous pouvions ajouter un autre point commun : l’objet de notre discorde. Apollinare….mon créateur.

Je parcours les pièces suivant le sillage qu’il a laissé derrière lui. Je peux sentir le parfum de sa peau imprégnée de la pluie. Percevoir ses doutes lorsque je me tiens derrière lui. L’écoute, faussement amère mais piquant.

- …je ne savais pas que Rome était si grande pour que tu t’y perdes depuis toutes ces années que tu y vies, sans pouvoir me rendre visite. Les hostilités semblent reprendre là où nous les avions laissées. Je soupire, blasé par sa puérilité alors que je devrais avoir me sentir offensé…trahi même. Bonsoir Lasairian. Faut-il que nous reprenions à nouveau ? Dois-je te rappeler que ma porte ne t’est jamais fermée ?

Je ne comprends pas immédiatement ce qu’il entendait par : “j’étais assez occupé la dernière fois” !!

– La dernière fois ?! Comment ça ? Au moment où ses mots vont matcher, mon regard s’agrandit.   …tu joues les rôdeurs maintenant !! Je fais un pas vers lui. ce que je fais quand tu n’es pas là, ne te regarde pas Lasairian…il me semble que je n’ai jamais fait la moindre allusion sur tes “rencontres”…ha si, excuse-moi….cela m’est arrivé une fois…d’ailleurs n’est-ce pas pour cette raison que tu m’as sevré de tes visites….et de tes bras ? Je regrette déjà mes paroles, passe la main dans mes cheveux, agacé, soupirant avant de reprendre. …écoute je n’ai pas particulièrement envie de me quereller ce soir…comment vas-tu mon ami ?


© Justayne


Dernière édition par Dumitru Vulpesco le Lun 18 Sep 2017 - 22:41, édité 1 fois
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Lasairian Murtagh
VAMPIRES - THE JAGGED JAWS
OSSATURE: : vingt-sept, et le minois qui en clame une ou deux de moins lorsque les traits se font doux et l'iris crépitant de cette fougue adolescente ne l'ayant jamais quitté. CONTRAT: : potentiel amoureux négligé au profit des déambulations solitaires. BESOGNE: : antiquaire à ses heures, caverne aux merveilles où les reliques amassées au fil des siècles ne se dévoilent qu'à la lumière artificielle.
ÉCORCE: : trois-cent-seize, l'âge qu'il tait, qui arrache un rictus interloqué à quiconque en prend connaissance. même auprès de ses pairs, il n'a jamais fait cet âge-là. ÉCHINE: : transformation amorcée aux tréfonds d'un bordel, ses crocs se font écarlates du sang des êtres qu'il trie, étudie pour leur passé sordide avant de leur ôter la vie. GANG: : main dorée de la monarca, parallèle laissant libre cours aux pulsions artistiques. @EFFIGIE: : bill skarsgard, par hershelves, code sign ANESIDORA. BAFOUILLES: : 189 PACTE: : 22/08/2017



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Mer 13 Sep 2017 - 21:02
did you fall for a shooting star– One without a permanent scar?
i'm only honest when it rains. if i time it right, the thunder breaks when i open my mouth. i want to tell you but i don't know how. i'm only honest when it rains, an open book with a torn out page, and my ink's run out.
Ses mots, il les attend, les appréhende en comblant les secondes de silence qui accentuent trop rapidement l'étau qui enserre sa poitrine. Et c'est une fébrilité qui se glisse sous sa peau glacée lorsque sa voix retentit pour la première fois, coup résonnant jusqu'aux tréfonds de sa cage thoracique. Pour un instant, y'a que ça qui compte réellement, de l'entendre à nouveau, de s'attacher à ses paroles qui résonnent à ses oreilles et non plus seulement des recoins de son esprit. Si c'est lui qui a pris l'initiative de venir le trouver, se dégageant de tout effet de surprise, le vampire n'en demeure pas moins secoué, incapable de revêtir l'indifférence qu'il a pu juger de circonstance aux premiers échanges. Un peu plus encore alors que ses sourcils s'arquent sur ses iris assombris par les propos que Dumitru avance, le plaçant inévitablement sur la défensive. « Bonsoir, Dumitru. » Politesse forcée, réponse arrachée du bout des lèvres avant de poursuivre. « Comme tu peux le voir, inutile de me le rappeler, de me rappeler quoique ce soit, d'ailleurs. » Un geste désignant sa propre présence en ces lieux, air narquois placardé sur les lèvres, alors que les derniers mots se posent de manière faussement anodine. Nul besoin de prétendre avoir oublié, lorsque l'évidence des souvenirs se manifeste dans sa posture tendue, à la lueur de ses prunelles mélancoliques. Ses airs effrontés noient la douleur qui l'étreint à se tenir face à celui que rien n'a su effacer d'une mémoire toujours bien trop vive, précise. Aux souvenirs inaltérables des instants de conflits, ce sont tous les autres jours qui surgissent avec la même intensité, meurtrissant ses côtes sans qu'il ne parvienne à s'en détacher. Sa simple odeur suffit à le ramener deux siècles en arrière, alors que son regard se posait sur sa silhouette pour la première fois. Sur sa propre voix qu'ils découvraient à l'unisson, alors qu'il prononçait son prénom à son intention, le seul à être parvenu à laisser les mots s'évader de ses lèvres désespérément closes.

Il doit se faire violence, Lasairian, pour arrêter nette la course des réminiscences qui lui filent le vertige, le poussent à passer une main frémissante dans sa tignasse humide pour se donner une contenance. Il retient le pas de recul alors que le ton s'élève, qu'il le voit effectuer un premier pas vers lui. Il n'est pas tout à fait prêt à ce que la distance s'amenuise, pas alors qu'il quitte brutalement ses rêveries et que Dumitru continue à lui faire perdre l'équilibre. Strictement immobile, c'est le plancher qui semble vaciller sous ses pieds alors que l'humain lui revient en tête, qu'Apollinare est évoqué, que ses responsabilités s'immiscent dans la conversation alors que ses mâchoires se crispent. Les répliques déchirent son palais alors qu'il ne se retient pas longtemps, que c'est à son tour de faire un pas dans sa direction, son regard planté dans le sien, sans une hésitation. « Et je l'ai regretté. Je l'ai regretté, et ça m'a peut-être pris du temps pour le digérer et venir frapper à ta porte, mais j'l'ai fait. Et plutôt deux fois qu'une, même si la première m'avait presque résigné. » Blessé, c'est ça le terme qui meurt sur sa langue dans un accès de fierté. Ses traits recouvrent leur impassibilité dès qu'il a terminé, dès que les derniers mots de Dumitru effleurent la corde sensible et distillent un soupçon de calme dans ses veines. « Si ç'a eu l'air d'être mon intention, c'est pas le cas, je te rassure. J'venais pas après tout ce temps pour régler des comptes, ni t'emmerder. » Il est pourtant très fort pour emmerder son monde, quand il l'a décidé, et peut-être qu'il est un peu hypocrite à cet instant précis. Les piques gratuites, ça lui convient bien, et celles qu'il a pu lâcher ne se justifiaient sans doute pas plus que la tension pesant toujours entre ses omoplates. « Et inutile de parler de lui. » Une précision qui lui semble essentielle, étant données les proportions qu'a pu prendre leur dernier échange au sujet d'Apollinare. Si le ton est un peu trop ferme, il se radoucit en laissant l'honnêteté dévorer les mots qui se précipitent à la suite. « C'est pour toi que je suis là, Dumitru. Pour rien d'autre. » Le tonnerre assourdit à moitié ses mots, pas suffisamment pour les rendre inaudibles, au désarroi de celui qui ne sait tenir sa langue. C'est toujours un peu maladroit, lorsque rien ne se calcule, que la spontanéité s'ose à chasser la pudeur des mots, la rancoeur pour quelques secondes. S'humectant les lèvres alors que la frénésie des retrouvailles peine à s'estomper, une seconde d'incertitude entrave ses gestes alors qu'il s'apprête à ôter sa veste trempée. Comme si le moindre de ses mouvements demandait une certaine réflexion, sous le regard de Dumitru, comme si celui-ci en particulier indiquait son intention de s'attarder un peu entre ses murs. Il s'abstient en finissant par laisser retomber ses bras le long de son corps, à la lueur de la foudre qui déchire le ciel, feignant de porter son intention sur cette dernière, le regard attaché à l'obscurité qui retombe derrière la fenêtre. « Je vais bien. » Comme toujours. Il va toujours bien, Lasairian, même lorsque la gêne malmène son attitude, que l'émotion de le voir là perturbe le fil de ses pensées. Un rire lui échappe, d'ailleurs, à se moquer de cette propre illusion qui ne peut prendre auprès de celui qui ressent sûrement sans peine le bordel qui se trame le long de ses nerfs. « J'étais juste à peu près sûr de pas te trouver, pour être franc. Et tout de suite, j'ai l'impression que ç'aurait été plus facile, au moins pour un temps. » Sa voix grave s'arrête sur ces mots alors qu'il contemple un instant encore les éclairs qui zèbrent la voûte céleste. Et l'air de rien, après la confession de cette faiblesse, le vampire déstabilisé reporte enfin son regard sur son plus ancien ami, lâchant comme si de rien n'était :« Et toi, comment vas-tu, Dumitru ? »
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Dernière édition par Lasairian Murtagh le Dim 24 Sep 2017 - 20:21, édité 2 fois
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Dumitru Vulpesco
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OSSATURE: : 36 ans et 492 ans au compteur vampirique CONTRAT: : Veuf BESOGNE: : Espion pour le clan Vacaresco/ accessoirement Vigneron
FABLE: : Fils de boyard autrefois, il a gardé de cette époque son éducation et l’art de gouverner. Enfant muet jusqu’à 15 ans, il se révèle à la mort de son père au moment de reprendre le domaine familial. Les Vulpesco sont vassaux du clan Vacaresco depuis plusieurs générations. Fidèle, loyal. Il épousera de toute son âme la cause de son monarque. Redonner ses lettres de sang à Dragos Vacaresco c’est son objectif. Enfant unique, il voit un frère en celui qui le fera immortel. Fraternité évoluant en sentiments bien plus profonds qu’il n’aurait imaginé malgré l’horreur et le dégoût que provoquera sa transformation. Humaniste, il se met en retrait le temps d’apprivoiser sa bête. Revient sur ses terres. Reconstruit son domaine en exploitant les Roms. Ces gens le fascinent, le redoutent. Les rumeurs circulent : c’est un démon. A force de les côtoyer, son intérêt se porte sur l’une d’entre eux. Etonnant car les femmes n’ont que peu d’intérêt pour lui. Elle suscite désir et convoitise en lui portant à son tour de l’intérêt. Il fera d’elle son infant. ÉCORCE: : 492 ans ÉCHINE: : De la race des Princes. Immortel assoifé @EFFIGIE: : Ben Whishaw - Merci à Marius BAFOUILLES: : 1307 PACTE: : 01/08/2017



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Lun 18 Sep 2017 - 22:42


if i will wake up one day and i miss you too much. Lasairian & Dum' Le ciel se déchire sous les éclairs qui viennent le zébrer. Devrions-nous y voir un signe ? Est-ce le reflet de nos propres âmes déchirées qui tentent malgré leur désaccord de se souder à nouveau… ? Je ne sais pas, je ne parviens pas à réfléchir avec lucidité. La colère gangrène ma raison. Je lui en veux par cette absence imposée. Je lui en veux d’être aussi désinvolte comme à son habitude, de semer toujours autant de doutes en moi. Il m’a trahi. Il n’en avait pas le droit. Pas lui. Surtout pas lui. Nous avions tant partagé. Je l’ai tant aimé. Je l’aime tant encore. Comment a-t-il pu se montrer si indigne de cet amour que je lui portais ? Balancer tout cela comme s’il ne s’agissait qu’une vulgaire passade…
Mes poings se serrent, tout comme ma mâchoire. Je ne sais ce qui me retient de l’acculer au mur pour exiger des réponses, ou tout simplement, pour soulager cette colère qui altère ma raison. Cette colère qui me renvoie loin lorsque j’ai découvert sa trahison alors que nos retrouvailles nous avaient conduit à les fêter dans un corps à corps indécent et voluptueux à la fois. M’a-t-il laissé le découvrir par lâcheté ou a-t-il bêtement occulté qu’en le buvant pendant l’euphorie de notre étreinte, j’allais découvrir sa trahison ? Peu importe les réponses, le mal a été fait. Je me revoie aux bords de l’extase mordre sa gorge. Ivre de son corps, alors que les souvenirs vinrent m’assaillir et heurter de plein fouet par ceux qu’il a partagé avec mon Sire…mon propre Sire. Je l’ai repoussé avec violence avant de fondre sur lui, sa gorge à la merci de ma poigne. Je me revois avoir exiger d’une voix rauque des explications alors qu’il connaissait mes espoirs de le revoir un jour. Pourquoi ne m’a -t-il pas dit qu’ils se connaissaient…qu’il avait croisé la route d’Apollinare… ? Par amour pour Lasairian, mes doigts ont lâché sa gorge. Sans aucun regard, sans aucun mot, j’avais repris mes affaires et l’avais abandonné dans cette chambre qui n’aurait dû être que le témoin de nos retrouvailles heureuses. Oui c’est moi qui suis parti sans attendre les réponses mais il a toujours su où me retrouver et ne l’a jamais fait jusqu’à ce soir.

Je l’écoute, ravalant mon amertume, du moins essayant de le faire. Malgré ma froideur, mon regard s’attarde sur ses traits…sur tout ce qui m’a manqué de lui. Bien que sa désinvolture reste agaçante, j’avoue qu’elle s’ajoute à la liste de ce qui m’a fait défaut par son absence.

– Par deux fois !! Il y en a déjà une de trop. A peine étouffée, que mon amertume resurgit. Sarcasme ou ironie, je m’en fous. Il le prendra comme il l’entendra. Il faut que ça sorte, que je lui dégueule tout ce que je ne me retenais lui dire. Te RESIGNER !! Criais-je presque. Comment pouvais-tu te résigner alors qu’il ne te manquait que quelques mètres à faire pour mettre un terme à ton silence ? N’ai-je donc que si peu d’intérêt à tes yeux pour…t’effacer de la sorte ? Tu n’en avais pas le droit Lasairian…pas après tout ce que nous avons été l’un pour l’autre… Je marque un silence, que je vais regretter sûrement aussitôt, une fois qu’il sera rompu. Dois-je comprendre qu’il n’y a plus de “nous”…que tout ce qui fût n’ait été que du vent ?Est-ce cela Lasairian pour que tu te sois “résigner” cette première fois où tu as daigné franchir quelques mètres de ma propriété… Je me remémore ses derniers mots quand j’ai su trouver une once de paix. Justement si ce n’était que pour cette raison…tu aurais dû trouver ce courage qu’il t’a manqué.

Je pince, entre mon index et mon pouce, le haut de mon nez comme si un mal de crâne soudain venait me frapper. Relâche mes doigts pratiquement la seconde qui suit ce geste, exaspéré par ce qui s’enchaine. Passe nerveusement la main sur mon visage, agrippant rageusement ma tignasse, perdu dans mes déductions. Je ne sais plus quoi songer. Je ne sais plus où nous en sommes. Mes mains recouvrent mon visage le lapse de temps durant lequel je tourne comme un animal en cage. Finit par trouver un semblant de calme.

– Je n’ai pas l’intention de parler de lui mais j’ose espérer que tu ne reviens pas dans le but de te faire consoler parce qu’il t’aura abandonné pour se tourner vers je ne sais quelle quête mystique encore. Qui a accueilli mes pleurs quand tu es resté silencieux ….quand il est resté également silencieux à cette trahison ?

Les éclairs semblent redoubler comme s’ils étaient en parfaite en symbiose avec nos humeurs…mon humeur. Chacun des mots prononcés est aussitôt regretté. Tout comme lui ne parvient pas à dissimuler son stress, moi je ne parviens pas à simuler un calme apparent. Masques inutiles quand nous savons que l’un et l’autre lisons en nous comme dans un livre ouvert. Je ne compte plus les fois où ma mâchoire s’est crispée mais je peux en ajouter une supplémentaire avant de répondre.

– Crois-tu vraiment qu’il me faille répondre !? J’ai réduit la distance qui me séparait de lui, penche légèrement le visage sur le côté pour l’obliger à me fixer. As-tu vraiment envie d’entendre qu’en cet instant, je suis partagé entre celui de t’écraser contre ce mur derrière toi et celui de te coucher dans mon lit. Je recule. Lui tourne le dos pour quérir une cuvée spéciale immortel et deux timbales sculptées d’un autre temps, qu’il m’avait un jour rapporté d’un de ces voyages. …je n’ai pas pu me résigner à les détruire…faut croire que tu occupes toujours une place auprès de moi. Je nous sers un rhésus sanguin rare. Ton préféré. Tu comptes garder ta veste trempée sur le dos ? Je sais que tu ne crains pas la pneumonie mais mes fauteuils vont apprécier moyennement l’humidité. Tu es bien placé pour savoir que l’ancien reste fragile…tout comme moi Lasairian. Ponctuais-je un sourire en coin en lui tendant son verre.



©️ Justayne


Dernière édition par Dumitru Vulpesco le Sam 30 Sep 2017 - 18:08, édité 1 fois
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Lasairian Murtagh
VAMPIRES - THE JAGGED JAWS
OSSATURE: : vingt-sept, et le minois qui en clame une ou deux de moins lorsque les traits se font doux et l'iris crépitant de cette fougue adolescente ne l'ayant jamais quitté. CONTRAT: : potentiel amoureux négligé au profit des déambulations solitaires. BESOGNE: : antiquaire à ses heures, caverne aux merveilles où les reliques amassées au fil des siècles ne se dévoilent qu'à la lumière artificielle.
ÉCORCE: : trois-cent-seize, l'âge qu'il tait, qui arrache un rictus interloqué à quiconque en prend connaissance. même auprès de ses pairs, il n'a jamais fait cet âge-là. ÉCHINE: : transformation amorcée aux tréfonds d'un bordel, ses crocs se font écarlates du sang des êtres qu'il trie, étudie pour leur passé sordide avant de leur ôter la vie. GANG: : main dorée de la monarca, parallèle laissant libre cours aux pulsions artistiques. @EFFIGIE: : bill skarsgard, par hershelves, code sign ANESIDORA. BAFOUILLES: : 189 PACTE: : 22/08/2017



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Dim 24 Sep 2017 - 23:15
did you fall for a shooting star– One without a permanent scar?
i'm only honest when it rains. if i time it right, the thunder breaks when i open my mouth. i want to tell you but i don't know how. i'm only honest when it rains, an open book with a torn out page, and my ink's run out.
Sa colère, il la ressent, croit la faire sienne alors qu'une rage sourde roule sous ses muscles tendus, se mêlant à ses sens bouleversés. Prunelles qui scellent la vue de ses traits tirés par ce qu'il semble lui inspirer, qui se détournent lâchement pour faire mine de contempler tout et n'importe quoi dans la pièce, s'attarde plus que de raison sur le moindre détail pour en oublier ceux qui ponctuent le visage de Dumitru. Oreilles qui se tendent un peu plus aux éclats de voix, peinant à assimiler qu'ils lui sont destinés, déni mis à mal par la persistance du vampire qui soulèvent une à une les zones d'ombre de son discours. Il ne supporte pas ça, le Murtagh, d'être remis en question de la sorte, et ses nerfs se font électriques, le consument de l'intérieur tandis que ses lèvres demeurent désespérément scellées. Les cris s'étouffent dans sa gorge et celle-ci se resserre, suffocations silencieuses pendant qu'il reçoit un à un les coups qu'il lui assène. Il a envie de gueuler, pourtant, Lase. De s'époumoner à s'en assécher définitivement les bronches, brûlantes de ces non-dits qui s'éteignent en accentuant la tension qui se propage dans l'air. « Arrête. » C'est lamentable, à peine un souffle qui périt au bord de ses lèvres, incapable de défendre cette fierté qui lui est si chère, ni même de laisser tomber le masque qui voile chacune de ses intentions, de ses mots qui ne parviennent à s'arracher du fond de ses tripes. Il est beau, l'éternel gamin, à laisser ce courage l'ayant conduit jusqu'à sa porte lui filer entre les doigts. Les épaules affaissées, les bras ballants, les mains vides de ces explications qu'il peine à donner, qu'il ne peut lui offrir. Chaque attaque semble justifiée, impossible à contrer sur l'instant, le laissant muet, totalement muet. Ce mutisme-là, il ne l'a pas choisi, pas comme celui qui l'a habité un siècle durant, après sa naissance. Ce soir, les silences compriment sa cage thoracique de tout ce qui l'a hanté depuis des années, de ses paroles à sa peau sous ses doigts, jusqu'au goût de son sang et aux souvenirs entremêlés dans une ultime étreinte. Il s'accroche à tout ce qui l'éloigne de l'instant présent, enregistrant dans son crâne chaque parole de Dumitru sans y rétorquer. Parce qu'il se souvient surtout des adieux précipités, de ceux qu'il ne souhaitait pas à l'époque, qu'il semble n'avoir jamais désiré. C'est ce qui marque, ce qui mine, sa silhouette ayant déjà disparu restant gravée dans sa rétine. Ce qui a toujours ressemblé à une fatalité, celle de Dumitru l'ayant abandonné, Lasairian se positionnant en victime de l'histoire, l'innocent délaissé à son sort. C'est plus facile, un peu mesquin, aussi, de le désigner comme le responsable de sa souffrance. Une vengeance s'exprimant dans le secret d'intentions bien réelles, cette douleur qu'il a sûrement aimé partager, Lasairian, le temps de quelques secondes. La vérité qu'il n'a jamais pu oublier, de savoir que ce Sire qu'il avait choisi à l'époque de ses premiers pas dans le monde vampirique avant infanté, avant même de le rencontrer. Cette relation dont l'Irlandais avait gardé le secret égoïste, une satisfaction morbide le dévastant à l'époque alors que les doigts de Dumitru l'empoignaient, écrasaient sa gorge sans qu'il ne cherche à s'expliquer, une fois de plus. Comment défendre la dissimulation de cette information cruciale, si ce n'était par envie, besoin de garder Apollinare pour lui-même, de préserver ce sentiment d'appartenance jamais éprouvé auparavant, pas même envers sa propre créatrice, pas même durant ses années de vie. La maigre excuse n'avait jamais résonné entre eux, le plus jeune préférant contempler le champ de bataille au bord duquel l'un et l'autre se tenaient. A se croire simple spectateur de ce naufrage dont il ne se remettrait pas, pas cette fois.

Il ne peut s'empêcher de songer à Apollinare lorsque celui-ci est évoqué, qu'il rétorque, que Dumitru ne s'arrête pas. Les rangées de crocs serrées l'une contre l'autre, il réprime toujours un peu plus ardemment ces pulsions vénéneuses qui mutilent sa langue. Renvoyé à ses propres torts, seule l'attaque semble se découper à la noirceur de ses iris. Mais il se maîtrise pour la fermer, ce rictus ne quittant pas ses lèvres, provoquant encore et toujours son hôte en ayant la sensation que son corps entier se mettait à bouillonner. Illusion d'une fureur humaine qui ne se manifeste pas, malgré l'épais magma qui lui semble étouffer ses veines, l'entraîner au bord du précipice dans lequel il ne tardera à sombrer. Le calme factice avant le chaos d'une colère bien réelle. Indices dispersés dans son silence soudain, un peu plus irrité encore à l'idée d'être parfaitement cerné par son ami. Ses narines se dilatent à son approche, son odeur embrumant son esprit quand son regard reste fixé droit devant lui, s'évertuant à ne jamais le laisser capter son regard, dernière faiblesse menaçant de bouleverser son soupçon de raison. Dumitru s'obstine, et ses traits frémissent à sa réponse, ses iris se jumèlent enfin aux siens. Trop brièvement, et le vampire est un peu plus destabilisé encore de le voir s'éloigner si rapidement. Tout est un peu plus confus encore lorsqu'il contemple les timbales, que la soif s'éveille dès que les arômes se dispersent dans l'air, que ses mots, toujours ses mots le tiraillent entre l'envie de déverser son fiel et de refermer ses bras autour de lui. Son manteau quitte ses épaules, ses gestes s'appliquent à le plier en deux, l'abandonnant soigneusement alors que la méticulosité s'abandonne au profit de la frénésie.

« Je t'ai déjà tant torturé qu'il vaudrait mieux t'accrocher à ton verre, si tu crains pour ta fragilité. » La voix gronde, ne présage rien de bon et le vampire blessé se tourne dans sa direction une fois sa veste retirée. « Tu me connais si bien, Dumitru, qu'il m'est inutile de m'exprimer. » La colère est là, froide, glaciale, cristallisant ses paroles quand il  s'approche, tend simplement le bras pour attraper la timbale qu'il lui tend. Aucun pas non nécessaire n'est effectué, conservant la distance, et l'acidité calomnieuse se répend consciemment, les yeux ancrés sur son faciès, à lorgner la moindre réaction. Le sang qu'il savoure estompe l'abattement qu'il porte à même son échine, la nuque se redressant tandis qu'un simulacre de vérité continue de s'échapper de ses lèvres. « Comme tu le devines si parfaitement, il n'y a plus de nous, si tant est qu'il ait jamais existé. » Le jeu se retourne, puisant dans la douleur des hypothèses précédemment énoncées pour rétorquer à son tour, donnant raison au vampire pendant qu'il s'approche insidieusement, déambulant ci et là en poursuivant. « C'était mon droit de me détourner, après avoir eu la décence de frapper à ta porte le premier. S'il t'a semblé qu'il s'agissait d'intérêt, pardonne donc ma curiosité parfois déplacée. » Le timbre de sa voix est faussement mielleux, distillant le mensonge au gré de cette hargne qui ne l'abandonne pas. Il se blesse sans doute un peu, au passage, alors qu'il le contourne sans cesser de l'observer. « Tu devrais plutôt apprécier la politesse que je t'ai fait cette fois-là, de m'éclipser avant de te causer du tort. » La rancoeur filtre alors que c'est un murmure qui se glisse dans sa nuque, un souffle se perdant à la lisière de ses cheveux sombres. « Qu'aurais-je pu dire pour justifier ma présence ce jour-là, en attendant ton retour ? Quel discours tenir, auprès de ton humain. » Elle est là, la réalité, celle qui alimente un peu plus encore la bile qui se précipite à ses lèvres. « Je ne me fais aucune inquiétude pour ceux qui ont su étancher tes pleurs, Dumitru. » Oublié, c'est le terme qui lui est resté depuis que son regard s'est posé sur l'inconnu qui se tenait chez lui des années auparavant. Douleur gangrénant un peu plus le vide que Dumitru lui a laissé. Et malgré ses feulements amers, ses derniers mots lui donnent des airs d'animal blessé, alors que l'indifférence feinte se dissout au profit d'une vérité qui ne s'exprime qu'à moitié. Le recul provoqué par l'incompréhension, le sentiment de plus avoir sa place en ces lieux, d'avoir été remplacé. Motif ayant achevé l'angoisse de le retrouver, ayant motivé la fuite.

Le verre est achevé trop rapidement, sans prendre la peine de le savourer. Il n'en a jamais été capable, Lasairian, marchant à l'impatience, à l'impulsivité. Ce n'est qu'une question de minutes, de secondes, avant qu'il n'implose. Sa langue glisse sur ses lèvres, recueillant le carmin qui y peint quelques arabesques, alors qu'il cesse de rôder, de lui tourner autour au gré de ses nerfs écorchés. « J'vais t'faciliter la tâche, pour cette fois. » Instant de latence avant que ses gestes ne s'enchaînent dans une aisance surnaturelle. Et en quelques fractions de secondes, tout se confond, du tintement des timbales martelant le sol au bruit sourd des omoplates de Dumitru qui rencontrent le mur. L'avant-bras de Lasairian placardé contre son torse, ce-dernier laissant rugir ses prunelles alors qu'il ne réprime pas le sourire caustique qui élève le coin de ses lèvres. « Faut croire que ce sera le mur, et pas le lit. » Perdu entre la querelle et les réminiscences que leur soudaine proximité lui inspire, c'est la moquerie qui demeure, constante inévitable de l'existence du vampire.
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† he swam through oceans; home was where his heart was but his heart had a mind of its own, swept here and there by the winds ruffling the waves. he could not catch it; so he opened his eyes and ripped apart his chest - and he breathed. - for the greatest tragedy of them all is never to feel the burning light.
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Dumitru Vulpesco
VAMPIRES - THE JAGGED JAWS
OSSATURE: : 36 ans et 492 ans au compteur vampirique CONTRAT: : Veuf BESOGNE: : Espion pour le clan Vacaresco/ accessoirement Vigneron
FABLE: : Fils de boyard autrefois, il a gardé de cette époque son éducation et l’art de gouverner. Enfant muet jusqu’à 15 ans, il se révèle à la mort de son père au moment de reprendre le domaine familial. Les Vulpesco sont vassaux du clan Vacaresco depuis plusieurs générations. Fidèle, loyal. Il épousera de toute son âme la cause de son monarque. Redonner ses lettres de sang à Dragos Vacaresco c’est son objectif. Enfant unique, il voit un frère en celui qui le fera immortel. Fraternité évoluant en sentiments bien plus profonds qu’il n’aurait imaginé malgré l’horreur et le dégoût que provoquera sa transformation. Humaniste, il se met en retrait le temps d’apprivoiser sa bête. Revient sur ses terres. Reconstruit son domaine en exploitant les Roms. Ces gens le fascinent, le redoutent. Les rumeurs circulent : c’est un démon. A force de les côtoyer, son intérêt se porte sur l’une d’entre eux. Etonnant car les femmes n’ont que peu d’intérêt pour lui. Elle suscite désir et convoitise en lui portant à son tour de l’intérêt. Il fera d’elle son infant. ÉCORCE: : 492 ans ÉCHINE: : De la race des Princes. Immortel assoifé @EFFIGIE: : Ben Whishaw - Merci à Marius BAFOUILLES: : 1307 PACTE: : 01/08/2017



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Sam 30 Sep 2017 - 18:10


if i will wake up one day and i miss you too much. Lasairian & Dum' Je ne sais toujours pas quelle tournure va prendre cette discussion…ce monologue je devrais dire, teinté aux couleurs d’un ciel qui ne cesse de gronder toujours plus. Un, deux…sept fois tel un présage divin annonçant l’effondrement des masques au son des trompettes de Jéricho.  Quelle ironie du sort, comme si tout avait pu se régler en abattant chacun nos rancœurs, faisant table rase du passé pour simplement se retrouver…s’aimer. Laisser s’effondrer les murs de nos fiertés bafouées.

Non, je ne sais pas comment ça va se terminer. Du moins je ne veux pas le savoir, plus l’évidence pointe sa gueule à mesure que les mots s’enchainent et assassinent ce qui semblait rester de ce Nous…de ce que je supposais qu’il devait en rester. Quel imbécile bien naïf, n’est-ce pas ?
 
Mon frère n’est pas le plus loquace de nous deux. Si le langage m’est à présent plus familier, cela n’a pas toujours été le cas. Lasairian et moi partageons ce choix étrange que nous avons fait à un moment de notre vie. Restant muets jusqu’à l’inévitable nécessité un jour de prendre la parole. Pour moi, ce fût à la mort de mon père lorsque j’ai dû endosser à mon tour la charge qu’était la sienne. Pour Lase’ …ce fût pour moi. Malgré la parole retrouvait, il s’en montre toujours avar, gardant pour lui ce qu’il veut exprimer jusqu’à ne plus pouvoir. Même si les mots sont rares, ils sont bien choisis avec une efficacité redoutable. Aiguisés pour me laminer davantage dans ma chair…dans mes tripes. Il sait faire mouche où cela fera mal comme à cet instant où il vient de détruire en moins d’une phrase, ce que j’espérais.

Je m’accroche à ma timbale c’est certain mais pas pour la raison évoquée…non je ne l’admettrai pas que c’est pour cette foutue raison. Mes doigts se crispent. Mon âme accuse le coup asséné. Je le laisse serrer les nœuds plus forts alors que je m’efforçais de lui hurler combien il m’a manqué derrière mon discours amer. Le verre de l’amitié ne suffira pas…plus les minutes s’égrènent, plus le manche de la hache se déterre. Ne trouverons-nous pas de paix ?

Je ne quitte pas ses yeux même s’il se veut fuyant. Le sang offert rougit ses lèvres. Tableau dont je ne peux me lasser….dont je ne peux me détourner, pourtant je me force à fermer les paupières pour chasser ses images de lui…de ma bouche glissant sur sa peau…de ma langue remontant contre sa gorge pendant que je lui fais l’amour. Je ne bois pas, démolit seconde par seconde par ses réponses vomis ou volontairement mielleuses. Mes traits s’assombrissent. Mon front de plisse refusant ses vérités à lui. Des mensonges. Des preuves et des arguments totalement absurdes. Je le déteste de savoir si bien manier les mots à présent. Je le déteste pour cet assassinat de notre passé…de notre avenir qu’il ne semble plus vouloir parce que je l’ai oublié dans les bras d’un autre !! Je sens sa verve empoisonnée cheminait en moi, brûlant, emportant mes illusions autant que je sens son explosion atteindre son apogée. Quand il sera parvenu à son zénith alors je saurais…

La pluie bat contre les fenêtres. D’autres éclairs fragmentent la nuit, coléreux et violents.

Tournant autour de moi, prêt à fondre tel un aigle sur sa proie, je m’attendais tellement à le voir s’abattre sur moi que lorsque mon dos heurte le mur, je suis quand même surpris qu’il abatte cette carte. Les timbales frappent à peine le sol alors que son avant-bras, déjà sur mon torse, m’écrase, provoquant un feulement avant que mes lèvres n’affichent un sourire malsain et sombre.

-…soit…le mur… Je riposte avec la même impulsion, entrainant avec moi, mon frère, contre le mur opposé, bousculant au passage la commode. …mais pas pour moi. Je l’encastre dedans appuyant un peu plus fort contre son épaule que je malmène. Est-ce vraiment ce que tu veux, mon frère ? Nier qu’il n’y a jamais rien eu entre nous ? Ma main libre enserre sa gorge, le soulève à peine du sol. La seule politesse que tu aurais dû me faire c’est celle de me revenir plus tôt, Lasairian. Je ris, moqueur. Je ne savais pas qu’un  humain pouvait t’effrayer autant. Et combien même si j’ai baisé avec ce mortel, crois-tu que j’ai pu t’oublier. TOI. Ne me dis pas que tu as fait vœu de chasteté pendant ton absence… Les doigts ne serrent pas plus qu’il ne faut mais mes ongles laissent leurs marquent. Le discours que tu devais tenir n’était pas difficile…manques-tu à ce point d’imagination ! Ce n’est pourtant pas ce que tes paroles me font comprendre. Je le laisse retomber sur ses pieds sans pour autant retirant ma main de sa gorge. Il me suffirait de te mordre pour connaitre le nombre de tes soupirs dans les bras d’un autre ou d’une autre… Je le lâche, emportant de son derme sous mes ongles. Tu n’as pas le droit de me balancer ça…pas toi. Sache que cet humain n’est plus dans ma vie de toute manière….même eux sont capables de traitrises… Ma voix semble s’éteindre mais pas ma colère contre lui, même si je semble résigné. …est-ce qu’un mortel va se glisser entre toi et moi ? Aucun mortel ne peut te remplacer…il n’y a que dans tes bras où je peux être moi-même…mais à quoi bon maintenant…tu n’en as plus rien à foutre.


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Dernière édition par Dumitru Vulpesco le Mar 17 Oct 2017 - 21:34, édité 1 fois
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Lasairian Murtagh
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OSSATURE: : vingt-sept, et le minois qui en clame une ou deux de moins lorsque les traits se font doux et l'iris crépitant de cette fougue adolescente ne l'ayant jamais quitté. CONTRAT: : potentiel amoureux négligé au profit des déambulations solitaires. BESOGNE: : antiquaire à ses heures, caverne aux merveilles où les reliques amassées au fil des siècles ne se dévoilent qu'à la lumière artificielle.
ÉCORCE: : trois-cent-seize, l'âge qu'il tait, qui arrache un rictus interloqué à quiconque en prend connaissance. même auprès de ses pairs, il n'a jamais fait cet âge-là. ÉCHINE: : transformation amorcée aux tréfonds d'un bordel, ses crocs se font écarlates du sang des êtres qu'il trie, étudie pour leur passé sordide avant de leur ôter la vie. GANG: : main dorée de la monarca, parallèle laissant libre cours aux pulsions artistiques. @EFFIGIE: : bill skarsgard, par hershelves, code sign ANESIDORA. BAFOUILLES: : 189 PACTE: : 22/08/2017



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Mer 11 Oct 2017 - 21:59
did you fall for a shooting star– One without a permanent scar?
i'm only honest when it rains. if i time it right, the thunder breaks when i open my mouth. i want to tell you but i don't know how. i'm only honest when it rains, an open book with a torn out page, and my ink's run out.
Il creuse, toujours plus, à gratter entre les sutures pour raviver les plaies sommeillant sous les cicatrices causées par son départ. Il les sent, dans les mots de Dumitru, décelant la douleur s'il fait abstraction de la sienne. Disséquant l'aura qui ancre chaque mouvement du vampire, un peu plus encore dans son immobilité, il assène les mensonges qui se donnent des airs de vérité, le poignarde de sa verve dans une précision chirurgicale. Le plaisir de rendre les coups est de courte durée, trop rapidement rattrapé par ses propres maux qui grondent sous la couche d'immaturité. Y'a ce rictus qui laisse songer que ça le fait bien rire, de le meurtrir de la sorte, tant psychologiquement que physiquement quand les corps se rapprochent violemment. Happé par son sourire, Lasairian se laisse aller à la curiosité des réactions à venir, perdant en réactivité. Avant même qu'il n'esquisse un mouvement défensif, les rôles s'inversent, et ses vertèbres crissent sous la force surnaturelle de son acolyte. Le pincement disparaît presque instantanément à son échine pour gagner son épaule, chaque parcelle douloureuse le laissant prendre conscience des contacts qui s'instaurent, d'ecchymoses en ecchymoses vouées à demeurer invisibles traçant le parcours de ses mains jusqu'à la ligne de son cou. Pour quelques secondes, il éprouve quelques difficultés à se concentrer sur ses mots, trop obnubilé par cette proximité oubliée depuis des décennie. Il en vient même à sourire, perdu dans ces pensées qui s'emballent et le rattrapent bien trop rapidement, un rire s'éteignant au fond de sa gorge meurtrie alors qu'il hausse les épaules dans une moue lorsque ses pieds quittent le sol. « Je pourrais te répondre, si tu voulais cesser de me priver de mon organe. » Aucun son n'accompagne les mots qui se dessinent sur ses lèvres, narquois. Il pourrait se défaire de son emprise, au moins donner l'impression d'essayer, mais cette main qui le réduit au silence d'une étreinte prononcée sur sa trachée l'arrange amplement. Si ses lippes demeurent étirées, c'est au fond de ses iris que la moquerie décline. L'orage qui s'acharne semble contaminer ses pupilles qui se fixent dans celles de Dumitru à l'évocation de l'humain, crispant ses muscles alors que la colère se ravive. Les émotions se dispersent dans un paradoxe grandissant. Il voudrait lui dire de cesser de parler de ce mortel, quand bien même est-ce lui qui l'a évoqué le premier. Qu'il n'a pas peur de l'inconnu, mais de se voir délaissé. L'étau invisible imprime sa poitrine avec plus de force, à lui en faire oublier les demi-lunes qui se dessinent dans son cou sous les ongles du vampire. Il s'entoure, toujours, loin d'affectionner la solitude trop éprouvée lors de ces années en mer, se noie désormais dans les foules. Et s'il a connu d'autres coeurs, étreint d'autres corps, l'oubli n'a jamais entraîné Dumitru loin des contours torturés de son esprit. C'est la réalité qui le bouscule plus brusquement encore alors que c'est à nouveau à son tour de subir, mais pas sans répliquer. Pas une seconde fois. « Tu m'aurais déjà mordu, si t'avais pas peur de ce que tu pourrais y voir. » C'est puéril, et pourtant. Il le contemple avec cette lueur étrange dans le regard, de celle qui frôle la provocation et frémit de curiosité. Et puis, il sait, ils savent, ce que les dernières morsures ont pu entraîner dans leur sillage. La menace pourtant ne fait pas trembler l'Irlandais qui ne regagne en aplomb. « On pourrait même passer des heures à compter nos soupirs respectifs loin l'un de l'autre. » Ses pieds se stabilisent au sol, malgré l'aveu qui s'ensuit concernant la traîtrise de son humain, celle qui accompagne le souffle de Dumitru et meurtrit davantage Lasairian. Il aimerait ne pas entendre, ne pas ressentir ce qui accompagne ses paroles. Ne donner guère plus d'importance à l'humain. Ses prunelles vrillent et se détachent alors qu'il détourne légèrement la tête, perdant son regard sur la salle, ravalant l'esquisse pourpre qui menace ses cils. Trop sensible, derrière ses airs d'invincible, mais trop fier pour que la moindre larme ne trahisse ses nerfs affligés.

Le silence retombe après les derniers mots de Dumitru, le contact rompu. Ils résonnent encore et encore dans sa boîte crânienne. Ses terminaisons nerveuses semblent s'étirer en vain à l'intérieur de sa chair, toucher contrarié par la main quittant sa peau, défroissant les muscles regagnant leur écrin glacé. Le sang d'un autre qui court ses veines se fait pourtant effervescence se languissant de sa poigne. Le masque tombe alors que les traits s'étirent, se tordent avant de se stabiliser lorsque son regard retombe dans le sien brusquement. « J'en ai plus rien à foutre. » Il répète, d'un ton monocorde, de celui qu'il a sans doute arboré en prononçant ces mots lorsqu'il est rentré chez lui, des années plus tôt. De cette manière bien peu convaincante, ne l'ayant jamais persuadé, au point de l'amener à nouveau sur son pallier cette nuit. Sa main harponne son cou, remonte le long de sa mâchoire, carresse marquant l'emprise ferme, qui ne cherche pourtant à blesser. « T'y crois, toi ? » Il détaille le moindre centimètre de son visage, apprivoise son expression avant d'effectuer un dernier pas vers lui, à ressentir ses vêtements effleurer les siens, ses mots se dispersant dans un souffle sur son visage. « J'en ai plus rien à foutre, Dumitru. » Il fait mine de réessayer, murmure alors que ses muscles n'aspirent qu'à envelopper les siens, qu'une seconde main empoigne sa hanche, grisant ses sens de cette proximité qu'il taquine. Il n'a jamais été doté de patience, de cette aisance à réprimer les impulsions dictant sa conduite à chaque seconde. Il n'a jamais été capable de se contrôler lorsque l'envie se fait viscérale, que sa nature l'emporte sur les vestiges d'une humanité lointaine. Surtout pas avec Dumitru. Au fond de ses entrailles, l'appel de la chair gronde de plus en plus fort. « C'est drôle comme j'ai jamais été foutu d'y croire. » Et la vérité si difficile à exprimer se scelle à même les lèvres du vampire qu'il fait captives dans la brutalité d'un baiser. Le demi-tour s'effectue rapidement alors qu'il a la satisfaction de renverser les positions, pressant son corps contre celui de Dumitru qui gagne... « .. le mur, pour toi. » Plaisir du dernier mot alors que sa main s'écrase contre le mur pour faire mine de soutenir sa carcasse brûlante qui ne s'éloigne pourtant pas.
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Dumitru Vulpesco
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OSSATURE: : 36 ans et 492 ans au compteur vampirique CONTRAT: : Veuf BESOGNE: : Espion pour le clan Vacaresco/ accessoirement Vigneron
FABLE: : Fils de boyard autrefois, il a gardé de cette époque son éducation et l’art de gouverner. Enfant muet jusqu’à 15 ans, il se révèle à la mort de son père au moment de reprendre le domaine familial. Les Vulpesco sont vassaux du clan Vacaresco depuis plusieurs générations. Fidèle, loyal. Il épousera de toute son âme la cause de son monarque. Redonner ses lettres de sang à Dragos Vacaresco c’est son objectif. Enfant unique, il voit un frère en celui qui le fera immortel. Fraternité évoluant en sentiments bien plus profonds qu’il n’aurait imaginé malgré l’horreur et le dégoût que provoquera sa transformation. Humaniste, il se met en retrait le temps d’apprivoiser sa bête. Revient sur ses terres. Reconstruit son domaine en exploitant les Roms. Ces gens le fascinent, le redoutent. Les rumeurs circulent : c’est un démon. A force de les côtoyer, son intérêt se porte sur l’une d’entre eux. Etonnant car les femmes n’ont que peu d’intérêt pour lui. Elle suscite désir et convoitise en lui portant à son tour de l’intérêt. Il fera d’elle son infant. ÉCORCE: : 492 ans ÉCHINE: : De la race des Princes. Immortel assoifé @EFFIGIE: : Ben Whishaw - Merci à Marius BAFOUILLES: : 1307 PACTE: : 01/08/2017



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Mar 17 Oct 2017 - 21:36


if i will wake up one day and i miss you too much. Lasairian & Dum' Il me connait mieux que je ne me connais moi-même. Je grimace de rage pour cette vérité qui me gifle à nouveau le visage. Oui j’ai peur de subir ses souvenirs…de ne pas aimer ce que je pourrais y trouver…de pas savoir interpréter les images qui pourraient me contrarier. Oui j’ai peur d’avoir trop souffert de son absence et de ne plus savoir gérer un trop plein d’émotions en le mordant. Supporterais-je
Il a fait mouche de sa verve ou de ses expressions. Lasairian me condamne à l’évidence. M’ouvre les yeux face au vide sentimental de mon existence. Je ne parle pas des plaisirs charnels, tout juste bons à éteindre la soif de jouir ou celle plus terre à terre de se nourrir. Non je parle de profondeurs…d’une éternité partagée. Quelle douce folie et rêve dénué de sens, quand il s’agit de celui d’un monstre, qui ne se repait que de sang.  

-…tu ne crois que nous avons passé l’âge des concours de queues ? Peu m’importe leur nombre…je ne tiens pas à comparer…ne veut pas les entendre.

J’aurais pu lui mentir. Rentrer dans son jeu de dupe et me montrer plus cinglant ou l’envoyer valser à l’autre bout de la pièce. A quoi bon, nous ne pouvons pas dissimuler nos états d’âme. Ironie du sort… n’est-ce pas un comble pour un immortel dépossédé de son âme ? Je relâche ma prise sur sa gorge. Laisse ses pieds rejoindre le sol. Mes lèvres n’ont pas pu garder pour elles l’aveu que je lui fais. Le vide qu’il a laissé. Le manque qu’il a créé, qu’aucune autre rencontre n’a pu l’effacer de mes souvenirs…du moins j’ai cru naïvement y parvenir autrefois, le temps d’une nuit. Je suis un incorrigible idiot… romantique. Ces siècles passés m’ont ramolli, il faut croire. Je suis las de tout cela. Fatigué de cette perpétuelle lutte qui ne sert qu’à flatter nos égos et nous faire souffrir. Nous devrions nous réjouir de ses retrouvailles. Au lieu de cela, nous nous accablons…déchirons le peu qu’il nous reste pour voir l’autre embrasser ce mal qui nous a chacun dévoré.

-….putain…Lase’…pourquoi ? Je n’arrive pas à finir ma phrase, passe mes mains dans mes cheveux, le regard vers le plafond que j’aurais aimé sans fin.

Je reviens sur lui, arquant un sourcil en le laissant s’avancer…flirter contre moi. Mes paupières se ferment. Toute combativité me quitte à mesure que le vide entre nos deux âmes se réduisent. Je suis ivre de cette proximité longtemps espérée. Mes lèvres entrouvertes échappent un souffle étrangement chaud…fébrile…nerveux d’impatience.

- …je ne sais plus… Murmurais-je d’une voix presque inaudible quand il harponne ma hanche.

©️ Justayne
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