The Ten Commandments (Maya)

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Leto Skagen
SIRÈNES - DROWN YOUR SOUL
OSSATURE: : Sa figure macère trente-six ans d'un reflet aberrant, jeté aux yeux aveugles des mortels à qui il doit son abjecte préservation. CONTRAT: : Uni par les liens sacrés d'un mariage couvert par les salissures. BESOGNE: : Consigliere, au profit de la Cuore Nero.
ÉCORCE: : Trois siècles et des glaçons qu'il se joue du Temps flétrissant la chair. ÉCHINE: : D'ébène et d'ivoire. PRESTIGE: : Force accrue et endurance l'habitent. Ses sens de limier sont aiguisés par la peur qu'il renifle aisément sur autrui. Si les maux de la chair guérissent avec hargne, il en inflige de nouveaux pour ceux qu'il charme, sans vergogne. GANG: : La Cuore Nero. @EFFIGIE: : Wes Bentley ©Carnavage (avatar). @Lazare (signature). BAFOUILLES: : 71 PACTE: : 29/07/2017



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Mer 11 Oct - 23:09
Le dos abrupt, mais souple, les paumes nouées dans son dos, lui confèrent le profil sévère qu'il a toujours paru arborer. De loin. Les lignes impitoyables d'un costume hors de prix ne sont pas pour l'aider à paraître plus affable. Il se martèle le même jargon depuis près d'une heure. C'est une ronde infernale, qui ne s'arrête jamais. Il croit regretter son initiative, puis se rassure et se répète qu'il s'agit bien de la moindre des choses. D'ailleurs, la villa est quasi-désertée. Ils ne sont plus que deux pour déambuler entre ces pièces qu'il ne compte plus, et dans lesquelles, parfois, traîne encore le parfum entêtant de Maja. Des notes presque adolescentes, fruitées : la preuve infime d'une maturité n'ayant guère atteint son faîte. L'ondine lui manque cruellement, et les nuits paraissent interminables, depuis son départ. Mina ne parvient pas à combler la place qu'elle a laissé vacante, pour un temps au moins. Il sait qu'il ne doit pas céder au désarroi absurde, qui ne l'a que rarement laissé en paix, depuis que l'homme a charge d'âmes. Il songe à la fuite de Mey, présage qu'un jour sa cadette abrite le projet de s'évaporer à son tour, quelque part, peut-être dans les bas-fonds. Un chagrin injustifié. Insultant, même. Lui exprimer son tourment la laisserait pantoise, stupéfaite et, pire que tout : abattue. Il ne veut pas voir son visage lisse affligé par l'agacement ou l'ire. Elle s'engagerait probablement à lui tenir une harangue parfaitement construite, aux arguments acérés, l'obligeant à courber l'échine et à murmurer de plates excuses, en guise de consolation. Il ne lui causera pas cette peine. Il ne tient pas à perdre le statut qu'il possède, pour elle. Pas dupe, le Père voit tout. Il lit dans ses prunelles aussi claires que les siennes bon nombre d'émotions qu'elle ne peut guère lui cacher. Il se satisfait de cette inquisition, comme il craint les dérives que celle-ci est capable d'engendrer. Leur proximité dérange, devenu un personnage à elle seule, envahissante et prompte à les camoufler sous une chape d'intime qui, un jour, les plongera dans le gouffre. La Mort, l'Ambition, la Folie... Les Moires à leur trousse ne manquent pas.
Ses paupières marquent un tempo empressé : il a perdu le fil, retrouve la lumière franche, presque blanche, qui rend ses iris translucides et l'agresse autant qu'elle le fascine. La pierre renvoie sans pitié les rayons solaires de l'après-midi chaude et humide. Il tient bon, pourtant, contemple sans faillir la ligne d'horizon, faite de roc, de pavés et d'eau salée. Le misérable plan d'eau destiné à embellir le parc, comme, plus loin, les rouleaux paresseux de l'étendue bleutée. Le silence est relatif, et l'écho qu'il perçoit au loin n'a rien d'agressif. Il le berce, le caresse concomitamment à la fournaise qui le touche, prisonnier dans cette posture figée, éternelle. Il veut sourire, mais ses lèvres n'esquissent aucun rictus. Il veut sourire de s'imaginer pareil aux gardiens du clan tels que les siens les glorifiaient. On ignorait pourtant tout, d'eux. L'âge qui les avait vu régner, leurs traits, leurs vices. Mais leur figure, leur rôle et l'ombre protectrice qui avait recouvert les âmes de ses ancêtres perduraient, intemporels, rassurants. Ils se mouvaient probablement avec cette lenteur solide qui n'appartient qu'aux dirigeants, aux vrais guides. Les matriarches, elles, avaient échoué en se livrant à une agitation mortifère.

Pour la seconde fois, il vacille imperceptiblement et se reprend, en croyant distinguer dans le couloir les pas discrets mais perceptibles de l'intendante régissant les lieux. D'une voix pleine de cette déférence coutumière – l'ordre social demeure encore intouché dans les hautes sphères – , elle annonce l'approche de celle qu'il a convoqué en sa demeure. Il opine du chef, sèchement, l'incitant à la faire venir dans le bureau lumineux, soutenu par un quatuor impressionnant de murs pâles. Bien qu'imposante, la pièce possède cette sobriété fidèle aux hommes du Nord. Quelques ouvrages parmi ceux qu'il a sauvé de l'Exode, ce qu'il lui faut pour maintenir à flots la communauté, rien de trop pimpant, aucune décoration de mauvais goût. Un lieu de rendez-vous qu'elle trouvera peut-être étonnant. Maintenant, il en est totalement certain : il assume le choix qui le remuait l'instant passé. Il aime l'idée de discuter du rôle de Maya Armani dans la Mafia à l'abri des oreilles indiscrètes et des visages indésirables. Cet écrin de solitude, c'est un cadeau qu'il lui offre. Une chance de s'étaler sur les problèmes qu'elle risque de poser au gang, si elle continue de s'exhiber de la sorte sans prêter attention à son image.

Il s'efforce dans un mouvement succinct de s'arracher à cette torpeur caniculaire, tirant sur les pans d'un blazer opaque, dans lequel il ne paraît pas souffrir outre-mesure. Il a dépensé une fortune dans l'espoir de rafraîchir l'air pour les protéger de l'Hélios romain. Il se recule, s'écarte des fenêtres, désormais libéré de son emprise. Il toise la femme qui n'a plus rien de jeune. Plus de deux millénaires qu'elle parcourt les mondes marins. S'il avait pu faire abstraction de son tempérament d'un juvénile surprenant, il aurait à peine osé lui adresser la parole. Il ne se démonte pas néanmoins, mettant de côté les affaires de siècles et de race, pour se glisser dans la peau du Consigliere de la Cuore ; guère coûteux en terme d'efforts.

Elle apparaît, il l'incite à s'avancer, les phalanges légères. Elles ne s'embarrassent pas de la sévérité qui, elle, perce à travers l'ordre.

« Assieds-toi. »

Il reste debout. Il ne flagorne pas. Il oublie pour un temps la dette qui pèse désormais entre eux deux, sans qu'elle l'ait compris. Il est son débiteur, son obligé. Une situation épouvantable. Elle ne doit pas savoir. Ou du moins, pas tout de suite.

« J'ai cru comprendre que tu t'étais mise en difficulté, il y a peu. Il n'est pas dans mes fonctions habituelles de nettoyer après le passage de quiconque. Je ne commencerai pas avec toi. »

De la pointe d'un ongle, il trace un sillon invisible le long de la planche de verre qui les sépare.

« Mais je t'ai accueilli, au sein de la Cuore. J'aurais espéré que tu te montres un peu plus réfléchie. Si tu as une explication à me fournir, je serais ravi de l'entendre. »

_________________
The North remembers.
I've been all over the world, my boy, and everywhere I go people tell me about the 'true gods', they all think they found the right one. The one true god is what's between a woman's legs.
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