Anguis in herbe | Marius

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Silas Benedetti
HUMAINS - DISSOLVED VOICES
OSSATURE: : vingt-quatre, parce que la déraison et l’innocence n’ont pas d’âge. il est comme figé dans le temps, imperméable à la réalité. CONTRAT: : les amours ratés sont son domaine d’expertise. entiché d'une sirène, infatuation condamnée. BESOGNE: : fasciné par le macabre, le morbide et le tabou, il trouve sérénité comme embaumeur d'âmes perdues, enjoliveur de corps desséchés. il travaille avec la mort bien plus qu'avec les vivants, douceur chétive dont les penchants inavouables surprennent toujours.
FABLE: : lucide mais imprudent. PRESTIGE: : l’espoir vain, l’amour fou, l’ivresse malheureuse. la folie des plus chétifs. @EFFIGIE: : © DΛNDELION, philukas. BAFOUILLES: : 172 PACTE: : 21/09/2017



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Dim 22 Oct - 21:44

— Hors des choses divines —

Depuis le début, tu en avais fait ton secret. Comme un crime commis à l’abri des regards indiscrets, ou bien une faute si lourde qu’elle en serait impardonnable à confier. Tu gardais l’illusion intacte, de ce fait : d’un côté ta vie à peine bien rangée, ta famille confuse se noyant dans ses propres problèmes, tes cadets découvrant le monde, des cadavres anonymes passant sur ta table pour un dernier face à face avant l’oubli éternel ; de l’autre, il y avait les souvenirs, tantôt vaporeux tantôt immuables, des bribes de chair et des regards de défi, cette créature terrible de laquelle tu t’étais approchée d’un peu trop près. Ça ne t’avait pas dérangé, pas vraiment, de garder un tel secret pour toi. Parfois il t’arrivait de douter en observant tes proches, d’entrouvrir les lèvres comme pour glisser un murmure, comme pour dessiner une confidence sans vraiment la dire. Puis tu te ravisais, sage alors, décidant que ce n’était pas le bon moment. Ça n’était jamais véritablement le bon moment. Pour la simple et bonne raison, au final, qu’il n’y aurait jamais de bon moment pour ça – pour annoncer à des gens qu’ils s’étaient trompés toute leur vie, qu’ils avaient regardé sans voir, entendu sans écouter. Tu te serais volontiers faire le messie d’une telle nouvelle, les aiguillonner, leur dire qu’il ne faut craindre sans raison. Mais tu n’en as rien fait. Et les jours passaient, sans nouvelle de Marius, et tu te confondais dans un silence parfait qui ne laissait rien transparaître.

Au début tu avais songé à retourner à l’endroit où tout avait commencé ou presque, ce nightclub obscur où tu devinais qu’il se passait des choses terribles. Les humains comme toi ne devaient pas y faire long feu, et sans la présence de Marius, tu n’osais véritablement faire de pronostics sur ton espérance de vie entre quatre murs. Tu t’étais alors simplement contenté de poser les questions qu’il fallait aux gens qu’il fallait, à ceux qui semblaient retenir des moitiés de mots quand ils en offraient le double, ceux qui semblaient en savoir plus qu’ils ne voulaient en confier. Tu cherchais parmi les foules des gens aux yeux ouverts comme toi, qui pourraient comprendre, avec qui tu pourrais échanger. Et dans la foulée, tu cherchais aussi les monstres tapis dans l’ombre, ceux qui se fondaient dans la masse avec un sourire en coin, conscient du leurre impeccable qu’on put qualifier de génie. Ou bien peut-être était-ce tout simplement la sottise humaine ?

Tu te souvenais à peu près où il habitait comme on retrouverait son chemin en sens inverse, incertain, mais déjà plus sûr qu’à l’aller. Mais tu n’y étais pas retourné, pas même pour voir. Tu n’avais pas non plus appelé, pour les bonnes raisons que tu n’avais ni numéro ni quoi que ce fût à lui dire. Sans tes yeux pour trahir ce qu’on ne dit pas, alors tu n’avais plus rien au bord des lèvres. Tu n’étais plus qu’un gosse malade de vivre qui avait aperçu de la lumière, et dont la lumière s’était aussitôt dissipée. Perdue à jamais dans une obscurité sans fond. Son regard avec lui t’avait promis des lendemains mystérieux, des « après » peut-être moins illusoires, des souvenirs qui n’existeraient pas encore, et tu avais daigné y croire, au début. Puis les jours avaient passé et personne n’était venu, toi seul avec tes morts, toi cœur esseulé, se détestant chaque fois un peu plus – tu avais fini par réaliser que tu t’en étais entiché, d’une façon terrible, d’une façon pathétique, un attachement qui n’avait pas lieu d’être et que tu n’aurais pu expliquer sous aucun prétexte. Tu te dédouanais en silence, te disant qu’il t’avait possédé, qu’un charme surnaturel avait opéré par hasard ; mais tu savais qu’il n’en était rien, et que la seule chose à blâmer dans cette mésaventure était ton cœur d’enfant, celui-là même qui voulait voir le meilleur en les gens.

Tu t’étais documenté pour combler l’absence, tapoté des mots-clés ridicules sur un clavier, effleuré des livres qui n’attiraient pas l’œil, dessiné des squelettes maladroits sur les pages d’un vieux carnet qui n’avait jamais servi. C’était insensé, de vouloir savoir sans pouvoir rien faire, et tu te demandais parfois si tu ne souhaitais pas juste faire partie de ce monde, si ces efforts pénibles pour compenser ton impuissance humaine ne venaient pas simplement du fait que tu voulais plus, plus que ça, plus qu’une vie mortelle dans laquelle tu étais certain de ne trouver aucune sorte de bonheur. La vie éternelle n’était qu’un facteur externe, toi tu savais, au fond, que tu voulais le vivre, quelque chose de sombre et de terrible, un être mal jugé et si unique. A chaque fois tu balayais l’idée d’une moue irritée, décidant qu’il ne s’agissait que d’une curiosité monstre, que d’une envie d’en apprendre plus sur ce qu’on s’était contenté de te faire miroiter.

Quand tu approches ton verre de ta bouche, tes mains sentent le fluide d’embaumement. Tu grimaces, plisses le nez et reposes le verre aussi sec, agacé par l’odeur pourtant familière, souhaitant oublier les toilettes mortuaires le temps d’une soirée. Ce soir, tu te sentais seul, et tu préférais, exception sournoise, la compagnie des vivants à celle des morts. Et partout où tu allais, bêtement, tu balayais les alentours de la pièce pour vérifier que Marius ne s’y trouvait pas, espoir vain de le trouver ou de le retrouver, créature pouvant se trouver n’importe où à cet instant, inaccessible, impossible à capturer. Tu aurais aimé savoir, qu’il vienne te trouver ou qu’il te tire de ta routine ennuyeuse, mais il avait sa vie et toi la tienne. Alors, déjà trop ivre, planté sur un tabouret de bar bien trop inconfortable, tu te contentes d’observer les liqueurs des étagères en te demandant ce qui te ferait oublier le mieux. On t’a souvent dit que la vodka était plus brute avec la mémoire que la plupart des alcools, mais toi tu oublies rarement. C’est peut-être ta tragédie.

Il ne t’a pas fallu longtemps, pourtant, pour tomber dans les ennuis. Le genre d’ennuis qui portent préjudice, le genre d’ennuis desquels, parfois, on ne parvient à se dépêtrer. Toi tu avais la malchance taquine, une malédiction que tu croyais bégnine et inoffensive te collant à la peau, te poussant sans cesse au mauvais endroit au mauvais moment. Et toi, ignorant, tu ne savais pas combien de créatures flottaient dans les foules de mortels, tu ne savais pas quels sourires cachaient des secrets inavouables, de quels regards te méfier. Toi tu cherchais réconfort, tristesse misérable d’une semaine morne, d’une routine lassante, des mêmes visages partout. Ce soir tu voulais t’échapper, rentrer tard, ivre mort peut-être même – t’asseoir sur les rebords pavés, les pieds suspendus au-dessus du Tibre. C’était ton quatrième verre.

Alors quand l’inconnu s’est accoudé au bar, a fait mine de te remarquer, tu as levé des yeux fatigués pour examiner son intérêt. C’était un homme et en cet instant, ça semblait presque suffire. Il n’était pas laid, pas vraiment, même si tu ne pouvais t’empêcher de te dire qu’il n’était pas Marius. Agacé d’autant plus, tu avais bu le verre d’une traite, glissant tes bras croisés le long du bois lisse pour te pencher un peu plus, comme un gosse prêt à faire des confidences. Le flirt avait été de mise, même si incertain, ne donnant aucune garantie de la suite. Tu t’en satisfaisais. Un garçon comme toi dans un bar aussi miteux, où seuls les vieillards poltrons et les groupes étudiants oseraient s’échouer, ça ne pouvait qu’attirer les gens comme lui. Et, sans que tu ne saches trop pourquoi, tu n’as pas suggéré une seule, infime, ridicule seconde, qu’il puisse être comme Marius.

Il ne t’a pas confié son nom, tu ne lui as pas confié le tien. Ça vous semblait inutile, proprement inadéquat. Il a commandé quelque chose dont tu n’as pas saisi le nom, et tu as commandé un cinquième verre. Vous avez parlé de vos routines mutuelles, de l’agacement des jours trop fades, d’une envie de rendre vos nuits plus satisfaisantes. Des êtres qui semblaient incompris le temps d’une conversation, solitaires peut-être même, ou bien esseulés seulement. C’était presque trop beau.

Tiré dehors comme un ami avec qui on s’en va arpenter le monde, il t’a tenu le bras comme une jeune fille s’agrippant à son partenaire, et tu l’as laissé faire : sa poigne était raisonnable, et il avait l’air péniblement bienveillant. Aucun de vous ne savait ce que vous alliez faire, alors vous marchiez, de rue en rue, Rome alors désertée pour les fêtes privées et les boîtes bondées, les lits confortables ou bien les télévisions surchauffées, un tout autre décor que les immeubles inanimés et le silence simplement troublé par quelques rares voitures. Il te semblait que vous aviez le monde pour vous et tu t’en trouvais heureux. Au début, du moins.

Puis au carrefour, vous avez traversé, et tu as senti d’un pas à l’autre sa poigne se raffermir sans prévenir. Elle n’était pas douloureuse, pas vraiment, mais elle était suffisamment menaçante pour prononcer un changement de ton, même si l’éclat de son regard joueur avec lequel tu avais joué le jeu restait inchangé. Un sourire en coin, nonchalant, qui y traînait depuis quelques bonnes vingt minutes – et la conversation toujours à flot, bien que confuse de ta part, l’alcool te montant à la tête. Le cinquième verre avait été audacieux, et tu ne t’en rendais compte que quand tu titubais légèrement, simplement rattrapé par sa main ferme autour de ton bras, s’enfonçant alors dans la chair pour éviter la chute – ou te retenir captif.

Le malaise en était palpable, terrible même, plus effrayant qu’une menace clairement posée devant toi. Tu l’observais sans rien dire, riant doucement à ses blagues factices pour indiquer que tout allait bien, mais tu ne voyais aucun indice possible pour déceler en lui la moindre trace de surnaturel. Devant une clôture métallique qui annonçait la périphérie d’un parc boisé, il s’est arrêté, toi avec.

Gamin bien trop innocent, assurément, tirant sur son bras pour le dégager de la poigne, s’imaginant que ce fusse alors un effort suffisant pour indiquer son mécontentement – la poigne toujours intacte, le bras endolori alors, les yeux se faisant paniqués. « Il est temps que… j’dois… à la maison… » Mots confus, idées diffuses, une brume que l’alcool faisait tomber sur tes pensées s’entrechoquant sans cohérence. Mais il balayait la requête, riant doucement pour convaincre qu’il restait tant de choses à faire, et tu aurais sûrement abondé dans son sens si sa poigne s’était soustraite à son sourire. Tu n’es pas sot, et tu sais très bien que vous n’aviez engagé la conversation que dans le seul but d’aller chez l’un ou chez l’autre, dilemme trop facile, toi trouvant refuge sous le toit de tes géniteurs, foyer peu convenable pour ramener une âme en quête de compagnie charnelle. Mais les choses te semblaient différentes, comme si tu avais mal regardé. Il faisait plus froid, du moins, tu en es presque sûr – et ses sourires, quant à eux, te semblaient plus menaçants. Mots pesants, lourds, offrant des interdictions silencieuses sous peine de choses terribles. « Laisse-moi partir. » Le bras se débat à nouveau, et l’autre main vient alors s’accrocher à la poigne pour tenter de la défaire, membres tordus dans la débâcle alors paniquée, piège refermé sur lui avec trop de facilité. « Laisse-moi ! » la voix, elle, se fait terrifiée, plus forte et plus vive, se brisant vers la fin ; une supplication féroce pourtant, qui n’aurait dû être reçue qu’avec des excuses.

Mais la poigne demeure, dangereuse, et ton cœur s’affole dans ta poitrine. Si tu avais su, oh, tu n’aurais pas bu autant, tu n’aurais pas non plus daigné lever la tête quand il s’est assis sur le tabouret à ta droite. Le barman aurait veillé sur toi et tu serais rentré sain, dans un taxi à tes frais, assoupi dans un lit jamais complètement fait, bien que dénué de présence réconfortante ou de peau chaude à caresser du bout de doigts distraits. Tu t’en serais remis, parce que les lendemains auraient été multiples, infinis peut-être même. Et les scénarii se font plus minces alors, ne laissent plus entrevoir que des possibilités malignes et affreuses, et tu plisses les yeux dans la panique pour tenter de déceler les crocs que tu te souviens avoir vu sur Marius. Si c’est la violence qui le motive, alors tu te débattras jusqu’à ce qu’il s’en aille, qu’il te lâche le bras, qu’une personne assez téméraire ne passe par là – agressivité inutile pourtant, le désir étant mutuel depuis le début. Si c’est la soif qui le motive, l’inconnu, alors il n’y aura plus grand-chose à faire et tu le sais, retenue raisonnable dont Marius avait fait preuve trop rare et trop chanceuse, miracle d’une vie qu’on ne voit pas répétée deux fois. Et dans un souffle tremblotant, tu maudis ta carne innocente, ta trogne de gamin bienveillant qui ne laisse présager aucune résistance, proie trop facile aux yeux des monstres dont tu ignorais l’existence jusque trop tard – nuit obscure dont tu ignores l’issue à présent, perdu entre les mains malveillantes de quelqu’un pour qui la pitié semble notion étrangère. Et la tête se penche, contrariée, hâtée plus que de raison, crocs discernables quoique trop tard, ongles gamins s’enfonçant dans la chair pour délier la poigne tant qu’ils le peuvent encore. Oh, oui, tu as toujours eu un don pour terminer au mauvais endroit au mauvais moment, personne ne dira le contraire.

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Marius L. Vitale
SIRÈNES - DROWN YOUR SOUL
OSSATURE: : Trentaine apposée sur la paperasse factice, échine piégée entre deux âges. CONTRAT: : De trop nombreuses conquêtes éphémères qui se sont fanées, myocarde sel qui fuit l'attachement, âme jouissant de sa pleine liberté. BESOGNE: : Précieuses qui étincèlent de leurs éclats délétères, joaillier aux phalanges habiles ornant les nuques de gemmes. Murmures et secrets glanés ou soufflés, informations échangées, babines fourbes crapahutant à la cité sainte une fois le crépuscule tombé.
ÉCORCE: : Six-cent-quatre-vingt-sept années d'errance, observateur silencieux qui voit le monde se perdre peu à peu. Belle gueule juvénile mensongère et factice. ÉCHINE: : Fils de l'ondine et des abysses dévorant les souffles. Piranha aux écailles d'un bleu nuit et aux éclats lazuli qui scintillent dans les flots à la manière d'une voûte nocturne. PRESTIGE: : Douce cristalline qui joue entre les doigts, domptée à merveille, branchies striant les flancs peu importe la forme. Doux murmure inné pour séduire les âmes par la fourberie, ainsi qu'une carne qui se referme sous les maux. GANG: : Opportuniste solitaire, grimaçant alors que celle qui se dit reine est évoquée, désolation d'un poisson avisé maître de son échine, détournant le regard des bas fonds dégueulasses. @EFFIGIE: : Brendon Urie ❉ faust (ava) / DΛNDELION (gifs/aes) BAFOUILLES: : 2942 PACTE: : 09/04/2017



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Mar 24 Oct - 17:00
Anguis in herbe
Silas & Marius

« One misstep, you're mine and you better stay clever if you want to survive. Once you cross the line. You'll be wishing you would listen when you meet your demise. »
Nuque décharnée, derme d'albâtre en partie dissimulée par les boucles flamboyantes qui rebondissent tel des vagues embrasées. Ils raisonnent, les battement du myocarde qui vibre, paisible, confiant. Cils de biche intimidées qui fuient, ultime cliente d'un jour en déclin, les joues veloutées s'empourprant avec délice. Flux sanguin qui monte, colorent la belle au semi-sourire délicat avant qu'elle ne disparaissent dans le soir qui appose sa couverture, assombrit les ruelles sinueuses d'une ville qui verrait bientôt la crasse y dégueuler. Mascarade coutumière une fois le voile nocturne qui caresse, embrasse, beauté macabre. Mirettes ambrées dilatées, affamées, perçoivent le chuchotement de ses veines, vermeil dissimulé sous l'immaculée parée de tâche de rousseur et qui s'écoule, nargue. Crispation de mâchoire, alors qu'elle s'envole comme un oiseau le ferait après avoir aperçu l'abominable prédateur, ne devenant plus qu'une ombre entre les échines pressées de retrouver la chaleur d'un foyer quelconque, loin de ce que les nuits aux nuances délétères eurent à offrir aux humanités égarées. Soupir, bête affamée au derme qui se fane, ternit et qui ne serait guère repus aussi facilement.

Précieuses privées de leurs éclats, gobées par leurs écrins veloutées, dissimulées avec soin dans les abysses de coffres blindés, dérobées aux dernières lueurs persistantes, désormais artificielles, bien qu'inutiles alors que l'obscurité leur fut coutumières, profondeurs infinies et aux secrets à peine murmurés se révélant demeure. Gestes méticuleux et pourtant ô combien répétitif, routine détestable et qui fut lassante, alors que l'attention n'y fut plus, gorge asséchée au point d'en devenir douloureuse, doigts aux ongles qui ne demandaient qu'à se faire griffe pour entraver, déchirer, laisser perler le rubis liquide des carnes. Pas fâché d'abandonner les futilités d'une couverture qui ne fut qu'artifice pour combler un tant soi peu l'ennui.

Ombre glissant entre chien et loup, à l'heure où les silhouettes deviennent étrangères, éveillant les paranoïas. Pieds hasardeux s'égarant, ne sachant où commencer l'odieux ballet nocturne, balayant le parvis de bars où de jeunes paumés s'adonnaient déjà aux beuveries en tout genre. Ennuyeux. Un souvenir s'égare au devant d'une façade menant à une cave aux néons perfides, existence de ce gosse remise au goût du jour. Il fut cherché, désir sournois que d'apposer une marque de plus sur son échine entravée, aiguille dans une botte de foin, cherchant à dégoter une piste qui fut quelconque, nasaux affutés aux aguets. Idées stupide, occupation ridicule, chasse et jeu de piste qui eut don de provoquer un regain d'intérêt, traque délicieuse sur les pavés pour quémander les restes. Apparence tranquille, desseins dissimulés, silhouette en chasse qui se perd, cherche, fini par dénicher un semblant de piste qui fut suivie, aboutissant au détour d'une ruelle égarée aux sombres airs de coupe-gorge malfamé. Le genre où il fut courant de perdre quelques dents et dignité.

Elles s'élèvent, les plaintes, sens en alerte qui comprirent aisément que la proie traquée fut déjà en partie possédée, oubliant toute la contenance possible pour bondir sur les lieux, constat amer d'une sangsue au repas bien alléchant, lorgnant sur la carcasse sur laquelle gisait un sceau invisible. Irritabilité, bouillonnant, animal possessif qui feule, montrant les crocs affûtés qui luisent sous le crépuscule en fuite, menace claire et nette avant de fondre sur le monstre pour le détacher de l'humain d'une poigne ferme. Sangsue pathétique qui n'eut droit qu'à un éclat dédaigneux, avant de sombrer dans une bagarre aussi ridicule qu'impressionnante, bêtes affamées se déchirant pour un morceau de viande, ni plus, ni moins. Crocs qui déchirent, percent, grognent, il finit par courber l'échine, chauve-souris s'envolant dans l'air, éveillant un bien maigre sentiment de satisfaction qui ne perdura guère.

Un revers de main tente d'effacer la marque d'une coupure trônant sur la lèvre inférieure, cicatrisation peinant à opérer sous la faim, brutalité qui fut éreintante, souffle qui peine à être retrouvé. L'attention se porte sur le quidam qui faillit finir dans un gosier repus, mirettes accusatrices et empruntent de déception, pointe de jalousie irritable trônant au travers de la gorge, perceptible, lui faisant dument comprendre son erreur que de s'être laissé perdre dans le jeu de séduction d'un autre affamé. « Putain ! tu tiens vraiment à te faire tuer ! » Pour ne pas dire que se faire dévorer fut visiblement son truc. Le ton fut glacial, déchirant le silence retrouvé dans la fraîcheur nocturne, le tout suivit d'un sifflement ô combien vénéneux, dévoilant les crocs. « Tu empestes l'alcool Silas. » Grimace qui s'esquisse, fronçant le nez, constat détestable.
(c) DΛNDELION

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Silas Benedetti
HUMAINS - DISSOLVED VOICES
OSSATURE: : vingt-quatre, parce que la déraison et l’innocence n’ont pas d’âge. il est comme figé dans le temps, imperméable à la réalité. CONTRAT: : les amours ratés sont son domaine d’expertise. entiché d'une sirène, infatuation condamnée. BESOGNE: : fasciné par le macabre, le morbide et le tabou, il trouve sérénité comme embaumeur d'âmes perdues, enjoliveur de corps desséchés. il travaille avec la mort bien plus qu'avec les vivants, douceur chétive dont les penchants inavouables surprennent toujours.
FABLE: : lucide mais imprudent. PRESTIGE: : l’espoir vain, l’amour fou, l’ivresse malheureuse. la folie des plus chétifs. @EFFIGIE: : © DΛNDELION, philukas. BAFOUILLES: : 172 PACTE: : 21/09/2017



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Mar 24 Oct - 18:04

— Hors des choses divines —

L’alcool embue les pensées jusqu’aux racines, insidieux, enlace comme une brume trop épaisse de laquelle on ne discerne que des bribes. Impossible de se méprendre, pourtant, quand la poigne lancinante disparaît, bras endolori par la force impitoyable de ce qui n’a rien d’humain. Et tu chancèles un instant, titubant dans le vide, mains paniquées cherchant quelque chose pour se rattraper avant la chute, éraflure malheureuse quand la paume s’accroche à un arbuste, creux à vif là où la peau s’est ouverte. Tu regrettes ton verre de trop quand tu tiens ta propre main, titubant même à l’arrêt, tandis que les connections se font, lentes et difficiles – les yeux alors se relèvent nerveusement, attirés par le bruit, agitation impromptue qui vient de te sauver la vie.

Il te faut un instant pour que les idées se fassent claires, pour mettre un nom sur un visage dans la pénombre confuse de corps trop en mouvement. Tu plisses les yeux, le cœur battant, osant à peine croire ce qui te semble pourtant être évident. « Marius ? » tu marmonnes à toi-même, souffle mi-surpris mi-soulagé, alors que le corps s’échauffe et se réchauffe, bouche-bée pourtant à la vue d’une lutte aux règles incertaines. Pendant une brève seconde, tu te demandes quelle est la limite, si Marius tue de bon gré sans ciller à peine, si les joutes nocturnes des créatures se soldent uniquement par la mort. Alors tu observes d’un air agité, vision trouble quand les monstres se mouvent trop vite, pulsations incontrôlables à l’idée que Marius ne perde l’avantage. Bruits inhumains, grognés du bout de lèvres assassines, crocs braqués comme une menace sans faille, attrait que tu ne saurais nier, canines charmantes que tu trouves seyantes sur lui. Puis l’inconnu disparaît, nom à jamais étranger, tentative tombée à l’eau comme un miracle qu’on n’attendait plus. Tomber à point serait un euphémisme et tu le sais, même sous tes couches d’alcool et de confusion.

« M-Marius » tu répètes, troublé, comme si tu doutais encore de la plausibilité de ta vision. Tu aurais très bien pu t’évanouir, imaginer la chose, et sans doute que ç’aurait été plus réaliste, tandis que tu décèles comme de l’inquiétude dans sa voix. Tu ris un instant, amusement enivré qui en sonnerait presque acide – lui, la bête silencieuse, celle disparue dans la nature sans chercher à le retrouver, s’inquiétant pour toi. Le rire se fane, trop amer à sa fin, tes yeux brillants d’une chose obscure, de la tendresse peut-être bien. De la rancune, pour sûr. « Hey, va te faire foutre ! » tu souris, ton trop léger pour de pareils mots, ceux que tu n’emploies que si nécessaire. Gosse bien élevé, désabusé cette nuit, fatigué d’avoir frôlé la mort pour finalement se faire réprimander. L’alcool brouille les pistes et le sens des priorités, cœur confus de se perdre autant dans la joie de le revoir que l’horreur de subir ses jugements. « Qu’est-ce que ça peut te faire. » La question n’en est pas une, curieuse pourtant – regard glissant de Marius jusqu’à la paume blessée, sang pourpre pointant avec parcimonie, la plaie superficielle dont les picotements se font lancinants au fil des secondes.

Injuste que de tomber sur celui dont tu t’es entiché alors que tu cherchais à l’oublier, vaine tentative d’alléger une poitrine alourdie par une absence qui veut trop dire. Tu peux supporter l’absence de n’importe qui sans ciller, ça oui, être fait pour la solitude la plus sereine, sociabilité intacte, innée presque, tandis que Marius se fait apparitions, rares et avares. Les sourcils se tordent dans la colère, sourire amer disparu alors, pour ne laisser place qu’à un regard triste et quasi-hostile, malveillance factice car tu sais, un peu trop bien, que le voir était tout ce que tu attendais.

« Tu crois que j’fais exprès ? T’es vraiment con. » Le mot pèse lourd sur tes lèvres, prononcé plus par l’alcool que par ta conscience, paroles faussement froides qui ne sonnent pas comme les tiennes. Il le sait, sans doute, ayant trop connu la douceur puérile de ton toucher, de tes regards innocents. « J’savais pas qu’il était… qu’il… » et tu cherches le mot exact, la bonne façon de dire de telles choses, des choses que tu ne dis pas à voix haute. Les mots te manquent, timides quand tu bois trop, et tu chancèles une dangereuse seconde, perte d’équilibre qui alerte par erreur. « Écoute », que tu commences, ton solennel comme prêt à réprimander, mais les yeux s’égarent sur son visage, bien trop à ton goût, et tu oublies ce que tu voulais dire.

Contraste presque ridicule alors que tu ouvres la bouche à nouveau, expression peinée, vexée et troublée encore intacte sur ton visage angélique, voix pourtant infiniment douce, assagie par la réalisation que tout s’est arrangé en un claquement de doigts. Il est là et tu ne pourrais exiger mieux, même si tu crains qu’il s’en aille d’une seconde à l’autre, susceptible, mots hostiles prononcés trop vite par des lèvres imbibées d’alcool. « Pardon. » L’excuse est sincère, chétive, presque – toi qui t’excuses par habitude, ce soir, tu quémandes son pardon, terrible exception que tu ne connais qu’avec lui.

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Marius L. Vitale
SIRÈNES - DROWN YOUR SOUL
OSSATURE: : Trentaine apposée sur la paperasse factice, échine piégée entre deux âges. CONTRAT: : De trop nombreuses conquêtes éphémères qui se sont fanées, myocarde sel qui fuit l'attachement, âme jouissant de sa pleine liberté. BESOGNE: : Précieuses qui étincèlent de leurs éclats délétères, joaillier aux phalanges habiles ornant les nuques de gemmes. Murmures et secrets glanés ou soufflés, informations échangées, babines fourbes crapahutant à la cité sainte une fois le crépuscule tombé.
ÉCORCE: : Six-cent-quatre-vingt-sept années d'errance, observateur silencieux qui voit le monde se perdre peu à peu. Belle gueule juvénile mensongère et factice. ÉCHINE: : Fils de l'ondine et des abysses dévorant les souffles. Piranha aux écailles d'un bleu nuit et aux éclats lazuli qui scintillent dans les flots à la manière d'une voûte nocturne. PRESTIGE: : Douce cristalline qui joue entre les doigts, domptée à merveille, branchies striant les flancs peu importe la forme. Doux murmure inné pour séduire les âmes par la fourberie, ainsi qu'une carne qui se referme sous les maux. GANG: : Opportuniste solitaire, grimaçant alors que celle qui se dit reine est évoquée, désolation d'un poisson avisé maître de son échine, détournant le regard des bas fonds dégueulasses. @EFFIGIE: : Brendon Urie ❉ faust (ava) / DΛNDELION (gifs/aes) BAFOUILLES: : 2942 PACTE: : 09/04/2017



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Mar 24 Oct - 22:40
Anguis in herbe
Silas & Marius

« One misstep, you're mine and you better stay clever if you want to survive. Once you cross the line. You'll be wishing you would listen when you meet your demise. »
Ivresse qui embaume le blond, effluves d'alcool qui émanant de sa carcasse à des kilomètres. Proie facile pour la moindre bête un tant soi peu fainéante qui put trouver les bons arguments, un échoué récolté sur le coin d'un bar comme ils furent des centaines, à croire qu'il se plaisait dans le rôle de l'égaré aux verres trônant entre les doigts, commençant à imaginer qu'il s'adonnait à d'autres, à l'image d'un drogué quémandant ses doses hebdomadaires de crocs entachant son épiderme. Iris ambrées dilatées, cernées, plongeant dans ses saphirs pour le maintenir avec fermeté, ne cillant pas malgré le rire qui s'échappe des lippes humaines, réplique et ton n'adoucissant guère le tout. Irascibilité qui perdure envers sa naïveté, cette façon dont il se fut mis dans un pétrin sans nom, carne assignée qui fut presque réduite à néant si le hasard n'eut pas fait correctement les choses. Ridicule d'être possessif à ce point d'une pauvre carcasse au myocarde qui fut sucée peu à peu, certainement destinée à finir blanchit et asséché.

Il n'eut soudainement plus de rictus, insulte jugée injuste et inappropriée envoyée, ne provoquant qu'un autre sifflement venimeux emplit d'un reproche, ignorant s'il fut ivre au point de ne plus contrôler ses humeurs. « Tu m'fais chier. » Locution qui fut marmonnée, à peine audible, d'avantage pensée qui ne put être contenue. Il ne fut en rien redevable, réplique devenant d'avantage reproches. « J'me serai bien contenté d'un merci. » Murmure amer, grommelant, tandis que les doigts aux jointures encore éraflées et rougies glissent dans les poches pour y disparaître.

Fumet ferreux capturé lors d'un soupir, arôme douçâtre qui se glisse, parvint aux nasaux en surplombant celle de l'alcool. Effluves sanguines perceptibles aux de là de celles qui furent propre et ornant encore les lèvres, appâtant douloureusement les gencives, devenant obsessionnelles, babines prêtes à mordre, salivant. Coupable tout dénoncé, regard roulant le long d'un bras pour s'échouer sur une main abîmée ô combien délicieuse et alléchante, le goût du vermeil s'en échappant déjà connu et assimilé. Faim. Elle se marque un peu plus, entrave, belle gueule qui se fane, s'abîme sous le manque, sirène voleuse en besoin et aux années bien trop lourdes qui rattrapent. Blocage alors que la mâchoire se crispe, contenance au possible afin de ne pas lui sauter à la gorge, le gober avec gloutonnerie sans en perdre une miette en un combat qui fut interne, lisible.

Silence. Quelques doigts sortent de leurs planque, s'égarent, effleurent le poignet coupable de l'égarement, désormais fruit de tout les désirs. Gestes méticuleux visant à porter la paume aux lippes qui sy apposent, dérrobant le rouge qui y trône en un baiser, babines léchées après avoir libéré le membre otage. « Est-ce que j'peux ? » Mirettes suppliantes, renvoient les maux qui assèchent, reflet de la torture qui tourmente, se fait obsession, besoin vital, primaire, bien que la parcimonies de quelques faibles gorgées ne serait que bien piètre récompense et consolation dans l'attente de les crocs ne se fassent assassins, quémandant l'homicide. « Je.. j'crève de faim. » Oser y apposer des mots, nommer l'ignominie, alors que le regard fuit, se baisse malgré le ton qui demeurerait presque hautain par fierté. Demande claire et concise à la manière d'un gosse quémandant une friandise trop sucrée et dissimulée ou d'un chien errant n'ayant plus rien avalé depuis des jours.
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Silas Benedetti
HUMAINS - DISSOLVED VOICES
OSSATURE: : vingt-quatre, parce que la déraison et l’innocence n’ont pas d’âge. il est comme figé dans le temps, imperméable à la réalité. CONTRAT: : les amours ratés sont son domaine d’expertise. entiché d'une sirène, infatuation condamnée. BESOGNE: : fasciné par le macabre, le morbide et le tabou, il trouve sérénité comme embaumeur d'âmes perdues, enjoliveur de corps desséchés. il travaille avec la mort bien plus qu'avec les vivants, douceur chétive dont les penchants inavouables surprennent toujours.
FABLE: : lucide mais imprudent. PRESTIGE: : l’espoir vain, l’amour fou, l’ivresse malheureuse. la folie des plus chétifs. @EFFIGIE: : © DΛNDELION, philukas. BAFOUILLES: : 172 PACTE: : 21/09/2017



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Mer 25 Oct - 0:07

— Hors des choses divines —

Et sans pouvoir trop te l’expliquer, tu lui pardonnes tout. L’amertume demeure au fond de la gorge, pénible et douloureuse, difficile à ravaler – mais tu l’observes faire avec attention, sans cligner ni ciller, attention minutieuse portée sur ses lèvres quand elles se posent au creux de ta paume ; elles en seraient presque guérison. Contact innocent, moindre voire insignifiant tandis que vos corps se sont connus dans les moindres détails, qui pourtant suffit à affoler les palpitations confuses, souffle dérobé à trop faire attention.

Stupide que de poser la question, la réponse trônant avec évidence dans un regard innocent : oui et mille fois oui, abandon pathétique de la chair et du sang, pantin qui s’oublie dans la satisfaction intrinsèque de le satisfaire lui. Peu t’importe toi, habitué aux cadavres blanchis dont les cœurs ne battent plus, habitué, aussi, à lui consacrer pensée après pensée du jour jusqu’au soir. Sans doute qu’il n’en a aucune idée, et toi tu doutes que ce soit un aveu qui lui fasse grand effet. Alors tu n’en dis rien, secret gardé presque malgré toi, affection pourtant dégueulasse que tu ne retiens que trop peu.

Libérés, les doigts s’écartent dans l’air frais, se tordent comme pour vérifier qu’ils fonctionnent encore ; la plaie picote toujours, mais le sang a disparu, volé – ou bien offert. Et toi tu n’as même pas besoin d’hésiter, yeux voisins trahissant un besoin qu’il aurait préféré ne pas avoir à étaler, une nature assassine difficilement répressible quand la soif se fait nécessaire. Tu t’en veux soudainement de lui avoir reproché des choses la dernière fois, critique accidentelle ayant dépassé la pensée alors que tu te faisais juge de pardon.

« Tu n’as pas mangé ? » Question brumeuse qui parvient à se frayer un chemin parmi les autres, tues à jamais – des mots presque surpris sur le bord de tes lèvres tandis que tu l’imaginais chasseur aguerri, sortant nuit après nuit pour ramener de quoi se sustenter, pièges probablement plus sanguinolents qui ne l’avaient été avec toi. Tu te considères victime chanceuse, proie épargnée pour une raison obscure, exception engendrant gratitude ; paradoxalement, tu ne l’en remercies pas, tendance humaine à plutôt dénoncer ses habitudes meurtrières que de se montrer reconnaissant du sacrifice abandonné. Tu te fiches de la réponse, à vrai dire, pas parce qu’elle t’intéresse peu, mais parce qu’elle ne changerait pas grand-chose et tu le sais.

Parce qu’au final, toi tu t’approches, souffle rendu confus par la proximité, l’alcool et la surprise, sang battant encore trop fort aux oreilles – et tu baisses les yeux sans honte, âme gorgée d’alcool trop aisément distraite alors qu’une main curieuse attrape un pan de vêtement près de l’abdomen. Tu tires doucement, comme pour t’assurer que Marius se trouve bien là, peut-être aussi par égoïsme, envie irrépressible de grappiller quelque contact privilégié duquel tu voudrais pouvoir clamer ton monopole. « Pourquoi tu d’mandes ? » Question vaine, à nouveau, car tu le sais : ce sont les convenances, pénibles mais nécessaires, celles que de demander consentement à une proie qu’on ne souhaite pas achever, maigre compensation pour le vol qui s’opère à la suite. Tu n’aurais peut-être pas voulu qu’il te dérobe ton essence sans prévenir, de la même manière que la créature disparue s’apprêtait à le faire, elle confortant difficilement l’optique de te garder en vie, crime alors effacé, ni vu ni connu. « J’veux dire, bien sûr. » Le sourire se fait timide, pensif presque, idées ivres s’enchaînant tantôt trop vite tantôt trop mal, fil de pensées bancal rendant la concentration difficile.

« Ici ? » tu demandes comme si vous parliez d’une simple conversation à tenir, là, au beau milieu d’une rue déserte, affaire nonchalante qui se voit considérée sans terreur par tes paumes gamines. Tu n’as pas peur, pas de lui. Et pour une raison obscure, tu lui fais entièrement confiance, détail sans doute dangereux qui te portera préjudice tôt ou tard, ou bien peut-être les choses iront-elles en ta faveur, pour une rare fois. Tu demandes pour être sûr, toi indifférent, autant au méfait des crocs qu’aux regards curieux pouvant s’égarer sur le trottoir d’en face, et peu t’importe, oh peu t’importe, morsure désirée que tu avais tenté de garder intacte, seul souvenir d’un attachement vain que tu ne pouvais caresser qu’en pensée. « C’est pas c’que j’avais en tête en sortant ce soir », tu marmonnes en riant doucement, sourire déplacé devant la supplication de Marius, adoucissant les mœurs pourtant.

Tu lâches le tissu pour apposer une paume à plat, trop ivre pour penser aux tâches éventuelles que ta plaie pourrait y laisser, trace qui, de toute façon, t’apparaîtrait comme marque possessive sur laquelle tu ne cracherais pas. Jaloux tu te fais quand les sourcils se froncent, l’imaginant quémander le sang de quelque autre inconnu n’étant pas toi. Il aurait dû venir te trouver en premier lieu, hasard fortuit laissant imaginer qu’il se serait contenté d’autre chose si les chemins ne s’étaient pas croisés. Tu te vexes en silence quand tu réalises qu’il ne cherchait pas à tomber sur toi, intervention opérée malgré lui ; mais tu te confortes en te disant qu’il aurait pu t’abandonner là, te punir de ta candeur dégueulasse, de tes frasques ivres à la conquête d’un peu d’amour pour noyer le tien, si écœurant à chaque regard que tu lui glisses. Tu te surprends à aimer l’idée qu’il aurait volontiers laissé une proie à son triste sort si ça n’avait pas été toi, humanité égoïste pour une fois, fierté mal placée ne te ressemblant pas. Tu ne saurais dire si Marius réveille tes bons ou tes mauvais côtés. « Merci », tu lâches contre ton gré, marmonnement orgueilleux mais docile, gratitude finalement grognée d’entre tes dents. Tu lèves les yeux, paume reprise et contact rompu, assez proche pourtant pour reconnaître son odeur. Familière, rassurante. Le remerciement fait office de feu vert, tandis que les yeux restent ouverts, attentifs, anxieux peut-être bien, palpitations accélérées à l’idée que le crime ne se voie commis ici-même. Toi tu montrerais volontiers à ceux qui grappilleraient des bribes du spectacle que tu lui appartiens, c’est chose certaine.

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Marius L. Vitale
SIRÈNES - DROWN YOUR SOUL
OSSATURE: : Trentaine apposée sur la paperasse factice, échine piégée entre deux âges. CONTRAT: : De trop nombreuses conquêtes éphémères qui se sont fanées, myocarde sel qui fuit l'attachement, âme jouissant de sa pleine liberté. BESOGNE: : Précieuses qui étincèlent de leurs éclats délétères, joaillier aux phalanges habiles ornant les nuques de gemmes. Murmures et secrets glanés ou soufflés, informations échangées, babines fourbes crapahutant à la cité sainte une fois le crépuscule tombé.
ÉCORCE: : Six-cent-quatre-vingt-sept années d'errance, observateur silencieux qui voit le monde se perdre peu à peu. Belle gueule juvénile mensongère et factice. ÉCHINE: : Fils de l'ondine et des abysses dévorant les souffles. Piranha aux écailles d'un bleu nuit et aux éclats lazuli qui scintillent dans les flots à la manière d'une voûte nocturne. PRESTIGE: : Douce cristalline qui joue entre les doigts, domptée à merveille, branchies striant les flancs peu importe la forme. Doux murmure inné pour séduire les âmes par la fourberie, ainsi qu'une carne qui se referme sous les maux. GANG: : Opportuniste solitaire, grimaçant alors que celle qui se dit reine est évoquée, désolation d'un poisson avisé maître de son échine, détournant le regard des bas fonds dégueulasses. @EFFIGIE: : Brendon Urie ❉ faust (ava) / DΛNDELION (gifs/aes) BAFOUILLES: : 2942 PACTE: : 09/04/2017



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Mer 25 Oct - 23:42
Anguis in herbe
Silas & Marius

« One misstep, you're mine and you better stay clever if you want to survive. Once you cross the line. You'll be wishing you would listen when you meet your demise. »
Mirettes toujours fuyantes, évitant la confrontation directe avec leurs jumelles adverses d'un océan azuréen. Bête docile qui réclame l'ignominie, quémande ouvertement, ne s'en cache pas, évite tout soupçon de jugement qu'il put avoir en retour, courbant l'échine à la manière d'un cabot chouinant après son os. Nécessité d'en avoir l'approbation, manière ridicule alors que le scrupule ne fut d'ordinaire qu'un bien maigre détail absent, inconnu. Haussement d'épaules tandis que la question s'appose, réponse pourtant évidente, qui peine à s'extirper, discussion taboue par habitude lorsqu'elle fut en présence d'un quelconque myocarde humanoïde, d'ordinaire peu prêts à l'acceptation des crasses pullulant dans l'ombre, d'autant plus à rôder dans les antres du Vatican qui fut dangereux, titillant le feu. « Pas depuis l'autre soir. » Murmure à peine audible, ton régit par la contenance qui fut nécessaire, de plus en plus difficile. Vérité que de ne pas avoir pris le temps de partir en chasse depuis, jours qui semblèrent déjà lointains, il fut la dernière échine entravée. Une remarque qui dut probablement le flatter, caresser son égo, le maintenir un peu plus au creux de nageoires avides.

Approbation officielle, aiguisées douloureuses qui cherchent déjà où se poser pour déchirer, ne demande qu'à se faire hostile. Rire de l'égaré qui n'eut pas l'effet escompté, faim trop terrible que pour renvoyer un quelconque sarcasme. Phalanges qui enserrent son poignet qui vint de retomber, poigne qui demeure douce sous le consentement qui venait de s'opérer, l'entrainant dans la pénombre à proximité, réflexe de la discrétion pour mieux fuir les potentiels regards curieux qui seraient de toute manière hypnotisés par un quelconque fredonnement manipulateur. Tricherie utile et parfois nécessaire, avantage certain et inné en cas de problème, satisfaction muette que de ne pas avoir à l'apposer sur la carcasse du blond.

Délicatesse du geste, doigts courant le long d'un bras, capturent les vibrations générées par le palpitants, tracé d'une veine qui fut suivit, cherchant la parcelle qui fut idéale, remontant jusqu'à se perdre dans sa nuque, paluche s'ancrant dans les boucles qui y trônent pour mieux l'attirer jusqu'à la perfidie. Souffles qui prennent le temps de se mêler l'espace d'une seconde, ivresse mutuelle, avant que les babines ne s'égarent, se posent à sa gorge. Elles s'entre-ouvrent pour mieux laisser courir les aiguisées, glissant sur le derme immaculé, cherchent les relents de leur marque précédente pour mieux s'y loger, comme si elles furent chez elles. Mâchoire qui se ferme, entrave, tandis qu'une paume au pouce bienfaiteur semble se faire pardonner d'une caresse sur une joue, excuse muette. Rouge enivrant, précieux récolté sans bavure, effluves ferreuses qui éveille l'ébriété. Frénésie qui fut difficile à maitriser. Vol honteux, laissant quelques souvenirs du blond se perdre, secret d'une mémoire grappillée par les brides sanguines, intimité outragée sans qu'il ne fut au courant, le voyant se perdre et se laisser berner dans ce bar. Mécontentement de cette vision. L'étreinte se fait plus ferme, partagée entre instincts de sirène avide au derme qui se ravive et referme les plaies occasionnées et l'amertume de l'avoir vu se perdre volontiers sans réfléchir d'avantage.

Fermeté nécessaire, bien qu'elle fut uniquement dans le but de le préserver, éloignant sa carcasse à bout de bras d'un geste presque trop furtif, l’œil dilaté et la gueule béante encore parée des preuves du crime. Faim en maigre partie apaisée, nécessaire vital dérobé, pas assez pour être pleinement repus, animal peinant pourtant à se détacher pleinement de son dût, conflit interne, malgré l'habitude des fragrances sanguines et des années d'expérience en matière de chasse. Besoin de tuer qui ne fut pas assouvit depuis des jours, parcimonie des derniers repas qui rendit la chose difficile. Profonde inspiration qui se fait soupir presque douloureux, ravalant les instincts acerbes. 
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Silas Benedetti
HUMAINS - DISSOLVED VOICES
OSSATURE: : vingt-quatre, parce que la déraison et l’innocence n’ont pas d’âge. il est comme figé dans le temps, imperméable à la réalité. CONTRAT: : les amours ratés sont son domaine d’expertise. entiché d'une sirène, infatuation condamnée. BESOGNE: : fasciné par le macabre, le morbide et le tabou, il trouve sérénité comme embaumeur d'âmes perdues, enjoliveur de corps desséchés. il travaille avec la mort bien plus qu'avec les vivants, douceur chétive dont les penchants inavouables surprennent toujours.
FABLE: : lucide mais imprudent. PRESTIGE: : l’espoir vain, l’amour fou, l’ivresse malheureuse. la folie des plus chétifs. @EFFIGIE: : © DΛNDELION, philukas. BAFOUILLES: : 172 PACTE: : 21/09/2017



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Jeu 26 Oct - 0:52

— Hors des choses divines —

Troisième fois seulement que le vice s’autorise, crime commis d’un commun accord ce qui pourtant ne fut pas toujours le cas. Tu te souviens encore d’une rencontre hasardeuse, terrible peut-être même, réveillant sous la chair des soifs bien peu banales, un besoin explicable qui ne porte pas de nom. Tu ne saurais dire si c’est Marius, ou bien ses crocs dans sa chair – tu présumes qu’il s’agit d’un tout, hypnose consentante qui laisse peu de place aux regrets. Et tu t’abandonnes, encore une fois, schéma répétitif qui se ferait presque habitude, gestes similaires aux sensations pourtant différentes.

Ce qui fut d’abord un vol devint un échange, et ce qui fut échange devient alors offrande, essence offerte sans exiger quelque retour, ange trop innocent qui pourtant n’offrirait pas sa chair au premier venu. Les crocs se plantent, avides et familiers, connaissant que trop bien le chemin ; et toi tu fermes les yeux, incapable de te concentrer sur l’obscurité alentours, pensées trop vagues se mêlant difficilement avec le choc, le désagrément et la fatigue. C’est différent des autres fois, tu le sens bien, et c’est moins douloureux – ton esprit a plus conscience du pousse qui en caresse ta joue que du sang volé sans compter, et la main distraitement sur son torse glisse doucement, affaiblie et étourdie. Alcool coupable, peut-être, des sens déséquilibrés, certains trop forts, d’autres mis en sourdine, lancinement laissant place à une vague gêne, balayée aussitôt par le soulagement de se trouver dans ses bras, même si ce fut en tant que proie. Et l’ascenseur émotionnel fait son boulot, morbide, amertume aussitôt revenue de n’être qu’un corps à disposition quand la soif se fait terrible. Avec ton accord, peut-être même initiée de tes sourires ; cirque qui n’en reste pas moins macabre quand tu voudrais plus sans trop savoir quoi.

Le tourment ne reste pas, désolation d’ivresse trop éphémère pour laisser sa marque tandis que les pensées s’effritent déjà, passant d’une idée à une autre – et quand les crocs se retirent, raisonnables même si peu repus, tu refermes un poing fébrile sur son torse pour enserrer le tissu, tenir sur tes pieds qui titubaient déjà bien avant. Sans doute que le timing fut malvenu, mais nécessaire, soif que tu voyais bien le tirailler dans son regard sombre, chose peut-être peu désirée mais n’en étant pas moins vitale. Tu lui accordes ça, encore, tandis que l’alcool et le sang dérobé te font tourner la tête, corps peu encombrant heurtant le sien avec maladresse. Tu voudrais pouvoir t’en excuser, mais les mots se font confus, et tu ne fais que grogner quelques souffles penauds, satisfaits pourtant d’avoir servi, âme humaine si insignifiante que même un statut de proie en ferait l’affaire. La sienne, seulement. Et tu ignores s’il s’en rend compte, créature si puissante qu’elle pourrait avoir n’importe qui, d’un chant hypnotique ou par la force, alors que tu ne cherchais dans des bars qu’une compagnie chaleureuse pour combler son absence à lui. Pathétique que d’admettre ces choses, alors que vous ne connaissez de l’autre que le prénom.

Les bras se perdent autour de son cou, cherchant désespérément de quoi tenir debout convenablement, assez longtemps, du moins, pour reprendre tes esprits. Le bout de quelques doigts se perd sur une nuque déjà connue, effleure presque par accident, tente une caresse maladroite et irrégulière dans laquelle tu ne peux t’appliquer correctement. Tu soupires, proximité rassurante quand le drame fut frôlé quelques minutes plus tôt, retournement de situation inattendu et accueilli avec gratitude. Plus que gratitude, oui. Le visage enfoui dans son cou, tu respires fort, éreinté mais conscient, émotions sans cesse contradictoires n’arrangeant rien à ton état. « Est-ce que ça… va mieux ? » Pause confuse au beau milieu des mots, alors que la parole est trop ivre, marmonnée comme un gosse. Tu sais que ça ne suffira pas, et tu as bien senti qu’il s’était fait violence pour s’arrêter à temps. Tu n’as pas lutté. Faible et fébrile, tu n’aurais probablement pas lutté s’il avait continué, non plus. Et désormais, c’est le souvenir de ses mots qui refait surface, constat et preuve apportée que la soif n’avait été comblée depuis cette fameuse nuit, pour une raison bien étrangère.

En temps normal, tu te serais peut-être abstenu de poser des questions. Tu aurais chéri les faits, simplement, tu te serais contenté de ce qu’on voulait bien t’offrir – mais le fil de pensée tremblote, incertain, balance d’un extrême à l’autre, et tu entrouvres des lèvres curieuses dans un geignement peu sobre. « Pourquoi t’as pas bu ? » Tu fronces les sourcils, troublé par ta propre question, incomplète dans ton esprit. « Avant ? » Tu grognes, soupires contre son cou alors que l’étreinte se resserre sans que tu ne t’en rendes compte, comme un enfant apeuré cherchant la chaleur de son parent. « Avant là. Tu aurais pu. » Puis tu abandonnes, contrarié de ne pas t’exprimer comme tu le voudrais, expression saccagée par la brume alcoolisée ressentie bien plus forte qu’avant. Tu es probablement au paroxysme de l’alcoolémie, sang manquant n’arrangeant rien, pourtant forcé à se purifier de lui-même des toxines étrangères. Dans une demi-heure, rien que ça, tu te sentiras déjà mieux.

La confusion demeure tandis que tu fais mine de t’écarter, bras glissant de son cou pour tomber mollement contre tes cuisses – toi, perdu dans un coin sombre avec une créature de la nuit, de l’eau, une peu de vie volée sans résistance aucune, et toi, gosse ivre, dans les bras d’un inconnu indifférent, alors que les attentes de cette soirée avaient été tout autres. Tu prétends tenir debout, enfant orgueilleux que l’alcool n’affecte pas toujours autant, verres mal dosés ou bus trop vite – mais le corps retombe, supportant mal la gravité et la perte d’équilibre, front heurtant son épaule pour finalement y rester posé, serein, alors qu’une main maladroite fait mine de se relever pour trouver des doigts étrangers. « C’était bon ? » tu ris doucement, innocent et attendrissant, crime n’ayant pourtant rien de drôle – satisfaction étrange que d’avoir pu aider, et nécessité aussi de savoir si cette aide fut appréciée.


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Marius L. Vitale
SIRÈNES - DROWN YOUR SOUL
OSSATURE: : Trentaine apposée sur la paperasse factice, échine piégée entre deux âges. CONTRAT: : De trop nombreuses conquêtes éphémères qui se sont fanées, myocarde sel qui fuit l'attachement, âme jouissant de sa pleine liberté. BESOGNE: : Précieuses qui étincèlent de leurs éclats délétères, joaillier aux phalanges habiles ornant les nuques de gemmes. Murmures et secrets glanés ou soufflés, informations échangées, babines fourbes crapahutant à la cité sainte une fois le crépuscule tombé.
ÉCORCE: : Six-cent-quatre-vingt-sept années d'errance, observateur silencieux qui voit le monde se perdre peu à peu. Belle gueule juvénile mensongère et factice. ÉCHINE: : Fils de l'ondine et des abysses dévorant les souffles. Piranha aux écailles d'un bleu nuit et aux éclats lazuli qui scintillent dans les flots à la manière d'une voûte nocturne. PRESTIGE: : Douce cristalline qui joue entre les doigts, domptée à merveille, branchies striant les flancs peu importe la forme. Doux murmure inné pour séduire les âmes par la fourberie, ainsi qu'une carne qui se referme sous les maux. GANG: : Opportuniste solitaire, grimaçant alors que celle qui se dit reine est évoquée, désolation d'un poisson avisé maître de son échine, détournant le regard des bas fonds dégueulasses. @EFFIGIE: : Brendon Urie ❉ faust (ava) / DΛNDELION (gifs/aes) BAFOUILLES: : 2942 PACTE: : 09/04/2017



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Ven 27 Oct - 18:40
Anguis in herbe
Silas & Marius

« One misstep, you're mine and you better stay clever if you want to survive. Once you cross the line. You'll be wishing you would listen when you meet your demise. »
Murmure imperceptible de la carne affamée, siffle à l'oreille, s'immisce dans les moindres pensées vagabondes, s'y ancre. Instinct odieux, bête féroce qui quémande de réitérer, enfoncer à nouveau les aiguisées pour en dérober les dernières effluves de son souffle, la gueule béante emprunte de vermeille, lorgnant sur l'épiderme entravé par l’attrait du rouge. Monstruosité à nu qui peine à rester de marbre, ravaler les méandres d'une faim qui ne fut qu'en partie comblée, de quoi survivre et non apaiser pleinement, maigre consolation. Langue qui balaye les babines, n'en perdent pas une miettes, effluves ferreuses enivrantes, abandonné qui courut une fois de plus dans la gorge, tandis que l'échine redevenant maitresse d'elle-même malgré la lutte silencieuse, ravale les crocs véhéments.

Gosse qui fléchit, fut maintenu avec soin en une aide méritée, poigne et étreinte pour qu'il ne sombre pas sur le sol, phalanges enserrant ses boucles alors que son front trouve refuge sur une épaule droite qui fut à disposition, offerte. Rictus bienveillant malgré l’atrocité et l'hostilité des gestes, attaque sournoise et consentante, fourberie sans nom, tendresse qui fut récompense de sa docilité, de son abandon dégueulasse. « Mieux. » Murmure faiblard, il s'élève à peine, soufflé en direction de son oreille. « J'ai pas pris le temps. » Réponse hasardeuse à une question qui demeurait trouble, perdue dans les vapeurs d'une ivresse qui fut probablement double. Raisons en partie tues, supposant qu'il n'eut besoin des détails, de savoir que la discrétion fut maîtresse et religion, que les carcasses durent être parcimonieuses dans les ruelles de la cité éternelle, gourmandise devenue luxe depuis longtemps, évitant murmures et chuchotements, tête déjà fichée entre Vatican et Opus Dei, au delà d'une Cuore Nero évitée et fuie comme la peste. Il tombait à point, le blond adonné, pacte sans scrupule et avantageux.

Dernière locution qui demeure sans réponse, peu certain qu'elle lui fut nécessaire malgré la délectation exquise. Lèvres ôtées de leur vermeil trouvant sa tempe qui fut perdue à proximité. Décision prise en saisissant fermement son échine épuisée et rendue fébrile, la soulevant pour l'emporter dans un décors qui fut plus confortable, toujours éloigné des mirettes trop curieuses. Abords d'une fontaine au chuchotement rassurant, l'adossant à cette dernière sous les regards de quelques statues dégueulant l'onde fraîche. Échine qui se courbe, prend place à ses côté, paume incitant son épaule à s'allonger et perdre son faciès sur des cuisses illusoires, le recouvrant  d'une veste qui fut inutile et reléguée au rang de couverture d’appoint, ne craignant pas la fraîcheur du soir. « J'peux savoir pourquoi tu t'es laissé appâté dans ce bar ? » Interrogation d'abord pacifique qui fut emprunte de trop d'amertume, mâchoire contrariée qui tente d'apposer son exclusivité, poisson possessif avec sa proie. Déception lisible. Images empruntées dans la gloutonnerie remontant à l'esprit, dévoilant en partie le voyeurisme, prêt à l'assumer. Impression détestable que les lignes du contrat ne furent pas remplies correctement, alors qu'il courut un risque inutile.

Soupir. Phalanges qui fait venir un filet d'ondine, insuffle une volonté bienfaitrice en ce qu'il dut probablement prendre pour un quelconque tour de magie. Elle se glisse sur la plaie encore béante, marque apposée qui fut nettoyée, soulagée, cristalline aimante qui se fit maternelle avant de retourner dans le bassin surplombant. « Je suppose que j'devrai te remercier. » Phrase qui peine à s'extirper, du bout des babines encore affamées, ne saisissant pas en quoi ce genre de comportement fut admirable ou même affublé d'une quelconque gratitude, crasse sans nom, suicidaire, bien qu'il semblait cerner à quel point sa vie ne tenait qu'à un maigre fil une fois entre les tenailles avides.
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Silas Benedetti
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FABLE: : lucide mais imprudent. PRESTIGE: : l’espoir vain, l’amour fou, l’ivresse malheureuse. la folie des plus chétifs. @EFFIGIE: : © DΛNDELION, philukas. BAFOUILLES: : 172 PACTE: : 21/09/2017



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Sam 28 Oct - 3:00

— Hors des choses divines —

Tu le laisses t’attirer vers des endroits plus propices, t’attirer vers et contre lui, un contact surprenant aux goûts étrangers de tendresse, douteuse pourtant. Et tu ne luttes pas, gosse affaibli ravi de finir entre les mains de l’autre, finalement tout ce que tu n’avais osé désirer ce soir. Tu avais choisi l’alcool plutôt que les espérances, trop vaines et éreintantes, et pour une fois la vie semblait te faire de ces maigres cadeaux éphémères qu’on chérit en souvenirs.

Un souffle perdu, fatigué, exaspéré peut-être même, tandis qu’il te demande pourquoi. Tu aurais trop de choses à dire. Trop à dépeindre du bout de doigts ou bien avec des mots maladroitement choisis, piochés au hasard dans l’océan de pensées chaotiques qui te force à la noyade. Et il ne comprendrait pas, pas vraiment. Puis tu fronces les sourcils, observant les alentours depuis l’appui confortable de ses cuisses. Tu te sens paralysé, comme déjà mort, serein pourtant. « Comment tu sais ? » Question soufflée avec trouble, mais plus curieuse qu’exigeante, portant en elle une envie timide d’en apprendre plutôt que de réprimander. Tu te ficherais bien qu’il te suive et t’espionne, oh oui, tu te verrais plus ennuyé alors par le fait qu’il te laisse patauger dans cette solitude morne, qu’il en soit le témoin direct sans daigner tendre une main. Puis tu fais mine d’abandonner, sans jamais véritablement avoir déjà résisté : « J’me suis pas laissé appâter. Il était là. Je croyais qu'on était d'accord lui et moi. » L’excuse est simpliste, a des airs d’absence, suggérant que la présence de l’inconnu compensait l’absence de Marius. C’est l’air de dire qu’on se satisferait alors de ce qu’on voudrait bien nous donner, bien peu, bien mince, bien moins beau aussi – mais toi, gamin solitaire, tu n’aurais pas vraiment pu exiger mieux. Tu n’en as pas le luxe ni la force, vraiment. Alors reconnaître son odeur tandis que tu fermes les yeux un bref instant tandis que l’eau effleure ta peau pour la nettoyer, servante docile de la créature à laquelle tu sembles obéir, toi aussi. « Je croyais qu’il était comme moi. » Humain. Faible, insignifiant, d’une impuissance douloureuse. « Je croyais qu’il me changerait les idées. Je pensais qu'on irait chez lui et qu'on s'f'rait un peu de bien. » Tu regardes ailleurs, confus par ta propre naïveté. Avant Marius pourtant, elle était inoffensive, tentatives éphémères pour trouver un peu de chaleur qui ne finissaient jamais en drames. Jamais en meurtres. Il suffisait d’un regard entendu, de quelques mots peut-être, et tu te réveillais le lendemain dans des bras tièdes que tu ne connaissais pas. Puis l’un de vous deux disparaissait, et tu recommençais, cœur creux ne trouvant jamais ce dont il avait besoin.

Tu la sens tapie sous la peau, la sensation de manque, le besoin insatiable de te déverser dans un amour même à usage unique. Tout donner rien qu’un instant pour te convaincre qu’il y a plus que ça, que les nuits froides et désolantes, que l’humanité navrante. « Je t’ai attendu. » Pas dans ce bar, non. Mais avant, partout, à tous moments – attendu contre ton gré, comme si tu n’osais trop. Comme si tu refusais de te l’autoriser parce qu’au fond tu sais qu’il ne serait pas venu. « Longtemps. » Pendant des jours. Si distrait par son souvenir que tes cadavres chéris en devenaient ennuyants. Tu soupires, t’éreintant toi-même à ressentir tant de choses. « Comment voudrais-tu que quelqu’un comme moi oublie quelqu’un comme toi ? » Et tu glisses une joue contre sa cuisse pour te retourner rien qu’un peu, lever une main curieuse et pensive vers sa mâchoire pour l’effleurer, sourcils froncés tandis que tu te perds dans la contemplation trop ivre. Il en serait presque flou, alors tu l’effleures un peu mieux, comme pour te convaincre qu’il existe bien. « Je t’ai déçu ? » Et dans ton souffle, tu demandes pourquoi. Tu lui demandes une réponse. Un peu d’explications à sa colère. Toi, proie délaissée, réprimandée d’avoir tenté de reprendre sa route quand on semblait ne plus manifester de besoin de sa part. Les gens ne savent pas ce qu’ils veulent.

La main retombe, et tu passes un ongle distrait sur ta lèvre inférieure, bercé par le mouvement régulier et la douceur du contact. « Ne m’remercie pas. Je ferais bien plus si je pouvais. » Et tu n’peux pas, pas vraiment ; corps déjà trop affaibli par la boisson, par l’offrande altruiste peu suffisante. Si tu ne te sentais pas si brumeux, alors tu lui aurais donné tellement, tu le sais. Et tu cherches son regard du tien comme pour le lui montrer. Alors c’est comme si tu t’excuses, de ta faiblesse et de ton impuissance, de ta condition précaire d’humain, incapable de faire une bonne victime. Navrant. « Ça ne me dérange pas quand c’est toi. » Tu souris tristement, pensées parsemées un peu partout, te rappelant trop vivement la panique qui t’avait enseveli quand tu avais compris ton erreur un peu plus tôt. Lui tu ne l’aurais pas laissé te mordre, tu ne lui aurais rien donné, rien de ton plein gré. Et même si la lutte en aurait été vaine, tu aurais persisté jusqu’à flancher. Il te faut au moins ça pour comprendre que la pensée ne t’a jamais effleurée avec Marius. Tu ne saurais dire pourquoi. « Tu es là », tu souffles gravement quand tes sourcils se nouent, yeux gamins observant les siens dans les moindres détails, comme si tu venais de réaliser que c’était bien à Marius que tu t’adressais. Présence inattendue, sauvetage impromptu, et réconfort étrange même sans rien faire, sans rien dire. Et les mots sonnent comme une gratitude éternelle, d’être là, d’avoir été là, ou bien d'être resté.

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Marius L. Vitale
SIRÈNES - DROWN YOUR SOUL
OSSATURE: : Trentaine apposée sur la paperasse factice, échine piégée entre deux âges. CONTRAT: : De trop nombreuses conquêtes éphémères qui se sont fanées, myocarde sel qui fuit l'attachement, âme jouissant de sa pleine liberté. BESOGNE: : Précieuses qui étincèlent de leurs éclats délétères, joaillier aux phalanges habiles ornant les nuques de gemmes. Murmures et secrets glanés ou soufflés, informations échangées, babines fourbes crapahutant à la cité sainte une fois le crépuscule tombé.
ÉCORCE: : Six-cent-quatre-vingt-sept années d'errance, observateur silencieux qui voit le monde se perdre peu à peu. Belle gueule juvénile mensongère et factice. ÉCHINE: : Fils de l'ondine et des abysses dévorant les souffles. Piranha aux écailles d'un bleu nuit et aux éclats lazuli qui scintillent dans les flots à la manière d'une voûte nocturne. PRESTIGE: : Douce cristalline qui joue entre les doigts, domptée à merveille, branchies striant les flancs peu importe la forme. Doux murmure inné pour séduire les âmes par la fourberie, ainsi qu'une carne qui se referme sous les maux. GANG: : Opportuniste solitaire, grimaçant alors que celle qui se dit reine est évoquée, désolation d'un poisson avisé maître de son échine, détournant le regard des bas fonds dégueulasses. @EFFIGIE: : Brendon Urie ❉ faust (ava) / DΛNDELION (gifs/aes) BAFOUILLES: : 2942 PACTE: : 09/04/2017



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Lun 30 Oct - 1:30
Anguis in herbe
Silas & Marius

« One misstep, you're mine and you better stay clever if you want to survive. Once you cross the line. You'll be wishing you would listen when you meet your demise. »
Silence. Nuit naguère paisible, loin des affres précédents. Ils furent pourtant nombreux, les paumés et myocardes fragiles entre des griffes acérées, esquivant les regards hostiles de chasseurs tout aussi affamés, pistant les bêtes. Guerres nocturnes, obscurité assassine, désolation perpétuelle et quotidienne. N'en demeure que le chuchotement de l'onde qui s'écoule, chante pour apaiser les maux, berceuse doucereuse raisonnant aux tympans, alliée en cas d'intrusion. Terrible sensation que d'être responsable de l'échine humaine prise dans sa double ivresse, allongée sur le galbe de cuisses synthétiques. Bête qui se doit de prendre soin, entretenir, promesse silencieuse d'une protection qui en devint possessive, garder son échine loin de tout crocs étrangers. Monstrueux que de s'accaparer le droit de l'entraver, exclusivité dégueulasse, bourreau unique.

Hésitation, elle perdure quelques instants, laissant l'interrogation planer dans les ombres de la nuit. Voyeurisme malsain, provoqué par l'étreinte mortifère, souvent tus, loin de vouloir à faire aux méandres de quelques mémoires d'égarées, préférable qu'ils demeurent à jamais anonymes, quidams disparus qui ne furent rien. Étrange d'avoir changé d'avis, alors qu'à une époque lointaine, perdue dans les flots sinueux, le vol de mémoire fut adulé, curiosité maladive que d'apprendre, décortiquer, comprendre l'humanité inaccessible, paumées sur leurs côtes alors que poisson perdu en mer. Vivre parmi eux eut changé la donne, incontestablement. Détestable. « Ton sang. » Réplique trouble qui finit par être murmurée, lui laissant le loisir d'en deviner la suite, d'imaginer et de tracer le récit d'une quelconque magie noire.

Confidence glanée, récoltée avec irritation, faciès neutre qui enregistre, ne laissant transparaître qu'un bien piètre soupçon d'amertume. Proie appâtée, presque trop aisée à capturer, mâchoire qui se crispe à l'idée. Soupir, tandis que les phalanges résignées se glissent, esquissent l'ébauche d'une caresse sournoise qui se perd sur une joue adverse avant de finir dans l'or assombrit de ses boucles, répètent un même mouvement inlassablement. « Tu te laisses berner par les illusions. » Constat, pensée qui se fait locution, soufflée. Elle fut peut-être remontrance, bien que le ton n'en dit rien. Gosse qui se laisse appâter par le premier venu usant de fourberie malgré quelques pensées vagabondes, qu'il connut désormais l'étendue des crasses que Rome avait à dissimuler. Mioche qui vit le beau dans l'ignoble, peine à percevoir derrière l'affection que les monstruosités croisées dans une même soirée furent pourtant semblables sur bien des points, ne discernant plus le piège. Humain prêt à donner plus que ce qu'il fut raisonnable, apposant des mots sur l'abandon. Peut-être trop entiché, sentiments apposant des œillères, faits inconnus et incompris, troubles, myocarde sel et fuyant.

« Te dire non serait un trop gros mensonge je présume ? J'vais t'faire bouffer de la verveine par tout les pores, on en parlera plus. » Sarcasme qui n'en fut pas réellement un, intention ferme de la lui faire gober de force pour éloigner les sangsues terrestres et de lui fourrer les poches d'argent s'il le fallait. « Tu ne devrais pas douter de mes engagements. » Ton presque sec, vexé qu'il eut douté malgré la promesse qui fut silencieuse, mis en question, bercé par une impatience sans nom de quelques maigres jours. Notion du temps pourtant divergentes.  

Expiration qui se perd, carcasse qui se délie, s'enfonce un peu plus contre la pierre fraîche, mirettes s'égarant dans le vide lointain alors qu'une paume persiste à apprivoiser les mèches étrangères machinalement. Babines qui soufflent, laissent échapper un fredonnement pernicieux en un langage qui fut perdu depuis longtemps déjà, abandonné dans l'écume. Il vise à détendre, apaiser, faire taire l'ivresse des oreilles captives, entretenant les filets vicieux et invisibles dans la foulée, bien que ce pan fut inutile. Hypnose fourbe qui s'éteint pourtant rapidement, ne laissant qu'une berceuse qui fut inoffensive, se mêlant aux chuchotements de l'ondine surplombant.
(c) DΛNDELION

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Anguis in herbe | Marius
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