Terminé ► Le sacrifice ordinaire [Jacopo]

 :: HABITATIONS
Terminé ► Le sacrifice ordinaire [Jacopo] - Jeu 7 Déc - 13:14
avatar
lycans
lycans


EFFIGIE : Saoirse Ronan
BAFOUILLES : 1246
PACTE : 30/11/2017
OSSATURE : 28 ans
CONTRAT : Célibataire, mariée à son métier, indisponibilité temporaire pour descente dans le tunnel de la drogue. C'est Alice au pays des merveilles avec des flingues.
BESOGNE : Dealer/Rabatteur (Agent du GOA infiltré)
FABLE : Adele sait tout ce qu'il y a à savoir des meutes et comment les éviter. Elle a de faibles notions sur l'existence des sorciers. Renifle et fuit les suceurs de sang avec efficacité. Des sirènes ? Faut quand même pas exagérer.
ÉCHINE : Wolfman (la version originale, bien entendu. Rien ne vaut les classiques)
PRESTIGE : Faiblarde pour les alphas, Hulk pour les humains. L'odorat d'une femme enceinte et la médaille d'or au quatre cents mètres haie. Au bas de l'alphabet grec et de la chaîne alimentaire, Adele n'est pas plus épaisse qu'un gros chien (bon d'accord, un très gros chien) Poule pondeuse pour sa race, c'est sympa les omegas. T'as raté quelques pages de l'histoire du féminisme, Dame Nature.
GANG : Nostro Regno. Tant qu'on gagne, on joue.
CREDIT : ava by me / sign by lazare


.Le sacrifice ordinaire.






" File moi cette putain de came ou je te crève !
- Donc... t'as pas l'argent ? "

C'est juste histoire d'être sûre.
Parce que la première réponse n'était pas très claire. Et maintenant qu'elle est là, plaquée contre un mur avec un couteau à cran sous la gorge, Adele a bien envie de savoir si c'est une question de pauvreté, ou d'avarice maladive... Le visage tordu de douleur, la gueule en Picasso, celui qu'on nomme Yago dans les rues de la crasse se contorsionne sous son regard. Il l'implore, Yago, d'être raisonnable, et qu'il a vraiment pas envie de lui faire du mal. Adele n'en doute pas. C'est pas un méchant. Juste un de ces types qui n'ont jamais su pourquoi ils faisaient ce qu'ils faisaient, qui sont un mystère pour eux-mêmes, et qui préfèrent noyer le vide insondable du mystère dans des substances plus consistantes que leur réalité. A le voir se pendre dans le vide de cette façon, famélique et contorsionné, Adele a rien qu'envie de l'assommer pour le traîner au premier dispensaire qu'elle trouver. Lui faire bouffer le numéro d'un psychiatre. Retourner le couteau contre son ventre et menacer de lui foutre les tripes dehors, si elle le revoit avec une aiguille dans le bras. Placide, elle s'écarte, vivement. S'empare d'un même geste du bras puis de l'épaule qui la menacent pour décaler la lame d'une clé efficace, coincer l'articulation, le projeter violemment contre le mur. L'arcade cède en une gerbe de sang.
Yago, qui n'avait déjà plus beaucoup de forces, s'écroule les fesses sur sol.

Dans un soupir contenu, les gestes un peu brusques, Adele s'accroupit pour lui faire les poches. Elle en tire un portefeuille au cuir usé, vieilli, authentique mais vraiment passé. Trouve une carte de fidélité pour une sandwicherie, une autre chez un libraire. Merde, Yago, plus personne ne va chez un libraire, de nos jours... pourquoi tu gâches un si joli gars, dans un truc laid comme la dope.

" Je te prends ça, pour mon dédommagement personnel. " qu'elle crache avec un parfait mépris, en se saisissant de la carte de sandwicherie, délaissant les livres. " Fais pas le con, Yago. " qu'elle essaye de lui conseiller, Adele. Même menaçante, désagréable et très patibulaire.  " Je t'aime bien, j'ai pas envie d'envoyer ton gosse à l'hosto. Alors essaye de faire quelque chose avec la bouillie qui te sert de matière grise. "

Elle l'entend pleurer derrière elle. Peut presque le sentir, se ratatiner dans la ruelle. D'un pas constant, rejoint les illuminations rouge argent des artères plus passantes. Un sapin doré par la période des fêtes.
Elle a l'âme au bord des lèvres.


J'ai quelques nouvelles.
J.

Les yeux coincés sur une tablette qui a plus de rayures que d'écrans, elle caresse la ligne de texte du regard, cette pupille trop bleue pour être probable. Le même message hier aurait déclenché enthousiasme, béatitude, même. Ce soir, elle a soudainement envie de l'envoyer chier. Lui dire laisse tomber. Mauvaise idée. Acharnement inutile. Parce que ça changera rien. Probablement pas. Probablement qu'elle retrouvera jamais son ancien emploi, parce qu'elle est déjà trop loin. Probablement que cette fille abusée tous les quatre matins aime ça, dans le fond. Parce qu'un an dans la crasse humaine, lui a ouvert les yeux sur le masochisme des gens. Les gens aiment être coincés, les gens aiment être malheureux - et surtout rester immobiles, comme des lapins dans les phares des voitures.

Parce qu'elle a déjà du mal à se regarder dans un miroir.
C'est pas pour que toi tu la voies.
Parce qu'il est pourri aussi, si ça se trouve. Comme tout le monde. Parce que c'est un piège, que l'humanisme ça n'existe pas, et qu'avec ou sans photo elle le crèvera, de toute façon; l'autre.



Je passe dans la soirée.


And hold your gaze
There's coke in the Midas touch
A joke in the way that we rust
And breathe again



Campée devant la porte, Eloise profite que Jacopo ne jouisse ni d'odorat développé ni de sixième sens, rien qui puisse lui indiquer sa présence - elle se paye le luxe d'hésiter. Elle a pris toutes les assurances pour qu'on ne la cherchât pas ce soir, emprunté un intinéraire trois fois plus long, étiré encore par le nombre d'occasions qu'elle a eu de se retourner pour regarder derrière son épaule; et ce sont ces emmerdes à venir elles-seules qui la persuadent encore de ne pas rebrousser chemin. Une intimidation latente lui fait battre le palpitant, comme à chaque fois, comme il en sera toujours ainsi; ce désir profond, coriace et un peu infantile de plaire à une vieille figure d'autorité, si désuète fusse t'elle. Mais plus que ça, cette fois. Eloise a peur : de l'inévitable, l'inaudible. Peur qu'il lui dise qu'il n'y a pas grand chose à faire, parce que les choses ne changent pas. Qu'elle devrait plutôt s'inquiéter pour elle. Parce qu'elle a changé.
Est-ce qu'elle a changé ?
Cette angoisse effroyable de lire sur le visage de Jacopo, la descente aux enfers qui l'attend elle-même.
Doigt sur la sonnette, elle soupire, et presse.

" Salut. " Un sourire un peu rigide, un peu forcé, un peu ému, tord les traits d'Eloise à la vue de ceux qu'elle regarde, familiers. Un sentiment poussiéreux de retourner à la maison après des années de voyage. Heureux qui comme Ulysse... " C'est sympa de me recevoir chez toi, je me voyais pas entrer dans une agence de détective à la vue de tout le monde. Mais je suis peut-être parano. " elle lui tend un sac en tissu décoré, un peu coquet pour la simple bouteille de mousseux qui se trouve à l'intérieur.  " Je nous ai pris un remontant. Si tu veux bien."

Nous servir.
Des grands verres, de préférence.  


☾ ☾ ☾ ☾ ☾
Comme la lune fidèle à n'importe quel quartier, je veux être utile à ceux qui m'ont aimée; à ceux qui m'aimeront et à ceux qui m'aimaient. Je veux être utile à vivre et à rêver. 
(c)lazare
Revenir en haut Aller en bas
Terminé ► Le sacrifice ordinaire [Jacopo] - Jeu 14 Déc - 17:28
avatar
hybrides
hybrides


EFFIGIE : Charlie Cox
BAFOUILLES : 941
PACTE : 05/08/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Célibataire. Enfin... Divorcé. Evitons ce sujet, per favore.
BESOGNE : Détective privé. Ex-inspecteur de police qui s'est fait virer quelques mois après son divorce, ayant complètement déraillé. La véritable raison : sa cheffe corrompue, qui trempait dans la Mafia depuis des années, démon déguisé en ange. Suivant des pistes, Jacopo et son meilleur ami Luigi, lui aussi inspecteur, avaient mené leur enquête pendant des mois, réunissant des preuves contre leur supérieure. Ils se croyaient capables de la faire tomber. Sauf que non ; Luigi fut tué par la Mafia à la demande de sa ténébreuse cheffe, tandis que Scaglione devint l'amant de sa supérieure, dans une tentative désespérée de la coincer enfin. En vain, parce qu'elle était parfaitemnent au courant pour son enquête secrète. Il ne devint que son jouet, pendant des mois. Puis un jour, tout fut mis au clair : soit il oubliait cette histoire, soit il subissait le même sort que son ami. Alors Jacopo fit son choix. Il préférait s'éloigner, d'elle, de la Police, de toute cette corruption, complètement brisé et dégoûté.
FABLE : Au courant pour le surnaturel depuis pas mal de temps déjà. En tant qu'ancien inspecteur, Jacopo a eu affaire à bien des créatures lors de ses enquêtes, il est tombé sur des massacres sans nom. Il ne pouvait donc que finir par découvrir la vérité. Néanmoins, il garde le secret sur ce qu'il sait, il fait semblant que les monstres n'existent pas. Pas envie de passer pour un cinglé, tout simplement. Mais, secrètement, le brun travaille régulièrement pour le Vatican, qui ne le prend pas pour un fou : en effet, il est souvent chargé de retrouver des créatures sur lesquelles le Vatican veut mettre la main.
ÉCHINE : Humain, vous dirait-il. En réalité, Jacopo est une demi-sirène qui s'ignore.
PRESTIGE : Retenir sous souffle sous l'eau pendant cinq minutes, comme si de rien n'était. Mais ce n'est pas un super-pouvoir, ça ? Si ?!
GANG : Il n'appartient officiellement à aucun groupe, mais il bosse souvent pour le Vatican, ce que presque tout le monde ignore. Ils payent bien, alors pourquoi refuserait-il leurs missions ? Et puis, pas sûr que ce soit une bonne idée de leur dire non, voilà tout.
CREDIT : Shadow Dancer (avatar), Tumblr (gifs) & Astra (signa)
Le sacrifice ordinaire
Adele & Jacopo



Soulagé. Oui, voilà le bon mot. Je suis réellement soulagé de savoir que ce foutu wendigo a été enfin été tué. Ce monstre, ce véritable tueur en série qui, depuis quelques semaines, faisait parler de lui à Rome. Des touristes disparaissaient mystérieusement depuis un moment, des femmes surtout. L’Opus Dei a réussi enfin à l’abattre, à le mettre hors d’état de nuire. Voilà une menace en moins pour les simples mortels comme moi... Et comme Anastasia. A chaque fois que je repense à cette soirée, j’en frissonne. Je m’en veux toujours pour lui avoir tiré dessus. Je ne voulais pas la blesser, je ne voulais pas qu’elle frôle la mort à cause de moi...  Mais aujourd’hui, soudainement, ce sentiment de culpabilité qui me rongeait depuis des semaines me semble moins fort que d’habitude. Parce que la menace était réelle. Ce monstre l’avait attrapée alors que nous nous promenions dans la rue et s’apprêtait à la mordre, ou pire... La tuer. Juste pour me punir, puisque j’enquêtais sur lui depuis des semaines et que j’étais de plus en plus proche de le coincer. Alors oui, j’ai dû agir rapidement. Lui tirer dessus, ou du moins, tenter le coup. Le forcer à lâcher mon ex-femme.

Enfin, ex-femme... Bon, officiellement, c’est ce qu’elle est. Mais, dans le fond, la brune représente bien plus que cela à mes yeux, je ne vais pas vous mentir. Mais l’appeler ma ‘petite amie’ me semble un peu ridicule. Et dire qu’elle est ma femme... Bah, ce n’est pas tout à fait vrai non plus. A vrai dire, c’est... compliqué. Un peu trop à mon goût. On se détestait, Ana et moi, depuis cinq ans. Nous nous étions éloignés l’un de l’autre, et nous nous en voulions mutuellement pour tout ce que nous avions traversé depuis. Mais la vérité a été dévoilée récemment, je lui ai tout dit à propos de mon ancienne cheffe et des vraies raisons pour lesquelles j’ai couché avec cette dernière. Et, à ma grande surprise, elle a compris. Elle a compris que je ne voulais que venger Luigi et la démasquer, d’une façon ou d’une autre. Pour que sa mort ne soit pas en vain. Raté. Vraiment raté. Elle savait que j’enquêtais sur elle et a été très claire là-dessus : soit je lâchais l’affaire, soit elle se chargerait de me la faire lâcher. Alors c’est ce que j’ai fait, non sans dérailler avant. J’ai baissé les bras, j’ai laissé la résignation me battre. Adieu la police, adieu ce combat que je menais avec acharnement, déterminé à faire éclater la vérité. J’ai pris un nouveau chemin, j’ai tourné le dos à mon passé. Je suis devenu détective privé, peu enclin à avoir de nouveau affaire à des supérieurs corrompus ou à des causes perdues. Il valait mieux que je fouine, que je mène mes enquêtes afin de trouver des réponses, mais sans trop m’impliquer. Ce n’est plus à moi d’agir désormais ; j’obtiens les réponses, mais je ne fais plus appliquer la loi. Je me contente d’observer, ou même pas. Indifférent, ou presque. Parce que, dans le fond, on ne change jamais réellement.

Mais il le faut. Autrement, la vie devient insupportable. Trop moche, trop injuste pour qu’on puisse faire avec sans péter un câble. Il faut s’adapter à la situation, survivre. Eviter d’exploser si on le peut. Se tenir à distance. Et pourtant... Je ne peux pas tout oublier, comme si je n’avais jamais fait partie de la police, comme si je n’en avais jamais été fier. Plus de douze ans. On n’efface pas autant de temps en un claquement de doigts. Et on n’oublie pas non plus ses anciens collègues ou les petits nouveaux sur qui l’on sait qu’on peut compter. Comme Eloise. J’ai toujours eu un faible pour cette gamine, pour sa détermination. Etre flic, ça n’a jamais été facile, mais encore moins pour une femme. Et non, mon commentaire n’est pas sexiste, c’est juste la vérité. Sauf que cette fille ne s’est jamais laissée intimider ou décourager. Je l’aimais bien, Eloise. Et c’est donc pour ça que nous sommes restés en contact. Pas tout le temps, mais suffisamment pour avoir des nouvelles l’un de l’autre. Pour être au courant de ragots chez mes anciens collègues. Enfin, parfois. Un minimum. Et suffisamment pour savoir qu’elle s’est plongée dans une mission très risquée. Il faut avoir les couilles pour ce genre de missions. Enfin, façon de parler. Des couilles... métaphoriques, hein. Et ça, elle n’en manque pas. Mais ça ne veut pas dire qu’elle a à se débrouiller toute seule. Surtout... que son collègue, celui qui aurait dû la soutenir, être là pour elle, est en réalité un flic corrompu lui aussi. Au point où j’en suis, ça ne m’étonne même plus. Ça me dégoûte, tout simplement. Ça m’énerve au plus haut point. Alors je vais l’aider à le coincer, oui. Parce qu’elle a besoin de moi, parce qu’elle était ma protégée.

Cela fait des semaines que j’enquête sur ce type. Difficile de prendre le temps de m’y mettre à fond, mais je fais un effort. Entre les enquêtes que me file le Vatican, plus mes autres clients, plus Ana... Ce n’est pas toujours évident. Mais je ne baisserai pas les bras. Je ne la laisserai pas tomber, elle. Intrépide, j’ai suivi son collègue, ce serpent sournois, ce chien qui ne mérite pas de porter cet insigne. Quelques photos ont été prises, rapidement, alors que l’homme rencontrait l’un des trafiquants avec qui il avait affaire. Ou plutôt, avec qui il collaborait, parce que c’était bien de ça qu’il s’agissait. Il n’était pas du côté d’Eloise, ce traître. Son collègue était son ennemi. Encore une fois, cette sensation de déjà vu m’accable. J’ai hâte de le faire tomber, de le faire payer pour ses crimes, et surtout, pour sa trahison. Pour une fois, je veux mener une revanche à bout. Histoire que justice soit faite. Ces photos ne seront pas suffisantes, surtout qu’il a pointé son arme sur le dealer, qu’ils se sont disputés. Sûrement une histoire d’argent, peut-être qu’il voulait un pourcentage plus grand, hein ! Le problème, c’est qu’une bonne partie de ces photos sont un peu trop ambiguës pour pouvoir vraiment prouver qu’il est pourri lui aussi. Il pourrait parfaitement dire qu’il confrontait ce trafiquant, qu’il tentait de le stopper... Vous savez, les flics corrompus ne manquent pas d’imagination lorsqu’il s’agit d’inventer des excuses. Ce dont Eloise aurait besoin, ce serait de preuves concluantes. Claires. Indiscutables. Mais bon, c’est un début. Ce type, si discret qu’il est, a commis une erreur, le temps de quelques secondes. Assez pour prendre quelques photos. Mais il en commettra d’autres, j’en suis certain. Il faut juste qu’on le rate pas.


***


Je raccroche. Je suis débordé, un ancien collègue – détective privé, là, pas un flic corrompu – m’a appelé pour me demander mon aide. A croire que les gens croient que je passe mes journées à me prélasser au soleil et que je ne demande qu’à aider les autres. Mais bon, je lui ai donné quelques infos dont il avait besoin, quelques conseils... et j’espère l’avoir aidé quand même. Après tout, on reste collègues... On ne bosse plus dans la même agence, tout simplement. Mais avec tout ça, j’ai pris pas mal de retard. Je voulais cuisiner un peu, lui préparer un plat réconfortant, et probablement un peu trop épicé, en bon Calabrais que je suis, mais je n’ai pas eu le temps. J’ai juste eu le temps de me changer, et même ça, je n’ai pas encore fini lorsqu’elle sonne à la porte. Alors que je boutonne encore ma chemise bleu marine, je me dirige vers la porte de l’appartement pour aller l’ouvrir.

« Ciao ragazzina. »

Dis-je, avec un sourire en coin. Cela faisait un bail que je ne l’avais plus vue, cette gamine qui n’a pas froid aux yeux. Une sorte de petite sœur que je n’ai jamais eu et que je me suis promis de protéger. Bien entendu, je ne l’admettrai jamais à voix haute. Faut pas pousser non plus, hein. Je lui fais signe d’entrer dans l’appartement, avant de refermer la porte. Je la regarde. Elle semble fatiguée, les traits plus tirés que dans mes souvenirs.

« Non, mais c’est bien d’être parano, hein, ça te permet de garder les yeux grands ouverts. »

Et donc d’avoir plus de chances de rester en vie. Heureusement, j’arrive à la fermer avant que ces paroles ne franchissent ma bouche. J’attrape le joli sac que la jeune femme me tend, avant de sortir la bouteille et de laisser mon regard s’attarder sur cette dernière. Un sourire amusé prend place sur mes lèvres. Bon vivant, je l’ai toujours été, et ça n’a toujours pas changé. Ça, c’est du bon !

« Oh que oui, je veux bien... Je t’ai déjà dit que j’étais content de te revoir ? »

Sourire taquin, signe de mon approbation face à son geste. Je lui fais signe de s’installer confortablement dans le salon, puis je vais me charger d’ouvrir la bouteille et de nous remplir deux verres. Des grands, bien évidemment. Je reviens dans le salon, lui tendant le sien.

« Puisque tu me rends visite pour la première fois depuis longtemps, je voulais te faire découvrir mes talents de cuistot calabrais... Mais j’ai vraiment pas eu le temps de faire quelque chose de très sophistiqué, juste des pâtes. Parce que, eh oui, tu restes dîner avec ton vieux mentor. Les sujets désagréables sont toujours moins pénibles quand on a le ventre plein, je parle d'expérience. »

Je porte mes lèvres à mon verre, goûtant à la boisson alcoolisée, puis je regarde Eloise d’un air plus sérieux.

« Comment vas-tu ? Tu sais que tu peux te confier à moi, hein ? Je peux être chiant parfois, mais je suis fiable lorsqu'il s'agit de garder un secret. »


[HJ: Holy cow o.O Désolé pour le pavé, je ferai moins long la prochaine fois, promis ! XDDD]

made by black arrow

☾ ☾ ☾ ☾ ☾
❝Where does love go?❞ Where does love go when it dies? Where do tears go when they're cried? And who are you if you're not mine? Where does love go when it dies? The last song before light's on, They say there's no getting back what is gone. Small talk, long walk, And your hope will carry you home. Cause I loved you so, And I'll never know Just why I let you go. I'll never know. (c) Astra
Revenir en haut Aller en bas
Terminé ► Le sacrifice ordinaire [Jacopo] - Sam 16 Déc - 14:54
avatar
lycans
lycans


EFFIGIE : Saoirse Ronan
BAFOUILLES : 1246
PACTE : 30/11/2017
OSSATURE : 28 ans
CONTRAT : Célibataire, mariée à son métier, indisponibilité temporaire pour descente dans le tunnel de la drogue. C'est Alice au pays des merveilles avec des flingues.
BESOGNE : Dealer/Rabatteur (Agent du GOA infiltré)
FABLE : Adele sait tout ce qu'il y a à savoir des meutes et comment les éviter. Elle a de faibles notions sur l'existence des sorciers. Renifle et fuit les suceurs de sang avec efficacité. Des sirènes ? Faut quand même pas exagérer.
ÉCHINE : Wolfman (la version originale, bien entendu. Rien ne vaut les classiques)
PRESTIGE : Faiblarde pour les alphas, Hulk pour les humains. L'odorat d'une femme enceinte et la médaille d'or au quatre cents mètres haie. Au bas de l'alphabet grec et de la chaîne alimentaire, Adele n'est pas plus épaisse qu'un gros chien (bon d'accord, un très gros chien) Poule pondeuse pour sa race, c'est sympa les omegas. T'as raté quelques pages de l'histoire du féminisme, Dame Nature.
GANG : Nostro Regno. Tant qu'on gagne, on joue.
CREDIT : ava by me / sign by lazare


.Le sacrifice ordinaire.



Ouais, ça m'évitera peut-être de me faire crever.
Résonance de pensée qu'Eloise choisit de taire elle-même, accord tacite entre deux être économiques d'expression, soucieux de ne pas enfoncer des portes ouvertes - ouvertes et très désagréables à entendre. Pas qu'elle se fusse inquiétée de mourir, jusque il n'y a pas si longtemps. Sans manquer d'amour pour la vie, elle aurait aimé voir un pauvre bipède essayer de la crever. Aujourd'hui, grâce à ce bestial, ce putain d'humanisme qui se refusait à laisser un frère traverser les horreurs de la transformation seul, il y a un futur prédateur dans les rangs qui sait exactement comment la crever. Ca, il n'y a pas à dire, elle est habile avec les dilemmes éthiques, Eloise...

Adele aurait sans doute lâché le commentaire de sa propre crevaison, ponctué le tout de détails graphiques et autres envolées lyriques à la manière d'un présentateur sportif. Et ça lui fait du bien de la fermer, pour fois, à Adele. A peine a t'elle franchi la porte de l'appartement qu'elle sent tout un réseau de synapse fondre et s'éteindre, ce réseau élaboré avec un certain génie pour engendrer le plus vite possible, des réactions semblant droit sorties d'une autre personne. Eloise reprend son casque de flic déterminée, défensive, cette fille jurant par un silence éloquent et une rigidité un peu trop brutale; au point de parvenir à abstraire quelques coins de menu désordre dans l'appartement, une soudaine démangeaison dans les doigts à la seule idée de les réorganiser; elle qui cultive un minutieux bordel dans son appartement Ikea depuis plus d'un an, maintenant. Si seulement tous les retours en arrière étaient aussi simples que le réveil de ses obsessions compulsives...

Jacopo la gratifie d'une remarque pudique en la conduisant vers son salon, arrachant à Eloise un sourire emprunt de la même pudeur. " Moi aussi je suis contente de te voir, Chef. " qu'elle souffle avec une certaine tendresse, un sourire espiègle à l'évocation de cette relation un peu paternaliste, élève et mentor qui n'ont plus lieu d'être ailleurs que dans leurs esprits, ce soir. Aujourd'hui Jacopo est détective et Eloise deale de la drogue. Même si c'est pour de faux, même si elle fait vaguement semblant et que lui, il aura toujours son âme de flic quelle que soit l'envie raisonnable qu'il peut avoir de la taire. Et elle émue de la voir, cette gueule de flic, Eloise. L'étincelle d'un idéalisme stupide, l'humanisme accroché dans les yeux comme une tique en guise de pupille, sous un masque de désillusion forcé par les difficultés d'un monde qui s'obstine à n'être jamais blanc ou noir, toujours injuste et gris. Cette gueule-là, elle s'y projette. Elle en a envie, elle l'admire plus qu'aucune autre n'a jamais forcé son respect - son aspiration. Ni la trogne patibulaire de pontes de la drogue riches et charismatiques, ni le pragmatisme un peu étrange de ses potes de dealers, ni même les crocs béants, sanglants, des reflets qu'elle croise à ses instincts les plus solides. Eloise voudrait devenir ce modèle et le rester toute sa vie, mais la bénédiction sanglante de longévité dont on l'a gratifiée ne lui permettra sans doute pas cet idéal. Alors elle se contente de ce qu'elle a, maintenant. De la confiance qu'elle lit dans les yeux de son instructeur, à voir le poulain devenir ce qu'il représentait pour elle; même si c'est lui mentir, en un sens. Même si les choses ne se passeront pas comme ça.

Installée, servie, Eloise attend sagement de faire tinter les verres pour y plonger les lèvres, avec un soulagement qu'elle aurait aimé moins exhalant. Les yeux courant sur la décoration qui l'entoure pour ne pas en venir au sujet le plus fâcheux, son visage se plisse d'un sourire reconnaissant pour le soin qu'il a pris à la nourrir. Elle s'est levée trop tard pour déjeuner et son altercation dans la ruelle lui a coupé l'envie d'avaler quoique ce soit. L'alcool creuse le ventre, le réconfort aussi, elle n'a pas l'énergie de cracher sur la perspective d'être dorlotée.

" Pâtes et Prosecco." ponctue la rouquine dans un sourire appréciatif, une lueur de malice dans les yeux, sempiternelle fuite à des choses plus sérieuses, des échanges vaguement moins superficiels. " Ajoutes-y Holly Graal ou un bon vieux Texas Chainsaw Massacre et tu as ma deuxième façon préférée de passer une soirée. " La première n'étant que des choses que rigoureusement ma mère m'interdit de nommer ici. Elle s'entête, Eloise, badine - dans des banalités charmantes, un détachement peu crédible. Elle recule pour mieux sauter, parvient à repousser l’échéance de trop rares secondes.
Mais le ton de la conversation se meut et se prépare à se noircir, fatalement, puisque après tout elle n'est pas venue échanger des commentaires culinaires avec lui ce soir. Embarrassée de n'avoir pas même eu le temps de finir son premier verre pour aborder ce virage, Eloise noie le noeud qui s'est entamé dans sa gorge en une gorgée solide, se penche pour reposer son verre dans un pur geste de contenance.

" Je sais. " assure t'elle dans un sourire sincère, tranché par une légère incertitude malgré tout. De ce qu'elle peut lui dire mais qu'elle n'a pas envie de le laisser entendre, sans doute. Peut-être même un peu de défiance, réaction traumatique à de récentes expériences. A lui aussi, elle pouvait tout dire. Alors elle les cumule, les réassurances, comme un cheval qui renâcle devant l'obstacle. Un haussement d'épaules, un dos qui s'affaisse à nouveau dans le dossier. Un suspect interrogé aurait l'air moins agité. " C'est une infiltration. C'est pas vraiment l'ambiance jacuzzi et sommeil réparateur. " ironise t'elle, un peu jaune, encore rétive. Confession à demi mot de ce souvenir qu'elle n'a plus, de la dernière fois où elle a dormi sur les deux oreilles, sans en tendre maladivement une. Une grimace d'hésitation tord une seconde de silence, avant qu'elle n'ajoute avec encore, une tentative de détachement entre les cordes vocales. " Y a des jours où je me demande si j'ai eu une bonne idée. De me lancer là dedans, je veux dire. "

Et le silence s'étire, sur ses traits faciaux érodés par les secondes. Jacopo n'a ni la charité ni la bêtise de le briser, excellent flic conscient que l'éloquence d'un silence, découle la possibilité d'un aveu. Eloise fixe le vide, et tout lui pend aux lèvres. Une vague, une urgence à cracher ce qui lui pèse. Elle repense à Sara et à la vitesse à laquelle elle avait gerbé dans des oreilles supposément dangereuses, sa collaboration avec un putain de flic. Et elle la comprend, Sara, tout à coup - même si c'était stupide, suicidaire, ce qu'elle a fait. C'est la même envie qui la pousse, avec la force d'un bulldozer sur une façade en briques. La réserve d'Eloise ne demeure que dans les mots qu'elle dose au compte goutte, quand c'est une marée logorrhéique qu'elle voudrait plutôt sortir de ses entrailles.

" J'ai commencé ce boulot parce que c'était simple. Y avait les méchants d'un côté et nous de l'autre, et le jeu c'était d'envoyer les méchants à la case prison. " qu'elle souffle, placide, n'hésitant plus à vider son verre pour les resservir , en un soupir pâle.  " Et aujourd'hui, c'est tellement... compliqué. Tout est plus compliqué. " De la fille qui refuse de témoigner même avec toutes les garanties du monde, parce qu'un viol ce n'est pas si grave et qu'elle ne veut pas d'emmerdes; aux raisons que je commence à lui trouver de ce choix anti système. Mieux vaut violée que morte. De ces types que j'ai des envies soudaines de plaquer au mur pour leur passer les menottes, à la certitude de plus en plus glaçante que ça ne servira à rien. De ce que je sais que la prison est une école de formation supérieure pour les dealers. Ces gens que je suis condamnée à apprendre à connaître, au point que certains soirs, la culpabilité d'une trahison supplante l'accomplissement d'un devoir de plus en plus abstrait. Ces vies que mes nouveaux amis détruisent et la leur que je m'emploie à ruiner. Savoir que je vais devoir regarder des êtres humains dans les yeux après un an à leur avoir menti. Même des enfoirés. Même des types que je me retiens de tabasser - pour qu'ils sachent ce qu'ils infligent à d'autres. " Je sais pas, je... Même si y avait pas eu cette histoire affreuse. L'ambiguïté, c'est pas pour moi. Moi j'ai besoin d'une route tracée avec le blanc d'un côté et le noir de l'autre. Et la facilité avec laquelle je joue ce jeu-là, je te jure, Jacopo, ça me ... " Terrorise. Maigre manifestation de cet effroi, que le rythme de ses mots qui trébuche, souffle brièvement manqué dans une brève montée d'angoisse. Un soupir interrompt la danse de sa confession, incapable d'assumer jusqu'au bout cette désagréable réalité. Celle dans laquelle le monde n'est pas si blanc, si noir - mais elle non plus. " Et y a Caio. J'essaye de pas y penser. J'y arrive pas. Si j'étais la moitié de celle que je prétends être, j'aurais arrêté de me poser des questions il y a longtemps. Et ça m'obsède. " Est-ce que les vies sauvées par sa mort ne méritent pas qu'on s'attarde au moins sur son hypothèse. " Enfin... " elle recule, Eloise, dans un écart brusque.  Une ruade. Réalisant avec retard, le ventre, le coeur et la respiration qui se contractent, et qu'elle préfère se contenter de fuir. Elle en a sans doute déjà trop dit. Continue à t'avouer l'âme du meurtrière, ma belle, tu vas perdre une des rares personnes dont l'opinion compte encore. " Tes pâtes ne vont pas se faire toutes seules, j'imagine. Je peux aider - main d'oeuvre volontaire et peu qualifiée au rapport, Capitaine. "

Tentative de sourire.
Talent d'actrice abandonné sur le perron.


☾ ☾ ☾ ☾ ☾
Comme la lune fidèle à n'importe quel quartier, je veux être utile à ceux qui m'ont aimée; à ceux qui m'aimeront et à ceux qui m'aimaient. Je veux être utile à vivre et à rêver. 
(c)lazare
Revenir en haut Aller en bas
Terminé ► Le sacrifice ordinaire [Jacopo] - Ven 22 Déc - 17:09
avatar
hybrides
hybrides


EFFIGIE : Charlie Cox
BAFOUILLES : 941
PACTE : 05/08/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Célibataire. Enfin... Divorcé. Evitons ce sujet, per favore.
BESOGNE : Détective privé. Ex-inspecteur de police qui s'est fait virer quelques mois après son divorce, ayant complètement déraillé. La véritable raison : sa cheffe corrompue, qui trempait dans la Mafia depuis des années, démon déguisé en ange. Suivant des pistes, Jacopo et son meilleur ami Luigi, lui aussi inspecteur, avaient mené leur enquête pendant des mois, réunissant des preuves contre leur supérieure. Ils se croyaient capables de la faire tomber. Sauf que non ; Luigi fut tué par la Mafia à la demande de sa ténébreuse cheffe, tandis que Scaglione devint l'amant de sa supérieure, dans une tentative désespérée de la coincer enfin. En vain, parce qu'elle était parfaitemnent au courant pour son enquête secrète. Il ne devint que son jouet, pendant des mois. Puis un jour, tout fut mis au clair : soit il oubliait cette histoire, soit il subissait le même sort que son ami. Alors Jacopo fit son choix. Il préférait s'éloigner, d'elle, de la Police, de toute cette corruption, complètement brisé et dégoûté.
FABLE : Au courant pour le surnaturel depuis pas mal de temps déjà. En tant qu'ancien inspecteur, Jacopo a eu affaire à bien des créatures lors de ses enquêtes, il est tombé sur des massacres sans nom. Il ne pouvait donc que finir par découvrir la vérité. Néanmoins, il garde le secret sur ce qu'il sait, il fait semblant que les monstres n'existent pas. Pas envie de passer pour un cinglé, tout simplement. Mais, secrètement, le brun travaille régulièrement pour le Vatican, qui ne le prend pas pour un fou : en effet, il est souvent chargé de retrouver des créatures sur lesquelles le Vatican veut mettre la main.
ÉCHINE : Humain, vous dirait-il. En réalité, Jacopo est une demi-sirène qui s'ignore.
PRESTIGE : Retenir sous souffle sous l'eau pendant cinq minutes, comme si de rien n'était. Mais ce n'est pas un super-pouvoir, ça ? Si ?!
GANG : Il n'appartient officiellement à aucun groupe, mais il bosse souvent pour le Vatican, ce que presque tout le monde ignore. Ils payent bien, alors pourquoi refuserait-il leurs missions ? Et puis, pas sûr que ce soit une bonne idée de leur dire non, voilà tout.
CREDIT : Shadow Dancer (avatar), Tumblr (gifs) & Astra (signa)
Le sacrifice ordinaire
Adele & Jacopo


Oui, j'suis content de la voir. Et ce n'est pas parce qu'elle m'a apporté cette belle bouteille, non. Pas que, en tout cas. Eloise représente l'un des derniers beaux souvenirs que je garde de mon passage dans la police. Je n'ai jamais réellement eu l'envie d'être le mentor de qui que ce soit, déjà que je galérais déjà pour gérer ma propre vie, mais je mentirais si je vous disais que je n'appréciais pas cette fille. Hélas, nos chemins se sont séparés. Je me suis éloigné de la police, je me suis tenu à l'écart. Pas question de me retrouver à nouveau entouré de traîtres et de supérieurs corrompus. Pas question de me réveiller chaque matin en sachant qu'il suffisait d'un mot ou d'une réaction de travers pour que l'on décide de m'égorger pour me faire taire. Non, vraiment, j'ai déjà donné, maintenant qu'ils ne viennent pas m'emmerder. Je suis devenu détective privé, et je ne compte pas changer de métier maintenant. C'est bien d'être indépendant, d'être son propre boss. Quoique parfois, je suis un boss pourri, mais enfin... Je m'en sors pas trop mal, quand même.

Les verres sont remplis, l'alcool exquis réveille les sens. Je suis de bonne humeur, ravi de retrouver mon ancienne protégée. Mais la vérité est que nous ne sommes pas là juste pour bavarder et bien manger. Ou pas que, encore une fois.

« La deuxième, rien que ça ? Wow, j'en suis flatté, tiens... ça aurait pu être la dixième... »

Réponds-je d'un air amusé à son commentaire. Je lui donne un peu de temps, peut-être pas assez finalement... Puis je n'en peux plus et je lance donc le sujet qui importe réellement, qui me démange depuis quelques minutes. J'suis du genre direct, vous l'aurez déjà remarqué, probablement. Tourner autour du pot trop longtemps, c'est une perte de temps. Et franchement, je n'aime pas perdre mon temps. Surtout quand je tiens à quelqu'un et que je veux savoir comment va la personne en question. Je veux l'aider, ne serait-ce qu'en l'écoutant. Pas de micros cachés chez moi, je suis suffisamment parano pour vérifier assez régulièrement. Et moi, je n'ébruiterai notre conversation, ce qu'elle me dira restera entre nous. Je ne manque alors de le lui rappeler. Elle peut me faire confiance, elle n'a pas à porter seule, tout le temps, ce lourd poids sur ses épaules. Je me tais, regardant la jeune femme d'un air bienveillant. Ce n'est pas à moi de parler, mais à elle. Alors je vais la laisser faire. La laisser s'exprimer, la laisser s'ouvrir. Ne pas l'interroger, du moins pas tout de suite. Ne pas la juger.

Elle est fatiguée. Stressée. Rien d'étonnant, à vrai dire. J'ai eu quelques missions d'infiltration quand j'étais dans la police, et franchement, c'était tout simplement épuisant au bout d'un moment. Ne pas savoir à qui l'on peut faire confiance. Vivre avec les sentiments ambigus qui se créent avec des gens que l'on devrait pourtant détester. Ce n'est pas facile quand on a une conscience, quand on a encore quelques principes... Oh, quand on n'en a plus, ça devient certainement moins dur d'être froid et manipulateur, voire même cruel, de détruire quelqu'un ou de préparer sa chute sans qu'il ne s'en aperçoive. Parfois, j'aimerais bien être comme ça. Mais on est comme on est, faut faire avec. J'suis con, j'ai des principes, ou un minimum, du moins, alors faut faire avec. C'est d'ailleurs l'une des raisons qui ont fait que je m'éloigne du système corrompu qui m'entourait. Je n'étais pas compatible, ou plus.

Eloise s'ouvre, les paroles sortent, chargées de fatigue et de doutes. Elle fixe le vide, semble presque oublier que j'suis là. Voilà, parfait. Elle n'a pas besoin de se rappeler que j'suis là. Non, elle a juste besoin de s'ouvrir, de se délester de ce poids. Baisser sa garde ne serait-ce que pendant quelques minutes. J'étire un léger sourire en coin, indulgent, alors que la jeune femme me dit qu'elle a commencé ce boulot "parce que c'était simple". Oh, si seulement... Si seulement c'était aussi simple ! Les méchants d'un côté et nous, représentants de l'ordre, de l'autre. Les gentils et les vilains, dans un perpétuel combat. Sauf que non, ce n'est pas toujours aussi simple, malheureusement. Personne n'est complètement bon, ni complètement mauvais. Pas de blanc, ni de noir, juste plusieurs nuances de... Attendez, je crois que je vais reformuler. Ou pas. Enfin, vous avez compris ce que je voulais dire. La vie est compliquée, encore plus quand on est flic, et encore plus, quand on se retrouve dans une situation comme celle d'Eloise. Toujours aussi silencieux, mais pas sévère pour autant, je la regarde, portant lentement mon verre à mes lèvres. Je ne sais pas si c'est ce que ressentent les pères lorsque leurs enfants viennent se confier à eux, parler des terribles périodes qu'ils traversent et difficultés qu'ils éprouvent, mais j'ai presque envie de lui caresser la joue et de lui dire que moi aussi, j'suis passé par là. Qu'elle n'est pas la seule, que ça n'a rien de si étonnant, en fin de compte.

Eloise finit par changer de sujet, comme si mes pâtes étaient infiniment plus intéressantes que sa situation actuelle. Avec un sourire en coin, je reprends enfin la parole.

« Très bien, jeune apprentie. Les pâtes sont cuites, viens donc m'aider à faire une belle sauce à la calabraise pour accompagner le tout. Pas besoin d'être très qualifiée pour cette tâche, rassure-toi. » Me dirigeant vers cuisine, je dépose quelques courgettes, aubergines et poivrons sur le plan de travail. « Faut juste les couper en petits morceaux, je m'occupe d'émincer l'oignon et l'ail en attendant. »

Oh, je ne suis pas un cordon bleu non plus, hein ! Mais disons que ma mère m'a appris quelques trucs pas mal, oui. Et qu'Ana a toujours aimé que je cuisine pour elle... Et que, dans le fond, j'aime bien cuisiner, oui. Alors que j'émince habilement l'oignon, sans pleurer pour l'instant, je reprends la parole, comme si de rien n'était :

« Ce serait tellement bien, une route tracée avec le blanc d'un côté et le noir de l'autre, comme tu dis... Mais la vie n'est pas comme ça. Bien au contraire. » Je relève mon regard noisette vers ma protégée. « Tu n'es pas la première, et tu ne seras certainement pas la dernière à te sentir comme ça. C'est normal. Et le fait que tu sois douée à ce petit jeu... C'est ce qui te permet de rester en vie, n'oublie pas ça. Ce sont les plus forts qui survivent. Les plus forts, et ceux qui savent s'adapter. Bien entendu, pour s'adapter, il faut parfois forcer les règles. Les principes. Mais crois-tu que ces mafiosi t'épargneraient s'ils découvraient que tu es un agent infiltré ? Même ceux qui t'apprécient peut-être ? Bah, moi, je ne mettrai pas ma main à couper. Alors ne te sens pas coupable. T'as une mission, concentre-toi là-dessus, parce que c’est ce qui importe réellement, au final. »

Je verse l'oignon émincé dans une poêle pour le faire revenir, puis je me tourne légèrement vers la jeune femme. Le sujet est sérieux, mais je garde mon air calme, pragmatique. Plus pour la rassurer qu'autre chose. Je suis tout aussi humain qu'elle. Tout aussi capable de merder, de mentir, de trahir. C'est dans la nature humaine, ces conneries. Si on la laisse prendre le dessus sur nos principes, on est foutus, on devient des bêtes impitoyables.

« Ça vaut ce que ça vaut... mais je crois en toi, Eloise. »

Je sais que c'est dur. Qu'elle doit se poser beaucoup de questions, sur ceux qui l'entourent... sur elle-même. A force de porter un masque trop longtemps, on peut se demander si l'on arrivera à le retirer, pas vrai ? C'est normal qu'elle ait peur. Mais je serai là, pour lui rappeler qui elle est, ou devrait être. Eloise.

made by black arrow

☾ ☾ ☾ ☾ ☾
❝Where does love go?❞ Where does love go when it dies? Where do tears go when they're cried? And who are you if you're not mine? Where does love go when it dies? The last song before light's on, They say there's no getting back what is gone. Small talk, long walk, And your hope will carry you home. Cause I loved you so, And I'll never know Just why I let you go. I'll never know. (c) Astra
Revenir en haut Aller en bas
Terminé ► Le sacrifice ordinaire [Jacopo] - Mer 27 Déc - 21:27
avatar
lycans
lycans


EFFIGIE : Saoirse Ronan
BAFOUILLES : 1246
PACTE : 30/11/2017
OSSATURE : 28 ans
CONTRAT : Célibataire, mariée à son métier, indisponibilité temporaire pour descente dans le tunnel de la drogue. C'est Alice au pays des merveilles avec des flingues.
BESOGNE : Dealer/Rabatteur (Agent du GOA infiltré)
FABLE : Adele sait tout ce qu'il y a à savoir des meutes et comment les éviter. Elle a de faibles notions sur l'existence des sorciers. Renifle et fuit les suceurs de sang avec efficacité. Des sirènes ? Faut quand même pas exagérer.
ÉCHINE : Wolfman (la version originale, bien entendu. Rien ne vaut les classiques)
PRESTIGE : Faiblarde pour les alphas, Hulk pour les humains. L'odorat d'une femme enceinte et la médaille d'or au quatre cents mètres haie. Au bas de l'alphabet grec et de la chaîne alimentaire, Adele n'est pas plus épaisse qu'un gros chien (bon d'accord, un très gros chien) Poule pondeuse pour sa race, c'est sympa les omegas. T'as raté quelques pages de l'histoire du féminisme, Dame Nature.
GANG : Nostro Regno. Tant qu'on gagne, on joue.
CREDIT : ava by me / sign by lazare

.Le sacrifice ordinaire.



Dans une générosité qui n'est certes pas dupe, Jacopo concède à Eloise, le flux interrompu de ses confessions tortueuses, pour une poignée de minutes salvatrices. Une brèche dans laquelle l'anglaise s'engouffre avec soulagement, s'amarrant à son verre et sa bouteille pour le suivre jusqu'au poste de commandement.
Ersatz de normalité goulée d'air bienvenue, soirée en bulle à rendre les lendemains supportables.
Et pour ça, merci.

Non sans s'être empressée de se laver les mains avec vigueur, elle récupère, docile, les aliments que considère vite son minois concentré. Dans le rapport chaotique à la nourriture qui la caractérise, Eloise n'a jamais eu la moindre volonté à mettre les petits plats dans les grands. De la viande pour apaiser l'animal et des accompagnements sommaires, elle a achevé de lâcher la barre culinaire dès qu'Aimé n'a plus été là pour la contraindre à ne pas manger la même chose quatre fois par semaine. Alors, dans une lenteur appliquée, mademoiselle combat ses réflexes simplistes, s'emploie à composer de jolis dés avec ses légumes de saison, les yeux déjà brûlés par l'oignon qui s'émince, à bonne distance pourtant. Habile, Jacopo se jette sur l'opportunité de sa concentration pour asséner sa réponse - Eloise, elle, se jette sur son verre pour l'encaisser. Elle accorde une moue enfantine à la première semonce, un visage effrité aux suivantes. Ce n'est pas que je pense le monde de cette façon, c'est que je voudrais de toutes mes forces qu'il soit ainsi. J'ai eu mon lot de dilemmes et d'ambiguïtés morales pour toute une vie - merci. Des meurtres pour empêcher des viols, des viols cautionnés par les sociétés bestiales et secrètes qui dorment sous la ville. Elle a rejoint la gendarmerie dans le besoin désespéré d'un cadre, un code de règles et de conduites qu'elle ne pouvait décemment plus produire elle-même. Et elle y croyait, à ce code, Eloise - elle y croit encore. Elle lui en veut seulement, terriblement, de ne pas avoir toutes les réponses dans ses pages légalistes, rigides; nécessaires. Un loup dans la gorge, elle écoute le bruit rêche de son couteau éventrant l'aubergine, le claquement de la lame sur la planche, les présomptions de culpabilité de son ancien mentor.

Comment tu crois qu'ils s'y prendraient ? Une balle perdue dans une ruelle, corps abandonné parmi les ordures du trottoir. Est-ce que tu crois qu'ils sont traditionalistes, les hommes de ce pays ? Ils pratiquent le dernier verre, le béton et le fond de la mer. Est-ce qu'ils riront si je leur demande la cigarette du condamné, ou est-ce qu'ils me l'allumeront eux-mêmes.
Une dernière caresse à nos doigts protégeant une flamme, avant que les siens ne m'égorgent.
Est-ce qu'ils seront surpris de me voir me relever, ces hommes. Morceau de métal au front,
carotide béante. Est-ce qu'ils jetteront des psaumes, prières pour renvoyer d'où il vient, le démon dont ils sont témoins. Ou bien ne sont-ils pas dupes, et toutes ces sentences ne seront-elles que des instruments de torture; avant l’argenterie funeste.
C'est presque devenu un jeu pour s'endormir.
Imaginer comment ça va se passer.
Si je le fais assez souvent, je peux peut-être anesthésier la peur, assez pour ne pas me pisser dessus le jour du jugement dernier.
Morte et digne.


Arrachée à ses pensées macabres par un dernier appel, Eloise relève son museau de son office bien peu avancée. Elle esquisse un sourire ému pour réponse, par l'encouragement tant que par l'interpellation. Voilà des mois qu'on ne l'avait pas appelée comme ça - tellement que ça fait bizarre, que ça lui donne envie de se retourner pour savoir à qui il parle. Elle acquiesce d'abord, soucieuse de souligner sa reconnaissance, son émotion. Ce respect, cette foi, ça n'a pas l'air de grand chose mais c'est le pas grand chose qui'il lui reste. C'est entendre de la bouche d'un homme qu'elle estime, des mots qu'elle se dit de moins en moins elle-même. Adele ne dit pas à Eloise qu'elle croit en elle - Adele l'inviterait plutôt à se barrer de là, et vivre sa vie. Donner son corps aux moins méritants, vendre n'importe quoi d'autre, loin. Libérée de tous ces problèmes. Adele la trouve folle, naïve et bien stupide, Eloise. Et ce qui la retient encore de l'écouter, ce sont les excuses qu'elle ne trouve plus à ce qu'elle voit. La justice qu'elle voudrait rendre, sans plus savoir comment - dont Adele se fout, parce que ce n'est pas un problème : il suffirait d'un bon coup de dents.

Mais le dealer est l'une des pires engeances, et pour les deux contraires il mérite repentance. Le dealer fait autant de mort que le meurtrier, puis il crache sur le corps encore chaud de ses macchabées. Le dealer méprise son consommateur, n'hésite pas à le ruiner, et il n'est jamais là pour contempler les conséquences de ses actes, la mort dans les yeux injectés de sang de ses victimes. On ne verra pas un dealer se rendre à la morgue pour un dernier hommage aux délaissés de l'overdose, aller dans la rue s'excuser pour l'héroïnomane qui doit y dormir. Il faut être un foutu lâche pour vendre la mort et se défendre d'avoir appuyé soi-même sur la gâchette. Il ne faut pas avoir grand chose dans les tripes pour cautionner un système parce qu'assez d'intermédiaires nous épargnent de voir ses conséquences.
Si encore ils s'en excusaient.
Une fois seulement.
Elle aurait moins souvent envie de leur arracher la gorge.
Et pourtant. C'est compliqué.

Ne va pas croire que j'hésite sur la sanction que des ordures méritent ou non - j'hésite sur l'efficacité de celle que propose le système. C'est déjà bien assez compliqué d'arrêter un mafieux dans un système qui marche - sans un avocat pour trouver un vice de procédure ou un témoin salement abattu aux portes du tribunal. Alors dis-moi, au juste, comment je compte l'accomplir dans un autre qui est corrompu.

"  Pour qui ça importe ? elle s'autorise dans une grimace, son office terminée, main puis lèvres retournées au secours de son verre. Pour toi. Pour moi... Et ? D'un regard qu'elle aurait voulu moins accusateur, Eloise interroge Jacopo, sur la ponctuation d'un silence. Dis-moi,, je t'en prie. Trouve-moi quelqu'un qui ne s'en fiche pas. Quelqu'un qui n'est pas complètement taré, dans cette foutue ville. Quelqu'un qui a une conscience, et qui sait s'en servir. Dis-moi qu'on est pas condamné à céder demain aux facilités qu'on méprise aujourd'hui. Dis-moi que le mafieux va s'excuser, et le juge le juger. Si Caïo a pu s'en sortir aussi longtemps, peut-être que c'est parce que le système l'y a aidé. Peut-être que le système ne veut pas du tout envoyer ces gens en prison, peut-être même qu'on m'y a jetée pour que j'y reste et qu'il n'y a jamais eu personne à l'autre bout du fil. "

Paranoïa inhérente à sa condition, délires éclatant dans les bulles de son mousseux ou affreux éclair de lucidité, Eloise ponctue tout ça d'un haussement d'épaules mornes. Elle l'entend, le silence. La non réponse. Pendue à son combiné depuis assez longtemps maintenant, pour savoir qu'on ne veut pas donner suite à son appel. Que beaucoup moins nombreux sont les gens à son secours, que ce qu'elle avait la naïveté confondante de croire en se lançant dans cette entreprise. Ce piège, peut-être bien.
Et elle se tait, Eloise. Dans une hésitation, une poignée de seconde. Dans le temps d'achever son verre et le remplir, trop nerveuse pour s'en tenir aux convenances. Avouer ce soir ou se taire à jamais. Son nez plonge sur les murs, ailleurs, sa gorge se serre - de cette défaite qui la flingue, mais qu'elle doit anticiper pour survivre. Pour, le moment venu, ne pas hésiter une seconde.
Comme on pense à son meurtre pour se tenir les sphincters, le jour de son trépas, dernière branche à laquelle se raccrocher, que sa dignité posthume.

" Si tout ça ne mène à rien, je raccroche. confessent ses lèvres en un murmure à peine audible, étranglé. Détachées de l'inhibition de ses neurones par un procédé chimique en bouteille. Penaude, de ne pas être aussi digne de foi qu'il doit peut-être l'espérer. Ni la flic idéaliste qu'il a rencontrée, ni une criminelle assumée par un doigt levé bien haut vers le système qui l'a trahie. Seulement une femme fatiguée, ébréchée, quelque part entre les deux. Elle s'enroue. Elle tousse. Balaye une poussière sur la table.  Je rentre en Angleterre. Je ne finirai pas obligée de vendre de la merde toute ma vie en dépit de ma décence et de ma dignité; et je ne resterai pas me faire tuer au nom de la belle cause non plus.
Je le bute, et je m'en vais. "


Ose enfin croiser son regard, preuve dans une pupille noire noyée d'un cercle bleue,
du sérieux grave et sans conteste de ses maigres aveux." ... Qu'est-ce qui s'est vraiment passé ? Il y a cinq ans ? "

Tu as posé trop de questions, et on t'a écarté de l'équation.
Dis-le.
Dis-moi ce qui m'attend, je t'en prie.
J'ai besoin de ton honnêteté plus que de tes encouragements.



☾ ☾ ☾ ☾ ☾
Comme la lune fidèle à n'importe quel quartier, je veux être utile à ceux qui m'ont aimée; à ceux qui m'aimeront et à ceux qui m'aimaient. Je veux être utile à vivre et à rêver. 
(c)lazare
Revenir en haut Aller en bas
Terminé ► Le sacrifice ordinaire [Jacopo] - Ven 5 Jan - 19:05
avatar
hybrides
hybrides


EFFIGIE : Charlie Cox
BAFOUILLES : 941
PACTE : 05/08/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Célibataire. Enfin... Divorcé. Evitons ce sujet, per favore.
BESOGNE : Détective privé. Ex-inspecteur de police qui s'est fait virer quelques mois après son divorce, ayant complètement déraillé. La véritable raison : sa cheffe corrompue, qui trempait dans la Mafia depuis des années, démon déguisé en ange. Suivant des pistes, Jacopo et son meilleur ami Luigi, lui aussi inspecteur, avaient mené leur enquête pendant des mois, réunissant des preuves contre leur supérieure. Ils se croyaient capables de la faire tomber. Sauf que non ; Luigi fut tué par la Mafia à la demande de sa ténébreuse cheffe, tandis que Scaglione devint l'amant de sa supérieure, dans une tentative désespérée de la coincer enfin. En vain, parce qu'elle était parfaitemnent au courant pour son enquête secrète. Il ne devint que son jouet, pendant des mois. Puis un jour, tout fut mis au clair : soit il oubliait cette histoire, soit il subissait le même sort que son ami. Alors Jacopo fit son choix. Il préférait s'éloigner, d'elle, de la Police, de toute cette corruption, complètement brisé et dégoûté.
FABLE : Au courant pour le surnaturel depuis pas mal de temps déjà. En tant qu'ancien inspecteur, Jacopo a eu affaire à bien des créatures lors de ses enquêtes, il est tombé sur des massacres sans nom. Il ne pouvait donc que finir par découvrir la vérité. Néanmoins, il garde le secret sur ce qu'il sait, il fait semblant que les monstres n'existent pas. Pas envie de passer pour un cinglé, tout simplement. Mais, secrètement, le brun travaille régulièrement pour le Vatican, qui ne le prend pas pour un fou : en effet, il est souvent chargé de retrouver des créatures sur lesquelles le Vatican veut mettre la main.
ÉCHINE : Humain, vous dirait-il. En réalité, Jacopo est une demi-sirène qui s'ignore.
PRESTIGE : Retenir sous souffle sous l'eau pendant cinq minutes, comme si de rien n'était. Mais ce n'est pas un super-pouvoir, ça ? Si ?!
GANG : Il n'appartient officiellement à aucun groupe, mais il bosse souvent pour le Vatican, ce que presque tout le monde ignore. Ils payent bien, alors pourquoi refuserait-il leurs missions ? Et puis, pas sûr que ce soit une bonne idée de leur dire non, voilà tout.
CREDIT : Shadow Dancer (avatar), Tumblr (gifs) & Astra (signa)
Le sacrifice ordinaire
Adele & Jacopo



La vie est belle. La vie est belle quand tout va bien. Quand t'es jeune, insouciant, un brin naïf. Que tu crois que tu peux changer le monde si tu le désires très fort. Oh, si seulement ! Ça, même l'énergie et l'envie propre à la jeunesse n'y peuvent rien. Car la vie, c'est une pétasse. Ah bah voilà, c'est aussi simple que ça. Une pétasse qui peut pourtant sembler sympa et généreuse parfois, mais qui sait aussi te poignarder dans le dos avec une facilité impressionnante. Like a boss. Pas étonnant - c'est dans sa nature, après tout. J'ai trente-sept ans, moi ; je ne suis plus un gamin désormais. J'en ai vu des choses, j'en ai pris des coups. Des coups bas et des coups durs. L'insouciance n'est plus, malgré mon air volontairement nonchalant ; la naïveté non plus, morte et enterrée depuis un bail. Ça m'attriste de voir qu'Eloise commence à se sentir désenchantée, déçue par les fameux coups bas que la vie lui a présentés. Mais je ne peux dire que j'en suis étonné, fort malheureusement.

Le système est corrompu. J'aurais aimé pouvoir dire le contraire, mais c'est impossible. Je ne dis pas qu'il n'y a pas de gens honnêtes, qui veuillent faire respecter la loi, qui combattent le monde du crime et les diverses Mafias. Mais ils ne suffiront jamais réellement. Parce qu'il y en a d'autres qui font justement l'inverse. Les ennemis identifiés, que l'on connaît. Et les autres, qui valent pas mieux. Au contraire, ils sont encore pires... Les flics corrompus. Les juges qui ferment les yeux. Et tous ceux qui acceptent de la garder bien fermée en échange de quelques liasses de billets. L'argent, ce dieu que tout le monde vénère, d'une façon ou d'une autre, certains plus que d'autres. Même moi, j'ai accepté de travailler pour le Vatican parce que leur proposition était assez alléchante d'un point de vue financier. Au final... Je ne vaux peut-être pas mieux que tous ces individus infâmes que je méprise et qui représentent les rouages de ce système pourri et injuste. Mais au moins, je ne fais pas semblant d'être un flic, un vrai. Contrairement à ce type qui aurait dû assurer les arrières d'Eloise et qui pourtant était un putain de ripou lui aussi.  

Je ne réponds rien. Je pense qu'elle connaît déjà la réponse. J'aurais préféré l'entendre dire qu'elle n'allait rien lâcher, que sa motivation était intacte et qu'elle n'avait pas le moindre doute... Mais l'espérer réellement, ça aurait d'une naïveté extrême. Et pourtant, même si je ne suis pas surpris, ça m'attriste. La nature humaine est tellement con, sérieux. Juste parce qu'on tient à quelqu'un, on espère secrètement que tout ira bien, que la personne en question aura toute la chance du monde et tout le bonheur possible et imaginable. Comme si c'était vraiment possible. Ouais, c'est trop con, vraiment. Chassez le naturel, et plus vous vous rendrez compte qu'il est con, lorsqu'il reviendra au galop. Je détourne mon regard d'Eloise. Je la laisse parler, vider son sac. Avec moi, elle peut le faire sans avoir à s'inquiéter. Je peux avoir l'air d'une grande gueule, mais je sais garder un secret, moi. Tout en faisant revenir les légumes coupés, aussi habile qu'un vrai chef - allez, on emmerde les étoiles Michelin ! -, ajoutant quelques herbes aromatiques et un peu de sauce tomate, je reste toujours aussi silencieux. Tandis que l'odeur devient de plus en plus délicieuse, la frustration d'Eloise vis-à-vis de sa situation actuelle devient de plus en plus évidente. Je la regarde brièvement, le cœur serré, plus inquiet que je ne l'avouerais jamais. Je trouve qu'elle a raison. Si tous ces sacrifices ne mènent à rien, autant baisser les bras. Avant, je me disais toujours que baisser les bras, c'était pour les faibles. Eh bah, aujourd'hui, je me dis que ne pas baisser les bras quand on devrait pourtant le faire, c'est pour les cons.

Nos regards se croisent. La sauce est presque finie, juste quelques secondes de plus et j'ajoute les pâtes. Puis booom, la jeune femme me pose the question. Okay, je ne l'avais pas vue venir, là. Stupéfait, je la regarde pendant quelques secondes.

« Allez ragazzina, va t'installer à table. J'arrive dans deux secondes. »

Dis-je, d'un air plus agacé que je ne le suis vraiment. Le temps de finir de mélanger les pâtes déjà cuites avec cette sauce que l'on vient de faire. Et surtout, de penser à ce que je devrais lui répondre. Quelque part, je n'ai pas envie de lui mentir. Mais en parler... Je n'en ai pas tellement envie non plus. Je soupire, avant d'aller chercher deux assiettes et de me diriger ensuite vers le salon. Je sers Eloise d'abord, puis je remplis mon assiette, avant de m'asseoir. J'hésite entre me jeter des fleurs pour ma réussite culinaire ou bien répondre à cette question qui flotte toujours dans l'air, invisible et pesante à la fois.

« J'ai fouiné là où il ne fallait pas. Le diable n'a pas du tout aimé. Ajoute à cela le fait que j'ai trompé ma femme et qu'elle a demandé le divorce, et donc que j'allais pas bien du tout... et voilà que le flic fouineur se trompe lourdement dans son enquête et tue le mauvais gars lors d'une descente. L'excuse parfaite pour qu'on me mette dehors. »

Et demain il pleut. Je ne l'ai pas dit, mais j'aurais parfaitement pu, vu la façon totalement détachée et nonchalante dont j'ai prononcé ces paroles. Comme si c'était vraiment un sujet banal, comme si cela n'avait même pas changé ma vie. Changé, un joli euphémisme pour ne pas dire détruit. Mais à quoi sert la colère, à quoi sert la révolte ? Je ne peux rien y changer tout seul, je ne suis qu'un stupide humain sans pouvoir et sans espoir. Alors oui, j'aime fouiner, mais autant que je le fasse à la demande de mes clients, et qu'on me paye pour ça surtout - ah, le dieu Argent !

« Bien entendu, je ne vais pas te dire qui joue le rôle du diable dans cette histoire. Hors de question qu'il y ait plus de dommages collatéraux. Je tiens à toi, gamine. Alors écoute ce que je vais te dire : si tu vois que tes sacrifices ne mènent à rien, qu'on t'a complètement abandonnée parmi les lions, raccroche. L'abnégation, la persévérance, c'est très beau tout ça... mais c'est ta vie qui est en jeu. Moi, j'ai appris la leçon à la dure. J'ai tout perdu parce que je voulais changer le monde. Faire justice par moi-même... Pfff. Le seul monde que nous pouvons changer, c'est le nôtre. Dans notre tête. Chez nous. Avec nos proches, à la limite. »

Je porte mes lèvres à mon verre pour en boire une longue gorgée. C'est marrant. Je n'avais pas envie d'en parler au départ, mais maintenant, je n'ai pas envie de la fermer. Je poursuis.

« Tu te souviens de l'inspecteur Marconi ? Luigi, mon partenaire. Mon meilleur ami, même... Il est mort d'une balle dans la tête. Une enquête, une filature qui aurait mal tournée, qu'ils avaient dit à l'époque. » Je renifle avec dédain, mon regard noisette perdu dans le vague. « C'est le diable qui l'a fait tuer. Une exécution. Un exemple à ne pas suivre. Fais pas le con comme lui l'a fait. Laisse tomber tout ça et tu n'auras pas à mourir. »

Je regarde enfin Eloise dans les yeux. Un sourire amer, presque malsain, se dessine sur mes lèvres.

« Et ne suis-je toujours pas en vie aujourd'hui ? J'en suis très content même ! Mon meilleur ami est mort, en partie à cause de mon envie de changer le monde, il a laissé une petite fille orpheline et... j'suis content d'être en vie. De faire le détective privé et de me dire que j'ai su rebondir parce que j'suis vraiment un petit malin plein de ressources. Et pendant ce temps-là... le diable est toujours assis sur son trône, et il en rigole. »

Ou elle, plutôt. La Mastronardi. Je me suis fait oublier, et elle n'est plus venue m'emmerder. Je l'ai laissée monter en grade, encore et encore, un véritable symbole du système. Belle, charismatique, impressionnante. Et totalement pourrie à l'intérieur. Un monstre. Un monstre que je haïssais de toutes mes forces, et avec qui j'ai pourtant couché pendant des mois. Parce que j'aimais ça. Est-ce que je vaux mieux que n'importe quel flic pourri qui permet que les Mafias continuent de déployer leurs tentacules un peu partout à Rome et en Italie ? J'aime à croire que oui, mais parfois, je n'en suis pas sûr du tout.

« Bon appétit. »

made by black arrow

☾ ☾ ☾ ☾ ☾
❝Where does love go?❞ Where does love go when it dies? Where do tears go when they're cried? And who are you if you're not mine? Where does love go when it dies? The last song before light's on, They say there's no getting back what is gone. Small talk, long walk, And your hope will carry you home. Cause I loved you so, And I'll never know Just why I let you go. I'll never know. (c) Astra
Revenir en haut Aller en bas
Terminé ► Le sacrifice ordinaire [Jacopo] - Ven 12 Jan - 11:48
avatar
lycans
lycans


EFFIGIE : Saoirse Ronan
BAFOUILLES : 1246
PACTE : 30/11/2017
OSSATURE : 28 ans
CONTRAT : Célibataire, mariée à son métier, indisponibilité temporaire pour descente dans le tunnel de la drogue. C'est Alice au pays des merveilles avec des flingues.
BESOGNE : Dealer/Rabatteur (Agent du GOA infiltré)
FABLE : Adele sait tout ce qu'il y a à savoir des meutes et comment les éviter. Elle a de faibles notions sur l'existence des sorciers. Renifle et fuit les suceurs de sang avec efficacité. Des sirènes ? Faut quand même pas exagérer.
ÉCHINE : Wolfman (la version originale, bien entendu. Rien ne vaut les classiques)
PRESTIGE : Faiblarde pour les alphas, Hulk pour les humains. L'odorat d'une femme enceinte et la médaille d'or au quatre cents mètres haie. Au bas de l'alphabet grec et de la chaîne alimentaire, Adele n'est pas plus épaisse qu'un gros chien (bon d'accord, un très gros chien) Poule pondeuse pour sa race, c'est sympa les omegas. T'as raté quelques pages de l'histoire du féminisme, Dame Nature.
GANG : Nostro Regno. Tant qu'on gagne, on joue.
CREDIT : ava by me / sign by lazare

.Le sacrifice ordinaire.



A son tour, Jacopo temporise l'instant fatidique des terribles révélations.
Le temps pour Eloïse de se mordre la lèvre, regretter à demi ses propos, déjà; peu certaine quant à l'intelligence réelle de son initiative. Issue d'une formation militaire, on lui a appris qu'il était vivement conseillé d'interroger les criminels, pas les supérieurs. Difficile de savoir si l'alcool ne lui a pas fait franchir les limites tacites avec ce qu'elle considère encore comme une figure d'autorité - si sa question ne mourra pas dans un silence cruel, un malaise constitué. Docile, elle suit l'appel un peu vif, un peu agacé de son mentor jusqu'à la table du dîner, que le plat tout juste déposé embaume des saveurs printanières de leur effort partagé. La truffe presque basse, prête à décorer la gêne de commentaires envolés sur les délices du souper jusqu'à se faire totalement oublier, elle marmonne un remerciement incertain pour le service, s'emploie de son côté à finir une bouteille dont elle ressent plus que jamais le besoin dans les verres vides. Se retient de se jeter sur le liquide, de peur de paraître totalement indécente voire un peu misérable, tait jusqu'à la toux gênée qui lui menace la gorge sous le poids de plomb d'un nouveau silence. Ca sent très bon, qu'elle imagine, badinerie flirtant au bord de ses lèvres pour y chercher les prémices d'une ambiance moins étouffante. Mais Jacopo la devance, surprend Eloïse dans la fluidité d'un discours droit, l'instantanéité d'une réponse, après n'avoir que peu donné l'impression de vouloir satisfaire sa curiosité macabre. Incapable d'imaginer interrompre la valse grave de telles révélations par quelques bruits de mixture et de consommation, elle repose doucement la fourchette qu'elle s'était employée à saisir, plonge les yeux quelque part entre l'épaule de Jacopo et le mur derrière lui.

Le ton métallique, désinvolte, avec lequel le détective jette ses révélations la désarçonne, à lui faire regretter si ce n'était déjà le cas d'avoir seulement posé la quesion. Tu l'as voulu tu assumes, maintenant, gronde une petite voix moralisatrice et incertaine entre ses deux oreilles. Assumer, Eloise n'est pas certaine d'en être capable, et tandis qu'elle l'écoute elle se demande déjà ce qu'elle va pouvoir répondre. Ce qui serait convenable venant d'elle et de ses vingt huit piges, de son inexpérience et de sa naïveté confondante. Elle se rassure, en se disant qu'il n'a pas l'air bien troublé d'en parler - se ravise vite dans ses pitoyables excuses quand le ton change, l'homme absorbé à ses révélations macabres.

Un homme différent, un homme qui lui fait un peu peur, un homme qui flingue un peu à son tour l'image de chevalier blanc qu'elle s'était faite de lui.

Elle s'en souvient encore, Eloïse. De la figure qu'elle lui portait dans sa prime jeunesse, des gloussements que ça ne manquait pas de déclencher chez la seule autre fille dans les rangs. Elle se souvient de l'Œdipe dont elle est revenue, de l'idéalisation dont elle ne s'est pas toute à fait remise - elle le réalise seulement. Injuste peut-être, elle s'en rend bien compte. Mais on renonce trop difficilement à ses figures, ses piliers; surtout quand ils semblent être nos dernières bouées dans une tempête incessantes.

Pourtant, elle l'écoute. Entend les révélations terribles et les histoires qui font peur; dignes d'un roman que l'on lirait la bouche ouverte, absorbé comme terrifié par les lignes poignantes. Ses deux grandes billes trop bleues se lèvent dans le regard de Jacopo quand elle le sent sur elle, le visage fardé d'une contrition incertaine. Aveu muet d'ignorance, d'inexpérience - excuse silencieuse à ce réceptacle de mauvaise qualité pour ses révélations les plus pénibles, qui mériteraient des oreilles moins incompétentes que la siennes. Plus vieilles, avec plus de bouteille; surtout plus de réponses. Un réconfort adapté à tous ces événements qu'elle ne peut qu'abstraire, pressée par la rapidité de leur révélation, maladroite et flinguée. Une personne qui n'aurait pas le cœur tellement emballé, tellement serré par le discours qu'elle ne serait plus capable de parler.
Elle n'est pas sûre, Eloïse, que lui dire qu'elle est absolument désolée l'aidera vraiment, son ancien mentor. Qu'avouer son émotion poignante, sa tristesse profonde et son inquiétude étrange pour l'homme qu'elle redécouvre, lui sera d'un quelconque secours.

" ... Bon appétit. " le copie t'elle alors, d'une voix un peu blanche, le museau plongé dans son assiette. Le vin lui-même est délaissé au profit de la contenance en miettes qu'elle tente de rassembler, et sa fourchette fait d'avantage teinter son assiette en coups incertains qu'elle ne lui sert à manger. Le silence gagne en terrain, entre celle qui ne sait quoi dire et celui qui n'attend peut-être même pas de réponse. Bien joué jeune fille.Piteuse comme une enfant maladroite, elle contemple son plat blanc et rouge, de longues secondes, ne sachant plus que dire. Tousse, cette fois, incapable de se retenir - pour évacuer la boule ronde enflée dans sa gorge et la torsion un peu étouffante de son ventre.

" Je dis pas que ce que tu as fait était bien. ose t'elle enfin murmurer, d'un souffle presque inaudible; introduction bancale qu'elle s'empresse de rectifier en explications qui le sont un peu moins. Parce que je sais pas. J'y étais pas. Et moi je viens tout juste de me réveiller, alors qui je suis pour juger les actions des autres. Pour porter quelque mauvais regard à toutes ces nuances de gris, n'en déplaise à la littérature de masse. Mais je crois que personne ne saura jamais, ce que ça fait de perdre un partenaire, d'une façon ou d'une autre. Dans la mort ou la trahison. Elle le sait, Eloise - elle sait que si elle n'a toujours pas tué Caio, ce n'est pas tant par conflit moral, que dans l'espoir de le retrouver un jour, à jamais assassiné dans son trépas. L'espoir qu'on vienne lui dire, que tout ça est un terrible malentendu, qu'elle n'a pas bien compris, que la fille a menti. Qu'il est toujours son frère, son tout, celui pour lequel elle prendrait une balle et qui prendrait une balle pour elle. De ce qu'on est capable de faire une fois que ça nous est arrivé... Et de ce qu'on peut plus faire. "

Comme raisonner ou faire confiance, se tempérer ou même dormir. Résister à la folie menaçante que toutes les horreurs du quotidien nous font pendre au nez, quand on a plus de foyer où rentrer se reposer. Et si elle ne le dit pas, si dans le chaos journalier de son infiltration elle parvient à le masquer, la trahison de Caio l'a déjà fondamentalement changée. Plus sujette aux comportements extrêmes, plus cruelle et moins patiente, Eloise ne doit la survie de son monde dans ses malheurs, qu'à un entourage qui ne se formalise pas des extrêmes. Une chance, si l'on peut dire, dont Jacopo n'aura pas bénéficié dans sa douleur.

" En tout cas, moi aussi, je crois en toi. Encore maintenant. elle assure, dans un sourire sincère, une confession plus réfléchie qu'il n'y paraît. Elle renforce, après avoir pesé les révélations, certaine maintenant que dans le macabre de cette soirée ils en sortiront au moins un peu plus grands. T'as pas besoin d'être tout blanc, Jacopo. Ca me va, moi, si t'es gris. et même si t'es aigri. Parce qu'après tout, elle court Eloïse : vers la même aigreur sinon pire, menacée par les démons de son âme, ce sang si rarement goûté mais qui l'appelle, irrémédiablement. Et je crois encore qu'on peut changer les choses. Pas toutes mais... une petite partie, au moins. J'en ai encore envie, et avec ton aide je suis sûre qu'on obtiendra gain de cause. A commencer par tous ces dealers - ensuite le diable n'a qu'à bien se tenir. "

Confiance renouvelée, comme un écho instinctif aux propos fatalistes de l'autre, Eloise s'autorise enfin à piquer dans son plat tiédi, une bouchée de chaleur et de réconfort, qui ne nourrira jamais assez son ventre mais dans la carence, saura au moins satisfaire son âme.

" C'est délicieux. "

☾ ☾ ☾ ☾ ☾
Comme la lune fidèle à n'importe quel quartier, je veux être utile à ceux qui m'ont aimée; à ceux qui m'aimeront et à ceux qui m'aimaient. Je veux être utile à vivre et à rêver. 
(c)lazare
Revenir en haut Aller en bas
Terminé ► Le sacrifice ordinaire [Jacopo] - Mer 17 Jan - 22:41
avatar
hybrides
hybrides


EFFIGIE : Charlie Cox
BAFOUILLES : 941
PACTE : 05/08/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Célibataire. Enfin... Divorcé. Evitons ce sujet, per favore.
BESOGNE : Détective privé. Ex-inspecteur de police qui s'est fait virer quelques mois après son divorce, ayant complètement déraillé. La véritable raison : sa cheffe corrompue, qui trempait dans la Mafia depuis des années, démon déguisé en ange. Suivant des pistes, Jacopo et son meilleur ami Luigi, lui aussi inspecteur, avaient mené leur enquête pendant des mois, réunissant des preuves contre leur supérieure. Ils se croyaient capables de la faire tomber. Sauf que non ; Luigi fut tué par la Mafia à la demande de sa ténébreuse cheffe, tandis que Scaglione devint l'amant de sa supérieure, dans une tentative désespérée de la coincer enfin. En vain, parce qu'elle était parfaitemnent au courant pour son enquête secrète. Il ne devint que son jouet, pendant des mois. Puis un jour, tout fut mis au clair : soit il oubliait cette histoire, soit il subissait le même sort que son ami. Alors Jacopo fit son choix. Il préférait s'éloigner, d'elle, de la Police, de toute cette corruption, complètement brisé et dégoûté.
FABLE : Au courant pour le surnaturel depuis pas mal de temps déjà. En tant qu'ancien inspecteur, Jacopo a eu affaire à bien des créatures lors de ses enquêtes, il est tombé sur des massacres sans nom. Il ne pouvait donc que finir par découvrir la vérité. Néanmoins, il garde le secret sur ce qu'il sait, il fait semblant que les monstres n'existent pas. Pas envie de passer pour un cinglé, tout simplement. Mais, secrètement, le brun travaille régulièrement pour le Vatican, qui ne le prend pas pour un fou : en effet, il est souvent chargé de retrouver des créatures sur lesquelles le Vatican veut mettre la main.
ÉCHINE : Humain, vous dirait-il. En réalité, Jacopo est une demi-sirène qui s'ignore.
PRESTIGE : Retenir sous souffle sous l'eau pendant cinq minutes, comme si de rien n'était. Mais ce n'est pas un super-pouvoir, ça ? Si ?!
GANG : Il n'appartient officiellement à aucun groupe, mais il bosse souvent pour le Vatican, ce que presque tout le monde ignore. Ils payent bien, alors pourquoi refuserait-il leurs missions ? Et puis, pas sûr que ce soit une bonne idée de leur dire non, voilà tout.
CREDIT : Shadow Dancer (avatar), Tumblr (gifs) & Astra (signa)
Le sacrifice ordinaire
Adele & Jacopo


Je ne voulais pas en parler, et pourtant, je l'ai fait. La vérité a parlé, a manipulé ma langue de façon à ce qu'elle ne s'arrête pas avant qu'Eloise ne sache que je ne suis pas blanc comme neige. Que je m'en veux. J'aurais voulu être capable de lui remonter le moral, de lui dire que ce n'était qu'une période sombre et que ça finirait forcément par aller mieux. La rassurer. Sauf que non, j'ai fait tout l'inverse. Je ne suis pas fier de moi, pour le coup. Mais enfin, je lui ai raconté la vérité, je lui ai dit ce que j'avais sur le cœur. C'est aussi simple que ça. Et ce n'est pas un crime. Est-ce que cela aurait été mieux si je lui avais menti, disant que la vie n'est pas une vrai connasse ? Pas sûr. Mais voilà, j'ai un peu gâché l'ambiance, là.

Le silence s'impose entre nous, pesant, dérangeant. Je ne sais pas si je dois reprendre la parole, changer de sujet. Faire comme si de rien n'était. Je n'ose pas le faire, à vrai dire. C'est donc Eloise qui rompt le silence, attirant mon regard noisette vers elle. Elle ne se permet pas de me juger, même si elle ne dit pas non plus que j'ai bien agi. Puis la jeune femme souligne le fait que personne ne sait vraiment ce que ça fait de perdre un partenaire. De quoi on est capable de faire suite à une telle expérience. Je ne réponds rien. Mes yeux s'inondent, malgré moi, malgré mes efforts pour rester stoïque. Elle me comprend. Tout comme je la comprends elle. Cette gamine, voilà qu'elle me semble soudain tellement... adulte. Ce qui ne m'étonne pas réellement, vu le monde dangereux qui l'entoure. L'un des rares points positifs d'une mission pareille, c'est que ça te fait grandir, que tu le veuilles ou pas. Mais faut faire gaffe : mûrir, c'est bien ; pourrir, ça non ! Un léger sourire prend place sur mes lèvres, alors que je n'ose pas ciller, de peur de laisser ces saloperies de larmes s'échapper. Allez, quand même ! J'ai une réputation à garder, après tout.

Je ne dis toujours rien. Un peu ému, oui, probablement. Ce n'est pas le genre de choses qu'on me dit souvent. Et... ce n'est pas que j'en ai besoin, non, je m'en passe bien. Mais, dans le fond, ça fait du bien de savoir que quelqu'un t'admire et croit en toi, et ce malgré les conneries que tu aies pu faire par le passé. Et ça fait bien d'y croire encore. Qu'on peut encore changer ne serait-ce qu'un tout petit peu les choses. Ça fait du bien de rêver, de croire à un lendemain meilleur. Se dire que tout n'est pas perdu. La réalité est peut-être un peu différente, mais la vérité est que l'optimisme rend la vie moins pénible. En gros, l'optimisme, c'est un peu comme les lunettes ; ça change ta perception de la réalité pour le mieux, sans pour autant y changer quoi que ce soit à cette dernière. Bon, dans mon cas, l'optimisme serait plutôt semblable à des lentilles : petit, facile à perdre... et vraiment chiant à retrouver. Mais c'est utile, oui.

« Oui. Un défi à la fois. Et le diable n'a qu'à bien se tenir, oui. »

Dis-je, avec un sourire plus franc. Bah dîtes donc, il suffit de quelques paroles pour changer complètement l'humeur de quelqu'un ? L'Homo Sapiens est vraiment une bête étrange, hein. Ou alors c'est juste que deviens de plus en plus lunatique avec l'âge, va savoir. Je baisse les yeux pendant quelques instants, avant de les relever lorsqu'Eloise me dit que c'est délicieux. J'étire un sourire en coin.

« Merci ! » Dis-je, avant de porter une nouvelle fourchée à ma bouche. Quelques secondes plus tard, je reprends : « Tu sais pourquoi c'est aussi délicieux ? Parce que toi et moi, on a pris les bons ingrédients, et on a pris temps de les couper finement, de les faire revenir pile le temps qu'il fallait, de les assaisonner. Ça peut sonner étrange, mais... Dans la vie, c'est pareil. Les petits détails, les assaisonnements... Le temps de cuisson. C'est ça la clé. Ça peut prendre le temps, ça peut être chiant à en crever, mais si on fait ce qu'il faut, comme il faut... On y arrive. Le tout, c'est de suivre une recette qui n'est écrite nulle part. Enfin, hormis peut-être dans les livres du genre "Le Guide de la Réussite pour les Nuls" ! »

Je ne peux m'empêcher de rigoler face au commentaire qui vient de s'échapper de ma bouche. Je viens vraiment de dire ça ? Parfois, je me demande d'où ça peut bien venir, ma parole.

« Mais je veux bien croire que nous, on est pas si nuls ! Et si, par un malheureux hasard, on l'est réellement... » Je lève mon verre à moitié vide. Ou à moitié plein, ouais. L'optimisme, tout ça. Cette paire de lentilles. « Aux nuls ! Qu'ils puissent faire des progrès à l'avenir. »

made by black arrow

☾ ☾ ☾ ☾ ☾
❝Where does love go?❞ Where does love go when it dies? Where do tears go when they're cried? And who are you if you're not mine? Where does love go when it dies? The last song before light's on, They say there's no getting back what is gone. Small talk, long walk, And your hope will carry you home. Cause I loved you so, And I'll never know Just why I let you go. I'll never know. (c) Astra
Revenir en haut Aller en bas
Terminé ► Le sacrifice ordinaire [Jacopo] - Lun 22 Jan - 11:00
avatar
lycans
lycans


EFFIGIE : Saoirse Ronan
BAFOUILLES : 1246
PACTE : 30/11/2017
OSSATURE : 28 ans
CONTRAT : Célibataire, mariée à son métier, indisponibilité temporaire pour descente dans le tunnel de la drogue. C'est Alice au pays des merveilles avec des flingues.
BESOGNE : Dealer/Rabatteur (Agent du GOA infiltré)
FABLE : Adele sait tout ce qu'il y a à savoir des meutes et comment les éviter. Elle a de faibles notions sur l'existence des sorciers. Renifle et fuit les suceurs de sang avec efficacité. Des sirènes ? Faut quand même pas exagérer.
ÉCHINE : Wolfman (la version originale, bien entendu. Rien ne vaut les classiques)
PRESTIGE : Faiblarde pour les alphas, Hulk pour les humains. L'odorat d'une femme enceinte et la médaille d'or au quatre cents mètres haie. Au bas de l'alphabet grec et de la chaîne alimentaire, Adele n'est pas plus épaisse qu'un gros chien (bon d'accord, un très gros chien) Poule pondeuse pour sa race, c'est sympa les omegas. T'as raté quelques pages de l'histoire du féminisme, Dame Nature.
GANG : Nostro Regno. Tant qu'on gagne, on joue.
CREDIT : ava by me / sign by lazare

.Le sacrifice ordinaire.



Le silence se réinstalle, plus léger cependant, comme libéré du poids de non dits accumulés à travers les années.
Eloise croit y voir poindre la pudeur de deux larmes au fond des prunelles de l'autre mais elle s'en détourne avec discrétion, retourne à son repas sans velléité intrusive. Il y a des blessures si profondes qu'on ne peut pas les sortir, des détonateurs à perpétuité sur lesquels on ne glane jamais qu'un maigre contrôle. Elle doute que son ancien mentor ne cherche sciemment l'envie de pleurer sur son épaule, le voit plutôt subir l'un de ces leviers qu'elle s'en veut un peu d'avoir actionné. Alors Eloise laisse Jacopo se reprendre, se confortant dans l'idée qu'il obtiendra vengeance tôt ou tard sur ses indiscrétions, vue la raison de sa présence. Une boule se forme dans sa gorge, une seconde à cette perspective qu'elle s'est employée à oublier; léger instant de claustrophobie interne bien vite dégonflé par la réponse de son autres. Les pupilles d'Eloise, à la sphère un peu amoindrie par l'émotion et l'alcool, reviennent à l'homme dans un papillonnement de cils, sur le dessin d'un sourire tendre. Elle acquiesce, la jeune louve, avec la conviction des convaincus, la force un peu tranquille de ceux qui refusent encore les arguments rationnels, intelligents.

L'envolée lyrique du détective à l'égard de son repas, moine tibétain grossièrement improvisé et sans doute assez mal imité, a le mérite de détendre un peu les derniers nerfs étirés. Elle en rit, Eloise, assez franchement sans se faire insultante, dans un amusement tendre. Lève son verre à ce toast approximatif, dans une approbation sincère, une vague un peu tiède entre les côtes, la première depuis bien longtemps;.

" Aux nuls. tintement de matière contre matière, gorgée à laquelle l'alcool n'autorise plus vraiment de timidité. Reprenant l'assaut tactique de sa nourriture avec énergie, la flic s'arrache un sourire mutin, le gratifie d'un nouvel écho de rire. D'accord, Professeur Philosophie. Dorénavant je couperai les légumes de la vie avec amour, c'est promis. "

Déclare t'elle dans une solennité un peu rieuse, vaguement insolente, que ponctue la prunelle pétillante de son hilarité. Ainsi se poursuit le repas, dans une allégresse passagère, à défaut d'être illusoire. Elle consomme le fruit de leur labeur avec appétit, libérée des angoisses qui pourraient la restreindre même dans ses sensations de faim permanente. Déblatère un peu sur les derniers films vus, les anecdotes les plus drôles et les moins sombres de ses confrères les dealers, les guerres du monde et les grandes personnalités absentes. Rassérénée, l'énergie retrouvée, Eloise se laisse aller dans un soupir d'aise, une nouvelle remarque sur la qualité du repas qu'ils viennent de terminer.
C'est un regard croisé qui la décide - ou bien un silence, ou une seconde, peut être bien la somme des trois. Sa bouche se fend d'une grimace nerveuse mais décidée, prête à affronter ses affreuses responsabilités.

" ... Tu me montres les photos ? "


***


Le silence qui a regagné le salon et leur fait maintenant comme une bulle au dessus du canapé est sans doute moins partageur, moins communal.

Penchée sur des clichés aux fondements comme à l'allure presque intolérables pour elle, Eloise s'emmure dans un silence concentré à ne pas s'écrouler, interdisant quelque peu les commentaires qu'on pourrait avoir. Elle a vu au premier tour des images froides, placides sur leur papier glacé; que c'était presque inutilisable pour preuve réelle d'exaction flagrante. Sans être la faute de Jacopo, sans lui en vouloir - Caio est un homme intelligent qui ne se laisserait pas avoir par une simple filature- elle a besoin d'intégrer ce qu'elle voit comme ce qu'elle ne voit pas. Se faire aux évidences qu'on lui présente, que son ancien partenaire trempe dans plus qu'un fantasme de domination par le viol et qu'elle n'a encore rien pour le prouver. Laisser retomber comme des soufflés, les espoirs qu'elle nourrissait sans oser vraiment le faire, le moins sciemment du monde. Celui qu'elle se trompait; celui qu'elle parviendrait à trouver de quoi l'arrêter en une seule tentative; celui d'en avoir eu réellement envie, et pas seulement absolument peur.

Alors elle reste silencieuse, Eloise. Sa respiration un peu saccadée, un peu nerveuse, pour seul véritable bruit dans l'alcôve passager de son mutisme.

" Je garde celle-là. finit-elle par marmonner d'une voix enrouée, à l'écho vaguement mortuaire. Tirant à elle le cliché apparemment inutile de Caio et de sa langue fourrée dans la gorge de son indic, dans une obscurité laissant feindre le consentement de la belle; Eloise l'emmène avec elle quand elle s'affale sur le dossier du canapé, les yeux rivés sur l'horreur, masochisme un peu stupide à vouloir s'en rendre compte. C'est bientôt son anniversaire de mariage. s'explique t'elle, face à ce comportement un peu idiot de vouloir conserver la photo la plus inutile dans un panel déjà difficile. Puisque les voix officielles sont interdites et condamnées à mort, on va la jouer dans des terrains plus sales.Je te laisse les autres, si tu veux bien. Je dois limiter les choses en ma possession qui ne font pas partie du kit du parfait dealer. S'il y a des choses à compléter au dossier, je viendrai te les apporter. "

Rejette le cliché sur la table comme s'il venait de la brûler, un frisson révulsé lui traversant l'échine. Faiblarde et vibrante, fondamentalement déprimée, Eloise se frotte les yeux avec vigueur pour sortir de son dépit un peu trop alcoolisé.

" Merci, Jacopo. elle conclut d'une voix enrouée, écrasant à son tour les larmes de petite fille lui menaçant les prunelles, dans un maigre succès.Je crois que... Sans toi je crois que j'aurais déjà craqué. "

Tousse, un peu fort, pour rejeter le pleurs, faire semblant que c'est un chat et pas une ruée de peur dans sa gorge; piteuse.

☾ ☾ ☾ ☾ ☾
Comme la lune fidèle à n'importe quel quartier, je veux être utile à ceux qui m'ont aimée; à ceux qui m'aimeront et à ceux qui m'aimaient. Je veux être utile à vivre et à rêver. 
(c)lazare
Revenir en haut Aller en bas
Terminé ► Le sacrifice ordinaire [Jacopo] - Ven 2 Fév - 12:57
avatar
hybrides
hybrides


EFFIGIE : Charlie Cox
BAFOUILLES : 941
PACTE : 05/08/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Célibataire. Enfin... Divorcé. Evitons ce sujet, per favore.
BESOGNE : Détective privé. Ex-inspecteur de police qui s'est fait virer quelques mois après son divorce, ayant complètement déraillé. La véritable raison : sa cheffe corrompue, qui trempait dans la Mafia depuis des années, démon déguisé en ange. Suivant des pistes, Jacopo et son meilleur ami Luigi, lui aussi inspecteur, avaient mené leur enquête pendant des mois, réunissant des preuves contre leur supérieure. Ils se croyaient capables de la faire tomber. Sauf que non ; Luigi fut tué par la Mafia à la demande de sa ténébreuse cheffe, tandis que Scaglione devint l'amant de sa supérieure, dans une tentative désespérée de la coincer enfin. En vain, parce qu'elle était parfaitemnent au courant pour son enquête secrète. Il ne devint que son jouet, pendant des mois. Puis un jour, tout fut mis au clair : soit il oubliait cette histoire, soit il subissait le même sort que son ami. Alors Jacopo fit son choix. Il préférait s'éloigner, d'elle, de la Police, de toute cette corruption, complètement brisé et dégoûté.
FABLE : Au courant pour le surnaturel depuis pas mal de temps déjà. En tant qu'ancien inspecteur, Jacopo a eu affaire à bien des créatures lors de ses enquêtes, il est tombé sur des massacres sans nom. Il ne pouvait donc que finir par découvrir la vérité. Néanmoins, il garde le secret sur ce qu'il sait, il fait semblant que les monstres n'existent pas. Pas envie de passer pour un cinglé, tout simplement. Mais, secrètement, le brun travaille régulièrement pour le Vatican, qui ne le prend pas pour un fou : en effet, il est souvent chargé de retrouver des créatures sur lesquelles le Vatican veut mettre la main.
ÉCHINE : Humain, vous dirait-il. En réalité, Jacopo est une demi-sirène qui s'ignore.
PRESTIGE : Retenir sous souffle sous l'eau pendant cinq minutes, comme si de rien n'était. Mais ce n'est pas un super-pouvoir, ça ? Si ?!
GANG : Il n'appartient officiellement à aucun groupe, mais il bosse souvent pour le Vatican, ce que presque tout le monde ignore. Ils payent bien, alors pourquoi refuserait-il leurs missions ? Et puis, pas sûr que ce soit une bonne idée de leur dire non, voilà tout.
CREDIT : Shadow Dancer (avatar), Tumblr (gifs) & Astra (signa)
Le sacrifice ordinaire
Adele & Jacopo



La vérité dévoilée, je me sens plus léger. Soulagé. Les paroles se sont échappées de ma bouche, rebelles. Peut-être en avais-je besoin, dans le fond. Parler, me délester d'un poids trop lourd, douloureux. Je ne suis pas vraiment du genre à raconter ce que je ressens, à m'attarder sur ces blessures qui sont invisibles, mais qui font mal. Et encore moins à aller chez un psy. Faut pas pousser mémé dans les orties non plus. J'ose étirer un sourire plus grand, alors qu'on porte un toast aux nuls. En espérant qu'il y aura tout de même plus nul que nous deux. Je souris face à ce surnom que je n'aurais jamais cru recevoir. Professeur Philosophie... Sérieux, et dire que je détestais cette matière au lycée ! Bon, je les détestais presque toutes, sauf quelques exceptions. Mais bon, je l'ai bien mérité, c'est bien moi qui ai comparé la vie à la préparation d'un repas. Comme quoi, le poids des années m'a apporté une sagesse dont je ne me doutait même pas. Faudra que j'écrive un livre un de ces jours. Comment Couper les Légumes de la Vie, Edition Spéciale pour les Nuls.

Ouais non, autant continuer d'être détective privé et de m'occuper de mes affaires. A moins que l'idée du livre soit réellement rentable. Sait-on jamais ! Normalement, la Philosophie de pacotille, ça se vend comme des petits pains. Les petits pains de la vie. Bon, j'arrête. Hochant la tête d'un air approbateur, je reporte mon verre à la bouche pour en boire une nouvelle gorgée. Et le dîner se poursuit, sur un rythme tranquille, détendu, agréable. Le minutes s'envolent, alors que nous mangeons et que nous parlons de tout et de rien. Comme si tout allait bien, comme si cette tension d'il y a quelques minutes n'avait jamais existé. Mais dans le fond, je n'oublie pas pourquoi Eloise est venue ici ce soir. Alors, une fois que le dîner touche à sa fin, mon regard croise le sien, plus sérieux. Je ne veux pas la forcer à se replonger dans cette histoire, mais ce n'est pas parce qu'elle détourne le regard que le problème cesse d'exister. Heureusement, c'est la jeune policière qui me demande de lui montrer les photos que j'ai prises. J'acquiesce de la tête, avec un petit encourageant. Je veux l'aider à coincer ce Caio, ce traître qui aurait dû la protéger plutôt. Pour le moment, je me doute que ces photos ne sont pas suffisamment explicites pour le mettre dans une position de faiblesse... Mais c'est déjà ça. D'autres viendront encore. Jusqu'à ce que l'on ait des preuves dignes de ce nom.

Le silence s'installe à nouveau dans le salon, compagnie taciturne et peu agréable. Mais je ne fais rien pour le chasser. Parce que le silence et moi, on se connaît depuis longtemps. On peut même dire que nous avons une relation assez amicale, lui et moi. Alors je le laisse tranquille. Ou plutôt, je la laisse tranquille. Eloise. Je me doute bien que c'est dur pour elle de se rendre compte, encore et encore, que son partenaire ne correspond pas à l'idée qu'elle s'était faite de lui. Que c'est un salopard, en réalité. Les jambes croisées, j'observe les clichés moi aussi. J'aurais aimé qu'ils soient plus explicites, mais c'est tout ce que j'ai à lui offrir en ce moment. Eloise prend alors l'une des photos, décide de la garder. C'est l'une des meilleures, en effet, même si ce ne sera sans doute pas suffisant pour l'accuser d'être un violeur. La jeune femme me dit alors, d'un air absent, que c'est bientôt son anniversaire de mariage. Je détourne légèrement le regard. Moi aussi j'étais marié quand j'ai trompé Ana. La culpabilité me serre la gorge, comme si les paroles de ma protégée étaient un reproche vis-à-vis de moi aussi. Je me doute que ce n'était pas le but, mais ma conscience vient de foutre une claque quand même. Alors je ne dis rien, je m'adosse au silence. Jusqu'à ce qu'elle le brise à nouveau. Je hoche la tête, encore une fois.

« Pas de souci, je les garde. Et oui, n'hésite pas à m'apporter des infos ou des photos complémentaires, je ferai pareil de mon côté.  »

Eloise me remercie alors. Nouveau hochement de tête, preuve que ce n'est rien, que je le referais mille fois. Mon regard attendri se pose alors sur son visage, sur ses yeux fatigués et tristes, avant de se détourner de la jeune femme, ne voulant pas la mettre mal à l'aise. Elle m'avoue alors que sans moi, elle aurait probablement déjà craqué. Je me rapproche alors davantage de la jeune flic infiltrée, cette fille courageuse qui risque sa vie en essayant de faire quelque chose de bien, d’aider des gens. Pauvre gamine. Je passe doucement mon bras autour de son cou, l'attirant contre moi, pour qu'elle pose sa tête sur mon épaule. Je caresse son épaule, le regard perdu dans le vague.

« Andrà tutto bene, ragazzina. »

Ça prendra encore du temps et il faudra encore qu'elle tienne bon, qu'elle survive dans ce milieu moche et impitoyable... Mais oui, tout ira bien. Il faut qu'on y croie. Qu'elle y croie surtout, jusqu'au bout.


made by black arrow

☾ ☾ ☾ ☾ ☾
❝Where does love go?❞ Where does love go when it dies? Where do tears go when they're cried? And who are you if you're not mine? Where does love go when it dies? The last song before light's on, They say there's no getting back what is gone. Small talk, long walk, And your hope will carry you home. Cause I loved you so, And I'll never know Just why I let you go. I'll never know. (c) Astra
Revenir en haut Aller en bas
Terminé ► Le sacrifice ordinaire [Jacopo] -
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 2 :: Aller à la page : 1, 2  Suivant
Sujets similaires
-
» Quels sont ces produits MAC que vous avez terminé?
» Scène de racisme ordinaire
» Le sacrifice des légionnaires
» Daniel Bédard,père de Mélissa "Le sacrifice de Mélissa..."
» Prénoms qui sortent de l'ordinaire

Permission de ce forum: Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-
Sauter vers: