Lysergsäurediethylamid. (flashback)

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Lysergsäurediethylamid. (flashback) - Ven 22 Déc - 14:01
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sorciers
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EFFIGIE : M. SCHOENAERTS.
BAFOUILLES : 65
PACTE : 23/08/2017


OSSATURE : PRÈS DE 40 ANS.
CONTRAT : CÉLIBATAIRE OPINIÂTRE.
BESOGNE : URBANISTE POUR LA VILLE DE ROME, EX ARCHITECTE.
ÉCHINE : SORCIER, MAGIE NOIRE.
PRESTIGE : PRÉSENCE.
GANG : HELLEBORE (SECOND).
CREDIT : ABΔИDON.
VARRI
&
GALEN


Lysergsäurediethylamid.

Harriet a fini de vivre et de mourir dans un endroit de ce genre. Les cliniciens, accoutrés tels des soldats, ne se plaignaient pas d'elle. La mère de Galen s'était semble-t-il résignée, ne pouvant raconter ce qu'elle savait de la magie sans être certaine d'être cadenassée plus fort, d'être emmurée plus loin. Elle craignait, au surplus, que l'un de ses gardiens fût le serviteur relevé de son mari et n'écoutait aucun des baumes psychiques façonnés par son fils. À la fin, elle ne le croyait plus. Comme il était à la botte d'Athénaïs, Galen a cessé de venir. Et de penser à elle.

Il se souvient d'Harriet à présent.

« Je viens voir Varri Bjurman. » Galen fait tomber son passeport dans le tiroir plastique. De l’autre côté du guichet, on feuillette ses récents allers et venus, on consigne quelques notes puis on inspecte sa photographie à l’aune d’une lumière bien crasseuse. « Date de naissance ? » « 8 avril 1978. » Menteur. Mais son visa professe la même chose. « Américain. » Le sorcier opine avec une évidence pédante tant il connait la précision de son italien. S'il n'était retourné en mère-patrie il y a quelques mois de cela, c'est son propre idiome qu'il aurait fini par trahir. « Tout est en ordre ? » « Signez là. » Le calepin n'est rien qu'une feuille d'émargement, et la paraphe une formalité expédiée. Comme c'est le milieu de l'après-midi, Galen n'est pas le premier visiteur. Il ne fait pas non plus mine d'inspecter les noms, car personne ne le connait et il ne connait, à vrai dire, personne non plus.

Ce n'est pas la première fois qu'il vient pour Varri mais c'est la première fois qu'on le laisse entrer. Escorté dans les interminables couloirs inhospitaliers, Galen est interrogé par l'infirmier qui le flanque sur la droite. S'il répond des banalités, enrobées de mensonges insipides, c'est aussi que le vaudouiste n'a aucune bonne raison de se trouver là. Pas de la famille ni rien de cette sorte. Il se contente de dire qu'ils sont amis, alors qu'ils ne le sont pas. Leur dernière, et unique, entrevue ne valait même pas une étiquette mais, comme il n'aurait pu lâcher, au brave gaillard de quasiment deux mètres à son côté, qu'il l'avait baisée, et rien d'autre, il a continué de dire qu'ils ne sont pas très proches mais qu'il tient néanmoins à la voir. Cela, au moins, est vrai.

« Elle a buté quelqu’un, s’attarde l’infirmier psy comme de causer du temps qu’il fait (ce qui lui vaut un regard flegmatique de l'autre homme).
- On m'a dit ça, oui. »

L'américain suppose qu'on a débusqué son manque de lien et qu'on cherche à savoir, ou plutôt à deviner, s'il a la moindre idée de ce dans quoi il fout les pieds. Pour tranquilliser son si diligent protecteur, il pourrait rétorquer qu'il a lui-même suriné plusieurs de son espèce, et d'autres, au lieu de quoi il offre un sourire chaleureux et une poignée de main à son accompagnateur  – car ils sont arrivés, témoigne la nervosité soudain très nette du pourtant colosse. Il est assez amusant à observer, cet homme : robuste et gaillard à l'extérieur, rongé par les vers en-dedans. Ça inspirera à Galen d'adjoindre du personnel psychiatrique au rang de ses pantins. Il en aurait eu besoin au moment où il a appris l'arrestation, et et l'hospitalisation sans consentement, de Varri. En définitive, toutes les administrations se ressemblent et sont aussi désolantes que prévisibles. Heureusement, sa curiosité aura surpassé la paperasse.

Au début, Galen a préféré ignorer les coupures de presse mais, à l'heure du tout-numérique, il lui a été impossible de ne pas évoquer Blondie, y compris contre son gré. Entre deux bureaux, plusieurs sont allés de leur avis car les faits divers appartiennent à tout le monde. L'histoire avait déjà été maintes fois altérée, épaissie, romancée, quand il a daigné lire un article compliqué sur le sujet. Le louisianais avait sans doute décidé d'aller la trouver avant la première ligne mais entamé de le faire dès la dernière assimilée. Puis il a dû patienter un mois durant, à ce que son assiduité soit, un peu, ridicule.

« Bonjour, Varri. » Après qu'il a écouté les semelles de l'infirmier s'éloigner et mourir dans le couloir, Galen bute sur le seuil. Il n'est pas fébrile mais plutôt attentif, aux aguets. Longtemps avant de poser les yeux sur elle, il a laissé flotter ses impressions tout autour, à la distance d'un piquier face à une bête.
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Lysergsäurediethylamid. (flashback) - Dim 24 Déc - 0:14
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EFFIGIE : Charlize Theron
BAFOUILLES : 9988
PACTE : 04/01/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Kiffe se soumettre à un certain mâle alpha et a du mal à l'admettre. A le palpitant qui déconne en sa présence. En couple donc, toujours fourrée dans les bras d'Irénée.
BESOGNE : Ancien officier de police. Morte aux yeux du monde dans l'asile dont elle s'est échappée.
FABLE : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle
ÉCHINE : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé des gens. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation.
PRESTIGE : Clairvoyance empathique. Varri peut vivre les souvenirs des autres.
CREDIT : Cya
GALEN
&
VARRI
Lysergsäurediethylamid
Phalanges enlacées à la nuque, regard butant contre la herse qui entrave le paysage par la fenêtre, la blondine a l’impression de s’enfoncer dans la table qui accueille sa posture voûtée. Ces médicaments. Ces putains de médicaments. C’est qu’ils sont forts. Ça l’assomme de trop – altère sa perception et lui donne l’impression d’avoir la réactivité d’un octogénaire attendant après la mort. Les autres semblent s’en accommoder, eux. Ils finissent tous par s’y accommoder.

Comme s’ils avaient vraiment le choix.

Tous les jours, la même rengaine. Les infirmiers passent et repassent, leur chariot chargé de gobelets en plastique qu’ils distribuent aux internés. Les réactions sont souvent identiques à l’onomatopée près. Aux frémissements de paupières malades qui traduisent la résignation. Fais ci, fais ça, bouffe ci, chie ça, souris aux médecins, baisse les yeux, tends ton bras, ouvre la bouche et laisse les regarder. Laisse les voir en toi, tout savoir de toi. En tirer des conclusions. Te ranger dans des cases. Te perdre dans leurs tiroirs. Il y a les examens en pagaille. Toujours les mêmes questions qui reviennent et le jugement qui s’oppose. C’est trop dur de prétendre, surtout avec le nombre incalculable de substances qu’on leur injecte. Et l’espoir d’en réchapper là-dedans ? Zéro. Y a pas un putain de fou qui sort de là – à part les deux pieds devant peut-être.

Le chariot grince et les semelles couinent à l’approche de la contemplative égarée dans son coin de salle. Elle veut s’isoler, Varri. Mais pas moyen de s’isoler dans un endroit tel que celui-ci même si la majorité d’entre eux sont irrémédiablement seuls – seuls dans leur monde. Les yeux de la donzelle bougent à peine. Ce n’est que lorsque l’infirmier fait glisser le gobelet sur la table que Varri réagit pour le regarder. Pilules. Jaunes, vertes, bleues ou rouges, cette fois ci ? Elle lorgne l’intérieur du contenant sans grande motivation et étire un sourire sarcastique à la vue de la pastille. Si tu savais où tu peux te les foutre, tes putains de smarties.
Bleu.
C’est souvent réconfortant, le bleu. Une couleur qui prête à de belles pensées. Le ciel, l’océan, du Klein. C’est froid mais intense. Profond et mystérieux. Saisissant le gobelet entre ses doigts, la blonde le fait tourner distraitement – ses prunelles s’attachant au détail du ton. Bleu sur blanc. L’infirmier s’impatiente dans un raclement de gorge et une tension des épaules. « Dépêche toi Bjurman. J’ai pas qu’ça à faire. » Qu’il méprise, le larbin. Varri a trébuché une ou deux fois dans sa caboche, à celui-là. Si son pouvoir la place directement dans les pompes de ses cobayes, ça n’est pas pour autant qu’elle a une once de compatie pour celui-là. Elle gerbe ses sentiments et ses lubies – même si il a deux gosses, une femme et un chien et qu’il prévoit de bientôt partir en vacances à Hawai. Les globes de la femelle roulent vers lui dans une certaine acidité teintée de mépris. Elle le jauge durant quelques secondes, la mine fermée, avant de lui couler une œillade désinvolte et d’avaler les pilules. Tout rond avant de capter son regard insistant et d’ouvrir la bouche dans une grimace irritée. Il se penche le bougre, pour mieux lui reluquer la glotte et remballe son chariot dans un petit commentaire méprisant avant de s’en aller vers les suivants.

Connard.

La mine farouche de la blonde s’attache à le suivre du regard un peu plus loin dans la grande salle des temps calmes quand dans son dos, une voix vaguement familière vient ébrécher le cheminement de ses pensées désagréables. Son prénom. On l’appelle par son prénom – ça fait bien longtemps que ça n’est pas arrivé. Doucement, Blondie incline le chef sur le côté pour pouvoir jeter un œil derrière elle. Sa mine froissée de suspicion laisse place à une vive surprise quand elle reconnaît le sorcier qui a daigné lui offrir quelques indices sur sa condition. Il ne s’était pas quitté en très bons termes, d’ailleurs – les draps froissés tout autant que l’ego. Galen. Galen Lloyd. Bien qu’alcoolisée au moment de leur rencontre, elle se souvient de quelques paroles, de quelques échanges et d’un portefeuille extorqué. La blondine cligne des yeux à plusieurs reprises avant de loucher sur le gobelet en plastique laissé sur la table. Alors celle-là. Je m’y attendais pas. Et pourtant, il flotte en elle une certaine satisfaction, à peine dissimulée derrière une commissure plus acide. « Bonjour. » Elle se l’entend prononcer, ce mot un peu étrange – l’isolement n’ayant en rien aidé à préserver ses convenances sociales. Tout ici est plus sauvage. Instinctif. Les malades se jaugent et s’apprivoisent. Elle ignore encore ce qu’il lui inspire vraiment, l’américain - à première vue. Elle sait aussi pertinemment que c’est probablement dû en partie à l’influence qu’il peut avoir sur ses impressions. Elle le fixe d’une œillade sceptique, inclinée en direction du seuil de la porte qu’il n’ose franchir. « Je ne pensais pas te revoir un jour. Enfin… Surtout pas ici. » Un sourire profondément cynique lui dévore la gueule avant qu’elle ne lui tourne le dos pour faire face à la table. Coudes posés dans une attitude presque imperturbable, la blonde laisse courir son regard jusqu’aux autres patients présents un peu plus loin. Certains font genre de jouer aux échecs tandis que d’autres trient des pastilles de couleur pour satisfaire leurs névroses. « Je t’aurais bien fait faire le tour du propriétaire mais les infirmiers me fileraient encore des cachets de peur que je t’agresse, alors... » Elle désigne la chaise face à elle pour l’inviter à s’y asseoir avant de détourner son regard à travers la fenêtre protégée. « Qu’est ce que tu veux ? » Satisfaire ta curiosité ? Goûter au désarroi d’une gonzesse qui a de sérieux problèmes de mémoire ?  
     

Dialogues:
 
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Lysergsäurediethylamid. (flashback) - Mer 27 Déc - 23:38
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Galen ne pensait pas la revoir non plus (non qu’il n’en ait eu l’inspiration mais parce qu’il doutait que la suédoise en aurait l’intention). L’occasion se serait présentée à condition qu’ils poursuivent, chacun de leur côté, d’écumer les comptoirs mais le louisianais s’en est abstenu, quasi maladivement, les jours qui ont suivi. Il a aussi eu de sérieuses affaires à traiter, et de moins importantes qui cependant l’ont bien distrait. Quand il a finalement repensé à Varri, elle bénéficiait déjà du gîte et du couvert dans cet endroit. « J’avais plutôt imaginé qu’on se retrouverait dans un bar, admet-il en osant ses premiers pas dans la salle. Ou que tu m’aurais dénoncé aux services de l’immigration et que tu serais venue me saluer à travers le hublot de l’avion... » Son trait d’humour étouffe dans le crissement d’une pièce quelconque contre son plateau de jeu. Les iris bleutés se perdent au-delà de la blonde et c’est la première fois que Galen prend conscience des autres patients. C’est une torture pour lui, tous ces esprits craquelés, entortillés, exsangues… Ils le rappellent à ses premiers amours, lorsqu’il plongeait dans les méandres des êtres les plus bancals pour les animer de sa volonté. Ils sont si faciles à investir, si pleins de souffrance et si vides de défenses ; on dirait les charognes d’un monde que ce monde lui délivre pour festin. Il faut plusieurs secondes au sorcier pour décrocher son regard et il se résigne à un sourire pâle, cynique, tandis qu’il s’installe sur la chaise indiquée.

Assis, Galen prend mentalement note de trois choses : 1/ Varri est plutôt en forme, ou en tous les cas ni blessée ni malade dans le corps, 2/ la perception qu’il a d’elle est altérée, pour moitié par l’hostilité qu’elle lui témoigne mais 3/ autant à raison de ce qui lui bouffe le sang, les nerfs, tout l’être. Même s’il connaissait le libellé et la posologie des médicaments que les infirmiers font ingérer à la blonde, celle-ci demeurerait distante, à part, là où sont ceux qui savent ce dont il est capable. Depuis qu’elle connaît sa nature de sorcier, et quelques aspects de sa magie, Varri s’entraîne déjà, et sans le réaliser, à lui résister. Du reste, il n’essaie pas d’entrer.

« Qu'est-ce que tu veux ?
- Je ne sais pas encore, il répond en toute honnêteté. Voir comment tu vas, déjà. Pendant qu'elle ne le regarde pas, lui ne fait que cela ; il s'attendait à la surprise, oui, mais également à autre chose – de la rancune ? de la rage ? Mais je ne m'attends pas à ce que tu t'épanches, comme ça... Rassure-toi. »

Il quitte enfin sa veste, comme s’il venait de décider qu’il restait. Galen n’est pas bien sûr du temps qui leur est alloué mais, puisque Varri n’a pas d’ores et déjà refusé de lui parler, il le découvrira en temps utile.
Occupé à la détailler, sans excès mais sans cesser, l'américain reprend d'un ton plat : « J'ai une très vague idée de ce que ça fait d'être ici. » Les mains pincent le bord de la table puis ce sont les ongles qui attaquent gentiment le vernis écaillé ; à l'usure, il n'est pas le premier à s'adonner à cette manie, et pas le pire. Son anxiété a, au contraire, tendances à s'évanouir parce qu'il se souvient de plus en plus nettement de ce genre de bâtisse. C'était il y a plus d'un siècle et, très paradoxalement, rien n'a changé. « Je me suis dit que tu pourrais avoir besoin... d'un allié. » Il y a plusieurs semaines, dans une ruelle romaine, Galen a répété qu'elle pouvait se fier à lui. Il le pensait.
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Lysergsäurediethylamid. (flashback) - Sam 30 Déc - 14:46
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EFFIGIE : Charlize Theron
BAFOUILLES : 9988
PACTE : 04/01/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Kiffe se soumettre à un certain mâle alpha et a du mal à l'admettre. A le palpitant qui déconne en sa présence. En couple donc, toujours fourrée dans les bras d'Irénée.
BESOGNE : Ancien officier de police. Morte aux yeux du monde dans l'asile dont elle s'est échappée.
FABLE : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle
ÉCHINE : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé des gens. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation.
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GALEN
&
VARRI
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D'emblée, Varri se dit qu'il ne manque pas d'air Galen, à se pointer ici comme la plupart des curieux voudraient comprendre comment elle en est arrivée à telle déchéance. Un sourire humoristique étire à peine les lèvres pâles de Blondie lorsque celui-ci lui confie qu'il pensait la retrouver dans un bar – ou à l'aéroport, après qu'elle l'ait dénoncé aux services d'immigration. L'encéphale pourrait avoir du mal à construire une réflexion aiguisée. A dire vrai, ça fait presque deux mois qu'elle n'a pas eu de réelles conversations poussant l'audace jusqu'à certains traits d'esprit. Et ça se perd, tout ça – lui donne l'impression d'avoir régressé à un instinct grégaire qui n'a rien de reluisant. Alors elle est soulagée, quand même – de pouvoir échanger avec un autre. Quelqu'un qui est à peu près normal.
La plus sinistre des créatures pourrait sembler normale dans un établissement pareil.

Elle se sent tendue, Varri. Malgré les médicaments qui l'assomment. Elle se sent prête à morde comme un clebs enragé le ferait à la première menace grondante. Alors elle lui pose derechef la question qui fâche, voguant entre certitude qu'il est là pour une raison égoïste – se repaitre de son trouble peut-être ? - et la satisfaction un peu honteuse de le confronter à son monde. Celui qu'elle côtoie depuis deux mois et qu'elle a appris à supporter tandis que chaque visiteur se liquéfie de malaise en posant le pied ici. Il dit ne pas encore savoir, Galen, ce qu'il vient faire ici et la blonde fait danser son regard par la fenêtre pour s'attacher aux détails – les ridicules petits détails, d'érosion de barreaux. Quelqu'un a déjà du essayer de se défenestrer, un pan de la fenêtre a été changé récemment. Après quelques secondes, Varri sort de sa contemplation évasive pour en revenir à son interlocuteur. Elle le détaille un peu fixement comme lui ne se gêne pas pour le faire.
Comment est-ce que je vais ?
C'est toujours la question un peu bête - comme quand on demande à quelqu'un en deuil si il va bien. ça pourrait aller mieux. Certainement mieux, j'imagine. La blonde se penche légèrement sur la table pour y croiser les bras et planter ses yeux dans les billes cristallines de l'américain. Sa mine se froisse d'une expression quelque peu indéchiffrable tandis qu'elle se demande vraiment s'il est en train de faire flotter sa conscience autour de la sienne à ce moment même. Est-ce qu'il pourrait la canaliser ? Lui ôter les derniers ressacs d'indignation qui lui restent pour faire d'elle ce pantin docile, médicamenté et résigné ? Elle ne sait pas, la blonde. Ne sait pas si ce serait mieux ou bien pire ainsi.

Le sorcier s'installe en ajustant sa veste au dossier de sa chaise et Varri s'attache à ce petit rituel dans une empreinte nostalgique. Les choses basiques, ça lui manque terriblement. Comme s'il était quelque chose d'entièrement nouveau en ces lieux de perdition, Varri se laisse happée par un nouvel examen plus approfondi du visiteur. Ses vêtements, sa barbe de quelques jours, la terre sous ses semelles, ses ongles contre le bord de table. Il faut qu'elle se muselle pour  résister à la tentation de plonger en lui – dans sa tête et ses souvenirs. Réprimer ce besoin d'exorciser ses propres démons en fouillant à la recherche de ceux des autres. Exhumer les cadavres honteux de la caboche des autres, ça a quelque chose de pernicieusement jouissif.

Galen la fait papillonner dans ses pensées lorsqu'il lui dit avoir une vague idée de ce que ça peut faire d'être ici. Elle lui lâche un demi sourire un peu mordant avant d'incliner la tête pour mieux le scruter. Elle pense qu'il fanfaronne, au départ – qu'il fait semblant de comprendre, probablement biaisé par ce qu'il peut saisir de l'endroit et des tourmentés qui l'occupent. Mais à plus y regarder, elle capte les signes, Blondie.
Une part d'angoisse. Palpable.

Les paupières de la belle tressautent quand elle s'attache au grattement frénétique de l'ongle contre le rebord – trahit une pointe d'agacement en repliant et détendant ses phalanges contre la table dans un rictus un peu amer. Un allié ? Vraiment ? Qu'il veuille encore l'aider, c'est un peu nébuleux pour la blonde. En fait, toute cette rencontre, depuis le début est auréolé d'un mystère qui ne cesse de s'épaissir.

Qu'est ce que tu veux, vraiment ?

« Et alors... Comment tu penses que je vais ? » Qu'elle lui demande en arquant un sourcil. Parce qu'il peut forcément le sentir, ça. Il a du fureter, sans même qu'elle l'y ait autorisé. Varri passe une main sur son visage avant de se cacher derrière un rideau de cheveux blonds emmêlés. Elle se les peigne distraitement  tout en regardant le néon au dessus de leur tête faiblir dans un grésillement sonore. Même si c'est l'après midi, il fait sombre  dans l'enceinte du bâtiment. Les murs trop épais et les herses qui quadrillent les fenêtres ne laissent pas beaucoup passer la lumière du jour. Le silence se ponctue d'un gémissement plaintif d'un malade qui semble s'énerver sur ses pièces de domino et Varri lui jette un simple regard avant d'en revenir à Galen. « Un allié... C'est un bien grand mot, ça. C'est ce que les médecins nous disent aussi, ici. Nous sommes là pour vous aider, nous sommes des alliés dans votre guérison. Alors que pour la plupart, ils sont simplement hypocrites. Ils encaissent leur chèque et ils rentrent chez eux – dans leur grande maison auprès de leur famille qu'ils aiment. Se souciant bien peu de ceux qui sont sanglés à leur plumard et abandonnés dans leur dortoir. » Moi je les vois eux. Je vis avec eux. Je fais partie d'eux. Elle émet un long soupir, redresse son minois pour sonder ses calots. « Tu es déjà venu dans des endroits comme celui-là ? » Puis elle tente de se rappeler ce qu'ils s'étaient dit avant de se dépraver dans sa piaule. Elle essaie de se rappeler de ses visions le concernant. « Pourquoi tu es là, Galen ? Est-ce que, toi aussi, tu veux savoir pourquoi j'ai tué ce type ? »    

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Lysergsäurediethylamid. (flashback) - Dim 31 Déc - 12:57
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Lysergsäurediethylamid.

À la question, aux accents sensible et rhétorique, Galen a un sourire désabusé. Elle ne va pas bien. Il n’a, néanmoins, aucun besoin de lui plonger dans les entrailles pour le savoir. Ça crève les yeux comme une scie à métaux creuserait dans l’orbite. Il s’est souvent demandé comment il est possible d’aller bien (sans parler d’aller mieux) dans ces sanatoriums, asiles, hôpitaux psychiatriques… Les enceintes sont froides, austères et labyrinthiques, qu’on croirait les architectes mesquins à jeter les insalubres dans un bordel en forme de leur esprit. Pour ses propres missions, Galen a étudié de nombreux plans romains et rien ne ressemble plus à une prison qu’une de ces maisons de santé. On y guérit quoi, il voudrait qu’on lui dise. La soif de liberté, peut-être. Un endroit pareil vous soignerait du bonheur le plus brillant, le sorcier en est sûr. Pas que ça lui inspire une compassion particulière pour les malades. Ce n’est rien d’autre qu’un constat, et il constate que Varri ne va pas bien.

De fait, Galen ne dit rien, aussi parce qu’il se méfie d’elle. Les impressions du cerbère d’Hellebore sont troublées et il bâillonne la curiosité forcenée de sa magie. Elle est toujours curieuse de fouiller les êtres, de les inspecter du crâne jusqu’aux talons et de répertorier les plus alléchants des gibiers. Et ces créatures, tout autour, gueulent leur souffrance, exposent leurs plaies ouvertes, puantes, leurs viscères bien béantes, comme de le supplier de les investir et de les ranimer. Il se sent vampire et, en même temps, tellement plus fragile que cela. Comme il sait que la suédoise peut crocheter ses souvenirs, Galen se tient prêt. Comme il n’en a pas peur non plus, il attend.

Avant de venir la trouver dans son apparente insouciance, le louisianais est allé consulter certains de ses comparses et, si le brigandage des souvenirs excède la sphère naturelle d’Hellebore, plusieurs en causaient volontiers. Après quelques uns de ses bavardages, et ne souhaitant pas évoquer que Varri était sans doute une obscure, sa connaissance s’est bornée à un perpétuel à moins que... dont il a fini par se satisfaire. Paranoïaque mais pas craintif, Galen s’est montré à la porte de l’asile comme l’on court à sa propre perte : on le sait bien mais, à tout prendre, on n’a pas tant à perdre.

Malgré le scepticisme (logique et attendu) de la suédoise, Galen opine et il persiste : il se veut un allié. « Mais je ne suis pas médecin, Galen remarque distraitement à voix haute. Et je ne suis pas comme eux. » Il y a dans ce je une résonance qui dit nous. Nous ne sommes pas comme eux. Le personnel n'est peut-être pas exclusivement mortel mais, jusqu'à maintenant, le sorcier n'a reconnu ni homologue ni bête ennemie. Or, on ne court pas à l'esprit d'un dieu comme à celui d'un humain et il a déjà suffisamment ausculté Varri pour savoir que son mal ne loge pas dans un volume de psychologie. Ici-bas, on sangle les fous comme on musèle des chiens et, si hardiment qu'on s'essaie parfois à faire tout un sort à la maladie mentale, on l'encourage plutôt. C'est une aide très différente que Galen entend apporter à Varri.

« Tu es déjà venu dans des endroits comme celui-là ?
- Pire que celui-là. Mais le sorcier hausse les épaules ; ça pourrait dire qu'il n'était pas pensionnaire ou que ça n'a plus aucune importance ; ça pourrait narguer, l'air de chuchoter Viens donc le vérifier dans mon crâne.
- Pourquoi tu es là, Galen ?
- Je te l'ai déjà dit, rétorque-t-il tout de suite.
- Toi aussi, tu veux savoir pourquoi j'ai tué ce type ? »

Le vaudouiste aurait presque oublié qu'on n'enferme pas sans motif (ou sans prétexte). « Ça n'a aucun intérêt pour moi. » L'intonation ne pourrait pas être plus je-m'en-foutiste. « Tu veux me raconter ? » Parce qu'elle l'a fait, elle a tué et ne s'embarrasse pas de le nier. Si c'est tout ce qu'il reste – pourquoi –, Galen veut bien l'entendre. Mais que lui importe la mort brutale d’un ponte de l'Opus Dei ? « Tu sais, fait-il d'un ton qui parait se désintéresser, je peux la sentir d'ici. Ta colère, précise-t-il. Mais rien qu'à te regarder. » Chacun doit la voir dégueuler, des yeux, de la bouche, des gestes, des mots, du silence. Et la colère est encore ce que Galen sait le mieux.

« Je peux aussi aller la chercher, dit-il. L'étouffer. »
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Lysergsäurediethylamid. (flashback) - Mer 3 Jan - 12:46
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FABLE : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle
ÉCHINE : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé des gens. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation.
PRESTIGE : Clairvoyance empathique. Varri peut vivre les souvenirs des autres.
CREDIT : Cya
GALEN
&
VARRI
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En le regardant bien, Varri peut deviner ce que ça peut lui faire à Galen, d’être ici. Entouré par une foule de créatures en souffrance, elles qui sont démunies de toute défense pour contrer le moindre assaut psychologique insidieux qu’on leur ferait subir à leur insu. C’est que ça doit être tentant de leur rentrer dans le crâne – car ça l’est pour chaque individu étant en capacité de le faire, elle y compris. C’est qu’elle a été tentée à bon nombre de reprises de pénétrer l’esprit des malades, Varri. Et entrevoir leurs souffrances a été une épreuve douloureuse qui ne l’a en rien aidé à faire le vide en elle. Au contraire. Ça l’a mise en colère. Très en colère.
Alors elle a arrêté de lorgner chez les patients et s’est tournée vers le personnel hospitalier avant de se rendre compte qu’eux aussi, se traînaient leur lot de désillusions et de souvenirs douloureux. Et elle s’est dit – tu crois quoi Varri ? Qu’il existe un putain d’humain, ici sur Terre qui ne souffre pas ? Qui n’a jamais ragé, chialé ou eu envie de s’arracher le cœur à pleines mains pour que ça cesse ? Qui n’a pas perdu quelqu’un de cher ou gâché un sentiment fort ? Qui ? Même les visiteurs. Même Galen. Tout le monde ici présent a vécu un jour un évènement pénible à rendre fou. Le problème c’est qu’elle ne voit que le pire. Le pire de leurs souvenirs. Ceux qui les hantent.

Varri sourit. D’un de ces sourires un peu troubles qui mettent souvent mal à l’aise. Il dit qu’il n’est pas un médecin, Galen - qu’il n’est pas comme eux et elle hausse brièvement des épaules dans une approbation peu convaincue. Peut-être. Peut-être pas. Qui sait ?
Quant aux endroits bien pires qu’il dit avoir vus, Blondie doit avouer qu’il pique sa curiosité, le bougre – surtout dans cette nonchalance exhibée qu’elle lui trouve irritante. Ne jamais trop en dire pour piquer l’intérêt qu’elle veut faire taire. Renversée contre son dossier, Blondie le scrute avec attention. Il s’en contrefout, l’américain, de cette histoire de culpabilité. Il veut espérer lui faire croire qu’il ne suinte pas le jugement et que si il est là – c’est simplement pour elle. Elle et ses humeurs noires dans lesquelles elle se noie et qu’il propose d’endiguer. Si elle veut raconter ? Elle laisse échapper un petit rire sec avant de secouer la tête – songeant à l’ironie de la situation. « A dire vrai, il n’y a pas grand-chose à raconter. » Constat qu’elle ponctue elle aussi par une ondulation de la charpente. « Tu ne connaîtrais pas un sorcier qui a le même pouvoir que moi par hasard ? » Elle en rit un peu, de cette question qui tombe sous le sens. Pour une pilleuse de mémoire, Blondie est bien emmerdée quand c’est la sienne qui commence à lui faire défaut. Elle repousse bien loin ces préoccupations pour se concentrer sur ce que lui dit l’homme. D’autant plus que ceux qui saisiraient quelques bribes de conversation auraient tôt fait de faire enfermer l’américain à sa suite. « C’est vrai ? » Qu’il puisse sentir sa colère ? Evidemment. Qu’il la voit ? Possible, aussi. Il faut dire que la blondine ne dissimule rien de son amertume ou de ses réticences.

« Je peux aussi aller la chercher. L'étouffer. » Elle reste silencieuse Varri, à le dévisager. Entremêle ses doigts contre la table avant de redresser l’échine dans un soupir léger. « J’ai peur que si tu me l’enlèves, il ne me reste plus rien. » Sa colère, c’est encore ce qui la maintient en vie. Ce qui l’empêche de sombrer dans la névralgie la plus totale. Elle a déjà les médicaments pour l’assommer - elle n’est pas sûre de vouloir en plus de ça qu’on lui arrache les flots tempétueux de son insurrection. Pour la première fois depuis leur entrevue, Blondie baisse le museau et trahit une affliction profonde. Les épaules se dénouent brutalement, le corps s’affaisse à nouveau contre le dossier et la conscience galope jusqu’à ce qu’elle peut capter de lui.

Laisse moi voir. L’esprit embrumé s’égare en chemin – anesthésié par les médicaments qui commencent à faire effet. Mais Galen la laisse faire et elle le sait. Comme si c’était une marque de confiance qu’il lui accordait, une façon de montrer patte blanche pour dénouer cette tension dont elle est elle seule responsable.

C’est d’abord sombre et ponctué d’interférences. Quelques souvenirs qui se mêlent dans une cacophonie auditive à la faire grimacer entre ses mains. Puis elle tâtonne. Trouve un souvenir dans lequel il est étendu et il a un peu peur Galen – tandis que le surplombe une silhouette chétive se décrochant à la lueur d’une flamme de chandelier. Une femme qui récite la bible et qui le regarde comme s’il était maudit. Il y a beaucoup d’incompréhension dans sa tête et Varri saisit que c’est parce qu’il est môme, Galen. Qu’il est enfant et qu’il s’agit de sa mère, là – dans cette posture solennelle un peu folle. Une porte claque. Le râble enfantin se redresse dans un sursaut effrayé et un homme déboule, furieux – rauquant à l’épouse d’arrêter ces insanités. Elle serre la croix entre ses phalanges exsangues, la femme – la brandit même instinctivement aux devants de son mari comme s’il était le mal. Le mal absolu.
Peur. Sidération. La couette est remontée sur le minois et Varri ne voit plus rien quand ça cogne. Et les battements de son cœur se confondent avec le bruit régulier des coups qu’il donne, le père.

La réalité lui revient dans un frisson sensitif. La tête flanche un peu vers l’avant et elle s’affaisse davantage contre la table avant de lever ses mirettes vers Galen. Ça n’a du durer que l’espace d’un frémissement mais il l’a senti entrer – elle en est presque sûre. Tout ça l’intrigue car il s’agit de choses qu’elle peut comprendre. Et elle aimerait, vraiment, les comprendre. « Tes parents ne se sont pas mariés par amour, n’est ce pas ? » Qu’elle l’interroge placidement. Cherche dans ses prunelles les miettes d’une angoisse – tapie là, bien enfouie. Elle plisse les yeux, prise par cette question qui la taraude. Saisie par les indices qui ponctuent ses souvenirs à lui. « Quel âge as-tu ? Vraiment. »

 
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Lysergsäurediethylamid. (flashback) - Sam 13 Jan - 16:38
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EFFIGIE : M. SCHOENAERTS.
BAFOUILLES : 65
PACTE : 23/08/2017


OSSATURE : PRÈS DE 40 ANS.
CONTRAT : CÉLIBATAIRE OPINIÂTRE.
BESOGNE : URBANISTE POUR LA VILLE DE ROME, EX ARCHITECTE.
ÉCHINE : SORCIER, MAGIE NOIRE.
PRESTIGE : PRÉSENCE.
GANG : HELLEBORE (SECOND).
CREDIT : ABΔИDON.
VARRI
&
GALEN


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S’il ne la pensait pas encline à accepter son aide, Galen ne serait jamais venu. Son ennui est vaste mais pas à ce point. Toutes ces démarches ont un coût, à la fois temporel et énergétique. Il est là en plus de toutes les choses dont il a officiellement (son travail, littéralement mortel, à l’urbanisme romain) et officieusement (son office, plus occulte, auprès du coven Hellebore) la charge et n’a que peu de chance d’en retirer des bénéfices comptables. Son intérêt pour la suédoise apaisé, Galen serait plus tranquille mais cette nuit lui demeure enchâssée dans le crâne et il faut qu'il essaie, n'est-ce qu'une fois, en pure perte, pour ne plus y penser et n'avoir jamais à le regretter. D'une certaine manière, aussi, le sorcier sait qu'il le doit à Blondie, non pour la façon dont ils se sont quittés mais pour la connivence qui y a précédé. Il se le doit autant et, s'il était plus honnête avec lui-même, Galen admettrait qu'il a de la sympathie pour cette femme.

« J’ai peur que si tu me l’enlèves, il ne me reste plus rien.
- Il te restera la peur, Galen remarque, un sourire en coin. »

Son amusement se délave assez vite et l'on devine à son expression qu'il va continuer, dire qu'il n'est pas capable (ou qu'il n'est pas dans ses intentions) d'évider l'ancienne inspectrice à ce point. L'attitude tout à coup découragée de celle-ci lui fait boucler le bec et l'observer avec une attention un rien plus prudente. Le sorcier le voit tout de suite venir cependant que l'homme ne fait rien. S'il cille, c'est le temps qu'il a fallu à Varri pour piller dans les limbes de sa mémoire et elle ne parait pas scandalisée par ce qu'elle a vu. « C'est très impoli, ce que tu fais. » Une demi balafre dans la carne de la bouche susurre qu'il n'est offusqué de rien, curieux de la nature de son larcin, au mieux. Elle ne tarde pas à le lui révéler et il étouffe un petit rire glacial, désabusé, à la simple idée que ses parents se soient choisis. Ils ont tous deux vécu une époque où l'on ne faisait rien de tel à moins d'une naissance plus... simple, ordinaire, fangeuse. Et encore, pas toujours. Leur fils croit, néanmoins, qu'ils ont, un temps, été amoureux l'un de l'autre mais ça n'est pas exactement le sujet. Après qu'il a opiné d'un « Non, pas vraiment. » très apathique, Galen attend de savoir où Blondie veut en venir. Quels sympathiques aspects du mariage de ses parents a-t-elle collectés ? Plus lucidement, il se demande si elle serait en mesure de puiser des souvenirs qu'il a refoulés et dont elle lui causerait mieux qu'il ne le pourrait. Cette alternative-là versée comme une nuée glaciale à la cime de sa nuque, le louisianais se détend un peu face à la congruité de la nouvelle question soulevée. « Je suis plus vieux que toi, qu'il répond avec le sourire d'un garnement. » C'est vrai à tous points de vue (encore que si son géniteur n'avait pas entaillé son portrait, Galen aurait eu l'apparence d'un homme plus jeune que Varri ne l'est actuellement). Mais elle a dit "vraiment" et lui n'a gagné que le temps de jeter un oeil par-dessus son épaule alors. Quand l'américain est sûr qu'on ne peut pas les entendre, il lâche le nombre de cent-quatre-vingt-deux avec la même banalité que s'il disait quarante. « Je suis plus vieux que toi, répète-t-il ce qui est désormais évident. » Un court moment, Galen plisse le regard, l'air de peser la réaction de la suédoise. Pas inquiet de l'impact de cette révélation, il poursuit : « Et je te garantis qu'il te restera quelque chose, si tu me laisses faire. » Condition qu'il ne négociera pas en ces circonstances précises. Coudes ramassés sur le bord de la table, le sorcier s'approche et penche légèrement vers elle : « En fait, il te restera une part substantielle de ta colère, et de toute la merde qu'il y a... » À la paume, il parait désigner une chose impalpable et invisible, en et hors d'elle. « Là-dedans, ne trouve-t-il pas de bonne tournure. Disons que t'y verrais plus clair... Comme si quelqu'un était venu ranger ta chambre pendant que t'étais partie pisser. » Où ce quelqu'un serait lui.
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Lysergsäurediethylamid. (flashback) - Lun 15 Jan - 18:32
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EFFIGIE : Charlize Theron
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PACTE : 04/01/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Kiffe se soumettre à un certain mâle alpha et a du mal à l'admettre. A le palpitant qui déconne en sa présence. En couple donc, toujours fourrée dans les bras d'Irénée.
BESOGNE : Ancien officier de police. Morte aux yeux du monde dans l'asile dont elle s'est échappée.
FABLE : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle
ÉCHINE : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé des gens. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation.
PRESTIGE : Clairvoyance empathique. Varri peut vivre les souvenirs des autres.
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La peur. Risette de l’homme qui froisse le museau de Blondie dans un sursaut désabusé. Entre rancune et résignation. Ça peut mériter d’en rire – tout ça. Ça fait bien trop longtemps, qu’elle ne s’est pas sentie secouée d’un éclat d’hilarité qui ne sonne pas tragique dans sa carcasse médicamentée. Elle le cherche avidement, ce quelque chose de spontané qui subsiste en ses entrailles. S’en veut un peu d’être ce fantôme inerte se statufiant dans le décor. Lessivée, Varri se contente de lui rendre un sourire pâle qui tombe creux. Heurtée par l’écho vide qui se répercute en elle, la patiente préfère se concentrer sur ce que lui apporte son interlocuteur. Images nouvelles, souffrance vernaculaire. La peur. On y revient toujours. Grimace-t-elle un peu pour elle-même la blondine, tandis qu’elle s’arrache à la violence familiale pour soutenir le regard adverse. Au reproche qu’il formule dans une indulgence provocatrice, Varri y répond par le même sourire en coin qu’il lui a offert un peu plus tôt. C’est qu’on repassera, niveau politesse, dans un endroit pareil. Joignant ses doigts devant son visage, elle le regarde entre quelques mèches de cheveux éparses comme un prédateur reluquerait sa proie.

« Non, pas vraiment. » Concède l’américain après avoir lâché un petit rire sec, probablement séché par les réminiscences auxquelles il ne s’attendait pas être rappelé de but en blanc. Plus elle fouille, voit et ressent – plus Blondie distingue sa capacité à toucher aux émotions les plus intimes et personnelles de ceux qu’elle toise. Elle sait qu’elle outrepasse ses droits en faisant ça – retire un malin plaisir à pouvoir entrevoir les vérités des plus insondables d’entre eux à leur insu. C’est qu’elle passe à travers leurs forces pour toucher aux faiblesses. Une clairvoyance indispensable à sa curiosité – vilaine bête qui lui grignote les entrailles.

Est-ce que ça te gêne ? Est-ce que tu as peur ? Qu’elle le questionne en silence dans ce regard qu’elle plante sur lui. Elle sent une tension fugace nouer la physionomie d’en face – peut-être une vague inquiétude qu’elle consent à chasser en lui posant cette question qui la taraude en vue des quelques indices récoltés dans sa caboche. Quel âge il a, le bougre ? Plus vieux. Immobile, Varri le scrute – noyée dans l’indifférence la plus totale que suscite cette information en elle. Mais encore ? Parce qu’il sait très bien ce qu’elle veut dire par là et l’insolence de son regard cherche à lui rappeler qu’à force de sillonner sa mémoire, la donzelle saura remonter jusqu’à sa véritable année de naissance - d’une manière ou d’une autre. Mais dans quelques coups d’œil prudents, Galen se livre enfin et Blondie reste à décanter le nombre dans son encéphale en sous régime. 182 piges. Comment ça peut être possible, un truc pareil ? ça explique le papier peint, les candélabres, le journal – ce qu’elle a cru être la caverne d’un antiquaire n’est autre qu’une emprise sur les époques. Une existence démesurément longue. Sont-ils tous ainsi, les sorciers ? A vivre plus longtemps ? A ne pas vieillir d’un iota lorsque leur entourage décline. Elle semble alors capter quelque chose, la blondine, dans l’engrenage de ses pensées troubles. Je ne suis qu’une foutue distraction, hein ? La question se perd dans la gravité de ses prunelles tandis qu’il reprend pour appuyer le fait qu’elle ne sera pas vide si elle le laisse faire. C’est qu’il semble vouloir la soulager, avec sincérité et elle se demande bien ce qu’il y gagne là-dedans. Peut-être qu’il les mange, ces émotions là. Peut-être qu’il les aime et les savoure. Est-ce qu’elles se ressemblent, la colère du voisin et la sienne ? Ou est ce qu’elle est comme un vin, variant selon le cépage de l’humain ?

L’américain se penche vers elle, soulevant une comparaison dans la pratique qui lui fait hausser les sourcils. « Que j’y vois plus clair ? » ça lui arrache un ricanement. « ça a toujours été un sacré bordel là-dedans. T’as franchement espoir d’vouloir y ranger quelque chose. » Le raille-t-elle en soutenant son menton dans une œillade appuyée. « Je ne vois pas les souvenirs, tu sais. Je les vis… Comme tu les as vécu. » Lui confie-t-elle après quelques secondes, incapable de se rappeler si il est au fait de cette nuance. « Et je ressens ce que tu as ressenti au moment de les vivre. » Elle laisse flotter un silence, hésitant à basculer sa conscience à nouveau dans la sienne Pour en apprendre plus, sur cette mère dévote et sur ce père violent. Pour voir si cette frayeur d’enfant s’est muée en indignation. Mais elle résiste à l’envie. Laisse quelques secondes s’égrener dans un battement de paupières évasif avant de reprendre. « ça ne t’effraie pas que je puisse savoir ? » Inspiration. « Savoir qui tu es vraiment ? » Elle repousse sciemment la réflexion qui l’amène. Après tout, il n’est pas venu pour se faire psychanalyser sur la plupart de ses traumatismes, Galen. Non, il est là pour elle. Pour lui ôter quelque chose. Lui rendre le tout supportable. Et Varri abdique dans un sourire évanescent, s’affaissant contre le dossier de son siège en captant les mouvements d’un infirmier qui reprend l’un des patients en pleine agitation. « Fais-le. Fais-le si ça ne te coûte rien. »



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Lysergsäurediethylamid. (flashback) - Lun 15 Jan - 23:12
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EFFIGIE : M. SCHOENAERTS.
BAFOUILLES : 65
PACTE : 23/08/2017


OSSATURE : PRÈS DE 40 ANS.
CONTRAT : CÉLIBATAIRE OPINIÂTRE.
BESOGNE : URBANISTE POUR LA VILLE DE ROME, EX ARCHITECTE.
ÉCHINE : SORCIER, MAGIE NOIRE.
PRESTIGE : PRÉSENCE.
GANG : HELLEBORE (SECOND).
CREDIT : ABΔИDON.
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&
GALEN


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L'américain accueille la rebuffade avec humilité (et une insignifiante grimace d’assentiment) car il n’a, en effet, pas une idée aussi précise de ce qu’il ferait, une fois là-dedans. Si toutefois il entre un jour. Son impatience grignote Galen, une impatience qui frôle la totale inconscience. Il est dangereux de se mêler aux obscurs ; on n’a pas su lui dire grand-chose de cette espèce mais, cela, on en est sûr. Le fait de circonscrire sa magie à la seule collecte de souvenirs n’a pas tranquillisé tous les interlocuteurs rencontrés. Les plus farouches, naturellement, étaient d’Hellebore : qu’en penserait Athénaïs ? Le clébard l’aurait assurément consultée s’il n’avait pas, au préalable, dévoyé le sujet de ce débat potentiel. Et puis le plaisir réside en partie dans le péril. Après cent-quatre-vingt-deux années d’existence, on n’a plus peur de toutes les choses et, pour certaines, on va jusqu’à les embrasser. Comme Varri vient de le deviner, elle est un opportun passe-temps pour le vaudouiste – et à peine plus que ça. « Tu peux toujours me laisser essayer. » Il choisit de s’obstiner, Galen. À la fois pressé qu’elle lui cède (certain qu’elle le fera) et angoissé qu’elle retarde encore le festin. Quand il va ajouter qu’il faudra qu’elle essaie sincèrement, elle aussi, la suédoise dévie de son aptitude à lui vers sa magie à elle. Le louisianais cligne des yeux. Il assimile. Entre les syllabes, il comprend que Blondie ne se contente pas d’un état des lieux sans non plus déterminer ce qu’elle fait… C’est une menace ? une précaution ? Dans l’intérêt de son précaire équilibre, Varri ferait mieux de ne point trop naviguer car quelques épisodes ne seraient pas bons à endurer jusqu’à les ressentir. À son tour, Galen pourrait la mettre en garde mais elle est plus rapide que lui.

« Ça ne t’effraie pas que je puisse savoir ?
- Savoir quoi ? il demande, machinal.
- Savoir qui tu es vraiment ?
- Tu ne trouveras pas qui je suis dans ma mémoire. »

Il rétorque un rien sèchement. À la première impression, c’est de la brutalité. À la seconde, plus minutieuse, il s’agit, en fait, de défiance. Bien qu’il soit très conscient qu’elle peut accéder à des portions de son identité, de son enfance et de sa vie entière, et bien qu’il ne sache toujours pas ce qu’elle a perçu de ses parents et de lui-même, (et cela, en plus, par le prisme de sa propre perception) Galen ne croit pas que son histoire reflète ce qu’il est. Ce serait plutôt la somme des choses qu’il n’est pas, qu’il est presque, qu’il ne sera jamais… Ce faisant, et laissant libre cours à ce pillage dans les règles, il n’aime que moyennement qu’elle croit, sans l’ombre d’un éclairage, à ce qu’elle voit. Ce relâchement dans l’attitude est vite rattrapé. Il est toujours penché vers elle tandis que la suédoise se recule. « La magie coûte toujours quelque chose, répond-il sur un ton égal, qui peine à bien se dégourdir. »

À défaut d'aménager un rictus, il dompte la raideur de son timbre. « Chaque fois que tu vas fouiller là-dedans... (Le bout de l'index monte à la tempe.) Tu empruntes quelque chose que tu devras rendre. Pas forcément à moi. Dans ton cas, je ne suis même pas sûr de la façon dont tu rembourses mais... » Il prend une vague inspiration. « Rien n'est gratuit. »

« Tu te souviens la ruelle, quand tu avais peur ? » Et qu'elle tenait le mur ou que le mur la tenait. « Elle ne s'est pas volatilisée. Je l'ai prise, sur moi. » Et il l'a digérée, en bonne partie, avant d'en reverser son comptant à tel ou tel illustre inconnu, croisé à tout hasard, au travail ou sur le chemin d'Hellebore. Lorsque la distribution est bien faite, nul n'en pâtit. Dans le cas contraire, il aurait mieux valu ne pas contrarier Galen Lloyd. « Je ne peux pas dissoudre ce que tu ressens, déclare-t-il finalement. Et t'as raison : ça sera sans doute le même bordel que d'habitude là-dedans. » Il hausse les épaules pour dire qu'elle en est la seule juge et qu'au final de concrets résultats lui importent peu. « Mais t'aimerais pas que ça s'arrête... juste une minute ? »
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Lysergsäurediethylamid. (flashback) - Mer 17 Jan - 21:11
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EFFIGIE : Charlize Theron
BAFOUILLES : 9988
PACTE : 04/01/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Kiffe se soumettre à un certain mâle alpha et a du mal à l'admettre. A le palpitant qui déconne en sa présence. En couple donc, toujours fourrée dans les bras d'Irénée.
BESOGNE : Ancien officier de police. Morte aux yeux du monde dans l'asile dont elle s'est échappée.
FABLE : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle
ÉCHINE : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé des gens. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation.
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La mémoire est un puzzle. Qu’elle réalise, Varri, tandis que Galen lui assure qu’elle ne trouvera pas qui il est dans ses souvenirs. La mémoire est un puzzle, aidant à cerner la construction d’un être humain. Le psychiatre ne demande-t-il pas à ses patients d’évoquer des souvenirs et les sentiments qui y sont étroitement liés ? Là, avec son pouvoir, il n’y a pas de mensonge possible. Il y a toutes ces émotions, abruptes qu’elle peut ensuite démêler avec sa propre conscience. Mais vivre et comprendre le passé de quelqu’un, c’est y passer un temps fou. C’est probablement s’y perdre aussi. En oublier qui on est vraiment.

Il est un peu sur la défensive, Galen, et elle le comprend – se figure que c’est une réaction normale à toute intrusion insidieuse. Et si le faciès de Blondie reste de marbre face à l’impulsion farouche de son interlocuteur, ses yeux verts expriment tout de son entêtement à penser le contraire de ce qu’il avance à cet instant même. Lèvres closes, elle laisse cette bataille se perdre à fleur de son affirmation avant d’oser froncer les sourcils quand il cause de la magie et de son coût. Attentive, elle le regarde se tapoter la caboche avant d’hasarder son propre index contre sa tempe dans un miroir silencieux. C’est qu’elle se doute, en quoi elle pourrait les payer Varri, ses excès inquisiteurs. Sa mémoire à elle pourrait bien se fractionner et se perdre au détour de celle des autres.

L’américain lui demande d’ailleurs de se rappeler leur folle soirée, lorsqu’il l’a soulagé d’une frayeur que l’orgueil aimerait ne pas avoir à se rappeler. Elle acquiesce du menton et s’intéresse davantage à l’explication qui suit, traduisant son intérêt en avançant ses coudes sur la table qui les sépare. Il l’a prise, sa peur. Sur toi ? Blondie renverse un peu la tête, ses phalanges se massant les tempes dans le chaos de ses pensées. Elle suspecte qu’il y prenne un peu de plaisir, sinon à quoi bon se bâfrer de la peur des autres ? A quoi bon disposer d’un pouvoir qui ne nous apporte que du désarroi ?

Alors elle plisse les yeux, la blondine. Observe son interlocuteur dans un silence un peu déroutant. Et elle se demande pourquoi – pourquoi Gallen Lloyd veut la soulager de sa colère pour la prendre sur lui. Elle ne peut évidemment pas s’empêcher de penser à un piège – l’asile aidant sournoisement son esprit à jouer de paranoïa. Ses méninges exhument toute sorte de possibilités, la forçant à fermer les paupières sous un trouble lancinant. Elle rit un peu, seule manière pour elle d’expulser ce trop plein d’inconstance qui bouillonne en elle. « J’imagine qu’il n’y a pas que la magie qui coûte quelque chose. Tout à un coût. » Constat qu’elle appuie d’un haussement d’épaules désabusé. « Je ne te connais pas, Galen Lloyd… » Elle plante son regard dans ses yeux, une contenance retrouvée sur ses traits fatigués. « Mais j’imagine que tu n’es pas un bon samaritain qui va me soulager de ma colère par simple bonté d’âme. » J’en doute très fortement de ça. « Qu’est ce que tu attends en échange de ce service ? » Parce que t’as forcément quelque chose à y gagner là-dedans, en dehors du divertissement qu’un cobaye peut t’apporter. « Est-ce que je dois mettre à contribution ma capacité pour les tiens une fois dehors ? » C’est qu’elle n’a pas oublié ce détail, Varri. Aime à l’évoquer quand il s’y attend le moins pour jauger sa réaction.

Si j’aimerais pas que ça s’arrête ? Il y a beaucoup de choses qu’elle aimerait, Varri. A commencer par sortir d’ici, que sa réputation soit lavée de ce crime dont elle ne se souvient pas. Elle voudrait comprendre aussi – comment une chose pareille a pu arriver. Et surtout, pourquoi ? Elle voudrait revoir son père, car elle a l’impression d’oublier son visage à mesure que les jours passent dans cet enfer claustrophobique. Elle voudrait se retrouver, parce qu’elle s’est perdue, Blondie – dans la solitude de l’étranger et dépassée par un pouvoir qu’elle ne contrôle pas et qui a failli la consumer dans la folie.      

 

 
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