L'ex procureur, le flic & le détective

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L'ex procureur, le flic & le détective - Jeu 11 Jan - 11:39
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EFFIGIE : Charlize Theron
BAFOUILLES : 9988
PACTE : 04/01/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Kiffe se soumettre à un certain mâle alpha et a du mal à l'admettre. A le palpitant qui déconne en sa présence. En couple donc, toujours fourrée dans les bras d'Irénée.
BESOGNE : Ancien officier de police. Morte aux yeux du monde dans l'asile dont elle s'est échappée.
FABLE : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle
ÉCHINE : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé des gens. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation.
PRESTIGE : Clairvoyance empathique. Varri peut vivre les souvenirs des autres.
CREDIT : Cya
JACOPO
&
KONRAD
&
JORGEN (PNJ)
L’EX PROCUREUR, LE FLIC & LE DETECTIVE
Un bon verre de scotch. Voilà ce dont il a envie, Jorgen – là, alors que le soleil se couche sur Rome, lui donnant le sentiment qu’il ne le reverra pas de si tôt. C’est qu’à Kiruna, c’est nuit polaire. Seules quelques lueurs d’un soleil quasi absent perce les nuages et ce pendant trois mois. Un suédois est toujours capable d’encaisser ce genre de variables – son humeur est rarement altérée par une nuit qui s’étire à quelques mois ou à l’astre diurne qui vous empêche de fermer l’œil. Mais là... A sens inverse, un suédois a toujours du mal à s’acclimater aux latitudes plus clémentes du globe. C’est l’air, qu’il pense. Il le trouve suffoquant, irrespirable – malgré le froid de fin d’année. Enfin froid. Ça pourrait le faire doucement sourire mais il n’a pas tellement l’envie de faire des risettes, Jorgen, depuis qu’il a mis le pied dans ce foutu pays. Flanqué de son costume impeccable et de son manteau sombre, l’homme se distingue à l’angle d’une ruelle passante par sa taille significative. C’est qu’il fait tâche dans le décor, le suédois. Un front haut aux tempes dégarnies, des cheveux plus blancs que blonds soigneusement peignés de chaque côté de son crâne, un regard dur aux paupières un peu tombantes et des babines pincées dans un rictus un peu amer – habitude d’un sourire trop absent. Soixante six ans mais une bonne constitution, le bougre. Il pourrait se frayer un chemin dans une foule sans problème. Seule faiblesse qu’un œil aguerri pourrait lui remarquer – une légère faiblesse sur l’appui gauche qui lui fait légèrement traîner la patte, conséquence de son corps vieillissant lui rappelant qu’il est faillible. Comme les pilules qu’il avale tous les jours depuis ses cinquante piges pour lutter contre l’hypertension.

« Qu’est ce que c’est ? » Demande Jorgen de son timbre rocailleux au flic suédois qui se fond mieux que lui dans la masse italienne avec son jean délavé et son blouson noir. Konrad revient vers lui de l’épicerie du coin, un paquet en kraft entre les pognes dont il sort un sandwich sous cellophane qu’il lui tend. « Schiattachépasquoi. Ce qui ressemble le plus à un sandwich, j’crois bien. Je t’en ai pris un avec de la salade verte, ordre de Liv. » Raille-t-il dans un sourire narquois avant d’ouvrir la portière arrière de la bagnole pour y déposer les deux cafés à emporter dans son kraft. Les yeux acier du vieux procureur laissent filer une once d’amusement qu’il retient dans un bref geste du chef avant de prendre son casse-croûte pour en examiner les strates avec suspicion. Liv s’est toujours inquiétée pour son cholestérol – surtout depuis les dix dernières années - mais l’homme s’imagine que c’est monnaie courante pour les épouses que de vouloir contenir les excès de leur mari. Ça n’a pas été facile durant les derniers mois entre eux, surtout depuis la mort de Varri en fait. Elle est sa fille à lui, pas la sienne à elle – même si Liv a toujours été d’une bienveillance maternelle à son égard. Il n’a jamais vraiment espéré qu’elle puisse être un véritable substitut de mère pour elle – Varri étant trop vieille lorsque lui et Liv se sont rencontrés. Trop vieille et enchaînée à la culpabilité de l’avoir laissée disparaître, sa mère.

Dans le vague de ses pensées, dos appuyé contre la carlingue de la voiture, Jorgen attaque le sandwich d’un coup de dents morose. Du coin de l’œil, il devine l’attention exacerbée de son comparse d’enquête et ancien gendre. Etrangement, une amitié sincère s’est nouée au détour de la relation entretenue par Konrad et Varri durant ces deux petites années. Le flic en a dans la caboche et même si un certain cynisme omniprésent le confond dans un manque de savoir vivre le plus total, Jorgen n’a jamais hésité à lui apporter son soutien sur quelques affaires. Lorsque que Konrad s’est pointé ce jour là pour lui annoncer le décès de Varri à l’asile où elle était détenue – le vieux procureur a manqué de s’écrouler dans son salon. Il l’a vu, ce regard bizarre quand le flic a passé le seuil de sa porte – celui qui vient du fond des tripes, dans un malaise trop sincère. Quand Jorgen s’est senti partir, Konrad l’a retenu contre son épaule et Liv est restée blême, incapable de détourner son regard de lui. L’homme qu’elle aime, terrassé par le chagrin.

Puis la descente aux enfers. Après l’interdiction d’entrer sur le territoire le temps du procès dans une volonté diplomatique de la part des gouvernements, l’administration largue enfin ses passes droits. Mais tout ça dans un constat macabre – le corps de Varri n’a pas été rapatrié mais incinéré.

« Tu penses qu’il est fiable ? » Demande Jorgen après avoir délaissé le quart restant de son sandwich sur le tableau de bord. « Ce Jacopo Scaglione… » La prononciation est approximative, hachée par l’idiome qui se veut plus franc. Konrad attrape les gobelets de café pour tendre le sien à Jorgen, fouillant dans ses poches pour en tirer une clope qu’il met à sa bouche et allume dans un pincement de lèvres. « Il nous en dira probablement plus que les flics du coin en tout cas. » Il lève le museau, amer. Recrache un nuage de fumée qui s’évanouit dans l’air ambiant. « Ce type a giclé de la police. Il ne leur doit plus rien. Qui d’mieux qu’un recalé pour balancer si corruption il y a ? » Parce qu’il y a corruption – ça, il en est sûr, Jorgen. Du moment où il a mis le pied au commissariat, les gueules se sont fermées et on l’a poliment envoyé paître ailleurs. Un fait est pourtant indéniable – Varri a été mise à pied, pour une élucubration accusant son partenaire d’enquête. Giaccomo Fibonacci. Porté disparu. « L’idée ne me plait pas. » Grogne Jorgen après quelques secondes en fixant l’asphalte à ses pieds. « De te laisser enquêter seul là-dessus. Je ne peux pas repartir à Kiruna. Pas comme ça, pas maintenant. » C’est ma fille. A-t-il envie d’articuler avec férocité. Mais il sait pertinemment que sa présence, son patronyme et statut peuvent être un frein d’envergure dans une ville tentaculaire telle que Rome. Surtout à voir comment il a été accueilli par les autorités locales qui n’ont manifestement pas l’envie de s’épandre plus que ça sur le cheminement de Varri au sein de leur institution. Et faut aussi dire que Bjurman, ça a fait pas mal couler d’encre y a quatre mois de ça. « Jorgen. Tu ne peux pas rester. C’est trop risqué. On ne sait pas sur quelle piste était Varri. On ne sait pas qui elle a pu énerver. Je suis moins visible – et pour peu que ce Scaglione fasse du bon boulot, je trouverai ce qu’il s’est passé. » Le vieux procureur se masse l’arête du nez dans la réflexion et chasse les pensées désagréables en se levant et en secouant les épaules. Il jette un bref coup d’œil à sa montre et constate l’heure tardive. « ça travaille jusqu’à quelle heure, un privé ? »


         



Après avoir tourné deux trois fois dans le quartier, le binôme suédois gare la voiture à une rue du bureau du détective privé. En sortant de l’habitacle, Jorgen laisse traîner une œillade vigilante autour d’eux. C’est que ça a de quoi le rendre paranoïaque, tous ces mystères des bas fonds. Le soixantenaire ajuste machinalement le col de son pardessus avant d’esquisser un geste entendu à l’égard de Konrad qui se dirige le premier vers la devanture discrète, serrée entre deux immeubles. Les odeurs de friture flottent dans le quartier dans un mélange acide de pot d’échappement et de poubelles éventrées. La soirée ne fait que commencer et les noctambules s’éveillent.

« Y a de la lumière. » Avise Konrad, mains dans les poches en traversant la route pour rejoindre le trottoir d’en face. Chez Jorgen, le soulagement dissipe la nausée. Lui qui a toujours su faire preuve de patience lorsqu’il était en activité, découvre dans l’ébauche du désespoir rageur une facette de sa personne qui lui déplait fortement. Il prend les devants pour pousser la porte du bureau, accueillant le silence par la pesanteur de ses pas. Dans la sacoche qu’il serre en pogne, quelques papiers nécessaires à l’enquête. Il cherche du regard la silhouette penchée sur le bureau. « Bonsoir. Jacopo Scaglione ? » Fait-il l’effort en italien avant de passer à l’anglais qu’il maîtrise comme si c’était sa langue natale. En quelques pas, le vieux procureur avale la distance qui le sépare du détective pour lui tendre sa pogne dans un professionnalisme déroutant. Ses yeux braqués sur l’italien, il tente de juger de ses premières impressions. « Jorgen Bjurman. » Commence-t-il avant de désigner le flic derrière lui. « Konrad Jansson. » Un court silence s’installe dans les prémices d’une interrogation. « Nous avons une affaire à vous proposer. Mais avant ça, nous avons une petite question à vous poser. Vous étiez inspecteur avant de devenir privé, n’est-ce pas ? J’imagine que vous connaissez donc bien les rouages des autorités locales… Nous avons quelques… Difficultés à obtenir leur coopération sur le cas qu’on vous amène et ça soulève pas mal de questions auxquelles vous pourriez peut-être répondre. »

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L'ex procureur, le flic & le détective - Mer 17 Jan - 22:38
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EFFIGIE : Charlie Cox
BAFOUILLES : 820
PACTE : 05/08/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Célibataire. Enfin... Divorcé. Evitons ce sujet, per favore.
BESOGNE : Détective privé. Ex-inspecteur de police qui s'est fait virer quelques mois après son divorce, ayant complètement déraillé. La véritable raison : sa cheffe corrompue, qui trempait dans la Mafia depuis des années, démon déguisé en ange. Suivant des pistes, Jacopo et son meilleur ami Luigi, lui aussi inspecteur, avaient mené leur enquête pendant des mois, réunissant des preuves contre leur supérieure. Ils se croyaient capables de la faire tomber. Sauf que non ; Luigi fut tué par la Mafia à la demande de sa ténébreuse cheffe, tandis que Scaglione devint l'amant de sa supérieure, dans une tentative désespérée de la coincer enfin. En vain, parce qu'elle était parfaitemnent au courant pour son enquête secrète. Il ne devint que son jouet, pendant des mois. Puis un jour, tout fut mis au clair : soit il oubliait cette histoire, soit il subissait le même sort que son ami. Alors Jacopo fit son choix. Il préférait s'éloigner, d'elle, de la Police, de toute cette corruption, complètement brisé et dégoûté.
FABLE : Au courant pour le surnaturel depuis pas mal de temps déjà. En tant qu'ancien inspecteur, Jacopo a eu affaire à bien des créatures lors de ses enquêtes, il est tombé sur des massacres sans nom. Il ne pouvait donc que finir par découvrir la vérité. Néanmoins, il garde le secret sur ce qu'il sait, il fait semblant que les monstres n'existent pas. Pas envie de passer pour un cinglé, tout simplement. Mais, secrètement, le brun travaille régulièrement pour le Vatican, qui ne le prend pas pour un fou : en effet, il est souvent chargé de retrouver des créatures sur lesquelles le Vatican veut mettre la main.
ÉCHINE : Humain, vous dirait-il. En réalité, Jacopo est une demi-sirène qui s'ignore.
PRESTIGE : Retenir sous souffle sous l'eau pendant cinq minutes, comme si de rien n'était. Mais ce n'est pas un super-pouvoir, ça ? Si ?!
GANG : Il n'appartient officiellement à aucun groupe, mais il bosse souvent pour le Vatican, ce que presque tout le monde ignore. Ils payent bien, alors pourquoi refuserait-il leurs missions ? Et puis, pas sûr que ce soit une bonne idée de leur dire non, voilà tout.
CREDIT : Shadow Dancer (avatar) & Astra (signa)
L'ex-procureur, le flic et le détective
Jorgen (PNJ), Konrad & Jacopo



Les pensées se multiplient dans ma tête. A croire que le fait d'être occupé n'y fait rien. Cela fait des mois que je fais ce que je peux pour trouver l'identité de l'assassin des parents d'Ana, mais rien. Rien du tout. A un moment donné, nous croyions avoir trouvé des pistes crédibles, la fameuse lumière au bout du tunnel, mais le fait est que nous avions tort. Et les semaines se sont écoulées, le temps a continué d'avancer, inexorablement, alors que nous menons nos vies respectives, que nous passons quelques soirées ensemble, faisant un effort pour ne pas y penser. Mais je lui ai fait une promesse. Et le fait ne pas avoir encore réussi à la tenir, ça me brûle de l'intérieur. Surtout désormais que nous nous sommes rapprochés, que la vérité a été dévoilée. Aujourd'hui, je crois que ni Anastasia ni moi nous détestons plus, bien au contraire. Alors oui, cet échec résonne en moi lorsque le silence m'entoure. Et ce même quand je lis et relis ce dossier.

Frustré, je l'envoie valser sur mon bureau, tout en poussant un soupir las. Je jette un coup d'œil à ma montre. Peut-être que je devrais tout simplement dégager d'ici, reprendre demain. La journée a été longue et pénible, j'ai trop d'enquêtes en cours, certaines refilées par le Vatican, d'autres par mes clients. Dire qu'avant je me plaignais de ne pas avoir assez de clients, hein. Aujourd'hui, il faut avouer que la situation a changé. Non seulement mes finances respirent à nouveau, mais j'aurais aussi presque besoin d'un bras droit. Oh, j'ai bien une secrétaire, Lara, mais cette dernière est déjà partie depuis une heure ou deux. De toute façon, je peux m'en sortir tout seul. Et ce n'est pas comme si la solitude ou le silence me gênaient, hein. Surtout dans mon nouveau bureau. Eh oui, JS Investigazioni a changé d'installations récemment. Disons que dans ce quartier un peu puant parfois, discrètement coincé entre deux immeubles, mon agence est un peu plus visible désormais. Avant, au deuxième étage d'un vieil immeuble dans le quartier de Trastevere, c'était pas évident de se faire remarquer. Bref, puisque le Vatican me paie bien, autant en profiter et un investir un peu, non ? Même si cela implique plus de clients et donc, plus de boulot et moins d'heures de repos.

Alors que je me perds dans mes pensées, un bruit de pas me fait relever la tête. Je vois alors deux hommes, qui me saluent alors, me demandant si je suis bien Jacopo Scaglione.

« C'est bien moi, oui. »

Reste désormais à savoir si ce sont de potentiels nouveaux clients ou bien... autre chose. Intrigué, je me lève, pour serrer la main tendue de l'homme d'âge mûr. Ce dernier se présente alors, avant de lui présenter l'autre type derrière lui. Leurs noms ne font pas très italien, non. Plutôt danois, ou... suédois. Un truc du genre.

« Nice to meet you. »

Je crois. Je vous préviens, mon anglais n'est pas extraordinaire, loin de là. Mais je me tais à ce propos. Autant les laisser parler. En espérant que je comprendrai un minimum ce qu'ils ont à me dire. Attentif, j'écoute les paroles de l'aîné, tandis que mes sourcils se froncent légèrement. Alors, si j'ai bien compris, ils ont une affaire à me proposer. Et ils savent que j'ai été inspecteur de police avant d'être passé du côté privé des fouineurs. Intéressant, ils se sont donc renseignés sur moi avant de se pointer. Je ne sais pas vraiment si je dois me méfier ou en être flatté, tiens. En tout cas, j'acquiesce de la tête, confirmant cette information. Pas la peine de mentir, ce n'est pas comme si j'avais honte de mon passé non plus. Je ne cherche pas à y penser tout le temps, mais ce n'est pas moi qui me suis plongé dans la corruption. Non, mon erreur a été toute autre : vouloir punir ma supérieure, la faire tomber, par moi-même, avec l'aide de Luigi. Au final, on n'a pas réussi et mon partenaire a été assassiné. Depuis, je me suis éloigné, je me suis fait discret. Histoire que l'on croie que j'ai oublié. Que je ne ferai jamais rien pour me venger. Sérieux, je croise les bras, observant tour à tour les deux étrangers. Ils ont des difficultés à obtenir la coopération de la police sur le cas qu'ils m'amènent. Ça, ça m'étonne guère, je dois l'avouer. Un léger sourire moqueur s'installe sur mes lèvres.

« Les autorités locales... c'est comme ça. Je ne suis pas surpris. »

Dis-je dans un anglais pas très assuré, mais pas très mauvais non plus. Je manque de pratique surtout.

« Vous êtes... de la police de votre pays ? Ou c'est une... enquête privée ? »

Car s'il s'agit de membres de la police danoise ou suédoise, ou un truc du genre, c'est quand même un peu étrange que la police italienne refuse de coopérer. Peut-être que ce Jorgen et ce Konrad sont en train de fouiner là où il ne faudrait pas ? Bref, ça m'intrigue. Alors autant qu'ils me racontent les petits détails croustillants aussi.

« Parlez-moi de l'affaire, ce que vous savez et ce que vous ne savez pas. Qui, quand, où, comment, pourquoi ? Si vous voulez, je peux tenter de vous aider. Poser quelques questions, chercher... Je n'ai pas peur de la police italienne, moi. »

Ni de qui que ce soit. C'est mal me connaître.

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❝Where does love go?❞ Where does love go when it dies? Where do tears go when they're cried? And who are you if you're not mine? Where does love go when it dies? The last song before light's on, They say there's no getting back what is gone. Small talk, long walk, And your hope will carry you home. Cause I loved you so, And I'll never know Just why I let you go. I'll never know. (c) Astra
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L'ex procureur, le flic & le détective - Ven 19 Jan - 10:15
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EFFIGIE : Charlize Theron
BAFOUILLES : 9988
PACTE : 04/01/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Kiffe se soumettre à un certain mâle alpha et a du mal à l'admettre. A le palpitant qui déconne en sa présence. En couple donc, toujours fourrée dans les bras d'Irénée.
BESOGNE : Ancien officier de police. Morte aux yeux du monde dans l'asile dont elle s'est échappée.
FABLE : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle
ÉCHINE : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé des gens. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation.
PRESTIGE : Clairvoyance empathique. Varri peut vivre les souvenirs des autres.
CREDIT : Cya
JACOPO
&
KONRAD
&
JORGEN (PNJ)
L’EX PROCUREUR, LE FLIC & LE DETECTIVE
Jorgen prend le temps de détailler son interlocuteur avec politesse tandis qu’il se lève pour lui serrer la pogne. Il a un visage sympathique, le détective privé – bien assez pour que le suédois ait envie de s’en méfier. Il l’analyse brièvement pour se fier à la première impression qu’il dégage. Les cernes qu’il a sous les yeux témoignent de sa fatigue évidente et des affaires qui l’accaparent. La pile de dossiers sur son bureau appuie leur nombre considérable et le désordre qui y règne indique très probablement l’agacement y étant lié. Le vieux procureur biaise son regard en direction de Konrad dans une interrogation muette qui veut tout dire – tu es vraiment sûr que c’est notre homme ? Ce à quoi le flic répond par son éternel demi-sourire confiant, s’avançant d’un pas pour se mettre en avant dans la conversation. « Je suis inspecteur en Suède mais nous sommes là pour une enquête privée. Notre gouvernement, en accord avec le vôtre, ne veut pas faire de vague. » Et c’est bien le problème. Pense Jorgen dans un pincement de lèvres agacé, trahissant une légère crispation au niveau des phalanges. Konrad le remarque et l’enjoint à tendre le dossier à leur interlocuteur lorsqu’il s’intéresse plus précisément à l’affaire qui les amène.    

« Il s’agit de l’inspecteur Varri Bjurman. Ma fille. » Lâche-t-il en ouvrant le dossier pour désigner une photo assez récente de la blondine de presque quarante piges. « Elle est venue il y a six mois de ça à Rome pour enquêter sur un crime de six Samis, l’un des peuples autochtones de Laponie suédoise. » Konrad désigne de l’index les clichés s’apparentant à l’affaire en question, lui qui a pu faire sortir ces informations de leur propre base de données. Jamais les ritals n’auraient accepté de leur livrer le moindre dossier ce concernant. Jorgen les connaît ces photos mais il ne peut s’empêcher d’y laisser tomber le regard dans une mine sombre. Les corps sont mutilés par ce qui semble être des coups de crocs. « L’histoire est passée sous silence pour éviter le conflit diplomatique. Vous savez comme ce n’est jamais bon pour un pays de voir mourir des étrangers sur son territoire. » Jorgen pince le dossier d’une chaise pour s’y asseoir pesamment. Malgré la force qu’il dégage pour son âge mûr, il semble accablé par d’obscures pensées. « Selon le rapport de son supérieur, Varri a eu beaucoup de mal à enquêter. Elle disait qu’il y avait beaucoup de zones d’ombre, surtout au sein de la police même qui n’était pas franchement des plus coopératives à son égard. Elle avait cependant un partenaire local pour cette mission. Giacomo Fibonacci. » Les deux yeux clairs du vieux procureur plongent dans ceux du détective pour déceler une réaction. Tout ça le ramène à un regret lancinant – celui de ne pas avoir contacté Varri plus souvent lors de cette mission extérieure. Celui de ne pas avoir décelé le trouble derrière son ton évasif. Quel père est-ce que je fais ?

Appuyé contre le bureau, Konrad poursuit d’un ton professionnel. « Il se trouve que Varri a traversé une passade difficile. Elle a loupé quelques jours de boulot avant que notre supérieur ne reçoive un coup de fil de sa part en plein milieu de la nuit. » Là, Konrad hésite légèrement à poursuivre. Il jette un regard de biais en direction de Jorgen avant de se redresser pour passer une main sur sa nuque. « Sur le coup, il a cru qu’elle délirait. Qu’elle était saoule, lui maintenant qu’il s’agissait d’un loup. Que le criminel était un loup-garou. » Une risette ironique étire les lippes du flic suédois. « Et elle a surtout accusé Giacomo Fibonacci d’en être un. Son supérieur l’a suspendu. Ils ont trouvé un compromis. Il fallait qu’elle voie un psychiatre, ici, pour être réhabilitée à l’enquête. » Soupir. « La semaine qui a suivie, Varri a été retrouvée sur une scène de crime. Mains maculées de sang, une arme à la main, ses empreintes partout. » Konrad fait glisser la coupure du journal romain jusqu’à son interlocuteur où la tête de Varri Bjurman y est affichée. « Vous en avez peut-être entendu parler. Du meurtre de ce vieil homme friqué. Le mobile est un mystère. L’analyse toxicologique n’a rien révélée d’anormal. L’officier qui l’a trouvé sur place a néanmoins dit qu’elle était perdue, Varri. Sous le choc, en plein délire. »

Jorgen se pince le menton dans une rancœur grinçante. « Vous vous doutez de la suite. Pour raisons diplomatiques le temps du procès, les visites ont été interdites. Nous n’avons pas même eu le droit de venir à Rome. Trois mois. Elle est restée trois mois dans un asile. Et lorsque finalement, l’interdit a été levé, j’apprends que ma fille est morte. » Prunelles vissées dans celles du détective, la voix légèrement éraillée, le procureur poursuit. « Morte d’un arrêt cardiaque dans l’établissement psychiatrique qui la détenait. » La charpente du suédois s’affaisse légèrement. Jorgen s’appuie au bureau et Konrad lui retient le bras comme pour l’aider à se reprendre. « Vous auriez un verre d’eau ? » Demande-t-il à Scaglione. Le détective confirme et se lève pour accéder à la requête. Le flic le suit dans un mouvement nonchalant. S’approche juste assez pour lui révéler les dernières informations dans un huis clos plus intime visant à soulager le vieil homme des faits aberrants. « Ils l’ont incinéré. Apparemment, faute à l’administration qui a mal fait son boulot. Une bonne excuse si vous voulez savoir mon avis. » Lui lâche-t-il dans une expression pleine de ressentiment. Konrad gratifie son hôte d’un geste du chef avant de ramener le verre d’eau au paternel Bjurman qui semble s’avachir à mesure que le temps passe. Paluche légèrement tremblante, le vieil homme fouille dans l’une de ses poches de manteau pour en sortir un tube dont il extirpe deux gélules qu’il avale avec son verre d’eau. Les anxiolytiques n’aident pas vraiment à calmer son indignation mais au moins, ça ne le fait pas passer pour un toxico en manque de cocaïne. « Les autorités ne veulent rien nous dire. Je suis censé accepter tout ça sans rien dire ? Fibonacci a disparu, manifestement. Le directeur de l’asile n’est plus le même, non plus – et de ce fait, ne peut rien me dire. Et on nous surveille… » Grince-t-il avant de cogner de son poing serré contre le bureau en bois, faisant ainsi vibrer les dossiers qui s’y trouvent. « Je veux savoir ce qu’il s’est passé. Du début, jusqu’à la fin. Je veux savoir ce qu’on a fait à ma fille. »            

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L'ex procureur, le flic & le détective - Ven 2 Fév - 12:50
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OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Célibataire. Enfin... Divorcé. Evitons ce sujet, per favore.
BESOGNE : Détective privé. Ex-inspecteur de police qui s'est fait virer quelques mois après son divorce, ayant complètement déraillé. La véritable raison : sa cheffe corrompue, qui trempait dans la Mafia depuis des années, démon déguisé en ange. Suivant des pistes, Jacopo et son meilleur ami Luigi, lui aussi inspecteur, avaient mené leur enquête pendant des mois, réunissant des preuves contre leur supérieure. Ils se croyaient capables de la faire tomber. Sauf que non ; Luigi fut tué par la Mafia à la demande de sa ténébreuse cheffe, tandis que Scaglione devint l'amant de sa supérieure, dans une tentative désespérée de la coincer enfin. En vain, parce qu'elle était parfaitemnent au courant pour son enquête secrète. Il ne devint que son jouet, pendant des mois. Puis un jour, tout fut mis au clair : soit il oubliait cette histoire, soit il subissait le même sort que son ami. Alors Jacopo fit son choix. Il préférait s'éloigner, d'elle, de la Police, de toute cette corruption, complètement brisé et dégoûté.
FABLE : Au courant pour le surnaturel depuis pas mal de temps déjà. En tant qu'ancien inspecteur, Jacopo a eu affaire à bien des créatures lors de ses enquêtes, il est tombé sur des massacres sans nom. Il ne pouvait donc que finir par découvrir la vérité. Néanmoins, il garde le secret sur ce qu'il sait, il fait semblant que les monstres n'existent pas. Pas envie de passer pour un cinglé, tout simplement. Mais, secrètement, le brun travaille régulièrement pour le Vatican, qui ne le prend pas pour un fou : en effet, il est souvent chargé de retrouver des créatures sur lesquelles le Vatican veut mettre la main.
ÉCHINE : Humain, vous dirait-il. En réalité, Jacopo est une demi-sirène qui s'ignore.
PRESTIGE : Retenir sous souffle sous l'eau pendant cinq minutes, comme si de rien n'était. Mais ce n'est pas un super-pouvoir, ça ? Si ?!
GANG : Il n'appartient officiellement à aucun groupe, mais il bosse souvent pour le Vatican, ce que presque tout le monde ignore. Ils payent bien, alors pourquoi refuserait-il leurs missions ? Et puis, pas sûr que ce soit une bonne idée de leur dire non, voilà tout.
CREDIT : Shadow Dancer (avatar) & Astra (signa)
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Jorgen (PNJ), Konrad & Jacopo



L’homme confirme qu’il est inspecteur en Suède et qu’il s’agit bel et bien d’une enquête privée. Je hoche la tête, sans rien dire. Quand le gouvernement décide de s’en mêler, ça devient compliqué, ça, c’est sûr et certain. Mais quand deux gouvernements s’en mêlent alors... Bref, autant dire que ma curiosité n’en que plus attisée en ce moment. Si les deux gouvernements ne veulent pas faire de vagues, c’est qu’ils cachent quelque chose de probablement grave. Attentif, je regarde le vieux, qui ouvre un dossier pour désigner une photo que j’ai déjà vue quelque part. Varri Bjurman, la fille de cet homme visiblement tendu. Je me penche alors sur le dossier, observant quelques infos en vrac, dans une première analyse superficielle. L’homme, quant à lui, m’explique que sa fille est venue à Rome il y a six mois pour enquêter sur un crime de six Samis. Heureusement qu’il m’explique que c’est l’un des peuples autochtones de Laponie suédoise. Je hoche encore une fois la tête, toujours sans rien dire. Ce n’est pas mon tour de parler, non, mais d’écouter plutôt. J’ai besoin de détails, besoin de comprendre qui est cette femme, ce qu’elle foutait en Italie et quels sont leurs soupçons.

Après, quand on parle de détails, ça vient toujours avec des photos dégueulasses. Certains auraient étiré une grimace de dégoût, d’autres auraient détourné le regard... Mais pas moi. J’en ai déjà vu tellement, c’est mon pain quotidien ou presque. Ceci dit... Pour un crime, on dirait plutôt que c’était l’œuvre d’un animal, non ? Enfin, littéralement. Ces marques de crocs... Je hausse un sourcil, tandis qu’une pensée me traverse l’esprit. Une pensée que je ne dévoile pas, la gardant de côté pour plus tard. Vous savez, le monde est plus sombre qu’on ne le pense et il y a bien plus de prédateurs que les gens ne pourraient imaginer. Des prédateurs au-dessus de nous, les humains... Par contre, qu’est-ce que foutaient six Samis à Rome ? Je me doute bien que ce n’est pas le Père Noël qui les a envoyés en vacances forcées. En tout cas, je comprends parfaitement l’envie d’éviter un conflit diplomatique, c’est tout à fait logique. Jansson reprend alors, m’expliquant que la fameuse Varri a eu énormément de mal à enquêter et que la police italienne n’avait pas vraiment collaboré non plus, et ce même si elle avait eu un partenaire ici. J’étire un minuscule sourire en coin, presque imperceptible. Fibonacci, vraiment ? Encore une fois, je ne peux pas dire que je suis surpris. Je ne l’ai jamais trop senti, ce type. J’imagine bien que si j’avais réellement creusé, j’aurais trouvé des infos compromettantes contre l’inspecteur. Mais enfin, mon obsession, c’était de faire tomber Laura Mastronardi, notre supérieure, celle au pouvoir réel, à l’influence grandissante, celle qui avait fait tuer Luigi, mon partenaire et meilleur ami. Je voulais commencer par le sommet, couper la tête du serpent. Grossière erreur, que j’ai payée cher.

« Je me souviens de lui. »

Dis-je, avec un regard qui montre tout le bien que je pense de lui. La pauvre Varri... Elle aurait pu tomber sur mieux. Quoique, pas sûr qu'il y ait beaucoup de choix, et encore moins de qualité. Mais voilà, ce n'est pas mon tour de parler, donc je me referme dans mon silence, me contentant d'écouter et d'enregistrer mentalement les paroles du Suédois. Des paroles qui auraient pu me faire rire ou me surprendre si je n'étais pas au courant pour le surnaturel. A se demander si Varri n'était pas au courant elle aussi... Parce que, quand même... si une flic étrangère ose dire à son supérieur - bourrée ou pas, parce qu'in vino veritas après tout - qu'elle croit que le criminel était un loup-garou, ce n'est probablement pas parce qu'elle l'a rêvé pendant la nuit. D'ailleurs, même moi j'y ai pensé il y a même pas deux minutes. Après, ça ne m'étonne pas qu'on ne l'ait pas crue, qu'on l'ait prise pour une foll... Et puis, WHAT ? Alors que jusque-là j'avais réussi à garder mon sérieux, j'écarquille les yeux, avant de pousser un éclat de rire incrédule.

« Fibonacci ?! » Eh bien, je savais qu'il était un connard, en plus d'être un peu louche, mais je n'y avais jamais pensé. Ma foi, ça en expliquerait des choses ! Je pose une main sur ma bouche. « Ce connard. »

Dis-je en italien cette fois-ci, avant de me faire violence pour ne pas rire à gorge déployée. Comment est-ce possible que je ne m'en sois jamais douté ? Bref, j'y penserai plus tard, sans doute. Laissant mon interlocuteur poursuivre, je hoche la tête au fur et à mesure qu'il m'explique que la Suédoise a été suspendue par son supérieur après cette accusation grave et sans doute apparemment insensée pour un ignorant comme son boss, puis il me raconte la descente aux enfers de la part de la blonde. J'attrape la coupure du journal avec cet article et la photo de la policière. Je m'en souviens désormais, une histoire un peu étrange, effectivement. « Je me souviens. », réponds-je d'un air pensif, intrigué. Je relève mon regard noisette vers le paternel, fronçant les sourcils malgré moi alors qu'il m'apprend la fin tragique de sa fille. Trois mois dans un asile, visites interdites, et un arrêt cardiaque fatal. Je n'ose piper le moindre mot, pas sûr que cela suffise à apaiser la peine de cet homme. « Oui. » Je me lève rapidement pour aller chercher un verre d'eau. Le vieux est perturbé, ça se voit malgré son air fier et imposant, mais qui ne le serait pas en repensant ces événements ? Alors que je m'éloigne pour accéder à la requête de l'étranger, je remarque qu'il m'a suivi. Il m'apporte des détails encore plus intrigants. Ils l'ont incinérée ? Comme ça ? A Rome, sans avoir eu de vraies funérailles, sans que sa famille ait pu lui dire adieu proprement ? Je reste interdit. Ça sent la bonne excuse, ouais. Quelque chose de louche se cache derrière tous ces secrets,   cette façade diplomatique. Cette histoire est louche, y'a pas à dire. Et ma curiosité de fouineur arrive à son paroxysme.

Je reviens finalement auprès du vieux Bjurman, tout en espérant secrètement qu'il n'aura pas la bonne idée de clamser dans mon bureau. L'homme reprend la parole, manifestant sa révolte face à cette situation et précisant également que Fibonacci a disparu, ce que j'ignorais, tout comme l'ancien directeur de l'asile. Louche, encore une fois. Je me gratte le menton, l'air pensif. Même si, en réalité, ma décision est déjà prise.

« Je comprends. Ecoutez... J'ai des contacts dans la police, des gens bien, pas corrompus. Quant à l'hôpital psychiatrique, vous me donnerez les coordonnées et... j'essaierai de trouver une façon de poser des questions à quelqu'un. Sans m'exposer, sans exposer notre enquête. L'ancien directeur a disparu, mais... quelqu'un doit savoir ce qui s'est passé, forcément. Quelqu'un a dû voir ou... entendre quelque chose. Ça ne va pas être facile, et je ne peux pas vous promettre que je réussirai à trouver la vérité tout de suite. Mais je peux vous promettre d'enquêter, d'être discret et de partager toutes les infos avec vous. »

Le temps d'un instant, je me souviens d'Anastasia, du meurtres de ses parents. Je lui ai fait une promesse, et je n'ai toujours pas su la tenir. Mais la volonté est là, je n'ai pas oublié, ni baissé les bras. Je fais de mon mieux, j'exploite toutes les pistes possibles. Les enquêtes, ça prend souvent du temps, bien trop de temps la plupart du temps. Mais il ne faut pas lâcher, c'est ça la clé du succès, et pas que dans une enquête, d'ailleurs.

« Ce dossier, il faudra que je l'étudie plus en profondeur. »

Trop de mystères. Trop de questions. Trop de secrets aussi, sans doute. Mais la vérité est là, quelque part, attendant d'être découverte, j'en suis sûr.


[HJ : Désolé pour le retard, IRL trop agité ces derniers temps ]

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❝Where does love go?❞ Where does love go when it dies? Where do tears go when they're cried? And who are you if you're not mine? Where does love go when it dies? The last song before light's on, They say there's no getting back what is gone. Small talk, long walk, And your hope will carry you home. Cause I loved you so, And I'll never know Just why I let you go. I'll never know. (c) Astra
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L'ex procureur, le flic & le détective - Sam 3 Fév - 10:40
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humains
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EFFIGIE : M. Mc Conaughey
BAFOUILLES : 10
PACTE : 21/01/2018
OSSATURE : 44 ans, même si on dirait pas ; c'est le p'tit air suédois qui lui donne l'aspect lisse du design IKEA.
CONTRAT : CDD d'Amour qui changent chaque jour.
BESOGNE : Inspecteur Gadget.
FABLE : Immaculé, trop terre à terre, mais un peu plus douteux chaque jour.
ÉCHINE : Son cœur bat, vierge de tout sortilège et contagion mystique.
CREDIT : swan (Ava.)
J’aurais toutes les raisons de me méfier de Scaglione.
Cette manière respectueuse avec laquelle il nous écoute, l’un après l’autre, comme le spectateur d’une pièce de théâtre, peut demeurer suspecte à bien des égards. J’ai moi-même réfléchi un moment avant de nous fourrer ici ; se rapprocher d’un inconnu, même bazardé par son précédent service comme on brise un miroir qui raconte trop souvent la vérité, relève du risque pur. A côté de moi Jorgen prend ce même risque de s’ouvrir, de tout raconter, pièces à l’appui, et je sens qu’il arrache à chaque seconde des parties de lui-même, qu’il ravive des blessures effritant sous mes yeux un professionnalisme glacial que j’avais toujours cru immarescible. Longtemps Jorgen a été cette figure de dignité et de droiture qui jamais ne fléchissait, et je le vois qui désormais s’affaisse. Dans la crudité de l’air hiénal dont nous venons de nous extirper pour arriver ici, il a jamais paru si fatigué, et la flavescence de l’espoir prénommé Varri se tenit sur ses lèvres.
Rien ni personne ne saurait lénifier l’angoisse d’un père qui a perdu sa fille.

Scaglione se souvient, mais l’atmosphère reste caligineuse, probablement parce qu’il garde tout le long du discours un calme respectable, ne parlant que pour dire ce qu’il estime utile et efficace. Il se souvient, mais d’quoi, mais comment, dans quelles conditions ? Les questions me brûlent les lèvres dans un besoin incoercible de savoir et j’crois que si j’me donnais pas la responsabilité de soutenir Jorgen j’aurais explosé.
Il comprend, qu’il dit, ouais, pas sûr, hein.
J’arrache mes yeux de la surface hyaline de l’eau restée dans le verre que j’ai apporté à Jorgen pour les déposer sur Scaglione qui délie enfin sa langue. Il ne nous apporte pour l’instant pas grand chose, mais son caractère impavide me plaît.

-J’vous fais pas trop confiance, Scaglione. V’z’êtes suspect, mais tout le monde ici, l’est. Va falloir qu’on bosse ensemble, j’crois que vous êtes pas loin d’être notre seul espoir. Et puis j’aime bien votre accent italien, ça rend votre foutu anglais presque chantant.

Je lui adresse un sourire forcé ; cette néscience m’agace profondément, mais on avance, quoique doucement. Il faut que je donne à Jorgen des éléments concrets, un espoir qu’on puisse retrouver au moins la vérité, même si j’dois plonger jusqu’au cou dans les pires sentines de cette ville méphitique pour trouver les éléments qui m’intéressent. Quelque chose me dit que cette ville est louche, et que ce qui s’y passe fascine autant qu’il effraie. Ca tombe bien, c’est toute ma vie. J’ai rien à perdre, ou presque : officiellement Varri est morte après tout. Qu’est-ce que j’ai à gagner ? Quelque chose, même infime, qui permettra de mettre tout ça à plat, et même si l’ataraxie est impossible quand t’es flic, au moins j’aurais eu l’impression d’avoir fait de mon mieux, tout mon possible, jusqu’au bout, pour retrouver ce qui est arrivé à Varri.
La faire exister par la rémanence de mes souvenirs ne me suffit pas.

-Pas trop profondément, quand même ; y’a un stade où les infos suffisent plus et où il vous reste que la caboche pour trouver ce qui vous manque, et c’est là qu’on en devient dingue.

Je jette un regard en coin à Jorgen, rassemble les pièces du puzzle pour les regrouper, cacher derrière certaine d’entre elles la photo de cette femme que je ne cesse de chercher. La thébaïde de la Suède a disparu depuis longtemps des reflets de mon regard, il n’y reste plus que les flux turbides des cas sanglants et mystérieux qui s’accumulent et qui vous hantent comme des esprits frappeurs. Si le gouvernement nous obère, soit ; on va se débrouiller autrement mon pote. Mais t’inquiète qu’on va se débrouiller et que tu vas rien voir venir.
Je relève les yeux, soudain.

-Est-ce que vous auriez des contacts en ville ? Pas de la police ou quoique ce soit, des personnes lambda, qui pourraient m’éclairer sur les trucs un peu louches qui se passent ici ? Des gens qui connaissent bien le coin et qui pourraient nous en dire davantage ?

Parfois, il faut se détourner des plus grosses portes pour se glisser par les toutes petites. Par expérience, je sais que le moindre détail peut faire éclater un morceau de vérité qu’on n’aurait pas soupçonné avant et qui nous semble soudain terriblement lumineux quand on s’y intéresse sous un autre angle. Et j’ai besoin de changer d’angle, de m’arracher des épaules cette subjectivité inhérente qui peuple mes réflexions sur le cas Varri.
La moindre petite luciole dans la nuit peut m’éclairer une piste.
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L'ex procureur, le flic & le détective - Lun 5 Fév - 15:10
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sorciers
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EFFIGIE : Charlize Theron
BAFOUILLES : 9988
PACTE : 04/01/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Kiffe se soumettre à un certain mâle alpha et a du mal à l'admettre. A le palpitant qui déconne en sa présence. En couple donc, toujours fourrée dans les bras d'Irénée.
BESOGNE : Ancien officier de police. Morte aux yeux du monde dans l'asile dont elle s'est échappée.
FABLE : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle
ÉCHINE : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé des gens. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation.
PRESTIGE : Clairvoyance empathique. Varri peut vivre les souvenirs des autres.
CREDIT : Cya
JACOPO
&
KONRAD
&
JORGEN (PNJ)
L’EX PROCUREUR, LE FLIC & LE DETECTIVE
Scaglione ne laisse pas filtrer grand-chose de ses émotions et se montre peu loquace quand l’affaire lui est exposée. Il est respectueux, un peu en retrait et se penche sur les données qu’on veut bien lui donner en pâture, se contentant de dresser un sourcil par intermittence dans des pensées qu’il préfère taire au binôme suédois. Jorgen sait apprécier cette qualité chez un individu comme tout homme de loi qui se respecte, doté de ses réserves et de cette rétribution que lui confère le palais mental dans lequel il peut s’isoler. Mais là, le sexagénaire s’effrite petit à petit. Même si ces mots là, il les a répété devant son miroir, encore et encore pour ne plus s’étrangler dans des saccades douloureuses. Parler de sa fille au passé lui est impossible. Le deuil viendra avec les réponses.

Il y a beaucoup trop d’ombre sur l’échiquier complexe de la scène italienne. C’est une ville étrange, régie par ses propres boyaux – clinquante en apparence mais crasseuse en dedans, comme partout. Jorgen se sent dépassé car ici, il n’a aucun pouvoir. Ici, il n’est qu’un vieil homme désespéré confronté au pire de lui-même. Face à son verre d’eau, le scandinave se perd dans les ondulations esthétiques qu’il provoque avant d’en avaler le contenu entièrement. Un verre de scotch. Qu’est ce qu’il aurait aimé que ce soit un foutu verre de scotch plutôt que de flotte. Parce que ça brûle le palais, l’alcool. Lui incendie l’œsophage et nourrit son feu intérieur – celui qui menace de le consumer s’il ne trouve pas une façon de l’exulter d’une manière ou d’une autre.

Dans une œillade lasse, Jorgen guigne en direction de Konrad. Le quarantenaire est attentif, au-delà de cette expression intouchable – celle de l’homme ravaudé par un cynisme cinglant, une légèreté provocatrice qui n’est autre qu’une armure pour protéger sa carne d’un monde trop amer qui a tôt fait de lui faire comprendre qu’il lui mènera la vie dure. C’est un pilier, Jansson. Un garde-corps vigoureux qui se trouve entre lui et le gouffre vertigineux de la déchéance. Au fond de lui, Jorgen sait qu’il n’aurait pas du entraîner Konrad là-dedans sur le compte d’une amitié intuitive. Sur le compte de cette loyauté ineffable qui les unie dans le silence. Eux deux. Lui et sa fille.
A-t-il réellement le droit de le pousser sur les sentiers de la perdition ? A-t-il l’orgueil de lui laisser croire que sa fille est assez importante à ses yeux pour suspendre son existence à la sienne ? C’est lui, le père. C’est lui, le seul à devoir trouver la force de la laisser partir dans la solitude éreintante qui lui revient.    

La carrure soumise au poids des affres, un avant bras comme seul barrage au bureau contre lequel il menace de s’écrouler, le vieux procureur lève les yeux sur le détective qui prend la parole pour leur offrir son verdict. Il accepte l’enquête, évoque des contacts fiables au sein de la police et amorce un plan d’attaque pour en apprendre plus sur ce qu’il s’est passé à l’hôpital psychiatrique. Il ne promet rien quant à la réussite de l’enquête mais leur assure qu’il fera tout ce qui est en son pouvoir pour en apprendre davantage. Et de leur faire savoir avec transparence, aussi – ce qui arrache un demi sourire un peu sinistre au vieux patriarche. C’est que tu n’as pas tellement le choix…

Konrad n’attend pas pour prendre la parole dans l’expression sans filtre de ses sentiments. Il cause de confiance et amène une demi-mesure à tout ça car ils sont nouveaux en ville et qu’ils n’ont aucun allié. Qu’il y a juste ces portes. Ces foutues portes qui se ferment une à une devant eux. Ils n’ont pas la moindre idée de qui pourrait leur planter une lame dans le dos et c’est peut-être bien ça le problème. Jorgen n’est même plus étonné de la franchise déconcertante dont Konrad fait preuve. C’est qu’il est habitué à le côtoyer depuis des années et même si il a de quoi froisser la plupart de ses interlocuteurs, le flic est d’une détermination sans borne qui fait de lui un agent efficace. Protéger et servir. L’apanage de l’homme bon.    

Jorgen se renverse sur sa chaise pour jeter un œil grave sur les mouvements précis du flic qui s’évertue à ranger la paperasse étalée. La vie de sa fille autopsiée. Il a cette solidité, Konrad – le visage volontaire de celui qui ferait tout pour plonger dans la noirceur de la ritale. A en remuer la fange à même les pognes. A en déterrer le cadavre des laissés-pour-compte. Dans une grimace appréhensive que son faciès exsangue peut lui permettre, Jorgen promène ses yeux du flic au détective en s’amusant du binôme un peu étrange qu’ils pourraient former. S’invite une gravité contenue sur ses lèvres fines quand il réalise qu’il ne veut pas fuir, lui. Qu’il ne pourrait laisser Konrad se tremper à sa place dans cette affaire qui porte son nom. « La transparence est une partie évidente de ce contrat, Scaglione. » Souffle l’homme fatigué à travers ses paupières tombantes. « Jansson est un flic. Un bon flic. Et il vous assistera dans vote enquête. Ça fait partie de notre accord et ce n’est pas négociable. » Les yeux d’un bleu acier se figent aux onyx de l’italien comme pour goûter à une réaction spontanée de sa part – un quelque chose frôlant la crise d’ego. Le froissement susceptible. « J’ai beau ne plus être de la première jeunesse, j’aimerais aider, moi aussi. Malheureusement les portes se ferment plus sèchement sur un ancien homme de loi loin de sa juridiction. Mais je peux avoir mon utilité, malgré tout, j’en suis certain. » Jorgen devine l’élan réprobateur de son comparse suédois qui a été très clair sur la nécessité de quitter Rome le temps qu’il enquête. Mais c’est qu’il estime ne pas avoir grand-chose à perdre – même si tout le ramène à Kiruna où son épouse l’attend. « Quelques jours... » Précise-t-il à Konrad d’un timbre bas. « Au moins quelques jours, pour les prémisses de l’enquête. »

Pour voir si ça grouille sous ses pieds, de cette agitation frénétique annonciatrice d’une piste encore fraîche. Pour repérer les charognards en plein envol, dans l’ébauche d’une menace muette planant sur son nom.            

CODAGE PAR AMIANTE

☾ ☾ ☾ ☾ ☾
FACE TO FACE.

My lovely foe
Mouth to mouth
Raining heaven's blows,
Hand on heart,
Tic tac toe,
Under the stars,
Naked as we flow.

(c)lazare.
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L'ex procureur, le flic & le détective - Mer 7 Fév - 16:44
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hybrides
hybrides


EFFIGIE : Charlie Cox
BAFOUILLES : 820
PACTE : 05/08/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Célibataire. Enfin... Divorcé. Evitons ce sujet, per favore.
BESOGNE : Détective privé. Ex-inspecteur de police qui s'est fait virer quelques mois après son divorce, ayant complètement déraillé. La véritable raison : sa cheffe corrompue, qui trempait dans la Mafia depuis des années, démon déguisé en ange. Suivant des pistes, Jacopo et son meilleur ami Luigi, lui aussi inspecteur, avaient mené leur enquête pendant des mois, réunissant des preuves contre leur supérieure. Ils se croyaient capables de la faire tomber. Sauf que non ; Luigi fut tué par la Mafia à la demande de sa ténébreuse cheffe, tandis que Scaglione devint l'amant de sa supérieure, dans une tentative désespérée de la coincer enfin. En vain, parce qu'elle était parfaitemnent au courant pour son enquête secrète. Il ne devint que son jouet, pendant des mois. Puis un jour, tout fut mis au clair : soit il oubliait cette histoire, soit il subissait le même sort que son ami. Alors Jacopo fit son choix. Il préférait s'éloigner, d'elle, de la Police, de toute cette corruption, complètement brisé et dégoûté.
FABLE : Au courant pour le surnaturel depuis pas mal de temps déjà. En tant qu'ancien inspecteur, Jacopo a eu affaire à bien des créatures lors de ses enquêtes, il est tombé sur des massacres sans nom. Il ne pouvait donc que finir par découvrir la vérité. Néanmoins, il garde le secret sur ce qu'il sait, il fait semblant que les monstres n'existent pas. Pas envie de passer pour un cinglé, tout simplement. Mais, secrètement, le brun travaille régulièrement pour le Vatican, qui ne le prend pas pour un fou : en effet, il est souvent chargé de retrouver des créatures sur lesquelles le Vatican veut mettre la main.
ÉCHINE : Humain, vous dirait-il. En réalité, Jacopo est une demi-sirène qui s'ignore.
PRESTIGE : Retenir sous souffle sous l'eau pendant cinq minutes, comme si de rien n'était. Mais ce n'est pas un super-pouvoir, ça ? Si ?!
GANG : Il n'appartient officiellement à aucun groupe, mais il bosse souvent pour le Vatican, ce que presque tout le monde ignore. Ils payent bien, alors pourquoi refuserait-il leurs missions ? Et puis, pas sûr que ce soit une bonne idée de leur dire non, voilà tout.
CREDIT : Shadow Dancer (avatar) & Astra (signa)
L'ex-procureur, le flic et le détective
Jorgen (PNJ), Konrad & Jacopo


Il me fait pas confiance ? Il me trouve suspect, le flic IKEA ? Roh mon pauvre, je m'en bats les couilles, hein. J'étire un sourire en coin, narquois, tandis que mon regard est, quant à lui, plus acerbe. Pour une fois que je ne dis pas tout haut ce que je pense tout bas, quel exploit. Comme quoi, ce n'était pas un mensonge : la sagesse vient bel et bien avec l'âge. Bref, comme il l'a lui-même dit, je ne suis pas loin d'être son seul espoir, alors qu'il la ferme et qu'il me laisse faire mon boulot. Je ne fais pas de miracles, mais ce que je pourrai faire, je le ferai. Je ne suis pas du genre à lâcher une affaire compliquée à la première occasion, moi. Et je n'ai pas peur de fouiner là où il ne faut pas. Mon sourire narquois s'agrandit suite à son commentaire sur mon accent.

« Si je fais bien mon travail, je suis bien payé. Et en plus, je vais... comment on dit... rendre mieux mon anglais. J’ai tout à gagner. Comment ne pas me faire confiance ? »

Improve. Améliorer. Voilà le fichu mot dont je n'arrivais pas à me souvenir. Mais enfin, quoi que je dise, je ne suis là pour améliorer mon anglais, non. Mon but principal, c'est de résoudre cette enquête, de trouver les réponses que la police et le gouvernement tentent visiblement de garder secrètes. Je dis alors aux deux hommes que je vais devoir étudier ce dossier plus en profondeur, découvrir ses détails, voir si je peux y déceler la moindre piste viable, que je pourrais éventuellement suivre plus tard. Voilà que Jansson reprend la parole, me disant de ne pas y aller trop profondément, parce qu'à un moment donné les infos ne suffisent plus et c'est là qu'on en devient dingue, à force de se creuser les méninges et de tourner en rond. Mon regard s'assombrit lentement. Je sais ce que ça fait, malheureusement. Et c'est en bonne partie pour cela que j'essaie de rester froid, de ne pas m'impliquer d'un point de vue émotionnel. Aujourd'hui, ça va mieux, mais il fut un temps où j'avais du mal à garder mes distances. L'expérience, ça aide, forcément... Mais du moment qu'on reste humain, on n'est jamais vraiment à l'abri d'une situation difficile à gérer. Le policier me demande alors si j'ai des contacts en ville, en dehors de la police. Des personnes lambda qui connaissent bien le coin et qui pourraient l'éclairer sur les "trucs un peu louches qui se passent ici". Je hausse un sourcil.

« Je connais beaucoup de monde, oui... Mais après, ça dépend aussi de ce que vous cherchez à savoir. »

Dis-je, tout en lui lançant un regard plein de sous-entendus. S'il ne veut pas parler avec d'autres flics ni rien d'officiel, c'est peut-être parce qu'il veut suivre une autre piste : celle de Fibonacci, le loup-garou. Après tout, cette Varri a bien affirmé qu'il en était un. Mais est-ce qu'un type comme lui, un étranger, et en plus flic, y croit vraiment ? Non pas qu'il aurait tort de le faire - bien au contraire - mais il y a plus de sceptiques que de croyants, d'habitude. Je sors alors un bout de papier d'un tiroir, avant d'y noter un numéro, que je tends à Konrad.

« Jillian Gioconda. Journaliste stagiaire, motivée, décomplexée et toujours prête à aider les autres, parce que, selon elle, c'est la meilleure chose à faire. Elle m'a déjà aidé dans une enquête très complexe et ne manque vraiment pas de ressources. »

Et voilà, j'ai déjà fait ma bonne action du jour. Je ne vais quand même pas lui donner le contact de tous mes indics non plus, hein. Je compte bien prendre en mains cette enquête, et après, si j'ai besoin de lui, je lui ferai savoir, merci. Le paternel Bjurman reprend alors ma parole, me rappelant que la transparence est une partie de ce contrat. Que Jansson est un bon flic, et qu'il... m'assistera dans mon enquête. Et que ce n'est pas négociable. J'ouvre ma bouche pour lui dire que je n'aime pas vraiment l'idée de devoir me coltiner un flic venu du pôle Nord et que je connais à peine. Un léger sourire tendu m'obliger à la refermer, tandis que je me fais violence pour ne pas les envoyer paître. A ce que je sache, on est dans mon agence, c'est moi le détective et, par conséquence, c'est moi qui choisis mes méthodes et... Rah ! Respire, Scaglione. Tu t'es déjà coltiné bien pire que ce Jansson. Mon regard noisette se pose sur le vieux, puis sur le flic. J'suis contrarié, mais j'étire un sourire poli. Mes yeux, en revanche, ne sont pas aussi enthousiastes. Ouais, je n'ai jamais été très bon pour cacher mes états d'âme. Mais, comme je l'ai déjà dit, je fais des progrès.

« Va bene. Comme vous voulez, Mr. Bjurman. »

Dis-je en regardant le père de Varri, faisant un effort pour être aimable. Après tout, ce que cet homme traverse, la douleur qu'il ressent et le manque de réponses... je ne peux que compatir. A côté de mes caprices d'ancien flic devenu détective-privé-qui-aime-bosser-seul, c'est bien pire, franchement. L'homme poursuit alors, me disant qu'il aimerait aider, malgré son âge et malgré le fait qu'il est loin de sa juridiction. Je remarque que Jansson n'est pas particulièrement fan de cette idée aussi, mais Bjurman insiste.

« Pas de souci, pour moi. On veut tous des réponses, alors... Bossons tous ensemble. Après tout, c'est une affaire complexe. »

Surtout si tous les faits louches qu'ils m'ont présentés sont tous liés... Y compris des loups-garous. Et Fibonacci.

Nan, vraiment, y'a pire que de devoir partager une enquête avec un flic IKEA.

Quel putain de merdier.

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L'ex procureur, le flic & le détective - Lun 12 Fév - 15:35
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OSSATURE : 44 ans, même si on dirait pas ; c'est le p'tit air suédois qui lui donne l'aspect lisse du design IKEA.
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FABLE : Immaculé, trop terre à terre, mais un peu plus douteux chaque jour.
ÉCHINE : Son cœur bat, vierge de tout sortilège et contagion mystique.
CREDIT : swan (Ava.)

Si j’ai l’aplomb nécessaire, j’ai pas le titre qui pèse dans l’affaire contrairement à Jorgen qui s’impose simplement par sa présence. Mais l’intensité de nos échanges menés depuis la pénétration dans ce véritable pandémonium tend à l’affaiblir ; chacun d’eux est une conciliabule, un horion, une occasion de revoir des photos de celle que nous n’avons même pas vu disparaître et dont le nom est à jamais associé à des paroles dont nous douterons chaque jour de la véracité jusqu’à ce que l’affaire soit tirée au clair.
« Elle est morte Monsieur Jansson. »
Mon cul, ouais.

Je baisse les yeux sur Jorgen, le grand Jorgen que j’ai toujours respecté et dont les ordres semblent devenir en dessous de moi des objurgations comme s’il me faisait implicitement promettre de ne jamais lâcher l’affaire jusqu’à ce qu’elle soit éclaircie, si lui devait céder au repos de l’âme.

« J’peux pas vous empêcher d’faire c’que vous voulez, chef. » répondé-je en même temps que j’en prends conscience.

L’espoir de trouver la vérité est la dernière fois qu’il lui reste, et je ne peux pas la lui retirer.
Bien évidemment, mon futur associé se froisse de mon manque de confiance.

« Avec tout l’respect que j’vous dois la dernière personne qui m’a dit de lui faire confiance s’est retrouvée morte quelques temps plus tard. » lâché-je avec amertume. « Tout. Tout est bon à prendre quand pendant des mois on vous a plus rien dit. »

Les boulevards de nos informations sont devenues des venelles au fur et à mesure que nos interlocuteurs ont saisi qui nous étions – ou plutôt qui nous n’étions pas. J’ai vite compris qu’ici tout s’achetait ou se demandait d’une certaine manière. Il va falloir que j’apprenne la langue romaine, tu me vois parler un truc pareil ?
Je tends la main pour saisir le bout de papier qu’il me tend et mon esprit se fait la malle tellement loin dans l’intensité des confidences vespérales que j’entends plus le froissement du papier entre mes doigts que ce qu’il me dit réellement ; parce qu’il pourrait me fournir un tas de conneries me menant à la mort que je serais obligé d’y croire. Je n’ai pas le choix, et ça me fait chier. Je raccroche à la réalité quand Scaglione m’assure que cette indic pourrait me fournir les ressources nécessaires, comme on fait la publicité d’un truc vaste où on est sûr de trouver quelque chose. Mes dents se plantent dans ma lèvre inférieure avec contrariété. C’est mieux que rien. Mon regard attrape la noisette adoucie de celui du flic italien qui semble tout aussi tendu que moi. Je connais ce reflet visuel ; c’est celui du loup solitaire dont on brise les conventions et les habitudes, qu’on oblige à sociabiliser avec des manilles aux pattes. T’inquiète mon pote, t’inquiète, moi aussi ça me gave d’avance. On va se gaver ensemble et plus vite ce sera terminé, plus vite chacun pourra rentrer chez soi le cœur léger.
Que je suis naïf, des fois.

« Vous n’avez même pas idée. »

Il faut que je fume. Ma langue se recouvre en ses contours d’une salive qui porte à mon esprit le goût du houblon, le besoin de l’alcool dans lequel il me faudrait me noyer pour apaiser la contraction de ces membres qui me font si mal à force. Ah, sa mère, ça fait vieillir si vite de souffrir, de voir mourir les autres, de perdre sans cesse des parties de soi qui s’éparpillent dans le lointain, en attendant que tu crèves pour venir les rassembler dans le néant.
Je replie soigneusement le papier pour le glisser dans la poche intérieure de ma veste dont le pan se rabat sur mon torse comme s’il s’agissait d’un pansement, de quoi alléger mon cœur ; tu parles. Je jette un regard sur la toile d’obsidienne de l’extérieur, lissée par la vitre dans laquelle nos silhouettes élancées dans le verre se reflètent.

« Pouvez-vous m’indiquer les pires endroits de la ville ? » je lâche finalement, provocateur comme toujours, sans ornements. Mon regard se tourne une nouvelle fois vers mon homologue. « Ceux qu’il ne vaut mieux pas fréquenter, qui sont risqués. »

Ceux qui sentent la charogne à des kilomètres, qui nous font regretter d’être sorti de chez soi, de s’être perdus. Ceux qui se referment sur nous, pour qui il est déjà trop tard.
Je réalise pas encore à quel point je suis déjà dans un de ces endroits là.
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L'ex procureur, le flic & le détective -
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