Broken family [ft Florian] [terminé]

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Broken family [ft Florian] [terminé] - Ven 12 Jan - 14:05
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Broken family
Lancaster, huit heures du soir. Un petit garçon monte dans un bus, accompagné par un homme au visage sévère. Il l'installe dans le fond, lui met un livre en braille dans les mains et s'installe, casque sur les oreilles. Mais le petit lui tapote le bras pour attirer son attention. Difficile de résister à ses yeux bleus perdus dans le vague, à son air angélique et sa chevelure de feu héritée de sa mère. « Tonton, tu m'as pas dit où on va. Moi, je veux savoir ! » Le grand brun tire une grimace. Pour lui, c'est une corvée. Il ne sait pas pourquoi son frère lui a demandé d'emmener ce petit, kidnappé dans cet orphelinat. Il n'avait pas été là pour le connaître quand celui-ci avait intégré leur clan. Non, il était arrivé bien trop tard, après avoir entendu que son frère avait été agressé par des chasseurs. Le petit était déjà parti à ce moment-là. « J'sais pas, lis ton bouquin et tu la fermes jusqu'à ce qu'on arrive, bien compris ? » Agacé, il n'attend même pas que celui-ci réponde pour se renfermer dans son monde tout au long du trajet. Il doit prendre le bus jusqu'aux abords de Londres, où un avion les attend pour les emmener à Paris. Il prendra ensuite le train et de nouveau le bus pour gagner Rome. Voici les instructions claires et nettes de son frère. A Rome, il n'a qu'une idée, lâcher le petit dans le quartier Est où est censé vivre sa mère et ensuite déguerpir avant d'avoir les flics sur le dos. Vingt heures de trajet l'attend, vingt heures où il devra le surveiller et surtout ne pas se faire choper, puisqu'il imagine déjà que l'orphelinat ne va pas mettre longtemps pour remarquer qu'un enfant manque à l'appel. En attendant, il plonge dans un profond sommeil, ayant l'impression de perdre son temps.
•◘•◘•◘•
Le trajet arrive enfin à terme après vingt-trois heures à être coincés dans les transports. Rome est là, sous leurs pieds, autour d'eux. Le loup adulte grimace de nouveau, comme il a si bien appris à le faire et attrape le gosse, le met sur ses épaules et commence la traversée de la ville en suivant une carte où le trajet qu'il devait faire était déjà tracé. Le petit s'est endormi dans ses bras, et de toute façon, est complètement aveugle au magnifique spectacle d'une ville où le soleil se couchait déjà. Le brun avance péniblement, s'arrêtant dans un fast-food pour commander trois hamburgers qu'il engloutira en un rien de temps. Il a envie de faire demi-tour, mais il sait qu'il ne peut pas trahir la confiance de la meute. D'ailleurs, son téléphone sonne déjà. Son frère l'interpelle pour savoir où il en est, pour le prévenir que l'alerte est lancée en Angleterre et que bientôt, toute l'Europe sera à leur recherche. La voix du père réveille le petit, qui pourtant, a oublié qui était sa famille. Il est trop jeune pour avoir des souvenirs clairs de ce qui a pu lui arriver. On le dépose alors sur un banc, et l'homme, de sa main puissante, l'empêche de bouger. L'air agacé, il grogne déjà les ordres à suivre. « Je vais te donner un bout de papier. C'est le nom de ta maman. Quelqu'un va venir te chercher, et tu la réclameras. D'accord ? Elle s'appelle... » il jete un coup d'oeil à ce qu'il vient d'écrire, avant de reposer son regard féroce sur l'ange posé devant lui. « Lizbeth. Tu te souviendras ? Ta maman c'est Lizbeth et tu la réclames si on vient te chercher. » Le petit commence à brailler, il comprend qu'on l'abandonne là, que quelque chose ne va pas. « Tonton ! Tonton ! » Il se met à pleurer, et son oncle se redresse, lui met un mouchoir dans les mains et disparaît dans l'ombre, sourd aux pleurs de l'enfant qu'il ne porte pas dans son cœur. Certes, il lui avait dit de l'appeler tonton, mais c'était juste pour pouvoir l'emmener tranquillement. Maintenant, il l'oublie, car il ne fait pas partie de sa vie. L'enfant, lui, reste là, continue de pleurer, se roule en boule sur le banc. Il a froid, il est perdu, sa cécité l'empêche de savoir où il est. Il rêve d'être dans son lit à l'orphelinat, avec ses amis. Et puis, quand il se calme enfin, il entend des pas. Les sens en alerte, il se lève maladroitement, s'accroche au banc et tente de regarder en direction du bruit. Il se remet à pleurer et dans sa langue natale, commence à exécuter l'ordre qu'on lui a donné, agitant le bout de papier indiquant l'identité seule de sa mère. « Maman ! Je dois voir maman, maman ! S'il te plait monsieur, je dois voir maman Lizbeth ! » Il répète son nom plusieurs fois, s'approche de l'homme et agrippe sa jambe un peu par hasard. Il ignore que non loin de là, dans le même quartier est, Lizbeth vient de quitter la table familiale du dîner pour répondre à un coup de fil : l'orphelinat l'appelle. L'enfant qu'elle a parrainé sous une fausse identité a disparu.

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@Florian Di Rosa
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Broken family [ft Florian] [terminé] - Ven 12 Jan - 18:13
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EFFIGIE : Douglas Booth.
BAFOUILLES : 218
PACTE : 02/01/2018


OSSATURE : Premier quart de siècle fraîchement atteint.
CONTRAT : Coeur qui n'a encore jamais battu d'amour, garçon persuadé qu'il ne le vivra jamais. Avide de regards fascinés et de caresses-louanges, Florian, trop vite las, subit son célibat.
BESOGNE : « “Sometimes I lie awake at night, and I ask, 'Where have I gone wrong'. Then a voice says to me, 'This is going to take more than one night.” » Illustrateur de bouquins pour gamins qui ne se vendent pas très bien ; vient de perdre son poste de libraire qui lui permettait de se nourrir.
ÉCHINE : Il y a dans ses veines une magie tirant sa puissance des étoiles et du temps. Les danses et les drogues hallucinogènes dominent les classiques incantations. Magie associée aux charlatans, mais celle à laquelle il se donne corps et âme. (chamanisme)
PRESTIGE : Le futur murmure à ses oreilles des fables que lui seul entend. Insidieux, il tache de ses desseins parfois troublants les carnets de l'artiste.
GANG : Coven Heracleum.
CREDIT : DΛNDELION (avatar). Astra (signa). DΛNDELION (icons).
Broken Family× ft. FLORIAN & LIZBETH
Le soleil se couchait sur les toitures pâles de Rome. Bientôt, le ciel orange et rose – comme une barbe à papa, aimait penser Florian – revêtit son voile marine parsemé ici et là des quelques paillettes blanchâtres que les lueurs de la ville n’effaçaient pas. L’air de janvier était frais, mais pas trop. Il aimait bien cette période de l’année où les gens sortaient moins, où les touristes affluaient en moins grande quantité. C’était rare qu’il puisse marcher dans les rues de son quartier sans croiser une vague de gens qu’il ne reverrait certainement jamais. Comme il n’avait rien de bien particulier à faire, cette soirée-là, il prit un chemin différent et plus long pour rentrer chez lui. Rien ne l’attendait. Ses sœurs n’étaient pas à l’appartement et le gros chat gris se débrouillait très bien tout seul, même s’il apprécierait certainement s’agglutiner à son maître, ronronnant comme un vieux train, pendant que ce dernier s’endort devant la télévision. Sous son bras, il serrait un grand portfolio noir à l’intérieur duquel se trouvaient ses dernières planches, finement travaillées. Le di Rosa revenait d’une rencontre avec son éditeur. Son prochain livre verrait bientôt le jour, mais il avait, sur ses dessins, quelques petits détails à rajouter pour que tout soit parfait. Cette fois-ci, il ne s’adresserait pas à de jeunes enfants. Le thème était un peu plus lourd – on lui avait demandé quelque chose sur la guerre ; cela ne l’enchantait pas trop et il était libre de refuser les demandes spéciales, mais il avait besoin d’argent – et s’adressait plutôt à des gamins d’une dizaine d’années. Ceci étant dit, il n’était pas peu fier et la manière dont il tenait son enveloppe laissait transparaître la crainte qu’il avait de la perdre soudainement. C’était probablement le plus gros désavantage de ne pas avoir fait le virage au dessin numérique : s’il perdait ses œuvres, il n’avait pas le choix de recommencer.

Le parc dans lequel il coupa était vide. Les arbres absorbaient la rumeur de la ville et les lampadaires éclairaient son chemin. Au loin, Florian vit une silhouette qui semblait étendue sur un banc. Sur le coup, il n’en pensa rien. Il s’agissait probablement d’un sans-abri qui avait trouvé un endroit tranquille pour passer la nuit. Ce n’était pas une maison, mais c’était toujours mieux que toutes ces histoires d’horreur américaines qu’il avait entendues – il paraissait que de l’autre côté de l’océan, les gens n’avaient même pas le luxe de dormir sur un banc et que des familles entières avaient élu domicile sous des ponts. Soudainement, Florian eut la nausée. Il devrait se trouver un second emploi rapidement s’il ne voulait pas subir le même sort. Le revenu qu’engendraient ses livres n’était pas stable et il ne pourrait pas toujours compter sur Marietta. Or, lorsqu’il s’approcha du banc, il remarqua que quelque chose n’allait pas. Il fronça les sourcils, plissa les yeux pour mieux voir. La silhouette n’était pas assez longue pour être celle d’un adulte. Tout d’un coup, ses idées sombres s’évaporèrent et il accéléra le pas. Lorsqu’il arriva tout près du banc, il réalisa qu’il s’agissait définitivement de ce à quoi il pensait.

Un enfant. Seul au milieu d’un parc vide. Il n’eut pas le temps de réaliser complètement l’ampleur de la situation qu’il se retrouva avec un enfant accroché à sa jambe. Un petit rouquin qui ne parlait pas italien. Il cherchait sa mère. Non pas à la manière d’un enfant qui l’avait perdu, mais plutôt qui la cherchait réellement. Il ne devait pas la retrouver, il devait la voir. C’était là toute la nuance. Les yeux ronds comme deux sous, Florian essayait de gérer sa surprise, mais la situation lui semblait grave. Doucement, il prit les mains de l’enfant pour lui faire lâcher sa jambe et s’accroupit à sa hauteur. Il posa une main sur son épaule. Lorsqu’il essaya de le regarder dans les yeux, il constata l’étrangeté de son regard ; comme s’il n’était pas vraiment là. Ayant un doute, il passa une main rapidement devant le visage de l’enfant dont les prunelles ne bougèrent pas.

En voilà toute une, de complication. « Tu cherches ta maman ? Tu t’es égaré ? », demanda-t’il, en anglais, à l’enfant qui semblait se noyer sous ses larmes. Il prit le papier que lui tendit le gamin. Il n’y avait que « Lizbeth » d’inscrit sur le morceau. C’était étrange. Il prit l’extrémité de son foulard en flanelle pour essayer les larmes du visage de l’enfant. Il inspira longuement. « Moi, c’est Florian. Je te promets qu’on va trouver ta maman. Okay ? » Soudainement, la réalité le frappa en plein visage. Ce garçon était chanceux d’être tombé sur lui. Il aurait pu tomber sur n’importe quel malade qui aurait profité de sa non-voyance et de son jeune âge. C’était terrible. Florian avait lu et entendu des choses horribles sur des gens qui enlevaient des enfants pour leur faire subir des choses pas très géniales. Et ce gamin qui semblait étranger était la cible idéale. Un étrange frisson de dégoût lui parcouru l’échine et il se redressa aussitôt. Il sortit son téléphone de sa poche, mais lorsqu’il tenta de l’ouvrir, le gros symbole de batterie vide clignota sur l’écran noir. Il soupira lourdement et regarda autour. Personne à qui il aurait pu demander de l’aide. Florian habitait le quartier depuis plus ou moins cinq ans et il ne savait toujours pas où se trouvait la station de police la plus proche.

« Bon. », conclut-il. Il prit l’enfant par la main – sa cécité ne lui en laissait pas le choix – et il sortit du parc. En marchant, il finirait bien par trouver un individu qui pourrait l’aider ou, dans le meilleur des cas, une station de police. Il ne pensait jamais se trouver dans une telle situation un jour et, malgré lui, cela l’angoissait. Une femme qui se promenait avec un enfant égaré, cela passait crème ; un homme qui en faisait de même, c’était toujours plus louche. Il s’attendait, malgré tout, à devoir répondre aux questions des policiers qui supposeraient probablement qu’il avait entreprit de commettre un crime, mais commencé soudainement à éprouver des regrets. Il n’aimait pas cela. Tout au long du chemin, il demanda la direction à des gens qui soit ne la savaient pas, soit l’ignorait volontairement – vive la société contemporaine.

Pour distraire le garçon, il lui parla un peu. « C’est cool, l’Italie. Peut-être pas autant que chez toi, mais quand même. C’est cool chez toi ? On mange pas que de la pizza comme ils disent à la télé, mais ça me dérangerait pas si on mangeait juste de la pizza ; elle est bonne. On fait du bon vin, aussi. Mais je pense que t’es trop jeune pour boire du vin. C’est un peu comme du jus de raisin, mais pour les adultes. Du coup, ça a un goût d’adulte. »  Cela faisait déjà quelques minutes qu’il n’avait croisé personne. Il tourna le coin et lorsqu’il vit une jeune femme à la chevelure rousse marcher quelques mètres, il se précipita rapidement vers elle. « Madame ! », s’exclama-t’il en espérant qu’elle s’arrête.  Il enjamba les derniers pas qui les séparaient, serrant fort son portefolio sous son bras comme pour ne pas qu’il s’envole et s’assurant que le petit suivait bien. « Pouvez-vous me dire où se trouve la station de police du quartier ? » Le regard plein d’espoir, Florian attendait la réponse, mais tout d’un coup il pensa au bout de papier sur lequel il était écrit « Lizbeth ». Il le sortit de sa poche et le tendit à la jeune femme. « Le garçon a perdu sa mère. Je suppose qu’elle habite peut-être dans le coin. La connaissez-vous, par hasard ? » La vie jouait parfois de drôle de tour et il espérait silencieusement ne pas avoir à faire avec la police.

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Florian☽ Closing your eyes isn't going to change anything. Nothing's going to disappear just because you can't see what's going on. In fact, things will even be worse the next time you open your eyes.
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Broken family [ft Florian] [terminé] - Ven 12 Jan - 21:10
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« Je sais pas, je veux juste maman. » réclame-t-il à nouveau, perturbé de se retrouver dans un environnement qu'il ne connait pas. Malgré les paroles censés être reconnaissantes de l'homme qui l'a croisé, et malgré les hochements de tête qu'il lance pour dire qu'il a compris, le petit n'est pas serein. La fatigue et la faim semblent vouloir s'emparer de lui. Il attend pourtant, parce qu'il sent qu'au fond il n'a pas le choix. Il aurait voulu que Marie soit là, cette gentille dame qui lui apprenait à se laver tout seul, qui lui donnait une double ration de frites à la cantine, celle qui jouait le rôle de sa mère au détriment des autres enfants. Il avait besoin de son câlin et de son histoire du soir, et aller se coucher pour se réveiller dans un rêve plutôt que de vivre dans le cauchemar dans lequel il était plongé. Et puis, quand cet homme lui prend la main, il hoquette un peu, semble se calmer tout en se mettant en route, n'ayant pas d'autre choix que de suivre. L'histoire que ce Florian lui raconte le distrait un peu, et il s'amuse même à raconter comment c'est, chez lui. « On mange du faisan. C'est trop bon, le faisan avec des frites. On mange pas de pizza à l'orphelinat. » Il sursaute quand la voix de l'homme se fait plus fort, et se remet à sangloter, détestant quand on lui parle aussi brusquement. Il se remet à hurler « maman » à chaque pas, épuisé.

Lizbeth file dans sa chambre, attrape la valise, commence à y balancer les premiers vêtements qui passent par là. Son père, alerté par son départ précipité de table, la rejoint au pas de course, bien déterminé à ne pas la laisser partir. Il était épuisé rien que de la voir courir de droite à gauche, l'air grave, sans qu'elle ne daigne dire un seul mot. « Qiu était au téléphone ? Lizbeth Ashmore. » lance-t-il une nouvelle fois, bloquant la porte pour empêcher la rousse de s'enfuir précipitamment. Elle tente de le pousser, de fuir cette conversation. Elle n'a jamais pu oser à son père qu'elle surveillait toujours son fils, qu'elle l'avait même parrainé alors qu'il y a quelques années, la décision avait été claire : elle ne prendrait plus jamais aucune nouvelle de lui et lui donnerait la chance de trouver une nouvelle famille. « J'avais oublié mais... J'ai une mission très importante, en Angleterre. Je pars ce soir, je ne peux pas désobéir à l'opus, tu le sais très bien ! Laisse-moi passer ! » Elle ment, mais son père le voit. Il lui attrape le poignet, la force à la regarder. Elle l'observe, le visage fermé, les larmes commençant à lui monter aux yeux. Elle a honte de faire ça à sa famille mais les choix sont trop restreints. Elle a besoin de rejoindre l'orphelinat, elle a besoin de les aider à le retrouver. C'est une chasseuse, une pisteuse, elle saura se débrouiller. « Liz, j'te laisse sortir si tu me dis où tu vas. C'est promis. » son ton se radoucit, fait craquer sa fille. « Je retourne à Lancaster, t'es content ? Je t'ai dit où j'allais, tu me laisses passer. » piégé à son propre jeu, il finit par s'écarter. La jeune femme dévale les escaliers, salue sa belle-mère et sa demie-sœur, quitte la maison aussi vite que possible. Ses talons claquent dans la rue, les roues de sa valise l'accompagnant. Elle n'a qu'une idée en tête, prendre les moyens en transport les plus rapides pour gagner l'Angleterre, où elle sera beaucoup plus utile qu'ici, à se ronger les ongles en attendant des nouvelles. Et puis, au loin, des silhouettes défilent, mais l'une l'interpelle vraiment. Elle ralentit, mais refuse de s'arrêter tout de suite. Sur l'instant, elle ne remarque pas le petit à ses côtés, dont les pleurs auraient pu l'alerter. « J'ai pas le temps. Deuxième à gauche, pour les flics, juste à l'angle où y'a une supérette. » Malgré elle, son cerveau commence à comprendre que quelque chose cloche. Essoufflée, elle s'arrête, son regard passe du petit à cet inconnu, un voisin sûrement. Et puis, quand elle lit le papier sans vraiment l'écouter, ses mains tremblent, elle sent qu'elle va craquer. Elle laisse le papier voler, s'écraser sur le sol, et ses grands yeux bleus dévisagent le garçon, dont la chevelure l'alerte premièrement, mais pire encore, c'est son regard perdu qu'elle reconnait. Même après trois ans sans le voir, elle ne peut que le reconnaître. Elle lève son regard vers l'homme, à la fois furieuse et soulagée. « Où est-ce que vous l'avez trouvé ? C'est vous, qui l'avez ramené, non, kidnappé ?! » Elle se stoppe dans son élan, le petit a reconnu sa voix et se précipite vers elle, ne cessant de la réclamer. Elle finit par craquer et s'accroupit, tend les bras pour recevoir l'enfant qui se cale contre elle. Il ne pleure plus, mais Liz sait très bien pourquoi : son côté loup, bien que non révélé pour le moment, réagit à sa vertu, utile en toute circonstance. Alors qu'il ne semble pas vouloir la lâcher, elle lève la tête vers le brun. La ressemblance entre la mère et son fils est frappante, ne peut désormais plus échapper à l'étranger. Plus détendue qu'il y a quelques secondes, la demoiselle se redresse, gardant le petit dans ses bras, reprenant son souffle après sa course effrénée. « C'est moi, Lizbeth. Je vous en supplie, n'appelez pas la police... » Machinalement, nerveuse, elle caresse les cheveux de son fils pour se calmer, et le calmer lui aussi. Inquiète, elle regarde également autour d'elle, comme si le ravisseur qui l'avait amené ici était encore là. « J'peux rien vous expliquer ici, c'est trop dangereux. S'il vous plait, accompagnez-moi que je vous remercie de m'avoir ramené Jared. Je vous suis redevable, qui sait ce qui aurait pu lui arriver. »

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Broken family [ft Florian] [terminé] - Sam 13 Jan - 5:44
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OSSATURE : Premier quart de siècle fraîchement atteint.
CONTRAT : Coeur qui n'a encore jamais battu d'amour, garçon persuadé qu'il ne le vivra jamais. Avide de regards fascinés et de caresses-louanges, Florian, trop vite las, subit son célibat.
BESOGNE : « “Sometimes I lie awake at night, and I ask, 'Where have I gone wrong'. Then a voice says to me, 'This is going to take more than one night.” » Illustrateur de bouquins pour gamins qui ne se vendent pas très bien ; vient de perdre son poste de libraire qui lui permettait de se nourrir.
ÉCHINE : Il y a dans ses veines une magie tirant sa puissance des étoiles et du temps. Les danses et les drogues hallucinogènes dominent les classiques incantations. Magie associée aux charlatans, mais celle à laquelle il se donne corps et âme. (chamanisme)
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Broken Family× ft. FLORIAN & LIZBETH

Le vent caressait doucement sa nuque et, instinctivement, Florian resserra un peu son foulard. L’angoisse faisait palpiter son cœur et il jeta un œil au gamin, comme pour voir s’il ne s’était pas volatilisé. Soudainement, le papier qu’il avait tendu à la rousse s’envola de ses mains. Le vent l’attrapa, lui fit danser une valse tranquille, le laissa tomber dans une flaque d’eau. Florian, sagement fasciné, observait le périple du papier, tirant une grimace subtile devant sa destinée. Il ne le disait pas, mais il pensait que jeter un bout de papier sur lequel un nom seul était écrit ne pouvait qu’être signe de mauvaise chance – il savait que la plupart des gens riaient de ces absurdités. Son regard se posa à nouveau sur Lizbeth. La surprise qui semblait la secouer le rassurait un peu, sans trop savoir pourquoi. Peut-être parce que ça donnait une explication à l’attitude brute qu’elle avait eue en envers lui. Au nombre de fois qu’on l’avait ignoré, il se confortait désormais dans l’idée que ce n’était pas de sa faute. Or, le regard et la simili-accusation qu’elle lui jeta à la figure le fit froncer les sourcils, puis soupirer d’exaspération. Il roula des yeux de merlan frit. « Vous savez ce qu’ils font à ces types-là en prison ? Je suis pas sûr que j’irais voir la police si je kidnappais un gosse. » Lança-t-il, impulsivement et rapidement, accompagnant le tout d’un petit rire légèrement jaune. Personne ne voulait être étiqueté de kidnappeur d’enfant. Malgré tout, Florian ne resta pas amer très longtemps : lorsque l’enfant lâcha sa main pour rejoindre sa maman, l’étonnement le gagna. Les sourcils haussés, il observa la drôle de scène. Il y avait trop de sincérité dans la voix de l’enfant pour qu’il y ait mésentente et il ne pouvait la reconnaître que par l’ouïe…  Il y avait, dans la vie, toute sortes de coïncidences si particulières qu’elles ne pouvaient pas, croyait-il, découler du hasard. Il y avait forcément quelque chose, quelque part, qui tirait parfois sur les ficelles de la destinée. Ses doigts se resserrèrent sur son portfolio et ses lèvres se soulevèrent en un petit sourire. Malgré tout, il restait au fond de son regard une minuscule flamme de suspicion et d’incertitude.

Les retrouvailles touchèrent le jeune homme qui n’avait jamais vu une telle chose. Il se sentait privilégié, d’une certaine manière, s’y assister, lui qui, auparavant, aurait cru que ce genre événements imprévisibles n’arrivaient que dans les films, comme si ceux-ci étaient dénués de toute réalité. Mais il se sentait mal à l’aise. Devait-il partir ou rester ? Gênait-il ?  Distraitement, il piétina le sol comme celui s’apprêtait à quitter, mais sans vraiment être sur le point de bouger. Autour de la mère et du fils, le temps aurait pu sembler s’être arrêté, mais Florian se sentit un peu agacé par la multitude de gens qui commençaient soudainement à affluer. Certains jetèrent à la scène des regards curieux auxquels Florian, quand il les saisissait, répondait par un regard interrogatif. Lorsqu’il accorda à nouveau son attention à Lizbeth et qu’il vit plus clairement son visage, la ressemblance avec l’enfant le frappa. Elle était bel et bien la mère de l’enfant. Ce qu’il restait de doute au creux de ses prunelles s’évapora. Elle lui demanda de ne pas appeler la police ; il secoua la tête. « Enchanté, Lizbeth. » ricana-t-il doucement.

Lorssqu’elle parla de danger, Florian comprit qu’il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond dans toute cette histoire. Un enfant perdu, ce n’était pas exceptionnel. Qu’il ait le nom de sa mère écrit sur un papier l’était un peu plus, mais il était aveugle et  ne pouvait alors pas décrire le physique de la femme… Au début, Florian avait tilté sur le mot « voir », mais il avait fini par juger ce détail sans importance. Mais ça l’intriguait à nouveau. La curiosité illumina subitement son regard. « Je vous accompagne si vous le souhaitez. », affirma-t-il poliment. S’il aurait normalement refusé, de peur de gêner le moment mère-fils, il accepta de l’accompagner essentiellement pour écouter ce qu’elle voulait lui expliquer et un peu pour s’assurer qu’il ne leur arrive rien ; il se connaissait suffisamment pour savoir que s’il apprenait, aux informations, que quelque chose était arrivé à Jared et Lizbeth parce qu’il avait préféré rentrer se blottir avec le gros chat gris, il l’aurait longtemps sur la conscience. « Mais vous ne me devez rien. J’ai fait ce que tout le monde aurait fait. … Je pense ? »

N’attendant pas qu’elle se relève, Florian reprit lentement le chemin dans la direction que suivait la jeune femme avant qu’il ne l’arrête. Pour ne pas les perdre de vue, il marcha à reculons, jetant parfois quelques regards derrière lui pour s’assurer de n’entrer en collision avec ni rien ni personne. Soudainement, Florian remarqua la valise que portait Lizbeth. Dans la tension du moment, il ne l’avait pas vue. Intrigué, il la pointa. « Vous partiez quelque part ? », demanda-t-il même s’il supposait que c’avait à voir avec ce qu’elle allait lui dire. Un sourire collé au visage, il ne s’était jamais sentit aussi satisfait ; c’était certainement grâce à lui que le gamin était en sécurité. Il ne lui venait même pas à l’esprit que Camellia, sa grande-sœur, lui répéterait à quel point il était stupide d’avoir suivit une inconnue rencontrée dans une situation aussi obscure si elle l’apprenait. En effet, il ne se rendait même pas compte d’à quel point l’accumulation des éléments donnait au tout l’air d’une légende urbaine ou d’un étrange scénario de film. Ramener un enfant aveugle à sa mère – qui par hasard se trouvait au bon endroit au bon moment – qui l’invita ensuite à le suivre dans le but de  lui raconter quelque chose était une très belle porte ouverte pour se réveiller un rein en moins. « Vous pouvez m’appeler Florian, au fait. »


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Broken family [ft Florian] [terminé] - Sam 13 Jan - 11:01
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Il n'avait pas tort sur ce point, quel fou irait se dénoncer à la police après un acte pareil ? Mais des fous, elle en voyait tous les jours, elle en fréquentait, elle en tuait aussi alors elle avait appris à se méfier de tous, bien qu'en apparence, ils aient un visage angélique. C'était aussi l'une des raisons pour lesquelles elle était chasseuse, pour éradiquer ceux qui étaient susceptibles de causer du soucis à des personnes lambda qui n'avaient rien demandé. Elle avait bien plus de sang sur les mains qu'on ne pouvait l'imaginer à première vue. Parfois, elle était trop aveuglée par ses convictions pour se rendre compte de l'abomination qu'elle était devenue, et qui pourtant, la maintenait en vie. Avant, elle avait eu l'amour de sa mère pour la soutenir, l'amour de son petit ami et de son père mais l'Italie était bien différente de l'Angleterre de ce point de vue. Au moins, ce soir, elle était tombée sur quelqu'un de bien et qui contrairement à elle, avait sûrement moins de meurtres à se reprocher. Elle se redresse finalement, ignorant complètement les regards portés sur eux, afin de ne pas laisser les larmes et la nervosité l'emporter. Et puis, elle repose Jared au sol, le laisse l'agripper si cela peut bien le rassurer. Elle-même adopte déjà un comportement bien différent de celui qu'on attendrait d'une jeune femme libre de butiner de fleur en fleur. Elle prend sa main dans la sienne, la serre comme si elle était sa seule bouée de secours, redevient à peu près sereine. Même si elle est consciente qu'elle aurait des problèmes pour expliquer la situation aux policiers avant que cet enfant ne rentre véritablement chez lui, au moins, elle le retrouvait vivante et n'aurait pas à regretter de l'avoir abandonné s'il avait été mort. Soupirant, elle se remet en route. Cette fois, pas besoin de courir pour rentrer, elle prend son temps, profitant du peu de temps qu'elle a aux côtés du garçon, et aux côtés de cet homme à qui elle n'avait pas vraiment laissé le choix de la suivre. « Je ne sais pas si tout le monde aurait fait comme vous, en vérité. » Elle se met finalement en route, guidant ses deux partenaires vers le domicile familial, où elle espérait ne croiser personne après son départ précipité. Au lieu de continuer son chemin, le brun s'arrête et semble même faire demi-tour. Fronçant les sourcils, la rousse le regarde d'un air interrogatif. Elle ne le laisserait pas s'enfuir comme ça, c'était hors de question, et s'apprêtait même à le lui faire comprendre, mais elle ne parvint pas à s'exprimer, lâchant un petit rire nerveux à sa question, tandis que ses yeux se posaient sur la valise qu'elle avait malencontreusement oubliée. Elle vint la récupérer, haussant les épaules. La foule s'était dissipée, elle estimait qu'elle pouvait donc lâcher une petite phrase sans attirer l'attention. « J'ai eu une soudaine envie d'aller rendre visite à ma mère. Reprenons notre route, je vous expliquerais. » mentit-elle, détournant le regard d'un air gêné. Elle ne met pas longtemps à retrouver un rythme de marche correct qui puisse convenir à ses compagnons. Elle sourit à l'annonce du prénom du jeune homme et hocha la tête. « C'est italien, Florian ? » demanda-t-elle par curiosité, ignorant si ce prénom était véritablement européen. Mais n'ayant pas fait d'études, elle n'avait pas les connaissances nécessaires pour assigner ce genre de petits détails à une nationalité précise. Les seules connaissances dont elle était fière étaient celles sur la chasse, et donc, elle ne pouvait pas les exposer comme elle l'aurait voulu. Après tout, pour la plupart de ses amis, elle était une jeune femme qui avait échoué dans ses études, qui avait été forcée de déménager pour trouver un travail stable et qui, au final, avait terminé dans un fast-food dans la périphérie de Rome. S'ils savaient qu'au fond, elle tuait des êtres surnaturels, qu'elle cachait des armes dans un coffre blindé au sous-sol et qu'en plus de cela, elle était mère d'un petit loup-garou, beaucoup l'auraient fui de peur de finir dans son viseur. Et s'il le fallait, elle mentirait également à celui qui avait sauvé son fils, bien qu'elle ait hérité d'une dette envers lui. « Maman, je suis fatigué, je veux dormir. » réclame soudainement Jared. Liz se met à rire et se penche pour le prendre dans ses bras et le porter d'un bras, tandis qu'elle s'empare de la valise de son bras libre. En quelques minutes, le petit s'endort paisiblement sur son épaule, rassuré de cette odeur maternelle qu'il reconnaîtrait entre toutes. Liz y voit enfin la possibilité de s'expliquer véritablement, alors que sa maison se présente déjà à eux : une bâtisse familiale sur deux étages, d'où aucun signe de vie ne semblait pointer. Grimpant les marches du perron avec difficulté, elle ouvre la porte et invite ce Florian à y entrer. « Installez-vous dans le salon. Je vais aller le coucher. » Elle lui sourit gentiment, laisse sa valise et monte à l'étage après avoir allumé les lumières du rez-de-chaussée, dévoilant une pièce de vie dont les meubles anciens apportaient un charme à la pièce, et rendaient le lieu plutôt cosy. En haut, la jeune femme emmène son enfant dans sa chambre, retire ses chaussures et son pull avant de le glisser sous sa couette. Un instant, elle reste là à caresser ses cheveux et observer son visage paisible et endormi. Elle essuie une larme sur sa joue, et quitte la chambre pour redescendre, faisant un tour par la cuisine pour aller chercher du thé avant de revenir dans la pièce de vie. Elle pose son manteau sur le canapé et le plateau sur la table basse, avant de s'installer dans le canapé, le fauteuil étant réservé à son père. « Je suis désolée, nous n'avons pas de café, mais j'espère que le thé conviendra. » Elle sourit tristement, et sert les tasses, reprenant là où elle s'était arrêté dans leur conversation à l'extérieur. « J'étais prête à partir pour l'Angleterre. Jared était placé dans un orphelinat, mais ils m'ont contacté pour me dire qu'il avait disparu il y a vingt-quatre-heures. Mon histoire est un peu... Compliquée. Mais j'suis clean, promis. » Elle lui lance un clin d'oeil pour le rassurer et se permet même de rire plus joyeusement que précédemment. Malgré l'épuisement, malgré l'envie de tout garder pour elle, elle se sentait trop reconnaissante pour ne pas dire la vérité sur cette histoire à cet homme. Il fallait dire que cette histoire avait tiré sur une corde sensible. S'il avait des questions, elle s'efforcerait d'être le plus honnête possible.

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Broken family [ft Florian] [terminé] - Sam 13 Jan - 18:33
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EFFIGIE : Douglas Booth.
BAFOUILLES : 218
PACTE : 02/01/2018


OSSATURE : Premier quart de siècle fraîchement atteint.
CONTRAT : Coeur qui n'a encore jamais battu d'amour, garçon persuadé qu'il ne le vivra jamais. Avide de regards fascinés et de caresses-louanges, Florian, trop vite las, subit son célibat.
BESOGNE : « “Sometimes I lie awake at night, and I ask, 'Where have I gone wrong'. Then a voice says to me, 'This is going to take more than one night.” » Illustrateur de bouquins pour gamins qui ne se vendent pas très bien ; vient de perdre son poste de libraire qui lui permettait de se nourrir.
ÉCHINE : Il y a dans ses veines une magie tirant sa puissance des étoiles et du temps. Les danses et les drogues hallucinogènes dominent les classiques incantations. Magie associée aux charlatans, mais celle à laquelle il se donne corps et âme. (chamanisme)
PRESTIGE : Le futur murmure à ses oreilles des fables que lui seul entend. Insidieux, il tache de ses desseins parfois troublants les carnets de l'artiste.
GANG : Coven Heracleum.
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Non, en effet, ce n’était pas tout le monde qui aurait fait comme lui. Il le savait éperdument, mais il essayait toujours de se convaincre du contraire, comme s’il ne voulait pas assumer que les gens s’enfermaient volontairement dans une bulle, revêtant des œillères, et que le monde partait à la dérive. C’est à ce moment précis, lorsqu’il observa distraitement chacune des vies qui passaient autour d’eux, qu’il se sentit heureux de ne pas être immortel. Il voulait espérer, mais il sentait que les choses n’iraient pas pour le mieux. La bouille du Florian s’attrista légèrement lorsqu’il tentait de deviner qui, parmi ces quelques gens, n’aurait pas fait comme lui. Il était si bien parti dans ses pensées qu’il ne réalisa pas immédiatement qu’il allait dans la mauvaise direction, donnant l’impression qu’il se défilait. Mais la réponse qu’elle donna à son interrogation le fit revenir à la réalité. La confusion le gagna. Il était persuadé qu’elle continuerait dans la même direction, mais ce n’était pas le cas, ce qui le fit douter de sa réponse. Partir chez sa mère alors qu’elle avait perdu son fils ? Peu importait, il s’empressa de rejoindre la mère et le fils. Il aurait bientôt des réponses à ses questions, de toute manière.
« Pas vraiment. C’est d’origine latine et pas très commun ici. Ça l’est plus en France et en Allemagne. Ma mère est française. »  Sa voix était fière comme elle l’était à chaque fois qu’il parlait de lui ou de sa famille. « Votre nom me fait penser aux Millénium. Vous les avez lus ? », demanda-t-il, la curiosité pétillant dans le regard.  Lui-même n’avait jamais vraiment été à l’aise à l’idée de lire un livre dont le personnage principal portait son nom, mais il savait que tout le monde n’était pas aussi bizarre que lui. Florian s’arrêta en même temps que la jeune femme lorsque l’enfant affirma être fatigué. Sagement, il observait la scène qui l’attendrissait malgré lui. Il pensa à Camellia, qui aurait bientôt son premier enfant et ça l’emplit d’une certaine allégresse, mais la pitié s’y mêla inévitablement. Cet enfant qui ne pouvait rien voir devait avoir eu la peur de sa vie. Peut-être avait-il cru qu’il ne survivrait pas ? Le di Rosa n’avait jamais vraiment pensé à l’aliénation qu’engendrait l’absence de vision, lui qui n’avait pas une vue parfaite, mais pas non plus horrible. La vision étant le sens qu’il privilégiait, il plaignait l’enfant. Silencieusement, il prit encore le temps d’observer la ressemblance entre Lizbeth et Jared. Chez les di Rosa, personne ne ressemblait vraiment à personne. Chaque enfant était un savant mélange des deux parents et, malgré le jeune âge de ceux-ci lorsque leurs enfants étaient adolescents, personne n’avait jamais cru que l’un d’eux était le frère ou la sœur de l’autre, comme il pouvait arriver parfois.  

Lorsqu’il entra chez la jeune femme, ce qui le frappa en premier fut l’espace. Depuis sa naissance, Florian n’avait vécu que dans des endroits très serrés et, par hasard, peu des gens qu’il fréquentait vivaient dans de grands endroits. Ceci étant dit, il se demanda si elle habitait encore avec ses parents. Il avait quitté le logis familial à dix-huit ans, mais il n’aurait pas détesté y rester plus longtemps. Le jeune homme fit comme elle lui dit : il s’installa dans le salon. Assit sur le canapé, il se sentait tout d’un coup affreusement tendu. Il balaya la pièce du regard, prit le temps d’en apprécier l’allure qui la rendait absolument différente de son propre salon. Malgré tout, il ne se sentait pas vraiment à l’aise d’être ainsi chez une inconnue. Il ne savait pas s’il s’agissait de quelques séquelles de son adolescence ou, bien, du fait que la jeune femme se serait ainsi mise en danger s’il n’avait pas été bien intentionné. Le temps qu’elle borde l’enfant, le di Rosa ouvrit son portefolio et observa la première planche sur le dessus. Lorsqu’il l’entendit redescendre, il le referma et le déposa par terre entre ses pieds. Il leva la tête vers la jeune femme. « Je préfère le thé, de toute façon. » Il lui adressa un grand sourire. Comme il ne se trouvait plus seul avec lui-même et le silence, il se calma rapidement.

Florian, les sourcils froncés, hocha sévèrement la tête. Il y avait des choses qu’il n’arriverait jamais à comprendre et qu’il n’avait pas spécialement envie de rationaliser, de peur qu’elles perdent tout leur aspect négatif. Comment pouvait-on arracher un enfant à sa maison – s’il avait bel et bien été kidnappé ? Lorsqu’elle lui promit qu’elle était clean, Florian manqua d’éclater de rire et lui rendit son clin d’œil. « Ça serait ironique de ma part de vous juger. », la taquina-t-il avant de reprendre un air un peu plus sérieux. « Ça doit être compliqué émotionnellement de laisser un enfant à l’orphelinat… J’imagine que ça doit être horrible d’apprendre qu’il a disparu et de rien pouvoir faire. » Il avait connu l’impuissance chaque fois que ses prémonitions se manifestaient en lui laissant entre les mains des mauvais présages qu’il ne pouvait localiser ni dans le temps ni dans l’espace, mais ce n’était probablement rien contrairement à ce qu’elle avait pu éprouver.   « Vous savez pourquoi quelqu’un l’aurait amené ici ? » Le jeune homme s’étira pour prendre une des tasses sur le plateau. Il la mena à sa bouche, souffla doucement dessus avant d’en boire un peu.



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Broken family [ft Florian] [terminé] - Sam 13 Jan - 20:41
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Aucun doute, le latin donnait à ce prénom un charme qu'aucune autre nationalité n'aurait pu donner. La jeune femme n'était pas surprise de ce détail. Pour venir en Italie, elle avait vu un morceau de la France, mais elle l'avait toujours trouvé jolie et attirante. Un pays qu'elle espérait revoir un jour, tant il lui évoquait la douceur et le raffinement. Et Florian semblait être l'exemple même de ces petits détails, ce qui touchait beaucoup l'anglaise, qui avait remarqué le portfolio bien qu'elle n'y ait pas encore véritablement porté toute son attention. Quant à Millenium, malheureusement, ses occupations de chasseuse l'empêchait de passer son temps à lire Stieg Larsson. A vrai dire, la littérature n'avait jamais été son fort, ni le cinéma. En fait; l'art était bien trop à l'opposé de ce qu'elle était. Toujours dans la réflexion sur tel ou tel sujet, elle passait son temps à chasser de pauvres lièvres pour s'entraîner, ou à envoyer des flèches dans des arbres qui n'avaient rien demandé entre deux joggings énergiques. « J'ai honte de dire que non. Je ne lis pas, je n'ai pas vraiment le temps pour ça. » Dans une autre vie, elle profiterait du calme plat pour lire, mais pour le moment, c'était hors de question. La preuve en était même à ses pieds. Heureusement, elle n'eut pas à s'étaler sur le sujet, bien que la lecture reste dans un coin de son esprit. Revoir son fils lui avait fait prendre conscience de tout ce qu'elle avait raté. Les moments mère-fils comme celui qu'elle vivait ce soir, à lire un livre divertissant, à faire fleurir l'imagination de l'enfant. Elle espérait au moins que les bonnes sœurs de l'orphelinat s'occupaient bien de lui, mais à voir ses petits joues roses et rebondies, il n'y avait pas de doutes là-dessus. Et puis, il souriait en dormant, elle prenait ça pour un bon signe. Elle regretta de ne pas pouvoir l'observer plus longtemps, mais il devait être épuisé après tant de voyages, et elle doutait qu'il puisse la réclamer autant tous les jours. Il devrait s'habituer à son absence et l'oublierait certainement, comme cette soirée banale où sa vie aurait pu basculer. Sans doute était-ce pour cela que des larmes avaient souillé ses joues. Elle les chassa pourtant bien vite une fois en présence du français. Elle pouvait maintenant mieux détailler son visage dans la lumière artificielle, et elle jugea qu'il pouvait être quelqu'un digne de confiance, bien qu'il resta un peu de méfiance, comme toujours lorsqu'il s'agissait d'un homme à l'apparence charmante. Le seul qui avait su la mettre vraiment à l'aise en présence des autres était son ex, et elle n'était pas sûre de retrouver un jour ce sentiment de sécurité. « Ironique ? Pardonnez-moi, mais vous n'avez pas une tête de grand méchant loup ! » plaisanta-t-elle, attrapant déjà sa tasse pour la porter à ses lèvres, sans se soucier un seul instant de la douleur qu'une brûlure pouvait provoquer en elle. Elle avait vécu pire, et il était bien plus intéressant pour elle de supporter ce genre de blessures superficielles, juste au cas où elle se ferait attraper un jour. Posant sa tasse sur la table en attendant d'en reprendre une gorgée, et hoche la tête, avant de hausser les épaules pour ne pas révéler le véritable effet que cette annonce avait eu sur elle. « J'étais jeune à l'époque, et tout ce que je voulais c'était sa sécurité. Il a suffi que je disparaisse quoi, deux ans pour échouer. C'est plus aujourd'hui que ça fait mal. » Elle sourit pour faire bonne figure, mais ses mains attrapent déjà le tissu de son tee-shirt nerveusement. Sa question ne fait qu'accroître son malaise, et elle ne le regarde déjà plus, son regard se perdant dans les photos de familles accrochées derrière la télévision. Une famille ignorante, sauf son père. Encore une fois, il était le seul à comprendre Lizbeth. Elle se mord la lèvre, réfléchit à toutes les raisons pour lesquelles on voudrait qu'elle revoit son fils. Elle n'en retrouve aucune, ou presque. Quand enfin elle sait ce qu'elle va dire, elle tourne lentement la tête vers cet homme, le sondant une nouvelle fois du regard. « Non. L'orphelinat ignore que je suis sa mère. Pour eux, je suis juste une marraine anonyme, qui se soucie d'un enfant parmi tant d'autres. » Elle fait une pause, buvant son thé pour ne pas déjà craqué, bien que ses sentiments ne soient déjà visibles dans son regard brillant. « Mais j'ai une idée de qui aurait pu faire ça. J'imagine que c'est une piqûre de rappel, pour me montrer que je n'oublierais jamais, et que je vivrais toujours avec cet abandon sur la conscience. Le pire dans tout ça, c'est que ce n'est pas de la culpabilité que je ressens, mais de la rage. J'ai envie de me déplacer moi-même pour régler mes comptes une bonne fois pour toutes. Mais je ne le ferais pas. Il faut que je prenne soin de lui avant qu'il ne retourne d'où il vient. Mais je ferais mieux d'aller voir un psy que de vous embêter avec mes problèmes. » Elle n'est pas certaine de ce qu'elle dit. Elle commence à ressentir l'envie de tout dire à cet orphelinat, d'arrêter de jouer les menteuses et de s'occuper vraiment de lui comme d'un fils, malgré son jeune âge. Son père ne serait certainement pas d'accord, car pour lui, ce serait avoir la réplique de cet homme cruel qui avait fait souffrir sa fille, et juste sous son nez. Il ne supporterait pas cette idée, et encore moins celle que sa fille soit désormais trop distraite par cette histoire lors de ses futures chasses. Elle réglerait tout ça quand il reviendrait, le lendemain matin. En attendant, elle voulait se concentrer sur le moment présent, et elle désigna de la main le portfolio aux pieds de Florian, curieuse d'en savoir plus sur le sujet. « Et donc, vous êtes un artiste ? Plutôt dessin ou peinture ? J'ai toujours hésité à peindre, pour m'aider à surmonter certaines étapes, mais mon talent se résume à de l'art abstrait. Comme quoi, j'ai même raté mes études jusque dans les moindres détails ! » précise-t-elle en riant pour dédramatiser la situation, et faire oublier à son invité l'air triste qu'elle avait laissé s'incruster sur son visage auparavant.

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Broken family [ft Florian] [terminé] - Dim 14 Jan - 0:54
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BESOGNE : « “Sometimes I lie awake at night, and I ask, 'Where have I gone wrong'. Then a voice says to me, 'This is going to take more than one night.” » Illustrateur de bouquins pour gamins qui ne se vendent pas très bien ; vient de perdre son poste de libraire qui lui permettait de se nourrir.
ÉCHINE : Il y a dans ses veines une magie tirant sa puissance des étoiles et du temps. Les danses et les drogues hallucinogènes dominent les classiques incantations. Magie associée aux charlatans, mais celle à laquelle il se donne corps et âme. (chamanisme)
PRESTIGE : Le futur murmure à ses oreilles des fables que lui seul entend. Insidieux, il tache de ses desseins parfois troublants les carnets de l'artiste.
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Le sourire accroché au visage de Florian resta. Il était heureux de savoir qu’il n’avait pas l’air d’un grand méchant loup. Mais clean, au sens figuré du terme, serait probablement le dernier adjectif que lui attribuerait un humain normal en l’entendant parler de magie, d’alignement des astres, de prémonitions… Voir le futur, c’était l’affaire de ces charlatans que l’on voyait à la télévision, passé minuit, répéter les mêmes choses en boucle pendant qu’un numéro de téléphone écrit en gros chiffres jaunes clignote au bas de l’écran. Florian se moquait de ces gens et de leur absurdité ; prédire le futur, c’était tellement plus qu’une affaire de boule de cristal made in China. Mais il ne dit rien. Il ne savait pas qui était Lizbeth, si elle savait qu’au-delà du connu il y existait autres choses. Inquiet de la nervosité qu’elle éprouvait, Florian zyeuta les mains de la rousse pour ne pas la gêner. Il avait cette drôle d’habitude de toujours fixer ses interlocuteurs dans les yeux ; ils étaient le miroir de l’âme, bien plus que les mots. « Vous êtes une bonne personne. Si vous le replacez dans cet orphelinat et qu’il apprend un jour que vous prenez de ses nouvelles, je pense qu’il serait heureux de savoir que vous ne l’avez pas entièrement abandonné. » Beaucoup de gens pourraient reprocher à une femme de mettre son enfant en adoption, mais il n’avait aucun reproche dans les mots de Florian qui comprenait qu’on puisse ne pas vouloir – ne pas pouvoir – élever un enfant. Surtout si jeune. Les lèvres à nouveau plongées dans le thé, Florian ne détourna pas son attention des propos qui le choquèrent au point où il avala le liquide de travers. Orgueilleux, il ne fit que toussoter subtilement, l’air de rien. « Pouvez-vous en parler aux flics ? Je veux dire… Ça me paraît un peu dangereux que des gens prennent la peine de sortir un enfant de son orphelina et de faire le trajet depuis l’Angleterre jusqu’à l’Italie pour vous passer un message. Surtout que maintenant c’est tellement facile d’envoyer un SMS ou un truc du genre. »  Le jeune homme secoua la tête, plein d’une quelconque incompréhension. Il ne connaissait pas la vie de Lizbeth, mais il refusait de croire qu’elle puisse être embarquée dans des choses qui lui vaudraient une telle attention ; elle paraissait si douce, si normale. Il resta silencieux un instant, semblant réfléchir. « Je pense que la colère est plus appropriée que la culpabilité. C’est pas de votre faute, non ? Je connais pas toute votre histoire, mais je pense qu’il faut être débile pour faire ça à un gosse. Ils l’ont pas blessé physiquement, heureusement, mais on oublie trop souvent les blessures mentales. »


« Sinon, vous inquiétez pas pour ça. Parfois, c’est mieux de parler à une ‘’vraie’’ personne. » Il mima d’une main, l’autre tenant son thé, les guillemets. Florian avait quelques fois essayé d’aller voir un psychologue, mais il n’en avait jamais trouvé un qui lui convienne. Toujours trop analytiques, toujours trop froids… Il y avait, dans ces échanges patient-professionnel, quelque chose de trop artificiel à son goût. Et puis, son côté trop curieux pour son propre bien demandait à entendre Lizbeth parler d’elle. Mais il fut drôlement surpris lorsqu’elle sembla s’intéresser à la pochette noire qu’il serrait entre ses pieds.  Avant de tirer le portefolio d’entre ses jambes, il déposa la tasse encore tiède sur le cabaret. Il mit la pochette sur ses genoux et ouvrit la fermeture éclair. « Un artiste, oui, si on peut le dire comme ça. » Malgré son enthousiasme, il tentait de conserver un peu d’humilité, bien que la question éveillât en lui une vive passion. « Je fais les deux, mais je préfère l’aquarelle. C’est plus délicat, autant à travailler qu’au niveau des résultats. Je crée des livres pour enfants. Mon premier a été publié y’a deux ans et depuis, y’en a eu d’autres. » Florian ouvrit son portefolio dans lequel les dessins qui constituaient son projet actuel se trouvaient, tous protégé par une pochette en plastique. Alors qu’il avait l’habitude de travailler majoritairement avec la peinture et l’aquarelle, ceux-ci avaient été entièrement exécutés aux feutres – qui coûtaient la peau du cul. « Celui-là, c’est un co-projet. On m’a demandé si je pouvais illustrer l’histoire d’un autre auteur. C’est l’histoire d’une  petite fille durant la secondaire guerre. C’est triste. » Par dépit, il haussa les épaules. Ce n’était pas le projet qu’il avait préféré. Il ne voyait pas l’intérêt de parler de tels sujets à des enfants. Enfin, pas dans des livres d’images. Ils auraient toute leur vie pour lire des romans au thème similaire.

« Vous pouvez regarder, si vous voulez. » D’un geste de la main, il indiqua son portefolio. Florian hésita un court instant avant de reprendre la parole. Il ne savait pas s’il était adéquat de parler de lui. Il ne savait pas non plus s’il l’embêtait, s’il ferait mieux de partir. Il avait beau aimer parler aux gens et aller facilement vers eux, il y avait encore certains aspects de la vie sociale qu’il ne saisissait pas entièrement. « Vous devriez peindre. N’hésitez pas. Le talent, c’est pas important quand on le fait pour soit.  En fait, je crois pas vraiment au talent. Seulement au travail soutenu. Je fais ça depuis que je suis gosse. Le « talent », comme on dit, c’est rien sans l’intérêt. »  Un peu gêné de faire ce qui lui semblait être la morale, il passa sa main sur sa nuque, baissa un instant le regard. « Y’a sept ans, j’ai essayé d’étudier en neurosciences. J’avais le « talent » nécessaire, vu que j’ai passé – perdu, certains disent – ma jeunesse le nez dans les livres, mais j’avais pas la passion qu’il fallait.  J’ai arrêté après deux ans. » La nostalgie s’empara de sa voix et de son regard. Même s’il refusait de l’admettre, il vieillissait. Il n’avait pas réalisé que 2011 était déjà si loin. « Si j’avais continué, j’aurais probablement pas eu à avoir deux boulots pour joindre les deux bouts, mais j’aurais sûrement pas été heureux. » Il haussa les épaules ; on faisait tous des erreurs, mais certaine valait clairement la peine.

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Broken family [ft Florian] [terminé] - Dim 14 Jan - 13:42
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Elle avait des doutes sur ce qu'il disait. Une bonne personne, elle ? C'était l'ironie du sort. Née dans une famille de chasseurs, elle avait été confrontée à ce domaine si particulier qui consistait à tuer. Faire souffrir les autres était une chose à laquelle elle était habituée, bien qu'elle trouve le moyen de ne pas divulguer cette information. Et quand elle trouverait le moyen de vivre plus que les autres, ce serait pire. Pour le moment, la solution ne s'était pas imposée d'elle-même, elle la cherchait toujours, tout en sachant qu'elle n'avait pas le droit de prétendre à l'éternité en se laissant aller du côté de ces créatures parfois si odieuses et monstrueuses. Chaque humain, non, chaque être, avait ses mauvais côtés mais comme toujours; l'humain, qui n'a pas les mêmes qualités que les autres, rejette la faute sur les congénères qui le gênent dans sa quête de pouvoir. L'égoïsme avant tout, le péché originel que les croyants disaient ne jamais commettre alors que tout ce qu'ils pensaient n'était qu'un leurre pour cacher la vérité. Voilà pourquoi Lizbeth ne s'était pas laissé envahir par la foi. Elle voulait toujours être consciente des crimes qu'elle commettait, pour mieux être jugée, et assumer les conséquences. Décidément, elle en avait gros sur la conscience, et aurait bien voulu en dire plus, mais elle ne pouvait pas, c'était trop tôt et trop dangereux. « J'en sais rien, je ne fais pas confiance aux flics, et encore moins à celui qui m'a livré Jared. Et la vérité est que je ne lui ai jamais transis mon numéro et je ne l'ai jamais averti de mon départ. » On essaie de me déconcentrer pour mieux m'attraper sur le terrain après, et il a été fouillé l'opus anglaise pour me retrouver, pense-t-elle soudainement, comme si c'était une évidence. Une grimace étira son visage sur une fraction de seconde avant qu'elle ne replonge son nez dans la tasse de thé, buvant goulûment pour chasser ce goût amer de la vengeance. Traquée, voilà ce qu'elle était, tout comme ses proies. Elle devrait dès le lendemain matin se méfier de chaque personne posant son regard sur elle, être sur ses gardes pour que ses capacités restent intactes. Elle tourna son regard vers lui, ses pensées déjà envolées. Elle parle d'art, un bon moyen de détourner la conversation, mais également parce que c'est un moyen commun pour purger certaines passions dévorantes, la catharsis de tous ceux qui avaient trop d'images en tête et avaient besoin de les exorciser afin de ne pas laisser la névrose les emporter. Le reflet de tout ce qu'elle peut ressentir donc, et visiblement, ça détourne assez l'attention de Florian pour ne pas qu'il se rende compte des tourments dont la jeune femme pourrait subir. « Des livres pour enfants ? Vraiment ? » demande-t-elle soudainement, haussant un sourcil, repoussant le service à thé pour laisser placer à ces peintures qui réussissaient à attirer son attention. Il était rare qu'elle se laisse aller sur un tel sujet, qu'elle trouvait trop divertissant, l'empêchant de se concentrer sur les potentielles menaces cachées dans des buissons de l'autre côté de la rue. Elle tend la main, feuillette les œuvres avec le plus grand soin, sourire aux lèvres. Ces œuvres étaient magnifiques, et bien que cette histoire de petite fille pendant la guerre puisse être triste pour un enfant, elle parvenait à y trouver de l'espoir en s'attardant sur le dessin. Elle pouvait bien s'y identifier, elle, à qui on avait mis une arme dans les mains à à peine dix ans, lui ordonnant de tuer sans poser de questions. « Non, ce n'est pas si triste que ça. » proteste-t-elle en haussant les épaules, sa voix s'étant radoucie. Elle observe son voisin de canapé, s'humecte les lèvres, prenant quelques pincettes pour en parler. « C'est un signe d'espoir. Que même si tout est noir, il reste encore assez de joie dans le cœur de chacun des enfants pour s'en sortir. Il faut juste apprendre à la conserver. » Elle hoche la tête, porte sa main à son propre cœur, complètement persuadée de ce qu'elle venait de dire. « Je croirais entendre mon père. » ajoute-t-elle en riant, tournant toujours les pages pour apprécier chaque peinture, chaque paysage, chaque histoire qui se peint sous ses yeux. Elle s'arrête entre deux œuvres pour pointer le ciel du bout des doigts, imitant son père d'une voix rauque pour s'adapter au personnage. « Il me disait, "tu vois ma fille, comme elles sont loin les étoiles ? Imagine que tu puisses tisser un fil, de toi à elles. Ce fil, c'est le travail. Alors si besoin, prends ta meilleure arme et tire, fonce sans poser de questions." » Elle rit, avant de se reprendre. « Je pensais qu'il était fou ! J'étais la petite fille sans aucun talent particulier, qui ne savait pas dessiner un trait droit sans s'énerver, qui n'aimait pas jouer la comédie, et encore moins écouter à l'école. » Elle soupire lascivement et laisse son dos venir se caler contre le dossier du canapé, pensive. « J'ai arrêté l'école au moment même où j'attendais Jared. J'ai quitté ma famille pendant la grossesse, j'ai cherché ma voie sans vraiment la trouver, moi aussi. Mais je suis d'avis que si je m'étais forcée, je n'aurais pas trouvé le bonheur que la vie me procure tous les jours, bien que les secrets viennent lentement tâcher le tableau. » Elle ferme les yeux, réfléchit longuement. Elle se confiait aussi facilement que si elle avait été sous l'emprise de l'alcool. Mais longtemps elle avait été rejetée par les autres à cause de cet enfant non désiré. Des amis, elle en avait peu aujourd'hui, trop acharnée de travail pour penser à sortir. Parfois, il lui arrivait de suivre une amie au cinéma, ou dans une séance shopping, mais à peine rentrée, elle enfilait son jogging et partait s'enfermer dans le monde du sport, où elle avait trouvé sa place et rencontré des gens extraordinaires. Rouvrant les yeux, elle observa Florian, puis le portfolio. « ça fait plaisir de voir que quelqu'un partage presque le même point de vue que ça. Je suis étonnée de ne pas vous avoir rencontré avant, à vrai dire. » se confie-t-elle, sincère. Son père apprécierait sûrement ce jeune homme dès le premier coup d'oeil.

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Broken family [ft Florian] [terminé] - Jeu 18 Jan - 2:46
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sorciers
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EFFIGIE : Douglas Booth.
BAFOUILLES : 218
PACTE : 02/01/2018


OSSATURE : Premier quart de siècle fraîchement atteint.
CONTRAT : Coeur qui n'a encore jamais battu d'amour, garçon persuadé qu'il ne le vivra jamais. Avide de regards fascinés et de caresses-louanges, Florian, trop vite las, subit son célibat.
BESOGNE : « “Sometimes I lie awake at night, and I ask, 'Where have I gone wrong'. Then a voice says to me, 'This is going to take more than one night.” » Illustrateur de bouquins pour gamins qui ne se vendent pas très bien ; vient de perdre son poste de libraire qui lui permettait de se nourrir.
ÉCHINE : Il y a dans ses veines une magie tirant sa puissance des étoiles et du temps. Les danses et les drogues hallucinogènes dominent les classiques incantations. Magie associée aux charlatans, mais celle à laquelle il se donne corps et âme. (chamanisme)
PRESTIGE : Le futur murmure à ses oreilles des fables que lui seul entend. Insidieux, il tache de ses desseins parfois troublants les carnets de l'artiste.
GANG : Coven Heracleum.
CREDIT : DΛNDELION (avatar). Astra (signa). DΛNDELION (icons).
Broken Family× ft. FLORIAN & LIZBETH

Florian ne dit rien quand elle affirma ne pas faire confiance à la police. Il se contenta d’hocher vaguement la tête, l’air de dire qu’il comprenait. Il n’était personne pour la convaincre de quoi que ce soit ou pour lui faire la morale. Il lui avait ramené son fils, c’était tout : leur rencontre aurait pu se terminer là comme le faisaient la plupart des rencontres. La surprise qu’elle manifesta lorsqu’il lui parla de sa profession ne le déstabilisa pas. Il était habitué à ce genre de réactions. Des femmes qui créaient des livres pour enfants il y en avait beaucoup. Des hommes, moins. Ses lèvres se soulevèrent encore un peu, se fendirent d’un rire léger et bref qui mourut rapidement dans l’air. « Oui, vraiment. C’est un public que j’adore.» Il lui était arrivé quelques fois de faire des lectures publiques destinées aux gamins lorsque ses livres sortaient – en bibliothèques ou en librairie, surtout – et il avait constaté, comparativement aux lectures publiques pour un public adultes auxquelles il assistait parfois, que les enfants étaient particulièrement réceptifs et ouverts à l’imaginaire. Sa mère lui avait dit qu’il ferait certainement un bon père, mais Florian était convaincu qu’il ne voulait d’enfants.

Ce fût à son tour d’être surpris quand elle dit qu’elle ne trouvait pas ce récit triste. Brièvement, il jeta un œil à la planche qui était visible à l’instant. Sur celle-ci, la petite fille qui, rêvant d’un ailleurs où personne ne s’entretuait, nageait dans un tas d’étoiles. Évidemment, tout ça se passait dans ses rêves, mais c’était la morale de l’histoire. Qu’il ne fallait pas cesser de rêver malgré les atrocités, que c’était cette action même qui permettait de s’en sortir. Florian croyait dur comme fer que la guerre, après avoir tués des hommes, visait surtout à tuer les rêves. C’était ainsi qu’on assurait la destruction d’un peuple. Sans ceux-ci, l’espoir ne pouvait pas trouver sa flamme. Le jeune homme pinça ses lèvres ensemble, se mit à réfléchir. Il avait beau tenir fort à ses convictions, il n’avait pas toujours à être excessivement rigide d’esprit. Soudainement, Florian gloussa. Les idées embêtantes qui commençaient à se former dans sa tête se calmèrent.  « La pomme ne tombe jamais de l’arbre, qu’on dit. » Fasciné, il l’écouta parler des étoiles. Il suivit son doigt du regard, ses prunelles se perdant dans le ciel que les lumières de la ville attristèrent.  Il aimerait revoir la campagne, un jour. Ces endroits qui s’étendaient à perte de vue et qui disparaissaient à la tombée de la nuit, n’ayant que la faible lueur des étoiles pour les éclairer. « Votre père parle comme ma mère. Sauf que ma mère fait pas vraiment de comparaissons avec les armes. », ricana-t-il. Une arme, ce n’était pas nécessairement une chose violente lorsque nous en parlions métaphoriquement, mais la mère de Florian était un peu hippie, détestait toutes allusions, proches ou lointaines, à la violence. « Vous aviez certainement plein d’autres capacités. Les gens mettent sur un piédestal les enfants qui réussissent à l’école ou dans les arts, mais je pense que c’est vraiment banal. » Il secoua la tête, l’air nostalgique. Malgré tout, il s’ennuyait de cette époque où tout le monde le félicitait sans cesse. Où on imaginait pour l’enfant prodige un avenir en tant que médecin ou président. Il n’était rien de ça aujourd’hui et l’ironie du sort le faisait rire. « J’étais cet enfant-là, mais vous savez ce que je trouvais encore plus fantastique que mes notes ou mes dessins ? Le garçon que je croisais tous les matins dans le bus, avec son énorme contrebasse qu’il traînait tout le temps avec lui. J’aurais pas eu la patience de m’installer dans le bus avec ça et de supporter les remarques des gens. Et probablement que j’aurais fini par mourir écrasé sous l’instrument ! » Les gens cherchaient tellement à tomber sur du fabuleux qu’ils négligeaient d’observer ces détails banals qui, pourtant, parlaient beaucoup plus que le reste. Le di Rosa aimait observer, chercher à comprendre. C’était peut-être pour ça qu’il était assez sensible à ces choses-là. « Vous savez, si un jour vous voulez retourner à l’école, rien ne vous en empêche. Ma mère y est retournée à vingt-cinq ans, après avoir eu ma petite sœur. Elle voulait pas élever trois enfants en restant actrice. » Il hésita quelques secondes. « Mais si vous êtes satisfaite avec ce que vous avez présentement, ça sert à rien d’essayer de tout changer. »

Florian se pencha pour reprendre la tasse de thé. Le contenu avait entièrement refroidi, mais cela convenait au jeune homme. Il aimait boire chaud, mais ça ne lui permettait pas de goûter suffisamment au liquide. Il la porta à ses lèvres et bu ce qu’il resta. Il laissa mijoter au fond de son crâne les dernières paroles de la jeune femme. Pendant un court instant, il laissa son regard dériver vers les photos de famille qui ornaient un coin du salon. Il se rendit compte, tout d’un coup, que ses parents lui manquaient. Ça faisait un moment qu’il n’était pas retourné à Gênes, même pas pour le renouvellement des vœux de handfasting de ses parents. Ses sœurs y étaient allées, mais il était resté à Rome pour respecter son deadline. Il appellerait pour s’excuser, certainement. Deux semaines plus tard, mais mieux valait tard que jamais. « Je crois qu’il y a des choses qu’on ne pourra jamais vraiment comprendre, parce qu’elles sont trop complexes. Il y a des gens qui croient que rien n’arrive pour rien, que toutes les choses sont liées entre elles. Est-ce que j’y crois ? Aucune idée, mais j’aime pas nier les possibilités. » Il tritura un peu la tasse, tapota le bout de ses doigts sur le verre, avant de la remettre sur le plateau. Il passa une main dans ses cheveux et se calla contre le dos du canapé, croisant les jambes. Ce à quoi il croyait vraiment, c’était au déterminisme des astres. Moins radical que le déterminisme qu’étudiaient les philosophes, mais beaucoup moins aléatoire que le hasard. Lorsque les astres étaient bien alignés, certaines choses avaient de très fortes possibilités d’arriver et d’autres étaient certaines de se produire. Comment le futur parvenait jusqu’à lui ? Il n’en savait rien. Mais, même s’il semblait réfléchir, il n’en parlerait pas maintenant. Il n’avait pas l’intention de donner l’impression d’être une espèce de témoin de Jéhovah ésotérique. « Ceci dit, mon père m’a dit, un jour, que chaque rencontre nous apprend quelque chose. J’ai toujours pensé qu’il parlait de sentiments ou de trucs du genre, mais en vieillissant j’ai compris que ça pouvait être des choses concrètes. Par exemple, si je rencontre quelqu’un qui dessine et que je vois qu’il exécute quelque chose plus rapidement ou plus facilement que moi, j’observe comment il fait. Sans l’avoir rencontré, j’aurais pas appris ça et je serais resté coincé avec mon problème. » En concluant sa phrase, Florian tira une moue qui semblait vouloir dire « désolé si c’est bizarre ». Il craignait de s’emmêler les pinceaux ou de ne pas être tout à fait clair. Une chose était sûre : il parlait trop.

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keep your eyes wide open
Florian☽ Closing your eyes isn't going to change anything. Nothing's going to disappear just because you can't see what's going on. In fact, things will even be worse the next time you open your eyes.
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