My piece of you [Terminé]

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My piece of you [Terminé] - Ven 19 Jan - 18:03
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sorciers
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EFFIGIE : Charlize Theron
BAFOUILLES : 10946
PACTE : 04/01/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Kiffe se soumettre à un certain mâle alpha et a du mal à l'admettre. A le palpitant qui déconne en sa présence. En couple donc, toujours fourrée dans les bras d'Irénée.
BESOGNE : Ancien officier de police. Morte aux yeux du monde dans l'asile dont elle s'est échappée.
FABLE : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle
ÉCHINE : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé des gens. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation.
PRESTIGE : Clairvoyance empathique. Varri peut vivre les souvenirs des autres.
CREDIT : Carnavage
LARS
&
VARRI
MY PIECE OF YOU
Je suis tombée à l’eau. Elle se répète ça dans sa caboche, Varri – espérant que ça y rentre. Espérant s’en convaincre avant de devoir servir un mensonge froid à Lars concernant sa soirée tumultueuse. Trop de choses se coudoient, un trop plein d’émotions vives qu’elle a cru bon de dompter avant que le mâle ne déboule chez Basile pour la récupérer. Et Blondie ne sait pas sur quel pied danser, les entrailles brassées dans un sentiment d’impuissance déroutant. Rentrons. L’a-t-elle pressé au Poney Fringant tout en lui prenant la paluche sous le regard feignant l’indifférence mais cependant complice d’une Basile qui a promis de ne rien dire – une légère surprise sur bobine en se rendant compte qu’ils se connaissent bien, elle et lui. Rome est bien petite – bassin d’eaux troubles dans laquelle nage la créature tentaculaire qu’est la mafia. Sa présence est indéniable - répréhensible et pourtant, tout le monde la tolère.

Drôle de personnage que cette Basile, sortie tout droit de ce qui semble être la caricature contraire de ce qu’elle est censée représenter. Etre médecin va normalement de paire avec rigueur et ordre – dans le cas de Basile, son affinité va plutôt au bourbon et aux cigares ce qui laisse douter de ses capacités à rafistoler ses patients. Et pourtant, même si son verbe est bourru et ses manières contestables, elle dégage un réconfort un peu étrange et un peu fou. Ce quelque chose de maternel malgré elle qui veut dire te bile pas, va.
Tout va bien se passer. Tout va s’arranger.

Ce n’est pas comme si elle venait d’affronter son pire cauchemar, Varri. Un traumatisme planté au derme doublé d’une mâchoire aux crocs acérés qui a de quoi lui faire cauchemarder l’asphyxie d’un océan tout entier. Ce n’est pas comme si la révélation inattendue d’une grossesse possible venait de mettre le feu à la bicoque déjà branlante de ses affects. Et Basile ne peut pas y comprendre grand-chose à tout ça – à la crainte que son ventre ne récidive l’affront humiliant. Que le fœtus soit destiné à se corrompre et ne lui poignarde le cœur plus profondément encore que la fois précédente.

Une prise de sang, Basile ? C’est sur ça que s’est fixée sa certitude mais Blondie préfère douter de la véracité de ses propos – même si les ressources de la médecin de quartier restent insoupçonnées. Elle pourrait tout aussi bien être un peu barjo. C’est forcément ça.

Examinant vaguement son corps dans le miroir de la salle de bain après s’être arrachée de la cabine de douche pour s’essuyer, Varri résiste à l’envie de pivoter pour aviser son profil. Elle se contente de masser son ventre dans une appréhension passagère et fait courir ses doigts sur les quelques marques laissées par le bourreau qui ornent son derme. Discrètes et jouant de confusion à s’y méprendre avec les empreintes laissées par Lars lors de leur dernier coït des plus sauvages.

« Lars ? » C’est dans son plus simple appareil qu’elle sort de la salle de bain pour guigner la charpente appuyée contre l’encadrement de la fenêtre, un regard porté sur les éclairages d’un bleu électrique qui s’évanouissent dans la lumière d’un soleil timide qui pointe le bout de son nez. L’odeur de la cigarette qu’il fume lui prend les naseaux dans une furtive expression de malaise qu’elle chasse au moment de le rejoindre alors qu’il lui tourne toujours le dos pour envoyer valser d’une pichenette son mégot en contrebas. Il est toujours vêtu, même pas déchaussé. Elle le devine plein d’interrogations à Lars. C’est qu’ils n’ont pas encore eu le temps de parler de tout ça. Alors il renâcle probablement son inquiétude et ses questions quant à cette soirée peu banale.

Varri se coule contre lui, ses mains glissant à ses flancs pour remonter sur son thorax. Une fois la frimousse nichée contre ses omoplates, elle l’étreint plus fort encore à se fondre en lui dans un soupir de soulagement. Toute cette frayeur abrupte, toute cette colère et cette résignation essuyées, ça lui donne l’envie de lui chuchoter combien elle l’aime. Parce que dans le fond, son estomac se tord dans une peur panique de le voir lui échapper.

T’as failli crever, Varri.

« Je n’arrivais pas à dormir. J’ai eu l’idée d’aller me promener le long du Tibre. J’aime bien regarder les lumières de l’autre côté.  J’aime imaginer que les ombres qui se découpent à l’horizon – cette immensité noire dont on peut imaginer les contours, c’est chez nous. Comme chez nous. » Révèle-t-elle un peu tristement en se berçant contre lui, paupières fermées dans une sincérité douloureuse. « Ne t’inquiète pas. Je vais mieux maintenant. Basile m’a fait un check-up. C’est juste une petite baisse du système immunitaire et ça devrait être réglé d’ici quelques jours avec l’injection qu’elle m’a faite. »

Et si c’était vrai ? Le cœur cogne sourdement dans l’ébauche de la question. Varri invite l’homme à se tourner pour lui faire face, lui cueillant le visage entre ses mains pour l’observer dans un attachement viscéral. Et si j’attendais ton enfant ? Est-ce que ça les briserait ou est-ce qu’ils s’aimeraient plus fort encore ? Elle se perd dans la nuance mordorée de ses prunelles. Dans ce vert fascinant et profond relevé par l’arc de ses sourcils qui lui donne toujours cette autorité trop féroce et peu amène quand il la regarde d’en haut.
Est-ce que tu t’imagines être le père d’un enfant qui n’est pas entièrement Kvène ?
Tant de questions qui rentrent en contradiction avec son déni personnel. Il y a cet amer mélange d’appréhension à ne confronter que le pire et de volonté farouche d’être mère. C’est là, inscrit en elle – contrebalancé par cette peur de l’échec qui la hante. « Lars… » Murmure au bord des lippes, bout de l’index qu’elle égare dans une caresse sur l’alignement de ces trois grains de beauté sous l’œil gauche lui rappelant une constellation perdue dans la nuit polaire. « Je veux te sentir contre moi. Ta peau. » Et elle griffe le tissu des vêtements, Varri. S’agace de cette barrière rugueuse faite à leur nudité. Après le froid mortifiant, elle veut sentir sa chaleur à lui.  

Dialogues:
 
CODAGE PAR AMIANTE

☾ ☾ ☾ ☾ ☾
J'AI TOUT AIME DE TOI.

Y a que comme ça qu’on peut rêver de caresses au réveil. De torrents dans nos veines. D’une épaule pour pleurer sans honte. Et d’une oreille pour tout dire. Tout dire toujours quoiqu’il arrive.

(c)lazare.
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My piece of you [Terminé] - Sam 27 Jan - 23:46
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HJELM Lars
&
BJURMAN Varri
MY PIECE OF YOU

La porte du motel claque, comme elle a claqué des dizaines et des dizaines de fois auparavant. Comme elle a claqué hier et avant-hier et avant avant-hier. Comme elle claquera encore, pour mon plus grand dam, les jours suivant et peut-être même les semaines. Mais cette fois, ça semble différent. D’une différence froide, fatiguée et lassée de ces claquements à répétition ni heureux ni épanoui. D’une différence lointaine et poignante. D’une différence indifférente qui me fait me stopper, un instant, sur le pas de la porte ; dans la pression de mon palpitant qui s’arrête momentanément de tambouriner dans ma poitrine. Dans cette différence d’une clarté horrible. De celle qui éloigne le brouillard d’un amour mis à mal par les derniers événements de nos vies. J’aimerais qu’il revienne, soudainement, ce brouillard merveilleux et coloré. J’aimerais que l’illusion de perfection revienne, avec lui, pour m’envelopper dans son cocon cotonneux. Cligner des yeux pour que l’encéphale oublie que j’ai dû aller chercher Varri au Poney Fringuant. Que je l’ai cherché toute une nuit. Une nuit éludée d’un geste, d’un désir puissant de rentrer chez soi. Eludée par le silence violent qui sévi et la silhouette de Varri qui disparaît dans la salle de bains, muette. J’aimerais oublier mon attente stoïque, l’actuelle. Celle qui me broie dans le néant de ce que je ne sais pas et que je ne suis pas sûr de vouloir savoir. Dans les questions qui se bousculent et sur lesquelles je ne saurais mettre des mots. Dans la curiosité malsaine qui me pousse à quémander les détails d’une soirée de laquelle je ne serais jamais maître. Dans ce désir de contrôle d’une vie qui n’est pas à moi ; dans cet attachement horrible que je voue à une femme inconsciente et possiblement suicidaire. Est-ce qu’elle m’aime ? me demandé-je dans un frisson nauséeux. J’aimerais ne pas penser à fuir maintenant et tout de suite. J’aimerais ne pas penser à tout ce qu’on a vécu, dans un espèce de flashback néfaste – c’est comme les images d’une vieille pellicule, d’une vieille pellicule qui claque, qui claque comme la porte du motel. J’aimerais ne pas penser à ce que serait nos vies séparément, et encore moins penser à ce que serait la sienne si je l’avais abandonné ce soir – et là mienne, noyer dans un verre d’alcool, ou une bouteille même. J’aimerais ne pas avoir l’impression que mon estomac se retourne et cette sensation que, quoi que je fasse, nous ne serons jamais une équipe. Qu’il y a cette espèce d’individualité distante lorsque nous nous séparons et qui fait que Varri ne mesure jamais les conséquences qui pourraient s’abattre sur moi quand elle agit. Cette individualité qui fait que je n’existe plus dans son monde à partir du moment où je ne suis plus dans son champ de vision. Mais j’y réapparais chaque fois qu’elle a besoin de moi et qu’elle est dans une situation qu’elle ne saurait résoudre. La soirée avec el Nostro Regno m’a soufflé l’évidence, cette soirée là me la signe. Tu ne m’aime que lorsque tu me vois, n’est-ce pas ?

Mes poings se serrent. Mes yeux se ferment. Ne soit pas lâche que mon encéphale me hurle quand je me décide enfin à me mouvoir. A partir en direction de la fenêtre pour arracher de ma poche mon paquet de cigarettes. Je m’en allume une. Pose ma caboche contre le mur pour jeter un regard sur l’extérieur, là où mes volutes de fumée prennent un aspect encore plus bleuté. Le néon voisin clignote dans une désynchronisation familière. Les quelques putains qu’il reste dans le quartier se dandinent et se hèlent pour s’annoncer la fin d’une nuit fructueuse. De leur tournée. De leur tournante. Et moi je suis là, ronger par les doutes d’une soirée désastreuse. Et c’est pathétique. Pathétique d’en arriver à ce point. Celui de se dire que même la vie de putains semble meilleure que la notre. Plus simple, moins chiante.

C’est la présence de Varri qui me ramène dans la réalité. Qui me sort de ma torpeur quand elle m’enlace. Qu’elle se love dans mon dos et qu’elle me corsète contre son corps nu et tiède. Je me laisse faire, dans la faiblesse qui est mienne – celle de l’aimer plus que ce qu’elle ne m’aime. Ma clope est balancée. La pulpe de mes doigts s’égare sur l’avant bras qui entrave mon bide. Mon attention est portée à ses verbes, ses explications qui me troublent dans le mensonge qui je souhaiterais y deviner et que je ne trouve pas. Elle rêvait de Kiruna en louchant par delà le Tibre. Je me surprends à prendre ça comme une insulte à notre pays – un coup bas pour me rendre nostalgique et me rendre plus compréhensif sur ce qu’elle ne veut pas me dire. Mais je ne veux rien savoir, en fait, tu sais. Reste avec tes secrets, je garderais les miens. Promène toi comme bon te semble. Je me promène bien, moi. Alors, qui suis-je pour te faire une leçon de morale. Ne m’appelle juste pas, la prochaine fois. Je lui fais face lorsqu’elle me l’intime. Penche la joue lorsqu’elle me la caresse. Soupire lorsqu’elle effleure ma pommette. Je me sens triste, tout à coup. De tout ce qui semble m’échapper dans cette relation. Dans cette vie un peu bancale que je me suis créé à Rome et de ces désillusions qui arrivent par paquet ; et ce manque de personne à qui en parler. Je n’ai pas d’ami. Je crois. Je n’ai qu’elle. Qu’elle et elle est complètement instable. Je ne la croyais pas quand elle me disait qu’elle était folle, mais elle est peut-être quelqu’un dans ce goût là. Paumée dans ces mensonges. Bloquée dans un univers hostile. Liée à son bourreau par un affect qu’elle ne s’explique pas et avec lequel elle lutte en permanence. Peut-être que c’est ça, notre croix. S’aimer mais ne pas arriver à le faire bien.

Je tressaute dans la fulgurance de son mouvement et dans le besoin irrépressible qu’elle a de me sentir contre elle. A en tirer sur mon tee-shirt comme si elle avait envie de me le déchirer. Je la laisse faire, un instant à peine. Repousse d’un geste un peu brusque la fenêtre pour lui éviter le courant d’air parce qu’elle semble soudain plus fraîche que tiède. Entend le craquement significatif d’une couture. Arrête. Lui empoigne un peu vivement les bras ; la secoue sans trop faire exprès, dans l’empressement abrupt de la faire cesser. Cherche ses prunelles des miennes. Cherche le désespoir qui la pousse à vouloir coucher avec moi ; la peur pas vraiment irrationnelle de devoir le faire pour ne pas nous perdre. Et je la fais reculer, à Varri. Jusqu’à ce que l’arrière de ses genoux percute le fond du lit et qu’elle s’y assoit dans le déséquilibre que je lui impose, l’obligeant à relever le menton si elle veut tenter de capter mes intentions. Mais mon visage est fermé. Imperturbable. Marmoréen. Et si… Et si cette baisse du système immunitaire était liée à mon nouveau statut ? Celui de loup. Si ce n’était pas rien. Si c’était moi. Moi le problème. Moi qui t’en demande trop parce que moi, je peux. Et moi je m’épuise moins et moi je m’en remets mieux. Et si tout ça ce n’était qu’un putain de cercle vicieux ?Il faut que tu te reposes, dis-je aussi platement que si je lui parlais météo. Je vais te chercher à manger. Je ne m’attarde pas plus, ni n’attend de réponse de sa part ; part du principe que ce n’est pas négociable, qu’elle mange. Qu’elle en a besoin, et ne me souviens pas l’avoir vu avec un sandwich à la main, dernièrement. Sort de là comme si j’avais une personne à mes trousses. Vais prendre l’air, rapidement, dans la pale clarté de l’aube. Remonte une rue, puis une autre, me paume dans une intersection pourtant connue et retombe sur la boulangerie – celle dans laquelle j’avais acheté plus de sacs de viennoiseries que de bouche à nourrir, la dernière fois. Là, je reste raisonnable. Suis copieux mais pas extravagant ; choisi un chocolat chaud pour Varri plutôt qu’un café – parce qu’on ne se repose pas quand on est bourré de caféine.

Je suis de retour au motel moins d’une heure plus tard. La bouffe et la boisson chaude changent de main dans une passation un peu précipitée. – Je vais à la douche, sont les seuls mots qui passent la barrière de mes lèvres quand je me détourne pour aller dans la salle de bains. Je me sens vide. Agi comme un automate durant ma demi heure de toilette – interminable selon ma propre notion de temps. Reviens dans la pièce principale, nu, pour me glisser sous les draps. N’ai pas plus envie de parler que de faire quoi que ce soit d’autre. Agrippe la télécommande de la télévision pour l’allumer, sur une chaîne au hasard qui crache finalement quelque chose qui me va – la vente de produits improbables avec un doublage italien parfaitement immonde. Reprenons simplement, le court de notre vie.






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My piece of you [Terminé] - Dim 28 Jan - 18:17
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EFFIGIE : Charlize Theron
BAFOUILLES : 10946
PACTE : 04/01/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Kiffe se soumettre à un certain mâle alpha et a du mal à l'admettre. A le palpitant qui déconne en sa présence. En couple donc, toujours fourrée dans les bras d'Irénée.
BESOGNE : Ancien officier de police. Morte aux yeux du monde dans l'asile dont elle s'est échappée.
FABLE : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle
ÉCHINE : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé des gens. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation.
PRESTIGE : Clairvoyance empathique. Varri peut vivre les souvenirs des autres.
CREDIT : Carnavage
LARS
&
VARRI
MY PIECE OF YOU


Elle est là, cette peur de l’échec – ancrée en elle comme elle le regarde lui, s’éloigner irrémédiablement d’elle. Parce qu’elle en fait souvent qu’à sa tête, Varri et parce que ce sont les non-dits qui asphyxient leur couple un peu étrange. Parce que son incapacité et son impuissance lui reviennent toujours en pleine poire dans la violence de retrouvailles de ce genre. Comme lors de la soirée mondaine où elle s’est enlisée dans un bourbier de problèmes évitables, ce soir elle s’est retrouvée acculée et faible devant l’individu qu’elle hait le plus au monde. Celui qui lui a fait tant de mal par le passé. Un inconnu. Un agresseur.

Avant, à Kiruna, elle maîtrisait. Ici, à Rome, elle est perdue. Son boulot, c’est à ça que se résumait son existence. C’était un but infaillible, une certitude sur laquelle était fondée son sentiment sécuritaire. C’était son identité, tristement. Et elle a tout perdu, Varri. Jusqu’à son existence même.
Varri Bjurman est morte et il ne lui reste que cette recherche effrénée de compréhension – celle qui peut lui permettre de se raccrocher une dernière fois à ce qu’elle est. Ce qu’elle est vraiment.
Tout ça, c’est une quête personnelle un peu futile qui l’arrache à lui. A Lars, dans un mutisme terrible, froid et cruel. Petit à petit et insidieusement. Parce qu’elle ne veut pas être cette faible princesse – cette pauvre fille qui a encore failli mourir aujourd’hui. Avec l’insigne et le flingue, tout était bien plus simple. Avec le commun des mortels, tout était bien plus prévisible et surmontable.

Et maintenant ?
T’es hors jeu, Varri. Qu'elle se dit, étranglée de dépit. Elle n’est pas tout à fait humaine – doit composer avec une nature qui est encore trouble pour elle. Peine à distinguer une quelconque force dans le chaos qui souffle en elle. Et l’homme qu’elle aime se bat avec son essence primale qu’il n’a pas choisie, un instinct grégaire qu’elle voudrait comprendre mais qu’il ne lui laisse pas approcher. Il se porte, seul, Lars. Ne semble pas avoir besoin d’elle. Comme un roc gigantesque dressé contre vents et marais, l’on pourrait croire qu’il est imperturbable. Mais il s’érode, l’homme. Et elle est comme la violence d’un océan, ballottée par les remous de ses inconstances qu’il essuie.

Est-ce que c’est de ma faute si tu te sens mal ou est-ce que c’est la peau du loup qui te gangrène ? Elle voudrait les lui poser, toutes ces questions. Est-ce que tu as besoin de moi autant que j’ai besoin de toi ? Il est taciturne, Lars. Observateur et réfléchi mais il ne parle pas beaucoup non plus. Il ne partage rien, il garde pour lui. Alors Varri, elle a l’impression d’être l’écharde dans son pied. Ce foutu parasite qui le claquemure dans des idées noires.

Face à face, yeux dans les yeux, elle devine le préambule de ses pensées et se heurte à la tristesse qui lui découpe la pupille dans un appel déchirant. Un quelque chose qui la fout en l’air et qu’elle aimerait faire taire par la danse des corps. La volupté passionnelle qui les tient. La facilité, entre autre.
Mais il tend l’échine, Lars – dans un sursaut qui transpire l’indignation, lui pinçant les bras pour la bloquer dans ses mouvements. Surprise, Varri se noie dans l’ombre de son regard et sent sa boule au ventre lui remonter jusqu’à la gorge quand il la bouscule pour la faire asseoir au bord du lit. Dans la brutalité d’un sentiment amer, son cœur se serre et les larmes lui montent aux yeux. C’est qu’il est froid, Lars. Inflexible. Alors elle réfrène, Blondie. Se contente de déglutir péniblement toute la douleur que ça lui fait.

Ton silence.
Ton silence me tue.

Et comme pour démentir l’évidence, le Kvène cause. Affirme qu’il faut qu’elle se repose et qu’elle mange, du ton lointain de l’inconnu qui trouverait vaguement une excuse pour poursuivre sa route. Et elle est sciée, Varri. Nue, le derme secoué par un frisson lorsqu’il la dépasse pour passer la porte de la chambre. Un frisson horrifié car il la fuit.

La porte claque et elle reste là, à fixer le pan de mur couvert d’une tapisserie jaunie par le temps. Sa poitrine lui donne l’impression de s’ouvrir – son cœur, écartelé de sa cage thoracique dans une impuissance nauséeuse. Elle a honte, Varri. Elle a peur aussi, mais c’est supplanté par le malaise qui l’étouffe. Repliant ses bras contre son ventre, elle se penche – laisse son front venir toucher ses genoux dans un gémissement plaintif. Réprime un haut le cœur nerveux en serrant les poings dans une tension salvatrice. C’est cette piaule, elle n’en peut plus. En deviendrait claustrophobe dans une réminiscence plus édulcorée de sa cellule d’isolement. Elle inspire bruyamment, la blonde – se redresse dans une série de pas hasardeux en emmêlant ses phalanges dans ses cheveux en pagaille. Tourne et vire comme un lion en cage, songeant à cette nuit qui n’en finit pas de l’éprouver. Et à ce silence moribond qui perdure entre eux à en pourrir leur relation.

Alors elle finit par se glisser sous la couette pour s’y enrouler, s’enfonçant jusqu’au fond du lit pour s’y creuser une niche au volume de ses cuisses. A l’éclairage tamisé filtré par le tissu, Blondie joue de ses phalanges pour y projeter des ombres – se rassure par ce geste futile pour calmer les turpitudes qui l’animent. Puis elle patiente et ferme les paupières pour détendre sa musculature tendue. Ecoute son cœur au lieu d’écouter son crâne.

Toudoum. Toudoum.
Elle la connait cette chanson régulière. Le réconfort du palpitant qui bat pour lui prouver qu’elle est en vie. Bien là, ancrée dans une réalité, avec des gens gravitant autour d’elle. Et par des gens, elle pense surtout à Lars, qui a beaucoup sacrifié pour elle et qui en souffre sans l’ombre d’un doute.


La porte claque et la charpente s’anime dans un sursaut éveillé. Les globes céruléens captent la silhouette de Lars s’aventurer jusqu’à elle pour déposer les paquets de viennoiseries et le chocolat chaud. Elle voudrait le retenir du bout des doigts mais déjà il s’échappe vers la salle de bain pour prendre une douche. Alors elle soupire longuement, le museau baissé en direction de la becquetance. « Merci… » Lâche-t-elle même si l’homme a déjà disparu de son champs de vision. Ponctuant la phrase d’un petit haussement d’épaules désappointé, la blondine dépiaute distraitement son croissant pour le manger par morceaux. L’eau coule de l’autre côté du mur. Elle mâche. Avale. Mécanique de survie qui s’embraye sur une pensée lointaine pour l’éventuel embryon qui grandit en elle dans la nécessité survivante de tout faire pour qu’il puisse subsister.

Lars s’éternise et Blondie songe un moment à s’approcher de la salle de bain dans une vague inquiétude mais elle dompte cette envie, finissant plutôt son chocolat chaud et sa viennoiserie en attachant ses prunelles au lustre qui la surplombe. Elle y capte la petite toile d’araignée suspendue et se remémore l’angle de sa cellule d’isolement pour lequel cette petite manifestation de vie faisait tout. S’essuyant les mains aux serviettes en papier fournies, Varri dépose le paquet sur la table de chevet avant de voir revenir Lars, entièrement nu mais la mine toujours fermée. Sans égard pour elle, il la rejoint dans le lit pour zapper à la télé jusqu’à trouver une émission débilitante.

« Lars… » Elle force au dialogue, Varri, les lèvres pincées et le regard tourné sur son profil concentré et épuisé. Dresse une main un peu hésitante vers sa joue pour la lui caresser d’un revers de phalanges tendre. Redoute d’essuyer une nouvelle rebuffade. « Je ne suis pas fatiguée. Je vais bien, maintenant. Surtout maintenant que tu es là, avec moi. Est-ce que tu es en colère ? Parle moi, s’il te plait… » Elle s’approche pour l’enlacer dans le besoin incisif de sentir sa chaleur. D’entendre son cœur battre, un peu pour elle. Qu’il ne lui oppose pas cette indifférence teintée de rejet. « J’ai eu peur, Lars. J’ai eu peur de te perdre ce soir. » Elle ferme les paupières, se remémorant l’angoisse de cette eau glaciale lui pénétrant les os. Les serres acérées de la sirène et la gueule provocatrice de ses persiflages. Puis le masque tranquille s’efface et l’expression de la blonde se tord dans une profonde affliction. Elle s’arrache à lui finalement pour se ranger de son côté, les mains nichées contre son visage dans une confidence erratique entre ses souffles entrecoupés.

« Je l’ai vu. La sirène, Lars. » Articule-t-elle. « Celui qui m’a fait du mal il y a dix ans à Stockolm. Il est ici, à Rome. » Elle se cache le visage dans les mains, le sanglot aux bords d’une rage sourde. « Et j’ai honte. Parce que je n’ai pas réussi à lui faire payer. Et j’ai honte parce que j’aurais pu mourir, encore une fois. » Elle se redresse d’un geste sec pour s’asseoir sur le bord du lit, coudes appuyés contre ses cuisses et tête toujours enfouie entre ses mains. « Et que je veux oublier le passé ou ça finira par me tuer. Et ça finira par nous détruire. Je ne veux pas ça. Je veux avancer et cesser de me retourner parce que ça m’épuise. Et tu trinques toi aussi, je le sais. » Elle renverse la tête en arrière, sent le regard du Kvène dans son dos. Serre le drap contre elle pour se couvrir la poitrine de biais avant de pivoter le chef vers lui pour capter les mirettes du mâle. « Parle-moi, Lars. Je t’en supplie. » Elle se penche vers lui, une détermination sensée dans les prunelles, une supplique désespérée aux lippes. « Est-ce que je te rends si malheureux ? J’aimerais tellement... Etre utile. Te soutenir. Avec ton loup, avec ton boulot, avec ta vie. » M’investir un peu dans nous.



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Y a que comme ça qu’on peut rêver de caresses au réveil. De torrents dans nos veines. D’une épaule pour pleurer sans honte. Et d’une oreille pour tout dire. Tout dire toujours quoiqu’il arrive.

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My piece of you [Terminé] - Lun 5 Fév - 2:00
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HJELM Lars
&
BJURMAN Varri
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Le suédois supplante l’italien de la télévision. Me fait dériver les mirettes sur Varri qui ramène ses phalanges contre mon minois pour me l’effleurer. J’enroule un bras autour de ses côtes lorsqu’elle s’affale sur moi pour m’enlacer. Lui flatte le dos dans un geste réconfortant – bien que peut-être un peu impersonnel. Si tu n’es pas fatiguée, toi, saches que moi ça va faire 24h que je n’ai pas fermé l’œil.Je ne suis pas, en colère. Je suis lassé plus que foncièrement irrité. Mais elle ne m’écoute pas. Poursuit, quand je ponctue ses impressions d’un vague : - Je sais, je sais… Alors que je ne sais pas, non, qu’elle a eu peur de me perdre et que je ne capte pas bien, dans son malaise, pourquoi cette peur aurait fait surface. Sens que le vent tourne lorsqu’elle repart à sa place. Bien trop crispée pour que ça ne cache pas quelque chose de plus terrible qu’une baisse du système immunitaire qui l’aurait amené au Poney Fringuant par le plus pur des hasards. Manque de m’étouffer dès sa première tirade. Aimerais que le temps s’arrête et reparte en arrière – des mois en arrière – à la seconde.

Elle l’a revu. Elle l’a revu à lui.
Au monstre.
Au bourreau.

Ah bon, tu n’es pas arrivée à lui faire payer…
Mais au juste, comment on fait payer quelqu’un, pour le préjudice d’un viol ? On lui demande quoi ? De s’excuser, alors qu’il a potentiellement fait ça toute sa vie – et la vie d’une sirène peut être longue ? De comprendre ? D’avoir de l’empathie ? D’avoir un sentiment quelconque qui en est le reflet ? De regarder dans le blanc des yeux sa victime en l’écoutant se plaindre ? De subir pareil, juste pour voir ? Ou bien… Ou bien le paiement est plus déterminant encore ? Qu’est-ce qu’il aurait  fallut que tu fasses pour avoir l’impression d’avoir gagné ? Que tu le castre ? Que tu le poignarde ? Qu’il souffre comme tu as souffert ? Et tu l’évalue comment ta souffrance ? Sur quelle échelle ? Par rapport à quoi, pour le lui rendre avec justice ? Ou sans… Peu importe. Parce qu’il n’y a pas de justice dans la souffrance. Surtout qu’en tant qu’ancienne flic tu dois le savoir mieux que quiconque. Ou il faudrait que tu portes plainte, une fois que tu auras ta nouvelle identité. Entrer dans ce processus là, auquel tu dois croire parce que tu en faisais parti. Puis qu’il se fasse arrêter. Juger dans une évaluation pécuniaire. Et est-ce que l’argent peut rendre une vie ? Comme le meurtre peut rendre la paix ? Tu t’attendais à quoi, lorsque tu l’as croisé, ce soir, ton bourreau ? Quand tu l’as vu, que tu lui as parlé et que tu as voulu le lui faire payer, ce viol, toi la sorcière ? Tu t’attendais à quelque chose de divin ? Comme une lumière qui se serait abattu sur vous et qui aurait tout gommé ? Qui lui aurait donné l’absolution à lui ; l’oublie à toi.

Je me redresse sur les coudes. Me questionne sincèrement sur l’intérêt de me dire ça, à moi, quand elle semble se complaire dans une détresse rédemptrice. Quand elle semble vouloir tirer un trait sur son sombre passé – vivre à deux pâtés de maison de l’homme qui l’a violé. C’est passé plutôt vite, ton désir de lui faire payer. C’est le tour chez Basile qui t’as fait revoir tes priorités ? Et ta hargne de flic, et ton sens des lois et des règles ? Du devoir ? Ce n’est pas si grave, le viol ? Ca fait 10 ans maintenant, il y a prescription ? Ca ne te fait rien, qu’il continu ? Qu’il en viole d’autres que toi ? Parce que tu ne l’intéresses plus ? Mais les autres, est-ce que tu as pensé aux autres filles dans ton désir amnésique ? Et moi, tu y penses à moi ? A ce que tu es en train de me demander de subir ? Un passé duquel tu ne veux visiblement pas parler parce qu’il nous détruit. Mais pourquoi le partager, alors ? Pourquoi me le foutre sous le nez si c’est pour ne pas que je le règle ? Pourquoi évoquer une douleur supplémentaire à un couple qui visiblement se porte mal ? Une douleur dont on ne peut pas parler, parce que tu l’as décidé. C’est ça ? Un partage muet ? Tu parles et je me tais. Je parles et tu te tais.Tu veux que je le retrouve ?, soufflé-je en fronçant les sourcils. Dans la véritable recherche du but de l’évocation. Dans le défi inimaginable de tempérer la haine et la rage qui vrillent mes entrailles, contractent mes muscles, hérissent mon âme. Non. Non bien sûr que non. Tu voulais juste être sincère. Alors je ricane. Jaune sans conteste. Dodelinant de la caboche, trouve la remarque sur le soutien particulièrement risible. Soutiens toi toi-même avant de croire pouvoir me soutenir à moi, ça serait déjà pas mal. Regrette immédiatement de songer à des choses si amères. Me détourne d’un geste vif. Me détourne d’elle. Tu sais à peine ce que je fais comme boulot. La dernière fois que je t’y ai fait baigner tu m’as à peine adressé deux phrases. Tu ne sais pas ce que c’est d’être un dealer à la Nostro – encore moins de cacher à tous que je suis le producteur exclusif de la Pikku, cette came que je ne peux, justement, plus produire depuis que je suis lupin. Tu ne t’es jamais intéressée à ce pourquoi je faisais ça. Pourquoi je m’étais enrôlé dans cette merde infinie. T’es contentée, la première fois que l’on s’est revu, de penser que je n’avais juste pas changé, depuis Kiruna. Que mes fréquentations restaient déplorables. Et là… Et là tu dois te dire pareil, sauf que les reproches tu ne peux pas m’en faire parce que c’est cet argent sale qui va payer tes nouveaux papiers. Puis quoi ? Tu veux qu’on parle du loup ? De ce loup que tu n’as jamais épargné par ton inconscience et que tu persistes à piquer d’actes improbables ? Comment tu veux m’être utile alors que les seules choses qui t’intéressent c’est comment je peux t’aider ? Pas comment je vis l’aide que je t’apporte. Non, ça non. Qu’importe si je suis malheureux, pourvu que je sois toujours là pour toi tant que tu as besoin de moi.

Je repousse les draps. M’assois sur le bord du lit. Elle n’était pas chez Basile parce qu’elle était simplement malade. Elle était chez Basile parce que cet homme a failli la buter. Il a failli la buter. Et j’ai juste à me taire parce qu’il ne faut pas regarder en arrière. Je passe une main sur mon front dans une réflexion vive et un peu impulsive. J’ai soif. J’ai envie d’oublier comme tu as envie qu’on oublie.Il… C’est tôt. C’est tôt et je n’aurais pas dormi.Il faut que j’y aille, Varri. Je me lève. Un peu maladroit. Titube à la recherche d’un pantalon que j’enfile rapidement, en sautillant sur place. – Je… Je suis désolé. J’ai besoin de prendre l’air. Genre vraiment. Pour ne pas imploser. Pour ne pas exploser. Pour ne pas nous tuer comme tu as peur qu’on meure de nous. Ma veste est empoignée. Mise sans tee-shirt. Remontée jusqu’au cou. La fraicheur de la fermeture éclair me file des frissons. Et je sors de ce motel sans même me retourner. Dans la pression d’un palpitant qui ne se souvient même plus pourquoi il bat si fort. Me retrouve dans une rue déserte ; abandonne l’idée d’enfourcher ma moto parce que je me sais déjà incapable de la ramener sans la planter quelque part.

Rien ne va plus.
Les jeux sont faits.



- C’est 07h du matin Nemesio et t’en es déjà à ton troisième verre de whisky. Un verre de lait est brutalement repoussé vers moi quand la jeune brune cale ses tempes entre ses mains diaphanes pour me jeter un regard terrible – celui d’une femme fatiguée qui ne sait pas bien pourquoi elle assiste à la cuite d’un homme qu’elle déteste. Qu’est-ce que ça peut te foutre ? ai-je envie de lui balancer en louchant d’un air torve vers sa bouche qui se pince dans une mimique désespérée. – Je te paie ton petit déjeuner, de quoi tu te plains ? Elle éructe dans un soupir éloquent. Rabat son râble contre le dossier de sa chaise. Croise les bras sur sa poitrine, vexée que je sous entende qu’elle n’a pas le pognon de s’en payer un elle-même. Mais c’est vrai, alors, elle ne m’offre aucun commentaire contradictoire, qu’un dédain frappant de le lui faire remarquer avec si peu de classe. – T’es qu’un con, qu’elle persifle, Ada, n’osant plus toucher au croissant qu’elle a entamé. – Je te rembourserais, j’ai juste… - Pas pris ton argent, pouffé-je en hélant une serveuse pour qu’elle m’amène carrément une bouteille. Tu dis ça et puis, tu ne me rembourseras jamais. On le sait tous les deux.T’es qu’un con, qu’elle répète en faisant mine de se lever. – Attend.Quoi ? Que t’ais fini de boire pour que je te serve de taxi ? Où tu veux aller après ? Braquer une banque complètement beurré ? Aller vomir dans une poubelle ? J’ai un élastique, si tu veux. Ca m’évitera de te tenir la tignasse. Je grimace à la remarque. Me réjouis de voir ma commande arriver – malgré le jugement évidant de celle qui me l’apporte.

-  T’es pas heureux ? qu’elle hasarde, la brune, d’un timbre plus doux, en venant triturer sa serviette en papier pour en déchirer les angles. Silence.T’es pas heureux, qu’elle affirme. – Qu’est ce que t’en sais ?J’en sais que c’est 07h et que tu viens de commander une bouteille. Faut pas être devin.J’avais peut-être juste soif.Beh bois de l’eau et m’emmerde pas en prétextant m’offrir mon déjeuner. Mais l’eau ne panse aucune blessure quand l’alcool t’en donne l’illusion. Et des blessures, j’en ai tout le tour du ventre. T’es minable Lars, tout comme les excuses que tu te donnes.J’ai pas dormi, murmuré-je. Ce n’est pas vraiment le matin pour moi.Oh mais, tu fais bien ce que tu veux à l’heure où tu le veux, qu’elle se défend en secouant les menottes. Tu veux un public, Lars ? Pour qu’on te regarde plonger ? Ou bien tu attends d’une femme qui ne t’aime pas qu’elle te tende une main que tous ceux qui étaient censés t’aimer ne t’ont jamais tendue ? C’est ton acte désespéré pour avoir un lien avec le social ? Le social qui te méprise à un certain degré ?Rentre chez toi. Elle sursaute, Ada. Semble surprise dans l’ordre intransigeant que je lui donne. Se penche en avant dans une mine un peu circonspecte – un peu inquiète. – Non mais, je peux rester… Je sais que tu peux. Comme je sais que tu ne le veux pas.Rentre chez toi, dis-je dans une colère sourde en glissant hors de ma banquette pour aller payer au comptoir ce que je dois.


Je me réveille d’un bond. Dans une peur panique parce que mon rêve sombre ne fait pas le lien avec la sonnerie du téléphone qui vibre dans la poche de mon jean. Et je me vautre, comme une merde, sur le sol gravillonné du parc dans lequel je me suis endormi – sur ce banc en bois qui vient de me mâcher le dos plus que de raison. J’ai l’encéphale vaseux de ces lendemains de cuite non maîtrisés, mais aucune nausée à l’horizon – que des cadavres de bouteilles sous le nez qui me dégoutent de moi-même plus que d’aliments ou d’odeurs. Il me faut quelques instants pour rouler sur le flanc et sortir de mon futal le fameux portable. Le nombre de messages astronomiques m’arrache un grognement anarchique – rauque et désespéré – quand je ne m’intéresse qu’au dernier, dans un dépit un peu égoïste. C’est Ada qui ne me balance qu’une bête adresse pour qu’on s’y retrouve dans la soirée – espère, un peu vite, que je vais mieux que le matin. Je n’en suis pas certain. Je m’intéresse à l’heure. Capte que nous sommes en fin d’après-midi et qu’il faut, tout de même, que je retourne au motel pour récupérer la marchandise avant de prendre mon service. J’hésite à n’y aller qu’au dernier moment – à me reprendre une bouteille à la première supérette que je croiserais. Je suis un loup, désormais, ça ne devrait pas être très grave que je boive autant. Compte, dans un haussement de sourcils, les cinq bouteilles qui jonchent le sol – les quatre que j’ai complètement oublié avoir acheté. Rentre, que me souffle ma raison sous les vapeurs ambrés. Pour quoi faire ? Que Varri me supplie de parler, comme d’habitude ? Qu’elle s’excuse ? Pour la voir triste de me voir systématiquement fuir – pour être triste de vouloir fuir ? Pour qu’on parle de choses qu’il faut oublier ? Qu’on s’évoque, au détour d’un silence pesant ; dans la faiblesse d’un sentiment et la force de ressentiments ? Que je la regarde faire semblant de s’impliquer dans quelque chose qui la dépasse – que je la regarde penser m’aimer alors qu’elle ne me connait pas ? Que je la regarde dépérir à mes côtés comme elle n’a jamais dépéri aux côtés d’un homme ?

Je dois me mettre à quatre pattes pour arriver à me lever. Et me donner un grand coup de pied au derch pour me motiver à retourner au motel malgré les désillusions qui naissent sur le trajet. Rallonge le chemin. Suis cependant contraint, à un moment, de me retrouver au pied de l’immeuble. Croise Crystal qui, tout sourire, est ravie de m’offrir une pastille de menthe parce que je pus la clope et la bibine de mauvaise qualité. Elle me fait remarquer que je suis à poil sous ma veste – un détail que j’ai complètement zappé au court de cette désastreuse journée. Je lui réponds d’un coup d’épaule nonchalant. Lui dis à peine au revoir. Monte ces foutues marches à reculons. Cherche le courage qu’il me manque – ne le trouve pas. Ca tiendrait du miracle de toute façon. Pousse doucement la porte de notre chambre. M’avance dans le couloir en entendant Varri se mouvoir dans la pièce principale. Aurais espéré qu’elle ne soit pas là. M’arrête pour m’appuyer contre le mur quand elle s’affère à quelques besognes distraites au niveau de la table. N’ose ouvrir la bouche, pour ne pas la déranger, jusqu’à ce qu’elle s’aperçoive d’elle-même de ma présence. – Je n’ai pas vu le temps passer, commencé-je dans une justification assurée. Et je sais… Je sais qu’il faut qu’on parle mais je n’en avais aucune envie ce matin. Je n’en ai pas plus envie maintenant. Il fallait juste que je réfléchisse. Je n’ai pas réfléchi. J’ai bu. Même si je sais que ce n’était pas la meilleure façon de partir réfléchir. Boire. De partir boire. Je me pince l’arête du nez. Joue avec la fermeture de ma veste avant de la quitter pour la balancer sur le dossier d’une chaise. – Ecoute Varri, je ne vais rien faire de stupide. Même si j’en crève d’envie. On va juste faire comme s’il ne s’était rien passé, parce que c’est ce que tu veux. On va oublier. On ne va pas regarder en arrière. Même s’il va me falloir encore pas mal de bouteilles pour être sûr que ce soit bien le cas. Pour être sûr que je ne vais pas me demander, chaque fois que je croise une sirène, si je ne serre pas la main à l’homme qui a violé la femme que j’aime.Je ne suis pas malheureux, il me fallait juste… Du temps et quelques heures de sommeil. Je crois.Rien d’autre. Rien d’autre, je vais bien, d’accord ? Menteur.







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My piece of you [Terminé] - Lun 5 Fév - 10:14
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sorciers
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EFFIGIE : Charlize Theron
BAFOUILLES : 10946
PACTE : 04/01/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Kiffe se soumettre à un certain mâle alpha et a du mal à l'admettre. A le palpitant qui déconne en sa présence. En couple donc, toujours fourrée dans les bras d'Irénée.
BESOGNE : Ancien officier de police. Morte aux yeux du monde dans l'asile dont elle s'est échappée.
FABLE : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle
ÉCHINE : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé des gens. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation.
PRESTIGE : Clairvoyance empathique. Varri peut vivre les souvenirs des autres.
CREDIT : Carnavage
LARS
&
VARRI
MY PIECE OF YOU
Nouvelle déflagration aux pieds du colosse. Terrorisme conjugal. Elle le devine à l’expression de sa mine fermée et aux nœuds de ses muscles lorsqu’il se redresse sur ses coudes pour la regarder. Et qu’elle la maudit, Varri, cette panique vive – ce bordel dans sa tête et ce tumulte dans son ventre. Qu’elle déchante devant ce désir stupide de transparence entre eux, foutu fantasme d’une complicité sincère et d’une relation fusionnelle. Echec. Echec. Elle pourrait cracher sur ce besoin de réconfort, surtout – alors qu’elle est incapable de cerner et comprendre l’homme qui lui fait face. L’homme qu’elle aime. Qu’elle détruit. Par ses paroles, par ses aveux et par les pensées nocives qu’elle lui devine. Il suffirait de peu finalement, pour s’en rendre compte. Une intrusion de caboche, une facilité douloureuse – mais pas sûr qu’elle ait envie d’avoir vue sur la résignation, le dépit et le désespoir qu’elle lui évoque.

Alors quoi, Lars ?

C’est d’un putain de psy qu’elle aurait besoin, Varri, pour espérer ne pas avoir à foutre en l’air son couple par les résurgences de ses traumatismes. Ses angoisses qui lui empêchent de se projeter. Qui se dressent comme une barrière entre elle et lui. Ce n’est pas la volonté qui lui manque - d’entrer dans son monde parce qu’elle n’a plus le sien. Valeurs et détermination effondrées. Cadre branlant. Elle veut s’accrocher, Varri. S’accrocher à quelque chose pour ne pas tomber. A Lars, solide et rassurant. A l’en esquinter.
C’est elle, la femme piège.

– Tu veux que je le retrouve ? Elle est un peu transie de torpeur, Varri, quand elle réalise que c’est ce qu’il croit qu’elle veut en lui causant de ça. De cette soirée, de cette rencontre, de l’effroi suscité. Un service, une solution radicale, la paluche qui n’hésiterait pas à tuer. Comme s’il n’était que ça pour elle – un outil, détaché de toutes émotions. Non… Je voulais juste en parler… Je voulais juste… Un sillon se creuse en poitrine dans le désespoir de cette incompréhension. Elle regrette terriblement de l’avoir évoqué maintenant. De n’avoir eu le courage ou la folie de garder ce genre de choses pour elle. « Je voulais te dire la vérité sur cette soirée. » Elle veut juste se terrer maintenant. Oublier. Surtout son regard à lui - ce ricanement sec et teinté de mépris. Il lui tourne le dos à Varri et elle s’attache aux détails de sa charpente nouée – heurtée par cette image de lui dans ce reproche lancinant qu’il tait néanmoins. Dis-le. Pense-t-elle avec colère. Dis-le, putain. Ce à quoi il pense, là, maintenant. Dans son amertume toxique qui le gangrène. Depuis le début, jusqu’à la fin.

Varri se pince les lèvres de désarroi et renonce à bouger quand tout son corps lui hurle de le faire. Alors elle se contente de rester là, sentant un vide transitoire s’installer en elle – les pupilles voguant de cette tapisserie horripilante jusqu’au crin brun de l’homme qui refuse de la regarder. Assis du côté de son lit, le mâle s’ébranle – pressé, balbutiant. Ce qui suscite chez la blonde une pression douloureuse contre le plexus, à l’en faire se demander à Varri – comment l’on peut autant souffrir physiquement d’une peine de l’âme. Il dit devoir y aller. Il veut fuir. Encore. Fuir, fuir, fuir. S’excuse. Dit qu’il a besoin de prendre l’air. Ne cherche même pas à comprendre ou à savoir. Quoi, comment, où ? Blondie noie alors son regard dans le tissu rêche de la couverture entre eux. Reste statufiée en le percevant s’agiter. S’habiller à la hâte pour déguerpir, en oubliant l’ordre logique des fringues. Besoin de prendre l’air… Elle sait qu’elle lui en demande trop, Blondie. Elle a besoin de lui et Lars, c’est d’alcool dont il a besoin. Arrivera-t-elle seulement un jour à lui faire passer cette envie là ? Ne pas l’y jeter dans ce bar où il passera sa journée. Parce que l’ivresse c’est toujours mieux que d’être avec elle.

Les épaules de la blonde s’affaissent quand elle lève à peine le regard vers lui avant d’entendre la porte claquer. Encore. A lui donner l’envie de s’arracher les cheveux. De balancer tout le mobilier en travers de cette pièce qui la rend folle. Mais elle reste immobile. Loue cette inaction salvatrice – amorce d’un travail à faire sur elle pour guigner cette indifférence par laquelle tout semble plus facile. Le déni n’est pas là pour rien. C’est une manière de se protéger aussi. Comme l’alcool. Comment peut-elle juger ?

Varri met bien une quinzaine de minutes avant de bouger. Un peu vaseuse, un peu morne – refusant de s’enliser dans l’interprétation du ricanement et du silence. Pour cesser d’avoir mal – de se faire mal, surtout. C’est qu’elle peut avoir l’imagination débordante, Varri. Alors elle s’habille à se cacher derrière ses fringues, capuche enfoncée sur le crâne et minois noyé dans ses cheveux blonds. Et elle descend pour respirer – se contrefiche bien de l’air vicié des rues quand celui de la chambre lui semble irrespirable. Marche. D’un trottoir à un autre, les mains au fond de ses poches. S’interroge dans un pincement de cœur lorsqu’elle dépasse la devanture d’un bar. S’attend presque à l’y voir avant de chasser l’idée dans un grognement réprobateur. Louche du côté de l’enseigne de la pharmacie un peu plus loin qui lui fait nerveusement tendre l’échine.

En avance sur l’horaire d’ouverture, Varri marche de long à large en pinçant le col de son blouson pour le remonter jusqu’à son menton. Elle a envie d’une clope, là – songe dans une certaine ironie que sa dernière cigarette remonte à loin. Et que ça serait con qu’elle en crame une juste avant de faire ce foutu test de grossesse. C’est étrange pour elle, à cet instant précis. Cette perspective de donner naissance. C’est une source d’espoir au milieu d’un brouillard nébuleux d’incertitudes. C’est qu’elle le voudrait ce môme, Varri. Un peu égoïstement certainement en vue de la difficulté à tranquilliser sa relation avec Lars. Elle idéalise peut-être aussi – une vie de famille des plus normales dans ce monde des plus foutus.

Quand ça ouvre enfin, Varri hasarde dans le rayon pour se liquéfier devant le nombre incalculable de marques qui en proposent. Regarde presque chaque boîte avec le désespoir de ne pas savoir lequel prendre. Fiable à plus de 99 %. Elle en dépose trois sous le nez du pharmacien qui la regarde avec perplexité. Evidemment qu’il lui précise que deux suffiraient amplement – évidemment qu’elle lui demande d’encaisser les trois quand même. On n’est jamais trop prudent. Elle sort de là, marche encore sans savoir vraiment où elle va. Juste pour prendre l’air. Se vider le crâne de toutes ces conneries de la veille. Des réflexions qui démangent. De celles qui rendent fou.

Elle s’arrête dans une grande surface dans l’illusion d’une routine très banale. Sillonne les rayons, son panier en main pour le remplir de quelques victuailles, synonymes de malbouffe, évidence malsaine quand on a rien pour se cuisiner quoi que ce soit. Se rabat sur le rayon des fruits et légumes dans une envie subite de manger quelque chose de frais. Des fraises, elle a toujours adoré ça. Alors maintenant qu’elle est potentiellement enceinte, autant dire qu’elle cède à la tentation – juste pour le plaisir du cliché risible. Même si on ne sait pas. Même si ça ne veut rien dire. Et elle capte le rayon dvds. Aime à y faire courir l’index dans ce geste simple mais réconfortant. Celui de vouloir faire plaisir à Lars dans ce qu’elle sait de lui. Regarder un disney. Elle hésite, Varri. Finit par prendre le classique Peter Pan, et du plus récent, Kuzco, l’empereur mégalo. Fait un petit détour pour prendre un pot de pop-corn et craque pour une bombe de chantilly dans un pincement de lèvres un peu coupable.

Puis elle y pense vaguement à cette idée. Et s’il ne revient pas ?  


Trois heures plus tard, Blondie revient au motel et se heurte au silence de la piaule dans un soupir résigné. Elle jette un œil à son portable et se mâchouille la lèvre inférieure dans une hésitation nerveuse. Silence radio. Silence. Elle jette le smartphone sur le plumard et s’empare des trois boîtes pour venir s’enfermer dans la salle de bain. Sent son souffle cavaler à mesure qu’elle déballe, faisant les cent pas dans la pièce étriquée. Elle ne sait pas ce qui la stresse en définitive. Que ce soit oui, que ce soit non. Parce que si c’est oui, ça peut devenir non et parce que si c’est non, ce sera probablement non à jamais. Après avoir posé dans une rigueur militaire les trois tests les uns à côté des autres sur le rebord du lavabo, Varri se penche pour boire. En se redressant, elle observe vaguement son visage avant de reporter son attention sur le pansement de l’injection faite par Basile pour l’arracher. Allez Varri.

Il lui faut au moins ça pour qu’elle se décide - un encouragement muet. Le pire n’est pas de pisser sur ce foutu test. Le pire c’est d’attendre. Une minute. La plus longue de sa vie. Le cœur cogne à lui faire serrer les poings dans un haut le cœur nauséeux. A se reprendre dans quelques inspirations profondes. Puis d’une main un peu tremblante, Varri s’empare du test pour le regarder, le souffle suspendu au verdict qui s’affiche.

Positif.

Elle s’assied sur la cuvette des toilettes, Blondie. Le regard un peu perdu devant elle avant d’en revenir à la croix bleue qui la nargue. Entre sourire et crainte. Une foutue appréhension qui lui noue douloureusement les entrailles. Est-ce que ça peut marcher ? Se demande-t-elle, encore, hébétée par cette solitude. Le moment de flottement qu’elle s’offre s’évade quand dans un geste plus hâtif, elle s’empare du second test de grossesse.
Positif. Troisième. Positif. Plus de doute. Basile avait raison. Elle attend un enfant. Un enfant de Lars. En vue de la façon dont ils se sont quittés tôt dans la matinée, autant dire que Varri flotte dans un entre-deux incertain. Un aléa de souffrance qu’elle interroge sans cesse chez l’homme qu’elle aime. Elle prend le temps cette fois-ci, la blondine, de remonter son tee-shirt pour reluquer le profil de son ventre – y distingue un léger arrondi qui la fait sursauter comme si ses organes s’étaient déplacés en une nuit. Comme si le fait d’en douter avait tout déclenché.

Un pic d’adrénaline la pousse à s’occuper les mains. A nettoyer, ranger, faire le lit, avant que la fatigue ne la terrasse dans un contrecoup brutal. Alors elle dort une petite heure. Se réveille pour envoyer un texto à Lars – concis, juste pour savoir s’il va bien. Un puis deux puis trois à quelques heures d’intervalles, sans réponse. Néant. Et elle a beau profiter de ce moment pour réfléchir, Varri – à comment le lui annoncer, qu’elle ne trouve pas de solution miracle parce qu’il est vulnérable, Lars. Blessé. Par elle et les dommages collatéraux qu’elle provoque.





Défaire. Ranger. Regarder un peu par la fenêtre les quelques rayons du soleil qui décline. Se dire que ce n’est pas si grave tout ça. Se dire qu’il va lui falloir un peu d’optimisme pour espérer que ses hormones ne la fassent pas virer chèvre. Se dire avec un peu de mauvaise foi que c’est peut-être pour ça que ça pète en ce moment entre eux. Pour ça qu’elle est à fleur de peau…
Flanquée d’un tee-shirt large et d’une paire de jeans, Varri installe les courses sur la petite table lorsqu’elle remarque la silhouette familière de Lars dans l’angle de son champ de vision. Patientant dans le couloir de la chambre le temps qu’elle le remarque. Varri sent son cœur bondir hors de sa poitrine et s’en veut un peu qu’il puisse le deviner de par ses sens décuplés. Enfin, ne serait-il pas trop ivre pour le remarquer ? Elle le regarde, Blondie. Baisse les yeux pour occuper ses mains lorsqu’elle sent les effluves d’alcool qu’il dégage. Constat tragique qu’il soulève avec ses quelques mots. Ne te justifie pas. Qu’elle a envie de l’implorer. Parce que ce n’est pas son genre à Lars, de se justifier. Et s’il le fait, c’est probablement que c’est des mensonges. Un peu pour se voiler la face après tout ça. Alors elle s’humecte les lèvres, consent à lâcher ce qu’elle fait pour le fixer droit dans les yeux. Attentive, pas rancunière. Il dit qu’il a réfléchi, il dit que ce n’était pas la meilleure façon de le faire que de partir. Il lui dit ce qu’elle veut entendre. Varri le regarde se défaire de sa veste dans un geste sec pour poursuivre d’un timbre assuré. Comme si tout ça avait été mûrement réfléchi. Il dit qu’il ne va rien faire de stupide, Lars. Il dit qu’il va laisser couler cette affaire. Qu’ils vont oublier tout ça. Le passé. Et il dit surtout qu’il n’est pas malheureux, l’homme. Dans un mensonge contredit par les heures précédentes qu’il a probablement passées à boire de tout son saoul pour oublier. – … je vais bien, d’accord ? Là, droit dans les yeux, c’est ce qu’il lui dit. Ce quelque chose qu’il aurait pu facilement éluder. La croit-il dupe ? L’alcool ne trompe personne. Et pourtant, elle s’approche, Varri – de l’homme qui n’a même pas pris soin d’enfiler un tee-shirt au moment de la fuir – dans un sourire entendu et un peu lointain pour lui étreindre les phalanges d’une main, dans un effleurement un peu timide. « D’accord, Lars… » Répond-t-elle en domptant son envie de le prendre dans ses bras. On en parle plus. « Si tu allais prendre une douche, j’ai acheté de quoi manger et… » Elle se retourne vers la table pour brandir les deux dvds achetés un peu plus tôt. « Je me suis dis que ça pourrait être sympa de se mater un dessin animé. » Elle redoute un peu sa réaction, ramène une main contre sa caboche dans une lucidité confuse. « Enfin à moins que tu veuilles dormir… » Parce qu’elle se demande vaguement où est ce qu’il les a pris, ses heures de sommeil. « Est-ce que tu dois aller travailler ce soir ? » Le questionne-t-elle par-dessus son épaule en prenant une fraise et en y croquant dedans avant de tendre le morceau restant au mâle dans une espièglerie enfantine. « On aurait pu passer la soirée ensemble… » Et elle tente de distinguer au-delà de l’imposture – dans l’expression de Lars. Au milieu de cette appréhension, quelque chose de sincère de cet amour partagé. Avec cette question, éternelle question qui se faufile dans son crâne. Et quand je t'annoncerai que tu pourrais être père, est-ce que tu vas t'enfuir, Lars ?          

Dialogues:
 
CODAGE PAR AMIANTE

☾ ☾ ☾ ☾ ☾
J'AI TOUT AIME DE TOI.

Y a que comme ça qu’on peut rêver de caresses au réveil. De torrents dans nos veines. D’une épaule pour pleurer sans honte. Et d’une oreille pour tout dire. Tout dire toujours quoiqu’il arrive.

(c)lazare.
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My piece of you [Terminé] - Lun 5 Fév - 19:06
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HJELM Lars
&
BJURMAN Varri
MY PIECE OF YOU

Je ne sais pas si elle me croit, Varri. A travers ces mensonges, cette absence, cette fuite, cette lâcheté et cette indifférence ; ces heures sans moi à se demander où j’étais passé. A se persuader que je faisais tout. Tout sauf réfléchir sur ce qui venait de se produire. Que j’étais seul. Seul et isolé. Dans un terrain vague, dans un café, dans un bistro. Partout. Partout et n’importe où. N’importe où sauf ici, là où j’aurais dû être. Avec celle que j’aime. Pour parler, pour causer. Pour exposer. Pour poser, pour surexposer. Comprendre et saisir. Aplanir, trier, condenser les idées les plus sombres, gommer les souvenirs les plus noirs. Ou peut-être pas. Peut être qu’elle pensait que j’étais avec d’autres. D’autres femmes. Parce que les femmes ça me connait ; ça me connait comme l’alcool. A profusion et à déraison. Ca me connait le jour, la nuit ; malade, fatigué et meurtri. Ca me connait par colère, impulsion et perte de repères. Pourtant elle est là, Varri. En face de moi. Et je ne sais pas si elle me croit mais… Mais Varri elle ne m’engueule pas. Elle me caresse d’un regard tendre, celui qu’elle m’octroi lorsque je n’ai pas fait de bêtise – ou du moins pas trop graves. Elle regarde à travers les mensonges que je lui sers ; à travers ces odeurs qui lui prouve que je n’étais, peut-être, pas tout à fait là où elle l’espérait – si tant est qu’elle ait espéré un endroit ailleurs qu’à côté d’elle. Elle fait comme… Comme s’il ne s’était rien passé. Comme si je n’étais pas parti, comme si j’assumai parfaitement le fait d’être complètement impuissant. Comme si je pouvais maîtriser toute cette rage qui bouillonne en moi. Comme si je pouvais l’ignorer. Comme si je pouvais la noyer dans l’oubli - notre tendre ami. Elle me prend la main quand je baisse la tête. Que je fixe ses phalanges se nouer aux miennes, dans une culpabilité un peu bête. Ou peut-être pas si bête. Je n’en sais rien, après tout. J’ai fuis pour nous épargner mais ce n’était peut-être pas l’idée du siècle. Parce que nous épargner pour boire n’était en fait qu’une excuse minable pour m’adonner à une activité dans laquelle je ne n’avais pas replongé depuis un moment. Non. Non il le fallait. Il le fallait pour me calmer. Pour ne pas que je me fasse du mal. Pour ne pas que je t’en fasse. Pour ne pas que je soulève Rome, la putain. Pour ne pas que je l’écrase pour faire sortir de leur trou toutes les sirènes du pays. Pour ne pas que je hurle ma haine à travers la ville et que j’engage une armée qui aurait érodée toutes les pierres de ce monde comme l’écume ronge les rochers. Il le fallait. Il le fallait pour ne pas que tu me vois dans le mépris, la vengeance et la rancœur. Il le fallait. Il le fallait pour que j’apprenne à me mêler de mes affaires.

Il n’y a pas à dire. Varri est plus douée que moi pour le déni. Elle avait déjà tout préparé pour que ce soit le cas, à mon retour. Jusqu’au repas. Jusqu’aux DVDs jonchant la table d’une légèreté familière. Jusqu’à son sourire qui remonte jusque dans ses mirettes pour en bousculer la tristesse ; jusqu’au fruit dans lequel elle croque pour m’en proposer l’autre moitié. Le charnu de ses lèvres pulsent dans un rosé accentué par la fraise scindée. Me rappelle dans un pincement que nous nous sommes à peine toucher depuis 24h. Un peu à cause de moi. Un peu à cause de nous. Je me demande. Je me demande parfois comment, dans son infini folie, elle trouve encore la force de supporter mon éternelle morosité. Mon stoïcisme et ma froideur. Et inversement. Je me demande comment, dans mon éternelle morosité, je trouve encore la force de supporter son infini folie. Sa gaité qui peut se transformer à tout moment en une effusion de hargne, de colère, de tristesse et d’incompréhension. Comment nous pouvons nous heurter à ces différences si frappantes en espérant que ça marche – en le voulant dans une passion dévorante et dans un désir pressant.

J’empoigne son poignet. Croque à mon tour dans ce qu’elle me présente. La tire à moi dans une œillade trouble. Capture sa bouche de la mienne ; ferme les paupières le plus fort possible – pour que je puisse la voir avec mes autres sens. Retrouve, dans un bouleversement passager, sa fragrance de mûre sauvage qui me percute les naseaux avec la violence émouvante d’une réminiscence poignante. Grogne dans une émotion aigue. Glisse ma paluche à sa nuque ; mon front contre son front pour la taquiner du bout de mon nez. La chercher à travers le voile flou de notre proximité et le sang qui cogne mes tempes. – Je t’aime, Varri, soufflé-je sans penser à ma douche et aux parfums détestables que je promène – au whisky, aux vins et autres spiritueux que je ne me souviens même pas avoir achetés. Je reste là. Un instant – une minute, une seconde. Une boule dans la gorge et le cœur en charpie à me questionner, vainement, sur toutes ces conneries qui nous poussent toujours à nous bousculer dans nos retranchements. A nous éloigner quand il serait bien plus simple de rester soudé. Mais Varri est maladroite dès qu’elle parle. Impulsive dès qu’elle agit et à une mémoire sélective dès que je ne suis plus là. Mon pouce flatte l’angle de sa mâchoire – le reste de la pulpe de mes doigts soulève le tee-shirt ample pour profiter du creux de ses reins tièdes. – Tu veux que je reste, ce soir ? Tu veux que je reste avec toi ? Je me redresse à peine, pour venir chercher le bouton de son jean. Dodeline de la caboche du haut vers le bas, pour acquiescer l’idée lumineuse. – Demande-moi ce que tu veux. Demande-moi n’importe quoi pourvu que tu me laisses te faire l’amour. Ou pas. La négation qui s’échappe des lippes féminines laisse à peine filtrer la condition – celle de la douche à laquelle j’avais espéré me soustraire. Je ne suis pas sale ! ai-je envie de m’exclamer, un peu vexé qu’elle le sous-entende, voire qu’elle le dise carrément. Mais je me souviens de la bibine, des clopes et du banc, dans le parc ; du sol sur lequel je me suis vautré un moment avant de pouvoir m’en lever. Pourtant je m’y refuse, à lui obéir. Tire sur le jean qui vient de céder. Râle aux menottes de Blondie qui essaient de me ramener à la réalité – une réalité où j’ai passablement l’air d’un clochard qui n’aura pas la splendide Clochette fleurant bon la salade de fruits. – Laisse moi… Laisse moi te prendre. Une supplique rauque. Elle avance. Je recule. On chancelle dans une danse hasardeuse qui m’arrache un sourire. Me fait lui mordre le cou. Lui taquiner le lobe d’un soupir suave. Ca dure jusqu’à l’encablure de la porte de la salle de bains. Je nous y stoppe, d’un coude contre le chambranle. D’une impulsion un peu vive je nous renvoi dans le couloir. Le dos de Varri tape dans le mur voisin. M’excite probablement un peu plus que ça ne le devrait. Ma paume louvoie contre le bas ventre ; apprécie l’humidité qu’elle y perçoit. Incite la blonde à se hisser sur la pointe des pieds dans l’égarement intime de mes phalanges. Je sais. Je sais où te toucher pour que tu gémisses. Cependant, même si le bassin ondule et que les prunelles vacillent – que son corps se crispe d’un besoin farouche - elle m’enserre l’avant-bras pour que je me retire. Tu… Es… Tu… As… Un véritable problème.Et merde, craché-je en la lâchant, à contre cœur. Dans une désillusion visible et douloureuse. Dans un futal beaucoup trop étroit qui restera trop étroit.

Je m’échappe sous la douche – espère que l’amour viendra avant la bouffe. Me calme sous un jet d’eau glacial – le tente, tout du moins. C’est parce que je n’ai rien voulu faire, ce matin ? C’est ta petite punition ? Avoue que le moment était beaucoup moins bien choisi que celui là… Elude, un peu pressé. Termine en me brossant les dents, à moitié sécher ; une serviette autour des reins et les cheveux dégoulinant de flotte. Sors de là en un quart d’heure, tout au plus, pour retrouver Varri. Elle s’est changée. A enfilé une tenue qui me fait hoqueter dans une surprise un peu niaise. M’arrêter au milieu de la pièce comme si ce n’était qu’un rêve. T’as trop bu Lars. T’as carrément trop picolé. T’as des hallucinations. Ma caboche se penche de côté quand mon encéphale s’accorde une pause épatée devant la nuisette noire, transparente, et très courte qu’elle s’est offerte. Quand je sais pas, mais on peut dire qu’elle est diablement évocatrice et qu’elle l’a parfaitement bien choisie. Et elle se cambre, Varri. Laisse apparaître le galbe de ses fesses et la naissance d’un tanga. Mon ardeur gonfle comme celle d’un débutant ; comme si elle était la première femme que je voyais de ma vie. Elle m’incite à la rejoindre. J’aimerai résister. Rester là, sans bouger et lui proposer, d’une voix constante, de manger plutôt, avant de profiter du dessert. J’aimerai qu’on se renvoi la balle, dans l’accession au plaisir – dans une frustration ambitieuse. Mais il est là, le problème. C’est que, c’est beaucoup trop ambitieux pour moi. J’abandonne volonté et serviette. Ecrase la distance qui me sépare d’elle. Fond dans un frisson extatique à l’instant où ma peau, brûlante, effleure la sienne. Où je soulève le tissu léger jusque sur les hanches et qu’elle se détourne pour me présenter sa nuque. Pour frotter sa croupe contre mon membre. Putain.Reste comme ça, ordonné-je de cette voix plus grave de quelques octaves en passant une main entre les cuisses pour qu’elle les écarte. – Ne te déshabille pas. Les bords du tanga sont repoussés quand je me plaque contre elle, un bras enroulé autour de son ventre pour la maintenir. – Parle moi, ronronné-je en bougeant les hanches. Provocation terrible. – Dis moi n’importe quoi Amour. Mais parle moi. Elle ne saisi pas. Me cherche un peu du regard. Se tend et s’arrange dans une impatience aussi fébrile que la mienne. Or ce n’est que lorsqu’elle ouvre la bouche – que sa gorge vibre de sa première syllabe – que je m’enfonce en elle. Aussi loin que possible. Jusqu’à la faire un peu basculer. Cris, maintenant.








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My piece of you [Terminé] - Lun 5 Fév - 20:57
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sorciers
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EFFIGIE : Charlize Theron
BAFOUILLES : 10946
PACTE : 04/01/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Kiffe se soumettre à un certain mâle alpha et a du mal à l'admettre. A le palpitant qui déconne en sa présence. En couple donc, toujours fourrée dans les bras d'Irénée.
BESOGNE : Ancien officier de police. Morte aux yeux du monde dans l'asile dont elle s'est échappée.
FABLE : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle
ÉCHINE : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé des gens. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation.
PRESTIGE : Clairvoyance empathique. Varri peut vivre les souvenirs des autres.
CREDIT : Carnavage
LARS
&
VARRI
MY PIECE OF YOU
Tu sais qu’on y viendra, à un moment. Pense-t-elle derrière la douceur qu’elle lui offre. A ce problème qu’est le tien. L’alcool dans lequel tu te noies. Pas maintenant, non. Pas demain non plus, mais sûrement dans quelques jours. Quand elle flairera le manque chez lui. Quand il se dira que c’est vital pour lui de boire et qu’il cherchera à s’esbigner – préférant ça plutôt que de faire face aux émotions qui le terrassent. Qu’il préfèrera fuir et faire corps avec les spiritueux plutôt que de parler avec elle. Sa nouvelle condition de lupin complique la tâche car gomme probablement les effets néfastes de l’alcool sur l’humain à première vue – mais la fragrance… Son odorat exacerbé par la grossesse la rend plus sensible. A coup sûr qu’elle pourrait déceler dans une proximité si Lars s’est laissé aller à plus de deux verres d’alcool. Tu parles d’un super pouvoir.

En lui cédant l’autre bout de fraise, Varri tâte le terrain, un peu fébrile. Elle ne sait pas sur quel pied danser, entre les reproches tus, la tristesse et la colère se tutoyant dans le mâle, son envie à elle d’oublier pour qu’ils se retrouvent. Dans ce désir de soutien mutuel qui ne s’improvise pas. Ça prendra probablement du temps et ça demandera autre chose que les relents nauséabonds des ses névroses. Un travail sur elle. Un travail sur lui. Du temps, de la patience pour retrouver confiance, se connaître, se comprendre. Il l’entraîne contre elle, Lars, l’arrachant à ses inquiétudes pour l’embrasser. Dans un plaisir sincère et communicatif qui lui soulève le cœur dans des remous puissants. Et qu’elle se demande, Varri. Comment est-ce possible de se faire autant de mal quand on peut se sentir si bien l’un avec l’autre ?

Blondie soupire profondément. Ferme les paupières dans un bien-être lascif tandis que leur visage se frôle et que leur souffle se mêle. Tu sens l’alcool. Ca lui vient comme une ombre sur le tableau lui rappelant que le déni ne sauve pas de tout. Tu as un goût étrange. Mélange de fraise, de menthe, de tabac et de whisky. Pas désagréable en soi – simplement entêtant, là pour lui rappeler l’hideuse vérité de ce malaise qui plane. Il lui dit qu’il l’aime Lars et le museau de la blondine cherche le sien dans cette confidence – essayant de capter les ridules d’expression sur son visage. A la recherche de cette sincérité en dehors de la passion qui les noue. Alors ne me fuis pas… Ne me fuis plus. Plus jamais. Supplique qui ne franchit cependant pas ses lèvres. Elle préfère goûter à la saveur qu’il y a laissé de son baiser. Caresse son visage du sien dans un flottement bienheureux un peu stupide. « Je t’aime… » Murmure-t-elle à son lobe en l’enserrant de ses bras. Elle frissonne à sa main qui s’immisce sous son tee-shirt, à la promiscuité affriolante qui lui rappelle qu’ils sont tout deux pétris par l’envie. De cette soif l’un de l’autre. Insatiable. Enivrante. C’est à elle de fermer les paupières cette fois-ci, transie par ses mots. « Oui je veux que tu restes avec moi… » Pour qu’on se retrouve, pour qu’on se pardonne, pour qu’on oublie. Et la respiration de Blondie s’accélère quand il pince son jean pour en défaire le bouton. Dans un mélange d’angoisse pour les soupçons qu’il pourrait avoir en sentant la courbe naissante de sa panse et de l’excitation par laquelle répond son corps à la perspective sulfureuse à venir. Le duel se livre, l’esprit gagne.

« Non, Lars… » Geint-elle en lui étreignant les poignets pour les dégager. « Va prendre une douche. Ensuite, je te laisserai me faire l’amour. » Proteste-t-elle dans une mine autoritaire de maîtresse d’école, décrédibilisée par le rouge lui montant aux joues. Mais il s’accroche à l’idée, Lars. Ne veut pas lâcher son pantalon dans quelques grognements réprobateurs. Arrachant soupir à Varri, autant pour son manque de coopération que pour les signaux que son corps envoie à son esprit. Ses mains s’emmêlent aux siennes un peu plus fermement. D’un timbre fiévreux, il suspend ses mots. « Tu exagères. » Elle lui pince les côtes pour le déstabiliser et le fait reculer dans le couloir dans une œillade espiègle. Leurs pieds dansent un peu dans le mouvement tandis qu’ils se bousculent. « Lars… Ne m’oblige pas à répéter. » Il lui mord le cou, lui souffle à l’oreille. Ce n’est pas fair-play du tout, ça, Lars. Elle ne sait pas vraiment d’où elle la tire, sa résistance, Varri. Sûrement parce que ce n’est pas le bon moment pour lui dire qu’il va probablement être père - évoquer l’évidence d’une contraception inexistante qui rajouterait une couche aux imprévus de la semaine. Mais l’envie est là, gonflée par la protubérance au pantalon masculin. Et elle se dit qu’elle ne pourra pas, Varri. Pas résister bien longtemps au désir de le sentir en elle jusqu’à en jouir.

Tandis qu’elle le guide jusqu’à la porte, espérant qu’il cède à sa requête, le mâle réduit ses efforts à néant en la bousculant jusqu’au mur. Brutalement, bien assez pour lui arracher un sursaut de surprise et une crainte latente pour l’embryon malmené par leur cavalcade. C’est qu’elle aurait aimé ça, Varri en tant normal. Et c’est qu’elle aime ça, comme en témoigne la tension au fond de sa culotte, de suite révélée par la paluche inquisitrice de Lars qui s’y glisse sans crier gare. L’esprit aboie. Le regard trahit une étincelle réprobatrice avant que la tête ne bascule dans les égards qu’il lui accorde, un gémissement à fleur de ses lèvres entrouvertes. Putain. Pourquoi faut-il que ce soit si bon ? Pourquoi faut-il qu’elle ait ce besoin irrépressible de lui. Physiquement. Ses doigts la trouvent, la font se tendre mais elle trouve le courage d’agripper l’avant-bras fauteur de trouble pour le forcer à s’éloigner. Et tandis qu’une excitation fourbe voile son regard, Varri tente de se donner de la contenance. « Allez... » L’encourage-t-elle tandis qu’il rage. Elle fait mine de la traiter avec indifférence, sa raideur virile mais à peine a-t-il tourné le dos pour disparaître par la salle de bain que Blondie s’affaisse contre le mur dans un gémissement étouffé.
Fais chier.

Comme une fille chercherait ses frusques pour se carapater après une nuit torride avec un parfait inconnu, Varri revient dans la pièce principale dans un semblant de panique, réfléchissant à vive allure pour trouver un juste compromis à leur envie impossible à museler. Elle soulève son tee-shirt encore une fois pour faire dégringoler sur son nombril ce regard un peu accusateur dans l’évidence qui s’impose. Il ne verra rien… Tente-t-elle de se rassurer. C’est léger, à peine visible. Du moins pas si il reluque son nombril trop longtemps. Alors elle farfouille à la hâte dans son sac d’affaires posé à l’angle de la pièce pour y trouver cette nuisette qu’elle a achetée il y a une semaine de ça. Ce genre de dessous coquin qui peut lui décrocher la mâchoire – qu’il n’a pas encore vue d’ailleurs parce qu’elle attendait un moment opportun pour la sortir. Là, c’est le bon. Tendant l’oreille pour écouter l’eau couler de l’autre côté du mur, Blondie se déshabille à la hâte pour enfiler le tissu transparent. Constate dans un grincement dépité que ses seins s’y trouvent à l’étroit – bien plus que le jour où elle l’a essayée. Chasse cette pensée en enlevant sa culotte en coton pour enfiler un tanga noir en dentelles pour que ce soit raccord. Stupidement, dans cet empressement anxieux qui ne lui ressemble pas vraiment, Blondie range le tout à la hâte et ordonne sa chevelure avant de s’allonger sur le plumard. Cherche une posture de vénus alanguie avant de déterminer que l’idée est mauvaise et de sauter hors du lit pour arranger le drapé de la nuisette distraitement.

C’est là où Lars apparaît, aux abords du couloir et qu’elle capte ses mirettes hallucinées. Elle lui décoche un sourire malicieux, un regard jeté par-dessus son épaule tandis qu’elle creuse l’échine pour lui offrir la vue de son postérieur moulé par le sous-vêtement échancré. L’invitation se perd dans le dédale d’une observation mutique avant qu’il ne daigne la rejoindre, balançant serviette pour dévoiler son excitation manifeste. Et ils se rencontrent à nouveau, dans cette effervescence passionnée – de celle qui lui ferait presque oublier l’angoisse des précautions à prendre. Il joue avec le tissu et elle pivote pour tendre les fesses, remuant légèrement contre lui pour honorer son impatience. Savoure ce contact et sourit à cette autorité fiévreuse qui transpire de son timbre quand il lui ordonne de rester habillée. Si tu savais comme ça m’arrange… Et il la tient, Lars – parvenant même à lui faire oublier le bras tendu contre son ventre. La fait vibrer quand il lui demande de parler et qu’il ondule contre elle alors que le tanga est baissé sur ses cuisses. Elle s’incline un peu pour capter son regard, dans l’interrogation succincte suscitée par la requête avant de se redresser pour faciliter l’échange dans un gémissement hâtif. « J’ai très envie de toi… » Le murmure du premier mot vire en couinement lorsqu’il la pénètre dans une tension équivoque. Et qu’elle se sent partir, Varri – parce que cette attente inextricable prend fin et que le plaisir est décuplé. « Tu m’as tellement manqué… » Murmure-t-elle avant de glapir lorsque de ce court instant où il se tient immobile en elle, il se décide à bouger. La blondine replie un bras contre le sien, ramène l’autre en arrière pour espérer agripper une fesse. Avec ferveur, avec passion. Elle l’encourage. Grogne son nom. Ramène son dos contre son torse dans les allers venues qu’il décrit en elle, de plus en plus vite. Renverse la tête en arrière contre son épaule et cherche sa bouche pour l’embrasser – pour lui livrer ses halètements dans une spontanéité licencieuse. Et elle veut lui arracher quelques râles – fait onduler sa croupe le long de son membre pour prendre pas sur la cadence qu’il lui impose. Ralentit un peu juste pour le sentir davantage frissonner. Le mâle arrime une paluche à un sein pour le pétrir férocement. Un peu trop, vu la douleur qui la lance et la fait crisper jusqu’à son intimité. Elle serre les dents Varri – maudissant cette sensibilité nouvelle avant de guider la main fautive jusqu’à sa bouche pour lui sucer les doigts. Les lui mordre à chaque ondulation fiévreuse. Le frottement du tissu contre leur corps serré faisant naître davantage de picotements sur son derme brûlant.

Tu es parfait.
Parfait dans tes imperfections que j’aimerais parfois gommer. Parfait même si il nous reste des efforts à faire pour se trouver, réellement.
Tu seras un père parfait. J’en suis sûre au fond de moi. J’en suis sûre.
Elle veut y croire. Comme elle veut croire qu’elle pourrait être une bonne mère.

Une larme s’échappe dans la jouissance. Elle gémit longuement, Blondie. Le souffle court et le cœur en déroute. Elle fait glisser la large paluche de Lars jusqu’à sa gorge, là où il peut percevoir les palpitations qui lui sont toutes offertes. « Reste un peu… » Lui murmure-t-elle. « Bouge encore un peu, en moi. » L’encourage-t-elle en glissant contre lui.
                 

Dialogues:
 
CODAGE PAR AMIANTE

☾ ☾ ☾ ☾ ☾
J'AI TOUT AIME DE TOI.

Y a que comme ça qu’on peut rêver de caresses au réveil. De torrents dans nos veines. D’une épaule pour pleurer sans honte. Et d’une oreille pour tout dire. Tout dire toujours quoiqu’il arrive.

(c)lazare.
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My piece of you [Terminé] - Mar 6 Fév - 3:29
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HJELM Lars
&
BJURMAN Varri
MY PIECE OF YOU

Moi aussi tu m’as manqué. Tu m’as manqué comme si on s’était perdu de vu. Pendant des années – des siècles – dans les tribulations d’une vie. Alors que tu étais à deux pas de moi. Qu’on dormait dans le même lit et qu’on continuait à faire l’amour. Tu me manque depuis la réception de la Nostro Regno ; depuis que je t’ai vu disparaître dans ce salon sans jamais t’en voir sortir. Depuis que tu m’as laissé derrière toi et que j’ai eu l’impression, dans ce moment de flottement terrible, que tu ne m’y laissé pas juste pour régler tes problèmes mais parce que c’était la place que tu me destinais à tes côtés. Depuis que je t’ai cherché dans cet immense palais des congrès et que je t’ai vaguement attendu, dehors. En fumant un paquet entier de cigarettes pour tuer le temps, le stresse, l’angoisse et la rage que tu faisais naître. Je crois bien qu’elle n’est jamais partie, cette rage, d’ailleurs. Qu’elle était toujours tapie au fond de moi dans l’attente interminable de te la faire payer – de te faire du mal comme tu m’en avais fait et comme j’étais convaincu que tu m’en ferais encore. Par ce moyen d’expression commun et muet ; loin des engueulades que j’estime inutiles avec toi. Dans ce silence menaçant. Et peut-être même que ça remonte à plus loin encore. A ces non-dits que je ne veux toujours pas dire. A cette appréhension que j’ai à te parler ; dans cette peur atroce du jugement que tu pourrais m’accorder. Parce que je ne me sens pas légitime. Parce que tu ne me fais pas me sentir légitime. Parce que dans ta folie je suis persuadé que tu peux trouver mieux. Parce que dans ta folie je suis persuadé que tu es sûre de pouvoir trouver mieux. Parce que je suis sûr de te rendre folle. Que tu n’étais pas comme ça, à Kiruna, ni même avec les autres hommes. Parce que tout ça me conforte dans l’idée que c’est moi le problème et que je n’aurais possiblement pas du revenir, le jour où j’avais trouvé la force de partir… De partir pour de vrai. Mon bras la serre plus fort encore contre mon torse quand mon bassin se lance dans des va-et-vient profonds. Mon nez se niche dans sa crinière de blé pour en humer tous les parfums – ses parfums à elle, de sa peau et de son shampoing et de la ville et un peu de moi. Mon bide se tord d’une tendresse peu commune dans ce genre de moment sauvage – dans un besoin viscéral et troublant d’être plus indulgent que d’accoutumé. Sa menotte palpe ma fesse à me faire grogner à son oreille. Je la redresse. Lui mord la nuque. Danse avec elle dans le claquement de nos chairs et dans les gémissements qui m’honorent. Dans cette bulle luxurieuse que nous bâtissons d’un amour brûlant – de nos peaux qui se frottent et de nos sexes qui s’emboitent. Et ça fait du bruit. Mais je n’entends rien. Sourd de désir. Perdu dans le baiser qu’elle me donne. Dans l’ondulation de ses hanches lorsqu’elle m’impose son propre rythme, hisser sur la pointe des pieds. Je râle de sa langueur. Du frisson qui me parcourt chaque fois qu’elle tarde à reglisser complètement sur moi. Je me sens venir.Continue, soupiré-je en balançant ma caboche sur le côté, extatique. – Continue… Il faut qu’elle se contracte autour de moi lorsque je lui agrippe un sein pour me ramener dans une réalité un peu moins flou et cotonneuse. Pour que, stupidement, j’amorce un mouvement plus brutal de reins en reprenant l’ascendant. Pour voir si c’est ça qui la dérange. Oublie dans son couinement approbateur que je suis source de nuisance – que je puisse l’être, tout du moins. Pousse plus loin pour la sentir se cambrer – enrouler sa langue autour de mes doigts. Pousse encore quand elle se tend. Et jouis quand elle jouit. Dans une injure qui se transforme en feulement.

Mes paupières se ferment. Je manque de basculer en avant – oblige Varri à se pencher légèrement. Ronronne dans un souffle anarchique dès qu’elle ramène ma paluche contre sa gorge. Lape sa carotide et suis surpris de sa demande. Cligne des yeux pour en retirer le voile trouble et psychédélique. Lâche ses flancs de mon bras lorsqu’elle m’incite à insister encore – que sa croupe bas mon bas ventre dans un clapotis humide. La paume à la gorge se presse légèrement. Relève le menton de Blondie pour contempler le visage rougit et bienheureux ; l’autre tombe jusqu’entre ses cuisses. Stimule dans de nouveaux coups de reins – dans les derniers instant de vigueur qu’il me reste. Ma bouche se plaque contre la sienne. S’entrouvre pour récolter ses gémissements. Et je meurs sous les spasmes de son second orgasme. Vibre en crachant son prénom dans un plaisir inexplicable – dans une fierté sans sens. Aimerai que cet instant dure toujours – me vautrer en elle pour avoir toutes les sensations de son corps qui se contracte. A défaut je me vautre à côté d’elle lorsqu’elle s’affaisse sur le lit – sur le ventre, le minois presque enfoui dans les couvertures. Je me concentre sur son dos, se gonflant au rythme de sa respiration ; sur la teinte de ses joues qui blanchissent à mesure qu’elle reprend contenance. C’était bon. C’était bien, m’affirmé-je mentalement, tentant de me souvenir pourquoi j’étais parti boire quand, parfois, il serait juste plus simple de lui faire l’amour. M’en rappelle dans un pincement un peu irritant. Dans un froncement de sourcil agacé. Le sexe a un effet placebo pendant les minutes où il fait office. Les suivantes sont un lourd retour à la réalité et aux problèmes qui en émane… Comme des miasmes. Quelques questions reviennent se battre au devant de mon encéphale. L’adrénaline et les endorphines chutent quand je me redresse, à peine, pour passer une main entre les jambes de Blondie – elle relève un peu la croupe. Tire sur le tanga que je lui enlève en des gestes un peu malhabiles. Me recouche sur le dos pour brandir mon trophée – celui d’une culotte ayant survécu à nos ébats, l’ultime. Ma nuque se tord. Roule pour que mon front puisse venir se poser contre son épaule. Les prunelles dans le vague du rebond de ses reins, l’une de mes menottes vient s’arrimer à l’un de ses flancs, remontant plus encore la nuisette transparente. L’instant tendresse du loup. L’instant où je me demande pourquoi je l’aime autant, Varri. Malgré ces choses que je peux lui reprocher et qui m’ont poussé à fuir, tout à l’heure. Nous accorde que ce n’est pas qu’une histoire de sexe quand, à travers les effluves de nos ébats je perçois son odeur bizarre. Je me détend. Passe la pulpe de mes doigts sur ses reins – sur les fossettes qu’elle a en bas du dos.

Quelques minutes s’écoulent avant qu’elle se mette à bouger. Que je l’embrasse au passage et qu’elle ne se campe sur ses jambes – pour faire je-ne-sais-quoi, un rapport avec la soirée qu’elle nous a prévu, j’imagine. - J’ai souvent entendu dire des gens qu’ils s’aimaient parce qu’ils étaient uniques, soufflé-je doucement. - Mais je trouve ça stupide parce que, tout le monde est unique et alors, tout le monde devrait s’aimer. Ca serait utopique ou orgiaque. Silence. Moi je ne t’aime pas parce que tu ne ressembles pas au voisin, ni à Crystal, ni à Jack L’Eventreur. Je ne t’aime pas non plus comme j’aime les fraises, ou la viande, ou le meilleur cru du monde – je ne t’aime pas de cette façon qu’on a d’aimer un plat. Le genre qui peut lasser un jour. Et encore. Je pense que l’Homme aimera plus longtemps les fraises ou la viande que ce qu’il aimera une autre personne. Comme si l’amour avait une date de péremption. Ma langue claque sur mon palais. – Je ne t’aime pas parce que tu as de grandes jambes ou de jolis yeux – bien que tu ais de grandes jambes et de jolis yeux. Je ne t’aime pas parce que c’est facile. D’autant que c’est difficile de t’aimer. C’est difficile parce que tu as une tendance maladive à être particulièrement chiante quand tu t’y mets. Je secoue la tête. – Non. Je t’aime parce que le pire de mes défauts arrive à se sentir séduisant sous ton regard. Je t’aime parce que tu te passes souvent une main excédée dans les cheveux lorsque je t’énerve. Je t’aime parce que tu me trouves beau dans les moments les plus improbables. Je t’aime parce que je n’ai pas l’impression de devoir jouer un rôle lorsque je suis avec toi et que tu m’apprends à être vrai, un peu plus chaque jour. Je t’aime parce que, grâce à toi, j’ai arrêté de courir derrière mon passé et la place que j’avais à Kiruna ; parce que j’ai arrêté de courir derrière la vie en y passant complètement à côté. Je t’aime parce que tu m’as fait ravaler tous mes préjugés – ceux qu’il me restait sur les Sames et que je n’ai même pas insulté un seul de tes ancêtres depuis que nous sommes ensemble, souris-je. Je t’aime parce que tu me permets d’être avec toi, malgré un passé commun assez houleux et toutes les merdes qui te sont arrivées à Rome par ma faute. Je t’aime parce que tu m’as pardonné des actes impardonnables et que tu me donnes l’impression d’en valoir la peine. Je t’aime parce que j’ai la sensation qu’il y a une part de moi, en toi. Qu’il y a toujours eu un nous – parce qu’il nous arrive de communiquer sans échanger un mot. Je t’aime parce que tu sais être patiente et compréhensive lorsqu’il le faut ; avec mon caractère et mes absences. Je t’aime parce que j’ai l’impression d’être quelqu’un et que chaque regard que tu me jettes est une décharge dans mon abdomen. Parce que je me sens bien, à tes côtés. Parce que je me sens aimé…









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My piece of you [Terminé] - Mar 6 Fév - 10:42
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sorciers
sorciers


EFFIGIE : Charlize Theron
BAFOUILLES : 10946
PACTE : 04/01/2017


OSSATURE : 37 ans
CONTRAT : Kiffe se soumettre à un certain mâle alpha et a du mal à l'admettre. A le palpitant qui déconne en sa présence. En couple donc, toujours fourrée dans les bras d'Irénée.
BESOGNE : Ancien officier de police. Morte aux yeux du monde dans l'asile dont elle s'est échappée.
FABLE : Elle a des doutes, surtout depuis qu'elle a perdu le bébé difforme qui grandissait en son sein. Celui qui a bien failli la rendre folle
ÉCHINE : Tout porte à croire qu'elle est la chair faible. Une humaine. Et pourtant, ses rêves ont toujours été peuplés de visions indéchiffrables à la symbolique poignante. Maintenant qu'elle est à Rome, elle rêve éveillée - sur le passé des gens. Elle est sorcière mais ignore encore tout de la vraisemblance de cette situation.
PRESTIGE : Clairvoyance empathique. Varri peut vivre les souvenirs des autres.
CREDIT : Carnavage
LARS
&
VARRI
MY PIECE OF YOU
Elle est si exaltante, cette complicité là. Si facile comparé au reste. L’ébauche d’un rêve qui signe l’exécution primitive d’une fusion charnelle. D’une osmose sans pareille qui aurait de quoi faire rougir le monde entier. Lars l’électrise de ses grognements satisfaits et elle se mord la lèvre, Varri, quand il lui incline le visage pour pouvoir la regarder et l’embrasser tandis qu’il s’exécute pour la mener au bout de son plaisir. Alors qu’elle s’abandonne à lui pour jouir une seconde fois, entre ses doigts et poussée par les derniers à-coups conquérants de sa virilité. La transe aux bords des cils, le délire aux bords des lèvres, l’amour lui démontant le cœur.
C’est dans ces moments là, qu’elle se sent utile, Varri. Pour lui. Parce qu’il lui donne l’impression qu’elle est unique, à défaut de pouvoir entendre ce qu’il a à lui dire et qu’il ne veut pas lui dire. Il lui donne l’impression d’être un besoin vital – d’une nécessité farouche. Et qu’elle veut être sa bouteille d’alcool la blondine, autant charnellement que moralement. Elle veut qu’il lui cause. Elle veut l’écouter. Elle veut s’oublier à travers lui, un peu, parce que c’est difficile de ne s’écouter qu’elle. De prêter autant d’importance au désordre qui l’occupe.

Varri se laisse tomber sur le lit, la respiration entrecoupée de cette effervescence qui l’irradie de la tête aux pieds pour disparaître dans quelques ondes doucereuses. Elle se sent ivre. Délicieusement ivre de lui. Capte ses mirettes de côté quand elle tente de reprendre son souffle et qu’il s’étale à côté d’elle. Repus. Pourquoi ça ne pourrait être comme ça tout le temps entre nous ? Dans une pleine satisfaction de l’un et l’autre ? Elle se sait fautive, avec le fossé qui s’est creusé entre eux depuis cette soirée où elle l’a perdu. Dans l’entêtement, la panique, l’inconscience. Et elle se dit tristement qu’elle s’y est habituée à son silence et que c’est pour ça qu’ils s’enlisent dans cette incompréhension mutuelle. Pas de secret. Plus de secret. Voudrait-elle exiger de lui. Même si je te fais peur. Même si tu doutes. Elle a besoin de savoir, Varri. Elle ne veut plus tâtonner et s’esquinter dans une mésentente tragique, tout ça parce qu’il se cache.

Le mâle fait traîner une paluche jusqu’à son dessous qu’il finit de retirer tandis qu’elle l’aide d’une inclinaison brève du bassin. Elle se fend d’un sourire, d’ailleurs, quand il le tend en l’air dans un vent de conquête. Elle comprend l’implicite et rit un peu, parce que Lars finit toujours par perdre patience et lui arracher ses culottes. Bien qu’il y en ait une qui lui soit resté dans la poche, réminiscence d’un souvenir douloureux de ce dessous épargné qui marque une fracture.

On oublie.
On oublie le passé.

Si seulement cela pouvait être aussi simple. Que d’un clignement de paupières, ils puissent balayer tous deux les mauvais moments et n’en garder que les bons. Il y a pourtant une évidence qui se profile dans le nébuleux de ses pensées dérangeantes. Qu’un couple se construit sur les meilleurs et les pires moments. Que s’il ne restait que le « bon », tout serait désespérément lisse et morne. Peut-être. Ou peut-être pas.

Lars l’observe en silence, son front tiède apposé contre son épaule dans un contact réconfortant. Il la touche encore pour remonter la nuisette et exhiber ses fesses, se perd dans une contemplation qui fait battre le cœur de la blonde un peu plus vite. Je t’aime. A ne pas avoir peur de plonger dans notre avenir commun, aussi incertain qu’il puisse être. Il la caresse rêveusement et elle soupire d’aise, joignant une main jusqu’à son torse pour lui répondre par des effleurements amoureux. Elle pourrait rester comme ça, étendue près de lui, parce que c’est la chose qui lui semble être la plus naturelle au monde. Elle pourrait se perdre dans le vert de ses yeux et ne rien dire – se contenter de lui offrir tous les sentiments que son cœur campe pour lui par le biais d’un regard.

« Ca m’a donné faim. » Finit-elle par lâcher après quelques minutes, songeant au repas qui les attend. A la soirée qu’elle lui prépare, d’une banalité confondante pour n’importe quel couple normal mais particulièrement rare pour une ex-flic aliénée en cavale acoquinée avec un dealer criminel assujettis par l’une des plus grosse mafias italiennes. Alors elle profite du baiser tendre de Lars et se met sur ses guiboles, Blondie – peine un peu à se stabiliser quand son corps lui crie de se vautrer contre son homme et de ne plus le quitter – déambule jusqu’à la table pour fouiller dans les poches en plastique à la recherche de ses prévisions culinaires. Quand elle entend Lars lui causer d’un peu loin, Varri pivote légèrement pour lui offrir son attention. Sa remarque la fait vaguement sourciller dans un amusement sincère – sur cet amour pour l’unique qui rendrait les choses plus belles. Sur ce lot de conneries que l’on se raconte pour justifier un sentiment qu’on peine à saisir. Elle se retourne pour s’appuyer contre la table, la mine un peu plus grave à mesure qu’il détaille sa pensée. Un peu la boule au ventre, aussi, de peur que de sombres vérités lui sortent de la bouche. Il dit qu’il ne l’aime pas parce qu’elle est différente des autres. Pas non plus pour ses longues jambes ou ses beaux yeux. Ni pour une facilité à l’aimer qui est complètement illusoire parce qu’à l’inverse, elle est chiante et qu’elle comprend, difficilement supportable. Creusant son ventre dans une impulsion téméraire, Blondie laisse son regard plonger jusqu’à ses pieds. Crispent ses orteils contre le sol quand elle voudrait se torde les mains dans l’angoisse de la suite. Puis elle lève les yeux vers lui, quand au lieu d’exposer ce pour quoi il devrait peiner à l’aimer il lui confie ce dont elle l’honore. Tout le bon qu’elle a su faire ressortir en lui. Tous les changements positifs qu’elle a su lui apporter alors qu’elle était venue à se demander, Varri, si elle le rendait un peu heureux dans toute la souffrance qu’elle lui apporte malgré elle. Il lui parle, lui parle, vraiment. De ce qu’il aime, du détail le plus insignifiant jusqu’aux bouleversements plus intimes et plus profonds de sa personne – à lui faire changer de regard, à l’aider à faire deuil de son passé pour se projeter dans la vie. A lui permettre d’envisager autre chose de cette existence qu’il a imaginée trop fataliste, ressentiment nourri par un père qui ne l’a jamais considéré. Il dit qu’elle lui a permis de devenir plus tolérant, plus clément, moins raciste à l’égard de ses racines bâtardes sur lesquelles il a toujours eu l’habitude de cracher avant de la connaître, réellement. Et il sourit, Lars, tandis qu’elle se sent un peu vaciller, bouleversée par ses mots – percutée par leur sincérité. Du moins, celle qu’elle espère deviner derrière les résidus de cette souffrance – celle qui a nécessité des mensonges pour être tue au tout début. Il dit qu’il l’aime parce que malgré le chaos qu’il a amené malgré lui dans sa vie, elle est toujours là, prompte à lui pardonner. Qu’elle lui donne une estime de lui. Que même s’ils sont deux, ils ne font qu’un parce que les mots ne sont parfois pas utiles. Car malgré tous ses défauts, elle est compréhensive et patiente avec lui quand il a tort de se comporter comme il le fait. Et Varri tremble un peu sous l’émotion vive – les yeux humides d’une lueur franche, de cet amour qu’elle a pour lui. Parce qu’elle a eu peur qu’il ne l’aime plus. Qu’elle ne lui évoque qu’indifférence et distance. Qu’il les lui impose pour se protéger d’elle, au moins le temps d’être capable de partir. Vraiment partir.

Mais il dit qu’il vibre, Lars. A chacun de ses regards. Il dit qu’il se sent bien et aimé. Il dit qu’il se sent enfin comme quelqu’un.

Blondie renverse la tête en arrière pour réfréner les larmes. S’évente un peu les paupières en maudissant ses hormones de jouer au yoyo avec ses émotions. Finit par en rire un peu pour la décomplexer. Condamne aussi un peu cette vulnérabilité et sensibilité quand lui peut être capable de lui opposer son stoïcisme blessant. Mais là, il lui parle, Lars. Il s’ouvre à elle. Il se confie. Un rêve. Ça doit être un putain de rêve. « Mon amour… » Murmure-t-elle d’une voix un peu tue par l’émotion. Elle le rejoint sur le lit pour s’asseoir, flanquée sur ses pieds avant de lui intimer de se redresser. Fait courir ses phalanges sur sa mâchoire dans une caresse subtile et l’observe avec intensité, rayonnant de cette ferveur qu’elle lui accorde. Puis elle l’embrasse dans un baiser long et soutenu, dans la volonté de lui montrer ce qu’il est parfois difficile de dire. Et quand elle rompt l’accolade, c’est pour lui imposer sa promiscuité et chercher son petit doigt opposé du sien pour le crocheter et le maintenir à hauteur de leur visage. Puis yeux dans les yeux, elle prend la parole. « Je veux que tu crois à ma sincérité dans ce que je vais te dire. Pour moi, ce geste est une promesse. Peut-être un peu maladroite parce que tu me connais mais… Vraiment, je veux que tu l’entendes. » Elle se pince les lèvres dans le silence qu’elle s’impose, passant sa main libre sur sa joue pour y faire disparaître les quelques sillons humides tracés par son émoi. « Je t’aime, Lars. Et je ne me rappelle pas l’avoir autant dit à quelqu’un avant toi. Et je n’ai jamais eu autant l’envie de le dire avant toi. Parce que j’ai envie… De te le souffler au creux de l’oreille à ton réveil, de te le murmurer entre le dessert et le café et de te le répéter avant que tu ne partes. J’ai envie de ça comme j’ai envie de le crier sur tous les toits. Tu sais, je pourrais le faire écrire dans le ciel dans ce genre de déclarations un peu stupides qu’on voit à la télévision – de celles qui m’ont toujours faites rire avec distance dans la critique parce que je n’avais jamais aimé au point de le crier au monde entier. J’aimerais te voir sourire, comme ça… Te faire sourire, surtout. » Elle avance son museau pour chercher le sien – se perd dans le flou de proximité. « Je sais que c’est difficile de m’aimer. Je l’ai toujours su, je crois – c’est peut-être pour ça que j’ai toujours cru que je finirai seule. » Et que je ne suis pas sûre de pouvoir supporter l’abandon. Même si elle sait qu’elle a sa part de responsabilité dans tout ça, Blondie. « Je veux te garder auprès de moi, jalousement. J’aimerais que tu m’appartiennes, vraiment. Je veux qu’on arrête de survivre ensemble mais qu’on vive ensemble, quelque part. Faire une croix sur mon passé comme tu as pu le faire avec le tien. Me projeter avec toi. Je t’aime et tout ce qui nous a opposé n’y changera rien. Parce que c’est là en moi. Tu es là en moi. Et qu’importe ce qu’on a fait tous les deux. Le mal qu’on a fait, le mal qu’on s’est fait. Je crois en nous. En toi. Et je suis désolée pour toutes ces pulsions irréfléchies que je peux avoir et qui te font penser que je m’éloigne de toi. Parle-moi quand ça ne va pas, Lars. Parle-moi quand ça va, aussi. Que l’on se parle, dans toute notre maladresse. Que l’on s’apprivoise, que l’on se réconforte. Tu m’as appris à lever les yeux de mon nombril. Tu m’as fait comprendre que je ne veux pas d’une vie sans toi. Que c’est difficile d’appréhender l’autre mais que je suis prête à faire les efforts qu’il faut pour te rendre heureux. Parce que ça me rend heureuse de te rendre heureux. » Comme là, maintenant. Une fois passé le malaise des retrouvailles. Dans tous ces balbutiements amoureux. Elle scelle ses paroles dans un baiser plus fiévreux, Varri. Se redresse pour l’enlacer avant de l’entraîner sur le plumard – son corps contre le sien, le serrant aussi fort qu’elle le peut. Et elle respire son odeur dans un gémissement satisfait. S’arrache quand elle réalise de la pression de son bide contre le sien. Un peu vite, chancelle jusqu’à la table sans vraiment prendre la peine d’offrir une transition. « Alors mon Lours, est-ce que tu as faim ? » Qu’elle lui demande dans une risette espiègle, spontanée dans cette trouvaille incongrue. Elle sort quelques plats froids dans leur barquette pour composer deux assiettes qui ont presque l’air sophistiqué. « Par quoi on commence ? Peter Pan ? » Elle lui présente le dvd comme l’une de ces hôtesses d’émission tv qui exposerait les lots gagnants. Puis arque un sourcil enjôleur avant de poursuivre. « Ou bien Kuzco ? »

Dialogues:
 
CODAGE PAR AMIANTE


☾ ☾ ☾ ☾ ☾
J'AI TOUT AIME DE TOI.

Y a que comme ça qu’on peut rêver de caresses au réveil. De torrents dans nos veines. D’une épaule pour pleurer sans honte. Et d’une oreille pour tout dire. Tout dire toujours quoiqu’il arrive.

(c)lazare.
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My piece of you [Terminé] - Sam 17 Fév - 15:57
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HJELM Lars
&
BJURMAN Varri
MY PIECE OF YOU

- Je ne vais pas te demander de m’épouser, tu sais, murmuré-je en la voyant balancer sa tête en arrière, dans l’émoi expansif d’un aveu que j’aurais probablement voulu moins terrassant. J’ai essayé, Amour… Je te jure que j’ai essayé de ne pas t’aimer. Avec des petits trucs, des petits riens. Des astuces de gamin. Au départ c’était plutôt simple. Quand on n’était pas ensemble et que tu occupais déjà une bonne partie de mes pensées. Il me suffisait de me remémorer des histoires, de Kiruna. Des arrestations ou des interrogatoires où tu m’avais particulièrement gonflé. Cette fois où tu m’avais poussé ou cette autre où tu m’avais envoyé une de ces œillades qui se dispense de mots. Et puis on s’est vu. On s’est vu plus souvent et pas qu’à travers des rêves. On a vécu ensemble très vite finalement. Je me suis dit que tu m’énerverais en un temps record, parce que tu en avais les capacités caractérielles. Que ça allait rapidement gueuler et que j’allais partir, sans vraiment me retourner ; que tu me donnerais raison sur les Sames et leur connerie héréditaire. Génétique. Un jour s’est écoulé. Un second. Un troisième. Une semaine et une seconde et une troisième. J’ai louché sur tes cheveux dans le lavabo et sur ta brosse à dent à côté de la mienne. Sur tes gels douche et tes shampoings aux odeurs improbables. J’ai posé mes affaires avec les tiennes dans un angle de la pièce… Et j’ai attendu que ça m’exècre, que ça me panique. Mais ça ne m’a rien fait. Même avec le temps. Alors j’ai mis mes quelques espérances de fuite dans la routine, l’ennui, les crises, les leçons de morale sur mon travail ; sur la place que tu prendrais dans le lit, tes pieds froids, ton corps chaud. Des bêtises d’affaires mal rangées, d’argent mal partagé, de dettes, d’espace, d’air qu’on se polluerait… J’ai espéré que tu sois plus emmerdante, plus insistante, plus jalouse et parano. Plus curieuse, psychotique, extrême et impulsive. Que tu ne me pardonnes rien. Que ce soit toi qui te lasse de moi quand j’ai compris que, moi, je ne me lasserais jamais de toi. Que c’était foutu – que j’étais foutu. Que j’étais pris au piège. Que je t’aimais. Que je t’aimais à m’en rendre malade et parano et jaloux et insistant et curieux et psychotique et extrême et impulsif et emmerdant. Que je te regarderais chaque jour sans m’agacer de ce que tu fais et de comment tu le fais. Que je regarderais chacun de tes gestes et qu’il me deviendrait familier ; que je finirais par mieux te connaître. Qu’un jour je ne te regarderais plus remettre ta putain de mèche de cheveux derrière ton oreille mais que je t’aimerais quand même. Dans la routine et les épreuves. Que je ne t’aimerais pas que pour une accumulation de détails mais pour un tout. Un ensemble de défauts et de qualités détonants.

Elle vient me rejoindre sur le lit, Varri. Les mirettes embrumées. Ses menottes cherchant à me ramener jusqu’à elle – jusqu’à sa bouche pour m’offrir un baiser fiévreux et vital que je lui rends dans un battement de cœur manqué. Dans une crispation du faciès sauvage. Mes crocs pincent le charnue de ses lèvres. Peinent à se soustraire à l’amorce d’une tirade ; dans le soupir qu’elle laisse échapper à l’instant où elle se recule pour me répondre. Scellant son petit doigt au mien dans une promesse qui me fait penser à celle de deux adolescents un peu rêveurs, utopiques – pas vraiment sérieux. Pourtant elle l’est, sérieuse, elle. Je l’entends au vibrato de sa voix transie d’une émotion un peu folle. Le genre qu’elle a utilisé parfois pour m’avouer des sentiments avec une sincérité bouleversante. Tu n’es pas obligée, tu sais, de rajouter quelque chose. Elle essuie l’une de ses joues. En retire le salé d’une larme. Articule qu’elle m’aime comme elle n’a jamais aimé et, même si j’essaie de ne pas la croire parce qu’être avec une personne qui ne nous aime pas est moins risqué que l’inverse – pour le cœur et l’esprit – je me surprends à accepter cette idée. L’idée qu’elle puisse être certaine de ce qu’elle ressent, pour moi. Pas parce qu’elle est folle ou paumée ou désespérée ; mais parce que c’est comme ça et qu’on s’est bien trouvé. Que ça ne sert à rien d’usé de stratagèmes pour nous éloigner ; pour qu’elle réalise par dépit que je ne suis pas un homme pour elle. Que, peut-être, malgré et contre tous, elle m’aime à l’inconditionnel. Aussi stupidement et aveuglément que possible. Tu m’as couru après bien plus que ce que je ne t’ai couru après. Ca serait d’une mauvaise foi incroyable que de continuer à me marteler que tu ne fais ça que pour l’argent et la sécurité précaire que je t’offre. Ca serait compliqué pour pas grand-chose. Il faut que je sois réaliste. Même si ça me fait un peu flipper parce que je ne trouve pas ça rationnel qu’une ex-flic aime un dealer – on se croirait en plein dans une série Z avec un scénario tiré par les cheveux. Cela dit, les faits sont là. Tu es encore là. Quand une pelletée d’hommes plus sains trouveraient leur bonheur à tes cotés, c’est moi que tu choisis. Ce n’est pas logique. Or l’amour n’est pas logique. Je le gâcherais à y trouver une logique – à la trouver en la poussant dans ses derniers retranchements.

Mes phalanges se crispent sur les draps. Mon visage se ferme dans une réflexion profonde – pas désagréable cependant. – Je t’appartiens, soufflé-je. Je t’appartiens déjà. Même lorsque je fuis. Même lorsque je suis stoïque et distant. C’est seulement comme ça que je communique – comme ça que j’arrive à foutre mes pensées dans le bon ordre. Que je les canalise et que je les structures pour pouvoir les exprimer ou les étouffer. Et ça, ça la tue, à Varri. Que je parle en décalé ; après, quand la pression est redescendue et que les gens normaux ont juste besoin d’oublier. Que je ressasse les problèmes sur des journées entières ; que je les fasse s’étirer sur des journées entières quand ça serait beaucoup plus simple de les exploser en plein vol, manière que ça ne pourrisse pas un quotidien déjà difficile. – Je ferais des efforts, moi aussi. J’essayerai, du moins. Les compromis ça n’a jamais été mon fort. Et elle m’embrasse, encore. Me bouscule pour qu’on chavire. M’enlace comme si elle avait envie qu’on fusionne. Me serre contre elle – contre son palpitant qui frappe irrégulièrement mon torse. Mon visage se perd dans le creux de son épaule. Mes bras s’enroulent autour de ses hanches. Je me repais de la tiédeur de sa peau – râle du tissu de la nuisette qui ne me permet pas de savourer pleinement l’accolade qu’elle me donne. N’ai pas le temps de lui faire remarquer qu’elle s’est déjà relevée. S’extirpant de mes paluches en me laissant un peu coi quand elle s’évade vers la table en chancelant sur la pointe de ses pieds. Semble tenter de reprendre contenance après ces quelques mièvreries nécessaires – de paraitre coriace à la lumière des aveux qui sont tombés comme une faiblesse. Je me redresse sur les coudes pour la regarder s’activer. Sortir des plats qu’elle nous sert avant de se tourner pour me faire choisir le visionnage du soir. Il faut que j’appelle Ada, vociféré-je dans ma tête en me mordillant l’intérieur d’une joue, contemplant les doigts fins de la blonde pianotant sur les jaquettes. Puis les prunelles dérivent. S’attarde sur le décolleté. Peter Pan. Je veux qu’on se mate Peter Pan en souvenir du premier surnom que je t’ai donné. J’ouvre la bouche, pour lui confirmer. La referme dans la foulée en fronçant des sourcils, le rebond de sa poitrine interpelant un instant mon attention. – Ta nuisette, murmuré-je en l’incitant à baisser le menton pour se reluquer. – Ta nuisette elle est trop petite.

Dans une impulsion un peu gauche je m’assoie sur le bord du plumard. Tend la caboche vers Varri. M’étonne qu’elle ne sache pas sa taille de fringue. Capte, dans un hoquet, que le problème ne tient pas d’une mauvaise évaluation de mensuration. – Tes seins… Un sourire étire mes lippes. La gêne assez pour qu’elle se dandine – se détourne, baragouine un truc que je saisi à peine, trop absorbé par le balconnet chargé. Elle me balance une explication succincte sur une probable hallucination. Je ris. Je ris parce que ça fait des mois que je les vois, tes seins. Nus ou soulignés de jolis dessous et que c’est la première fois que ça me happe autant.Non… Non je te promets tu as vraiment pris des seins, surenchéri-je en me levant pour me rapprocher d’elle. – Enlève ta nuisette. La curiosité enthousiaste prend le pas sur les effets de style et les tournures enjôleuses. J’aimerai lui dire que c’est drôle – me retiens lorsque je vois que ça ne fait rire que moi. Parce qu’elle élude, Varri. Veut bouffer avec des fringues sur le dos. Pourquoi ? Profite de ma proximité pour essayer de récupérer le tanga que j’ai toujours à la main. Je l’en empêche. C’est mon tanga désormais, tu en as plein d’autres, toi, à ce que je sache. Tu peux bien me donner celui là.Déshabille toi, ordonné-je déjà avec moins d’enthousiasme. Claque ma langue sur le palais lorsqu’elle refuse catégoriquement de le faire. – Qu’est-ce que tu as ? Rien, qu’elle dit. C’est faux. C’est faux et il ne faut pas avoir 150 de QI pour s’en apercevoir. C’est Basile ? C’est elle ? Elle a trouvé quelque chose d’improbable dans tes analyses et tu ne veux pas m’en parler ? Ou bien c’est ta sirène ? Elle est à l’origine de… De seins qui gonflent. Si ça, ça ne serait pas une vengeance complètement stupide de sa part. On ne peut pas dire que tu serais le meilleur au Cluedo, Lars.Amour, je vais te le demander une dernière fois, soufflé-je en agrippant le poignet de Blondie. – Est-ce que tu es sûre que ça va ? Un frisson secoue mon échine. Attend… L’un de mes index vient appuyer sur la poitrine. C’est ça ? C’est comme ça que je t’ai fait mal tout à l’heure ?









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