Tombeaux de calices [Sigurd]

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Tombeaux de calices [Sigurd] - Lun 22 Jan - 18:55
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Tombeaux de calicesSigurd & Jessy

Le silence plane sur cet endroit, telle la mort qui rôde s’apprêtant à faucher l’âme qui pour l’instant sommeille encore dans les limbes oublieux de l’inconscience. Le paysage aux branches décharnées des arbres qui se dressent comme des sceptres menaçants, s’habille de gris et d’un voile léger de blancheur, fine couche de neige qui est tombée cette nuit. Il ne neige pas souvent à Rome, mais cet hiver a été particulièrement rigoureux. Tout ici semble avoir été oublié, de Dieu surtout mais des humains aussi dans cette petite maison délabrée à la périphérie de la ville, loin de son agitation qui fait frémir les cœurs même la nuit, loin de tout signe de vie, si ce n’est ….quelques empreintes de pas dans la neige sur le terrain entourant la sinistre baraque, trahissant les évènements qui ont eu lieu, témoignant d’une présence qui a cru surprendre sa proie….

Mais les proies ont revêtu leurs habits de prédateurs plus futés qu’elle ne l’avait soupçonné pour des pauvres hères, nid de sangsues réfugiées dans ce taudis qui autrefois devait être une ferme prospère. Elle les a cru affaiblis par la faim, les a surveillés de loin dans la nuit, famille de trois personnes, homme, femme et enfant. En fait ils étaient quatre, et c’est ce détail qui lui a échappé. Et surtout, ils n’étaient pas affamés. Mais comment aurait-elle pu soupçonner l’insoupçonnable et impensable vérité ? Le sol autrefois champ de blé, s’est transformé en cimetière de ces calices qu’ils ont cultivés si longtemps pour se nourrir sans avoir à chasser. Un élevage d’humain que nul ne soupçonnait. Et Jessy vient de rejoindre les rangs dans son tombeau tout neuf, la terre fraîchement retournée pour l’accueillir dans un cercueil de simple planche lui laissant tout juste l’espace pour respirer, un tube fixé à son cou pour mieux y récolter le fluide si précieux.

Les bêtes fières de leur nouvelle acquisition, ne soupçonnant pas sa véritable nature, croyant à une simple folle égarée qu’ils ont surprise menaçant l’un des leurs, ourdissent déjà de nouveaux projets pour étendre leur culture et profiter plus encore d’un marché naissant, celui de la vente du sang. C’est ce qui a alerté l’Opus Dei, trafic qu’elle a remonté sans soupçonner son origine. Jessy était seulement sensée se renseigner sans mener de chasse, surtout pas seule. Ils préfèrent les binômes surtout quand ils ignorent à qui ils ont affaire. Jessy a trouvé bien plus que des renseignements et en chasseuse parfaitement indisciplinée n’a tenu aucun compte des recommandations. Elle a suivi la piste qui l’a amenée jusqu’ici dans cette campagne abandonnée, cette maison à demi en ruine dans laquelle se terrent les quatre sangsues. C’est le quatrième qui se terrait dans ce cabanon à bois, lui est tombé dessus, et l’a assommée avant de l’apprêter comme on apprête un jambon avant de le suspendre, pour le fumer, ici en l’occurrence, de l’enterrer vivante pour la transformer en calice et argent comptant et trébuchant.

Ca fait deux jours qu’elle était sensée avoir fait son rapport, deux jours qu’elle n’a plus donné signe de vie, quelques heures seulement qu’elle se retrouve transformée en sardine sans son huile. Et le réveil approche, le cœur reprenant des battements plus réguliers après le traitement infligé, mélange de somnifères administrés dans ses veines pour mieux la préparer. Il faudra attendre un peu pour la première récolte que la substance ne laisse plus de trace dans le précieux nectar.

Et ces nouveaux Thénardiers planqués dans leur refuge, ne se doutent pas pour le moment de la surprise qui les attend, un réveil plus précoce que prévu pour ce calice déjà aguerri à toute sorte de traitements.


©️ Justayne
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Tombeaux de calices [Sigurd] - Jeu 25 Jan - 3:08
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EFFIGIE : charlie hunnam
BAFOUILLES : 77
PACTE : 19/01/2018


OSSATURE : 35 années grossièrement gerber sur le faciès, des décennies d'errance difficilement planquées par la pupille abyssale.
CONTRAT : Célibataire
BESOGNE : Toutou du professeur tu as été, toutou du professeur tu resteras... Limier pour l'Opus. Récemment nommé nounou de Jessy
FABLE : Connaissance accrue du surnaturel et des diverses espèces qui le peuplent, le tout, soigneusement enseigné par le Professeur fou des temps modernes.
ÉCHINE : Maudit et assujetti au clairon de la lune.
PRESTIGE : Force décuplé, haute capacité d'analyse, instinct meurtrier poussé à l'extrême, don offert sous le coup des entraînements d'une existence bercée dans le noyau de la pègre et de la violence .
GANG : Allégeance faite, il y'a de là des années, au Professeur.
CREDIT : Avatar / sign"@Adele Croce"
TOMBEAUX DES CALICES

Jessy & Sigurd


"Je peux pas te filer plus d'infos, je sais pas dans quelle merde Jessy c'est foutue, mais sur ce coup, tu vas devoir te démerder Sig"

Il déteste quand il l'appelle comme ça, décapite sous patronyme entre ses lèvres ourlets  qui n'ont certainement jamais connu le total consentement pour en sentir d'autres s'y engouffrer.

"Qu'est ce que t'en as à foutre de cette tarée ? Tu poses trop de questions, jusque là, j'ai bien voulu t'aider mais là, tu m'en demandes trop. Tu peux pas venir comme ça, manquer de me foutre dans la merde pour une raison qui mérite visiblement pas d'être donnée"

"Rends moi un service Nicholas, fermes là c'te fois avec tes questions"

Puis ça sert à rien de t'répondre... tu pigerais pas... puisque même moi, parfois, j'oublie c'qui m'a trainé là.

"Ok le bourru... pas de question... je la ferme... je t'aiderai... si tu me laisses te suivre."

Le maigrelet, à la silhouette aussi tremblante que ses phalanges serrées dans le fond de ses poches, tente vainement d'assimiler les paroles qui viennent de sortir de sa bouche. Fixant Sigurd de ses yeux noirs, comme l'ébène qui jailli de ses mèches bouclées, retombant souplement sur son front. Il remonte ses lunettes, rondes, comme la mode le veut, avec des airs forcées de professionnalismes, dans un geste ultime traduisant sa nervosité. Les traits tirés par la confrontation silencieuse que mène le regard abyssale rivé sur lui. Il falsifie, troc, documents et armes de l'Opus, par service, par devoir, par désir de vaincre la médiocrité de l'emploi, la jumelant avec un semblant de danger. Il a l'apparence futile de la docilité. Un sous-fifre. Un cailloux dans la botte proprement cirée de l'Opus Dei. Un allié curieux, mais serviable. Quand il le veut. La bête s'allume une clope roulée, pesant, silencieusement, le pour et le contre, d'embarquer un boulet plein d'infos, ou de le laisser sur le quai et partir seul. Embrochant le destrier de l'inconnu. L'entrepôt d'armement est vide, ce soir. Personne à la ronde. Juste lui, et Nicholas, parlementant dans un discours sans profondeur. Discours s'ensuivant d'un invariable silence, troublé par le crépitement d'une branche de tabac mal coupée. L'oeil lasse, un soupir avorte les maigres paroles qui auraient pu effleurer le palais du blondin pour le dissuader. Il se tait. Un moment. Opine d'un regard lourd avant de maugréer, dans un crachat vindicatif qui fait frémir raide les cervicales de Nicholas.

"Tu vas m'suivre ouai, et prévoir assez de matos pour assurer tes propres arrières, parce que là bas... ça s'ra toi et rien que toi."


Au ton, le maigrelet sent que cette fois, toute prolifération germant de son intellect, ne pourra lui venir en aide. La détermination flamboyante de la bête le corrompant, dans l'ultime espoir d'action, dans sa piteuse existence dénuée de tout attrait héroïque le concernant. Dans le fond, Sigurd le sait. Et c'est certainement pour cette raison qu'il abdique aussi facilement aux requêtes du chétif. Peut-être qu'il lui serait utile, après tout...
Ou p't'être que ça a quelque chose de réconfortant de pas être seul...pour une fois.

"Le stock a été réalimenté récemment...je dois juste voir quelques trucs pour qu'ils n'y voient que du feux et... on pourra se servir... deux petites minutes"

Qu'il mâchouille en sortant son ordi portable de sa sacoche. La bête l'observe faire, pressant le temps en frappant le sol de la pointe de sa semelle, dans un geste d'impatience. La patience, c'est pas son truc à Sig. Lui, il aime l'action, brute. Réfléchie, mais pas trop longtemps. L'adrénaline du danger, injecter dans les veines, comme le ferait un seringue d'héroïne. Chaque secondes s'avèrent précieuses. Tant qu'il ne sait pas où est Jessy, le temps se fait d'or, l'éloignant un peu plus de la possibilité de la retrouver vivante. Creusant un fossé dans sa poitrine aussi béant que la déception vaincue qu'il ressentirait si jamais il faillit à sa mission. L'une des plus précieuses que le mentor lui ai inculqué au court de sa longue traversée à ses côtés.



Elle se rapproche, vicieusement, l'ombre qui flotte contre le mur gelé, dont le verglas luisant reflète les éclats fragmentés de la lune. Furète, à la recherche, de la bête dissimulée dans un feuillage dont le craquement trahi sa position. Soucieux, une larme glacée s'évade de sous sa capuche. Revêtu de noir, se fondant sournoisement dans la nuit, il sait que pour ses créatures, son habit ne suffirait à le dissimuler. Son holster serré contre ses cotes, il attend, dans un écoulement infernal du temps, dans la précision méticuleuse de la sangsue, à l'affût, qu'elle contourne ses pas, et n'appose son regard sur les traces laissés par son passage.
L'prof avait raison... j'ai la discrétion d'un poney en rûte et bordel.. ce soir... Blondie va claquer à cause de ça... Ou p't'être que ça s'ra moi.

Un énième craquement survient. Cette fois plus bruyant, nullement voilé. A l’extrémité opposée de son modeste refuge. Le vampire, jeune mais robuste, fait volte face, tournoyant dans l'air opaque et nébuleux avant de disparaître dans ce qui semble, un courant d'air glacé, venant pénétrer les sens du loup de son parfum nauséabonde. Parfum pestilentielle de la mort. Son souffle se relâche brutalement, le coeur au bord des lèvres. Il note dans un coin de sa cervelle, les fragrances particulières qui embaument la créature. L'imprime, pour éviter toute surprise quand lui viendrait l'idée de se repointer. Il s'écarte, à pas feutré, dos courbé sur ses jambes fléchies, prêtes à bondir au moindre signe. La demeure est gigantesque. Le terrain s'étale sur des kilomètres, et passé par les abords de l'essaim vampire était probablement la pire approche possible. Trop tard. Les deux bottes enfoncées dans la merde de sangsue, il s'avance, jusqu'à ce qui se rapproche le plus d'une grange abandonnée. Tournant les yeux en direction de la fine silhouette de celui qui, a l'heure qu'il est, regrette jusqu'à sa venue au monde. Quand il songe à la façon dont il va le quitter.

Une porte à l'arrière de la grange. Ridiculement éclairée par un tube néon rougeoyant. Toutes les sangsues s'sentent obligées de kiffer le rouge... La porte craque sous le poids de l'épaule qui la repousse, l’entrebâillant lentement pour qu'un œil puisse s'infiltrer à l'intérieur. Couvrant un périmètre de vision limitée, il pousse encore, le vacarme lui limant les dents. Serrées, à éclater sous la tension de la mâchoire. Putain... c'quoi ce bordel ? La porte béante, il reste planté là un moment. Le cerveau faisant des nœuds en tentant de comprendre l'image surréaliste qui se dessine sous ses yeux. Des tubes. Partout. Du sol au plafond. Une machine gigantesque occupe centralement la grange, qui n'a dorénavant plus rien d'un entrepôt de bêtes à foins. Grandiose dans sa complexité, macabre dans sa réelle utilité. Des tubes jaillissent du sol, tous reliés à l'immense et sanglante cuve, alimenté par un système de pompes bruyantes. Pulsant l'hémoglobine, sans arrêt. De façon continue, lente, mais continue.

"Oh putain.. oh putain... ... OH PUTAIN !"


Derrière son épaule, Nicholas manque de dégobiller sa bille sur ses pieds. Secouer de haut le coeur, il se recule, titubant, l'effroi trouvant son sens, rien qu'à le regarder. Sig le ramène dans la grange. Ses phalanges fermement agrippé à son col, referme la porte, sans précaution, pour le plaquer contre cette dernière en lui bâillonnant la bouche de sa paume, faisant se mourir ses hoquets contre le cuir de son gant.

"Hold kjeft ! Abruti..."


Qu'il grogne, plus par impulsion que par réel envie de se faire comprendre du chétif dont les orbes menacent de jaillir de son crâne. La panique coule comme l'acid dans son sang, teintant sa peau d'une pâleur d’albâtre. Il hoche la tête, bave contre la paume qui l'empêche de reprendre son souffle, ses lunettes de travers, menaçant de fuir. Comme lui, aimerait fuir cette terre désolée. Faite dans le seul but de tuer. Stocker. Récolter. Du sang, humain. Le sang de ses confrères, de ses âmes factices, comparables aux squelettes fragiles d'une souris. Elevés comme du bétails en cage. Des âmes dont Sigurd a cessé de se soucier. Depuis des années. Trop d'années. A ternir, à racler le reste de son humanité. Il tremble en fermant les yeux, sous la poigne qui l'enserre. N'arrive à se ressaisir. Le loup l'abandonne à ses sanglots, s'en écarte, sans plus s'en préoccupé. Subjugué par l'absurde de ce merdier. Putain Jessy... tu nous as déniché une bonne grosse famille de tarée.. chapeau, l'affaire du siècle. Il aurait presque pu sourire, s'il n'avait pas cette foutue certitude que l'un de ses tubes est relié à Jester. La bonne nouvelle étant, que si ses suppositions s'avèrent vraies, alors blondie respire encore à l'heure qu'il est.

"T'es remis Sherlock ?"

Qu'il lance derrière son épaule. Mots jetés sans retour. Plane alors un long silence avant qu'il se retourne. Guette la place où l'intello se trouvait un peu plus tôt. Personne. Seule la trace des tripes défaillantes sur le mur, dégoulinant sur le sol. Really ? Il pivote sur lui même, comme un pantin désarçonné. Le con... Suppose la fuite. S'en préoccupe peu. Retournant à sa découverte en pointant le bout de son flingue face à lui, dans le doute. Comme pour s'éclairer, se frayer un chemin dans l'obscurité du terrain. Quand il pousse l'une des lourdes portes -sur les traces des tubes de sang- il est loin de se douter. Derrière lui, un pas félin s'est rapproché, avant de bondir, d'une impulsion agile de pieds, sur lui. Des bras fins, courts, enfantins, encerclent sa gorge. Prive sa trachée d'air. Asphyxiant, il bascule, lourdement, en arrière. Un rire cristallin retentissant dans ses tympans.

"Je t'ai eu, je t'ai eu... ahaha... Je vais te manger tout cru... Je l'ai eu, je l'ai eu... c'est moi qui vais le manger... il est à moi et rien qu'à moi."

Chantonne la gamine au visage angélique. Sa joue glaciale serrée contre la barbe du loup, qui voit défiler sous ses yeux, des centaines d'étoiles dodelinant malicieusement. Comme pour le narguer, lui rappeler, que la partie est terminée.
Une nouvelle voix fait son apparition. Lointaine. Lourde d'autorité. D'une époque oubliée.

"Pénélope ! On ne mange pas les chiens, voyons. On les dresse, on les abats, mais à quoi bon s'empoisonner de leur sang nauséabonde ? Lâches et laisses papa s'en occuper..."


Et la voix s'éloigne, un peu plus lointaine à chaque syllable, avant que le brouillard ne s'épaississe. Odieux souvenir qui lui revient lorsque les ténèbres le bercent dans l'inconscience.

Le réveil. Lattant, douloureux. Par une souffrance vive, qui lui perfore l'abdomen, s'infiltre, froidement, dans ses veines pour lui remonter jusqu'au crâne. Privé de toute pensée, c'est en martyr qu'il se met à beugler. Des chaines d'argents lui clouant les pieds au sol, enchaîné, comme une bête. Pieds et poings liés. La gueule, dans ses hurlements, se met à gémir, puis à hurler entre ses crocs qui se mettent à sortir. Vomissant la bête qui est en lui. La douleur, il l'a connait, une vieille amie qui ce soir, est passée généreusement le saluer.

"Regardes bien, ma douce petite. C'est comme ça qu'on calme les bêtes teigneuses de son espèce."

Et il enfonce, ce qui ressemble à un tisonnier, pour alimenter le feu de la souffrance du loup, en lui plantant sa pointe contre la joue. Il hurle, encore. La petite sangsue s'en bouche les oreilles, et sans plus tarder, se met à s’esclaffer de son rire glaçant. Follement amusé par la nouvelle attraction de papa.

"Père, père ! Je veux essayer moi aussi... faites moi essayer"

Sans rien ajouter, le gentilhomme à ses côtés, lui lègue solennellement le tisonnier. Lui pointant les endroits de choix, qu'il a désigné rien que pour elle.Rien que pour lui. Le loup. Mi-humain, mi-lupin, dont la transformation a fait redoubler la virulence de sa rage. La souffrance s'en voit elle aussi, décuplée. L'argent empoisonnant son sang. La transformation inopinée lui déchirant la chaire. Son crâne se vrille, sans jamais s'essouffler, dans le but unique, de tuer. Les paluches s'écroulent au sol, se tordent. Des griffes proéminentes jaillissent de ses poings. S'agrippent au sol. Le griffent dans un bruit strident. Les vampires grimacent. Le loup, à son tour s’esclaffe. Brisant, dans un instinct de rage, les chaines gonflent sous le poids de la transformation. Tailladent la peau recouverte, de seconde en seconde, d'un imposant pelage. Le vampire se recule, barre de son bras, la bête curieuse qui observe le phénomène pour la première fois de ses jeunes yeux.

"Court rejoindre ta mère, vite."


Qu'il presse. Dans l'urgence. A travers ses babines, le lupin semble sourire quand les chaines finissent par céder. Avant de charger sur le père, dans un bond agile, pour lui arracher la gorge en y enfonçant furieusement ses canines.




Fuir, fuir, fuir à tout prix. Il court, à travers les bois, coupe, maladroitement, entre les feuillages. Cherche la voiture. Sa voiture. Parce qu'en plus de servir d’appât pour monstre, s'est son essence qu'on doit consommer. Il rigole. Prit d'hystérie. Furieux dans sa façon d'agiter frénétiquement ses doigts autour du trousseau de clefs, à la recherche de celle, qui lui permettra de se tirer. Se tirer de cet enfer. De cette zone de danger, marquée de rouge, de grande marre de sang rouge. Il frémit encore, et une nouvelle flopée de gerbe menace de franchir la barrière de ses dents. Il se glisse, hâtivement, derrière le volent. Il a l'image de Sigurd qui lui revient, cet abruti de brut. Une brute, épaisse, aux épaules larges, à l'assurance tranquille des abrutis qui ont perdu l'envie de vivre. Parce que vouloir vivre, c'est éviter ce genre d'emmerdes. Et lui. Sigurd. Il les attire. Ca pour le savoir, il le sait, Nicholas. Il l'a vu, se jeter dans le meurtre, se vendre, sans avoir à toucher à son âme. Qu'elle âme ?  Les phalanges blanchies par les crispassions spasmodiques de ses membres. Il sort du chemin dans un crissement de pneus. Il se fout du bruit. Il se fout pas mal de tout à l'heure qu'il est. Il a le cerveau qui déconne. Qui clignote. Toutes ses neurones se retrouvent écrabouiller par l'alerte.

Mais...

Il a la fragilité d'un bébé, dans le coeur. Il a cette infime conscience de la réalité, qui lui revient. La cadence ralenti. Des mots lui parviennent, des mots accablants, jetés de la bouche d'une mère alcoolisée qui lui répétait, encore et encore, à quel point elle était désolée, de ne lui avoir fourni ses fruits de la nature si propre au mâle. Il déglutit. Enclenche le frein à main. S'arrête. Tout ce stop. Dans un temps d’hébétement rotatif. Tout tourne autour de lui. Les images se confondent, entre lui, sa vie. Son passé. Son présent. Puis son futur. Il pose son front contre le volant. Mal en point. Blessé dans l'âme. Brisé dans le coeur. Et faible, toujours, dans le corps.


Il court, il court le furet, le furet des bois... vampires.


Revenu sur ses pas. Il découvre, la grange ouvrant sa gueule béante face à lui. Toutes lumières allumées et portes ouvertes. Il y a des bruits qui lui viennent. Il reconnait, dans les hurlements, Sigurd. Sa voix explosée en milles morceaux, dans des éclats épineux de rages puis de grognements, animales, abyssales. Lointain. Semblant rejaillir des portes même de l'enfer. Il ne frémit pas cette fois, le chétif. Il avance, l'âme guerrière, frénétique par l'adrénaline. Il se sent des pouvoirs nouveaux, se découvre, dans un acte aussi suicidaire qu'héroïque, en s'élançant entre les champs de tombes qui parsèment le terrain. Rapide, comme un rat, il chuchote, à demi voix, le prénom de Jessy. Il la cherche des yeux, sans rien voir, la neige recouvrant les caisses sous-terrains.
Alors qu'il désespère. Sa toque sous ses pieds. D'abord doucement, puis de plus en plus franchement. Dans des coups forts, mais relativement lents.  

"Mademoiselle Jester... psst... bon dieu, c'est vous ?"


Il tire la lanière du lance flamme et le balance sur son dos pour libérer ses mains afin de sortir Jessy de sa caisse mortuaire. Il explose, de ses doigts fragiles et écorchés, les planches de bois usé, une à une jusqu'à découvrir le portrait boueux de celle qu'il avait toujours croisé, pimpante et pleine d'une vitalité, qui a cette nuit, l'a quitté.

MR. CHAOTIK




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Tombeaux de calices [Sigurd] - Jeu 25 Jan - 19:23
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Tombeaux de calicesSigurd & Jessy

Attention mesdames et messieurs, le rideau va se lever ! L’heure du réveil est arrivée et au vu de l’allergie de Jessy pour l’enfermement, ça ne présage rien de bon, oh non loin de là !  Bien qu’enfermée ainsi comme une sardine dans sa boîte, il va lui être difficile de faire la démonstration de toute sa folie furieuse.

Et nous en sommes qu’aux prémices. Au début comme dans chaque réveil, tout n’est pas très net, non seulement elle se trouve plongée dans l’obscurité, mais elle a du mal à réunir ses pensées, et à définir où elle se trouve. Les mains très vite, cherchent à comprendre ce que les yeux ne peuvent plus raconter. Elle tâte, lentement, encore dans un flou qui lui enrobe le cerveau de coton, rencontre le contact d’une surface en bois rugueux qui agace le bout de ses doigts. Jessy instinctivement, bouge son corps, son genou se redresse en un réflexe, mais rencontre le bois à son tour. Un juron meurt sous des couches de terres, étouffé par le désert de ces lieux.

Jessy ne réalise pas encore, n’arrive pas à coordonner ses pensées, bien que la peur déjà nourrit son sang, le sang… c’est ça l’indice clef !! oui ! Les souvenirs surgissent brusquement telle une vague dévastatrice, la piste qu’elle a suivie instinctivement jusqu’à …cette famille, elle ne s’attendait pas à ça, des enfants, la fillette surtout qui a manqué la prendre de court, et au moment où elle s’apprêtait à lui tirer une balle dans la tête, le père a débarqué. Jusque là, elle gérait….la mère, était encore à l’intérieur. Sauf qu’elle n’a pas vu qu’il y en avait un quatrième qui était absent jusque là, celui qu’elle n’a pas pu observer, celui qui…l’a assommée, la prenant par surprise…

Le coup de feu a résonné dans l’air glacé de cette nuit, sans atteindre sa cible. Il y eu le son du choc de son corps contre le sol, et… maintenant ? Est-elle morte ? Jessy éclate de rire. Normalement ça ne devrait pas être possible, n’est-ce pas monsieur le sorcier ? Sa main cherche instinctivement la marque sur son bras, au lieu de quoi, elle se sent étroitement attachée, non saucissonnée. Le seul mouvement qu’elle parvient à faire, c’est tendre la main vers ce bois rugueux et beaucoup trop proche.

- Merde !

Le genou semble lui, disposer de plus de liberté. Mais le cœur adopte déjà un rythme cardiaque trop élevé. Pourquoi cette obscurité ? Elle n’est pas morte, non, elle est seulement tout bonnement prise au piège ! L’Angoisse irradie dans une brutale bouffée de conscience, dans tout son corps.
Prise au piège !
Le corps s’agite, frénétiquement, la tête heurte une autre surface au dessus de sa tête. Le genou, les genoux cognent la paroi de bois avec une force redoublée. Et Jessy hurle, mais le son est avalé par la terre. Elle hurle pourtant, encore et encore jusqu’à se briser la voix et cela dure, dure l’éternité de l’enfer. Cet enfer dans lequel on l’a plongée, celui dont on ne ressort jamais indemne si tant est qu’elle puisse en ressortir ? NON !! Elle refuse de céder ! La respiration est courte, et un mouvement lui procure soudain au-delà de la douleur qu’elle perçoit à peine, une étrange sensation.

Est-ce la sueur qui coule dans son dos, dans son cou et sur son visage ? Sa frénésie furieuse cesse brusquement. Le cœur bat si fort qu’elle a du mal à se concentrer sur cette sensation, là au creux de son cou. Et soudain il y a l’odeur si caractéristique, métallique qui l’accompagne, cette odeur qu’elle a appris à identifier presque aussi bien qu’un foutu loup garou !

- Du sang ! Le cri est haché, voix rauque, Jessy n’est pas certaine de comprendre.
Est-elle blessée ? Mais elle ne ressent aucune douleur. Normal peut-être, mais au point de perdre du sang sans le réaliser ?

- Putain c’est quoi ce bordel ?? Hurle-t-elle de plus bel, la voix brisée par ses précédents efforts.

Et Jessy laisse de nouveau libre court à toute sa fureur ! Elle se débat de toutes ses forces, s’écorche ses mains sur le bois, les poignets sciés par une corde grossière et épaisse dont les filaments épineux entament très vite la chair. Mais elle n’en a cure. La douleur, elle la connait par cœur, et c’est devenue une alliée qu’elle a réussi à dresser après un très long et intensif entraînement.

Elle continue donc de cogner encore et encore…. quand soudain le bois enfin cède. Jessy ne réalise pas tout de suite, emportée dans le courant d’une rivière qui charrie une folie meurtrière dans chacune de ses veines. La terre envahit l’espace qui lui restait, étouffe ses cris, pénètre dans sa bouche, dans ses yeux, jusque dans ses narines, au risque de l’étouffer. Mais Jessy crache, vomit, hurle des croissements qui n’ont plus rien d’humain, frappe, nage pour regagner la surface jusqu’à sentir la terre se muer en un liquide mou et glacé, jusqu’à ce que de l’eau coule dans sa nuque, la neige sur son visage.

Et ce sont deux poings toujours attachés qui soudain surgissent effrayant de clarté dans la nuit noire, pour se cramponner à la première prise solide sous ses doigts qui se font crochus, peu décidés à lâcher sa bouée de secours… un homme qui lui parle, hoquète à la fois de soulagement et de peur. Jessy ne l’entend pas, il y a bien l’écho de sa voix mais les mots sont vides de sens… Il lui faut d’abord renaître, respirer et vomir encore de cette boue qu’elle a avalée.

- Du calme mademoiselle Jester, on est venu vous sortir de là.

Elle croasse encore des mots silencieux, la voix cédant pour canaliser toute l’énergie qui lui reste dans ses muscles. L’homme lui tient les mains, la fixe avec un mélange d’inquiétude et ce qui doit ressembler à un sourire. Quand l’éclat d’une lame lui parvient, alors qu’il s’applique à libérer ses poignets, Jessy s’empare de l’arme sans égard aucun pour cet homme venu à son secours. C’est elle cette fois qui tranche de gestes hachés, les liens qui maintiennent ses chevilles pour se redresser enfin. Elle le repousse alors avec violence et tel un zombie titubant sorti tout droit d’un film d’horreur se dirige vers la ferme, seule source de lumière dans cette nuit si l’on omet la lune dans son dos. Les vampires, elle va les découper en petits morceaux et les faire brûler….en enfer, c’est tout ce qu’ils méritent !

Sauf que là, à la lueur d’un feu de cheminée, ce n’est pas un vampire qu’elle y trouve, mais le fantôme d’un passé qu’elle croyait perdu à jamais. Jessy écarquille ses yeux, si clairs contrastant avec la boue et le sang qui maculent son visage et ses vêtements, prononce son nom, mais aucun son ne sort de sa gorge meurtrie.

Pourtant c’est bien lui, Sigurd, l’ange gardien revenu des enfers pour la sauver ? Et cette vision complètement surréaliste pour la jeune femme baignée dans sa fureur, suffit à faire refluer le flot débordant de folie meurtrière. Sous le choc, Jessy tombe à genou, tel la brebis prête à recevoir la bénédiction de Dieu. N’est-ce pas là le plus beau des miracles ? A en voir son regard, c’est exactement ce qu’elle pense à cet instant précis.


©️ Justayne
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Tombeaux de calices [Sigurd] - Sam 3 Fév - 19:44
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PACTE : 19/01/2018


OSSATURE : 35 années grossièrement gerber sur le faciès, des décennies d'errance difficilement planquées par la pupille abyssale.
CONTRAT : Célibataire
BESOGNE : Toutou du professeur tu as été, toutou du professeur tu resteras... Limier pour l'Opus. Récemment nommé nounou de Jessy
FABLE : Connaissance accrue du surnaturel et des diverses espèces qui le peuplent, le tout, soigneusement enseigné par le Professeur fou des temps modernes.
ÉCHINE : Maudit et assujetti au clairon de la lune.
PRESTIGE : Force décuplé, haute capacité d'analyse, instinct meurtrier poussé à l'extrême, don offert sous le coup des entraînements d'une existence bercée dans le noyau de la pègre et de la violence .
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TOMBEAUX DES CALICES

Jessy & Sigurd


Un bain de sang. Poisseux et nauséabonde. Visqueux, collant à la truffe. Un long filé sanguinolent s'en échappe quand la gueule se défait du corps secoué par ses ravages. Vampire devenu charpie, gît entre les saccages de la bête qui brusquement, se laisse tomber sur ses pattes. Les os fébriles se rétractent, lentement, douloureusement. La transformation inverse s'enclenche, de grognements bestiales à gémissements humains. Le dos s'affaisse, se voûte. Des lamentations étranglés se perdent dans le fond de sa gorge. Ses pupilles, elles aussi se rétrécissent. Le poils se transforme en chaire, brûlante au contact de l'air glacial qui la pénètre. Sigurd retrouve forme humanoïde alors que les poings serrés se contractent contre le sol poussiéreux, sali de croûtes sanguinolentes. L'odeur du cadavre fait se froncer le museau. Retourne l'estomac quand, sous le palais, le goût vient s'y ajouter. Il se retient, grimaçant, en appelant à ses dernières forces pour ne pas dégobiller. Crache, haineusement, les morceaux de chairs putrides qui s'accrochent à ses gencives. Ca lui brûle le bide, tout ce poison qui s'insinue dans sa salive. Désarçonné, il tente de rassembler un semblant de conscience, dans l'urgence de l'instant. Les jambes tentent de s'accoutumer au sol. Chancelant, les doigts rongés cherche un recoin pour soulever le reste de la masse. Vainement, ils s'accrochent à un coin d'établi, lui aussi, poisseux de sang. Le théâtre macabre se ponctue par une nudité complète. Les lambeaux de vêtements parsemant le sol. Sigurd cherche des yeux la bouillie vampirique pour tenter de trouver un tissu pour se couvrir. Et puis... pourquoi pas fuir ? Peu désireux des comptes à rendre à blondie, la fuite semble être le plus proche et décent précipice dans lequel se vautrer.

Évoluer nu à quelque chose de déroutant, la virilité établie sous les tubes néons de la grange le fait se sentir vulgairement démuni. A la différence d'une nuit à hurler sous la pâle luminosité de la lune, il se retrouve le squelette fragile à découvert dans un essaim privé infesté de vampires. Ce qui change pas mal la donne, à ses yeux. Yeux qui furètent  partout autour de lui jusqu'à se poser sur une salopette, typiquement fermière, vaguement grotesque dans le contexte. Son cerveau bug. Un sourire sardonique traverse brièvement la commissure de ses lèvres quand l'image du vampire, enfoncé dans des bottes caoutchouc, se munie de sa fourche pour récolter de l'humain sous une fraîche nuit de décembre... Improbable. Si Jessy n'était pas sous un tas de planche, pompée de son sang, peut être même qu'il aurait rit. P't'être que je me marrerais en y repensant, quand j'les aurais tous buter... la petite peste en première. Avec hâte, il enfile la salopette quand des pas, chevrotants, semblent se traîner dans la neige. Calant les bretelles sur ses épaules, son regard se redresse, se retrouve brusquement happé, par l'iris familière de Jessy. L'impression dérangeante qui ressort cette échange, le prend de court. Alors qu'il s'apprêtait à essuyer toute une flopée d'injures, Jester débarque dans son champs de vision, comme obnubilée et prise d'hallucination face à l'image que lui projette la bête. Ses genoux frappent le sol, et c'est la force du choc qui ramène Sig à une réalité, trop brusque, pour que son cerveau n'avale toutes les informations qui se bousculent. Derrière Jessy, une silhouette se glisse dans son champs de vision. L'binoclard.

"-On a connu mieux dans le genre remerciement..."


Un sourire débile, presque obscène accroché aux lèvres, Nicholas se pointe, un pique de fierté dans le regard, les poings posés sur les hanches. Dans une posture à la fois comique, et ridicule, en vue de sa stature -de mini héro.

Mini. C'est tout ce qu'il est pour Sigurd qu'il le jauge. Les sourcils tordus de rage, il aboi brusquement, comme si la bête n'a pas complètement de résorber.

"-Fermes là avant que j't'arrache moi même c'putain de sourire."

Le goût de la torture pèse sous le palais. Affaibli. L'argent sciant ses membres, creusant son derme lui a laissé des marques amères que l'air candide sur le faciès de Nicholas ne peut soustraire. Les épaules de l'intello semblent se vautrer sur lui-même. Plus vraiment sûr de la valeur de son acte héroïque aux yeux qui le dominent froidement. Quand ses derniers se détournent, c'est un soupir qui s'évade de ses lippes. La bête, pantelante, se rapproche prudemment de la maigre ossature de Jessy. Sans réelle crainte. Gauche quand il s'agit de retrouvailles. Dans la peur, peut être, de devoir faire preuve d'affection ou d'une quelconque émotion. Pas franchement certain de ce qu'il doit faire dans ce genre de situation. Les codes sociaux les plus simples s'avèrent être dossier plus complexe qu'une famille de sangsues, aux yeux du blondin. Bien plus que les autres loups, que l'Opus...

"-Blondie..."

A son tour, ses genoux joignent le sol et s'abaisse à son niveau. Ses paumes rocailleuses relèvent le visage maculé de crasse et de boue humide pour percer les prunelles qui le dévisagent, ahuries. Sûrement. Ses pouces tentent vainement de découvrir les traits gribouillés par l'épuisement et les larmes. Elle ne tremble pas ; il se demande même si elle ressent le froid qui frappe ses épaules.

"-Faut qu'on se tire d'ici... tu m'entends ?"

La voix se veut réconfortante mais l'empressement perce à travers l'accent nordique. Le regard du blondin balaye les alentours, furtivement, avant de se projeter sur Nicholas qui a pour réflexe de baisser le sien.

"-Toi. File moi ta veste."

Il tend le bras. Lui arrache des doigts pour venir enrouler Jessy dans le tissu. Lui frotte les épaules, toujours aussi maladroitement, pour ensuite l'aider à se relever. J'vais t'emmener loin d'ici Jessy... j'vais tout t'expliquer... enfin c'que je pourrais... mais tu s'ras en sécurité... avec moi.


MR. CHAOTIK


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Tombeaux de calices [Sigurd] - Dim 4 Fév - 14:26
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Tombeaux de calicesSigurd & Jessy

Elle n’est plus rien qu’une créature pitoyable transformée par la boue et le sang qui coule encore de la blessure dans son cou et imbibe ses vêtements, macule son visage dans des traînées de doigts qui ont en vain tenté de se débarrasser de la terre. L’expression est hagarde et ébahie par le visage qu’elle croit reconnaitre. Pourtant, ses sens exacerbés, un million de fois entraînés, poussés jusqu’à leurs limites, font encore réagir son corps au son de la voix dans son dos. Jessy fait un brutal volte-face, le cul se retrouvant au sol, prête à se battre, face à celui qui pensait obtenir des remerciements.

Elle le reconnait et ses muscles se détendent quelque peu. Ce n’est pas un ennemi puisqu’il l’a aidée à sortir de sa tombe. Mais déjà elle l’oublie, son attention aimantée par cette voix qui ne trompe pas.  Cette fois elle est certaine de ne pas être en proie à un étrange délire ou une perturbante hallucination, c’est bien lui ! Revoir cette gueule qu’elle a eue sur le dos si souvent quand ce n’était pas elle qui était sur son dos, après si longtemps, il y a de quoi douter et pourtant il est là, devant elle. Il l’approche, parle à l’autre derrière elle. Jessy retrouve une position moins défensive, toujours assise par terre, à peine perturbée par le spectacle sanglant qui les entoure et la tenue pour le moins improbable de son ange-gardien, trop heureuse de le revoir.

Elle a envie de se jeter dans ses bras, trouver enfin ce refuge qu’il lui a toujours offert, mais le doute est le plus fort. Que fait-il ici et maintenant ? Son esprit aussi fou soit-il, essaie de faire le tri dans les informations qu’elle récolte, la chasse qui ne devait pas en être une, la filature, le type qui l’a assommée alors qu’elle se laissait stupidement distraire par la gosse…… Et les cadavres qui sont à présent dispersés autour d’elle témoignant du massacre qui a eu lieu ici. Mais à cet instant elle ne songe qu’à une chose. Bienfait pour leur sale petite gueule ! Bordel ils ont bien failli l’avoir ! ….et une fois de plus c’est Sig qui est venu à son secours. Certaines choses ne changent pas …..

Mais Sigurd n’est pas venu seul. Il y a cet autre type. Jessy lui lance un regard encore méfiant. Qui est-il ? Elle se retrouve avec sa veste sur le dos et son odeur. Elle tente de prononcer un merci, mais c’est un son étranglé qui sort de sa gorge, conséquence de cordes vocales brisées par la fureur mêlée de la terreur ressentie, logique quand on se découvre enterrée vivante. Oui elle l’entend, et elle aurait voulu lui dire que c’est la chose la plus agréable qu’elle ait entendu depuis si longtemps, ce petit nom qu’il lui donne et qui lui arrache un sourire.

Jessy hoche la tête et se redresse, même si….ses jambes menacent de céder sous elle. Bordel c’est quoi ce cirque ? Elle a l’impression d’être passée sous un rouleau compresseur. Sa main remonte à sa blessure. Elle a peut-être perdu plus de sang qu’elle ne peut se le permettre.

- M..rd !


Allez ce n’est pas le moment de jouer les faiblardes ! Jessy s’accroche à Sigurd qui l’aide à se redresser et ils s’éloignent ensemble de ce beau merdier ! Et le pire c’est qu’elle ne peut rien dire. Elle essaie mais sa voix s’y refuse, émettant de vilains borborygmes.

- ..boire, croisse-t-elle finalement, en espérant qu’un peu de liquide dans sa gorge lui fera du bien.

Elle avise alors un peu de neige ornant le bord d’une barrière, lance son bras pour en récupérer, la mâche pour l’avaler, gronde parce que ça n’a pas vraiment l’effet escompté, manque vomir, se contente de recracher, avachie sur la barrière avant de retrouver la poigne solide de Sigurd. Jessy soupire intérieurement. Elle aurait tellement à dire et à lui demander. Elle va devoir se contenter pour le moment d’essayer de rester debout et de marcher à ses côtés pour se tirer de là.

Ils ne marchent pas très longtemps. Il y a une voiture garée pas loin. La portière s’ouvre, et Jessy se laisse tomber sur la banquette arrière, n’offre plus de résistance, épuisée brusquement, signe que son calvaire a duré bien plus longtemps qu’elle ne le supposait. Un calvaire dont elle a réchappé que par miracle…. Un miracle qui a le visage de Sigurd….oui et son étrange acolyte….elle fera connaissance plus tard… Jessy renonce à lutter et ferme les yeux pour récupérer un peu, une des premières leçons apprises : récupérer dès que l’opportunité se présente pour mieux reprendre le combat ensuite….

©️ Justayne
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Tombeaux de calices [Sigurd] - Mer 21 Fév - 16:21
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lycans
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EFFIGIE : charlie hunnam
BAFOUILLES : 77
PACTE : 19/01/2018


OSSATURE : 35 années grossièrement gerber sur le faciès, des décennies d'errance difficilement planquées par la pupille abyssale.
CONTRAT : Célibataire
BESOGNE : Toutou du professeur tu as été, toutou du professeur tu resteras... Limier pour l'Opus. Récemment nommé nounou de Jessy
FABLE : Connaissance accrue du surnaturel et des diverses espèces qui le peuplent, le tout, soigneusement enseigné par le Professeur fou des temps modernes.
ÉCHINE : Maudit et assujetti au clairon de la lune.
PRESTIGE : Force décuplé, haute capacité d'analyse, instinct meurtrier poussé à l'extrême, don offert sous le coup des entraînements d'une existence bercée dans le noyau de la pègre et de la violence .
GANG : Allégeance faite, il y'a de là des années, au Professeur.
CREDIT : Avatar / sign"@Adele Croce"
TOMBEAUX DES CALICES

Jessy & Sigurd


Poupée de porcelaine brisée, se tient, contre son flanc. Il la soutient, l'aide, comme il peut, se fait pardonner. Muet. Il avance, traîne ses pieds écorchés par le froid, dans l'allée enneigée. Ca le fait grimacer, sinistrement. Ce froid qui lui pique le derme. Cette neige improbable. Ce contexte grotesque. Cette famille vampirique, cet empire prétentieux de sang. Des calices élevées comme des légumes. En masse. Dans des serres de terres et de larmes. Baignant dans leur propre merde, tant que ça n'infecte pas le sang. Droguées et nourries par ces tubes, goinfrées de gras. Comme des ois, engraissées pour mieux festoyer. Puis cette fuite... La bête jette un dernier regard derrière lui, se promet de revenir, de détruire. Sans médaille, sans prétention. La vengeance n'a pas de prix, ni de bourses. Ni louanges. Remise à plus tard, c'est une promesse, plus qu'un devoir. Un pacte invisible entre lui, et lui. Ils retournent sur leurs pas. L'homme enlace plus fermement l'épaule par laquelle il la soutient, cajolée du derme chaud et presque nu qui la couve. Enveloppe brûlante qui se veut rassurante. Transpire cependant la bête, par dessus l'odeur musquée du mâle. Il a envie de fumer. De boire aussi. Il a le palais visqueux, pâteux. Toujours ce goût gerbant accroché aux gencives. Jessy se balance en avant, manque de chuter. Les phalanges saisissent, un peu trop brusquement, le tissu qui craque, évitant la chute ; l'homme laisse un rictus vrillé ses traits bafoués quand elle se met à tirer la moue, fronçant du nez. Elle est tenace, bien plus que lui. Tient affront à la vie, au delà du sarcasme. Rejaillissant d'une profonde folie qu'il n'a jamais vraiment su saisir. Chacun masque ses cicatrices à sa façon, disait le Professeur, le regard luisant d'adoration quand Jessy pétait un tube, inopinément. Détenant une bombe à retardement entre les mains, la manipulant avec la précaution avide du savant chouchoutant ses avancées.

On y est presque... c'presque fini. Qu'il voudrait lui dire. Mais y'a ce truc qui retient ses mots. Y'a ce danger invisible, qu'il flaire dans son dos. L'absence de bruit. Percé par le bruissement infinis du vent entre les feuilles. Et cette neige, épaisse et gelée qui craque sous leurs pieds. Y'a quelque chose qui cloche. Une rémission, dont la détonation résonne faux à travers le silence perfide. Il inspire, le colosse. Renifle, à grand coup. Comme si les particules d'air allaient lui chuchoter l'arrivée d'un éventuel danger. Rien. Rien que l'odeur du sang, entêtant, qui bat à ses narines. Les pouls se mêlant, tantôt réguliers, pulsant violemment contre la carotide, tantôt fragile, privant le corps tremblant de chaleur. Ca le fait presser le pas, au loup. Plus pressé encore, de quitter se merdier. Tout en se doutant, qu'une fois rentré, il aurait un tout autre dossier à assumer.

...

Il voit, au bout du chemin, le capot de la bagnole se dessiner entre les arbres, zébrée par l'ombre des branches. Sans avoir besoin d'articuler l'ordre, Nicholas s'élance, les devance pour ouvrir la voiture et dégager le bordel à l'arrière. Son vieux lance flamme au marque de l'Opus frottant à sa hanche, le gênant visiblement dans sa manœuvre, lui tire des râles inaudibles tandis qu’il se démène à faire une place à blondie.

-Donnes lui d'l'eau, je passe à l'avant... toi occupes toi d'elle.

Il obtempère, bravement. Obéissant humain de chaire qui s'affaire sous l'ordre, sonnant davantage comme une supplique. Fais c'que moi j'suis incapable de faire... La pression sur le corps écorchée se défait. L'observe s'installer avant de se pencher pour tirer le bled sur ses jambes. Les genoux bleutés, recouverts d'hématomes et de terres tremblent bizarrement au contact duveteux. Il sait pas quoi faire de plus, ni quoi dire. Elle a les yeux mornes, le souffle court, l'essoufflement de la vie qui a menacé de la quitter. Comme robotiser. Y'a le reflet de l'échec, dans la pupille de l'homme qui regarde, une dernière fois. Comme pour s'assurer qu'elle ne va pas se briser sur la route. Il pourrait effleurer sa joue et la cajoler de mots doux, comme un ami, comme un frère. Comme il en est incapable de le faire. Nicholas doit savoir, lui. Avec son air candide, et ses iris crédules qui fixent le monde comme un problème mathématique qu'une formule pourrait résoudre. Il l'envie, une fraction de seconde. Cet humain à l'apparence humaine, et à l'âme fragile. A la courbe de l'échine pliable, remplaçable, effaçable. Dont l’humanité semble inviolée. Il se recule, d'un pas. Le regarde faire, comme un élève silencieux. Penche son visage pour mieux comprendre les gestes, semblant si faciles. Il lui tient la tête, dans une paume, lui tend le goulot de la main libre et doucement, fait glisser le liquide entre les lippes asséchées.
Ouai.... heureusement qu't'es là... le maigrelet.

-Barrons nous d'ici.

Mots laconiques. Brusquement concis, comme gêné, dérangé par les iris qui l'implorent de venir prendre la place du maigrelet pour l'entourer de ses bras. Manque à l'appel, encore une fois, se détournant du spectacle pour se jeter nonchalamment, de tout son poids, à l'arrière du volant. La bagnole démarre dans un vrombissement caverneux. Puis braque à fond pour un demi tour rapide, le pied écrasé à la pédale jusqu'à voir le bout de cet enfer.


MR. CHAOTIK



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Tombeaux de calices [Sigurd] - Dim 25 Fév - 23:35
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Tombeaux de calicesSigurd & Jessy

Jessy ouvre les yeux, déglutit difficilement, avec cette foutue impression d’avoir avalé toute une poignée de graviers, voir même une poignée de gros cailloux. Elle geint faiblement, se sentant complètement shootée, ce qui la fait rire soudain. Bon sang c’est quand même un foutu mauvais trip qu’elle se fait. Elle est là, installée sur…. Sur ce qui ressemble à un lit d’hôpital !

*merde !*

Elle tente aussitôt de se redresser, mais la pièce tourne follement autour d’elle, et la nausée lui vient. Ce qui d’après son expérience, ne peut signifier qu’une seule chose : ils lui ont foutu une sacrée dose cette fois. Tranquillisants ! Rien à voir avec une bonne dose de dope ! Elle aurait préféré ! Mais pourquoi donc lui ont-ils refilé des calmants ? C’est là qu’elle constate que ses mains sont en fait attachées aux barreaux du lit. Ca, c’est vraiment une très, très mauvaise idée !!

Jessy se met alors à tisser dessus de toutes les forces qui lui restent, ce qui provoque un sacré vacarme et finit par attirer une infirmière qui aussitôt lui intime de se calmer. *Grognasse, j’m’en vais t’calmer moi * Jessy aimerait bien lui dire de vive voix, ce que les voix éructent dans sa tête, mais ses cordes vocales ont morflé pendant qu’elle était enterrée vivante. Ouais voilà, ça lui revient ! Et bien sûr elle pense aussitôt à Sigurd. Il était là ! elle l’a vu, elle l’a senti ! Elle n’a pas rêvé ça !

Mais pourquoi bon sang, l’ont-ils attachée ? Elle essaie encore de se débattre et l’infirmière trouve alors l’argument qui fait mouche.

- Calmez-vous mademoiselle ! Ou je vais devoir vous faire une nouvelle injection !

Ok, Jessy cesse instantanément de se débattre. Elle secoue d’un geste sec une de ses mains et tente :

- Détach.-m.. !!!

Alors l’infirmière lui explique en secouant la tête d’un air navré.

- Nous avons été obligés de vous attacher. Quand vous avez repris conscience la première fois, vous avez arraché votre perfusion et le pansement que nous vous avions posé dans votre cou au niveau de votre blessure. Cette dernière a été recousue, mais il faut que vous laissiez le pansement, sinon vous ne pourrez pas guérir. Et la perfusion c’est pour vous réhydrater. Vous avez perdu beaucoup de sang ! Mais heureusement monsieur Strom et son ami vous ont amenée à temps.

Elle s’agite de nouveau.

- Sig ? j…v le voir !
- D’accord, je vais lui dire que vous êtes réveillée.
- Att…..où est-ce ….suis ?
- Où vous êtes ? Dans le secteur soin de l’Opus Dei naturellement.

L’infirmière lui lance un regard compatissant puis l’abandonne, à présent que sa patiente semble s’être calmée. Jessy espère qu’elle a été chercher Sig, parce que là tout de suite, elle se demande si tout cela est bien réel. Jessy baisse les yeux sur elle, elle porte un de ces horribles pyjamas d’hôpitaux. Ses cheveux ont été lavés, comme tout le reste ….et là tout de suite elle se demande de quoi elle doit avoir l’air dans un sursaut soudain de coquetterie.

Puis son regard tombe sur les sangles de cuir qui maintiennent ses poignets attachés aux barreaux du lit.  Pffff, à présent ce n’est plus obligé de la garder attachée ! Alors elle recommence à agiter ses bras, mais en essayant de ne pas trop faire de raffut cette fois. Il lui faudrait un couteau….ou un ciseau, une lame, n’importe quoi pour se défaire de ces liens !

©️ Justayne
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Tombeaux de calices [Sigurd] - Lun 26 Fév - 21:54
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PACTE : 19/01/2018


OSSATURE : 35 années grossièrement gerber sur le faciès, des décennies d'errance difficilement planquées par la pupille abyssale.
CONTRAT : Célibataire
BESOGNE : Toutou du professeur tu as été, toutou du professeur tu resteras... Limier pour l'Opus. Récemment nommé nounou de Jessy
FABLE : Connaissance accrue du surnaturel et des diverses espèces qui le peuplent, le tout, soigneusement enseigné par le Professeur fou des temps modernes.
ÉCHINE : Maudit et assujetti au clairon de la lune.
PRESTIGE : Force décuplé, haute capacité d'analyse, instinct meurtrier poussé à l'extrême, don offert sous le coup des entraînements d'une existence bercée dans le noyau de la pègre et de la violence .
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TOMBEAUX DES CALICES

Jessy & Sigurd


Il l’a laissé, encore. S’est faufilé hors de l’antre pour s’évader, un instant, hors de ses murs blancs, de cette odeur d’anti septique et de mort. Il a senti, brièvement, le parfum des chairs putrides, du sang frais, des organes délaissés. Ca lui a tiré un hoquet, secoué des tripes jusqu’aux pieds, avant que l’oeil du médecin ne lui rappelle sa tenue. La salopette trop petite, trop courte, découvrant ses chevilles et ses orteils nus, trempés et crasseux. Ses cheveux hérisser sur son crâne, tâché de boue et du combat. Les traces de sang noir qui ornent ses bras veineux et sa trogne, cabossée. Il a soupiré avant de marmonner au chétif de rester, suppliant, presque, des yeux fatigués, crevés par le remous dégueulasse de merde qui n’a de cesse de lui frapper les narines. Le bide. Dernière demande avant de disparaître, se changer. De fuir. Espérant que le réveil se fera long, lui donnera un peu de répit. Toujours si fâcheusement désarmé face aux mots. Délibérément fâché avec son palais.



Une heure. Juste une. De répit. Le temps de rien, le temps volé pour enfiler une tenue convenable, balancer un manteau sur ses épaules et retourner dans ce lieu exécrable. Au service des grands blessés. Au service des mourants. Au service des souffles qui s’en vont ou au contraire, se battent pour perdurer entre les cotes fracassées. Personne dans la salle d’attente. Pas de proches, pas de famille. Juste des soldats en piteux état. Et Nicholas. Assis sagement, occupant une chaise plastique aussi carrée qu’inconfortable. Ses yeux épuisés, rougies de fatigue se tournent mollement sur la carrure de la bête qui s’immobilise en comprenant où est la chambre de Jessy. Une infirmière en ressort, ferme un peu trop sèchement la porte derrière elle pour finir par relever ses mirettes sur le blondin. Petite. Trapue. Le regard bouffi, les joues rosies. Elle remonte ses lunettes sur son pif arrondi.

-Mademoiselle Jester vous attend, elle est très agitée... elle ne réclame que vous depuis son réveil.

Laissant supposer que seul lui, pouvait la calmer. Il jette un regard morne à Nicholas qui sans un mot, suffit à lui ordonner, à son tour, d’avancer. Résigné, contraint, il s’avance pour pousser la porte dans une lenteur prémédité, chaque secondes s’évadant du temps, lui en accordant un peu plus. Juste du temps. La porte reste ouverte sur sa carrure, prive d’intimité la malade et le bourreau, l’ange indigne dont les traits n’ont plus rien d’angéliques. La chambre est primaire, une chambre d’hôpital comme une autre. Sans couleur, sans vie. Sans fenêtre, en plus de ça. Pas d’extérieur, juste des murs, grands et pâles. Des tubes, encore. Et des sangles. Il hait ça, les souvenirs qui le hantent en permanence, rejaillissant dans son quotidien. Plus fermement à l’instant. Il tire la chaise la plus proche, la ramène près du lit, posant son casque sur la table de nuit. Nonchalamment, la bête s'installe, sans se pencher pour effleurer ni même toucher. Encore moins rassurer. Se contente de regarder, sans un mot, sans paroles à lancer. Juste le silence et ce bleu, perçant, qui le fixe. L’incrédulité. L’esprit encore embrumé des injections généreusement dosées qui paradent dans ses veines. L’effet certainement amoindri par toutes les conneries qu’elle a pour habitude d’ingurgiter, la blondie. La pupille qui luit de ce qui ressemble, lointainement, à de l'admiration. Il fouille, dans la poche intérieur de son manteau, cherche le carton rigide d'un paquet de clopes. Tâtonne pour en extirper une et la coller à ses lèvres. La tige coincée entre ses dents, il se penche, enfin. Défait les sangles une à une, des poignets, aux chevilles. Les interdits c'est pas son truc à Jessy. Il sait, comme tant d'autres choses à son sujet. Quel bande de cons... te laisser attacher ça t'donnerai qu'une meilleure excuse pour t'échapper, pas vraiment ? Parce que j'te connais blondie, j'sais que les interdits, dans ton langage, c'est bon qu'à être bravé. Il a tout sauf envie de s'évader en tête à tête avec elle, pour une envolée de questions auxquelles il ne saurait répondre. Alors il se contente de lui couper l'herbe sous les pieds, avant qu'elle ne fasse tout geste qu'ils regretteraient. Lui par la confrontation promise, et elle... Par les réponses qu'il ne lui donnerait pas.

-Tu veux une clope ? J'ai pas de shoot à te proposer, je prends pas la came avec moi... puis t'taçon, avec tout c'qu'ils t'ont filé, t'en as pas besoin pour planer.

Parce que là, tu peux trépigner et taper des pieds comme tu veux, blondie. Tu planes bien loin au dessus de ce bâtiment d'merde... chanceuse. Il aimerait planer, lui aussi. Avoir eu la clairvoyance d'embarquer sa flasque de whisky. Histoire d'avoir le cerveau qui déconne pour une bonne raison. Une raison valable. Une raison autre que le remord qui lui ronge le bide. Il a ce tique, de couvrir sa clope pour l'allumer, même dans une pièce fermée, se planquant d'un vent invisible. Par habitude, sûrement. Connement. Il s'en rend compte, brièvement. S'en branle, simplement. Cache le bout de sa clope de sa paume pour l'allumer. Inspire profondément avant de marmonner, dans un nuage de fumée, saccadé par ses paroles.

-Comment tu t'sens maintenant ? Ca doit t'changer le propre... le blanc... Ca pue l'enfer ici, mais contrairement à là bas, t'y es pour en sortir.

Il remarque, comme pour la première fois, les traits de blondie sans maquillage. Sans ce masque dont elle se badigeonne. Il la trouve jolie, sa blondie. Elle ressemble plus à une femme, peut être. Il remarque des trucs chez elle, qu'il n'a jamais vu. A force de la suivre, tapis dans l'ombre, la dernière fois où il a eu sa trogne, son regard luisant planté dans ses prunelles, remonte maintenant à des années. Si l'prof savait... s'il savait que j't'ai abandonné... juste cette nuit. Mais j'l'ai fait et maintenant, regardes toi. T'es toute cassée et c'est ma faute. Ses mâchoires se serrent, palpitent sous la crispation compulsive de ses dents. Il se penche en avant, pose ses coudes contre ses genoux écartés, s'affaissant un peu plus. Se rapprochant, encore.

-J'suis là maintenant, j'te lâcherai plus.

MR. CHAOTIK



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Tombeaux de calices [Sigurd] - Jeu 1 Mar - 0:16
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Tombeaux de calicesSigurd & Jessy

Une perle de sueur coule sur sa tempe. L’effort est décuplé, sa main qui se tend pour attraper le minuscule ciseau qu’elle a réussi à faire tomber de son support, dans sa boîte, grâce à son pied, décuplé à cause des effets de ces foutus tranquillisants de merde qui réduisent sa force quasiment à zéro et vu sa force, c’est dire combien ils lui en ont filé ! Franchement, s’ils voulaient qu’elle fasse une overdose de tranquillisants, ils ne s’y seraient pas pris autrement. *Bande de salopards, ordures !* Jessy essaie de rester concentrée. *vos gueules, putain !* Bon ça y’est, il glisse enfin dans ses doigts. OUI elle y est ! Jessy referme ses doigts sur l’arme improvisée, et elle a tout juste le temps de la planquer dans les draps sous sa main qui se crispe dessus quand elle entend des pas venir dans sa direction.

Elle fait alors mine de dormir, ce qu’elle serait sensée faire, si elle n’avait pas une résistance certaine aux médocs. D’où la dose de cheval qui malgré tout, n’a pas suffi. La comédie dure quelques secondes, le temps d’entendre la chaise qu’on tire. Et puis n’y tenant plus, Jessy ouvre les yeux sur son visiteur qui est là, tout proche….

- Sig, murmure-t-elle avec un sourire qui vient aussitôt fleurir sur son visage plutôt joli quand le maquillage ne le transforme pas en clown. Son regard se met à briller de joie, ou est-ce un effet kiss cool des médocs ? Elle ne s’en rend pas vraiment compte.

Et elle s’en fiche à vrai dire… Tout ce qui compte, c’est de le voir là….assis devant elle, avec sa clope au bec. Ce qui la fait rire…. Clope plus hôpital, vous voyez le truc ? Mais c’est du Sig tout craché…. C’est bien lui qui est là, y’a pas photo, personne ne peut imiter ce style incomparable du gars qu’elle n’a jamais réussi à apprivoiser malgré toutes ses tentatives. Et qu’elle a perdu ensuite……Jessy fronce les sourcils.

C’est sûr qu’il y a des tonnes de questions qui se bousculent, mais difficile de réfléchir correctement quand les tranquillisants courent dans ses veines, faisant valser le décor, comme si elle se trouvait sur un bateau dans une tempête, au milieu de ses voix qui se disputent pour avoir voix au chapitre une fois de plus, l’une pour s’extasier, l’autre pour l’insulter, l’autre pour le frapper, une autre encore qui pose ces questions qu’elle aimerait lui poser…. Mais comment voulez-vous qu’elle ait une pensée claire dans ce bordel ? Alors elle se contente de sourire tout simplement….

Jusqu’à ce qu’il se penche pour lui défaire enfin ces maudites sangles, à la surprise de Jessy qui sent l’émotion lui étreindre le cœur et le soulagement aussi. Elle n’a même pas eu besoin de le lui demander ! Du coup elle en oublie le minuscule ciseau dont l’éclat dépasse légèrement du drap. Elle l’oublie plus encore quand Sig lui propose une clope à défaut de Shoot. Roh là là, s’il n’existait pas, il faudrait l’inventer. Jessy se remet à rire, doucement, parce qu’elle n’a pas la force pour éclater de ce rire qui tonne et dérange.

- Nann…p..besoin. n’effet… p-t’être… un p… d’eau ?


Elle désigne la carafe et le verre sur la table. De l’eau, ça ferait du bien à ses cordes vocales, ça réhydraterait son cou, parce que ce n’est pas ce tube branché à ce sac au-dessus d’elle et relié à sa main qui va résoudre le problème de sa gorge. Dès qu’il la sert, elle boit goulument, mains tremblantes crispées sur le verre, au risque de le faire tomber. Puis enfin elle respire à nouveau, profondément, se sentant beaucoup mieux, lui cédant le verre pour se laisser tomber en arrière, la tête dans l’oreiller. Jessy ferme un instant les yeux mais les ouvre très vite à nouveau de peur de le voir disparaître comme par magie. Parce qu’il est très doué à ce jeu. Mais Sig est toujours là, et Jessy lui sourit à nouveau.

Il lui demande comment elle se sent, il lui parle de l’enfer qu’elle a vécu chez ces abrutis de vampires, mais ça, elle s’en remettra très vite. Pour l’instant, elle veut juste apprécier sa présence. Jessy hoche doucement la tête. Elle se sent beaucoup mieux, surtout depuis qu’il est là. Sa voix résonne un peu plus claire quand elle lui répond, bien qu’elle marque quelques trémolos à cause de ce qu’il vient d’ajouter.

- Ça va beaucoup mieux à présent….Sig….merci, d’être venu….là-bas.


Jessy sent quelque chose couler sur son visage, ça brûle un peu ses yeux trop secs et sa gorge se serre. Elle n’aime pas quand elle ressent ça, mais là c’est tellement fort qu’elle n’arrive pas à l’empêcher, à le contrôler. Sa main cherche celle de Sig qu’elle prend et serre. La tête lui tourne, mais elle refuse de céder. Elle ne veut pas dormir, pas maintenant ! Parce qu’elle sait que quand elle se réveillera, il ne sera plus là….et ça elle ne veut pas. A présent même si elle voudrait parler, elle n’y arrivera pas, parce que ça ferait trop mal. Jessy sent qu’elle perd le contrôle et lutte de toutes ses forces contre ses émotions. Alors tout ce qu’elle parvient à dire finalement c’est un faible et étranglé :

- Ramène-moi à la maison, Sigurd….S’il te plait, souffle-t-elle dans un ultime effort.
Et elle sombre aussitôt dans le sommeil, un sommeil agité et la main toujours crispée dans la sienne, le visage encore trempé de larmes.


©️ Justayne
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