Bang, bang

 :: BARS
Bang, bang - Ven 2 Fév - 11:04
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EFFIGIE : Freema Agyeman
BAFOUILLES : 209
PACTE : 22/04/2017


OSSATURE : Trente trois ans
CONTRAT : En relation libre, célibataire - tout dépend des jours
BESOGNE : Modèle de nu à la faculté d'arts le jour, chanteuse de jazz au Bunny Hole le soir
FABLE : Elle connait l'existence de créatures surnaturelles depuis son adolescence.
ÉCHINE : Humaine, chair tendre et insouciance de l'éphémère.
GANG : Lourd passif dans la Mano Rossa. Ayant quitté la sphère depuis dix ans.
CREDIT : DΛNDELION



Bang, bang

Konrad & Alessandra

Five, four, three, two, one
He holds the gun against my head
I close my eyes and bang I am dead
I know he knows that he’s killing me for mercy

« Tu sais… Il y a toujours une différence entre obsession et désir. » La clope vissée au bec, Alessandra déroule du bout des doigts une grande feuille au format raisin où elle a été croquée en plusieurs postures. Elle la tend à la lumière artificielle du vieux plafonnier fatigué pour en apprécier les nuances de gris – le travail de volumes, de courbes et de plis – puis guigne en direction de l’artiste peintre qui est en plein travail d’expression. Face à son chevalet, Malone, étudiant à la faculté d’arts, exulte sa rage en talochant de l’acrylique rouge piqué de noir sur le sourire évanescent de son ex. Le portrait est ainsi sublimé à sa juste valeur par une émotion des plus véhémentes qui fait sourire la métisse. « Intéressante, cette mise en abîme.» Charrie-t-elle en se plaçant derrière lui pour lorgner son travail, l’index égaré sur sa joue dans une réflexion feinte. « J’ai envie d’me pendre. » Conclue l’artiste torturé, le crin noir en pagaille. Il relâche son échine dans un soupir interminable et assène une dernière gerbe de couleur écarlate sur le minois de celle qui l’a trompé. Aly plante ses doigts sur le dossier d’une chaise pour s’y appuyer avec désinvolture, le minois penché dans sa contemplation subversive. « J’espère pour toi que c’est aussi jubilatoire qu’une éjaculation faciale. » Malone biaise sur elle un regard lourd de reproches qui s’étiole dans la douceur d’un rire à retardement. « T’es vraiment con quand tu t’y mets, Aly. » Elle accueille la remarque d’un geste théâtral, le revers de la main contre son front et vient gentiment lui cogner l’épaule avant d’écraser sa cigarette dans le cendrier traînant à même le parquet sale de l’atelier. « Je dois aller au Bunny’s Hole ce soir. Tu m’accompagnes ? Je t’offre un verre. »  


23h. La soirée est déjà bien entamée quand Alessandra dévale les quelques marches du bar jazz en compagnie de Malone, l’étudiant à l’allure d’une asperge malingre et au visage émacié. La métisse salue Sergio, le grand baraqué qui régule les entrées, d’une simple accolade avant de guider son ami jusqu’au comptoir en bois pour commander deux scotchs on the rocks et une assiette de tapas. «  Mange un bout. T’as une tête à faire peur. » Le taquine-t-elle en saluant de la main quelques habitués du bar. Ça doit faire deux ans. Deux ans qu’elle bosse ici – au début en tant que barmaid avant d’avoir pu gagner l’estrade grâce au petit quelque chose en plus dans sa voix. Chanter, c’est un plaisir avant d’être un gagne-pain. Une passion qu’elle s’est découverte en tant qu’Alessandra Ottone et non Nascimbeni. Une des rares qui ne lui rappelle pas sa vie d’avant.

Après avoir grignoté sur le pouce et avalé son verre, Aly en commande un autre pour le déprimé Malone et s’éclipse pour rejoindre sa loge – ou plutôt, la pièce étriquée, ancienne réserve, qui fait office de loge. Derrière quelques cartons du stock gisant en plein milieu de la pièce, une coiffeuse surmontée d’un miroir lui permet de se refaire une beauté à la va-vite. Autant dire que ça ne va jamais bien loin avec Aly. Quatre épingles pour maintenir sa tignasse en place, un coup d’eye-liner pour faire ressortir le regard et une touche de carmin sur les lèvres pour le glamour. Faut dire que tout l’effort est dans la tenue vestimentaire. Une robe noire, nouée à la nuque et dénudant ses bras et omoplates pigmentés de tatouages. Quant aux chaussures, il faut oublier. La donzelle est toujours pieds nus sur scène, au plus grand dam de Leon le violoncelliste qui n’en manque pas une pour lui écraser malencontreusement les orteils.            

Il fait toujours une chaleur infernale sur l’estrade à cause des lumières d’ambiance d’où la nécessité de relever ses cheveux pour s’épargner de suer à grosses gouttes. Alessandra attend que la chanteuse précédente finisse sa performance avant de prendre la suite. Elle grimpe les trois marches qui lui font prendre de la hauteur et balaie l’assemblée du regard dans un sourire énigmatique.    

Bang bang, he shot me down
Bang bang, I hit the ground
Bang bang, that awful sound
Bang bang, my baby shot me down


Elle sort des sentiers battus, aujourd’hui. Se permet une petite folie doucereuse qui lui tient à cœur. Nancy Sinatra la chantait merveilleusement bien, celle-là. Elle capte l’attention, Aly – debout mais pas bien grande, museau tendu pour donner de la voix à ce qui se noue dans ses tripes. Elle parle d’une trahison, cette chanson. Et celle que ça lui évoque est bien amère.

C’est les paupières closes que la métisse accueille les applaudissements. Après avoir salué son public d’une révérence spontanée, Alessandra abandonne le micro pour rejoindre la terre ferme. Elle pose un pied sur la moquette épaisse pour rejoindre Malone – qui aura probablement encore plus envie de se pendre après ça et leur commande deux shooters avant de s’installer au bar sans une œillade pour lui. Ce n’est que lorsque les deux verres sont posés face à eux qu’elle fait glisser le sien jusqu’à lui, prise d’une certaine morosité. « Allez, ce soir, on se la colle. »
 
(c) DΛNDELION

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Marche ou crève
I'm a bitch, I'm a lover, I'm a child, I'm a mother, I'm a sinner, I'm a saint, I do not feel ashamed. (c)lazare.
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Bang, bang - Jeu 22 Fév - 10:38
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EFFIGIE : M. Mc Conaughey
BAFOUILLES : 23
PACTE : 21/01/2018
OSSATURE : 44 ans, même si on dirait pas ; c'est le p'tit air suédois qui lui donne l'aspect lisse du design IKEA.
CONTRAT : CDD d'Amour qui changent chaque jour.
BESOGNE : Inspecteur Gadget.
FABLE : Immaculé, trop terre à terre, mais un peu plus douteux chaque jour.
ÉCHINE : Son cœur bat, vierge de tout sortilège et contagion mystique.
CREDIT : swan (Ava.)

D’expérience je sais qu’on apprend beaucoup dans les bars. Sur les gens, sur la pensée, sur les habitudes de la société. C’est une sorte de sanctuaire méconnu où la plèbe se réunit pour se rendre plus pitoyable qu’elle ne l’est déjà, l’alcool pour Ostie et les pleurs pour prière, les fontaines à bière pour idole, les voisins de comptoir pour fidèles. C’est l’Église de l’âme. Si la nuit ne nous a pas déjà rendus vulnérables dans la lueur tamisée du lieu, la musique le fait, et l’alcool se fait l’amante des plus noires pensées, jusqu’à ce que le pas de la porte devienne une fenêtre sur un vide inénarrable.  Accoudé sur le zinc rendu mat par les rayures, j’ai suspendu ma main dans le vide du verre, la pulpe des doigts jouant l’équilibriste sur son contour, et les yeux se noyant dans cette pisse qu’on appelle la bière italienne, sirop adolescent en regard des bières nordiques – et j’parle même pas des bières russes. Le temps s’est cassé dans la montre aussi bien que le poignet qui la porte, je sais plus lire l’heure. La voix de la gonzesse sur scène ondoie, emplit tout, danse sur les volutes de fumée des rebelles dont je fais partie qui fument à l’intérieur.

Comme dans ces nuits sans lune, Varri s’immisce dans mon esprit, avale tout de l’ouragan de sa présence folle et terriblement tangible. Bang Bang, les battements répétés du cœur qui s’affole à sa pensée, par amour jamais totalement effacé, qui reste sur la toile comme une erreur à la peinture à huile, se grave comme un mauvais geste au couteau. Trop tard l’erreur est faite. Les coups de l’arme aussi, qui tire, qui souffle sa balle dans le néant, qui l’a peut-être atteinte, elle.
Putain j’aurais jamais du la laisser.

L’araignée de ma main attrape sa proie hyaline et je porte mon verre à mes lèvres. La musique s’est arrêtée, et la scène s’est vidée, avant de se remplir des prochaines âmes damnées pour la représentation suivante. L’écho de la musique qui vient de se termine se perpétue dans ma carcasse froide comme le hurlement d’un fantôme, celui de Varri qui ne cesse de me hanter depuis que j’ai appris la nouvelle de sa mort. Et les cendres qui se font équilibriste au bout de ma clope, ce sont les siennes. Elles s’écrasent sur le zinc.
That awful sound.

Dans un battement de cils je relève les yeux vers la chanteuse qui m’adresse la parole avec une certaine familiarité, commande deux verres jumeaux dont l’un des frères glisse vers moi comme un serment. Je prends quelques secondes pour me rattacher à la réalité.

« Tu te trompes de gus. » j’lui fais remarquer, passant une main dans mes cheveux comme si je pouvais me départir du poids qui pesait sur mon crâne par ce simple geste. « Celui qui était avec toi est aux toilettes, et il avait pas l’air bien. »

Je tire sur ma clope, la considère un instant sans vraiment la voix, la tête trop pleine de réflexions cent fois plus lourde que quelques notes de violoncelle frottées si joliment.
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Bang, bang - Mar 6 Mar - 22:19
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FABLE : Elle connait l'existence de créatures surnaturelles depuis son adolescence.
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Alessandra se juche sur son haut tabouret, crispant ses orteils aux barreaux métalliques tout en saisissant son shooter du bout des doigts pour le frapper contre celui de Malone. C’est quand elle se retourne vers son ami présumé qu’elle suspend son geste en papillonnant des yeux tout en découvrant que le brun filiforme a laissé place à un type bien plus âgé à la chevelure flavescente. Aly reste scotchée quelques secondes de surprise tout en admirant l’homme qui se coiffe dans un geste nonchalant teinté d’une profonde mélancolie. Il cause. En anglais. Lui précise qu’il y a erreur sur la personne et la métisse jette un coup d’œil par-dessus son épaule pour tenter de distinguer Malone en direction des toilettes, une grimace appréhensive sur le museau. « Merde. » Soupire-t-elle, redoutant que son comparse soit parti se jeter dans les toilettes de désespoir. Aly la déprim’. Elle sort pas souvent celle-là, mais quand elle est là, c’est la débandade assurée.  

Dans un soupir résigné, la brune s’avachit contre le comptoir et invite l’inconnu à boire le verre qui ne lui était à la base pas destiné. « T’as l’air d’en avoir autant besoin qu’lui. » Lui glisse-t-elle en faisant flotter son verre pour trinquer avant d’en avaler le contenu cul sec. L’homme tire sur sa tige placidement et Aly ne peut s’empêcher de le détailler d’une œillade appuyée. Le voir fumer lui donne envie d’en griller une, alors machinalement elle cherche dans les plis de ses vêtements avant de réaliser qu’il n’y a pas de poche dans une robe. « T’aurais une cigarette à me filer ? » Qu’elle demande spontanément comme s’ils avaient déjà taillé le bout de gras au moins une fois dans leur vie. Flottement.  Elle le gratifie d’un geste de tête lorsque l’homme lui tend son paquet et qu’elle pince le filtre entre ses lèvres pour allumer la clope dans une inhalation survivante. Elle dresse le museau pour recracher la fumée dans un cerceau qui s’évanouit dans l’ambiance tamisée de l’endroit puis coule ses callots en direction de la silhouette masculine. « T’es d’où ? » Le questionne-t-elle derechef sans la moindre bienséance. A l’évidence, il n’est pas italien et Aly n’a même pas peur de se vautrer dans les clichés. « Allemand ? » C’est qu’il y a quelque chose d’abrupt dans son élocution. Et il a une de ces gueules taillées à la serpe comme s’il avait été sculpté dans le marbre à l’effigie de ces statues grecques. Elle lui donnerait pas plus de la quarantaine mais il dégage quelque chose d’autoritaire qui la fait douter. L’œillade attentive se fait plus inquisitrice au moment où la belle se laisse happer par l’intérêt répréhensible qu’elle porte aux gens. Elle détaille sa tenue vestimentaire et louche brièvement vers l’intérieur de sa veste dans laquelle elle repère l’ombre d’une arme à feu dans son holster. Dans un léger froncement de naseaux, Aly étire une grimace grinçante. Flic ?L’ancienne mafieuse ne sait pas si elle doit en rire ou en pleurer. Il n’a pas l’air d’être un cul pincé mais il pourrait avoir la gueule du boy-scout droit dans ses pompes. Et malgré l’hostilité et la mésestime avec lesquelles Aly considèrent la bleusaille, elle est piquée de curiosité par cet étranger échoué au Bunny’s Hole. Elle ne peut s’empêcher de tordre un sourire sur ses lèvres. Puis rejette son regard plus loin vers le comptoir, s’envoyant une bouffée de nicotine avant de faire signe au barman de leur amener deux shooters de plus. « Tu fais quoi à Rome, cow-boy ? »          
 
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Bang, bang - Dim 11 Mar - 10:04
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CREDIT : swan (Ava.)

En regardant la demoiselle papillonner j’ai l’impression de sortir tout droit d’un rêve de sorte que les battements de ses jolis cils cherchent à en balayer les contours pour déterminer si elle se trouve dans la réalité ou la fiction.

« Oh, tout de même, je me doute que tu n’as pas gagné au change mais je ne me pensais pas si merdique. » je plaisante d’une voix traînante.

La phrase est teintée d’un recul que j’ai de toute façon du prendre sur la vie pour ne pas me laisser gangrener par le désespoir lié à la disparition de Varri. Quand quelqu’un de ton entourage si proche disparaît soudainement, bien sûr que tu te sens comme une merde, car instinctivement, tu sens que tu n’as pas fait le nécessaire, que tu n’as pas donné de ton âme toute entière pour sauver l’autre des griffes du mal.
Je n’ai pas donné le meilleur de moi-même.
Alors maintenant tant qu’à faire : je donne le pire.

« T’as pas idée. »

Le verre flotte un instant dans les airs avant de se coller contre les lèvres de la jeune femme, à peine, qui l’avale. Je saisis alors celui qui aurait du disparaître dans la bouche de son comparse, et le porte à mes lèvres à mon tour.
Le liquide hyalin glisse dans ma gorge, tapisse mes muqueuses et s’agrippe à mes cellules, avant de planter ses crocs sévères d’éthanol dans ma chair, exhaler des vapeurs qui remontent au creux de mes sinus et à l’arrière de mes yeux pour les tirer un peu plus dans la nébuleuse du néant. A sa question, je libère du nid sécurisant de mon coude un paquet fané de clopes italiennes dont le goût relatif prend toute sa saveur une fois qu’il est lié à l’alcool. Les deux parfums se mélangent sur mes papilles, me retiennent un instant au bord de la falaise du malheur.

« Presque, tu chauffes. » Je tire sur ma clope à mon tour, crochette de l’annulaire un cendrier posé là pour le faire glisser sur le zinc afin d’y égrener la cendre qui vacille au bout du bâton de cancer. « Suède. » je lâche finalement, après quelques secondes d’un suspense interminable comme s’il s’agissait de la nouvelle de l’année.

Mes yeux glissent sur la cendre ; mon esprit y imagine instinctivement Varri.
Je suis en train de perdre la boule, c’est terrible.

Mes yeux agrippent les siens, leur reprochent silencieusement de se montrer du regard si inquisitrice, parce qu’on dirait moi, et il n’y a que moi qui pose les questions. Mes billes troublent cognent contre les siennes dans un de ces combats enfantins des cours de récré, et je la sonde comme si j’en avais le pouvoir. Elle exhale quelque chose que je ne saurais définir, empreint d’un charme viscéral qui n’a rien de la pureté que l’on attribue traditionnellement à ces perles qu’on enfile sagement.

Après un signe de la part de la belle qui s’arrache à mon regard – j’ai remarqué le sien sur ma compagne à crosse bien calée dans ma veste – j’entends sur le côté deux shooter qui claquent, tandis que ceux qui sont vides sont emmenés.
J’étire un sourire au surnom.

« On a tué mon compagnon cow-boy et je cherche qui a pu faire ça moi-même parce que le shériff veut pas s’en charger. » je poursuis la métaphore, saisissant le verre pour le faire tinter contre le sien.

La comparaison n’est pas si mauvaise, Varri aurait pu être un cow-boy, un putain de cow-boy classe.
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Bang, bang - Mer 28 Mar - 17:08
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Ca flaire le polar noir - le tabac froid et le bourbon, sous la lumière tamisée de l’enceinte jazz et sa moquette rouge. La cigarette perchée à ses doigts, accoudée au comptoir en bar massif, Aly pourrait presque s’imaginer chanteuse de prestige au visage sculpté par la lumière et aux lèvres écarlates. De l’esthétique de ces films en noir et blanc retraçant une rencontre hasardeuse entre deux inconnus que tout oppose, nouant la discussion au détour d’une clope et de quelques verres échangés.
J’ai pas idée. Il exhale les fragrances du désespoir, l’étranger. Ce quelque chose qui a toujours don d’exciter la curiosité de la ritale comme un papillon en viendrait à se brûler au contact d’une ampoule. Les flics, elle ne les aime pas, d’ordinaire. Quand elle en croise, elle se débrouille toujours pour leur jouer des tours – les faire tourner en bourrique ou leur faire les poches. En soi faire un pied de nez à leur profession – à leur bobine d’élite, foncièrement hypocrite ou mauvaise dans l’exercice de leurs fonctions. C’est que ça manque un peu d’humilité, le plus souvent, un flic. Et que le mâle qui brandit l’insigne est aussi soumis à la tentation de cogner sa femme que les autres.
Mais celui-là, au crin blé et yeux gris acier, est loin de fanfaronner. Il n’est pas comme ceux qui jouent aux caïds et qui croient que la ville est un vaste terrain de jeu qui leur appartient. Non, lui il semble égaré – mouton galeux bien loin du troupeau s’abreuvant aux délices du terrier de lapin blanc. Et l’accent chante le froid mordant des terres nordiques qui lui sont inconnues à Aly. Questions viennent alors à peupler caboche. Curiosité, surtout. La Suède. La métisse enfonce la tête dans ses épaules dans un frisson inopportun – ressac d’intrigue qui se meut à la fraîcheur qu’elle s’imagine de la beauté mystique des pays scandinaves. Déjà qu’elle le trouve bien rude l’hiver, cette année, alors elle n’ose pas imaginer ce que ça doit donner dans le Nord.

La question qu’elle lui sert dérange. Elles dérangent toujours. Et la brune ne lésine pas sur la défiance lorsqu’il plante le tranchant de ses globes cristallins dans l’onyx canaille des siens. Les secondes se suspendent à cette confrontation et elle le lâche dans un battement de cils amusé. C’est qu’elle veut bien lui laisser cette victoire là.

« On a tué mon compagnon cow-boy et je cherche qui a pu faire ça moi-même parce que le shériff veut pas s’en charger. » Jette-il en pâture à sa curiosité. Et ça trinque. Et ça boit cul sec. Dans un demi-sourire, Alessandra ironise. « J’ai toujours bien aimé les westerns… Tous ces mâles en sueur brandissant leur calibre pour compenser l’absence de répartie. Toutes ces godiches en larmes, tombant en pamoison devant la virilité du conquérant. » Elle roule des yeux puis retient un rire avant de se pincer les lèvres. Elle le fixe un peu plus sérieusement, sentant poindre en elle un semblant d’empathie qui fait froisser son minois insolent. On a flingué ton pote, alors. « Ce serait probablement moins dangereux de faire le deuil de ton comparse plutôt que de te lancer dans la quête d’vérité, cow-boy. Les vérités sont souvent moches par ici. Et l’shériff n’vaut pas mieux que les hors-la-loi qu’il coffre. » Intriguée, elle l’observe. Cette soif de vérité. Ce désir farouche. Probablement de se venger, elle connaît ça. Ca va te bouffer, beau blond. Se fait-elle la remarque avant d’étirer un sourire teintée de désillusion. En réalité, ça a déjà commencé. Elle le voit à sa gueule – elle le devine à l’aura fantomatique qu’il se traîne.

Et putain. Qu’est ce que ça lui donne envie de plus. C’est terrible.

« Mais j’imagine que t’es un grand garçon et qu’tu sais où tu mets les pieds. » Elle inhale une nouvelle bouffée, la dernière, avant d’écraser le mégot dans le cendrier entre eux. « J’ai toujours la fâcheuse tendance à croire que rien n’arrive par hasard. C’est p’têt ton jour de chance, cow-boy, parce que les calibres, ça m’connaît. » Elle dilapide un sourire au coin de ses lèvres et fait flirter son index contre le charnu dans l’égarement d’une réflexion. « Je connais bien la ville. Si tu me parles de ton affaire, je peux peut-être me renseigner pour toi. » Mais tu te doutes bien que ça sera pas gratuit. Même pour tes beaux yeux.                    
 
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