Every breath you take | ft. Olimpia

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Every breath you take | ft. Olimpia - Sam 10 Fév - 16:42
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sorciers
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EFFIGIE : Douglas Booth.
BAFOUILLES : 218
PACTE : 02/01/2018


OSSATURE : Premier quart de siècle fraîchement atteint.
CONTRAT : Coeur qui n'a encore jamais battu d'amour, garçon persuadé qu'il ne le vivra jamais. Avide de regards fascinés et de caresses-louanges, Florian, trop vite las, subit son célibat.
BESOGNE : « “Sometimes I lie awake at night, and I ask, 'Where have I gone wrong'. Then a voice says to me, 'This is going to take more than one night.” » Illustrateur de bouquins pour gamins qui ne se vendent pas très bien ; vient de perdre son poste de libraire qui lui permettait de se nourrir.
ÉCHINE : Il y a dans ses veines une magie tirant sa puissance des étoiles et du temps. Les danses et les drogues hallucinogènes dominent les classiques incantations. Magie associée aux charlatans, mais celle à laquelle il se donne corps et âme. (chamanisme)
PRESTIGE : Le futur murmure à ses oreilles des fables que lui seul entend. Insidieux, il tache de ses desseins parfois troublants les carnets de l'artiste.
GANG : Coven Heracleum.
CREDIT : DΛNDELION (avatar). Astra (signa). DΛNDELION (icons).


Every breath you take
Florian & Olimpia

«And I'm standing on the edge of some crazy cliff. What I have to do, I have to catch everybody if they start to go over the cliff - I mean if they're running and they don't look where they're going I have to come out from somewhere and catch them. That's all I do all day. I'd just be the catcher in the rye and all. I know it's crazy, but that's the only thing I'd really like to be.»

L’endroit vibrait de vie et partout où l’on tendait l’oreille, on pouvait saisir des bribes de conversations plus ou moins cocasses. C’était ce que faisait Florian, assit seul à une table au milieu du bar. D’un côté, une conversation un peu trop révélatrice tenues par des jeunes femmes qui racontaient leurs dates Tinder – il se rappelait, d’ailleurs, en avoir envoyé une d’entre elle vers la gauche, dégoûté par la manière dont elle se vantait dans sa description – et de l’autre, celle d’employés, veston-cravate, qui se plaignaient de leur semaine exténuante. Distraitement, peut-être un peu dans la lune, il faisait tourner son verre entre ses doigts. Un fin sourire aux lèvres, l’air presque serein, il avait encore du mal à croire qu’il venait, il y avait quelques heures de cela, de signer pour sa première exposition. Elle ne lui serait pas uniquement dédiée, mais c’était déjà un très bon début sur la voie de la reconnaissance. À la base, il n’était pas venu seul. Il avait eu droit à la compagnie d’une de ses meilleures amies, une jolie vampirette qu’il tentait parfois de séduire juste pour le plaisir, mais qui bossait de nuit. Elle avait dû quitter une dizaine de minutes plus tôt, le laissant seul parmi ces gens. Mais ça ne le dérangeait pas, appréciant parfois de se sentir perdu au milieu des gens. Il avait sorti son carnet et un crayon, croquant une table de jeunes gens aussi bien que la lumière tamisée le lui permettait. Ce soir, il respirait la fierté ; il ne savait pas ce que l’avenir lui réservait, mais il avait bon espoir. Il n’avait rien dit ni à Marietta ni à Camellia, comme il comptait bien leur annoncer lors de leur sortie mensuelle dans un resto trop cher pour ses moyens à lui.

Soudainement, un homme qu’il ne connaissait ni d’Ève ni d’Adam le tira brusquement de ses pensées. Florian qui sursauta leva la tête, l’air interrogatif. Être dérangé ne l’embêtait pas, habituellement, mais comme il venait d’être tiré de ses fabulations mentales, ça lui plaisait un peu moins. L’inconnu qui se tenait devant lui n’était pas déplaisant, physiquement parlant. Ce n’était pas son genre d’homme, mais il possédait ce charme obscur similaire à celui de son amie qui l’avait laissé seul. Par politesse, le sorcier ferma son carnet de croquis, mais l’inconnu ne lui rendit pas l’intention, puisqu’il se posa sur la chaise devant lui sans lui demander s’il dérangeait. Mais l’audace ne déplaisait pas à Florian. Les premiers mots qu’ils échangèrent ne laissèrent pas présager ce qui allait suivre : l’homme lui déballa toutes sortes de choses, qu’il trouva instantanément absurdes et ignobles dans leurs intentions, sur Olimpia, cette jeune femme dont l’absence le laissait dans un état comparable à celui d’un addict privé de sa dose. Lees sourcils froncés, ce n’était pas l’interrogation qui vibrait dans son regard, mais le dégoût. Le dégoût de cet homme qui ne lui présageait rien de bon. Comment savait-il qui il était ? Il ne s’inquiétait pas vraiment pour lui, mais bien plus pour Olimpia. Un ex jaloux que celle qu’il avait autrefois possédée puisse avoir envie de coucher avec qui elle souhaitait ? Un malade qui l’avait repérée sur les réseaux sociaux ou dans la rue ? La confusion prenait le dessus sur toutes ses capacités mentales et, alors qu’il comptait répliquer, l’homme se leva et partit trop vite, lui adressant un drôle de regard avant de disparaître officiellement. Dès qu’il eut franchis la porte de l’établissement, le téléphone de Florian se mit à vibrer frénétiquement. Des photos de la jeune femme – il ne voulait pas savoir comment l’autre avait pu se les procurer ; il devait être un stalker averti – défilèrent sur son écran, mais son regard fut surtout attiré par cette photo où Olimpia paraissait s’être dédoublée. Une jumelle ? L’homme termina sa frénésie en lui demandant s’il était sûr qu’il couchait toujours avec la bonne. Les sourcils toujours froncés et les yeux plissés, le questionnement lui paraissait légitime, mais il haussa finalement les épaules ; en vrai, il n’aurait même rien eu contre le fait de les fréquenter toutes les deux en même temps.

Malgré cette pensée qui chassa momentanément son inquiétude, Florian sentait son cœur battre violemment et l’angoisse le serrer à la gorge. Il avait lu et vu suffisamment de trucs policiers pour se faire toutes sortes de films et se convaincre qu’Olimpia n’était pas en sécurité. Mais en même temps, il n’avait pas à se mêler de ce qui ne le regardait pas, sous peine de risquer d’empirer les choses. Rapidement, il fit signe à la serveuse et lui demanda un café irlandais. Lorsqu’elle partit, Florian posa ses coudes sur la table et enfouit son visage dans les paumes de ses mains. Il mordilla ses lèvres, se demanda ce qu’il devait faire. Laisser couler et espérer que rien n’arrive à la belle ? Non. Il inspira et prit son téléphone. Il hésita un instant avant de cliquer sur la conversation qu’il tenait avec Olimpia. Jusqu’à présent, il n’avait pas eu l’habitude de la contacter pour autre chose que l’assouvissement de ses besoins de tendresse ou de contacts physiques qui n’avaient rien de chastes. J’ai rencontré un type qui m’a raconté des choses bizarres sur toi ???? commença-t-il en semblant avoir dévalisé une usine de points d’interrogations.  Tu vas bien, là ? Fais attention, s’il te plaît, il a l’air de t’avoir intense dans le radar.  En appuyant sur la flèche qui envoyait le message, Florian se mit à douter de la formulation de son avertissement. Il craignait de lui faire peur, mais avec un débile comme ça, ça ne l’étonnerait pas qu’elle soit déjà au courant. Là, je suis dans un bar pas loin de chez moi, mais je peux venir te tenir compagnie si tu veux pas rester seule. Proposa-t-il autant pour elle que pour lui, qui n’aurait pas dit non à l’idée de se blottir au creux des bras de la belle blonde. Même s’il ne croyait pas qu’il s’agissait d’une bonne idée de lui proposer, au contraire, de venir le rejoindre alors que ce type rodait peut-être encore dans les parages, il lui envoya le nom de l’endroit où il se trouvait. Peu après, la serveuse déposa son café irlandais devant lui, mais Florian, bien trop perdu dans sa tête et ses inquiétudes, ne le remarqua pas tout de suite.

(c) DΛNDELION

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keep your eyes wide open
Florian☽ Closing your eyes isn't going to change anything. Nothing's going to disappear just because you can't see what's going on. In fact, things will even be worse the next time you open your eyes.
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Every breath you take | ft. Olimpia - Lun 12 Fév - 20:13
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Every breath you take
Elle était loin de s'imaginer toute la mascarade qui se jouait dans son dos. Affalée sur son canapé, verre à pied à la main, savourant un bon vin en chemise en culotte, elle fixait le point en face d'elle qu'était la télé, complètement perdue dans ses pensées. Ce film était pourri, elle ne comprenait même pas pourquoi elle était là à le regarder. Dehors, il y avait tant de choses à faire. Aller voir des potes, aller danser en boîte, comater au cinéma. Mais non, elle était là à l'approche de la Saint-Valentin à regarder l'un de ces films à l'eau de rose qui donnent envie de se foutre en l'air plutôt que de donner du baume au cœur. Tous les ans, c'était pareil. L'an dernier elle avait bien trouvé une nana avec qui passer la soirée sans faire mention de toutes ces choses romantiques qui l'agaçaient tant. Parce que malgré les années qui passaient, les conquêtes qui s'accumulaient, elle ne parvenait pas à trouver quiconque capable de combler ses désirs et ses attentes. Ouvrir son cœur lui paraissait si compliqué aujourd'hui. « Connard, tu finiras par la laisser. » crache-t-elle en jetant la télécommande de l'autre côté de la pièce rageusement, avant de soupirer et de terminer son verre. Elle devait être à son deuxième ou troisième, elle ne comptait pas. En tout cas, la bouteille sur la table avait bien descendu. S'affalant un peu plus entre les coussins, elle observe le plafond d'un air pensif, regrettant une fois de plus la vieille époque. Elle n'aurait qu'à passer la soirée avec sa mère et sa grand-mère à s'entraîner pour des rituels wicca, à déprimer dans son coin. Alors, quand son téléphone annonça l'arrivée d'un message, la jeune femme ne mit pas longtemps à se redresser, pensant que c'était le message tant attendu. Elle fut déçue malgré elle de voir que non, et de voir le numéro de Florian s'afficher à la place. Peut-être qu'il voulait de nouveau la revoir, et qu'ils remettent leurs petits jeux sexuels habituels. Au lieu de ça, elle fronça les sourcils, lisant et relisant ce qu'il était en train de lui dire. Elle s'efforça de lui répondre, sans trop comprendre la situation. « Je suis en train de boire, ça va très bien. Eh, c'pas de la jalousie ? Il t'a dit quoi ? Si c'est sur c'que je fais avec N., j'ai rien à cacher. T'aurais dû l'envoyer me voir, ça m'aurait occupé un moment... » Elle repose le téléphone, et les pieds par terre en regardant l'heure sur la pendule, puis l'état du salon. Elle avait balancé ses fringues dans un coin comme d'habitude, et elle n'avait pas fait le ménage. Un coussin était étalé par terre et l'assiette de son repas du soir n'avait pas bougé de la table. Pas de quoi recevoir un nouvel invité, mais peu importe, elle aurait qu'à lui montrer la chambre et il oublierait sans attendre ce qu'il a vu dans le salon. Elle s'imaginait des choses, oui, parce qu'il s'inquiétait pour elle. Elle n'avait jamais voulu de ça, et s'il commençait à s'attacher à elle, elle serait dans la merde, parce qu'elle ne pouvait plus le fréquenter, du moins, pas de si près. Elle avait parlé d'une théorie avec Charlotte, et elle avait vu Florian peu après. Il s'était avéré qu'elle avait eu juste. Son pouvoir devenait plus fort, et s'en prenait maintenant aux maux physiques. Comme si elle n'en avait pas assez à supporter. Mais le pire dans tout ça, c'est qu'elle l'aimait bien. Il était le plus doux de ses partenaires et bon sang qu'elle en avait besoin régulièrement pour tenir le coup. Il était un bon ami, en plus de ça, et c'était bien le problème. Elle n'était pas capable de lui dire en face ce qu'elle pensait. Son téléphone sonna à nouveau, et elle ne fut pas surprise que le jeune homme réclame sa présence. Elle hésita un instant, et le temps qu'elle réfléchisse, il lui avait envoyé sa localisation. Sans attendre, la blonde sauta sur ses pieds et fila chercher une robe dans son placard. Un décolleté très plongeant, une longueur qui ne dépassait pas les cuisses, elle se moquait bien de l'effet que cela pourrait produire sur les hommes et femmes autour d'elle. Elle se maquilla rapidement pour cacher l'effet du vin sur son corps, attacha ses cheveux en une natte à l'arrière et plongea dans ses talons après avoir enfilé un trench coat beige qui cachait au moins ses seins. Ni une, ni deux, elle attrapa les clés de sa voiture et vint s'y engouffrer, trop pressé de rejoindre celui qui la réclamait. Peut-être n'aurait-elle pas pris autant de risques, si elle avait su que l'homme qui avait dit ces choses à son sujet était l'un des sbires de son ancêtre, celui qui essayait de briser tous les couples et toutes les liaisons par tous les moyens. Il avait encore décidé de frapper, bien que ces deux-là ne soient pas sur le chemin de l'amour. Il ne comptait visiblement pas s'arrêter-là. Si Olimpia l'avait su, oui, elle serait venue armée et aurait laissé éclater sa face cachée au monde, quitte à le regretter amèrement. Pour le moment, elle ne devait pas y penser. Elle arrivait déjà au bar où il était et où il l'attendait. Elle quitta le véhicule et s'y engouffra d'un pas décidé, le repérant d'un coup d'oeil avant de s'approcher. Un léger sourire s'afficha sur ses lèvres alors qu'elle s'approchait de la table, ignorant parfaitement la raison pour laquelle elle était là. « J'te manque déjà ? Moi aussi tu me manques déjà, pour pas te mentir. » lance-t-elle en lui adressant un clin d'oeil avant de s'installer d'un pas lourd sur la chaise, poussant un long soupir avant de poser son regard ivre sur lui, retirant sa veste car la chaleur commençait déjà à l'envahir. « Me pose pas de questions. Oui, j'ai vu avant de venir, mais j'avais pas deviné. Alors, qui était le fameux impatient qui semblait me chercher ? » demanda-t-elle, posant ses coudes sur la table en se penchant légèrement en avant, curieuse de connaître l'identité de celui qui la désirait tant.

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Every breath you take | ft. Olimpia - Mer 14 Fév - 2:02
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OSSATURE : Premier quart de siècle fraîchement atteint.
CONTRAT : Coeur qui n'a encore jamais battu d'amour, garçon persuadé qu'il ne le vivra jamais. Avide de regards fascinés et de caresses-louanges, Florian, trop vite las, subit son célibat.
BESOGNE : « “Sometimes I lie awake at night, and I ask, 'Where have I gone wrong'. Then a voice says to me, 'This is going to take more than one night.” » Illustrateur de bouquins pour gamins qui ne se vendent pas très bien ; vient de perdre son poste de libraire qui lui permettait de se nourrir.
ÉCHINE : Il y a dans ses veines une magie tirant sa puissance des étoiles et du temps. Les danses et les drogues hallucinogènes dominent les classiques incantations. Magie associée aux charlatans, mais celle à laquelle il se donne corps et âme. (chamanisme)
PRESTIGE : Le futur murmure à ses oreilles des fables que lui seul entend. Insidieux, il tache de ses desseins parfois troublants les carnets de l'artiste.
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CREDIT : DΛNDELION (avatar). Astra (signa). DΛNDELION (icons).


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Florian & Olimpia

«And I'm standing on the edge of some crazy cliff. What I have to do, I have to catch everybody if they start to go over the cliff - I mean if they're running and they don't look where they're going I have to come out from somewhere and catch them. That's all I do all day. I'd just be the catcher in the rye and all. I know it's crazy, but that's the only thing I'd really like to be.»

De la jalousie ? pensa-t’il en lisant la réponse d’Olimpia. Pas vraiment, non. Il en avait déjà ressenti de la jalousie, certes, mais jamais par rapport à un être humain de cette manière à laquelle tout le monde pensait. Et c’aurait été bien le comble, lui qui n’avait pas assez de mains pour compter ses relations qui s’étaient toutes terminées en queue de poisson ; Florian n’avait jamais été fidèle – pas même avec Fabrizio qui, pendant deux ans, avait porté des œillères pour ne pas laisser son éphèbe lui glisser entre les doigts. Il ne voyait pas l’intérêt de l’être s’il n’aimait pas « comme il le fallait ». Il roula des yeux avant de redéposer son téléphone – qu’il regarda anxieusement, de crainte de voir de nouvelles photos surgir. Il retourna à son croquis qu’il avait commencé avant d’être interrompu. Parfois, il s’arrêtait pour prendre une gorgée de son café alcoolisé et pour jeter un œil aux alentours. Le coude appuyé sur la table, il mordillait son auriculaire. Il ne pouvait s’empêcher d’imaginer le pire. C’était toujours comme ça avec lui. Il y avait « le pire » et « le meilleur », jamais « le moins pire ».  Mais Olimpia était probablement assez vieille pour s’en sortir toute seule. Elle n’aimerait probablement pas qu’il y foute son nez – même si ce n’était pas l’envie qui manquait à Florian. Il soupira et rapprocha la bougie, blottie au creux d’un pot de verre transparent, de son carnet pour voir un peu mieux les traits qu’il faisait.

Soudainement, le sorcier se mit à se sentir étrangement seul. L’endroit se remplissait de plus en plus et sa table était la seule à n’être habitée que d’une seule âme. Alors que ça lui plaisait bien, au départ, l’impression devenait de plus en plus anxiogène, mais ce ne fut qu’une question de temps avant qu’Olimpia n’arrive. Malgré le maquillage qu’elle portait et ses jambes presque dénudées qui attirèrent instantanément l’attention amusée de Florian, il comprit qu’elle avait bu avant. Elle le lui avait certes écrit, mais il voyait bien que ce n’était pas un fait qu’il pouvait remettre en doute. Malgré tout, il la trouvait magnifique comme le montrait le regard fasciné qu’il posait sur elle. Alors qu’elle s’assit sur la chaise face à lui, le jeune homme donna encore quelques coups de crayon sur la feuille, pour ne pas laisser son dessin sur un trait inachevé, avant de fermer son cahier et de laisser retomber son crayon. « Qui t’a dit que tu m’avais manqué ? », plaisanta-t-il suite à la remarque de la jeune femme. Le ton de sa voix, riant, laissait entendre qu’il pensait le contraire de ce qu’il venait de lui dire. Elle lui avait manqué, certes, mais pas de la manière qu’il aurait souhaitée. Il serait absurde de prétendre qu’il ne s’était pas cru amoureux – quelle bonne blague –, mais il avait été obligé de se rendre à l’évidence : même si elle l’emplissait d’allégresse, elle lui manquait essentiellement de manière physique. Et, en soi, il n’avait pas particulièrement envie de la voir sourire plus qu’il n’aurait eu envie de voir sourire une amie « normale », il ne ressentait pas non plus le besoin de partager telle ou telle expérience avec elle plus qu’avec une autre. Mais plus les instants sans la voir passaient, plus ce vide de creusait en lui et plus le besoin de la revoir se faisait intense et pénible. Il y avait quelque chose dans son ressentit qu’il ne saisissait pas. Florian se calla contre le dos de sa chaise. Il croisa les bras. Zyeuta un peu le décolleté de son interlocutrice,avant de planter son regard dans le sien quelques secondes. Il inspira. « Honnêtement ? Aucune idée. Il ne s’est pas présenté, mais il était grand. Pas laid du tout. Brun, si je me souviens bien. » Florian fronça les sourcils. Il avait oublié un détail, mais lequel ? Oh ! « J’étais avec une amie avant qu’il vienne me déranger. Une vampire. Elle a ce petit charme étrange. Je ne sais pas comment expliquer… Quelque chose d’obscurément mystérieux. Il avait exactement le même. » En vrai, ce petit détail il ne l’aurait même pas remarqué s’il n’avait pas bénéficié de la présence de Ginevra, quelques minutes avant. C’est de cette manière qu’il avait pu faire l’association. Florian décroisa les bras et vint à nouveau posé un coude sur la table et son menton contre sa main. Il porta à nouveau sa tasse à ses lèvres avant de tapoter sur son téléphone. Il sortit la « conversation » que l’étranger lui avait imposée. Il envoya son portable vers Olimpia après avoir scrollé rapidement vers le haut pour qu’elle puisse voir dès la première photo. « Je ne sais pas comment il a trouvé mon numéro, mais c’est pas vraiment l’important. Regarde ça. » Il posa sur elle un regard profondément inquiet. Tout cela n’annonçait rien de bon. Il ne connaissait rien de son histoire, ne la forcerait à rien dire, mais il voulait au moins s’assurer qu’elle soit en sécurité.


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Every breath you take | ft. Olimpia - Jeu 15 Fév - 10:42
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Une grimace étira le visage d'Oli à cette remarque, légèrement déçue qu'il laisse sous entendre que non, elle ne lui avait pas manqué. Elle se demandait déjà pourquoi elle s'était alors précipité pour le rejoindre, au lieu de le laisser planté ici seul au milieu du bar. Évidemment, c'était l'emprise du vin qui lui donnait tant de mauvaises pensées, et ce sentiment qui ne le quittait plus depuis plusieurs semaines. Elle détourna le regard, observa la pièce et les gens qui s'y trouvaient. La plupart discutaient avec grand joie, riaient, la narguaient par leur envie de vivre qui l'avait désormais quittée. Elle enchaînait les conneries et les mauvaises journées, et les traitements aux plantes qu'elle s'inculquait ne semblaient pas avoir de véritable effet sur elle. Sous l'emprise d'alcool, ça semblait même pire. Elle ressassait sans cesse les mêmes sombres pensées. Quand elle posa les coudes sur la table, elle sembla reprendre un peu de confiance en elle quand il plongea son regard dans son décolleté, mais elle se concentra plus sur ses paroles que sur l'idée d'attirer son regard et de le déconcentrer. Elle se redressa cependant en entendant le mot vampire, et ses yeux s'écarquillèrent à la fois de surprise et de terreur. Elle se mit à regarder autour d'elle avec plus d'insistance, tentant de savoir si elle l'avait vu en entrant ici. Croisant les bras sur sa poitrine, elle se retint de laisser éclater la colère qui éclatait au fond de son regard. Il avait sûrement croisé le vampire qu'elle cherchait depuis des années, et la seule chose dont il se souvenait, c'est qu'il était brun et beau gosse ? Passant une main sur son visage, la jeune femme se mit à soupirer d'un air complètement désespéré, ne cherchant pas à cacher ses émotions. Elle fit même signe au serveur de venir pour commander une vodka, même si ce n'était sûrement pas la meilleure idée qu'elle ait pu avoir jusque là. « J'aurais préféré que tu me dises que tu avais inventé toute cette histoire pour me voir et profiter de mon corps. » grogna-t-elle, plus agacée envers elle-même pour avoir pris le temps de venir, mais également parce qu'elle avait peur. Si ce vampire fourrait son nez dans leurs affaires, elle savait exactement pourquoi. Il voulait foutre la merde, et il avait raison. Mais dans un sens, elle savait qu'il n'avait pas tort de vouloir les séparer. Avec cette possible capacité de soulager les maux psychiques, elle n'était pas à l'abri d'avoir une nouvelle envie de suicide. Ce qu'elle ne comprenait pas, c'était que ce même vampire l'avait déjà poussée à le faire, et que maintenant, il s'assurait de la garder en vie. Elle était dans le flou totale, et plus elle y pensait, moins ça s'arrangeait pour elle. Elle finit tout de même par poser ses yeux sur le téléphone de Florian, scrutant le numéro qui, malheureusement, était masqué, mais également sur les messages et les photos qui y circulaient. La blonde se mordit frénétiquement la lèvre, regrettant de ne pas être dehors pour pousser un grognement de rage. Heureusement, son verre arriva en même instant et elle le vida instinctivement d'un trait, retenant les larmes qui lui montaient aux yeux. Comme si c'était le genre de la maison, d'envoyer sa sœur coucher avec l'une de ses conquêtes pour lui embrouiller l'esprit. Elle plongea alors son regard tristement rageur dans celui de Florian, serrant un peu plus son verre entre ses mains. Peut-être qu'avoir bu pourrait l'aider à lui avouer la vérité sur ses pouvoirs et sur le comportement étrange qu'elle avait si soudainement. « Tu ne vas quand même pas croire ce pauvre con ? Tu serais franchement capable de me confondre avec ma sœur ? J'ai des plus gros seins qu'elle, à ce que je sache, tu l'aurais remarqué. » pesta-t-elle, nerveusement. Elle se redressa sur sa chaise, prenant son propre visage entre ses mains, juste le temps de se remettre les idées en place. « Ok, il faut que j'te dise un truc, Flo. » lance-t-elle de but en blanc, relevant la tête en désignant le téléphone. « J'veux plus que tu aies de contact avec ce soi disant vampire, si c'est bien lui, évidemment. Tout ce qu'il veut, c'est que j'souffre, et il a déjà assez bien réussi jusqu'ici. Eleuterio m'a quitté à cause de ce con, il a tout foutu en l'air, j'ai tout perdu ! » grogne-t-elle en donnant un coup faible sur la table, avant de laisser les larmes lui emplir les yeux. Bordel de merde, ça ne lui ressemblait pas tout ça, elle qui d'habitude préférait plaisanter sur le sujet, mentir, ou attiser le désir de l'autre pour changer de conversation. Elle s'essuie les joues rageusement, secoue la tête pour se remettre les idées en plus. « Désolée... » murmure-t-elle, finalement, ravalant sa salive en le regardant de nouveau. Elle tendit la main sur la table dans le but d'attraper la sienne, cherchant un minimum de réconfort, s'humectant les lèvres, prête à faire son aveu. « Mais c'est pas tout. Tu veux vraiment entendre ce que j'ai à te dire ? » demande-t-elle finalement, la voix tremblante, peu sûre d'elle.

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Every breath you take | ft. Olimpia - Ven 16 Fév - 15:01
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BESOGNE : « “Sometimes I lie awake at night, and I ask, 'Where have I gone wrong'. Then a voice says to me, 'This is going to take more than one night.” » Illustrateur de bouquins pour gamins qui ne se vendent pas très bien ; vient de perdre son poste de libraire qui lui permettait de se nourrir.
ÉCHINE : Il y a dans ses veines une magie tirant sa puissance des étoiles et du temps. Les danses et les drogues hallucinogènes dominent les classiques incantations. Magie associée aux charlatans, mais celle à laquelle il se donne corps et âme. (chamanisme)
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«And I'm standing on the edge of some crazy cliff. What I have to do, I have to catch everybody if they start to go over the cliff - I mean if they're running and they don't look where they're going I have to come out from somewhere and catch them. That's all I do all day. I'd just be the catcher in the rye and all. I know it's crazy, but that's the only thing I'd really like to be.»

La remarque d’Olimpia, Florian ne la prit pas si bien que ça. Mais il n’y avait que ses sourcils froncés pour témoigner de son mécontentement. Pourtant, ce n’était pas grand-chose ; tout le monde aurait probablement préféré s’envoyer en l’air que d’apprendre que quelqu’un de louche nous avait à l’œil. Il ne répliqua rien, pour ne pas mettre de l’huile sur le feu – il avait compris que la jeune femme n’avait pas saisit le second degré de sa précédente remarque – même s’il était un peu vexé qu’on puisse penser que ses intentions premières auraient dû être de profiter du corps d’Oli. Même si, ironiquement, ce n’était pas faux. Florian rangea son cahier dans son sac et avala ce qu’il lui restait de café alcoolisé. L’amertume de la boisson griffait les parois de sa gorge, mais il ne détestait pas cette sensation ; elle lui rappelait les nuits qu’il passait à terminer ses planches avant le deadline final. Malgré tout, il ne songea même pas à détourner ses yeux du visage de la jeune femme. Ce n’était pas l’envie qui lui manquait, comme d’habitude, d’observer la vie autour de lui, mais le cocktail de réactions qui défilait sur le visage de la sorcière le touchait sincèrement. Il avait mal pour elle, il avait peur pour elle. Et, contrairement aux sourires et aux expériences, peut-être plus que pour une amie normale. C’était ce qu’il trouvait particulièrement étrange. « Je ne le crois pas. », trancha-t-il, la sincérité blottie au creux de sa voix. Le regard qu’il portait sur elle était bienveillant, protecteur un peu. Il aurait voulu pouvoir la débarrasser de sa colère, se lever et la serrer contre lui. Elle aurait pu pleurer sur son épaule si elle l’avait voulu. « Sans être une question de seins, j’aurais su si ce n’avait pas été toi. » Florian hocha un peu la tête. Non, il n’aurait pas douté : comment il se sentait avec Olimpia était unique et ce n’était fort probablement pas seulement une question de physique. Il s’était attaché à sa personnalité, aussi, qui le faisait fondre.

Florian avait cette qualité d’observation qui déteignait même sur la sphère émotionnelle de sa vie. Quand son amie se fâcha, qu’elle tapa faiblement sur la table, le jeune homme n’essaya pas de la calmer : il n’avait pas à le faire, elle avait le droit – et raison – de se sentir ainsi. Parfois, tout conserver à l’intérieur était pire. Lorsqu’il était enfant et que la tension paralysait son petit corps, sa mère lui permettait de crier jusqu’à ce que tous ses poumons soient vides de sa colère. Encore aujourd’hui, il lui arrivait d’aller sous les ponts, désertés par la présence humaine, et de crier ; de laisser l’écho de sa voix, comme une amante singulière, se glisser dans ses oreilles. Et après, il allait un peu mieux. Mais lorsque les larmes coulèrent sur les joues de la blonde, il eut un mouvement vers l’avant, comme si la table ne l’empêcherait pas de prendre la sorcière dans ses bras, mais il s’arrêta lorsqu’il heurta la bougie qui valsa dangereusement dans son petit pot de verre. Il se cala à nouveau contre son siège. « Je n’avais déjà pas l’intention de lui reparler, Olimpia. Je ne comprends même pas pourquoi il est sur ton cas à ce point. » Dès que la main se tendit vers lui, il l’attrapa dans la sienne, comprenant l’intention de l’interlocutrice. Il pinça ses lèvres ensemble. Il aurait voulu ajouter que si l’homme l’avait quittée à cause de ce vampire, il ne la méritait probablement pas. S’il n’avait pas été prêt à se battre pour la garder, elle méritait mieux. Sauf qu’en vérité, il ne connaissait pas leur histoire. Il ne savait pas ce que le vampire avait fait exactement. Il ne savait pas non plus si Olimpia était toujours amoureuse et, si c’était le cas, il ne voulait pas la blesser. Il ne savait pas encore personnellement les blessures que pouvaient causer l’amour, mais il les avait vues chez ses sœurs, alors il jugeait pouvoir supposer. Il pressa tendrement la main entre ses doigts, profita de la peau tiède de la femme. Mais cet instant n’était pas pour lui, alors, de son pouce, il caressa le dos de la main comme pour la rassurer. Il la porta à ses lèvres, y déposa un baiser tout chaste. L’odeur de la jeune femme et le contact de ses lèvres et de sa peau à elle le rassurèrent. « En vrai, tu m’as manquée à moi aussi. », soupira-t-il, les lèvres juste un peu éloignées de la main. Mais lorsqu’elle lui demanda s’il voulait entendre ce qu’elle allait lui dire, Florian redéposèrent leurs mains au ras de la table et la regarda, la tête doucement inclinée et les sourcils à nouveau froncé. Cette fois, c’était la curiosité inquiète qui animait son regard. La voix de l’autre tremblait et son manque d’assurance le fit craindre. Quoi ? Il ne pouvait le dire, mais il n’arrivait pas à chasser cette impression.  « Dis-moi ? » Il lâcha la main d’Olimpia et croisa les bras sur la table, prêt à écouter ce qu’elle allait lui annoncer.


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Every breath you take | ft. Olimpia - Dim 18 Fév - 19:29
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N’importe qui aurait pu le croire. Lui, il l’avait cru, à l’époque. Il avait été ami avec ce vampire, il avait développé une confiance aveugle, et voilà où ça les avait menés. Lui aussi, avait mal vécu la séparation, ça c’était vu à l’élan de colère qu’il avait eu lorsqu’il était rentré. D’autres encore les confondaient toujours, ces deux jumelles, à force de se faire passer l’une pour l’autre à en oublier elles-mêmes qui elles étaient. Alors si Florian avait été de ce côté-là, elle aurait compris, même si elle lui en aurait voulu que ce soit le cas. Elle ne parvint pourtant pas à être tout à faire rassurée, trop de choses continuant à lui trotter dans la tête. Il était si doux, si gentil avec elle, qu’elle avait parfois du mal à y croire. On agissait peu de cette manière avec un coup d’un soir, non, et encore moins après deux soirées intenses passées dans le même lit. Il y avait autre chose, elle le sentait, elle le savait, et pourtant, elle continuait de nier. Avouer que tout ce qu’il ressentait n’était que le fruit d’une illusion causée par ses pouvoirs était trop douloureux pour elle, qui avait finit par plonger également dans cette drôle de fabulation. Ah, si seulement elle pouvait lui dire clairement que ce n’était pas un simple vampire, que c’était un harceleur secret qu’elle ne parvenait pas à pincer… Il suffisait pourtant de cesser de réfléchir, et de sauter dans le vide, de la même manière que lorsque l’on se retrouve à un saut à l’élastique. Sauf qu’en bas, elle le savait, il n’y aurait aucune protection, non, rien que le vide. Olimpia avait trop peur qu’il la rejette pour qu’elle cesse de ressentir ses émotions à lui, si particulières, ou pire encore, qu’il se fâche parce qu’elle savait désormais dans quel état il se trouvait avant de la rencontrer. Le hasard n’existait pas. La vie fait seulement des mauvais coups pour remettre le monde à sa place et lui rappeler que c’est elle qui décide, pas chaque être humain individuellement. Serrant sa main, la sorcière eut un temps de silence avant de reprendre, avant d’avoir le courage d’avouer qu’elle cachait quelque chose de terrible. Fermant les yeux, elle laissa Florian s’éloigner, le vide se créer de nouveau entre eux, se demandant si ce simple contact leur avait fait quelque chose. Ce n’était qu’un coup dur à passer, et elle espérait qu’ils s’en sortiraient ensemble, et pas chacun de leur côté. Quand elle rouvrit les yeux, elle le regarda d’un air plus que désolé, se mit à faire tourner son verre entre ses mains, fuyant son regard, revivant la scène de la révélation soudaine vécue il y a quelques jours avec Charlotte. Elle avait eu du mal à réaliser, et n’en avait même pas dormi de la nuit. « Je suis pas sûre que je t’ai tant manqué que ça. » souffle-t-elle d’abord, blessée par ses propres paroles, jetant des coups d’œil autour d’eux pour s’assurer que personne ne les épiait, pour vérifier que le traqueur n’était pas là. « Ce n’est qu’une illusion, Florian. » Florian, et pas « bisounours », comme elle aimait l’appeler pendant et après leurs ébats. Elle ferme les yeux, serre le point, refuse de voir l’expression qui se peindra sur le visage du jeune homme quand elle lui annoncera. Elle a cessé de pleurer, essaie de redevenir crédible et aussi forte qu’elle le montre d’habitude. Finalement, c’est avec un effort immense qu’elle se lance, plongée dans le noir dans laquelle elle s’est enfermée. « Ce que tu ressens… Ce que je ressens… Bon sang c’est dur ! Ce que je veux dire c’est que ces émotions ne m’appartiennent pas. J’aurais du te le dire avant, mais je n’étais pas sûre. Quand on a couché ensemble, une autre facette de mon pouvoir s’est révélée. » Elle pince les lèvres, prend une grande respiration et daigne enfin le regarder dans les yeux, nerveuse. Il ne voudra plus jamais d’elle après ces confessions, elle en est convaincue. « Je pensais qu’il n’y avait plus que les cicatrices visibles que je pouvais absorber. Mais c’est pire, ce qu’il y a dans la tête, le véritable mal, je l’ai attrapé aussi. Quand je suis rentrée chez moi, j’avais qu’une idée en tête… En finir avec ma vie. » Le silence la gagne enfin, elle ravale sa salive, secoue vivement la tête, à la fois honteuse et terrifiée. C’est la première fois qu’elle l’avoue à voix haute, et elle se sent subitement replongée dans le passé. « J’agis comme une drogue sur toi. Tout ça, ce n’est que du faux. » C’était aussi dur qu’une véritable rupture de couple. C’était pire aussi, parce qu’elle s’était attachée, trop peut-être, et qu’elle ne voulait que son bien. Sauf qu’en lui faisant du bien, elle se faisait mal, et elle savait combien elle ne pouvait pas continuer comme ça. Se levant brusquement de table, elle passa une main dans sa crinière blonde, affolée. « Oh putain… J’ai besoin de prendre l’air. » lâche-t-elle, à bout de souffle, ne supportant plus de faire toutes ces confessions face à un public qui pouvait parfois être trop curieux.

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Every breath you take | ft. Olimpia - Sam 3 Mar - 20:03
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EFFIGIE : Douglas Booth.
BAFOUILLES : 218
PACTE : 02/01/2018


OSSATURE : Premier quart de siècle fraîchement atteint.
CONTRAT : Coeur qui n'a encore jamais battu d'amour, garçon persuadé qu'il ne le vivra jamais. Avide de regards fascinés et de caresses-louanges, Florian, trop vite las, subit son célibat.
BESOGNE : « “Sometimes I lie awake at night, and I ask, 'Where have I gone wrong'. Then a voice says to me, 'This is going to take more than one night.” » Illustrateur de bouquins pour gamins qui ne se vendent pas très bien ; vient de perdre son poste de libraire qui lui permettait de se nourrir.
ÉCHINE : Il y a dans ses veines une magie tirant sa puissance des étoiles et du temps. Les danses et les drogues hallucinogènes dominent les classiques incantations. Magie associée aux charlatans, mais celle à laquelle il se donne corps et âme. (chamanisme)
PRESTIGE : Le futur murmure à ses oreilles des fables que lui seul entend. Insidieux, il tache de ses desseins parfois troublants les carnets de l'artiste.
GANG : Coven Heracleum.
CREDIT : DΛNDELION (avatar). Astra (signa). DΛNDELION (icons).


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«And I'm standing on the edge of some crazy cliff. What I have to do, I have to catch everybody if they start to go over the cliff - I mean if they're running and they don't look where they're going I have to come out from somewhere and catch them. That's all I do all day. I'd just be the catcher in the rye and all. I know it's crazy, but that's the only thing I'd really like to be.»

Une illusion? Dans le meilleur des mondes, ça signifierait qu’elle était en train de lui annoncer que tout n’était qu’un rêve et qu’il se réveillerait avec une nouvelle vie entre les mains, mais il avait la décevante impression que ce n’était pas le cas. Son regard inquiet analysait chaque trait du visage de la belle pour essayer d’y cerner un quelconque indice. L’estomac qui se nouait comme lorsqu’on se faisait dire « il faut qu’on parle », son sourire qui s’effaça, il avait besoin de réponses. Mais il ne posa aucune de ses questions. Il attendit, le cœur battant, qu’elles se dévoilent d’elles-mêmes. Les mots d’Olimpia se tricotaient trop rapidement pour son cerveau qui n’arrivait pas tellement à suivre, à faire les liens adéquatement. Une nouvelle facette de son pouvoir ? Des maux qui ne lui appartiennent pas ?  La respiration se coupa, resta en suspens le temps que la jeune femme confirme ce à quoi il pensait. Vivement, il retira sa main de celle de la sorcière, par crainte de lui transmettre à nouveau ses émotions. Mais à vrai dire, il ne savait pas quoi en penser. Les sentiments se battaient dans ses tripes et on ne savait pas si la culpabilité, la honte ou la colère l’emporterait. Il resta de longues secondes silencieux, ne réagissant pas du tout à la métaphore sur la drogue et à peine à l’attitude angoissée de la compagnonne. Les lèvres pincées, il hésita, plongea sa main dans la poche de son pantalon et déposa sur la table un montant plus élevé que le prix de ses consommations et de celle d’Olimpia. Sans dire un mot, il rangea son cahier, se leva et renfila sa veste. Alors qu’il donnait l’impression de partir sans dire au revoir, il lui fit signe de le suivre ; il valait mieux pour tout le monde d’en parler à l’extérieur. Se faufilant entre les tables, il regagna l’extérieur.

L’air frais du début de soirée lui permit de respirer à nouveau, le rassura un peu. Mais il n’osa pas tout de suite regarder la jeune femme. « Tu aurais dû me le dire avant. », affirma-t-il d’un ton anormalement sec. C’était la colère, un peu honteuse, qui ressortait surtout. Parce qu’il n’avait pas voulu faire souffrir Olimpia. Parce qu’il avait toujours cru que ses maux à lui resteraient dans sa tête, cachés des regards. Soudainement, lorsqu’elle lui avait fait cette fameuse révélation, il s’était sentit violé d’une certaine manière à l’idée que quelqu’un puisse s’être emparé de son « secret » le mieux gardé de la vue des gens qu’il connaissait peu. Il se sentait affreusement vulnérable et ça ne lui plaisait pas du tout ; ses bras pliés sur sa poitrine semblaient tendus, comme s’ils lui servaient de bouclier contre le monde.  Il prit une grande inspiration : « Je n’ai jamais voulu que tu souffres à cause de moi. Si tu me l’avais dit avant, je n’aurais jamais insisté pour qu’on se revoie. Je pense que tu es une personne fantastique, Olimpia, au-delà de ce que tu considères comme une illusion – je me connais assez pour dire que tu es mon genre de femme, alors je doute que tout n’en soit qu’une, d’illusion –, et je ne peux pas supporter l’idée de t’avoir causé de telles blessures. » La voix beaucoup moins brusque qu’auparavant, il tenta d’articuler et de parler au rythme le plus normal possible, mais il sentait l’angoisse remonter en lui et sa gorge se serrer. Le jeune homme s’adossa contre le mur, passa ses mains sur son visage. « Ma sœur avait raison en disant qu’un jour je finirais par faire du mal à d’autres personnes que moi », marmonna-t-il. Il ne l’avait jamais cru, croyant que cette menace n’était qu’un autre de ses arguments douteux pour le pousser à aller consulter. Mais Camellia connaissait certainement plus de choses que lui à ce grand jeu qu’on appelait la vie et elle avait tellement raison sur plein de choses qu’il se sentit idiot de ne pas l’avoir écoutée. « Je suis désolé. », laissa-t-il finalement tomber comme s’il aurait pu y changer quelque chose. Ce n’était pas de sa faute si elle avait hérité d’un pouvoir aussi bâtard ! Il osa finalement lui jeter un regard qui n’était pas bien différent de celui d’un enfant qu’on venait de prendre la main dans le sac.  

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Every breath you take | ft. Olimpia - Lun 5 Mar - 14:54
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Presque honteuse d’avoir dit tout ça d’une traite, Olimpia baisse le regard, jusqu’à ce qu’elle le voit s’enfuir vers la porte. Elle croit d’abord qu’il l’abandonne d’une manière aussi conne que celle-là, elle souffle son nom d’un air désespéré, et il lui fait signe de la suivre. Elle ne met pas longtemps à obéir, parce que c’est elle qui a réclamé de l’air, et elle allait en avoir. Elle comprenait aussi peu à peu qu’elle avait tout gâché, tout foutu en l’air pour une connerie qu’était son pouvoir. Il l’avait lâché soudainement comme si elle avait la peste, elle avait ressenti cet élan de colère au fond de son cœur. Non pas envers lui, mais envers elle. Ce vampire avait eu ce qu’il voulait, au final, elle n’avait pas eu besoin de lui pour foutre en l’air une telle relation. De manière stupide, elle avait donné à son pire ennemi tout ce qu’il voulait. Dansant sur chacun de ses pieds nerveusement, luttant pour laisser la rage exploser, la blonde tourne en rond, n’ose plus le regarder. « Te le dire avant ? J’en savais rien, avant, de ce qu’il se passait. » réplique-t-elle aussi sèchement que lui, sentant sa gorge se serrer. Cette fois, elle le regarde, et cette bouffée de honte repris le dessus, lui donnant autant envie de pleurer que de se foutre en l’air. Elle l’écoute, un peu ailleurs, parce qu’elle n’a pas envie d’entendre ce qu’il lui dit. Il était loin, le Florian qu’elle aimait appeler « bisounours », dont la douceur lui faisait beaucoup de bien. Elle aurait voulu que tout ça ne soit qu’un mauvais rêve, qu’un putain de cauchemar et qu’à son réveil elle pourrait le retrouve, comme avant, comme si rien de tout ça n’était arrivé. Malgré le masque d’agacement qui passait sur son visage, elle ne pouvait être que touchée de ce qu’il venait de dire, de lui faire comprendre, subtilement. Il rejetait la faute sur lui et pas sur elle, lui avouait qu’elle lui plaisait vraiment, malgré ce qu’elle pensait. Tout n’était que paradoxe, et Olimpia aurait préféré ne pas y croire. Silencieuse, elle avouait d’un hochement de tête qu’il avait raison sur un point. Lui aussi était en quelque sorte son genre d’homme, mais il était inutile de le lui avouer pour le blesser davantage. C’était assez dur comme ça. Et elle, elle était là à le regarder perdre le contrôle sans savoir quoi dire, sans oser ouvrir la bouche. Elle aurait voulu se jeter sur lui pour lui faire reprendre la raison, en vérité. Mais elle repensait à Ele, et tout ce qu’il leur était arrivé il y a bien longtemps. Elle n’était qu’un pion dans l’histoire, et si elle couchait sans lendemain, c’était bien pour prouver à ce monstre qu’elle ne lui ferait pas le plaisir de s’attacher pour qu’il puisse les briser. Puis, il finit par s’excuser. Olimpia ne peut plus se contenir, elle laisse ses yeux se remplir de larmes, détourne le regard, se mord dangereusement la lèvre à la limite de se l’arracher pour ne pas hurler. Mais le ton de sa voix est bien trop fort, lui brise déjà les tympans. « C’est de ma seule et unique faute ! Je suis trop conne. Trop faible aussi pour pouvoir contrôler tout ça. Si j’avais réussi mon coup la dernière fois, ce ne serait jamais arrivé. » Elle ferme les yeux, veut faire son insolente pour le repousser, mais finit par craquer. Plongeant à nouveau son regard plein de détresse dans le sien, elle se rapproche et s’empoigne de ses poignets, serrant assez fort pour l’empêcher de la repousser. « Je ne te laisserais pas me repousser. » Peu lui importait que son pouvoir se manifeste ou non. Elle avait besoin de ce contact. Se rapprochant de lui, elle posa la tête sur son épaule et se mit véritablement à pleurer. Quand elle trouva la force de se calmer, elle se remit à parler, plus bas et plus doucement qu’elle ne l’avait fait avant. « Je souffrais déjà avant que tu arrives. » elle plongea une main dans ses cheveux bruns d’un geste qui se voulait rassurant, toujours cacher au creux de son cou. « J’ai appris à contrôler la première facette de mes pouvoirs. J’apprendrais à contrôler l’autre. C’est juste que... » soupirant, elle finit par s’écarter un minimum pour retrouver un contact visuel avec lui. Hésitante, elle finit tout de même par poser une question qui lui brûlait les lèvres. « Est-ce qu’au moins, ça t’a fait du bien de ne plus avoir ce poids sur tes épaules ? » Elle voulait juste savoir. Peut-être que tout n’était pas perdu, qu’elle pouvait encore sauver les choses. Oui, elle avait dans l’idée de s’éloigner autant de temps que possible pour apprendre à se contrôler, mais elle finirait par revenir vers lui. Elle se refusait de l’abandonner, c’était hors de question.

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Every breath you take | ft. Olimpia - Mer 7 Mar - 4:45
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OSSATURE : Premier quart de siècle fraîchement atteint.
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BESOGNE : « “Sometimes I lie awake at night, and I ask, 'Where have I gone wrong'. Then a voice says to me, 'This is going to take more than one night.” » Illustrateur de bouquins pour gamins qui ne se vendent pas très bien ; vient de perdre son poste de libraire qui lui permettait de se nourrir.
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«And I'm standing on the edge of some crazy cliff. What I have to do, I have to catch everybody if they start to go over the cliff - I mean if they're running and they don't look where they're going I have to come out from somewhere and catch them. That's all I do all day. I'd just be the catcher in the rye and all. I know it's crazy, but that's the only thing I'd really like to be.»


L’éclatement de la voix d’Olimpia fit palpiter son cœur plus violemment et battre ses tympans ; il voulu lui demander de se taire, de parler moins fort, mais aucun son ne sortit de sa bouche lorsque l’impuissance le happa. Il ne savait pas qui de lui ou d’elle était la réelle victime dans tout ça ; peut-être l’étaient-ils l’un autant que l’autre, peut-être était-ce stupide de leur part mutuelle de prendre sur leurs épaules une faute qui devrait être partagée ou simplement rejetée – il n’était pas responsable de sa condition comme elle ne l’était pas de son pouvoir. Même s’il ne connaissait pas la vie d’Olimpia, ce à travers quoi elle avait souffert, il pensa saisir le sous-entendu – qui peut-être n’existait pas – dans cette mention d’une réussite qui « aurait dû » avoir lieu et ça lui brisa le cœur en mille morceaux. Hormis secouer la tête, il ne savait pas quoi dire – avait-il même le droit de dire quelque chose ? Il se mordit la lèvre inférieure, soutenant le regard en détresse de la jeune femme ; il ne la laisserait pas tomber comme ça, criait le sien qui s’accrochait fermement comme les mains de la blonde à ses poignets. « Je ne te repousserai pas, Olimpia. Crois-moi. », réussit-il à articuler fermement après avoir pris une bonne inspiration. Le regard quelque peu sévère, il manqua d’ajouter qu’il faudrait le torturer pour qu’une telle idée lui vienne en tête.Bien qu’il craignait encore qu’elle ne lui vole sa douleur, il ne s’écarta pas quand elle vint poser sa tête sur son épaule et que la proximité emplit son cœur d’une chaleur tendre et rassurante.

Mais les larmes qu’il sentit couler sur la peau de son cou, le souffle trouble d’une pleureuse qui la chatouillait en plus, firent se resserrer le nœud dans sa gorge. Il porta la main à son front qu’il pressa doucement, fermant les yeux. L’orgueil trop puissant empêchait les larmes qu’il sentait dans ses propres yeux de couler. Elles brouillaient son regard jusqu’à ce qu’il parvienne à les ravaler – les larmes qui ne tombent jamais sont toujours les plus douloureuses.  À son tour, il glissa sa main dans les cheveux de la blonde, pressant doucement la nuque. Il n’aimait pas savoir qu’elle souffrait (que ce soit à cause de lui ou d’autre chose), mais il hocha timidement la tête. « Ça m’a fait du bien, oui… Je me sentais léger… », ajouta-t-il, les trémolos dans la voix. Impossible de ne pas se sentir coupable : alors qu’il embrassait sa nouvelle légèreté, elle vivait avec son poids à lui sur les épaules – ce n’était pas son rôle, pourtant. Au bout d’un moment, il retira ses doigts de la chevelure douce et entoura Olimpia de ses bras. Il la serra si fort, comme s’il craignait qu’elle ne s’envole soudainement. D’un coup, elle lui paraissait si fragile, si éphémère. Son nez vint se blottir dans ses cheveux ; il respirait tout doucement, un peu mieux que quelques secondes auparavant. « Je ne t’abandonnerai pas comme ça… » En un murmure, les mots se perdirent contre la tempe. Il n’avait pas le cœur à lui dire adieu. Elle n’était qu’une amie, mais il y tenait particulièrement. « Mais je pense qu’il vaut mieux, peut-être, s’éloigner un peu. » Un soupir las s’en suivit. C’était douloureux à admettre, mais il le fallait. C’était mieux pour chacun d’eux. « Pas pour toujours, tu sais. Juste le temps qu’on règle nos problèmes respectifs. Que je ne souffre plus, que tu ne souffres plus de ton pouvoir. » Florian parlait lentement, caressant au gré de ses mots le dos de la sorcière. C’était probablement plus simple à dire qu’à faire, il savait qu’il allait probablement éprouver des sensations semblables à celles d’un sevrage, que ce serait difficile, mais il prendrait du temps pour penser à lui-même, pour s’aider. Même si cette optique foutait un coup de poing à la gueule de son orgueil : dire qu’il devait s’aider était forcément accepter que quelque chose ne tournait pas rond avec lui. Qu’il n’était pas tout à fait normal. « Alors, on se reviendra plus forts… » Lentement, il se sépara de la jeune femme juste assez pour glisser ses doigts sous son menton et l’inviter à garder son regard au creux du sien. « On se le promet ? », demanda-t-il, la voix pleine d’espoir et le regard doux, mais triste. Lui qui, habituellement, préférait avoir ce genre de discussion loin des regards ne se souciait même pas des quelques gens, entrant dans le bar ou en sortant, qui leur jetait de drôles de coups d’œil ; ça lui passait des mètres au-dessus de la tête. Il n’avait d’attention que pour la jeune femme qu’il entourait encore d’un bras.

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Every breath you take | ft. Olimpia - Jeu 8 Mar - 12:21
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Et dire qu’elle n’arrivait pas à le croire. Elle aurait voulu, oui, du plus profond de son cœur, mais il y a des cicatrices qui ne guérissent jamais. Elle vivait dans le présent et ne gâchait aucune opportunité, et pourtant, son esprit était sans cesse bloqué sur le passé. Elle avait la peur au ventre qu’on la repousse à nouveau, qu’on l’abandonne et que l’histoire ne soit qu’un cercle vicieux, l’empêchant d’être pleinement heureuse. Certains disent que le bonheur n’est pas éternel, mais qu’il se présente plutôt sous la forme de petits moments agréables. Être heureux, ce n’est pas sourire en permanence mais savoir profiter des instants précieux et comprendre à quel point ils étaient la source du bonheur, aussi éphémère soit-il. Olimpia n’y croyait pas, ou du moins, n’y croyait plus. Les choses étaient de pire en pire chaque jour, devenaient insupportables. Elle devait vivre avec l’idée qu’elle n’aurait plus jamais d’histoire comme celle passée de son premier amour, à cause d’un vampire qui fourrait son nez dans toutes les histoires qu’elle faisait naître. Elle savait, au fond, qu’elle avait tort d’agir de la sorte. Parfois, elle s’imaginait partir et tout recommencer à zéro, une nouvelle vie, une nouvelle existence même, à condition que l’éternel retour de Nietzsche ne s’applique pas à elle. Soupirant, sanglotant même, elle essaie de faire le vide, cherche du réconfort dans les bras de Florian à qui elle porte un trop grand attachement. Savoir qu’elle avait pu le soulager de ses maux quelques temps la rassurait, faisait poindre sur ses lèvres un timide sourire, triste, mais réel. Elle profita de l’accolade, referma ses bras autour de lui quand il en fit de même avec elle. C’était probablement la seule personne au monde à l’apaiser ainsi d’un geste, à la rassurer. Je ne t’abandonnerais pas comme ça. Elle a envie de se pincer pour que les mots cessent de tourner dans sa tête. Ils résonnent, et l’alcool ingéré d’une traite y est sûrement pour quelque chose. En revanche, les pleurs ne diminuent pas, ils s’accentuent même, lorsque la blonde comprend enfin les mots qu’elle a prononcés plus tôt et qu’il répètent. S’éloigner quelque temps lui semblait soudain impensable, et elle prit énormément sur elle pour ne pas revenir sur ses paroles. Si elle avait le pouvoir de remonter le temps, elle effacerait peut-être ce qu’elle avait dit et continuerait de mentir pour ne pas qu’ils en arrivent là. Elle songeait sincèrement qu’ils pourraient quand même continuer de se voir, et qu’ils pourraient supporter cette douleur à deux et se soutenir plutôt que de retourner chacun de son côté et supporter les problèmes. Dafne l’aurait sûrement engueulée en la voyant ainsi, mais elle aurait su ce dont sa sœur avait le plus besoin en ce moment. Elle l’aurait délicatement tiré de ce mauvais rêve et aurait veillé sur elle pour l’empêcher de briser un peu plus les liens qui l’unissaient au jeune homme. Ce qui lui faisait peur, aussi, c’était la façon dont ils se retrouveraient plus tard. Est-ce qu’elle aurait envie de se jeter sur lui comme si rien de tout ça ne serait arrivé, ou serait-elle incapable de redevenir cette femme qui lui plaisait ? En l’observant désormais, c’était la culpabilité qui lui rongeait le cœur. Ça ne s’arrêtait plus. Tout tournait en boucle comme une horrible malédiction. Cette scène était trop tragique, dramatique même. Où était passé son sourire et son tempérament de feu, sa joie et sa volonté de vivre ? Elle avait tout perdu, l’essence même de son être. Ils étaient juste deux figures désespérés au milieu d’une scène de théâtre. Ils auraient pu faire pitié même à Romeo et Juliet, qui auraient contemplé la scène en se disant que peut-être ce n’étaient pas eux qui allaient périr. « Je peux pas te le promettre. » Elle n’en avait surtout pas le moindre désir. Enroulant ses bras autour de la nuque du brun, elle se rapprocha un peu, sans le quitter du regard. Elle faisait son possible pour ne pas paraître pitoyable. « Ce serait admettre qu’on va échouer. » explique-t-elle finalement, fermant désespéramment les yeux. Elle détestait les promesses depuis toujours. Parce qu’au lieu de lier deux âmes, ces promesses avaient l’effet inverse. On finissait par oublier, et ne plus jamais les tenir, et ce n’était pas ce que voulait la sorcière. « Si jamais… Si jamais ça va pas, ou que le vampire revient, je t’en supplie, appelles-moi. » Rouvrant les yeux, déglutissant, elle ne réfléchissait même plus à ce qu’elle voulait dire et laissait les mots affluer. « Ce sera peut-être moins douloureux de souffrir à deux. »

Codage par Libella sur Graphiorum


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