Ethyloteste-moi ▬ Konrad

 :: VIA DEL CORSO
Ethyloteste-moi ▬ Konrad - Jeu 22 Fév - 16:21
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EFFIGIE : Keira Knightley
BAFOUILLES : 151
PACTE : 04/01/2018


OSSATURE : vingt-sept anniversaires
CONTRAT : célibataire condamnée mais vaillante. fleur bleue dans l'âme, elle évacue sa solitude avec de sordides guerriers de passage - ceux qui n'ont pas d'intérêt pour l'amour. les autres sont aux mains de perfides petites saintes de la normalité, tendresses quotidiennes moins dérangeantes qu'elle.
BESOGNE : ancienne mécanicienne, schizophrène paranoïde reconvertie dans la peinture contre son gré. ses oeuvres profitent à la gloire d'un autre, et lui assurent protection en plus de menus cachets.
FABLE : le seul moyen qu'elle aurait encore de croire au surnaturel, serait qu'on lui enfonce la foi directement dans le neurone, avec un bistouri et une seringue
ÉCHINE : chamane délaissée, condition ignorée, don étiolé par les âges et la négligence de maintes générations avant elle.
PRESTIGE : felice peut sentir l'âme des gens, qu'elle interprète au bon vouloir de son esprit malade. elle est sujette à un spiritualisme sensible, exposée aux éléments les plus sombres de ce monde, jusqu'à la démence. plus qu'un don, une condamnation dès la naissance.
GANG : monarca, collaboration récente, saine exploitation de son art en échange de sa vie
CREDIT : (ava) ABANDON (gifs) imogenpoots / underthecut (image) quirkbooks
Tout le monde veut la même chose
Même les travelos rêvent du prince charmant
Et pourtant on passe notre temps à se mettre des coups de cutter dans les paumes
A trop mentir à force de dire
Je t’en supplie, me parle pas, range la guimauve, écarte les cuisses
Ferme ta gueule, laisse-moi juste kiffer mon va-et-vient de taulard
Et m’endormir direct moins de trois minutes plus tard


Elle était là, Felice.
Allongée par terre, les yeux à son plafond trop haut; une chatte bonhomme et décontenancée ronronnant contre ses cuisses. Une cigarette passait de lèvres à doigts en allées venues mécaniques; dans la morosité de l'ennui, la déchirure de sa solitude. A peser au gramms, les restes de son instinct de conservation ensemencés à la terre stérile de ses névroses léthargiques. Dans l'un de ces instants de vie nuls que l'Histoire ne retenait jamais, où il n'était ni désastre ni grands hommes, pas un bonheur terrible ni même une ire dévastatrice : seulement la dépression morne d'une insoutenable fatigue. La réalisation soudaine, implacable et placide, du mur dans lequel on ne fonçait plus mais où le véhicule s'était encastré déjà, roue et chambranle, volant et passagers avec.

Dans un miaulement égoïste, une griffe enfoncée dans son jean invoquait son réveil, un peu d'attention dans sa déprime infertile.
Elle soupira, Felice - de lassitude, d'incertitude. Se demanda dans une morbidité passive, combien de temps il lui faudrait rester là, sans hydratation ni nourriture, pour s'éteindre tout simplement en n'ayant rien fait qui pût la culpabiliser, de l'activisme effroyable du suicide. Réalisa dans un spasme horrifique, que pour s'éteindre elle n'avait qu'à tendre le bras, vers cette carte d'abonnement perpétuelle à l'industrie pharmaceutique. Qu'une trentaine d'amis dormant dans leurs petites plaquettes en plastique, était tous prêts à lui porter assistance, se livrer au meurtre altruiste. Ce même frisson d'angoisse fit relever son corps au sol d'un bond terrible - à surprendre la petite chatte, l'enfuir aussitôt vers des coussins moins rétifs que ses cuisses. Quelque chose se réveillèrent pour haleter, les instincts de vie de son esprit malade. Fais quelque chose.

Quel putain d'gaspillage
Mais il faut pas que tu désespères, perds pas espoir
Promis juré qu’on la vivra notre putain d'belle histoire
Ce sera plus des mensonges
Quelque chose de grand
Qui sauve la vie qui trompe la mort qui déglingue enfin le blizzard


Elle était là, Felice.
Assise seule à sa table, les yeux enfoncés sur les pages qu'elle noircissait sans logique au crayon noir. Inspirée par le spectacle de la foule, sans que l'œuvre couchée sur le papier ne dusse être retenue pour la postérité - rien que des griffures noires sur une feuille blanche, les allées et venues furieuses d'un esprit en mal de mouvement. Un homme, surtout, assis un peu plus loin au bar, retenait l'attention de son cerveau malade ; en œillades brèves mais trop régulières pour être bien secrètes, sans doute. Trop jeune pour être un vieux saoulard, trop beau pour celui que l'on rejette, trop propre pour un dément crasseux du même bois qu'elle. Elle t'a quitté pour une autre ce soir, et tu bois pour l'oublier. Alors elle extrapolait, Felice, l'esprit libéré par les automatismes de son bras, en griffures sur le papier. Trop banal, bien sûr. On vient de t'annoncer une maladie rare, et tu préfères encore mourir saoul. Déprimant cette fois, bien trop pour les relents fatigués, suicidaires, de ses humeurs nocturnes. Elle a dû prendre le dernier train, et tu viens de la perdre sur le quai d'une gare. Elle sourit, Felice - par dessus sa feuilles blanches et ses griffures noires. Satisfaite, rassurée.

Imagine-toi, t’es là en train de te reprendre un verre au bar
Quand tout à coup tu croises un regard qui te perfore de part en part
Imagine-toi, t’es là ça te tombe dessus sans crier gare
Un truc bandant un truc dément qui redonne la foi
Un truc comme ça.


Elle était là, Felice.
Assise à un tabouret de bar, un whisky commandé pour mieux l'avancer vers cet homme déprimant et déprimé - et désormais sans doute très alcoolisé. Ce type trop propre qui avait pourtant traversé, immobile, la foule en allées et venues du quai de bar. Tous étaient arrivés pour repartir, repartis pour arriver. Lui, il était resté, immobile et seul, comme un roc indifférent à la houle des passants qui le percutaient.
Lui, il la réconfortait.
Parce que lui, il avait l'air encore plus misérable qu'elle.

Comment elle s'appelait ?

☾ ☾ ☾ ☾ ☾
J'ai besoin d'ouvrir les vannes tu comprends de tout lâcher comme un puceau qui ment de hurler ma peur de l'abandon ma recherche phonétique d'attention mon besoin de reconnaissance en permanence comme un chien des caresses ma cruauté ma politesse maladive mon zèle dangereux mes réflexes à la con.
(c)lazare
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Ethyloteste-moi ▬ Konrad - Dim 11 Mar - 10:22
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EFFIGIE : M. Mc Conaughey
BAFOUILLES : 23
PACTE : 21/01/2018
OSSATURE : 44 ans, même si on dirait pas ; c'est le p'tit air suédois qui lui donne l'aspect lisse du design IKEA.
CONTRAT : CDD d'Amour qui changent chaque jour.
BESOGNE : Inspecteur Gadget.
FABLE : Immaculé, trop terre à terre, mais un peu plus douteux chaque jour.
ÉCHINE : Son cœur bat, vierge de tout sortilège et contagion mystique.
CREDIT : swan (Ava.)

Quand tu quittes quelqu’un sur le quai d’une gare, ça m’est arrivé, tu as le temps de lui dire au revoir. Tu le serres dans tes bras, tu lui dis que tu l’aimes peut-être, et l’échéance se rapprochant tu veux profiter de chaque minute, de chaque secondes, et tu commences à dire des choses incongrues, de la merde même, juste pour ne pas laisser le vide s’installer, juste pour avaler les derniers instants commes les ultimes bonbons d’une boîte qui prennent soudain terriblement de valeur parce qu’ils se raréfient ainsi que des pierres précieuses.
Varri est partie d’une gare pour le four crématoire et je n’ai même pas pu lui dire au revoir.

Mes pensées divaguent, comme toujours, vont et viennent, observent dans cette habitude de flicaille qui sait tout sur tout le monde ou du moins en donne bien l’illusion. Elles jonglent avec ces petites têtes inconnues, leur inventent des histoires avant de leur trancher la gorge alors qu’elles disparaissent dans le train, au bout de l’allée. J’attends que quelqu’un se jette sur les rails, fasse un peu bouger cette routine grise, mais le choc ne vient pas. Il y a juste cette foule continue, brouillonne, cette fourmillière indécente qui grouille de toutes parts, trop vite. J’ai eu le temps d’inventer mille histoires et y’en a pas une qui tient la route, putain, c’est con.
Je colle le visage de Varri sur plusieurs femmes pour que ce soit moins dur, pour me dire qu’elle est pas partie cette chieuse putain, qu’elle est là quelque part, à travers le filtre dérisoire de la fumée des clopes que j’enchaîne comme un vieil ouvrier de la vie, mais non les masques s’effacent, les gens tournent simplement la tête et redviennent inconnus, insignifiants et inutiles pour le déroulement de l’histoire.
Je cherche, j’ai le mot sur le bout de la langue, mais si tu sais, le premier mot de l’histoire, celui qu’il ne faut pas foirer parce que c’est la première tâche d’encre sur la page blanche de ta vie qui ne demande qu’à être bien remplie, noircie de tes aventures, de tes amours, de tes conneries. Il vient pas.

C’est cette fille qui vient, cette fille dont le visage bouge trop, dont les yeux sont trop vivants pour être les siens maintenant, qui s’approche de moi et qui parle alors que je lui ai rien demandé. Ses mots s’entrechoquent dans ma tête, c’est une bonne phrase, un bon titre, je pourrais en écrire un livre, de ces conneries.
Je tire sur ma clope.

« Blondie. »

J’ai trouvé.
C’est ça, le premier mot, le premier mot de notre histoire, ce premier surnom balancé à la volée comme tu jettes une boule de papier froissé dans la corbeille, et qui finalement a signifié tant de choses. Blondie, oui c’est ça ; j’accroche ce mot sur le dos d’une passante que je regarde disparaître, monter dans le train sans me regarder, traîtresse, Blondie ne t’en va pas… !
Je ferme les yeux.

« Et toi ? »

Les rouvre ; nouvelle page, nouvelle histoire.

« Tu t’appelles comment ? »
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