Moonlight drowns out all but the brightest stars | ft. Giovanni

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Moonlight drowns out all but the brightest stars | ft. Giovanni - Ven 2 Mar - 17:37
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sorciers
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EFFIGIE : Douglas Booth.
BAFOUILLES : 218
PACTE : 02/01/2018


OSSATURE : Premier quart de siècle fraîchement atteint.
CONTRAT : Coeur qui n'a encore jamais battu d'amour, garçon persuadé qu'il ne le vivra jamais. Avide de regards fascinés et de caresses-louanges, Florian, trop vite las, subit son célibat.
BESOGNE : « “Sometimes I lie awake at night, and I ask, 'Where have I gone wrong'. Then a voice says to me, 'This is going to take more than one night.” » Illustrateur de bouquins pour gamins qui ne se vendent pas très bien ; vient de perdre son poste de libraire qui lui permettait de se nourrir.
ÉCHINE : Il y a dans ses veines une magie tirant sa puissance des étoiles et du temps. Les danses et les drogues hallucinogènes dominent les classiques incantations. Magie associée aux charlatans, mais celle à laquelle il se donne corps et âme. (chamanisme)
PRESTIGE : Le futur murmure à ses oreilles des fables que lui seul entend. Insidieux, il tache de ses desseins parfois troublants les carnets de l'artiste.
GANG : Coven Heracleum.
CREDIT : DΛNDELION (avatar). Astra (signa). DΛNDELION (icons).


Moonlight drowns out all but the brightest stars
Florian & Giovanni

«I dream. Sometimes I think that's the only right thing to do.»
Marietta embrassa la joue de son frère qui tira une tête de chaton timide. « Vers quelle heure tu reviens ? », demanda-t-il d’une voix presque enfantine à la jeune femme qui se tenait sur le pas de la porte. Heureusement pour lui, il attendait quelqu’un ; il ne resterait pas seul trop longtemps avec le chat, les plantes, et la nuit qui n’apportait que des angoisses. Il ne savait pas où sa princesse allait, mais en prenant le temps de dévisager son accoutrement, trop mature comparé aux froufrous qu’elle portait habituellement, il comprit. Elle lui répondit qu’elle ne savait pas ; certainement demain soir, mais que Camellia reviendrait au courant de la nuit si tout allait bien. Elle le força à tendre la main pour y glisser une pile de billets avant de bondir et de s’enfoncer dans le couloir lorsqu’elle entendit le bruit d’un klaxon impatient. Les lèvres pincées, Florian agita la main, serrant le fric dans l’autre, avant de rentrer et de fermer la porte derrière lui. Il rangea l’argent dans le tiroir de la petite table, se tourna face au salon. Un soupire. Puis un autre. L’état des lieux l’emmerdait. Comme il n’avait plus d’atelier jusqu’à ce qu’il puisse l’installer chez ses parents, à l’autre bout de Rome, il n’avait pas eu d’autre choix que de réaménager le grand salon pour la soirée. Ce n’était pas le désordre, mais il pensait surtout au moment où tout devrait être remis en ordre ; les plantes qui trônaient à même le sol étaient toutes dans sa chambre, alors qu’une partie des meubles dormait dans les chambres de ses sœurs. Florian attrapa la toile blanche qu’il avait laissée sur le bras du canapé, pliée en quatre, et l’étala de tout son long sur le plancher ; ses sœurs lui feraient laver à la brosse à dents s’il le tachait ! Il regarda l’heure : le type ne devrait pas tarder.

Florian fila dans sa chambre pour préparer son matériel. Il y avait longtemps qu’il ne s’était pas sentit aussi bien naturellement. La journée était passée plus vite qu’à l’habitude et il était parvenu à compléter presque entièrement sa to-do list du jour. Les journées comme ça étaient rares ; normalement, elles étaient toutes ponctuées de lassitude, de baisse soudaine de motivation et toute la panoplie. Des gens s’inquiétaient pour lui, mais il commençait tout juste à s’en rendre compte. Après la révélation d’Olimpia, le discours fataliste de Camellia à son sujet lui paraissait moins exagéré et les questions de son père par rapport à son état le rassuraient. La semaine dernière, il était allé voir un généraliste qui l’avait félicité d’être venu consulter avant de sombrer dans une spirale sans fin et ce dernier lui avait écrit une recommandation pour un psychiatre. Ça lui faisait peur, mais il n’avait pas le choix. Au fur et à mesure que le matériel remplissait son panier, il raya des mots sur une feuille jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien vierge d’une longue ligne grise. Il n’avait jamais peint sur un modèle masculin, avant. Il s’était habitué aux courbes délicates de Ginevra, à sa peau douce comme de la soie sur laquelle son pinceau glissait lentement, subtiles caresses interdites. Celui qui lui avait tapé à l’œil n’était pas bien viril, délicat comme une fille, mais Florian ne se confortait pas dans l’illusion que la sensation puisse être identique. Le sorcier souleva le panier d’osier et retourna dans le salon qui n’était éclairé que par les lampadaires de la rue jusqu’à ce qu’il ait allumé les lumières et fermé les rideaux. Le temps que l’invité arrive, Florian s’installa dans le coin du canapé et reprit le livre qu’il avait débuté la veille. Ces moments de rêveries qui ne lui arrivaient pas souvent – l’art et son nouvel emploi mangeant beaucoup de son temps – évacuaient momentanément ce qu’il y avait de sombre en lui.

Quand on sonna à la porte, il termina les dernières lignes de la page avant d’aller ouvrir. Il invita le jeune homme à entrer, prenant le temps de l’observer encore. Il avait déniché un magnifique spécimen ; sa peau pâle et ses cheveux foncés lui conféraient l’allure d’une poupée de porcelaine, d’une Blanche-Neige au masculin. « Comment vas-tu ? », demanda-t’il, souriant, en lui désignant le salon d’un geste de la main. « Tu peux déposer tes affaires sur le canapé. » En s’avançant dans la pièce, Florian retira son sweatshirt pour ne garder qu’un t-shirt dont il ne risquait pas de salir les manches. Il jeta un nouveau coup d’œil à Giovanni, se dit qu’il avait bien fait de choisir de reproduire sur lui Starry Night de Van Gogh ; s’il était un élément de la nature, il serait probablement un ciel étoilé. Pour ses premiers essais, Florian préférait s’en tenir à des choses déjà existantes. « Comme je t’ai déjà dit, tu seras payé en fonction du nombre d’heures que ça prendra. » Alors que beaucoup de modèles artistiques étaient payés à contrat, ce qui était parfois nettement moins avantageux. « Si t’as besoin de te dégourdir les jambes, de boire ou de manger un truc, t’as qu’à me le dire on prendra une pause ! Sinon, tu peux même dormir pendant la séance, ça ne m’embête pas. » Sur ces derniers mots, di Rosa s’éloigna pour aller sortir son matériel du panier d’osier pâle.
(c) DΛNDELION

☾ ☾ ☾ ☾ ☾


keep your eyes wide open
Florian☽ Closing your eyes isn't going to change anything. Nothing's going to disappear just because you can't see what's going on. In fact, things will even be worse the next time you open your eyes.
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Moonlight drowns out all but the brightest stars | ft. Giovanni - Ven 2 Mar - 18:24
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vampires
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EFFIGIE : Jaco van den hoven
BAFOUILLES : 683
PACTE : 28/02/2018


OSSATURE : Vingt-et-un ans et quelques mois, une si douce année. Comme un millésime, un âge qui fleure bon la jeunesse et la débauche. On peut renifler la drogue, l'alcool et le sexe d'ici.
CONTRAT : Un courant d’air serait plus facile à fixer que cet esprit libre. Trop bizarre pour vivre, mais trop rare pour mourir. Il est des êtres qui ne s’imaginent pas cesser leurs aventures.
BESOGNE : D’une beauté éthérée, ses cheveux d’ébène tranchant à la perfection avec son corps chétif, il ne rêve que de lumière et de gloire. Les photographes, la notoriété, les tenues de modes à foison… Mais pour le moment, il ne fait que vendre son corps à ceux qui en ont besoin. D’aucun appelleraient ça du service public, mais la police appelle ça du racolage.
ÉCHINE : Vampire
PRESTIGE : Toucher son nez avec sa langue, pour ce qu'il en sait. Mais peut-être qu'un jour, il devra ordonner à quelqu'un. Un homme ou une femme. Et qu'il sera étonné, scié même, de sa nouvelle autorité.
CREDIT : Arminio

La basse ébranle tes lèvres. Tu souris.

Le casque blanc est fermement fixé sur ta tête trop fine, tes cheveux s’enroulent autour avant de chuter sur tes épaules. Ta démarche est chaloupée, ton dos est droit, ton menton est haut, on dirait que tu défiles quoi qu’il arrive. Tes bottines claquent sur le sol, plus proches de rangers qu’autre chose. Un connaisseur pourra observer une imitation très fidèle d’un modèle d’Alexander McQueen. La matière réfléchit la lumière des lampadaires, réfléchit ton image au port altier, alors que tu progresse avec tes lunettes rondes comme des oranges. Tu sens le citron et l’amande douce, dénonçant ainsi la douche toute récente que tu as prise.

Ton trench est écarté, ta main sur ta hanche.

Assuré que tu es, tu jauges chaque personne que tu croises avec un air assassin. C’est aussi ça le pouvoir d’un mannequin. Mais personne ne te regarde vraiment, ou plutôt personne ne te regarde ostentatoirement. Tu es le centre d’attention même lorsque tu juges t’habiller plus subtilement. Ton t-shirt à col rond baille tellement qu’il révèle tes clavicules et une partie de ton torse. Un fin collier au bout duquel trône une pierre (sans doute de l’onyx) (en tout cas une pierre noire) (comme l’est la nuit) qui souligne la ligne de ton menton et de ta mâchoire tout comme les boucles d’oreilles aux pendants aussi noirs et argenté que le collier, qui dépassent du casque.

Ton jean n’a d’autre but que de mouler tes jambes.

Premier rendez-vous avec ce garçon bizarre. Ce garçon qui te paye pour peindre sur toi ou te peindre. C’est une démarche qui te plait. Devenir la toile d’un artiste, c’est un peu comme être sa muse. Il t’a prévenu de ses intentions alors tu as pris le temps de t’épiler entièrement avant de venir. Le jour était encore présent par quelques balbutiements de toute manière, tu avais du temps à perdre. Tu es venu à lui comme une toile et non comme un jeune homme. Tu ne t’es pas maquillé, tu n’as pas mis de crème à part celles nécessaires ou purifiantes, tu n’as pas mis de vernis : rien. Tu es une page blanche. Le canevas dont il a rêvé.

Bien droit dans tes bottes, tu sonnes à l’adresse indiquée.

Ton petit bout de papier dans la main gauche, tu sonnes de la main droite en déglutissant doucement. Aujourd’hui, tu avais acheté un lapin dans une petite animalerie du coin pour te nourrir et éviter de sauter à la gorge du malheureux. La soif serait présente malgré tout, mais rien d’abominable. Rien d’insurmontable. Tu pries pour qu’il ne se coupe d’aucune manière. La prudence est de mise. Il ouvre la porte en grand et t’accueil comme il se doit par un simple : « Comment vas-tu ? » Qu’il demande un peu naïvement (ou peut-être cela venait de toi ?) mais tu ne réponds pas vraiment alors qu’il continue : « Tu peux déposer tes affaires sur le canapé. » Tu retires ton casque et le passe autour de ton cou, poussant tes cheveux à couvrir les écouteurs de celui-ci.

« Merci. »

Tu lui offres un sourire charmeur, celui que tu as appris à faire devant les clients ou devant les appareils photographiques. Tes dents blanches bien mises en avant, mais seulement sur un côté, une légère fossette se creusant dans le bord de ses lèvres alors que les ombres projetées par les lumières ne font que souligner d’autant plus tes pommettes de garçon angulaire. Tu l’écoutes parler alors que tu retires ton trench pour le plier avec soin sur le rebord du canapé. Tu observes autour de toi de tes yeux bleus acérées. Tu ne loupes aucuns détails. Tu vois sur le sol les cercles des plantes qui devaient se trouver là, ainsi que sur quelques étagères. Tu observes les endroits ou il y a des trous et où il y aurait du y avoir des meubles. Tu jauges l’endroit avec ce sourire qui ne te quitte pas. Combien de temps cela a-t-il prit ? Une minute ? Une seconde ?

Un battement de cil, en fait.

« Je veux bien un thé avant qu’on commence, si ça te déranges pas ? » Ton accent français tranche dans les mots italien, transforme un peu les consonnances. Tu retires ton t-shirt et le pose, plié, sur le trench, avec le casque. De ton poignet, tu tires un élastique que tu passes négligemment dans tes cheveux pour les ramener en arrière dans un chignon maladroit mais haut perché pour éloigner tes mèches et dégager ton cou et tes clavicules marmoréennes. Les bras ainsi relevés, le regard perdu par la fenêtre, ton corps n’est qu’une offrande au regard de l’artiste qui te couvrira bientôt de la délicatesse d’une peinture, de la caresse furieuse d’un pinceau dirigé par l’inspiration.  

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Moonlight drowns out all but the brightest stars | ft. Giovanni - Sam 3 Mar - 20:36
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OSSATURE : Premier quart de siècle fraîchement atteint.
CONTRAT : Coeur qui n'a encore jamais battu d'amour, garçon persuadé qu'il ne le vivra jamais. Avide de regards fascinés et de caresses-louanges, Florian, trop vite las, subit son célibat.
BESOGNE : « “Sometimes I lie awake at night, and I ask, 'Where have I gone wrong'. Then a voice says to me, 'This is going to take more than one night.” » Illustrateur de bouquins pour gamins qui ne se vendent pas très bien ; vient de perdre son poste de libraire qui lui permettait de se nourrir.
ÉCHINE : Il y a dans ses veines une magie tirant sa puissance des étoiles et du temps. Les danses et les drogues hallucinogènes dominent les classiques incantations. Magie associée aux charlatans, mais celle à laquelle il se donne corps et âme. (chamanisme)
PRESTIGE : Le futur murmure à ses oreilles des fables que lui seul entend. Insidieux, il tache de ses desseins parfois troublants les carnets de l'artiste.
GANG : Coven Heracleum.
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Florian & Giovanni

«I dream. Sometimes I think that's the only right thing to do.»
Une poupée de porcelaine. Plus il le regardait, plus cette impression se marquait dans son esprit. Inquiétante étrangeté à la fois magnifique, à la fois intrigante. Bien que la peau pâle et délicate ne le laissât pas de marbre, qu’il aurait peut-être voulu y faire courir ses doigts plus que des pinceaux, quelque chose lui déplaisait. C’était cette incapacité, dans l’immédiat, à y trouver des imperfections, ce qui nuisait, selon lui, à sa beauté relative. Certes, il était beau, ce n’était pas à remettre en doute, mais il manquait ce petit quelque chose qui plaisait plus que tout à l’œil de l’artiste. Il était convaincu qu’il finirait bien par trouver, mais il était aussi certain qu’il ferait un meilleur tableau que modèle. Ce n’était certainement pas l’avis de tout le monde, mais Florian n’était pas « tout le monde ». Le sourire qu’il abandonnait toujours dans ces moments de contemplation revint tendre les traits de son visage. « Il me reste du thé au jasmin, si ça te convient. » Avant de partir à la cuisine, le sorcier prit le temps d’observer le torse mis à nu. Une fusion fascinante entre délicatesse féminine et traits masculins ; Florian adorait quand les choses ne restaient pas coincées dans leurs modèles aliénants. On aurait pu considérer que l’absence de courbes ou de muscles trop saillants sur le torse en faisait le tableau parfait, mais l’artiste croyait qu’en matière de corps, il n’y avait rien qui puisse être considéré comme « un tableau parfait ». Il s’accommodait de tout : c’était ce qui rendait une œuvre unique. Même s’il aurait pu, le regard de Florian ne dévorait pas, ne partageait pas l’envie curieuse qu’il pouvait ressentir. Ses prunelles restèrent calmes, respectueuses ; ce n’était pas le moment adéquat. Contemplation terminée, il partit à la cuisine, mais n’y resta pas longtemps. Quand il revint, ce fut en compagnie de la bouilloire électrique remplie d’eau, le thé et une tasse sur un plateau métallique qu’il déposa sur le sol. Il brancha l’appareil et, pendant un moment, il n’y eut, pour briser le silence, que le crépitement de l’eau.

Assis en tailleur, Florian s’étira pour approcher ses contenants de peinture. Il sortit les couleurs dont il savait qu’il aurait besoin, hésita parfois entre deux teintes similaires mais dont le rendu serait totalement différent. « Je pense que c’est important de t’informer sur ce que j’utilise, au moins. Il s’agit d’une peinture très réputée pour ce genre de pratique et d’excellente qualité. De ce que j’ai pu en lire et constater sur mon autre modèle dont la peau est très fragile et très pâle, elle est parfaite pour les peaux sensibles. » Le garçon regarda autour de lui, fronça les sourcils : il lui semblait qu’il avait oublié quelque chose. D’un bond agile, il se redressa et retourna à la cuisine. Il fit couler de l’eau pour remplir un pot de plastique, ouvrit une armoire qui renfermait tout son nécessaire pour le nettoyage du matériel et en sortit une petite serviette. « Évidemment, quand tout sera terminé, tu pourras utiliser la douche. On a de l’huile de coco et du démaquillant, aussi ; c’est plutôt efficace pour enlever la peinture sur le corps. », commença-t-il à expliquer dès qu’il sortit de la cuisine. Il déposa son petit pot tout près de sa peinture. Comme s’il ne s’y attendait pas, le sorcier sursauta quand la bouilloire poussa un long sifflement d’agonie suppliant qu’on la vide – ce qu’il se dépêcha de faire, couronnant le tout en plongeant une poche de thé dans la tasse. « Alors, c’est possible que ça chatouille un peu au début. Surtout quand mes traits sont plus lents, mais si c’est insupportable, faut pas te gêner à le dire. Et puis, si tu trouves que le silence est oppressant, tu peux parler. » C’était ce qu’il espérait, en fait. Florian ne peignait jamais dans le silence absolu. Si ce n’était pas les paroles d’un être humain présent en chair et en os, c’était les cris ou les pleurs de la radio, les exclamations de sitcoms idiots, mais jamais le silence quand son cerveau roulait à mille kilomètres à l’heure ; c’était le meilleur moyen de se laisser ronger par les idées noires. Lorsque le thé fut bien infusé, il retira la pochette qu’il laissa tomber sur le plateau et alla porter la tasse au jeune homme. « Quand tu seras prêt, tu n’auras qu’à t’étendre sur le drap. Sur le dos ou sur le ventre, peu m’importe. » Rapidement, il regarda l’heure ; s’il faisait déjà sombre dehors, il n’en restait pas moins qu’il était quand même encore assez tôt. « Prend ton temps. », affirma-t-il d’une voix douce. Il préférait une toile détendue plutôt que pressée.
(c) DΛNDELION

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Moonlight drowns out all but the brightest stars | ft. Giovanni - Sam 3 Mar - 23:31
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EFFIGIE : Jaco van den hoven
BAFOUILLES : 683
PACTE : 28/02/2018


OSSATURE : Vingt-et-un ans et quelques mois, une si douce année. Comme un millésime, un âge qui fleure bon la jeunesse et la débauche. On peut renifler la drogue, l'alcool et le sexe d'ici.
CONTRAT : Un courant d’air serait plus facile à fixer que cet esprit libre. Trop bizarre pour vivre, mais trop rare pour mourir. Il est des êtres qui ne s’imaginent pas cesser leurs aventures.
BESOGNE : D’une beauté éthérée, ses cheveux d’ébène tranchant à la perfection avec son corps chétif, il ne rêve que de lumière et de gloire. Les photographes, la notoriété, les tenues de modes à foison… Mais pour le moment, il ne fait que vendre son corps à ceux qui en ont besoin. D’aucun appelleraient ça du service public, mais la police appelle ça du racolage.
ÉCHINE : Vampire
PRESTIGE : Toucher son nez avec sa langue, pour ce qu'il en sait. Mais peut-être qu'un jour, il devra ordonner à quelqu'un. Un homme ou une femme. Et qu'il sera étonné, scié même, de sa nouvelle autorité.
CREDIT : Arminio

Tu le laisses te servir.


C’est agréable de se faire servir. On se sent important, on a l’impression de compter. C’est agréable de compter. Même si c’est une pensée fugace, un mot soufflé qui s’évapore dans l’air. On s’y accroche doucement parce que c’est doux, parce que c’est chaud. Alors tu souris quand il va chercher du thé et tout ce qui va avec. Tu es même amusé par le petit sachet, toi grand habitué de la boule à thé. Tu ne fais pas de remarque, continuant de sourire de toutes tes dents, pianotant sur ton torse dénudé du bout de tes dix doigts.

Une chaîne en or rose, très fine, pendouille de ton cou.


Tu as gardé ton pantalon mais a déjà retiré tes chaussettes. En tailleurs près de la bouilloire, tu regardes le peintre avec un air perplexe. Il a quelque chose d’étrange mais tu ne saurais pas dire quoi. Tu renifles doucement. Tu as faim. Tu as toujours faim. Terriblement faim. Tu baisses le regard, fixant les imperfections dans le tissu de ton pantalon. Là ou bientôt naitront des trous. Voilà longtemps maintenant que tu as ce pantalon. Tu te forces à penser à autre chose. Espérant qu’il dure encore longtemps, ce pantalon, parce que tu n’aurais pas les moyens d’en acheter un autre tout de suite.

La bouilloire occupe tout l’espace sonore.


Il brise le silence, te parle de la qualité de la peinture, tu n’y avais même pas réfléchi. Ta peau resterait parfaite, même si la peinture devait l’abimer, tu n’avais pas peur. Les vampires n’ont pas de boutons. Enfin tu espères. C’est peut-être parce que tu n’as pas de réponses que tu continue de mettre de la crème comme tu le fais chaque fin d’après-midi. Tu souris doucement en agitant la main, essayes de le rassurer. « Donc t’as d’jà fais ça. Cool. Pas de soucis t’en fais pas. » Tu le détailles, le jauge. Il est étrange ce jeune homme. Surprenant.

Tu pourrais presque entendre son cœur.

Force-toi à penser à autre chose. Libère toi. Tu passe la main sur ton visage, puis tes cheveux en te rappelant qu’ils sont déjà attachés. Le mouvement est peut-être un peu ridicule vu de l’extérieur, à essayer de plaquer des cheveux déjà plaqués, comme si tu avais loupé une marche. Il disparait dans le couloir, probablement dans la cuisine à ce que tu peux entendre, et tu restes la à regarder devant toi. Tu tapotes tes cuisses sans vraiment réfléchir.

Tu gagnes du temps.

Il te parle de douche, d’huile et de démaquillant. Tu souris. L’huile coco était une raison de ce sourire. Elle éveillait un monde de senteurs que tu adorais depuis petit déjà. Dans les gâteaux comme dans les crèmes que tu utilises, te donnant parfois l’envie de te manger toi-même. Cette pensée n’aura jamais été aussi crédible que maintenant. Tu pouffe à peine.

Le thé est prêt, tâche de te montrer plus bavard.


Tu attrapes la tasse d’un geste souple, agile, délicat. Comme un danseur en plein balais, tu soupèses le récipient avant de le porter à tes lèvres sans réfléchir, malgré la fumée. Tu ne réalises pas vraiment la chaleur du liquide mordorée alors qu’il passe sur ta langue. Tu n’y penses pas vraiment. Tu reposes la tasse. « Tu peins depuis longtemps, maintenant ? » La question peut paraitre bénigne mais l’idée derrière est importante.

Y-a-t-il une chance que tu te retrouves nu et peint en pleine exposition ?

L’idée te fait rire. Ton sourire est éblouissant et dévoiles des dents terriblement blanches et entretenues (merci le charbon actif) alors que tu tires doucement sur la chaine en or rose qui pendouille de ton cou. Tu y passes ton pouce sans réfléchir. Tu regardes ton interlocuteur parler. Tu as besoin de cet argent, alors fais en sorte qu’il te rappelles.

☾ ☾ ☾ ☾ ☾
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Moonlight drowns out all but the brightest stars | ft. Giovanni - Mar 6 Mar - 17:09
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BESOGNE : « “Sometimes I lie awake at night, and I ask, 'Where have I gone wrong'. Then a voice says to me, 'This is going to take more than one night.” » Illustrateur de bouquins pour gamins qui ne se vendent pas très bien ; vient de perdre son poste de libraire qui lui permettait de se nourrir.
ÉCHINE : Il y a dans ses veines une magie tirant sa puissance des étoiles et du temps. Les danses et les drogues hallucinogènes dominent les classiques incantations. Magie associée aux charlatans, mais celle à laquelle il se donne corps et âme. (chamanisme)
PRESTIGE : Le futur murmure à ses oreilles des fables que lui seul entend. Insidieux, il tache de ses desseins parfois troublants les carnets de l'artiste.
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Florian & Giovanni

«I dream. Sometimes I think that's the only right thing to do.»
Les prunelles détaillèrent le visage qui s’offrait à lui ; les dents si blanches qu’elles lui paraissaient surréelles, les traits si fins qu’il était permit de douter de son âge. La question qui surgit ne surprit pas Florian ; c’était quelque chose que tout le monde voulait savoir des artistes. Ce brin d’information intéressait tout le monde plus que les monologues interminables sur les techniques et les inspirations. On lui avait demandé tellement de fois qu’il n’hésitait même plus avant de répondre. « Je dessine depuis que je sais tenir un crayon, mais je peins depuis l’âge de sept ans environ. Donc, ça fait dix-huit ans. » C’était à cette époque qu’il avait harcelé ses parents pour qu’ils l’inscrivent à des cours d’arts pour enfants ; bien qu’ils aient voulu initier leurs enfants aux arts, ils privilégiaient ceux qui ne tachaient rien, mais ses grands yeux brillants de joie eurent raison d’eux. Florian inclina doucement la tête sur le côté, l’air de réfléchir, l’hésitation au bout de la langue. « En fait, je suis principalement illustrateur de livres pour enfants. La plupart de mes travaux sont à l’aquarelle ; c’est un medium que j’adore : le résultat est toujours un peu féérique. » Habituellement, il n’avait pas nécessairement honte de parler de son métier, mais ce dernier avait tendance à lui causer préjudice : l’art était un milieu très élitiste et les normes étaient brusquement enfoncées dans la gorge de ceux qui refusaient de s’y soumettre. En fait, l’illustration de livres pour gamin était à l’art visuel ce que l’animation était au cinéma : une sous-branche qu’on regardait de haut. Florian haussa les épaules ; tant pis si on le jugeait. « Par contre, mon porte-folio ne se limite pas qu’à ça. J’ai un style très enfantin, mais des thématiques plus glauques, si je peux dire ça comme ça. J’aimerais beaucoup me mettre à la bande-dessinée pour adulte, un jour. »

L’odeur florale du thé chatouillait son nez. Habituellement, il n’en buvait jamais plus d’un en un laps de deux ou trois heures s’il ne s’agissait pas de tisane ; la théine le rendait parfois plus angoissé. Mais le meilleur moyen de contrer les tentations était d’y céder, alors il récupéra la tasse qu’il avait laissée sur la petite table cachée entre le mur et le canapé.   « J’ai déjà une exposition en cours depuis la fin de la semaine dernière. Dans une petite galerie underground du quartier. Ce n’est pas le summum des galeries, selon certains avis, mais ça me convient amplement. » Un fin sourire s’étirant sur son visage, il songea aux critiques : rien d’unanime ; ceux qui campaient pour l’art prestigieux n’y trouvaient que des enfantillages alors que ceux qui préféraient les œuvres marginales ou qui laissaient la chance au coureur en disaient du bien ou un peu des deux. Concentré, il remplit sa tasse avec ce qu’il restait dans la bouilloire et y noya une poche qu’il laissa, trois ou quatre minutes, infuser avant de la retirer ; il n’aimait pas la laisser trop longtemps. Il prit la tasse et s’approcha du jeune homme. La chaleur rassurante caressa ses mains, les effluves florales réchauffaient son cœur. Il observa Giovanni quelques instants. « À vrai dire, je suis heureux d’avoir trouvé un modèle comme toi. Elles sont si rares, les peaux comme la tienne. » Bien qu’il n’aurait probablement pas de problème à peindre sur des peaux plus foncées ou moins unies que celle du jeune homme, il préférait, comme il se considérait débutant dans la matière, se servir de peaux qui lui paraissaient familières. « La jeune femme sur laquelle je peins aussi a une peau plutôt similaire à la vôtre ; elle en prend très soin. Si fragile qu’elle ne peut pas vraiment l’exposer au soleil de crainte de la ruiner. C’est dommage, tout de même. » Il haussa les épaules ; il ne parlait pas nécessairement uniquement de la courte période vécue par Ginevra en tant que vampire, mais aussi de celle où il l’avait connue en tant que pure mortelle ; l’été, elle devait se tartiner d’une crème solaire 50fps d’une marque prescrite par un dermatologue pour ne pas se transformer en homard géant.  Le jeune homme porta la tasse à ses lèvres sans pourtant en boire tout de suite, profitant surtout de la proximité entre son visage et la chaleur.
(c) DΛNDELION

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Moonlight drowns out all but the brightest stars | ft. Giovanni - Mer 7 Mar - 19:19
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BESOGNE : D’une beauté éthérée, ses cheveux d’ébène tranchant à la perfection avec son corps chétif, il ne rêve que de lumière et de gloire. Les photographes, la notoriété, les tenues de modes à foison… Mais pour le moment, il ne fait que vendre son corps à ceux qui en ont besoin. D’aucun appelleraient ça du service public, mais la police appelle ça du racolage.
ÉCHINE : Vampire
PRESTIGE : Toucher son nez avec sa langue, pour ce qu'il en sait. Mais peut-être qu'un jour, il devra ordonner à quelqu'un. Un homme ou une femme. Et qu'il sera étonné, scié même, de sa nouvelle autorité.
CREDIT : Arminio

Tu es sage, Giovanni. Si sage.


Tu regardes Florian sans rencontrer son regard, fuyant légèrement son attention pour te concentrer sur la tienne. Tu écoutes son témoignage, ses explications, avec la patience et la soif du psychologue. Tu écoutes ses choix de mots, son histoire, en tirant sur ton chignon comme pour le desserrer un peu. Ce n’est pas comme ça que tu imaginais ta première expérience de toile de peinture. Ou de modèle vivant, si tant est que ça s’appelle toujours comme ça. Tu ne te voyais pas dans une sorte d’interview, mais ça te plaisait.

Il continue de parler, d’une voix discrète qui ne t’agresse pas. Tu l’écoutes sans rencontrer de difficultés d’attention, même lorsque tu sirotes ton thé à plusieurs reprises. Des volutes s’échappent d’ailleurs toujours de la tasse que tu ne sembles pas vouloir laisser refroidir, mais tu les ignores définitivement. Finalement, il parle d’un autre modèle sur qui il peint également. Tu souris, hausse un sourcil, redouble d’attention. Une femme. Il en faut pour tous les goûts sans aucun doute.

La chaleur parcourt ton estomac, réchauffant doucement ton corps.


Tu n’avais pas envie qu’il fasse une crise d’angoisse en te sentant froid comme un cadavre. C’était pour lui que tu avais demandé un thé, pour pouvoir dresser l’illusion de l’ardeur qui circule dans les veines. Pour pouvoir tromper son monde et passer pour un jeune homme qui a froid, tout simplement. Tu avais vu ça dans un film et était persuadé que ça allait marcher pour tout ton corps, comme un sot. La vérité était toute autre : seules tes joues et ton tronc avait gagné un degrés, laissant le reste de ton corps dans le froid tant redouté.

Tu souris à sa dernière remarque, à propos de la peau. Cette remarque te fait rire. La dernière fois, tu avais voulu voir si tu brillait au soleil, comme dans un roman que tu avais lu plus jeune, mais tu avais juste ressentis un profond sentiment de brûlure. Une horreur. « Je connais ça, ouais. Je brûle littéralement au soleil… » Aveu ? Presque. Tu trouvais ça drôle, en tout cas. Tu déposes la tasse sur le sol et déplie tes longues jambes longilignes, comme enhardit par les compliments reçus.

Sans plus tarder, tu te retrouve en boxer devant lui.

« Nudité totale ou sous-vêtements ? » que tu lui demandes, les pouces déjà crochetés dans l’élastique du sous-vêtement. Déjà lancé dans le mouvement. Il ne restait que quelques gorgées déjà dans ta tasse, peut-être davantage pour Florian. Mais il n’y avait plus grand-chose entre la peinture et toi. Bientôt magnifié par les couleurs, tu ne serais plus créature mais simple tableau.

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Moonlight drowns out all but the brightest stars | ft. Giovanni -
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