Lacrimosa [Terminé]

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[titre de mon champ]: OSSATURE: : Si le froid minois affiche quarante cinq ans, l'âme est sombre et vieille - corrompue par les cinq cent quatre années défaites de son pacte horrifique. [titre de mon champ]: CONTRAT: : La veuve noire ne compte plus les fois où elle a empoisonné ses époux. Le seul homme qu'elle supporte à ses côtés est son frère aîné. [titre de mon champ]: BESOGNE: : Officiellement, riche PDG d'une firme pharmaceutique appelée Evora. Officieusement, bourreau scientifique, extorquant aux créatures leurs secrets. Désirant trouver remède à la stérilité vampire et créer la créature parfaite. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Famke Janssen - Carnavage [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 77 [titre de mon champ]: PACTE: : 06/02/2017



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Sujet: Lacrimosa [Terminé]   Mer 22 Fév - 0:00
Lacrimosa
Belphegore Fornese & Irina Altieri



Musique



HIVER 1790 – ALLEMAGNE

Les ombres s’étirent à l’infini dans le paysage glacial couvert de givre – nature saisie dans la torpeur hivernale tandis que le fiacre ballote au gré du sentier chaotique. La madone embrasse d’un regard sombre la lande virginale, les mains gantées posées sur ses cuisses. Elle n’est guère réceptive à la morsure du froid - elle, l’impie aux pulsions carnassières qui vient s’abreuver au cou du bas peuple. Le faciès impassible de la gorgone se tourne vers le ciel étoilé, le mire un instant avec un semblant d’admiration lénitive avant qu’elle ne serre ses phalanges contre le drapé de sa robe. Elza la hait. Sa fille la dédaigne. Rien ne saurait soulager l’écueil de ses turpitudes. Irina voudrait lui offrir le monde mais l’oiselle ne désire que redevenir insouciante. Innocente. Et voilà qu’elle se claquemure dans ses songes, refuse de se nourrir et préfère se laisser dépérir entre les murs austères de leur demeure. L’hongroise est lasse de se voir ainsi rejetée par son propre sang – mise à l’épreuve par celle à qui elle a eu tant de mal à donner la vie. Il lui faut mettre fin à cette bataille. Trouver de quoi apaiser la vindicte de sa fille à son égard et attiser la voracité de son essence. Irina ne supporte pas la faiblesse d’autrui et il est de plus en plus pénible pour elle de voir sa propre fille dilapider ses desseins dans un vain désir de rébellion altruiste.

« Arrêtez-vous là. » Ordonne-t-elle à son cocher en cognant contre l’habitacle. Les chevaux hennissent et ralentissent la cadence avant de s’immobiliser complètement. L’homme se hâte de venir lui ouvrir la portière et elle chasse toute aide d’un geste de la main. Regard rivé en direction des chaumières qui se dressent quelques mètres plus loin, Irina s’avance d’un air impérieux et sévère – guère effrayée par le sentier boueux s’offrant à elle. La veuve est tout de noir vêtue mais son derme est dénué de bijoux fastueux. La belle ramène la large capuche de sa pèlerine sur son crâne et aborde le chemin menant au cœur du village. Dehors, ça chahute. Ça tousse et ça la regarde de travers. Quelques uns se vautrent à ses pieds et réclament à sa grâce de quoi se sustenter. La misère les accable. La famine les gangrène. La maladie les éradique.      
Impavide, la madone s’arrache à leurs mains crasseuses et continue sa route. Sur les perrons, se multiplient les donzelles aguicheuses, échevelées et usées. Le regard vide. Irina les éclaire tour à tour dans une observation mutique jusqu’à ce que les onyx ne se cramponnent aux agates d’une jeune fille, plutôt épargnée. La hongroise lève sa lampe à huile et éclaire davantage le minois de la jouvencelle. Elle s’empare du menton de cette dernière pour l’inciter à lever le museau vers elle. D’un regard froid et implacable, la madone l’observe. Sous la saleté, une peau qu’elle devine pâle et charnue. Elle lui devine un visage jovial et poupin au-delà de la crainte qui miroite dans ses yeux écarquillés. « Suis-moi. » Déclare la hongroise en lui révélant une bourse remplie de piécettes. L’appât du gain – il ravage les peuples. L’allemande se mordille la lèvre avec hésitation, coule un regard en direction des autres filles qui retiennent leur respiration avec osmose. Elle finit par acquiescer et emboîte le pas à la gorgone qui tourne les talons pour s’en retourner au fiacre. Suspendu à cette étrangeté, personne ne dit mot. L’on commence même à prendre ses distances avec la veuve noire. La vampire entend le petit cœur de la donzelle effrayée cogner dans sa poitrine – douce symphonie qui réveille en elle le goût pour la prédation. Elza a besoin de compagnie. D’un jouet. Celle-ci conviendra très bien.

Le pas pressé s’arrête à peine quelques mètres plus loin que la devanture des chaumières où elle a cueilli l’inconnue. Cette dernière s’est immobilisée et semble trembler comme une feuille. « Vous êtes le diable. » Glapit-elle en jetant la bourse d’argent à ses pieds. Agacée par ce changement d’avis inopportun, Irina se retourne vers la gueule poupine et la détaille ostensiblement. Ses prunelles sont comme des tisonniers brûlants pénétrant la chair de la pauvrette. « Qu’as-tu dit ? » Articule l’hongroise sur un ton réprobateur. « Je ne viendrai pas avec vous. Partez ! » Lui crache l’impudente, s’apprêtant à s’esbigner au regard inquisiteur de la noble. L’oiselle s’écarte mais Irina lui saisit le bras pour la retenir. Ses doigts sont comme les serres d’un rapace agrichés à sa proie, refusant de la lâcher. La donzelle geint, trépigne, supplie. « Tu me défies ? » Encore une.
Les calots sont rivés sur la silhouette menaçante de la madone en noir qui s’avance vers la chétive, semble l’envelopper de son obscurité malsaine. La lampe choit au sol dans un bruit mat et la main gantée attrape la rebelle par la gorge pour la tirer vers elle d’un coup sec. La capuche tombe et la pèlerine glisse le long des épaules, dévoilant ainsi le visage de la harpie – belle mais terrible. D’une cruauté sanguinaire. Les crocs saillent et elle les plonge dans le cou de la jeune fille, buvant de tout son soul l’ichor de vie qui inonde ses veines. La donzelle se cabre, tente de ruer mais rien n’y fait – entre les mains de la femme, elle n’est qu’un pantin destiné à se voir mourir. La douleur n’est qu’un écueil de la libération. De quelle piètre existence vient-elle de la soulager ?
Lorsqu’Irina se détache enfin, laissant choir le corps sans vie de la jouvencelle, une vague de frayeur s’empare de la populace. La vampire se délecte du nectar capiteux qui humecte ses lèvres, dégouline le long de sa gorge pour venir sillonner les rotondités féminines. Son regard se fait peu amène – traduisant la fureur insensée qui la pousse à s’en prendre au village tout entier – à visage découvert. La plupart détalle dans un hurlement tandis que deux hommes la contournent, armés de fourche. La vampire ricane, pourlèche ses doigts tâchés de sang et jette un regard fauve aux braves. « Démon ! » Qu’ils l’encensent. Rêvant de la voir sanglée au bûcher - qu’elle paye pour sa démence, se faisant dévorer par les flammes. L’un des deux, le plus trapu, se jette sur elle mais sa force surnaturelle a raison de lui en un tour de bras. Elle lui brise la nuque dans un craquement singulier et le regarde s’écrouler par terre. Le second tente de saisir l’opportunité mais la ténébreuse balaie la fourche et le saisit par les frusques. Gueule béante, grimace sauvage. Prédation. Elle fond sur lui, le plaque au sol et le mord aussitôt. Boire à n’en plus pouvoir. S’en repaître à se noyer au milieu des âmes esseulées. La peau laiteuse est barbouillée de sang, la chevelure bien coiffée n’est plus que crinière libérée au vent glacial qui souffle sur la lande stérile et oubliée. Irina inspire profondément comme si elle se sauvait de la noyade.
Carnage. Charnier.        





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[titre de mon champ]: OSSATURE: : l'ivraie sidérée fabule aux orbes obtus la dégaine d'un quinquagénaire. [titre de mon champ]: CONTRAT: : éros démembré. feu l'hérésiarque ne veut plus rien des chairs que leur noir ichor. [titre de mon champ]: BESOGNE: : docteur jekyll plante ses griffes dans la roseraie des folies qu'est son asile. mister hyde, démonologue comateux, visite les possédés que le Vatican lui dégueule. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCORCE: : fin sursise s'éternisant depuis deux millénaires. [titre de mon champ]: GANG: : un diable de régent pour son sire le roi chrétien, agapito gallerini. ogre du clan. d'une race. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : del toro. [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 206 [titre de mon champ]: PACTE: : 11/02/2017



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Sujet: Re: Lacrimosa [Terminé]   Mer 1 Mar - 0:03
lacrimosa
Allemagne, an de grâce 1790.

Le diktat a sonné ses laudes dès le dragon éveillé. Gallerini, roi de ce cœur ravagé, a fouaillé le démon pour mieux museler son déluge. Engeance abominable aux malformations prodigues, combien de souffrances le Créateur a t-il dû infliger au Fils pour que cette échine insurrectionnelle ait, finalement, l’audace démagogue ? Un quatrain de siècles ! Dans la felouque des narcoses on l’a fait dériver, illuté par un sommeil apocryphe ennemi de tout songe. C’est ainsi, lui ont marmotté les abysses, que l’on écrouit les exaltés ! Par le feu suffocant du joug que les autolâtres étuvent. N’est-il après tout pas quelque arme forgée, longtemps baignée dans la lave du dam ? Inepte soldat exorcisé de tout affront, il a la mine grave et le front bas d’un bondieusard enchanté. Loué soit le Seigneur, car Sa miséricorde ne connaît point de ruine et qu’en ce miraculé Il bêche dorénavant sa demeure. Qu’importe ! si la basse-fosse qu’est Son palais gobe le génie du susdit, qu’importe ! si Sa bouche carnassière tète la maestria dont on qualifiait naguère le libre-arbitre d’une telle bête noire. Chez le fiévreux gargantua ne persiste plus qu’un ligneul de volition arc-bouté sur occiput. Une auréole grésillant d’observances. C’est un miracle avec lequel il est est bon de parader, et le suzerain, en toutes les patries, n’a tari aucun éloge sur tel prodige. Voyez, pèlerins, comme il est aisé de domestiquer ce Malin ! Observez le vide gisant à même prunelles et ovationnez l’indolence de son chaos ! Il n’est plus rien, puisqu’entièrement mien ! Un père comme il en déborde en cette Terre, perclus par des fiertés criminelles. Au marche-ou-crève, en fin de tous comptes, la progéniture s’est accoutumée. Après avoir étreint la carrure molle de ce patriarche fébrile, celui que la cour affuble en grelottant du sobriquet de Belphegore a pérégriné dans des monuments de climats. Paladin chevauchant destrier dès les brunantes parues, il a armorié sa renaissance en la probité de cette toute nouvelle philanthropie brodée sur mesure. Dieu ne souffrirait d’aucune impiété. Aux vertueux, la mansuétude et la charité chrétienne. Aux pécheurs, le châtiment céleste substitué par ce bras. Et dans les gorges tièdes, absoudre son infâme condition, cette flétrissure ! en triomphant de la Soif. Seule la pénitence peut se coaliser au trépas. De pensum est ointe sa lame, et aucun homme, aucune femme, ne devra plus tomber pour la raison seule du vertigo.

Nombre ont déjà été sacrifiés. Des incriminés, diffamés par les lois sacrosaintes de Gallerini. Lui-même, s’il n’avait pas été Infant de ce Sire – à bien des égards – aurait dû pâtir la sanction de l’étêtement. Peut-être et d’ailleurs aurait-il mieux valu qu’il perde sa cabèche au détour d’une flamberge plutôt que d’en céder les brisures au calice monial. Mais même rêvasser ceci ne lui est plus permis. Se contentant de servir, il condamne et tranche la bidoche de félons qu’il aurait pu, jadis, penser frères et sœurs. Qui lui reste-t-il donc ? Liste éraflée en bout de pensée, un seul et unique patronyme jaillit des quelques quinze autres démolis en trois mois. Ginsberg. Irina Ginsberg. Le bourreau doit bien se l’avouer, qu’à la fin de cette croisade il a réservé le meilleur. Harpie fielleuse et non moins émérite, il lui accorde le talent d’un artiste laquant la fange d’un rouge cru. Quelle rage en pareils étripages ! Son hystérie maniaque s’est soûlée d’extase à la vue des charniers. Quoiqu’aussitôt frappée par l’assaut du devoir tout de rectitude hérissé. Et la Foi. Que dire d’elle, somptueux carcinome godaillant sa pudeur face au grossier sillon laissé en arrière. Il est vrai qu’en la matière, la pécheresse manque de doigté, une rusticité toute commune aux néophytes qu’il y a quelques milliers d’années il pratiquait mêmement. À moins de l’ambitionner, on ne jaspe pas sa sente de charognes pointant leur doigt étique sur son râble coupable. C’est ainsi donc jusqu’au royaume prussien qu’il a galopé, quittant les vals autrichiens pour chasser la relapse et sa parentèle liguée. L’Exécuteur sait seulement devoir occire trois Ginsberg. L’une pour que justice soit faite. Et les deux autres par excès de zèle. Non pas le sien, mais celui revanchard d’un monarque à la susceptibilité benoîte qui de ce cas veut faire un impérieux exemple. On ne massacre pas impunément sur le sol italien sans s’attirer les foudres du troisième César. Aucune cité ni état ne peut musser les scélérats donnés en pâture à son bigot de cerbère. Va, trouve et pourfend. Tel est le credo. L’ombrage fait sur son assentiment fanatique. Templier pérenne œuvrant sans ces vétilles que le faible et le médiocre croient être des doutes.  

Il assiste à la scène avec un trop grand flegme. Après avoir démonté de selle et s’être uni aux dédales de la sorgue, il ausculte l’incontestée tuerie et entend les aboiements qui résultent du fait. Un sourcillement accueille les vociférations effarées de la gouape qui bientôt s’émiette, laissant l’ogresse à sa ripaille. Pater, dimitte illis, non enim sciunt quid faciunt. Non. Ils ne savent pas ce qu’ils font. Ces arlequins du désordre promis à la seule dégénérescence. Tous autant qu’ils sont. Cette vermine qui abonde, clopine et trébuche. Cette femelle prosternée sur sa bombance humaine. Vacarme ignare. N’en pouvant plus de pareille sclérose, il fond sur elle et l’agriffe. L’étoffe roule en la paluche, mièvre atticisme sur la rugosité martiale d’une carne vibrionnant au grès des violences. Ce n’est pas une valse qu’il lui assure, du moins n’est-elle guère délicate. Elle déchoit après envol quelque part contre masure, défonçant il ne sait trop quoi puisqu’au faquin il s’intéresse davantage. Pas tout à fait crevé. Des borborygmes clapotent dans sa carotide et sourdent du goitre en des gerbes mucilagineuses. L’agonie. Première des cruautés que la rhapsodie terrienne inspire. Un coup de talon brise le crâne et s’achèvent les soupirs denses du moribond sur lequel on signe la sainte Croix.

« Requiescant in pace. »

Colosse acclimaté à l’antipathie de ses pairs, il pivote du chef et toise longuement cette ménesse parée de rubescentes onces la couvrant par tous reliefs. Le portrait est aussi marmoréen que ne peut l’être le faste sélénite pétri dans les nuées, donnant au masculin des traits une inclémence solide.

« Jeunesse imprudente. Vous autres factieux pensez avoir suborné les lois de la prédation, lorsque vous n’êtes vous-même que pitance pour plus grandes gueules. Irina Ginsberg, tu as offensé le mauvais maître. Agapito Gallerini réclame ta tête, et je vais la lui apporter dans ce sac farci. »

Vague gestuelle désignant une besace harnachée à l’étalon. Elle exsude une souillure noiraude confondant le grenat d’une pléiade guillotinée.

« Je t’accorde le combat, si tel est ton désir. Ne crois cependant pas échapper au procès de ton âme. Les enfers te seront trop étroits pour me fuir. »

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[titre de mon champ]: OSSATURE: : Si le froid minois affiche quarante cinq ans, l'âme est sombre et vieille - corrompue par les cinq cent quatre années défaites de son pacte horrifique. [titre de mon champ]: CONTRAT: : La veuve noire ne compte plus les fois où elle a empoisonné ses époux. Le seul homme qu'elle supporte à ses côtés est son frère aîné. [titre de mon champ]: BESOGNE: : Officiellement, riche PDG d'une firme pharmaceutique appelée Evora. Officieusement, bourreau scientifique, extorquant aux créatures leurs secrets. Désirant trouver remède à la stérilité vampire et créer la créature parfaite. [titre de mon champ]:
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Sujet: Re: Lacrimosa [Terminé]   Dim 12 Mar - 19:26
Lacrimosa
Belphegore Fornese & Irina Altieri




Les battements de cœur tels des tambours de guerre tourbillonnent jusqu’à ses tympans dans un délire extatique. Ils lui rappellent ce qu’elle a eu – ce qu’elle n’a plus. Cette fragilité attachante qu’ils représentent à ses yeux et la cruauté qu’elle arbore en réponse à la frustration d’être ce qu’elle est. Un parasite, écrasant ses victimes pour ressentir ne serait-ce qu’une étincelle de vie – talonnant cette existence humaine dans l’espoir de conforter ses réminiscences et détenir l’illusion d’être épanouie. Accomplissement désespéré. Les longs doigts qui maintiennent la crinière de sa victime coulent jusqu’à la mâchoire dans une caresse empreinte de tendresse. La gorgone marque un temps d’arrêt, plonge ses yeux dans les billes effarées de l’homme qui soubresaute. Elle dilue une reconnaissance mutique dans l’effervescence de ses calots avant de plonger à nouveau vers sa gorge avec ardeur. Qu’elle lui dérobe tout son ichor, qu’elle soit remplie de toute cette vie qui battra ses veines durant une poignée d’heures – le temps de la submerger de félicité avant que tout cela ne s’étiole dans un mensonge. Irina voudrait que ces moments là durent à n’en plus finir. Que cette impression de satiété soit factice et qu’elle puisse se repaître des mille âmes errant sur cette terre sans subir le moindre écueil physique ou moral.
La madone assoiffée de satisfaction est tant penchée sur l’humain à écouter la complainte de sa mécanique défaillante qu’elle ne pressent pas l’arrivée de l’homme drapé de morgue qui a mis pied à terre pour lui infliger son châtiment. Elle sent la fugace étreinte d’une paluche puissante sur son épaule avant que son corps ne soit happé par la force singulière du quidam qui l’envoie valser des mètres vers l’arrière. Irina percute la charpente d’une masure qui craque sous son poids et retombe lourdement sur le sol couvert de débris. Sa carcasse accuse le coup – elle sent les échardes plantées dans son derme, se renverse pour cracher l’épais nectar carmin qui remplit encore sa bouche et darde un regard sombre sur la silhouette qui se détache sur le paysage sinistre. L’homme n’est pas humain et quelle surprise de l’entendre professer quelques saintes paroles à la victime dans un dialecte qu’elle devine italien. Les souvenirs sont encore frais dans la mémoire brumeuse de la belle – l’Italie et sa beauté antique était la dernière destination de voyage de la famille Ginsberg. L’histoire de quelques semaines mais a eu lieu un carnage tout aussi lénifiant pour l’esprit tourmenté de la veuve noire que celui qu’elle vient de commettre impunément en cette nuit froide. Modeste rétribution que voilà – la présence de ce pieux vampire à l’aura millénaire, se dressant entre elle et l’Humanité toute entière pour un sacro-saint nom – Agapito Gallerino. La madone relevée laisse cavaler son regard sur la scène, une lueur d’espièglerie relevant son minois grave. Le bourreau articule la sentence et la hongroise attarde vaguement son regard sur le sac maculé d’hémoglobine qui pend à la selle de sa monture. Elle s’avance lentement, s’arrachant aux ténèbres de l’architecture démolie pour mieux lorgner son interlocuteur de la tête aux pieds sous l’astre moribond. « Et bien… » Commence-t-elle sur un ton ronronnant. « Tu connais donc mon nom. J’aimerais pouvoir en dire autant mais ton maître a probablement cru bon de récolter les lauriers pour la sale besogne qu’il t’a confié. » La harpie inspire profondément, hume la fragrance du cerbère qui lui fait face. Il est bien plus ancien qu’elle – plus puissant aussi. La crainte ne vient pas pour autant troubler les traits matois de la belle qui esquisse quelques pas de côté pour mieux le toiser. « Gallerini est un profane. Il se veut porte-parole d’une religion qui le tient à distance de par ses premiers sacrements. » Maudits, ils le sont tous. Avec leurs longues canines et leurs pouls inexistants. De ce fait, chérir l’Eglise et vouloir la représenter est une imposture abjecte que la gorgone interprète comme un délit de pouvoir et de domination exercé en tout impunité au sein de leur race impie. Irina croise les bras contre sa poitrine, coule une œillade attendrie sur le corps reposant aux pieds du bras armé de Gallerini et en revient aux prunelles peu amènes du concerné. « J’aimerais savoir. Comment est-il parvenu à faire de toi son dévot ? Est-elle aussi extatique, la fièvre avec laquelle tu exécutes nos pairs que celle qui te soulève lorsque tu t’apprêtes à te nourrir d’un humain ? » Elle l’interroge dans un murmure amer avec une sincérité qui semblerait presque touchante. « Chacun d’entre nous cherche un moyen d’être légitime sur cette terre mère. Je peux comprendre le tien. Servir une grande cause, ça donne toujours l’illusion d’être encore en vie. »






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[titre de mon champ]: OSSATURE: : l'ivraie sidérée fabule aux orbes obtus la dégaine d'un quinquagénaire. [titre de mon champ]: CONTRAT: : éros démembré. feu l'hérésiarque ne veut plus rien des chairs que leur noir ichor. [titre de mon champ]: BESOGNE: : docteur jekyll plante ses griffes dans la roseraie des folies qu'est son asile. mister hyde, démonologue comateux, visite les possédés que le Vatican lui dégueule. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCORCE: : fin sursise s'éternisant depuis deux millénaires. [titre de mon champ]: GANG: : un diable de régent pour son sire le roi chrétien, agapito gallerini. ogre du clan. d'une race. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : del toro. [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 206 [titre de mon champ]: PACTE: : 11/02/2017



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Sujet: Re: Lacrimosa [Terminé]   Sam 15 Avr - 0:10
lacrimosa
Allemagne, an de grâce 1790.

Décérébré par sa sainte constitution, il n’entend rien de la narquoiserie gerbée. Pour lui, et effectivement, le ponte séjournant au pinacle de sa besogneuse entreprise est un maître qu’il veut et faut satisfaire. Nulle insulte, nulle infamie, le buste de l’Exécuteur continue d’expirer son quant-à-soi de fléau tout en léchant l’autre dépouille de son aura cannibale. Comme elle se trompe, cette typesse endiablée, de croire que ceci est un labeur des plus malaisés. Châtier les charognes familières est tout ce qui lui reste de glorieux et de puissant en ce très bas monde. À l’image d’une endémie sagace il grignote les chairs coupables, les mastique, et en recrache les désordres sur les sandales de la mort. Là où Ginsberg frappe néanmoins fort, c’est en calomniant le Pieux et son empire monté en croix. Quelque chose sur ce faciès éburnéen de mâle, lissé par les tempêtes du temps, se rompt puis s’écaille pour laisser entrevoir sous son enduit sec l’élevage secret des colères attelées. Domestiquées, ces rages de race pure gambillent doucettement en réponse au cornement du sacrilège ouï. La gêne est plantée et condamne la sapience du soldat zélé. Tout l’enthousiasme de sa probe ferveur inoculée par le divin maestro tombe et s’avachit comme un corps malade. Il en devient courroucé — avec minutie. Remettre en question la légitimité du souverain christique c’est remettre en question le bien-fondé de quatre siècles passés sous les clous de la pénitence. Insanité. Répulsion.

« Autrement savoureuse. »

L’aigre phonème brondit mollement. La nonchalance du démon à avouer ces automutilations, le massacre de ses pairs, a une substance obscène bien que digne. D’un calme énorme, sa paluche dégaine lame.

« Détrompe-toi. À mon âge, on ne chasse plus les illusions, » l’épée poudroie de feux morbides sous les éclats sélénites, « ce sont des cuistances bonnes à ne nourrir qu’une seule et unique chose. La folie. »

Colonies de poupards brayant leur vésanie au travers d’oblongs crocs, les siens, si tant est qu’il puisse nommer ainsi telle peuplade, succombent par masses au délabrement de leur clause — ils n’ont, pour la plupart, rien bité au contrat les liant à cette dite terre mère. Le Bel ne prétend pas avoir saisi ce qu’en stipule la quintessence, mais son roi, lui, et le Démiurge, connaissent nécessairement l’anatomie de cette substruction gisant sous les articles de la Foi.

N’est-ce pas ?

Le poignet roule et fait chanter l’épieu tout d’acier fagoté. Il fauche la sorgue. La charcute plaisamment. Ample signature ratifiant l’apothéose de cet aberrant conciliabule les menant cahin-caha vers la griserie des doutes. La péroreuse n’agitera bientôt plus que son pylône vertébral et son ondée de tendons, badant l’horizon d’yeux chenus pour défrayer aux ombres sa dot d’hydre. Cependant qu’il amorce une avancée vers elle, de furieux galops les interrompent, aussitôt troqués par la science perverse d’arc bandés qui dégueulent sur les Créatures des flèches empoisonnées. Les cavaliers prennent des précautions que seuls les Initiés pratiquent et leur formation empeste le stratagème. Des chasseurs. L’accident qu’est leur charge contrait au repos le duel et dévoie les hostilités qui sur les guerriers humains s’abattent. Au premier équidé, le sabre tranche les pattes, puis fore un poitrail d’hominien arrivé par les airs. La fétidité extatique du cruor, rayonné sur la glaise froide et stérile du comté, biture le monstre et le berce intimement.

Lorsqu’à ses pieds ne restent plus que les charognes ignescentes des bêtes et hommes, sa proie s’en est allée. Un rictus fait ployer ses babines et exhibe la pâle dureté du cément qui sur effigie sanguinolente irradie d’éréthisme.

✢ ✢ ✢

Puisque Dieu le veut, il commencera par la fille.
L’huis craque sous son coup de talon. L’itinéraire pris fait grincer les planchettes de bois sur lesquelles dégringole des particules rouges. Reniflée, traquée, persécutée jusqu’aux confins du manoir habité, la nymphette finit acculée dans un angle de boudoir ripoliné par la nuit. Ses mèches flavescentes ont des airs de stigmates qui meurtrissent les orbes du croque-mitaine venu l’occire — soudain, le silence. Dextre tendue, roulant sur cuir chevelu, la caresse s’appesantit et tétanise l’agneau que les phalanges finissent par tracter en arrière. Dans un murmure lestement cruel, il mande à l’enfant de ne pas se débattre en lui laissant pour tapis des dards de sinon sur lesquelles elle s’écharpe les paumes et genoux.

Elza, angelot sacrifié.

✢ ✢ ✢
Rome, de nos tristes jours.

Les arcatures du musée se sont faites belles pour la soirée d’ouverture. Badauds insomniaques et noctambules aguichés tourmentent les galeries d’errances perpétuelles, tandis que certains étages et ailes sont boudés par tel bétail rompu aux auditions pastorales. Justement enfoncé dans la matrice tombale du secteur habituel, le Régent rend son regard au gavroche escortant La Liberté et son peuple d’insoumis. La Révolution Française a sonné nombre de glas, y compris celui des exactions hasardées par la madone teutonique. Depuis qu’entre les serres du Fornese l’impérissable progéniture git, Irina cède. Ce lieu est leur thébaïde clandestine.

« Tu es en retard. »

Le velouté du grave menace en sourdine. La ponctualité, en un couple de millénaires d’attente, est une philosophie que l’on n’insulte pas chez l’Archaïque. Pourtant et parce qu’il a su s’instruire des opuscules raflés aux ères, il ne s’en formalise pas davantage. De la senestre, il tapote le moelleux du banc sur lequel il siège, ordonnant, comme il sommerait à une gamine de le faire, que son rendez-vous prenne place.

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my god is dark
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Dernière édition par Belphegore Fornese le Mer 17 Mai - 11:51, édité 1 fois
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[titre de mon champ]: OSSATURE: : Si le froid minois affiche quarante cinq ans, l'âme est sombre et vieille - corrompue par les cinq cent quatre années défaites de son pacte horrifique. [titre de mon champ]: CONTRAT: : La veuve noire ne compte plus les fois où elle a empoisonné ses époux. Le seul homme qu'elle supporte à ses côtés est son frère aîné. [titre de mon champ]: BESOGNE: : Officiellement, riche PDG d'une firme pharmaceutique appelée Evora. Officieusement, bourreau scientifique, extorquant aux créatures leurs secrets. Désirant trouver remède à la stérilité vampire et créer la créature parfaite. [titre de mon champ]:
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Sujet: Re: Lacrimosa [Terminé]   Lun 17 Avr - 23:50
Lacrimosa
Belphegore Fornese & Irina Altieri




Douce empathie chassant la férocité en contradiction avec le sombre portrait de son interlocuteur. Irina s’amuse de cet échange en désespoir de cause – nulle crainte n’ondoie sur son visage pour la bonne et simple raison qu’elle traîne son dépit comme entrave à toute satisfaction. Seule la colère lèche parfois ses entrailles, soulevant en elle un sursaut de vie qui la ronge et la noie dans cette spirale infernale l’engluant dans un sentiment d’inaccomplissement dévastateur. La veuve enrage et se souvient. Puis abandonne.
Ce qu’il lui reste, c’est ce vif intérêt pour l’Autre – cette soif d’apprendre et de connaître. Dénicher les exceptions. Et si le clan Gallerini suscite en elle un amusement singulier, la madone distingue en la ferveur de son représentant une vive intrigue qui la rend audacieuse. Elle aimerait tant gratter la carapace dont il se farde, mettre à bas le masque de l’incorruptible pour y trouver les bribes de l’insoumission. En chaque vampire se tapit un monstre avide de sang et pétri d’une souffrance nécessaire à sa résurrection. Celui-là n’échappe pas à la règle. La prédatrice guette le moindre froissement inopportun sur le faciès masculin - l’éclat de vindicte pouvant animer le râble du dévot. A-t-elle perdu toute résilience ? Elle, qui essuie les caprices d’une enfant qui l’exècre. Qui se cherche sans se trouver, avec l’impression entêtante de toujours revenir sur ses pas. Le flegmatique répond et la hongroise recule d’un pas. Œillade langoureuse qui vient à s’éprendre de la lame relevée par l’éclat lunaire. Doux chuintement que la menace à son oreille. Il dément et elle sourit. « Folie... » Répète-t-elle dans un murmure. « Compagne qui nous courtise. Même quand on fuit, elle nous talonne. » Comme la mort. La mine devient sombre, renforcée par les sanglants tracés embrassant gorge et menton. Les longs doigts froissent le tissu de la robe qu’elle retient contre ses flancs et tandis qu’elle s’exhorte à l’immobilisme, abdiquant face au bourreau – Elza lui revient brusquement en tête. Boucles blondes indisciplinées le temps d’une caresse. Lointain baiser qu’elle dépose sur son crâne. Promesse qu’elle articule tandis que le père agonise du poison qu’elle a distillé dans ses tisanes. Remugles d’une vie de violence, qu’elle a hissé au vent au détriment de sa progéniture. Pourquoi ?
Ça la hante, souvent. Paupières closes, la noire madone attend la sentence – jugule la bête gesticulant pour sa survie. Mais ce n’est pas la lame qui vient à tenter de la trépaner. Le dévot est pris de court par la cavalcade effrénée de cavaliers qui pénètrent dans le hameau et leur assènent une pluie de flèches. Un projectile fend l’air et vient se planter dans le poitrail de la victime à deux pas de la belle qui recule par instinct, dardant ses prunelles sur les impudents. Humains. Chasseurs. Un signe.
La couardise n’a jamais été de son genre, mais la pulsion de vivre à cet instant et comme une dernier sursaut du palpitant. La hongroise se jette dans les ombres des masures et disparaît du champ de bataille, laissant soin au vampire auréolé de puissance de faire ce qu’il condamne. Massacrer des humains.

♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦


ITALIE – AUJOURD’HUI

Le musée s’ouvre aux confidences nocturnes et se drape d’un charme pudique tandis que dans le hall, la noire madone se défait de ses gardes pour se rendre à l’étage convenu. Voilà une habitude qui jamais ne s’enraye depuis son retour à Rome, là où sa fille est détenue – depuis cette nuit sanglante où la belle s’est soustraite au châtiment de la lame du Régent, ne se doutant guère du prix à payer pour cet affront. Sombres réminiscences lorsque le regard se porte sur ce portrait de mère éplorée, visage niché au creux des mains. Le rapt d’Elza résonne toujours en elle comme un profond excès d’impuissance, échec dont elle s’est toutefois résignée depuis près d’un siècle. L’amertume resurgit parfois en vague, distillée au fin fond de ses pensées. Belphegore s’en est pris à sa progéniture d’une manière bien plus insidieuse qu’elle ne l’aurait pensé. Il lui a arraché, pour mieux la faire à son image. Petit soldat féroce entêté dans ses dogmes. Il s’est saisi de la brèche et l’oiselle a finalement saisi cette opportunité – s’enfuir de l’arantèle maternelle pour s’offrir corps et âme à son bourreau.
Port altier de la belle qui pénètre dans la salle aux colonnades majestueuses, se fendant d’une risette à la vue d’un Fornese austère dans sa contemplation du même tableau. Le portrait d’une guerrière, ouvrant la voie vers la victoire – donzelle portant l’étendard de la Liberté. Irina voit là l’ironie d’un captif qui s’est vu à son tour fait ravisseur. La pensée volage d’une créature qui remet en question ses certitudes.

« Tu es en retard. » La hongroise l’observe à quelques mètres, s’amusant de cette remarque suintant le sombre constat. « C’est que je prête à ta sagacité la satisfaction d’une œuvre en solitaire... » Lui répond-t-elle avant de s’asseoir à ses côtés, dardant son regard sur la Liberté et ses atours. « Que vois-tu en elle ? Je me demande. » L’inimitié est lointaine, laissant là filtrer une once de complicité qu’ont les vieux amis. Chaque femme espère être inspiratrice de grandes idées – elle la première, plongée dans ses recherches scientifiques visant à faire disparaître leurs tares. S’ils se tolèrent, ils représentent toutefois les deux pans d’une réalité impossible à marier. Lui, est mu par une piété fanatique tandis qu’elle, se fond dans un pragmatisme redoutable. « Tu te doutes bien que nos conciliabules vont devenir de plus en plus difficiles avec les récents événements. » Déchéance des sangsues. Traque infernale. Irina inspire profondément, chassant l’affliction qui s’ébauche sur ses traits. « Comment va-t-elle ? » Sa fille. Son sang. Sa croix. Sa pénitence.    

 






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[titre de mon champ]: OSSATURE: : l'ivraie sidérée fabule aux orbes obtus la dégaine d'un quinquagénaire. [titre de mon champ]: CONTRAT: : éros démembré. feu l'hérésiarque ne veut plus rien des chairs que leur noir ichor. [titre de mon champ]: BESOGNE: : docteur jekyll plante ses griffes dans la roseraie des folies qu'est son asile. mister hyde, démonologue comateux, visite les possédés que le Vatican lui dégueule. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCORCE: : fin sursise s'éternisant depuis deux millénaires. [titre de mon champ]: GANG: : un diable de régent pour son sire le roi chrétien, agapito gallerini. ogre du clan. d'une race. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : del toro. [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 206 [titre de mon champ]: PACTE: : 11/02/2017



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Sujet: Re: Lacrimosa [Terminé]   Mer 17 Mai - 11:51
lacrimosa
Rome, de nos tristes jours.

Pli du labre. La gouaille sophistiquée de la pèlerine laisse sur physionomie un déjà-vu de risette. Pantelante et déconfite, la haine soupe du blanc-seing qu'est leur armistice toute peu idoine. Monseigneur ne faute que par intérêt ! C'est du moins ce que serine sa pensée calibrée, transcrite par foi mauvaise. La vérité, si l'on y tient, c'est que feu son gibier est devenu, au grès des époques, compagnonne avec qui plaisamment discourir. Il apprécie l'être — non point le femme, Dieu l'en garde ! C'est d'ailleurs tout vu. Irina Altieri porte, sur l’almanach du Régent, les initiales de la science, calligraphie droite et disciplinée qui ne saurait essuyer la moindre équivoque. Ah ! Vieilles carnes ennemies que l’arôme de l'autre ne débecte plus — captive, même. Sans dépiquer ses orbes de la toile, le mâle ensevelit un hémisphère de crâne sous lestes et penche du chef. Infime éboulement. Le comprendrait-elle s'il lui avouait qu'à la scène croquée il riposte le regard du pinceau et non point du peintre ? Un peu de lui, en l'œuvre émancipée, a été laminé pour qu'éclaboussasse l'ichor, à palettes plurielles, d'une vie ayant bien succombé. Çà et là, idées, songes, réminiscences, acouphènes de regrets et débarras de spleens jonchent les pigments du tableau pour gloser sa parabole à travers idiomes et ithos méconnus que seul son esprit parle. En elle. En eux. En ça. Il voit la cartographie d'un temps dans lequel, là encore, il a fallu exister.

De fait, les récents événements ne l'étourdissent que peu — assez, néanmoins, pour que la rectitude de son office et fonction ne soit guère remise en question. Des révolutions, il y en a eu, il y en aura. Et chemin faisant, il se fera aux éternels recommencements comme un arbre se rabat aux éternels aquilons. Sans jamais déchoir. C'est que, à contrario de son Maître, le dogue n'a jamais rien eu à perdre.

« Et c'est bien regrettable. J'appréciais la vue. »

Inertie du phonème trahissant le sérieux épluché par ce flegme d'homme. Un amusement dédaigneux traînaille même contre lippes et bat les froids degrés du lieu. Et dire que l'obscurantisme va encore l'emmerder. C'est un cancer qui a la métastase hardie.

« Ne récidive pas en subversion. J'espère que ta leçon a nûment été apprise ; la tempérance est la targe de notre race. »

Exit l'ombre inquisitoriale l'ayant jadis pourchassée. Sa faconde fredonne aujourd'hui l’ambition hiéroglyphique de la savoir sauve. Un faux pas est si vite arrivé que depuis les hostilités lancées il pourrait se transformer en suicide — collectif ? Plainte de circonstance, l'objet de pénitence refait surface. Elza. L'agneau domestiqué. Vertèbres craquelant d'un plaisir malsain, la nuque revient se jucher dans son axe avant d'expédier les calots noirâtres valser sur effigie.

« Elle va. »

Cette rétention d'informations, encore et toujours. Lorsqu'ils en viennent à disserter sur la Séquestrée, Belphegore tarit son verbe ; par cruauté ou sagesse, un alliage, peut-être, de ces deux formes. Il est fondamental d'entretenir l’affliction que le châtiment a foré dans le siège du myocarde maternel. Amputation pérenne. Moignon au grand jamais guéri. Après un silence long de plusieurs blâmes, le monstre roucoule derechef.

« Quoiqu'au vu des nouvelles conjectures, il va peut-être falloir que je lui remette le mors. Sa sécurité en dépend. »


Contempler la Liberté, à nouveau. Et dire, avec une paresse élégiaque.

« Gallerini n'attend que ça. Si elle se parjure, je ne pourrai plus la protéger de ses intentions morfales. À moins que... »

Blanc sirupeux exsudant sur la parenthèse qu'il s'apprête à trépaner, vaine tentative de mascarade aussi peu immaculée que la Conception. Se taire ne bouchera pas les voies impénétrables du Haut-Juge, aussi poursuit-il, achevant ce qui a été entamé.

« ... elle ne m'échappe pour de bon. »

Offre infamante. Si l'On apprenait la déloyauté dont il se fait soudain manœuvrier, c'est quatre nouveaux siècles de geôle qui s'abattraient sur lui. Las, échine dépourvue de frissons, le colosse s'ennuie des chaînes qui le maintiennent, se rêve autrement plus puissant, apte à l'insubordination. Libérer l'oiselle lui donne le goût de l'infraction.

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Sujet: Re: Lacrimosa [Terminé]   Dim 11 Juin - 22:18
Lacrimosa
Belphegore Fornese & Irina Altieri




Derrière la herse de ses paupières closes, la madone hume la fragrance familière de l’endroit. Le bois ciré du parquet, les additifs qui tendent à préserver les peintures à huile titanesques qui habillent les murs. Cela distille en elle une certaine accalmie, l’arrache à ses pérégrinations mentales qui en appellent le plus souvent à sa fièvre scientifique. Non. Ici, l’Altieri n’est que témoin des œuvres passées, pudique adoratrice de ce que le génie artistique a su créer. Elle les admire, ces peintres de renom – ce qui n’ont jamais eu pour but de dévoiler leurs créations de leur vivant. Etait-ce une sorte de catharsis ? De coucher sur la toile toutes ces couleurs. Donner vie à l’inanimé. N’est-il pas ce qu’elle cherche à faire dans un tout autre sens ? Donner la vie sans en détruire une autre.

La présence du régent se fait presque oublier, si ce n’est la risette qu’elle devine sur son faciès singulier alors qu’il l’écoute parler. L’homme n’a jamais été bien loquace, manifeste d’un respect qu’elle a su distinguer en lui. Les amandes de la hongroise détaillent sa réflexion, aimerait secrètement extorquer les pensées qui occupent la caboche du vampire millénaire. A l’évocation de l’agitation des derniers jours, Belphegore ne sourcille pas - fidèle au flegme dont il se pare en toutes circonstances. Il déplore simplement mettre fin au cadre inspirateur et la noire madone lui coule une œillade amusée, songeant au chemin parcouru jusqu’à ce jour où chien et chat se sont accoutumés l’un à l’autre. En y réfléchissant, Irina ne se rappelle plus très bien le moment où la rage et le désir de vengeance a laissé place à la résignation. S’est-elle lassée des batailles ? Ou a-t-elle réalisé que le trésor dérobé à toujours eu goût de liberté ? La sensation de ses entrailles nouées face à l’impuissance maternelle de rendre sa fille heureuse est un souvenir douloureux et en lui enlevant son enfant, Fornese a amputé cette hantise dévorante. Que la honte l’étouffe. Sa fille la hait et semble accomplie maintenant qu’elle est porteuse des valeurs du clan Gallerini. La légèreté s’éclipse et le régent articule un avertissement, reflet d’une inquiétude latente quant aux précédentes effusions sanglantes de la veuve noire. Tempérance. Notion dont elle s’est sentie investie du moment où l’ambition scientifique s’est emparée d’elle. Ses recherches ont tout de subversif et l’instinct de préservation palpite dans un renouveau grandiloquent après qu’elle ait cru tout perdre une fois l’oiselle enlevée. « N’aie crainte, j’ai des intérêts à protéger et j’ai beaucoup appris du fin stratège que tu es. » Le ton est grinçant. Tous les souvenirs ne sont pas bons à rappeler et l’Altieri se fige dans une froideur de marbre, accueillant la réponse très brève de son interlocuteur par un haussement de sourcils. Belphegore n’a jamais été très prompt à se lancer dans des discours concernant Elza. Avare en détail, la mère a toujours du se contenter de l’évasif, comme s’il la punissait toujours davantage pour son affront. Elle va. Que sait-il vraiment ? Dans le fond, la gorgone ignore quel lien le père de substitution et la gamine partagent. La connaissant, elle doit lui mener la vie dure. Les doigts se replient sur les cuisses, froissent le tissu de la jupe avant qu’elle n’exhale un soupir et redresse l’échine. L’idée qu’il puisse ignorer son bien-être la rend folle mais avec le temps, la veuve a su mettre de côté ses injonctions. Le verbe reprend après le silence qui asphyxie. Inflexion des sourcils à l’entente de ce qu’il dit. La protection de l’oiselle a été la promesse faite depuis le début. Risquer de la perde ne fait pas partie de l’équation. Mais Gallerini est un diable qui écrase du talon les importuns et Fornese est l’adversaire devenu allié qu’elle se doit de garder à ses côtés. A moins que… Le timbre masculin s’étire de manière interminable. La mâchoire se crispe puis le masque imperturbable de la belle se fend de curiosité. Elle peine à réaliser ce qu’il vient de dire, cherche l’humour cruel dans les prunelles abyssales du régent. « Qu’elle ne t’échappe ? » Répète-t-elle. Fugace est la lueur colérique qui s’invite dans le regard de l’obséquieuse. La gargouille voudrait fendre l’air, saisir la mâchoire de son vis-à-vis pour lui intimer de ne pas jouer avec ses nerfs. Avec ses espoirs. La liberté retrouvée de l’oiselle lui semble inconcevable tant cela fait des années que les serres régaliennes sont refermées sur la blondine. L’émotion l’étrangle malgré elle et elle finit par se détendre dans un souffle, promenant ses calots sur la peinture de la Liberté qui égaie leur entrevue. « Serais-tu prêt à prendre ce risque ? » Car oui, c’en est un et elle s’étonne de voir le soldat de Gallerini l’aborder, lui qui a toujours su porter la voix de son Maître sans réellement la remettre en question. « Te serais-tu finalement lassé des ordres ? » A y réfléchir, leur petit huis clos est tout à fait à l’image de l’insubordination qui s’est installée petit à petit chez le cerbère de Gallerini. La perspective de voir ce roc incorruptible emprunter d’autres voies que celles qui lui sont promises réveille en la gorgone une vive intrigue. Une excitation qu’elle dissimule savamment derrière une mine feignant l’indifférence. La libération d’Elza semble être un mirage, et l’idée qu’elle puisse devenir belle et bien réelle suscite en la gorgone quelques appréhensions. « Une fois libre, je crains que ma fille ne se mette en tête de me résister. » Comme toujours. « Sa protection est ma priorité. Et cela va me demander des moyens. » Silence du verbe, la réflexion cahote dans les sombres prunelles. « Elle t’en voudra probablement, tu en est conscient ? » Car pour elle, ce serait un énième abandon.
 

 






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Sujet: Re: Lacrimosa [Terminé]   Lun 26 Juin - 18:46
lacrimosa
Rome, de nos tristes jours.

La calomnie taquine et fait mouche. Chez la Mater dépouillée, les pores sur profil convexe s'embourbent dans la diatribe tout à fait malléable d'une grimace attendue. Suivent les diarrhées phoniques d'une kyrielle d'interrogations auxquelles le partisan ne peut répondre — c'est aux pourtours d'une foule amassée plus loin qu'il s'intéresse davantage, patientant que vienne le répit après la tempête initiée chez l'Amère. Sa propre nasarde assénée aux idonéités régaliennes aurait pu le surprendre s'il n'avait pas dépassé l'âge des stupeurs singulières que les audaces trublionnes provoquent parfois. Ses mœurs, jusqu'alors trop sages, ont soudain décidé de froncer leur giberne pour qu'y pende quelque arme. Non pas insurrectionnelle, mais plutôt enhardie. Décider seul d'un sort pourtant cousu à même l'himation du monarque est une ivresse nouvelle, qui le menaçait toutefois depuis quelques temps déjà de sa marée diablement ascendante. Le babil se clôt aux arpions d'une ixième question qu'il saisit à la volée. Et gobe, squale nageant dans l'eau douce des patiences. Pour ce-faire, les vertèbres craquent et criblent le minois transi d'un face à face tangent, cinglant.

« Soigne ton jugement. »

Patoche s'est prise d'amitié avec cuisse. Senestre posée là sans prétention amicale, moins encore lubrique, coup de massue bousillant les émois candides du myocarde souffreteux. Le rendez-vous des chairs froides tait la commotion verbale dont l'Altieri se fait coupable.

« Je ne l'ai pas prise avec moi pour dulcifier sa fortune. Crois-tu vraiment que sa sympathie m'importe ? »

Vieux singe aigri qui n'a plus rien à apprendre des baboues. S'il a gardé le goût des autres, c'est par appétit. Le reste, ces bridures avec lesquelles s'amarrent entre eux les hères, apitoie vaguement son désintérêt éprouvé pour les passions — somme toute humaines. Les ergots se desserrent et lâchent leur prise avec un sentiment de devoir accompli relativement gerbant. Autorité facile et despotique pour le régent. Vautour de vétéran.

« Tu méprends mes intentions. Je ne compte pas l'exiler, ou forcer sa main d'une quelconque façon qui soit. Simplement laisser la porte entrouverte et ne rien lui prohiber. Si initiative doit être prise, elle sera sienne seule. À toi de la convaincre de revenir dans tes jupons si tel est ton désir, je ne m'y opposerai pas, mais ne compte pas sur moi pour influer sur son verdict. Je suis prêt à lui rendre cette liberté amère et érodée que tu lui as jadis offerte en guise d'égide. Tes frasques en ont fait un lourd tribut dont elle devra s'acquitter chaque jour, chaque nuit, chaque fois que Gallerini voudra la retrouver pour mettre un terme à ce sursis que j'ai eu l'impertinence de lui soumettre. »

La manécanterie de pérégrins, épiée quelques minutes auparavant, passe devant eux puis s'installe dans l'espace en biglant sur le Delacroix. Posture droite recouvrée, Fornese odore les suées nocturnes et autres fragrances du cheptel. Tombe la voix.

« Pour l'heure, elle a mon protectorat greffé au fondement, mais je suis certain que tes subterfuges et ruses réussiront à lui épargner les clabauds de mon roi une fois loin du nid. À ce propos. On me rapporte et aboie depuis un certain temps déjà que dans ton entourage, une langue persifle à mon endroit. Connerie qui aurait pu être insignifiante, si elle n'était pas aussi opiniâtre. »


Troublante mutinerie sensiblement prodigieuse ayant délogé de son juchoir ce noir albatros qui, usuellement, voit défiler sur ponton les canailles dégobilleuses de ragots sans mouvoir la moindre plume.

« Je ne me suis pas instruit plus avant sur l'identité que possédait ledit compagnon, mais si tu ne tiens pas mieux que cela les chevêtres de tes fréquentations, je me verrai dans l'obligation de boucler moi-même cet entonnoir à purin qui chie sur ma réputation. »


La cour parle déjà trop du maudit Hutin, les émules et rivaux redoublent d'efforts pour glaner au bec du maître chanteur des miettes de scandale. Un doute installé, et mille autres attendent d'éclore. Bonne foi, ou acte désespéré, le dragon assailli par les hastes rugit son murmure tandis que s'ébaubissent les parasites devant la toile.

« Fais taire cette gueule prolixe et je ferai en sorte de soustraire Elza aux préoccupations monarchiques, si tant est qu'elle veuille rompre avec notre essaim. »

Les désagréments ne manquent pas, race en ébullition face aux ravages orchestrés par les mains chasseresses. D’autres chat(te)s à fouetter, Agapito va en avoir.
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Dernière édition par Belphegore Fornese le Ven 30 Juin - 11:37, édité 1 fois
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Sujet: Re: Lacrimosa [Terminé]   Mer 28 Juin - 19:00
Lacrimosa
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Qu’elle lui envie ce flegme déroutant, dégueulant de cette indifférence qui le met au dessus de tout. Qu’elle déteste sentir la fureur calomnieuse de la jouvence lui lécher les entrailles comme lors de ces siècles derniers tandis qu’à museau fut glissé muselière. La violence de ses affects est toujours là, encrassée dans son âme, se réveillant douloureusement à elle lorsque le dévot évoque le passé auréolé de tyrannie. La gorgone sait se faire mesquine aussi bien que le bourreau sait encaisser sans le moindre heurt. L’Altieri sait très bien ce qui peut lui en coûter mais ce sujet là, elle y tient. Quitte à bousculer la tranquillité de Fornese. La sapience s’ébrèche, soubresaute d’un relent d’ego. L’homme pivote la tête pour l’incendier d’un regard orageux, verbe appuyé par la patte qui s’abat sur la cuisse de la veuve. Les phalanges s’encastrent, punissent l’oraison tempétueuse de la madone qui coule une œillade d’encre à son interlocuteur. Qu’il ait sa sympathie. Irina ne saurait expliquer cette jalousie qui l’étrangle – imaginer que la blondine puisse se montrer reconnaissante à l’égard de son bourreau lui arrache toujours un rictus méprisant. Qu’a-t-il donc qu’elle n’a pas ? Qu'a-t-elle qu'il n'a pas ? L’instinct sanguinaire ? Il est pourtant là, alouvi derrière les globes ébène - rampant dans l’oubli et se dépêtrant des préceptes du clan. La mère en est certaine. Si l’enveloppe semble désincarnée de toute volonté vindicative et de toute passion meurtrière, le vampire millénaire est un féru du contrôle. Et le contrôle ne se prend jamais sans effusion.
Irina redresse l’échine, fuyant à son tour le regard adverse pour lorgner la clientèle nocturne qui erre dans les couloirs. Belphegore s’explique. Réfute un quelconque exil qu’il aurait pu imposer à Elza, invitant la liberté à entrer dans l’équation. L’altière ne peut s’empêcher d’exprimer sa perplexité, scrutant à nouveau les traits du cerbère pour y déceler la moindre perfidie. Ne point contraindre, laisser la captive jouir de sa personne comme elle l’entend. La laisser disposer de son libre-arbitre. Dans un soupir, Irina appose ses mains vers l’arrière de la banquette, quittant sa rigidité matriarcale pour s’appuyer avec une désinvolture teintée de surprise. « Tu voudrais lui laisser le choix. » Prononce-t-elle sur un ton bas, les yeux perdus sur les irrégularités du parquet à leurs pieds. Elle ne saurait quoi en faire. L’homme se plait toujours à lui rappeler ô combien sa soif insatiable a causé sa perte – lui a enlevé ce qui lui était cher. Irina a beau réfléchir, le doute subsiste. Que ferait Elza de cette toute nouvelle indépendance suggérée ? L’oiselle a toujours vécu en cage et la noire madone peine à l’imaginer s’ébattre dans l’indifférence de tous. Le prévenant évoque dès lors le risque. Gallerini et sa rage. Sa pugnacité. Talonnant la donzelle pour mettre fin à cette débandade. Du bout des doigts, la hongroise vient effleurer le charnu de sa lèvre inférieure. C’est dans la gueule du loup qu’Elza était épargnée. Comment pourrait-elle la soustraire à la traque enragée du monarque ? L’écarter de ses propres desseins qu’elle nourrit secrètement, à l’encontre des règles établies par les vieilles carnes ?
Le timbre de rocaille résonne à nouveau, témoignant de la confiance en la Mère pour préserver l’enfant du courroux régalien. La gorgone se fend d’une risette amère. Si seulement. Irina entrevoit déjà la complexité du projet. S’ébauche dans l’encéphale les vives protestations de la gamine qui la renie. Et de cette pulsion morbide qui l’anime. La vie comme l’immortalité ont toujours été un sujet fâcheux chez la blondine. Les paupières de la madone papillonnent à l’entente de la doléance formulée entre émail serré. L’agacement du régent quant au venin qui s’insinue dans les veines de son prestige arrache à la veuve un regard opiniâtre. « Ah. Je comprends mieux. » Qu’elle lâche, le visage se fermant aux turpitudes intérieures. Irina n’a eu vent de rien mais a déjà une petite idée sur le responsable de ces provocations. Qui d’autre que l’amante féroce pourrait claquer la mâchoire sur le gigot du régent, sans craindre représailles. Ingrid est maligne et s’est toujours montrée combative à l’égard des conquérants. Que cela puisse froisser l’austérité marmoréenne de Fornese amuse l’Altieri. Dans un sens. « Oh… Décidément, je ne tends pas assez l’oreille à ce qui se joue dans les coulisses du pouvoir. » Regrette-t-elle en arquant un sourcil. « Craindrais-tu que des vérités soient révélées ? » Et quelles vérités. La madone aimerait les connaître. Celles qui dérangent tant que ça l’imperturbable. « Rassure-toi, je vais tâcher d’honorer ma part du marché. Faire taire les babils blasphématoires. Cela ne devrait pas être bien difficile si tu rends à Elza son libre-arbitre. » Un choix que la blondine pourrait écraser du talon par crainte d’échapper au tortionnaire devenu père. Liberté qu’elle pourrait dédaigner par peur de quitter le cocon protecteur de l’Autorité. La noire madone se lève, quittant l’assise sans pour autant s’écarter des confidences. « Cependant, j’ai une requête. » Il n’influencera pas le choix de la donzelle. Très clairement. « Quand tu lui glisseras la proposition, j’aimerais que ce soit l’Homme qui lui parle, non le Régent. » Faire appel aux réminiscences d’un passé lointain. Tâche ardue qui pourrait mettre Belphegore dans l’embarras. Comment un asservi pourrait-il parler de liberté ?  

 

 






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[titre de mon champ]: ÉCORCE: : fin sursise s'éternisant depuis deux millénaires. [titre de mon champ]: GANG: : un diable de régent pour son sire le roi chrétien, agapito gallerini. ogre du clan. d'une race. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : del toro. [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 206 [titre de mon champ]: PACTE: : 11/02/2017



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Sujet: Re: Lacrimosa [Terminé]   Lun 3 Juil - 3:24
lacrimosa
Rome, de nos tristes jours.

Cependant que la meute, clique aux bines dorées par les lampes coursières, prolonge son siège, l’allocutaire prend quelque envol et rejoint la conglomération verticale. Musards et oiseux ne s’émeuvent d’aucune sorte qui soit à la levée de la madone, pas plus que l’homme n’exerce sur faciès la moindre stupeur. L’habitude s’est installée entre eux comme un maillon de sang-froid glaçant simagrées et décorums que le tout-commun s’embête normalement à satisfaire. Intimité vieillarde quoiqu’aux antipodes du gâtisme. L’éternité de leurs rencards semble possible, envisagée, avec un Temps n’ayant guère d’emprise, et une Histoire leur étant complice ; ennemis familiers qui n’en auront jamais vraiment terminé avec cette causerie sans queue ni tête. D’un tel acoquinement naissent d’insolites culots face auxquels le Régent doit, une fois n’est pas coutume, composer. Poigne de fer dans gant d’airain, on sait à la cour et partout ailleurs que des curiosités pareilles, à l’endroit du Fornese, tuent. Irina, toutefois, a l’indécence suffisamment compétente pour faire fi des sacrosaintes lois orbitant tout autour du sieur. S’il craint que des vérités soient révélées ? Terriblement. Bête prise dans les phares des conjectures, heurtée et blessée, il en vient à claquer des mâchoires avec cette véhémence fiévreuse habituellement réservée aux cataclysmes. Simuler le flegme ne lui est néanmoins pas laborieux. Après tout, une part de lui ricane trop grassement et trop orgueilleusement pour laisser à la bile les quartiers de l’émoi. Force est de constater qu’il est possible de frémir à l’idée d’être livré à quelque ixième procès, tout en priant les écueils de bousiller cette carène dont on se lasse. Entre droiture et naufrage, son cœur tangue. C’est à croire que l’unique embarras dont il voit venir l’ombre réside en la chute du confort soporeux qu’est ce rôle de gentil — acquisition qui ne se sera pas faite sans heurts, ni tourments, et dont la sujétion inhérente colle, englue, poisse.

La cabèche opine comme lui est assuré l’entier soutien d’une Mère roublarde ne perdant ni le nord ni les comptes. À l’entente de l’ultime doléance, un mutisme forcené allonge son suaire sur l’interpellé. Pudeur fauve du bidasse. Défi à la hauteur de la crapulerie adverse. Aux pieds d’argile de branler, et au colosse de s’appuyer sur ce tonnage de résignation qui lui sert de béquille – à défaut d’avoir recouvré ses grandes ailes d’insurgé, coupées à la serpe et déblayées dans la benne des libertés. C’est, finalement, par la grâce d’un sourire usé qu’il rompt l’atone circonspection.  

« Ta cruauté reste inchangée. »


Et de se lever à son tour, reboutonnant ce qui doit être reboutonné, comme tout bon olibrius de ce siècle s’y plierait à sa place. Manufacture scrupuleuse de gestes et de parures endossées pour le démentiel barbon. Des farces – c’est ce que sont ses honnêtes déguisements. Carnaval incessant dans lequel il se meut malgré les chaînes qui dorénavant lestent sa cavalcade. Un poids dont la sylphide devine la pénibilité, truisme au goût de vitriol qu’elle ne rate jamais de lui faire avaler. La beigne accusée suggère aux orbes d’aller voir ailleurs, loin, très loin du minois de luronne qu’un orgueil mal placé rêve de saccager.

« Je ne suis pas l’un sans l’autre »
, moquerie de timbre ricassant tout bas, sarcasme autonome lui échappant de peu. « Va. Avec un peu de chance, ce ne sera pas la Dévote qui m’écoutera, mais la Fille. »

Comprendre l’enfant du père qu’il est devenu pour sa captive, comprendre qu’à trop l’emmerder et jouer sur les mots, le Vieux guillotine tout ce qui déborde et vient lui peloter les nerfs. Avoir le cul entre deux chaises, herse dentelée au centre, a cette tendance peu surprenante de rendre le pitre irascible.

« Contacte-moi si des découvertes percent tes recherches. De cela, je reste curieux. »

Incurablement curieux. Désespoir d’une cause que le Démonologue maussade a déjà partiellement démolie. Les grolles décarrent en piétinant sur plancher les miettes de quelque salutation distinguée amplement superflue.  

— SUJET CLOS —

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