Elle aimait la mort, il aimait la vie. [Flashback] | PV Mia

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Dante Salaì Baldi
VAMPIRES - THE JAGGED JAWS
OSSATURE: : 29 ans, une trentaine jamais atteinte, vieillesse pour toujours inconnue CONTRAT: : Célibataire, l'amour m'a déjà tout repris, ma confiance en lui crève un peu plus à chaque rencontre BESOGNE: : Tatoueur, ancien stratège militaire repenti pour actes de cruauté gratuits et ultraviolence avérée
ÉCORCE: : 236 ans depuis l'été dernier, et ce chiffre ne va faire que monter jusqu'à me dégouter ÉCHINE: : Vampire depuis plus de deux siècles, avec une fierté non dissimulée pour cette origine glaçante qui fait de moi bien plus qu'un mortel @EFFIGIE: : Synyster Gates. BAFOUILLES: : 230 PACTE: : 18/03/2017



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Ven 12 Mai - 17:42
Tainted Love ✝ Religion, l'inévitable sujet.

J'avais beau dessiner, peindre, encrer des inspirations bibliques, directement volées à la Chapelle Sixtine et ses fresques, je n'avais rien d'un bon chrétien. J'avais déjà porté une croix, curieux symbole macabre pour des préceptes si altruistes, j'avais déjà récité des citations de la Bible. On me l'avait appris, bêtement j'avais suivit. Sans questions posées, sans doute permis. Un jour tu vois un cadavre, un second, un dernier, tu cesse alors d'entretenir l'aveuglement que la foi te force à avaler. Après ça, j'étais le premier à me moquer outrageusement de ces soldats périssables, priant un dieu absent de leur conférer la chance nécessaire pour rentrer un jour chez eux, retrouver leur famille éplorée.
Seigneur. Une belle personnification de l'orgueil, plus grand encore que la noblesse florentine d'une époque révolue. Croire en Dieu pour s'estimer modeste, l'imiter pour se sentir au dessus de tous. Hypocrites. Dire que j'avais été parmi eux, assis dans une église, sage face à des sermons. Y croire, pas vraiment, mais l'important c'était l'image derrière les crucifix autour du cou.

Agneaux devenus Judas. Toscane d'un autre temps.

En profiter, avec pour seule raison la jeunesse éphémère. Cruelle. Tant de décennies sans jamais me soucier de la vieillesse ennemie. Elle avait cessé de me guetter, depuis trop longtemps déjà. Les choses auraient sans doute été différent si j'avais écopé d'une balle meurtrière quelques années plus tard, ou plus tôt. Trente ans pour l'éternité, même pas. Vingt neuf seulement et des dates anniversaires oubliées. Mort à moitié, vivant en partie.
La Toscane me manquait parfois. Pas pour son esthétique invraisemblable, bien qu'inspirante. Les images encrées là-bas me restaient en bouche, comme un goût de sang unique, familial. Le trahison du fils qui part, la disparition des parents à qui il a mentit. Quitter Florence pour la première fois, sans un regard derrière soi. Insolent hériter qui entache son nom, maudit sa génération. C'était ça mon souvenir ineffaçable de Firenze et de la Toscane.
Mère pleureuse de voir la progéniture idéalisée choisir une autre voie, père qui accepte en façade mais enrage une fois caché. Ils avaient du me détester des années après ce départ tant craint. Combien de temps à me haïr avant la ravissante nouvelle de ma mort...

Les souvenirs qui rongent, je garde les pupilles sur les traits noirs qui terminent ce poignet dessiné.

Je déglutirais presque en songeant à mes études. L'art, ce n'était pas un domaine des plus convoités chez les Baldi. La littérature, c'était l'espoir caché de mes géniteurs. Dante, un nom qui aurait du me conduire à signer des manuscrits, pas des plans militaires. J'aurais pu, pourtant. J'aurais pu. Les livres me passionnaient tellement plus que le reste de ce satané apprentissage vieux de plusieurs siècles. Mais j'avais choisi l'insolence plutôt que la patience, les armes plutôt que les mots.

"Pas du tout..." un rire amusé m'échappe, j'abandonne mes esquisses un moment pour m'asseoir sur le sol de l'ascenseur toujours désespérément arrêté; je lève les yeux en réfléchissant à la juste formulation des choses "Mes parents... étaient du genre flippé. Education à domicile. Ils rêvaient de me voir écrivain ou que sais-je encore..." je roule des yeux, méprisant ce choix avant de reporter toute mon attention sur Mia "Au final, le meilleur moyen pour qu'un gosse se barre, c'est de l'enfermer. Alors quand j'ai pu, je suis parti." je hausse les épaules, les yeux bas, toujours cernés par l'insomnie "Ca en impose moins que chirurgienne. Je dois avouer que c'est plutôt impressionnant à 25 ans. Bien joué, signorina."

Je ne m'enlève pas de l'esprit qu'elle est fichtrement jeune pour tenir un tel titre. C'est c'est plus que respectable qu'elle se soit autant investit dans ses études pour acquérir ce statut en si peu de temps. Il m'avait fallu des décennies pour apprendre à refaire la Chapelle Sixtine de mémoire, il ne lui en avait fallut qu'une pour apprendre à remonter la mécanique humaine. Impressionnant.
Je place le feutre refermé derrière mon oreille en relevant la tête, prenant appui sur une main contre le sol. Un regard vers mes griffonnages, je n'y vois que les erreurs, comme tous les artistes. Une légère erreur de proportion presque invisible, un trait repris à deux reprises pour corriger le premier tir, des broutilles qu'on apprend à oublier en s'apercevant que personne ne les remarque jamais.

"J'aime juste beaucoup la Renaissance..."

Explication simple, concise, taillée au scalpel. Une phrase seulement pour résumer une inconditionnelle passion pour une époque à l'art si riche qu'on en parlait toujours aujourd'hui avec le même respect. Des fresques si souvent imitées, des tableaux jamais égalés. L'amour du beau.
Mon regard revient sur Mia avant qu'un léger mouvement de tête ne le ramène dans ses yeux. Je suis bien incapable de comprendre ce qui me plaît tant sur ces tableaux centenaires signés Michelangelo ou Raphaël. Je ne saurais jamais exprimer vraiment ce qui me fascine sur quelques coups de peinture admirablement bien exécutés. Des passions impossibles à traduire. Mais s'il y a une chose qui reste en moi et qui ne me quitte pas, c'est cette certitude inchangeable qui me tiraille lorsque que je fixe quelque chose que j'aime.
Un instant perdu, ou volé, je reporte ma vue sur les dessins au mur. Les pupilles qui hésitent sur un détail à fixer, un point de repère pour revenir à la réalité. La vérité qui pèse, qui lacère. Folie naissante de cette bribe de... de...
Non. Oublies ça. La fatigue revient de plein fouet. J'appuie mon dos contre la porte métallique, désespérément fermée, alors qu'un soupire s'évanouit entre mes lèvres. C'est d'abord un doute, puis un souvenir, et enfin un parfum. Sanguin. Je déglutis avant qu'une de mes canines ne se fasse frôler discrètement par ma langue, déplaçant à peine ma mâchoire inférieure. Subtilité de cannibale. Et là, ma pauvre, c'est le fauve en cage qui reprend le dessus.
Pas d'heure, seulement la phobie qui me rattrape. Le lever du jour, la crainte du mordu qui découche. Ce n'est pas un air absent de Roméo, c'est le minois coupable du meurtrier. Jack l'Eventreur qui est loin de s'ignorer, je connais trop bien l'envie qui me taraude jusqu'aux tripes.

"Si jamais l'ascenseur ne bouge pas... On fait quoi?"

Si elle savait. Si elle savait l'infime partie de moi qui me pousse à faire cette réflexion. Si elle savait comme j'aurais voulu continuer ce débat haletant sur les arts et la médecine, la religion et l'encre. Moi, je voulais seulement en savoir davantage sur elle. Je voulais faire durer, écouter, parler, la regarder. Mais rends-toi à l'évidence, pauvre con. Rester près de moi, c'est risquer bêtement la mort. Infliger ça, c'est juste... barbare.
La seconde de trop se rapprochait, inéluctablement. La comédie qui vacille en tragédie, bascule de Molière à Baudelaire. A mi-chemin entre bien et mal, bon et mauvais, haut et bas. Et sans doute également entre deux étages, symbolique très ironique. Sans doute était-il possible de forcer la porte, ou l'issue de secours. Dur à dire.
Je finis par me relever, impossible de tenir en place. Je fais tout pour fuir son regard, pour échapper au présent. Mais j'y pense, je retourne cette réflexion subite comme si je la confrontais pour la première fois. Je veux fuir. je veux oublier. Mais il y a cette question, cette inlassable demande qui caresse mon myocarde.

Qu'est-ce que tu fuis?

L'enfermement, la prison, la claustrophobie. On dirait une cage en verre, si facile à briser, pourtant impossible à réparer. La fragilité qui mène à l'erreur, facilement, là où la raison peine à rester debout. Du sang. Elle est presque comme une brûlure qui appuie toujours plus fort. Pire qu'une aiguille à travers l'épiderme. Le besoin viscéral, maladif, rampant. Le virus qui s'étend, le poison qui infecte. C'est là, ça le restera, et la seule veine que je vois, c'est la sienne.
Le regard toujours fuyant alors que la mémoire reste figée sur ce bref souvenir d'une veine sous la chair pâle. Et là encore, la folie qui guette. Une misère serait si facilement commise. Qui le saurait? Qui me soupçonnerait? Hermès amputé d'une soeur, j'irais seulement voir ailleurs. Je la connais à peine, comme toutes les autres finalement. Il n'y a bien là qu'une seule différence avec ces autres. La question. L'irrémédiable question qui se répète avec des mots à peine différents.

Qu'est-ce que tu aimes?

Ce regard froid. Je ne me vois pas, mais je reconnais le placement de chaque muscle sur mon visage. Tension, clairement. Les sourcils à peine froncés pour retenir la rage qui gronde, et le sérieux militaire, presque encore digne de mon passé. Briser la nouvelle romantique pour en faire une pièce tragique, c'est tellement moi. A croire que je m'infligeais toujours les pires décisions, les plus dures à tenir.
Un pas, deux. Mettre les mains dans les poches, les ressortir. Soupirer. J'ai une patience de merde. Je remets les mains au fond de mes poches de veste, plaquant le dos contre le mur en fixant le sol pour tenter de me contenir. Mais ça ne rate pas, c'est un juron que je prononce avant tout le reste.

"Merda... J'avais pas prévu de passer ma journée enfermé." j'hésite, doucement, mais j'ose m'adresser à nouveau à Mia, presque douloureusement, mais le manque qui tiraille n'est pas suffisant pour retenir toute ma curiosité "J'ai une question quand même... C'était un choix la chirurgie ou c'est la pression parentale qui a influencé ta décision?" le regard ailleurs à nouveau, minable "Enfin, il n'y a peut-être que les miens pour faire ce genre de trucs."

Je ne sais même plus si je meurs d'envie de la mordre ou de l'embrasser. On le saura dans deux minutes si on reste bloqués ici...

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Took over my sense and I lost control. I'll taste your blood tonight. But know it's too late you've wasted all your time. Relax while you're closing your eyes to me. So warm as I'm setting you free, with your arms by your side there's no struggling.
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Mia Del Nero
VATICAN - ANATOMY OF THE SOUL
OSSATURE: : 25 ans CONTRAT: : Célibataire, puisque la trahison et l'hypocrisie font partie intégrante d'elle.. BESOGNE: : Assistante de Sixte (Vatican) / diplomée en chirurgie
FABLE: : Totale. Son métier est d'étudier ces créatures, ce surnaturel. Elle a aussi accès à des connaissances plus poussées avec les ouvrages et les relations de sa famille. ÉCHINE: : Humaine, issue d'une famille de sorciers, mais la magie qui coule aussi dans les veines, réprimandée par une volonté trop forte PRESTIGE: : Son adaptation et son intelligence. Soit autre chose que des pouvoirs surnaturels. GANG: : Membre de la Mano Rossa / Par sa famille, elle est liée au coven Hellébore, malgré son absence de pouvoirs @EFFIGIE: : Emily Browning (c)Swan BAFOUILLES: : 464 PACTE: : 30/12/2016



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Mer 17 Mai - 1:53
Tainted Love ✝

Elle observait, détaillait le dessin qui prenait forme sous ses yeux. Oeuvre d'art pour la novice qu'elle était, dont les détails étaient époustouflants. Certes, il était bien plus difficile de dessiner sur une paroi métallique d'ascenseur, avec un outil certainement non adapté, mais pour elle, c'était à couper le souffle. Néanmoins, Mia n'était guère une référente dans le domaine, car malgré une mère mécène, versée dans les arts et la culture, elle, elle avait toujours eu une âme de scientifique. Cartésienne dans les tréfonds de son âme, elle était incapable du moindre talent artistique. A moins que construire des armes et préparer des poisons soient considérés comme créatif. Elle n'en était absolument pas sûre, et elle préféra éviter d'évoquer cela à haute voix. Car, comme elle l'avait signalé, elle était chirurgienne, et non membre d'une mafia ou du Vatican. Cette partie-là était un secret bien gardé, que peu de personnes dans son entourage plus ou moins proche savaient. Le jeune homme n'avait donc pas à être au courant. Puis, pour un peu qu'il s'agisse d'une créature... Elle se ferait tuer sur le champ. Et étonnamment, elle tenait à ce que son temps de vie soit supérieur aux deux prochaines minutes. Comme quoi, son masochisme n'avait pas encore atteint son paroxysme.

Questions quittant les lèvres, quand bien même elles pourraient être considérées comme intrusives, dérangeantes. Les études, certains n'aimaient pas en parler. Chose qu'elle pouvait comprendre, mais qu'elle oubliait souvent. On ne lui avait pas appris à se taire, au contraire. Sa mère fut toujours un exemple pour elle. Battante, capable d'imposer sa volonté. Bien loin des clichés sexistes que l'Italie véhiculait toujours. Une société patriarcale par excellence, où les femmes étaient bonnes à s'occuper de la famille et de la maison, à se taire et à se soumettre. Mia ne l'avait jamais réellement fait, d'autant plus que sa curiosité et ses connaissances lui permettaient de débattre et d'imposer son avis assez facilement. Finalement, beaucoup ouvraient leur gueule pour ne rien dire, leur prouver qu'ils avaient tort était si simple... Le seul lieu où elle ne pouvait pas se permettre de s'opposer aux hommes était le Vatican. Créé par des hommes, contrôlé par des hommes. Ce foutu lieu où les femmes étaient encore considérées comme des œuvres du diable. Parfois, Mia se demandait comment elle allait faire pour supporter la pression au quotidien, sans laisser la colère lui faire avoir des mots ou des gestes qui lui porteraient préjudice. Autant dire que ce ne serait pas une mince affaire de survivre dans un milieu aussi réducteur.

Des éléments de réponse. Parents flippés, éducation à domicile. Une histoire qui pouvait faire écho à la sienne sur certains points. Enfin, les siens n'étaient pas encore au point de l'enfermer dans une tour dorée. Loin de là. Néanmoins, il fallait l'avouer, leur ombre avait souvent plané sur les choix qu'elle avait pris. Cela la rendait triste par moment. Après, elle avait toujours vécu ainsi, c'était devenu une habitude. De faire ce qu'on attendait d'elle, de l'anticiper. Elle était passée experte dans le domaine. Une marionnette qui avait intégré tous les mouvements, si bien qu'elle était de les faire en avance, de les reproduire, de les adapter, tout en en gardant l'essence. Il était parti dès qu'il avait pu. La jeune fille restait enchaînée, et le resterait certainement jusqu'à ce que la mort la cueille. Impressionnant d'être chirurgienne à vingt-cinq ans. Elle ne l'avait peut-être pas mérité. Et puis, l'éducation reçue aidait grandement. Les personnes aisées avaient plus d'opportunité, plus de facilité. Et elle faisait partie de ce pan-là de la population, incapable de connaître les difficultés de la plèbe. La jeune fille avait bien tenté, mais il s'agissait de deux mondes bien différents, et s'y intégrer relevait de l'impossible, même avec la meilleure volonté du monde. Le rejet, c'était des deux côtés qu'il se passait.

En tout cas, oui, il devait beaucoup aimer la Renaissance à ce point... Elle ne le souligna pas, se contentant de détailler les traits dessinés à main levée. Puis ils se désintéressèrent de l'oeuvre. La jeune femme finit par se relever, reprendre appui sur une des parois de l'ascenseur. Que feraient-ils s'il ne redemarrait pas ? Ils mourraient ici. Oui, Mia était la personne la plus rassurante du monde, surtout dans ce genre de situations où son cynisme pouvait reprendre le dessus. Elle s'obligea à inspirer profondément, pour gérer le stress qui grandissait dans ses entrailles. Si elle n'avait jamais été sujette à une quelconque claustrophobie, aujourd'hui c'était peut-être le début de cette nouvelle peur. Elle n'aimait pas perdre le contrôle ainsi. C'était agaçant, emmerder, mais elle ne pouvait rien faire. L'ascenseur ne redémarrerait pas sous l'effet de sa colère ou de ses souhaits. Non. Donc, il lui faudrait composer avec la peur, les questions.

Elle finit par l'observer. Elle n'aurait pas dû. Les yeux s'attardèrent sur les traits du visage. Elle vit les muscles se tendre. Pourquoi ? Quelque chose clochait fortement, et la scientifique ne pouvait pas mettre le doigts dessus. Le regard de l'autre se refroidit, glissant un frisson d'effroi le long de l'échine de Mia. Elle n'était ni folle, ni stupide, et son évolution dans le domaine surnaturel lui avait permis de toujours être sur ses gardes. Néanmoins, en cas d'attaque d'un tueur, être sur ses gardes ne suffirait pas. La dernière question la sortit de ses sombres pensées. Il aurait mieux fallu qu'elle y reste. Elle se tendit, se renferma. Elle ne l'aimait pas cette question. Pas dans l'état de stress dans lequel elle était désormais. Elle n'aimait pas non plus évoquer le statut de ses parents, puisque la vérité était qu'elle ne méritait certainement pas le diplôme qu'elle avait eu. C'était rageant pour la perfectionniste, l'engagée qu'elle était. Ce bout de papier ne valait certainement rien.

« Ce n'est pas drôle de rester enfermé sans découvrir le monde en effet... » Pause. Réflexion. Aveu. « Disons que mon éducation a été quelque peu différente, je n'ai pas connu les établissements publics mais juste des précepteurs payés seulement pour me faire cours. Puis, l'argent achète souvent une place à l'université. J'y ai été très tôt, ça aide aussi pour finir les études en avance par rapport aux autres. »

Elle soupira, glissa les doigts dans ses cheveux, tentant de faire redescendre la pression. Sans grand succès il fallait l'avouer. Mais c'était un moyen comme un autre de se donner contenance. De ne pas montrer la peur, l'horreur, l'effroi. Tout cacher, puisque c'était ainsi qu'elle survivait.

« Je me suis toujours sentie bien dans ce domaine, donc ce n'est clairement pas une question que je me suis déjà posée... Mais ils ont dû avoir une influence oui. Me pousser à réussir. » Réalité crue, pour ne pas dire que l'influence allait plus loin. S'en rendait-elle seulement compte ? « Je ne sais pas. On va certainement mourir s'il ne bouge pas. Ou on peut dormir en attendant que quelqu'un vienne nous aider. »

Léger humour, alors que le corps commençait à s'épuiser. Elle n'était qu'humaine, l'insomnie à répétition, ce n'était pas bon pour son organisme, encore moins avec la pression qui s'était accentuée. C'était un peu pour ça qu'elle venait voir Hermès. Pour parler, dormir sur ses deux oreilles pour une fois. Le regard se posa une nouvelle fois sur Dante. Avant qu'une dernière question ne passe la barrière de ses lèvres :

« Tu es sûr que tu vas bien ? Tu as l'air... Tendu. »


Tendu, et ce foutu ascenseur ne semblait pas avoir envie de fonctionner à nouveau...


_________________
+ In the ruins of Madness +
There was once a girl, she wasn't well known, she fell down a rabbit hole. She tried to get up but she couldn't break free, as she was locked in the chains of Insanity.

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Dante Salaì Baldi
VAMPIRES - THE JAGGED JAWS
OSSATURE: : 29 ans, une trentaine jamais atteinte, vieillesse pour toujours inconnue CONTRAT: : Célibataire, l'amour m'a déjà tout repris, ma confiance en lui crève un peu plus à chaque rencontre BESOGNE: : Tatoueur, ancien stratège militaire repenti pour actes de cruauté gratuits et ultraviolence avérée
ÉCORCE: : 236 ans depuis l'été dernier, et ce chiffre ne va faire que monter jusqu'à me dégouter ÉCHINE: : Vampire depuis plus de deux siècles, avec une fierté non dissimulée pour cette origine glaçante qui fait de moi bien plus qu'un mortel @EFFIGIE: : Synyster Gates. BAFOUILLES: : 230 PACTE: : 18/03/2017



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Mer 17 Mai - 20:35
Animal I Have Become ✝ Elle parle, elle parle...

Je l'écoute mais tout ce que j'entends s'efface immédiatement. Je la fixe mais je ne vois en elle que du sang. La froideur de mon expression se détend sur ses quelques mots, son éducation somme toute classique, un peu trop BCBG pour moi, mais je connaissais ce genre d'environnement. L'argent, le titre, le nom, de belles tricheries pour réussir dans la vie. Là où le petit peuple peine à sortir de sa déchéance, les grandes familles ouvrent la voie à leurs petits protégés. Des valeurs que je déplorais, mais qui m'avaient également permis d'accéder à un grade bien supérieur au simple soldat. Je ne remercierais jamais assez ma naissance de m'avoir permis de vivre sous la protection constante de la fortune et la noblesse. Je n'en restais pas moins un ingrat qui crachait sur son héritage à chaque pas. Tatouages, flambe, roturières. Satisfaire compte bien plus que polir son nom dépourvu de toute descendance.
Un sourire, discret. J'ai le sentiment que je change de comportement. C'est l'addiction qui parle, le monstre qui se réveille. Je ne peux pas l'empêcher d'hurler, alors je la laisse parler à travers mes gestes, mes expressions. Il m'arrivait de croire que cette petite voix n'était pas là depuis ma mort, mais depuis bien plus longtemps que ça. Ces murmures dans le noir, ces vas-y à chaque fois que j'entrevoyais une porte ouverte. Sans doute était-elle là depuis mes premières envie de fugue. Jamais habitué à l'enfermement, j'avais personnifié ma claustrophobie. Elle n'a pas de nom, pas de visage. Elle n'a aucun moyen de pression, elle ne me fait pas peur.

Mais bon dieu qu'elle a raison.

Mords-la. gémit-elle en pliant mon regard vers sa jugulaire un fragment de seconde. Elle me met à genoux face à mes envies, je cède à son chant. Elle a encore gagné, je sens ma langue frôlé ma canine avec une discrétion toute relative, le regard sur la porte fermée tout à côté de moi.
Un mètre, peut-être moins. Je réalise à quel point l'ascenseur nous met à l'étroit. Elle d'un côté, moi de l'autre. Tête à tête presque amoureux, transformé en cage aux fauves par un timing malheureux. Un battement de coeur à peine perceptible me rappelle ce qui m'attire tant, ce qui effleure ma trachée avec une tendresse familière. Un frisson glacial me parcourt la colonne, griffant lentement ma nuque sous les à-coups de mon addiction.
Je décrispe ma mâchoire à l'écoute de la question de Mia. Une tension persiste. Mais je force un sourire qui se veut rassurant, maculé par l'envie grandissante de mordre dans ses chairs. Je pourrais difficilement être plus tendu que maintenant mais je garde un rictus certain, je me laisse aller à un soupire salvateur qui délie le reste de mes doigts crispés. Je décolle le dos du mur métallique et fait un pas près de Mia, nonchalant, les mains encore dans les poches et les yeux vers le sol.

"Trop tendu pour dormir, ça c'est sûr. Mais peut-être pas pour le reste..."

Mourir dans l'attente, pourquoi pas. Mais attendre la fin en dormant, c'est le comble de l'ironie pour un insomniaque. Si je devais passer mes dernières minutes ici, j'aime autant les user d'une façon plus... charnelle. Le sommeil, mon vieil ennemi, me pousse lui aussi à céder sous les appels effrénés de ma folie douce. Des va et viens, étreinte funeste qui me susurre des mots rimant avec morsure.
Mes yeux se relèvent lentement jusqu'à ceux de Mia, suivant sa silhouette de bas en haut sur leur chemin. Un sourire en coin qui ne parvient pas à s'éteindre, je peine à le contenir et ne le retient qu'à moitié. L'ébauche de pensées indécentes m'étrangle amoureusement alors que je fixe ses pupilles tremblantes. Un minois de poupée diaphane, une jeune femme sage que je rêve de voir en amante sulfureuse. Elle est telle ces égéries vaporeuses qui hantent les tableaux les plus noirs, les rêves, les cauchemars. On la veut sans l'atteindre, se privant d'elle à cause d'une barrière intangible qui nous pousse à croire qu'elle vaut mieux que soi. Qu'elle vaut mieux que moi. C'est si vrai, mais aussi si tentant pour cette même raison. Quelques centimètres de plus, juste quelques uns...

"Mourir, ça fait une belle excuse pour s'amuser une dernière fois."

Mes doigts viennent chercher le mur tout près de sa taille alors que le reste de moi se rapproche un peu plus d'elle. Je sens son parfum, celui de ses veines aussi. Je me ravise après avoir glissé un regard dans son décolleté trop prononcé pour l'ignorer. Mais mes doigts restent en place à son côté, piégeant la proie dans un étau toujours plus étroit. Ma main libre trouve sa place sur la hanche de la brunette, plissant le tissu de sa jupe sous la caresse lente.
Et puis la compassion ravive ma culpabilité. Elle qui a subit la pression parentale, elle qui se complait à parler d'art. Est-ce que sa vie mérite une fin précipitée? J'ignore si c'est ma soif sans fond qui me pousse dans ses bras ou si c'est la passion suggérée. Je la veux. Je la voix sous mes crocs mais aussi contre moi, mourant sous mes doigts mais pas de la façon que tu crois.
Les yeux mi-clos, ma lèvre frôle sa chevelure avant d'être mordue par une canine affamée. Relâchée, elle vient suggérer un baiser contre la chair blême de son cou. C'est mon coeur qui se remet à faiblir sous les frappes immodérées de mes sentiments. Un rythme saccadé mais rapide. Le sien est tout près, guide l'alcool brûlant dans ses veines, mon poison favoris. Il est là, chante bien plus fort que ma raison devenue muette.
Ma respiration se fait plus profonde, lente, enserrant sa gorge sublime sous mon souffle. Amour et envie se meurent en moi, je ne sais plus lequel tire les ficelles du pantin que je suis. L'un d'eux fera le choix de la tuer ou pas. Moi, je ne suis là que pour regarder si mes canines viendront marquer sa peau ou seulement l'embrasser.
Finalement, mes doigts quittent la paroi pour enlacer eux aussi la courbe de sa taille marquée. J'entrouvre à peine la mâchoire, soupirant envieux contre sa peau. Mords-la. Je réponds à ces murmures par un autre baiser venant flatter son cou. Mais mes crocs, je ne m'en sers pas. Je les laisse volontiers frôler sa chair douce mais je m'efforce de garder la retenue nécessaire pour les maintenir blancs, innocents. Mes phalanges encrées serrent un peu plus son bassin dans leur prise, trahissant quelque peu mon hésitation entre meurtre et petite mort.
Je ne songe même plus à l'infime chance de sortir d'ici sous un Soleil brûlant. J'espère ne retrouver que la Lune encore et toujours. Le destin me punirait admirablement en me laissant mourir les coups des UV plutôt qu'étreindre la reine de toutes les étoiles. J'aimerais mieux encore mourir là que traîner ma culpabilité dehors. Je ne parviens pas à imaginer un seul instant la mordre. Soudainement, l'addiction me tiraille, mais ma morsure n'est qu'un jeu d'amant maudit. Je desserre chacun des muscles de mes doigts soutenant sa taille. Mais ma cajolerie se fait plus douce, incompréhensible. Je ne me reconnais pas. Je ne pense plus qu'à elle.

Sois ma Lune...

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Mia Del Nero
VATICAN - ANATOMY OF THE SOUL
OSSATURE: : 25 ans CONTRAT: : Célibataire, puisque la trahison et l'hypocrisie font partie intégrante d'elle.. BESOGNE: : Assistante de Sixte (Vatican) / diplomée en chirurgie
FABLE: : Totale. Son métier est d'étudier ces créatures, ce surnaturel. Elle a aussi accès à des connaissances plus poussées avec les ouvrages et les relations de sa famille. ÉCHINE: : Humaine, issue d'une famille de sorciers, mais la magie qui coule aussi dans les veines, réprimandée par une volonté trop forte PRESTIGE: : Son adaptation et son intelligence. Soit autre chose que des pouvoirs surnaturels. GANG: : Membre de la Mano Rossa / Par sa famille, elle est liée au coven Hellébore, malgré son absence de pouvoirs @EFFIGIE: : Emily Browning (c)Swan BAFOUILLES: : 464 PACTE: : 30/12/2016



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Jeu 15 Juin - 0:38
Tainted Love ✝️

Elle meublait, continuait de parler tant bien que mal, réprimant la petite voix qui s'élevait dans un coin de son esprit. Ce n'était pas le moment de se laisser distraite, de céder à une quelconque paranoïa. Pourtant, il y avait cet instinct, celui qui ne se trompait jamais, celui qui avait été aiguisé par des années passées à la Mano, à entendre des inepties sur les créatures peuplant ce monde. Il était là, bien présent, bien ancré, lui hurlant de se mettre sur ses gardes, de fuir. Mais où ? C'était un huit-clos, la seule porte de sortie restant désespérément fermée. Alors, elle se défendait avec les moyens du bord, soit ses seuls mots. Rien n'y faisait, les deux billes noires la fixant restaient froides. Glaciales. Jusqu'à l'évocation de son ascendance, de la pression qui était mise sur ses épaules, inconsciemment. Avait-il vécu la même chose ? Qu'était-il finalement ? Oh, une partie de son cerveau avait des doutes, mais c'était lié à son vécu. Entourée de sorciers et autres créatures, elle avait toujours tendance à penser que ses interlocuteurs étaient de cet autre monde, avant de se rattraper et de se souvenir que les humains étaient prédominants, à son image. On naissait souvent humain, avant d'être transformé, à part pour les sorciers et les sirènes, incapables de rendre une personne comme eux.

Elle le sentait, que la situation tournait en sa défaveur. La seule question qui s'accrochait à son esprit était de savoir si elle s'en sortirait vivante ou non. C'était quand même le comble de mourir deux ou trois étages en-dessous de l'appartement de son aîné, celui-là-même qui donnerait sa vie pour la protéger. Il n'aurait le temps de rien faire si ce n'était découvrir son corps et péter un câble. Finalement, si cela arrivait, elle ne donnait pas cher de la peau de Dante, Hermès le traquerait jusqu'à la mort, et même au-delà avec une dose de nécromancie. D'ailleurs, était-il capable d'en pratiquer ? Elle ne le lui avait jamais demandé, vu qu'ils évitaient en temps normal d'évoquer les pouvoirs en sujet de conversation, elle n'en possédant pas et lui ayant un... Mauvais souvenir des entraînements magiques. Si elle s'en sortait, elle poserait la question. Pourquoi était-elle si pessimiste d'ailleurs ? Certes, elle était d'un naturel très fataliste mais là... C'était défaitiste à ce point. Enfin, il fallait dire que la situation l'exigeait quelque peu...

Il se rapprocha. Un pas la poussant un peu plus contre la cage métallique, mais elle avait déjà atteint le fond. Les pupilles suivaient les gestes du regard, les battements du cœur s'accélérant sous la peur et l'adrénaline. Elle n'avait pas grand-chose à faire, si ce n'était espéré que la Faucheuse ne lui prenne pas la vie en cette nuit funeste. Trop tendu pour mourir, mais pas pour le reste ? Un sourcil se arqua, alors que son esprit faisait mille et unes hypothèses. Néanmoins, la gorge était trop sèche pour poser la moindre question, pour chercher à se défendre. Il n'y eut que le silence pour répondre à Dante. Un silence pesant, stressant, qui ne l'aidait pas à retrouver le contrôle sur elle-même. Après tout, elle n'était qu'une petite humaine de vingt-quatre ans, n'ayant que peu de vécu. Et donc, certaines situations la dépassaient largement. Comme aujourd'hui. La deuxième phrase précisa les arrières-pensées de l'autre, après que l'homme l'ait détaillé des pieds jusqu'à la tête. Un nouveau pas dans sa direction. Elle se tassa contre la paroi, cherchant à se faire minuscule. Il était proche. Bien trop proche. Corps frais, à quelques centimètres du sien, la surplombant largement, faisait haïr un peu plus la petite taille et l'organisme frêle dont elle avait hérité.

Les mains qui bloquaient les issues de sortie, s'attardaient sur elle. Les muscles se tendaient, la conscience oscillait entre peur et envie. Le cœur s'accélérait, envoyant le sang brûlant dans chaque veine de son corps. Le contrôle lui avait échappé il y a bien longtemps, pauvre prisonnière qu'elle était...

Trop présent, il trouva le chemin vers son cou. Chaque expiration sur ses cheveux, sur sa peau, semblait entraîner une accélération des pulsations de son cœur. Foutu cœur d'ailleurs, explosant dans sa cage thoracique. Elle aurait presque aimé qu'il succombe, s'arrête sous l'effet de la terreur. Tout à part ça. Surtout que cela devait rendre son sang plus attirant, ou que savait-elle encore. En tout cas, c'était ce qui semblait l'attirer lui.

Les doigts quittèrent la paroi pour se placer sur sa taille, pauvre marionnette qu'elle était. Sa force n'aurait pas été suffisante pour le repousser, et elle n'avait pas particulièrement envie de précipiter sa perte. Alors si juste attendre sans agir pourrait lui permettre de s'en sortir, elle le ferait. Instinct de survie avant le reste... Enfin, ça, c'était dans la théorie. Dans la pratique, elle n'avait pas envie de croire qu'il serait capable de la tuer. Lors de leur discussion, il ne lui était pas apparu comme un meurtrier, quand bien même la plupart des tueurs étaient capables de masquer leurs horreurs. Une deuxième petite voix se mêlant à la première, tiraillant sa conscience entre deux extrêmes.

Nouveau baiser sur sa peau, frissons glissant le long de son échine alors que les doigts de Dante se détendaient. Bordel, elle aurait certainement des traces sur sa taille le lendemain.... Réflexion qui la laissa de marbre. Elle s'en moquait bien de ce qui pouvait arriver à présent. La peur avait fini par se faire la malle. Demi-réflexion, avant que ses propres doigts ne viennent se glisser dans la chevelure noire de jaïs de l'homme pour le décaler légèrement. Reprendre le dessus dans la situation, pour peu que ce soit possible. Ses lèvres s'accrochèrent alors aux siennes, brutales, sans lui demander son accord. A quoi bon, il n'avait pas pris la peine de le faire non plus.

Ca n'alla pas plus loin. Un tremblement de la cage d'ascenseur, le clignotement des lumières et tout redémarra en trombe. Perte d'équilibre, reprise totale de contact avec la réalité... La cage remonta, et elle entreprit tant bien que mal de calmer la rougeur de ses joues ou relisser correctement ses vêtements. Quelques secondes avant que les portes ne s'ouvrent, pas le temps de se faire tuer. Dans tous les cas, elle sortit la première, s'arrêtant dans le couloir plongé dans la pénombre. Elle se retourna, glissa son regard contre celui de Dante, souffle court.

« C'était... Un plaisir de te rencontrer et de discuter avec toi... »


Une fuite, un repli. Ce que son instinct lui hurlait de faire, et pourtant, elle était là, ne reculant pas, attendant simplement... Elle ne savait même pas quoi en fait. Elle écoutait juste cette part d'elle qui lui disait qu'elle n'avait pas à avoir peur. Même si c'était irrationnel. Bien plus qu'irrationnel...



HJ:
 

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There was once a girl, she wasn't well known, she fell down a rabbit hole. She tried to get up but she couldn't break free, as she was locked in the chains of Insanity.

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Dante Salaì Baldi
VAMPIRES - THE JAGGED JAWS
OSSATURE: : 29 ans, une trentaine jamais atteinte, vieillesse pour toujours inconnue CONTRAT: : Célibataire, l'amour m'a déjà tout repris, ma confiance en lui crève un peu plus à chaque rencontre BESOGNE: : Tatoueur, ancien stratège militaire repenti pour actes de cruauté gratuits et ultraviolence avérée
ÉCORCE: : 236 ans depuis l'été dernier, et ce chiffre ne va faire que monter jusqu'à me dégouter ÉCHINE: : Vampire depuis plus de deux siècles, avec une fierté non dissimulée pour cette origine glaçante qui fait de moi bien plus qu'un mortel @EFFIGIE: : Synyster Gates. BAFOUILLES: : 230 PACTE: : 18/03/2017



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Dim 18 Juin - 23:24
Animal I Have Become ✝ Le coeur qui tabasse, les sentiments fugaces.

Depuis quand n'avais-je pas senti ce frisson saisir mon myocarde sans la moindre douceur? C'est une libido sentimentale qui revient soudain étouffer mes poumons d'un souffle coupé par l'envie. Luxure des émotions, le souvenir des étreintes charnelles qui ne sont pas sans saveur, qui sont teintées par la sauvagerie amoureuse.
Suis-je donc si idiot pour m'éprendre de ce que je n'aurais jamais? L'interdit tiraille, c'est ainsi. Mia, je ne l'auras jamais toute à moi, jamais pleinement dans mes bras. Je pouvais m'en convaincre, la voler un instant seulement, une nuit peut-être, mais j'aurais sans cesse un retour à la solitude, un manque qu'elle ne serait jamais là pour combler.

Mais peut-être ne voulais-je pas de ça?

Je la désirais pour ce qu'elle était, pour ce qu'elle représentait, donnait, offrait. Je n'en rêvais pas comme drogue d'un soir, comme amour péremptoire. Je voulais tellement plus que ça. Je voudrais tellement plus que ça.
C'est ce qui pousse mon étreinte à devenir plus demandeuse, suppliante. Je retiens mes crocs, refusant de saccager sa chair blême mais ses seuls doigts égarés sous mes cheveux me laissent tout à elle, à sa merci totale. Pourquoi pas, rien qu'une fois, me laisser faire?
Je laisse sa caresse me diriger, guider mon regard sur le sien. Pantin tragique, quémandant la moindre attention en retour pour des baisers volés. Elle m'arrache le prochain sans même avoir à demander. Rendu un instant de trop, prêt à frôler sa langue de la mienne pour en réclamer toujours plus. C'est la seconde où mon coeur cesse de battre, prend peur de la situation, se fait muet. L'instant me semble ridicule, infime, tellement sage face à des insanités vicieuses que j'ai appris à connaître intimement. La moindre touche me paraît trop osée soudainement. J'ai le sentiment que mes doigts pourraient la briser comme une figure de porcelaine fine. Trop peu familier des étreintes fragiles, je m'y perds, dépossédé de mes moyens que je pensais pourtant maîtriser à la perfection. Un seul instant et je ne possède plus la moindre facilité dans ce domaine.

Un seul instant.

La tragédie guette, chasse. J'ai peur qu'un instant de trop me laisse échapper des canines violentes plutôt que des caresses indiscrètes. Chaque erreur aurait ses châtiments mais la première me semblait ô combien plus cruelle. Une bassesse d'envie et sans doute que je ne reverrais pas Mia, pas sans un regard de honte et le souvenir d'une tentative maladroite pour faire tellement plus qu'un baiser. Mais des crocs étaient l'assurance de ne jamais la revoir en vie, pas même la tête basse et la voix pleine d'excuses.
Je retiens mes phalanges de fracasser la porcelaine que semble être sa chair, mais je ne retiens pas une prise fugace qui se resserre comme pour rediriger toute l'envie au creux de mon myocarde de souiller cet ascenseur et la chute de reins de Mia. La retenue, je ne l'apprécie que trop peu. Et je vois déjà ce qu'un instant de plus, un seul, pourrait faire de cette situation.

Mais la chute est cruelle.

Je décroche de l'absinthe addictive que sont devenues les lèvres de Mia. J'ai seulement le temps de frôler une dernière fois sa tendresse amoureuse d'un souffle court avant que l'ascenseur ne brutalise ce moment.
La seconde idyllique se perd et reprend sa course folle au milieu des autres. L'équilibre devient bancal un instant, un étage, à peine, passe avant que la cage ne s'arrête. Les portes s'ouvrent, comme une sortie tant rêvée, finalement peu attendue. Les dames d'abord, je suis de près.
Ma sortie adresse un dernier regard au crayonné ornant un mur désormais. J'en reviens aux yeux vairons de Mia qui m'adresse une politesse d'au revoir comme si rien n'avait jamais eu lieu. Je mentirais si j'affirmais ne pas trouver ça blessant. Cependant je me tais, je réduis au silence ce rêve un peu fou de continuer l'indécence de la situation, même en étant dans le couloir qui mène à l'appartement de son frère aîné. Mon regard dérive pour fuir celui de Mia. C'est en laissant croire que tout va bien que je réponds d'une voix neutre.

"Moi de même, Mia."

L'obsession silencieuse est encore là, elle ne couvre en rien la voix de la raison. Je serre les dents pour ne pas soupirer, mes phalanges tatouées reviennent se cacher dans mes poches, se serrer sur un jeu de clés et un briquet à moitié vide.

"Je dois y aller. Le..."

Le jour se lève bientôt. Le Soleil avec lui.

"On m'attend."

Je fais demi-tour, hésite à lâcher un mot de plus, une phrase, une envie. Je rêve déjà de la revoir, stupide que je suis. Une seule proposition, une seule, un au revoir qui laisse la liberté d'une prochaine rencontre. Rien. Je serre davantage les poings, le briquet plastique se brise silencieusement au fond de ma veste, les clés mordent presque ma peau au point de la faire pisser le sang. Je me tais, je fuis, je pars sous la Lune qui disparaît, m'abandonne elle aussi.
Dehors, c'est le silence d'une journée qui n'a pas encore commencé. Les rues me laissent plus seul que jamais, en tête à tête avec des regrets déjà ancrées contre moi. Tant pis pour mon portable, tant pis pour tout. Je ne peux pas rester un instant de plus.

Un seul instant.

Mes dents se desserrent pour un "stronzo" que je me renvoie tout seul. Il est doublé lorsque je réalise, les doigts imprégnées de liquide inflammable, que mon téléphone était sous le briquet tout ce temps. J'enragerais presque, mais en me mordant la lèvre, j'efface immédiatement ce sentiment.
Je presse le pas pour regagner un appartement vide et austère le plus vite possible. Je fuis le jour qui me guette de trop près. Il suffirait d'une minute de plus pour que je brûle alors. il aurait suffit d'une minute de plus pour que ça aille trop loin.

Rien qu'un instant de plus.

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Took over my sense and I lost control. I'll taste your blood tonight. But know it's too late you've wasted all your time. Relax while you're closing your eyes to me. So warm as I'm setting you free, with your arms by your side there's no struggling.
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