Tutto a tue colpe è poco – Santo Carrà

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conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : En quête d'une éternelle jouvence, l'écorce figée dans sa quarante troisième année. [titre de mon champ]: CONTRAT: : L'infidèle a jamais possédé, elle reste parée de l'obscur veuvage sous toutes ses nuances. [titre de mon champ]: BESOGNE: : Exilée en sa thébaïde, la furie s'est faite parfumeuse, manipulant onguents et arsenic avec élégance. Des empoisonneuses elle s'est faite souveraine. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCORCE: : Cent quatre vingt seize années [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Fille du démon, au sabbat elle s'abandonne, au carmin des vierges et des chérubins. [titre de mon champ]: PRESTIGE: : Acuité visuelle nulle, maudite dépravation, les sens restants démultipliés. [titre de mon champ]: GANG: : Hellebore, terreur sanguinolente dont elle se fait autorité. Suprême terrible à la clairvoyance sans égale. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : sarah paulson, balaclava (ava), LΛZΛRE (sign) [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 997 [titre de mon champ]: PACTE: : 16/02/2017



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Sujet: Tutto a tue colpe è poco – Santo Carrà   Sam 18 Mar - 23:10
Tutto a tue colpe è poco
Santo & Athénaïs
“ No horror is too dreadful for you. ”

Obscurité délicate, initiatrice des plus sombres desseins, l'incessant vacarme diurne concède finalement sa place à l'apaisante quiétude nocturne. Par delà l'obstacle se dresse le manoir dans toute sa noirceur, à l'image d'une propriétaire dont l'âme même n'est plus faites que de l'essence de la sorgue elle-même. Bâtiments anciens encadrés de murs si hauts qu'une simple échelle n'aurait suffit à s'y hisser, ce sont les jardins, chatoyants, qui attirent davantage l'attention, tant l'entêtant parfum floral se déverse dans les ruelles environnantes, contrastant furieusement avec la puanteur des venelles appauvries des autres quartiers où se mêlent crasse suintante et pisse aigre en un écœurant cocktail. Rome au printemps, Rome qui s'éveille, créant mille et une exhalations exotiques du simple enchevêtrement de sa flore, la sorcière s'enorgueillit de cette faculté à savourer pleinement cet infime trésor que bien peu décèlent, trop occupés à inventer des objets dont le nom jusqu'à l'intérêt lui échappent encore. Trop ancrée dans le passé, c'est une certitude, le constat de son archaïque mode de vie en dresse un tableau suffisamment fidèle : préférant les bougies à l'électricité dont le grésillement irrite l'ouïe, c'est les incendies qui menacent la maisonnée dans laquelle elle se retranche depuis tant d'années, en vain. L'incident que certains membres de sa communauté désireraient avec bien trop de zèle mais qui n'était jusque là, par miracle, jamais survenu. Une brise fraîche passant la fenêtre ouverte vient caresser la nuque offerte alors qu'elle laisse retomber l'élégante tignasse blonde sur ses épaules nues – chevelure docile à la finesse incomparable, semblables à des milliers de fil d'or qu'on aurait savamment extirpé d'une tapisserie ancienne – tandis que celle qu'on appelait un temps « maîtresse Mahoney », soumission exemplaire qu'elle savourait avec plaisir, s'apprête à abandonner derrière elle sa thébaïde et son exil volontaire pour se mêler au commun des mortels le temps d'une soirée. Un ouvrage de créateur – prix exorbitant devant lequel elle ne cille même plus – dont elle se pare, épaules dénudées qu'effleure tout juste le tissu d'une sobriété usuelle, aussi noir que son cœur, recouvertes d'une capeline. La sorcière se fait courtisane, quelques heures durant, s'appliquant à cette savante préparation qui apparaîtrait chez certain comme une naïve tentative de masquer la monstruosité quand il n'en était rien. Le simple plaisir d'une femme dont les jouissances se faisaient fort rares.

Reine de sabbat qu'on mène au bal, la berline s'immobilise devant le majestueux et imposant opéra. Un bourdonnement habituel reprend vite effet – futiles conversations humaines qu'elle devine sans mal comme celles de la foule rassemblée à l'occasion de cette soirée –, sitôt que la portière est ouverte et qu'une main s'empare de la sienne pour galamment l'inviter à s'extirper du véhicule en prenant garde aux pavés glissants sur lesquels ses escarpins sauraient déraper sur une inattention. L'attention se détourne déjà du fond sonore, l'inquisitrice recherchant d'une brève inspiration le musc du mâle au bras duquel elle s'offre parfois en spectacle, délicieuse compagnie d'éternité dont elle ne saurait se passer. Il est déjà là, elle reconnaît les effluves dont il couvre ses chairs à la manière de ceux qui veulent se rendre invisibles, cherchant là l'aisé moyen de se fondre parmi les mortels, et dont elle est, souvent, la créatrice de talent. Pas cette fois, elle est déjà curieuse d'en connaître la provenance. Malgré la noirceur de verres qui couvrent le regard absent, artifice utilisé pour ignorer les nauséabondes remarques à ce sujet, l'absence de guide saurait duper, laissant penser à une normalité commune lorsqu'elle ébauche quelques pas en sa direction, levant la main à sa hauteur pour délicatement agripper le manteau hors de prix.

« Très élégant... »

Devine-t'elle sans mal, un sourire parachevant l'expression d'un plaisir singulier, rareté innommable. L’indolente oiselle glisse sans tarder son bras au sien en venant déposer un baiser – faussement innocent – sur la tempe de l'ancien jeune auteur dont les simples élucubrations saupoudrant le papier avaient su charmer son cœur sauvageon, se l'attachant pour le restant d'une éternité. De ces amitiés que même le temps et les changements, tant par le caractère que par les meurtrissures profondes, n'avaient pas su modeler d'une quelconque autre manière. Quelques pas encore, gravissant les marches rongées par le temps, offrant à ces tragédies vivantes l'expression même de leurs cruelles destinés des voix de quelques artistes dont ils oublieraient vite les patronymes.



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