Netflix & Cookies | PV Merle

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GOD HATES FANGS

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conter son règne
[titre de mon champ]: OSSATURE: : 29 ans, une trentaine jamais atteinte, vieillesse pour toujours inconnue [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibataire, l'amour m'a déjà tout repris, ma confiance en lui crève un peu plus à chaque rencontre [titre de mon champ]: BESOGNE: : Tatoueur, ancien stratège militaire repenti pour actes de cruauté gratuits et ultraviolence avérée [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: ÉCORCE: : 236 ans depuis l'été dernier, et ce chiffre ne va faire que monter jusqu'à me dégouter [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Vampire depuis plus de deux siècles, avec une fierté non dissimulée pour cette origine glaçante qui fait de moi bien plus qu'un mortel [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : Synyster Gates. [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 224 [titre de mon champ]: PACTE: : 18/03/2017



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Sujet: Netflix & Cookies | PV Merle   Dim 19 Mar - 19:31
Pain ✝ "Once I ran to you, now I'll run from you... This tainted love you've given, I give you all a boy could give you... Take my tears and that's not nearly..." je marque une pause, laissant les cordes se taire doucement "All..."

Je soupire en croisant les bras sur ma chère guitare alors que le silence revient entre les murs froids de mon appartement. Mes doigts glissent le long des cordes pour les faire sonner encore quelques secondes, ma voix murée dans un silence au parfum de spleen. Je suis ce dépressif qui s'ignore et qui ravale ses sentiments, faute de pouvoir en faire quelque chose de bien, quelque chose dont on voudrait. Je ne veux plus chanter, je ne peux plus. Ma guitare sanglote, elle, pour consoler le poison qui me ronge depuis plusieurs mois.
C'est bien là, ravageant ma psychée autant que ma charnelle apparence. Je dors encore moins qu'avant, enchaînant les nuits blanches, les journées éveillé. Le sommeil m'a renié, lâchement, m'empêchant de trouver une salvatrice pause entre deux jours épuisants. Forcé de me fatiguer à outrance pour perdre connaissance quelques heures seulement, obligé par l'épuisement ou offert par les paradis artificiels. J'ai besoin de ça, besoin de me pousser au bord de l'abîme pour être poussé dans le vide.

Je me tue à petit feu.

Je me lève, enfin, reposant ma guitare sur l'un des fauteuils, un véritable Orphée des temps moderne, ne lâchant sa lyre que pour constater la perte déchirante d'Eurydice. Je me fais presque pitié, à tromper ma mélancolie grandissante derrière mon amour des belles notes. Je peux mentir à n'importe qui, mais je ne peux pas me faire croire que je vais bien.
Je ravale ma souffrance déplorable derrière un souffle hautain. Mon masque, je le porterais ce soir encore, j'ai plus important à régler que des stupides élans de mon coeur en détresse. J'ai une porte à franchir et des ennuis à régler.
Avec le temps, je commence à bien connaître mon entourage. J'ai brisé suffisamment de chair à canon, dans mes années noires, pour déterminé le caractère de pratiquement n'import quel individu. J'ai toujours des écarts, des erreurs, des doutes, mais à force de côtoyer quelqu'un, je démêle le vrai du faux et j'apprends par coeur les mécanismes les plus évidents. Je ne suis pas le seul en proie à une lente agonie qui me dévore toujours plus facilement à mesure que j'abandonne.

On a tous nos démons, nos dépressions, et nos idées noires.

Je rabaisse mon casque audio en arrivant à l'adresse de Merle, ce triste petit oiseau trop jeune pour être amputé de ses ailes. Jamais je ne parviendrais à savoir qui, de la mère ou de l'enfant, me peine davantage. Elle, elle se retrouve prise au piège d'une maternité faiblement préparé, malgré une volonté indéniable. Lui, je le plains simplement parce qu'il est enfant.
J'ai grandi dans une cage, animal de cirque qu'on prépare pour le spectacle, comme une bête sans âme, sans émotions. Privé de la moindre échappée, je ne pouvais que supplier un Dieu absent de me laisser m'enfuir un jour. Je n'avais trouvé de sortie que dans l'obéissance forcée au nom du meurtre.
Je grimpe les escaliers marche après marche, craignant, à chaque étage dépassé, de retrouver Merle plus mal encore que la veille. Je n'avais jamais eu le désir ni le besoin de procréer, alors je n'étais clairement pas le mieux placé pour l'aider à faire face au rôle de parent. Tout ce dont j'étais certain, c'est qu'enfermer un enfant loin de tout le conduira à devenir le monstre que sa famille craignait de le voir devenir. Je ne souhaitais pas à Merle de subir ce que j'avais infligé à mes propres parents, jamais.
J'arrive devant sa porte que je frappe plusieurs fois avant d'attendre une réponse. J'ai pris l'habitude de venir quand je savais qu'elle allait mal, ce qui arrivait assez fréquemment malheureusement, et de ramener des cookies pour la faire penser à autre chose. J'attends que la porte s'ouvre, calme, mais inquiet pour elle plus que pour moi, comme souvent.

"Salut, Merle... Ca va comme tu veux?..."

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Dernière édition par Dante Salaì Baldi le Mar 21 Mar - 12:41, édité 2 fois
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Sujet: Re: Netflix & Cookies | PV Merle   Dim 19 Mar - 20:10
Nathanaël a voulu aller voir son père aujourd’hui pour déposer quelques fleurs sur sa tombe. Il n’est pas idiot, peut-être même plus intelligent que le commun des mortels. C’est un loup après tout. On y est resté au moins une heure, il avait des choses à lui dire alors je l’ai laissé faire, sans pour autant trop m’éloigner. Quand il s’est senti soulagé, il est venu se blottir dans mes bras et nous sommes rentrés. Après quelques heures à rôder chez nous, On est sorti faire un tour. J’ai eu du mal à manger ou à boire, ma gorge était bien trop nouée pour ça. Mais comme toujours, je n’ai rien laissé paraître mais mon fils n’est pas dupe. Il sait pertinemment que malgré les apparences, je ne vais pas bien tout le temps. Il sait qu’un sourire peut cacher des choses parce que je lui ai appris comment les grands fonctionnaient. Je lui ai appris que même si les gens sourient, cela ne voulait pas forcément dire qu’ils sont heureux.

Il est un peu plus de neuf heures et je viens de finir l’histoire du soir. Mon petit se redresse dans son lit et me fixe longuement avant de me serrer dans ses petits bras. « Tu sais maman, t’as le droit de pas sourire, c’est pas interdit et pis, je suis grand maintenant ! Je peux te protéger des méchants rêves ! C’est moi l’homme de la maison. » Je caresse son dos et ses cheveux avant de déposer un baiser sur sa tempe. « Oui tu es mon petit héros. » Il semble satisfait de ma réponse et se recouche en souriant. Je dépose un baiser sur sa tempe et le borde bien avant d’allumer sa veilleuse. Je quitte la chambre et ferme la porte. Je croise mes bras contre ma poitrine et passe nerveusement ma main dans mes cheveux. Je traverse le petit couloir et reviens au salon. Les larmes que j’ai retenu toute la journée, s’échappent de mes yeux. Je rapproche mes jambes de ma poitrine et fixe l’écran sans réellement voir ce qui se passe. Depuis quelques temps, je pleure souvent le soir, sûrement parce que c’est bientôt l’anniversaire de mon défunt Erwan et que j’ai du mal à encaisser sa disparition encore.

[…] Je suis à moitié endormie sur le canapé, dans une position inconfortable. Je dois avoir les yeux bouffis et bien rouge, tant pis. Je me lève et file boire un grand verre d’eau en cuisine alors que j’entends frapper à ma porte. Je regarde l’heure, il est au-delà de minuit, je crois savoir qui vient me rendre visite. Je déverrouille la porte et regarde Dante qui est de l’autre côté. Je lui offre un bien piètre sourire en l’invitant à rentrer. « Salut Dante… » Je referme la porte derrière lui : « …ça va oui et toi ? »
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Sujet: Re: Netflix & Cookies | PV Merle   Mer 22 Mar - 18:27
Pain ✝ Je ne peux pas m'empêcher de cogiter.

Moi, à sa place, j'aurais fait quoi? Il serait où, mon bambin en bas-âge, avec mes yeux et le regard de sa mère, avec un géniteur dangereux et une génitrice pleureuse. Est-ce que je m'inquiéterais pour lui? Est-ce que j'en serais venu à l'enfermer pour le protéger? Est-ce qu'il m'estimerait ou m'éviterait?
Une descendance, je n'en aurais jamais. Si je viens à m'éteindre, le nom des Baldi tombera en poussière en quelques années seulement. Mon héritage, indécence de ma stature passée, s'écoulera doucement comme les grains d'un sablier. On oubliera rapidement les Baldi Da Firenze, et plus particulièrement le dernier de leurs héritiers. Je redeviendrais une ombre disparue au front, un soldat tombé pour l'Italie.
Merle ne pouvait sans doute pas se vanter d'avoir enfanté seulement pour combler un vide existenciel, pour agiter un bébé devant elle comme une distraction d'elle-même. Ce n'était plus vraiment un choix, seulement un devoir, et du haut de mes grades militaires perdus, je savais bien ce qu'était l'obligation du devoir. Il suffit de quelques mots, et vous imprimez des règles sous vos paupières, n'oubliant jamais que vous vous battez pour les limites que vous vous fixez. On se prive pour donner toujours plus.

Machinerie parfaite.

Je me suis toujours très mal imaginé dans un rôle de parent. Je ne suis pas capable de m'occuper de moi-même sans tomber dans l'autodestruction et le risque inutile. Un gosse, au milieu d'un chaos constant, ce serait un poids inutiles qui succomberait avant d'atteindre l'adolescence. Je ne me suis jamais vu père un jour, et vivre privé de cette opportunité me conforte dans cette affirmation. Pas de famille, pas d'attache, pas de sentiments.
Je rentre dans l'appartement de Merle, constatant qu'elle est véritablement au plus mal. Je ne pouvais pas lui en vouloir, elle avait bien des raisons de céder sous la pression. Si je devais être étonné, ce serait de sa capacité à encaisser, pas de son craquage actuel.

"Ca va toujours, j'ai pas à me plaindre."

Parce que je porte toujours un masque. Parce que j'ai déjà vu pire. Parce que si je cède, je n'aurais personne pour me relever à part moi-même.

"Je t'ai ramené des cookies. Parce que... parce que cookies..."

J'en prends un, au passage, avant de poser le sachet sur la table basse.

"Je me suis dit que j'allais passé te voir, ça fait un moment. Et puis je voulais prendre des nouvelles de toi et Nathanaël. Il va bien, le mini-monstre?"

Ca faisait déjà quelques temps que je n'étais pas passé voir la petite famille. Bien que toujours suffisamment distant, sans jamais m'attacher de trop, j'étais curieux de savoir comment les choses évoluaient. Je les voyais comme des connaissances proches, mais j'avais surtout le sentiment de voir la vie, la vraie, de près. Devenir immortel, ça éloigne du quotidien cerné par la mort et la vieillesse. Alors, quand j'avais l'occasion de retrouver un semblant de sentiment d'évolution quelque part, j'en profitais.

Je vampirise ce qui m'attire, c'est dans ma nature.

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Sujet: Re: Netflix & Cookies | PV Merle   Jeu 23 Mar - 14:34
Je referme la porte derrière Dante et lui offre un maigre sourire, une fois de plus quand il me dit qu’il nous a ramené des cookies. J’en connais un qui sera plus que ravie des cookies que Tonton Dante lui aura apporté. Cet homme, j’ai bien du mal à savoir ce qu’il ressent. Je sais ce qu’il est, beaucoup disent qu’il serait un ennemi en temps normal. La stupidité de certaines personnes fait peur à voir. Dante est un mec bien et puis, soyons honnête, son style me plaît énormément. « Il a été un peu malade il y a quelques jours mais il va mieux maintenant… » Normalement mon louveteau est en train de dormir à l’heure qu’il est. « Tu sais que ma porte te sera toujours ouverte Dante, quand tu le souhaites. Et puis Nathou est content quand il te voit. » Je me masse un peu la nuque en grimaçant. Décidemment, cette nuit est vraiment courte et problématique. Je vais devoir la rattraper pendant que Nathanaël fera sa sieste quotidienne. Je m’approche de Dante et dépose une bise sur sa joue en me mettant sur la pointe des pieds : « Merci pour les cookies. »

Je me dirige vers la cuisine et me fais couler un énième café. « Si tu veux boire quelque chose, il y a tout ce qu’il faut dans le frigo. Fais comme chez toi. » Rares sont les personnes qui peuvent se permettre tant de familiarité dans mon appartement. Dante fait partie de ces personnes, il peut se permettre d’être familier ici. « Ça me fait plaisir de te voir, ça me change de voir un visage familier plutôt que de parfaits étrangers quand je vais au parc, ou ailleurs, avec Nathou… Je ne te demanderais pas si tu as passé une bonne journée, vu qu’elle vient juste de commencer ou presque… » Je lui souris et me hisse sur la table présente, jambes dans le vide. Je bois un peu de mon café et glisse une mèche de mes cheveux derrière mon oreille. « Et sinon, tu as trouvé quelqu’un pour égayer ta vie ? » Je sais bien qu’il n’est pas très sentiments mais, ce serait bien qu’il soit en bonne compagnie, ça me ferait plaisir pour être honnête.
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Sujet: Re: Netflix & Cookies | PV Merle   Dim 26 Mar - 20:22
Pain ✝ "Tu sais que ma porte te sera toujours ouverte Dante, quand tu le souhaites. Et puis Nathou est content quand il te voit."

Au fond, oui, je le sais. Mais je le crains. Tout comme j'abhorre quand on me laisse la moindre porte ouverte. Pourtant, je comprends aisément son ressenti et ce qui l'amène à penser que je mérite des égards, des attentions. Je peux même concevoir que j'ai l'air de quelqu'un de bien, quelqu'un qu'on a envie d'avoir dans son entourage aussi longtemps que possible. Mais ça, c'est parce que j'enterre ce qui effraie.
Depuis mes seize ans, mes fugues nocturnes, j'ai toujours distingué deux entités chez moi. Il y a Dante, bien sûr, ce petit con qui obéit, qui fait ce qu'on lui dit, qui a l'air gentil. Derrière le nom de Baldi, il ravale sa fierté natale, sa condition de presque prince au milieu de cette fosse commune. C'est quelqu'un de bien.

Et puis, il y a Salaì.

Ce nom qu'elles murmurent, qu'ils craignent, que je porte comme mes grades militaires. Salaì, tous ne le connaissent pas, très peu sont encore en vie pour s'en rappeler. C'est ce qui en fait un spectre, un monstre. Quelqu'un de mauvais.
Alors, peut-être que j'ai assez de retenue pour avoir l'air bien éduqué, bien dressé. Un vrai modèle de perfection, comme ma famille le souhaitait si chèrement. Peut-être même que je mérite des amitiés sans faille, d'être bien entouré. Mais je ne m'en sentirait jamais véritablement méritant.

"Dommage que je ne vienne que la nuit. Ce serait plus pratique autrement."

Je lâche un sourire, même si mon regard le contredit un peu. Il m'arrive encore de me demander à quoi ressemble la lumière du jour, comment la sensation de toucher réagit à la brûlure du Soleil. Deux siècles et sept ans passé à fuir le jour, à attendre la nuit. Je connais le les étoiles par coeur, gravées là où mes derniers souvenirs du ciel bleu subsistaient encore. On s'y habitue, on ne s'y fait jamais vraiment, mais on s'y habitue. Par obligation.
Merle me remercie pour la petite attention de quelques mots et d'une bise légère. Elle est, décidément, bien trop aimable. Même si ce n'est en rien un défaut, je ne peux m'empêcher d'avoir de la peine pour cette qualité qui la pousse à toujours faire les bons choix. Jamais les mauvais. Jamais ceux que je ferais.
Elle me laisse faire à mon aise, comme toujours, tandis qu'elle s'évapore un instant dans la cuisine. Je baisse les yeux avant de retirer ma veste. La soif qui me tiraille habituellement, je l'ai comblé plus tôt, et puis je me prive du reste pour ne pas trop effacer ce goût âpre de sang. Je passe la langue sur ma lèvre inférieure, réflexe usuel lorsque je pense à ce besoin cruel. Je relève la tête vers la télévision, sans véritablement prêter attention aux programmes ennuyeux de la soirée. Alors mes pupilles s'attardent plus rapidement sur le reste de la pièce alentours, cherchant les différences depuis ma dernière visite.
Je rejoins Merle dans la cuisine, les mains dans les poches dans mon attitude naturellement blasée, bien que je sois à l'affût de ses moindres mots.

"Ça me fait plaisir de te voir, ça me change de voir un visage familier plutôt que de parfaits étrangers quand je vais au parc, ou ailleurs, avec Nathou… Je ne te demanderais pas si tu as passé une bonne journée, vu qu’elle vient juste de commencer ou presque…"

Je souris en soufflant un rire léger.

Je n'appelle même plus ça des journées à force.

"Et sinon, tu as trouvé quelqu’un pour égayer ta vie ?"

Ah... La fameuse question qui blesse par surprise. Je me refuse à parler de ma tendresse prononcée pour une humaine en particulier alors que je tente de refouler ces sentiments incertains. Je nie face à moi-même, je mens face aux autres.

"Autant chercher une petite blonde suicidaire qui aime la guitare." je lâche un rire ironique avant de rouler des yeux "Je crois que je suis tout aussi bien seul. Les vampires sont toutes des garces, les humaines sont trop fragiles. J'aurais fini par la casser en deux." je soupire doucement en appuyant mon épaule contre le cadran de la porte "Et toi alors? Pas de beau-père en vue pour Nathanaël?"

Elle pourrait. Merle est encore jeune, agréable, et, bien que meurtrie par la vie, elle est pleine de qualités qui seraient certaines de séduire un homme. Ou une femme, à dire vrai, je ne lui ai jamais demandé ses préférences. Mais je reste certain qu'elle pourrait - et devrait - refaire sa vie tôt ou tard.

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Sujet: Re: Netflix & Cookies | PV Merle   Ven 31 Mar - 21:48
Je crois que je n’aurais pas dû poser cette question. J’ai l’impression que l’ambiance vient de changer d’un seul coup et c’est de ma faute. Parfois, je dis les choses sans réfléchir, alors j’imagine que c’est normal que souvent on ne me prenne pas au sérieux. Je n’ai que vingt-quatre ans, qu’est-ce que je connais de la vie finalement ? Bien sûr, je sais que le rôle de maman est difficile, je sais que je suis encore un peu novice, mon fils n’a que trois ans après tout. Je ne pense pas que je l’ai mal élevé malgré tout. Bref, ce n’est pas la peine de s’étendre sur le sujet, j’ai déjà plombé l’ambiance, autant essayé de relever le niveau pour que le reste de la nuit se passe bien. « Autant chercher une petite blonde suicidaire qui aime la guitare. Je crois que je suis tout aussi bien seul. Les vampires sont toutes des garces, les humaines sont trop fragiles. J’aurais fini par la casser en deux. » Il n’a pas tout à fait tort quand on y pense. Je ne connais pas encore de Vampires femmes alors il serait idiot de tirer des conclusions hâtives, néanmoins, je connais quelques Vampires hommes et, effectivement, ce sont des ‘garces’. « Et toi alors ? Pas de beau-père en vue pour Nathanaël ? » Je me crispe un peu et fixe ma boisson d’un air absent. « Euh non… j’en suis incapable en fait… je n’y arrive pas… ce n’est pas faute d’avoir essayé, enfin bon un jour peut-être ou jamais… »

Je descends de mon perchoir et me dirige vers le salon. « Tu veux regarder un truc en particulier ? J’ai Netflix et des films en pagaille sur mon disque dur externe. Je te laisse choisir. » Je me laisse tomber sur mon canapé et l’invite à faire de même. Je ne sais pas combien de temps il va rester, autant qu’il le veut évidemment mais, si ça se trouve, Nathanaël va venir le voir et se rendormir contre lui. Je ne sais pas non-plus sur quoi on va tomber en zappant.
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Sujet: Re: Netflix & Cookies | PV Merle   Sam 1 Avr - 22:50
Pain ✝ Incapable d'une relation saine.

Ce n'est pas sans me rappeler mon comportement. Je n'en parlais jamais, je ne faisais ni éloge ni pamphlet de cette femme qui avait pourtant partagé bien plus que ma vie pendant deux ans. Tendresse, complicité, des envies communes, une existence qui évoluait autour d'elle. Et finalement, ce dernier retour des rangs de l'armée, pour constater qu'après avoir tant rit de ces idiots qui mourraient avant de rentrer auprès de leur famille, moi non plus je ne retrouverais pas mes proches. Elle était morte, j'avais survécu. Je ne te reverrais plus jamais.
J'exagérerais si je prétendais que je ressentais un vide depuis sa mort. J'étais et je reste moi. Je vivrais sans elle, je n'abandonnerais pas pour si peu. Je souffrais davantage de ma désertion que de mon célibat retrouvé. Pas de sentiments, pas d'états d'âme, seul compte ton devoir envers la nation que tu défends. Connerie.
Mais je peux aisément saisir l'ampleur de son coeur brisé. J'aurais du mal à dire que j'ai connu cette sensation, mais j'en ai tourmenté plus d'un avec l'argument de la perte. L'armée forge des brutes, pas des incapables. Faire des soldats parfaits, c'est créer des machines sans âme. Obligez-les à oublier amour et amis, famille et vie, ils vont suivront jusqu'à la mort pour moins que ça.

"Un jour peut-être, ouais."

Je la suis au salon après avoir attrapé une cannette de soda dans le frigo, espérant effacer le goût de sang qui me fait saliver ainsi que l'envie de cendres qui revient déjà. Je prends place à côté de Merle dans son canapé, la télé servant de fond sonore à la discussion continuant.

"Tout sauf un film de vampires." je lâche un rire court avant de reprendre une gorgée de soda qui éloigne de moi le souvenir d'un sang volé peu de temps auparavant "Les gens, aujourd'hui... ils ont vraiment trop d'imagination avec ça." je soupire en roulant des yeux, vaguement exaspéré à cette idée mais trop peu concerné pour m'en offusquer plus longtemps; je reporte mon attention sur Merle "Je t'ai jamais demandé mais ça t'arriver de regretter d'être un loup? Une louve je veux dire, mais tu vois ce que je veux dire. Je n'en connais pas beaucoup mais certains ont l'air de le vivre moins facilement que d'autres."

Quand on survit aux siècles défilant, on croise toute sorte de créatures. Les loups étaient entré dans ma vie plus d'une fois, j'avais eu le temps de constater que certains aiment profondément leur nature là où d'autres renient leur propre sang. Merle et son fils, je n'avais encore jamais pris le temps de savoir dans quel camp ils se plaçaient. Je n'avais d'ailleurs jamais vu, avant Nathanaël, de louveteau si jeune. Malédiction ou chance, je voulais seulement savoir où ils se situaient dans ce spectre hasardeux.

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Sujet: Re: Netflix & Cookies | PV Merle   Mar 11 Avr - 22:58
La télévision tourne et j’observe d’un air absent l’écran alors que Dante prend place à mes côtés. Il me demande de ne pas mettre de film de vampire, je ris doucement. Il a raison, quand on voit les daubes qui sont créées à la chaîne, il y a de quoi rire. L’imagination débordante des humains lambda, m’a toujours étonnée. Ils sont tellement naïfs… la vérité est toute autre. Et puis les mots de Dante m’interpellent, je le regarde en souriant un peu : « Tu sais, je suis née louve et donc, j’ai l’habitude de mon statut. Mais c’est vrai que parfois, j’aimerais simplement être humaine, juste pour voir ce que ça fait… le père de Nathanaël était aussi un loup pur-sang et on parlait souvent du fait de ne plus être loup. Et puis, ma grossesse difficile m’a conforté dans le fait d’être louve. J’ai enduré plus facilement les douleurs, les maladies, les faiblesses de la maternité, je ne sais pas si j’en suis sortie plus forte mais, je ne regrette plus. Je sais que d’autres ne sont pas dans mon cas, je pense notamment aux personnes qui ont été mordu contre leur gré par exemple. C’est très difficile quand on n’a personne pour surmonter les premières transformations et tout ce qu’elles engendrent. » Je bois quelques gorgées de ma boisson et fixe l’écran, pensive. « Je suis amenée à reprendre le flambeau familial, à reprendre la meute de ma naissance seulement, je n’ai pas vraiment envie… La vie en meute a ses avantages mais aussi de lourds inconvénients… j’ai tué un de mes semblables quand j’avais seize ans… il était celui que mon père avait choisi pour m’épouser mais à cette époque, j’étais la louve blanche de Grand Rapids, celle qui se rebelle contre les lois de ses ancêtres… et puis j’étais amoureuse d’un autre… Bien sûr, la vie en meute c’est la protection assurée mais aussi, très peu d’intimité… Enfin bon, voilà quoi… et toi… ? Tu as déjà eu envie de redevenir humain… ? »
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Sujet: Re: Netflix & Cookies | PV Merle   Mer 12 Avr - 18:40
Pain ✝ Personne.

C'est drôle comme ce seul terme me renvoie mon propre reflet. Je savais Merle esseulée par les épisodes de sa vie, je ne la savais pas aussi abandonnée que je l'avais été. J'avais toutefois le réconfort d'avoir fait payer, à mon créateur ingrat, sa disgrâce à mon égard. Lui qui me percevait comme un monstre était seul fautif de mes accomplissements monstrueux. Jamais je n'aurais écopé de ces crocs sans son intervention forcée. Je n'avais pas demandé ni aide ni sauvetage. C'est lui-même qui était venu me proposer la vie contre une guerre. Solitude des premiers jours, sentiment cruel d'abandon, je pouvais me projeter dans ce passé que Merle évoquait avec une émotion certaine. Je la fixe, un air presque soucieux qui masque une curiosité morbide. Loup, vamp, prédateurs dans les deux camps, ravagés par les mêmes événements.
Merle poursuit ses récits, évoquant les règles et les préceptes de son espèce et ses pairs. Elle finit son élocution personnelle en questionnant mon désir d'être humain ou non. Je me tends, les doigts quelque peu crispés sur ma cannette en baissant les yeux, pensif.

"Jamais."

Un instant cependant, je repense à ma famille, ces gens affreusement mortels qui avaient péri sans adieu de ma part. Les pauvres m'avaient vu partir pour l'armée sans jamais en revenir. S'ils savaient aujourd'hui ce que je suis devenu, ce que j'ai fait, nul doute qu'ils me traiteraient comme un monstre, eux aussi.

"C'était pas vraiment un choix de devenir un mordu. Mais je serais mort si je n'avais pas eu cette chance." je me recale contre le fond du canapé, sirotant mon soda en regardant ailleurs "C'était un connard, certes, mais sans lui je ne serais pas là. Je peux cracher sur sa tombe, mais pas sur son cadeau."

Enfoiré qu'il était, il la mérite sa fin stupide. Je reporte mon attention sur Merle, je m'accorde même un sourire hautain à peine esquissé.

"En plus, il paraît que l'immortalité me va plutôt bien. Les crocs, l'absence de vieillesse, la nuit... C'est vrai que ça a aussi ses inconvénients, mais on s'y fait assez vite. Au moins j'ai pas de problèmes de boules de poils." je souris, échappant un rire léger

_________________
PLEASURE'S ALL MINE THIS TIME
Took over my sense and I lost control. I'll taste your blood tonight. But know it's too late you've wasted all your time. Relax while you're closing your eyes to me. So warm as I'm setting you free, with your arms by your side there's no struggling.
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Sujet: Re: Netflix & Cookies | PV Merle   Ven 12 Mai - 14:37
Les choses sont claires au moins avec Dante. Il ne veut pas redevenir humain. Je le regarde longuement, remarquant, comme si c’était la première fois, à quel point cet homme est charmant. Loin de moi l’idée de le draguer ou je ne sais quelles autres absurdités du genre. Juste, il est beau, il faut le reconnaître. « En plus, il paraît que l’immortalité me va plutôt bien. Les crocs, l’absence de vieillesse, la nuit… C’est vrai que ça a aussi ses inconvénients, mais on s’y fait assez vite. Au moins j’ai pas de problèmes de boules de poils. » Je souris à ses mots. Il est vrai qu’être immortel à bien des avantages comme il le sous-entend. Je ne sais pas combien de temps je peux vivre sur cette terre, mais j’espère assez longtemps pour voir mon fils grandir et peut-être même mes petits-enfants. Il est dur d’être reconnaissant envers quelqu’un qui vous a fait du mal mais, s’il est heureux comme ça. Et j’en viens à me reposer ces questions : est-ce que je suis heureuse d’être née louve ? Suis-je heureuse de la vie que je mène actuellement ? Je n’en sais rien. Je fixe les coussins du canapé d’un air absent. « C’est vrai… », commençais-je, « …l’immortalité te va parfaitement bien. » Mon regard se perd de nouveau sur les coussins du canapé. « J’ai failli te demander si tu avais faim mais j’ai rien à te proposer en fait… » Je crois que je suis vraiment ailleurs, je ne suis pas assez attentive ce soir. Sûrement que toutes les questions, tout ce que je ressens, m’empêchent de me fixer sur le moment présent. « Est-ce que tu veux un autre soda ? On peut aussi changer de chaîne si tu veux. » Je ne vais pas m’endormir avant un long moment alors autant profiter de la présence de Dante.
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Netflix & Cookies | PV Merle
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