Who you gonna call ? / Electre

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OPUS DEI

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[titre de mon champ]: OSSATURE: : Trente deux psaumes récités à la gloire de la vierge sacrifiée [titre de mon champ]: CONTRAT: : Célibataire, marié à sa foi et à ses croyances, homme de Dieu pour lequel il a juré fidélité. [titre de mon champ]: BESOGNE: : Prêtre, chasseur pour l’Opus Dei ; sourire affable dissimulant la lame acérée et mortelle d’une dague meurtrière. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : Connaissance accrue des fables connues et inconnues du monde mortel [titre de mon champ]: ÉCHINE: : L'engeance d'une sorcière assassinée, déni et rejet d'une nature démoniaque [titre de mon champ]: GANG: : Opus Dei : bouclier entre l'horreur et l'humanité [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : James McAvoy [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 256 [titre de mon champ]: PACTE: : 12/03/2017



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Sujet: Who you gonna call ? / Electre    Mar 21 Mar - 16:24
La petite salle de classe de l’orphelinat dans laquelle Gawain enseignait le catéchisme une fois par semaine était étrangement et inhabituellement silencieuse. Du moins, si on oubliait la vieille télévision cathodique qui diffusait le premier Ghostbuster -un des films préférés de Gawain, même si jamais il ne l’avouerait. La marmaille, pour la plupart complètement étalé sur leur pupitre, avait les yeux rivés sur l’écran tandis que retentait le fameux « If there’s something strange in your neighborhood, who you gonna call ? »

Ghostbuster !

Assis au fond de la classe, il fredonna mentalement les paroles de la chanson, les yeux rivés sur son ordinateur portable, prenant le temps de répondre à quelques mails. La plupart envoyé par des membres de l’Opus Dei, du Vatican... et de Gildi qui était très certainement en train de le troller une fois encore avec une de ses chaines interminables. Il réprima un soupir las et les supprima sans même prendre la peine de les ouvrir. Quelques uns de ses élèves lui adressèrent une œillade surprise à laquelle il répondit par un sourire rassurant. Il entendait déjà le professeur de latin, situé dans la salle juste à côté, râlé au sujet « ce foutu curé qui s’amusait à faire n’importe quoi lors de son heure de cours ». Beaucoup s’étonnait de le voir surfer sur le net, de connaitre les derniers memes à la mode et de regarder des vidéos sur youtube/regarder des séries en streaming. Après tout on pouvait être prêtre et aimer la technologie... La connaissance du monde moderne n’empêchait aucunement de pratiquer sa foi et ses croyances. De plus, il avouait qu’il se sentait un peu perdu quand il sortait en oubliant son smartphone.

Concentré dans la rédaction d’un message, il ne s’aperçut pas immédiatement que la porte venait de s’ouvrir sur l’un des professeurs. Gawain fronça les sourcils, faisant signe aux enfants de continuer à regarder le film tandis qu’il rejoignait sa collègue, prenant soin de refermer la porte derrière lui.

« Oui ? Un soucis Martina ? »

Martina Cataldi était une femme adorable, un sourire bienveillant au visage tiré par des rides de sagesses, cette prof de mathématique à la retraite n’avait pas hésité à venir donner des suppléments de cours à l’orphelinat. Gawain l’appréciait énormément.

« Mon père, commença t-elle avec toute la patience qu’elle semblait posséder. Vous allez finir par déclencher une émeute... On parle de vous assassinez dans la salle des professeurs.
- Ah... -il grimaça un instant- C’est le son, n’est ce pas ? Trop fort ? »

Elle eut un vague hochement de la tête, tentant de regarder à travers la vitre de la porte ce que les élèves étaient en train de faire.

« Un peu beaucoup oui.
- Je vais baisser le son. Désolé. »

Finalement un sourire s’esquissa sur son visage, lui lançant un regard faussement sévère.

« Non, tu ne l’es pas. Et puis qu’est ce que tu leur fais regarder au juste ? Ghostbuster ? Sincèrement ?
Gawain leva les mains en signe d’innocence.
- Hey, c’est un très bon film. Et au moins, ils se tiennent tranquilles.
- Je t’accorde au moins ça. »

Elle regarda l’horloge avant que la sonnerie ne sonne dix heure, l’heure de la récréation. Elle finit par pousser un soupir.

« De toute façon mes élèves n’étaient plus concentrés. »

Les portes des salles de classes s’ouvrirent, laissant s’échapper une nuée de petites têtes blondes d’âges différents. Gawain ignora les regards noirs que lui lancèrent certains professeurs et alla éteindre la télé alors que ses élèves sortaient à leur tour, non sans leur promette de leur laisser regarder la suite la semaine prochaine.

« Tiens Martina, tu as des nouvelles de Mauro ?  Ca fait deux semaines qu’il manque mon cours. »

Mauro était un petit garçon de huit ans, roux aux yeux vert à qui il manquait deux dents de lait et qui zozotait quand il s’exprimait. Gawain s’était un peu prit d’affection pour ce môme qui hurlait plus qu’il ne parlait. Martina secoua la tête alors qu’ils se dirigeaient vers la salle des profs.

« Aucune idée. Deux semaines qu’il ne vient pas, on nous a dit qu’il était malade. »

Malade ? Gawain hocha la tête, sceptique. Il était en pleine forme la dernière qu’il l’avait vu.

« Je te rejoins... Je fais juste un arrêt chez Caliari. »

Le bureau de la direction se trouvait de l’autre côté du bâtiment, Gawain accéléra le pas, toqua à la porte et l’ouvrit sans attendre d’être invité à le faire.

« Bonjour, salua t-il en passant la tête par l’encadrement. Je dérange pas j’espère ? »

Et si c’était le cas, peu importait à vrai dire. Il lui adressa un léger sourire, glissant les mains dans les poches de son pantalon, son regard faisant rapidement le tour du bureau. C’était d’une propreté immaculé.

« Je viens juste prendre des nouvelles d’un élève. Mauro... il manque la classe depuis deux semaines. Martina m’a dit qu’il était malade. »

Nonchalamment il s’approcha de la fenêtre, frôlant du bout des doigts les feuilles d’une petite plante verte qui y trônait.

« Est ce que je peux le voir ? J’ai quelque chose pour lui... »

Silence. Durant lequel il la dévisagea.

« Et vous, comment allez vous ? Vous avez l’air plus en forme que la dernière fois que nous nous sommes croisés. »


Lentement, son sourire s’agrandit sensiblement.

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[titre de mon champ]: OSSATURE: : Trentaine tout juste atteinte, innocence létale. [titre de mon champ]: CONTRAT: : Marâtre castratrice, idiome sacrifié par convenances. [titre de mon champ]: BESOGNE: : Directrice de l'orphelinat, terrible nom que celui de Caliari dont tous craignent les réprimandes barbares. Tapie dans l'ombre, la monstruosité guette les rires des enfants avec exaltation, euphorie morbide à peine retenue. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : and she would fall, so young, so lost and oh, so beautiful. [titre de mon champ]: ÉCORCE: : Centaine à peine consommée, la carcasse se délite sous les poids des astres et de la fatalité. famine qui ronge, usurpatrice, révèle les maux. [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Cannibale portant couronne avec dignité, veuve noire insatiable. [titre de mon champ]: GANG: : Enamourée d'une solitude imparfaite, l'ignominie hante Rome sans l'ombre d'un partenaire. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : karma. (ava), lazare (sign) [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 433 [titre de mon champ]: PACTE: : 12/03/2017



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Sujet: Re: Who you gonna call ? / Electre    Ven 24 Mar - 2:08
Who you gonna call ?
GAWAIN ft. ELECTRE


Ignoble marmaille criarde. Trois mots simples qui retentissaient dans l'esprit de la directrice d'orphelinat avec d'autant plus de véhémence que, le printemps approchant, les cris des enfants retentissaient dans la cour dont ils profitaient avec délice, se prêtant volontiers à l'exercice. Un trop grand divertissement sans doute, une douceur à laquelle ils prenaient goûts lorsqu'ils auraient dû étudier avec davantage d'assiduité l'algèbre ou la littérature. Les yeux rivés sur ces joutes d'enfants, debout derrière les larges fenêtres de son bureau et masquée de l'extérieur par quelques rideaux diaphanes, la brune mordilla un court instant le bout de ses doigts en se perdant dans cette délicieuse contemplation le temps de quelques minutes. Et si... tournant brutalement le dos à l'extérieur et aux rayons du soleil qui venaient percer à travers les carreaux, caressant la peau ambrée de la jeune femme, elle gronda, furibonde, en venant se rasseoir derrière l'imposant bureau dont la surface boisée était couverte de paperasse en tous genres. Elle n'était pas volontiers dans l'administratif mais cette empotée de secrétaire avait jugé bon de tomber malade lorsqu'elle avait besoin d'elle, soit, tout le temps. Ce n'était pas à Electre Caliari de faire ces choses-là, elle était bien trop prise par des occupations diverses et variées dont elle n'avait nullement l'intention de faire le descriptif à une employée trop curieuse que le comportement inexpliqué de sa patronne effrayait. Et bavarde, si bavarde qu'elle lui aurait volontiers cousu les lèvres pour ne plus subir ses jacassements et cet accent espagnol de télé-novelas qu'elle continuait de feindre en pensant que son entourage était dupe et la croyait réellement native des cités Incas. Si elle avait été aussi efficace à répondre aux mails qu'à confesser ses tourments amoureux ou son passé farfelu à une supérieure qui se moquait éperdument de ces choses-ci, l'établissement aurait été une véritable institution de première classe dont personne n'aurait eu à se plaindre, encore moins sa propriétaire. Un vague sourire étira ses lèvres alors qu'elle ouvrait subitement l'un des tiroirs du bureau pour en tirer du papier à lettre, rédigeant quelques mots d'une écriture ô combien calligraphiée. Une décision fort satisfaisante à ses yeux et dont elle se délectait déjà en imaginant la rondouillarde blonde peroxydée entamer une autre boîte de mouchoirs. Elle aurait au moins un chagrin justifié, cette fois-ci. Tandis qu'elle pestait de ne pas parvenir à découvrir le couteau avec laquelle elle ouvrait soigneusement le courrier, une interruption soudaine l'interrompit dans ce geste et elle se redressa brusquement en posant le regard sur l'homme qui osait se donner des libertés de la sorte.

Le prêtre était un homme étrange dont elle ne parvenait pas à comprendre les réelles volontés en s'efforçant de la sorte à s'investir auprès des orphelins. Ceux dont personne ne voulait et n'avait jamais voulu, pourquoi voir les choses autrement ? Les parents qui aimaient leurs enfants les voulait à jamais auprès d'eux. Meurtrissure du palpitant à cette simple pensée, elle déglutit difficilement en se forçant à esquisser un rictus faiblard, sentant sa poitrine se faire douloureuse et sa psyché chanceler.

« Je vais parfaitement bien. »

Mentit-elle sans honte en relevant le menton, n'ayant pas la moindre envie de se montrer coopérative comme le faisaient ceux qui venaient confier leurs plus sombres desseins dans l'ombre d'une cabine double, espérant ainsi absoudre leurs pêchés. Il n'existait pas de tel dieu, Electre n'avait jamais pu se résoudre à l'idée même qu'il soit si miséricordieux et les années cloîtrées n'y avait rien changé. Bien au contraire. Tapotant fébrilement sur sa cuisse à l'évocation de l'enfant, recherchant sans attendre une cigarette qu'elle porta à ses lèvres en embrasant l’extrémité de la flamme vacillante d'un briquet, elle détourna le regard en effleurant ses lippes de sa seconde main. Le môme... ses cris avaient eu l'effet recherché : elle l'abhorrait. Les punitions n'était guère des plus tendres et elle s'efforçait de masquer l'ampleur qu'elles pouvaient prendre en gardant les orphelins prisonniers, quelques jours durant, de leurs draps. Malade, prétextait-elle avec un pauvre sourire navré et une promesse de porter quelques gourmandises au principal intéressé dont le derme portait encore les teintes bleuis administrées par la caresse sévère de ses paumes.

« Vous ne pouvez pas le voir, il est trop épuisé par la fièvre, un autre jour peut-être ? Il est malade, ne vous l'a-t'on donc pas dit ? Vous devriez davantage parler aux professeurs qui enseignent ici, monsieur Nocentino, vous seriez agréablement surpris des effets d'une telle compagnie. »

Monstruosité au regard mordoré, elle déglutit à nouveau en humant discrètement le parfum diffus du prêtre. Sa faim avait été comblée d'un pauvre hère au détour d'un coupe gorge la veille au soir mais elle n'aurait pas reculé devant une nouvelle gâterie. La faim, toujours la faim qui hantait l'âme et broyait l'estomac en un tonitruant vacarme, offrant une terrible sensation de manque à l'ingénue couronnée de ramures lorsque venait la déchéance suprême. De simples cauchemars, s'imaginaient les gamins qui observaient les ombres terribles sur les murs des bâtiments depuis leurs couches peu douillettes. Le croque mitaine, cette allégorie vengeresse qui venait apporter une correction aux indisciplinés, n'avait jamais été aussi vraie. Electre Caliari n'était pas totalement saine d'esprit, masquant à force d'effort ce terrible mal, mais elle avait un rapport aux enfants si étranges que s'opposer à elle aurait été une lourd erreur. Ne leur apportait-elle pas de nombreux bienfaits ? Comment aurait-on oser prétendre le contraire, lorsqu'on voyait ces adorables chérubins trouver une famille et ne plus jamais revenir sur les lieux de vie de leurs premières naïves années ? Disparus, les petits bouts, observés dans l'ombre par l'ignominie cannibale aux babines sanguinolentes dont le labre avait embrassé les soies chaudes en s'enivrant de la douceur des parfums enfantins au prétexte d'une ultime étreinte.
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Sujet: Re: Who you gonna call ? / Electre    Mar 4 Avr - 0:30
Oh, elle était belle.

« Hum, hum, répondit-il distraitement, le regard perdu par delà la fenêtre. »

Avec son visage de poupée de porcelaine aux traits fins et graciles.

Un sourire s’esquissa finalement sur son visage tandis qu’il lui lançait une rapide œillade par dessus son épaule. Ses doigts délaissèrent nonchalamment les feuilles trop rêches et fatigués de cette petite plante qui se mourrait sur le rebord de cette fenêtre ensoleillée.

Assoiffée.

Comme la lueur qu’il pensait percevoir parfois dans les yeux bien trop ombrageux de cette directrice faites de sévérité, de secrets et de mystère.

« Vous devriez lui donner à boire... Votre plante se meurt. Elle se fane. »

Gawain se tourna vers Electre s’avançant vers le bureau afin de prendre place dans le fauteuil. Inconfortable, mais l’homme de foi avait connu pire. Bien pire. Croisant les jambes et prenant appuie sur les accoudoirs, il pencha la tête sur le côté, dévisageant la jeune femme sans se départager de son sourire. L’ambiance dans ce petit bureau s’alourdissait à mesure que les secondes s’écoulaient au rythme agaçant et lancinant du « tic tac » de la vieille horloge à bascule.

Tic-tac... Le ciel est bleu... Ouvre les yeux... Tic-tac...

Oh, elle était belle.

Avec ses mensonges et ses fuites. Après des années de confessions, Gawain savait reconnaitre les dissimulations honteuses, les demi-vérités embarrassées et les inventions sournoises. Les instincts de chasseur ne cessaient de lui hurler à ses tympans, lui ordonnant d’en finir ici et maintenant. Ses doigts s’enrouleraient alors autour de son cou de cygne, ses pouces pressant contre la ligne délicate de sa trachée, délaissant les empreintes bleuâtres d’un châtiment savamment mené. Sa lame en argent plongerait dans ses chairs, entre ses cotes, le chasseur prendrait un soin tout particulier de frapper là ou la douleur ne serait que de passage.

Par pur acte de charité.

Une mort rapide et indolore pour une créature monstrueuse au regard de braise. Il aurait du se débarrasser d’Electre Calieri le jour de leur rencontre. A la seconde ou il avait compris ce qu’elle était. Ce qu’elle dissimulait derrière son visage de vierge sacrifiée. Mais Gawain avait fait preuve de faiblesse, et la culpabilité, le remord et la compassion avait arrêté sa main meurtrière. Elle s’occupait d’un orphelinat et étant orphelin lui même, il n’avait pas le courage d’ôter à ces enfants un de leur principal repère. Il savait également que peu de personne avait l’envie de diriger ce genre... d’établissement. Après tout qui voulait des indésirables ?

« Allons, je suis certain qu’il est possible de faire une exception. »

Il haussa les épaules, rejetant la tête en arrière en s’étirant de tout son long.

« Vous savez que les sœurs ne peuvent rien me refuser, lança Gaw sur le ton de la plaisanterie, avant de se redresser paresseusement sur le fauteuil, arquant un sourcil. Mais je leur parle hein... C'est pas de ma faute. Disons que nous avons une divergence d’opinion sur la manière d’enseigner. Puis avouer que le professeur Grabaldi est du genre chieur ! »

Il haussa les épaules avec un sourire narquois, son regard s’attardant un instant sur cette satanée horloge qui continuait son agaçant « tic-tac »... C’était à en devenir fou, non ? On lui avait très longtemps appris ce que signifiait le son de l’horloge. Il se souvenait parfaitement de cette comptine enfantine qu’il chuchotait les soirs interdits ou il retrouvait son amie dans les couloirs gigantesques et glaciales du Vatican. Gawain pouvait presque entendre sa voix qui chantonnait légèrement tandis qu’ils partaient en exploration.

Tic-tac...

Une inspiration.

Tic-tac Gawain.
Le plancher craque.
Et les démons passent à la trappe.


Une expiration.

Tic-tac...

« Votre plancher craque Signora Caliari, déclara t-il en se levant. J’aimerais voir Mauro. Vous m’y emmenez je vous prie ? Ou dois je prendre les devants ? »

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Sujet: Re: Who you gonna call ? / Electre    Jeu 6 Avr - 18:20
Who you gonna call ?
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Plante anciennement verte à l'image de la propriétaire des lieux. Triste et esseulée, dénuée de toute vie possible, simplement oublié derrière une vitre à travers laquelle le soleil venait de ses pâles rayons en caresser les feuilles froissées. Désintérêt total de l'hôte pour la petite vie qui ne vaut guère plus que celle des chérubins hantant les couloirs de l'établissement, c'est à cette image même qu'est créé le bureau aux sièges inconfortables dont l'assise n'était décemment pas créé pour donner la volonté aux potentiels visiteurs de de prolonger leur séjour ou de s'attarder en la compagnie de cette poupée de faïence dont le visage grave, pommettes hautes et yeux sombres, semblait éternellement figée dans cette expression de biche effarouchée dont les yeux brillaient d’allégresse à la pensée des corps chauds dont elle se repaissait, mordant ardemment les chairs gorgées de sang en faisant taire les suppliques des mômes innocents. Personne ne voulait d'eux, personne n'en voulait jamais, là était le service qu'elle leur rendait : plutôt qu'une vie de déshérence, à traîner comme des loques dans les bas-fonds, multipliant les mauvaises fréquentations et les deals mafieux où tant d'ignares perdaient la vie pour s'être mis un parrain à dos, elle leur donnait une utilité des plus nobles : amoindrir l'obsédante famine dont elle n'était plus distincte. Être d'asphalte et de pluie aux joues vides de larmes, à la psyché tortueuse et aux souvenirs trop nombreux, elle n'était pourtant pas mauvaise femme. Elle était simplement de ceux que mère Fortune avait saisi et brisé en milles éclats de verre, tant et si bien qu'à les approcher, on s'y meurtrissait profondément, le pourpre venant entacher définitivement l'innocence, si tant est qu'elle soit encore intacte.

« J'ai d'autres préoccupations plus importantes que cette plante, j'imagine qu'un homme aussi occupé que vous l'êtes comprend ce genre de choses. »

Sourire affable qu'elle lui offre avec hypocrisie. Un jeu dangereux auquel ils s'adonnent, chacun étant parfaitement conscient de ce qu'est l'autre. Un homme de foi, disait-il, mais les hommes de son genre, ceux qu'elle avait pu connaître à travers les âges traversés avec inconscience, n'étaient rien de moins que des rustres. Religion pour prétexte, force usée sur les carcasses décharnées des bégines qu'on abusait par la parole de Dieu, leur ôtant libre arbitre et dignité de prétextes aussi fugaces. Nul divinité ne pouvait se proclamer bienfaitrice lorsqu'on constatait les horreurs commises sous son joug et ce n'était pas une idée dont elle se déferait aisément. C'était impossible. User de sa foi au prétexte de vouloir décimer les hommes... où trouvait-on, à nouveau, l'amour de Dieu, dans tout cela ? Un abus de plus, ajouté à la longue listes de déviances humaines. Le wendigo n'était ni plus ni moins qu'un damné de plus, absout des désirs communs pour se consacrer à ce tiraillement au creux des entrailles et cette perpétuelle sensation de faim. Il aurait fallu qu'elle trouve de quoi la combler définitivement. Si seulement.  

« C'est un non. Ce n'est pas possible, il est inutile d'insister. Vous ne ferez que le fatiguer davantage. »

Elle se délectait encore du goût du môme, cette douceur nacrée qui émanait de ses chairs, mais ça, il ne pouvait le savoir. Comment fallait-il qu'elle lui rentre l'idée dans la tête ? Le prêtre était sans aucun doute un homme d'une grande sagesse ou d'un grand dévouement aux chérubins qu'elle cajolait faussement de quelques risettes peu naturelles et de pincements sur leurs joues rondes d'enfants, mais il représentait avant tout une menace : pour son commerce, pour les accords passé avec l'un de ses semblables pour un deal de substances, pour sa réputation. Pour sa personne. Or, Electre Caliari ne laissait jamais, ô grand jamais, la menacer de la sorte. Elle n'était pas arrivé ici par hasard, il avait fallu user de parcimonie pour se hisser hors de sa misérable condition, de la crasse suintante et de l'odeur de pisse aigre de ses premières années, gamine abandonnée à son sort par un père abusif. A l'observer, elle pouvait ressentir une certaine tension, aussi s'engouffra-t'elle sans plus tarder dans l'occasion pour glisser une légère pique à son égard.

« Le plancher n'est guère la seule chose qui craque ici, monsieur Nocentino. C'est une vieille bâtisse, les fondations tremblent sous le poids des années. Quelque chose ne va pas ? »
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Sujet: Re: Who you gonna call ? / Electre    Jeu 13 Avr - 17:17
Etait-elle en train de le provoquer ?

Certainement. Gawain se fendit d’un sourire amusé, passant pensivement le bout de la langue sur ses lèvres afin de les humidifier.

« Allons, on trouve toujours le temps. Je trouve toujours le temps de m’intéresser à ceux qui en ont besoin... Ne pas avoir le temps est l’excuse de ceux qui se mentent. »

Il arqua lentement un sourcil.

« Est ce votre cas ? »

Lentement, le prêtre se pencha en avant, posant les coudes sur ses genoux, dévisageant la créature horrifique au sourire angélique avec un certain... intérêt. Un intérêt nourri par le jeu du chat et de la souris qui se déroulait entre Electre et lui. Entre le monstre et le chasseur.

Le prédateur et la proie.

Encore fallait-il déterminer qui était qui.

« Ad impossibilita nemo tenetur,
déclara t-il alors en haussant nonchalamment les épaules, reprenant sa position sur le fauteuil. Vous savez ce que ça signifie ? »

Il pencha la tête sur le côté, laissant le silence envahir l’atmosphère étouffante et électrique qui menaçait d’imploser dans ce petit bureau d’orphelinat. Distraitement, Gawain croisa les jambes, posant sa cheville droit sur son genou gauche, le regard se perdant un instant au loin...

Loin dans les légendes et mythologies d’enfance, loin dans les histoires pleines de morales bien pensantes dictées par les hommes de Foi. Loin... dans cette période ou lui même s’était retrouvé à la place des indésirables, marchant dans leur pas, pleurant silencieusement les soirs ou l’orage grondait, taisant les peurs d’un avenir incertain qui ne cessait de lui nouer l’estomac à mesure qu’il grandissait. A mesure qu’il comprenait que personne ne voulait de lui. Electre ne pouvait pas comprendre, Gawain ne s’attendait pas à ce qu’elle le fasse... Après tout que pouvait-il s’attendre d’une créature sans âme qui se nourrissait de chair humaine ?

Après tout, à quoi avait-il pensé au juste ? En l’épargnant ? En faisant preuve d’une humanité dont elle était dépourvue ?

« A l’impossible nul n’est tenu. »

Il frotta son pouce et son index l’un contre lui, son regard se reportant sur Electre.

« Cela me fait penser à cette histoire... Peut-être la connaissez vous. Refusant de partager ses galettes de maïs avec un vieillard, un Rom atterrit sur la lune. Impossible pour lui de redescendre sur terre. Et la faim commence cruellement se faire sentir, par dépit il se mit à manger la lune. »

Il secoua la tête.

« Mais plus il mangeait la lune, plus il avait faim. Il la dévorait à pleine bouche, du matin jusqu'au soir. La nuit il dormait, puis au matin il recommençait à manger. Jamais de sa vie il n'avait eu aussi faim et il n'était jamais rassasié. La lune diminuait, diminuait, diminuait, et il l'aurait bien mangée jusqu'au bout, mais dès qu'il n'en restait plus qu'un mince filet, elle se remettait à grossir, grossir, grossir, jusqu'à redevenir toute ronde. »

Gawain arqua un sourcil.

« Terrible malédiction que celle lancée par le vieillard. Pourtant ce dernier en ayant pitié de son tourment lui tendit une main, l’aidant à retrouver la paix. Une paix ou il vivrait sans avoir faim... Sur les conseils du vieillard, le Rom se laissa tomber de la lune, et il s’écrasa sur terre, non loin de la cabane en bois ou il avait grandi. La mort l’accueillant avec un sourire amer, mais enfin le Rom était en paix. »

Le prêtre se leva de sa chaise qui grinça sur ses pieds branlants. Gawain posa une main sur le bureau, prenant appuie dessus, avant de se pencher vers Electre... son regard dans le sien.

« Vous devriez suivre les conseils du vieillard et faire comme le Rom, chuchota t-il avec un sérieux qui ne cessait de le rendre effrayant. Plus c’est rapide moins la douleur est pénible. »

Gaw finit par se détacher, se dirigeant vers la porte qu’il ouvrit, tournant à peine la tête pour pouvoir lancer une oeillade à Electre.

« Ne pensez pas que mes paroles sont dites avec légèreté signora Calieri. Si vous ne m’accompagnez pas, je vais moi même rendre visite à Mauro. »

Il haussa la tête, sortant dans le couloir, tout prêt à se diriger vers les dortoirs de l’orphelinat.

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[titre de mon champ]: OSSATURE: : Trentaine tout juste atteinte, innocence létale. [titre de mon champ]: CONTRAT: : Marâtre castratrice, idiome sacrifié par convenances. [titre de mon champ]: BESOGNE: : Directrice de l'orphelinat, terrible nom que celui de Caliari dont tous craignent les réprimandes barbares. Tapie dans l'ombre, la monstruosité guette les rires des enfants avec exaltation, euphorie morbide à peine retenue. [titre de mon champ]:
[titre de mon champ]: FABLE: : and she would fall, so young, so lost and oh, so beautiful. [titre de mon champ]: ÉCORCE: : Centaine à peine consommée, la carcasse se délite sous les poids des astres et de la fatalité. famine qui ronge, usurpatrice, révèle les maux. [titre de mon champ]: ÉCHINE: : Cannibale portant couronne avec dignité, veuve noire insatiable. [titre de mon champ]: GANG: : Enamourée d'une solitude imparfaite, l'ignominie hante Rome sans l'ombre d'un partenaire. [titre de mon champ]: @EFFIGIE: : karma. (ava), lazare (sign) [titre de mon champ]: BAFOUILLES: : 433 [titre de mon champ]: PACTE: : 12/03/2017



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Sujet: Re: Who you gonna call ? / Electre    Lun 17 Avr - 10:13
Who you gonna call ?
GAWAIN ft. ELECTRE



Menaces proférées à son égard sous la futile apparence d'un conte pour enfant, le prêtre ne semble pas réellement prendre la mesure de ce qu'il était en train de faire. Folie brûlante qui s'embrase, ravageant tout le maintien dont elle faisait preuve et la violence qu'elle contenait tant bien que mal alors qu'elle rêvait de planter ses canines dans la chair tendre dont elle sentait les effluves titiller ses cellules olfactives. Elle aurait pu d'un simple geste le saisir par la gorge et le soumettre à une force démultipliée par la rage sourde qui l'ourdissait à chaque fois que le wendigo se réveillait. Monstruosité qui la hante, ramures qui apparaissaient à l'orée d'un jour nouveau, elle ne maîtrise plus l'agitation frénétique qui la conduit à commettre l'irréparable. Une seule idée : combler cette faim insatiable, dévorante, à l'origine de tout. Que savait-il des supplices que l'enfant qu'elle était un temps avait subi ? Imaginait-il seulement les horreurs dont les hommes, de simples mortels pourtant et non des créatures de son genre, étaient capables ? Des facultés dont ils étaient doués, redoublant d'ingéniosité pour mieux meurtrir ceux qui les entourait. Electre ne craint pas le jugement de cet homme, il n'est qu'ignorance à son sujet, aussi aurait-il mieux fait de se garder de la provoquer de la sorte. Sourire forcée, porcelaine qui manque de se fendiller alors que les fossettes transparaissent sur son épiderme, liant à nouveau son faciès poupin à une innocence portée disparue depuis plus de soixante dix ans. Il ne restait rien qu'une enveloppe de chairs, vide tous ressentiments.

Si elle était contrainte de part sa nature de se nourrir de la plus barbare des manières, elle n'était pas totalement inhumaine. Si tant est que ce soit compréhensible d'une quelconque manière. Elle apportait aux orphelins dont personne ne voulait – simple constatation que tous refusaient d'affronter en se berçant de quelques doucereux dénis – le minimum et plus encore : l'établissement sans être d'un luxe outrancier était bien moins misérable que tout ce qu'elle avait pu connaître. Tout était d'une grande propreté, les meubles choisis avec soins, les professeurs de qualités. Electre Caliari, aussi compliquée soit-elle, avait toujours pris soin de ses petits protégés qui, sans cette abomination qui la dévorait et provoquait sans cesse cette faim sans pareille, n'auraient pu espérer meilleur endroit où vivre. Vivre dans le mensonge et dans le pêché, des mots que l'église tentait d'ancrer dans l'esprit de ses pauvres moutons de Panurge, les conduisant droit en Enfer pour avoir osé être différent. N'était-ce pas cela ? La peur de l'autre, de l'inconnu. La comptine qu'il annônait de manière si jubilatoire était sans doute vrai mais il ne coûterait rien à la brune d'inverser la tendance ; on ne vivait pas de manière si passive.

Dévorer un bambin n'était jamais un acte de pur plaisir. Sitôt la digestion éphémère abandonnée, c'était les remords. La culpabilité d'avoir fait du mal au chérubin pour lequel elle montrait une certaine affection malgré tout. Une libération pour ceux que personne n'aurait adopté. Crispant les doigts sous le bureau, elle garda les yeux rivés aux siens, sans ciller un seul instant. Il ne parviendrait pas à la déstabiliser de la sorte.

« Vous ne le verrez pas. Cessez donc de vous faire du mal, monsieur Nocentino, votre foi vous rend-elle masochiste ? L'aveuglement pour une cause rend ignare des choses de la vie. Vous devriez essayer de vous libérer du fardeau sur vos épaules en remémorant votre passé à perpétuité. »

Se redressant, l'ondine emboîta le pas au prêtre qu'elle ne retint pas, s'appuyant sur le chambranle du bureau avec un semblant d'affliction, lasse de ces choses-ci. Un rictus fit tressaillir le coin de ses lippes et elle humecta ss lèvres avant de soupirer.

« N'oubliez pas les conséquences dramatiques qu'aurait un seul acte sur les avenirs de tous ces enfants. Pour un, combien finissent par avoir de belles existences avec reconnaissance, revenant me rendre visite ? Une enfance ici n'est guère le pire des châtiment. Quand on a soi-même été orphelin, on sait à quel point la vie est dure, là dehors. Vous n'êtes pas idiot, vous saurez revenir à la raison. »

Provocation latente, aussi fugace que mordante, elle se rengorgea davantage en croisant les bras sous sa poitrine, l'observant avec prédation. Elle aurait presque voulu connaître le goût de sa chair, en sentir la chaleur et le sang dont elle était gorgée. Une fin non pas douce et rapide, mais pour lui, d'une lenteur étiolée. Délectable.

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Sujet: Re: Who you gonna call ? / Electre    Mar 6 Juin - 22:04
La vérité.

Un don aussi bienveillant que vile offert par un Seigneur surestimant ses enfants. La vérité pouvait se montrer aussi cruelle que rassurantes. La vérité était un cadeau empoisonnée. Il était si facile de se dissimuler derrière des masques, derrières des convictions réconfortantes, derrières des persuasions mensongères. Gawain ferma les paupières, inspirant profondément afin de s’invectiver au calme, il finit par tourner la poignée de la porte et sortir dans le couloir. Electre pouvait bien lui interdire ce qu’elle voulait, il avait besoin de savoir.

Il avait besoin de le voir.

Le chasseur se haïssait déjà pour laisser la jeune femme en vie. Le Vatican le punirait férocement s’il venait à découvrir qu’il « protégeait »… Non. Qu’il dissimulait un wendigo entre les murs sacrés d’un lieu destiné à sauver des enfants de Dieu. Car ils l’étaient tous. Qu’ils aient des parents ou non, tous étaient aimés du Seigneur. Tous possédaient une place auprès du Très Haut.

Tous…

Sauf les monstres aux sourires suaves et aux regards angéliques. De son physique gracile et élancé, Electre pouvait se vanter de faire partie des nymphes aux charmes tentateurs. Gawain détourna le regard, sa mâchoire se crispant, tandis qu’il s’avançait le long du couloir, empruntant un escalier qui menait à l’étage inférieur.

Et l’agacement.

Puis la frustration. La colère.

Une ribambelle de sentiments contradictoires s’assaillit soudainement, lui coupant le souffle, alors qu’il se figea dans sa détermination. Ses épaules se raidirent, son regard se leva pour fixer un point invisible sur le mur immaculé lui faisant face. Et Electre.

Electre qui chuchotait ses paroles empoisonnées. Mais pleine d’une réalité qu’il refusait de reconnaitre.

La colère fit alors place à l’impuissance. La frustration le submergea et quelque chose en Gawain craqua. Sans réellement qu’il n’en ait conscience, avec la rapidité de ceux qui avaient dédié leur vie à la chasse, il s’empara de la jeune femme et la plaqua brusquement contre le mur en brique. Les élèves et les professeurs étaient encore en cours, le silence vint les bercer sournoisement, accompagnant cette tension palpable et électrique qui ne cessait de pulser entre eux. Lentement ses doigts se crispèrent douloureusement dans les épaules d’Electre, délaissant des bleus qui disparaisseraient bien trop rapidement, il le savait.

Une inspiration. Extatique.

Son regard bleuâtre s’ancra alors dans celui ombrageux d’Electre, ses yeux parcourant pendant une futile seconde, les traits fins de son visage. La proximité de leur corps aurait pu, en un autre lieu, le déranger mais la préoccupation, l’inquiétude et la tristesse de Gawain surpassait tout à cet instant.

Derrière les brumes de ses souvenirs douloureux, il pouvait la revoir… Revoir ses boucles brunes et ses grands yeux verts, il pouvait l’entendre rire et pleurer. Il pouvait sentir la chaleur de sa main innocente dans la sienne quand ils se promenaient dans les jardins de l’orphelinat.

Et il pouvait revoir sa naiveté quand il l’avait tué. Quand son doigt avait appuyé sur la gachette.

« Ne… »

Il pinça les lèvres. L’horreur et la fureur au fond de la gorge. Au fond de son estomac.

« Ne vous avisez pas à tourner ça contre moi. »

Gawain la secoua un peu, la malmenant contre le mur. Il savait que ça ne changerait rien.

« La vérité… aussi cruelle que nécessaire. Ne tournons pas autour du pot. Il n’est plus là, n’est ce pas ? »

Les masques tombaient finalement dans ce jeu ou tout deux connaissaient déjà la nature de l’autre. Secret futile.

« Vous l’avez quoi ? Dévorer ? »

Il cracha le dernier mot, reculant d’un pas pour mieux la dévisager.


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