Fluides sanglants – Dante

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Ulisse Del Viccho
HUMAINS - DISSOLVED VOICES
OSSATURE: : 20 ans CONTRAT: : Marié avec la connaissance. BESOGNE: : Il a un blog, 123808. FABLE: : Ca débute ÉCHINE: : Humaine @EFFIGIE: : Ruben Pol BAFOUILLES: : 75 PACTE: : 26/03/2017



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Lun 27 Mar - 13:23
Profite du soleil, c'est ce qu’il t’a grogné avant de disparaître je-ne-sais-où. A vrai dire, tu ne réalises pas encore la puissance de cet ordre. Tu n’imagines pas encore ce que c'est de ne plus pouvoir sentir les rayons du soleil sur sa peau. Vivre de nuit, ce genre de choses. Avant, la nuit s’apparentait aux longues chasses familiales où l'on déloge des nids de vampires, aux courtes fugues où tu pouvais enfin être toi. Mais maintenant, la nuit va devenir le jour et le jour va devenir ta nuit. Bientôt, tu seras celle que l’on chasse, que l’on tue, que l’on enferme ou que l’on teste. L’espace d’un instant, tu imagines prendre la fuite, fuir, courir loin du diable, courir loin de la ville, loin du pays, loin de la religion. Peut-être New-York ? Tu ne t’imagines plus en chasseuse, ayant trop côtoyée tes anciennes cibles durant cette année. Tu les as humanisées. C'est jamais bon, ça. Tu t’imagines tantôt tueuse à gages pour les humains, tantôt artiste vivant une vie de bohème.
Et vampire, tu t’imagines aussi vampire. Un pied de nez énorme pour cette famille qui a tout fait pour te briser, pour te forger à leur image. L’idée te plaît, elle te fait sourire. Tu es jolie, quand tu souris. Tu es là, belle dans ta robe printanière, belle avec tes lèvres roses et tes cheveux courts, belle avec ton coca dont tu fais tinter les glaçons ; belle, sous le soleil. Profite du soleil qu’il a dit.

Tu rentres à l’appartement, les joues roses par les baisers de l’astre géant. Tu deviens nerveuse, tu deviens inquiète alors tu appelles son nom : Dante ? Pas de réponse. Peut-être qu’il dort encore, peut-être qu’il a oublié. Tu contournes quelques instruments échoués ci et là, une poussée d’adrénaline faisant battre le sang de tes temps, affolant ton petit coeur humain. Ton poing toque deux fois à la porte de sa chambre, toujours rien, alors tu rentres. Dans un soupire, tu te laisses tomber sur son lit, quittant tes souliers de petite fille sage en un mouvement de cheville. Mais quel mufle de te laisser attendre ! Ah, le voilà enfin. Tu lui glisses un regard agacé. On voit bien que c'est pas monsieur qui est dans le stresse, ici ! Tu te redresses, croisant tes bras sur ta petite poitrine, vaguement agacée. Je suis prête. Oh, vraiment Pélagie ? Tu dégluties péniblement, l’observant avec une certaine inquiétude. Les cours de “naissance” n'ont jamais été tes préférés, tu en as jamais retenu grand chose. Mais ça fait mal, ça, tu le sais. Ça fait mal. Tu sais des choses, Pélagie, mais aujourd'hui, ce soir, tu t’aventures dans l’inconnu.
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Dante Salaì Baldi
VAMPIRES - THE JAGGED JAWS
OSSATURE: : 29 ans, une trentaine jamais atteinte, vieillesse pour toujours inconnue CONTRAT: : Célibataire, l'amour m'a déjà tout repris, ma confiance en lui crève un peu plus à chaque rencontre BESOGNE: : Tatoueur, ancien stratège militaire repenti pour actes de cruauté gratuits et ultraviolence avérée
ÉCORCE: : 236 ans depuis l'été dernier, et ce chiffre ne va faire que monter jusqu'à me dégouter ÉCHINE: : Vampire depuis plus de deux siècles, avec une fierté non dissimulée pour cette origine glaçante qui fait de moi bien plus qu'un mortel @EFFIGIE: : Synyster Gates. BAFOUILLES: : 230 PACTE: : 18/03/2017



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Lun 27 Mar - 18:41
Vampire Kiss ✝ Ah, le jour...

Cette longue attente, interminable tourment, qui se répète chaque jour. Une véritable spirale infernale. Je n'avais jamais eu le choix de cette existence, c'était elle ou la mort agonisante me serrant contre elle.
Je me revoyais clairement, nuit après nuit, verser mon sang dans le bureau boisé de notre position. J'entendais la balle siffler en transperçant mon poumon, me coupant le souffle aussitôt. J'avais souffert, ça avait été l'Enfer. J'avais pourtant déjà pris des coups, j'avais porté des blessures. J'en avais rendu, plus forts encore que ceux que j'avais encaissé. Je connaissais trop précisément la souffrance physique, et la haine qui me rongeait.
Mes derniers souffles devinrent difficiles. Je crachais plus de sang que d'air. J'entrevoyais la mort entrer dans la pièce, me prendre par les épaules. Ce faucheur d'âmes me tenait par la mâchoire pour que je le fixe dans les yeux, malgré une vision rendue floue par la douleur. Je le distinguais terriblement mal, mais j'ai reconnu les traits de mon supérieur en lieu et place de ma fin.

Mon sauveur involontaire.

Je ne voulais pas le croire, je ne voulais pas le laisser me dire que j'allais terminer cette guerre. Il me répétait sans cesse que je vivrais, que je continuerais de servir mon pays au nom d'un Dieu sans visage. un chef, un empire, et de la chair à canon que je façonnais moi-même. Mon supérieur me secouait, tentant vainement de me maintenir éveillé quelques instants de plus, de trop. J'allais continuer de faire le mal, j'allais continuer d'être le monstre qu'ils voulaient tant que je sois. J'avais de plus en plus de mal à respirer, et il ne m'a plus laissé le choix. Je finirais cette guerre et je ne quitterais pas les rangs de l'armée dans ce bureau chaotique.

Je serais à jamais un chien de guerre dressé pour l'attaque.

Je me réveille subitement alors que mon cauchemar parvenait au moment de ma morsure. Je me redresse immédiatement, cherchant à échapper à mes démons. Je relève mes cheveux, le souffle court, le cœur affolé. Je fixe le vide devant moi sans comprendre, sans essayer de savoir. Agonie cruelle, folie qui me hante chaque soir un peu plus longtemps, un peu plus précisément. La phobie qui m'empoisonne me brise une fois de plus et je laisse ma triste rage s'emparer de moi quelques instants.
Je revoyais le jour de ma mort chaque soir depuis que Pélagie avait émis le vœu de devenir comme moi. Elle souhaitait être une autre, laisser derrière elle son passé de jeune garçon humain. Comment lui en vouloir? Elle ne faisait que se réapproprier une vie volée par sa famille. Je me retrouvais beaucoup trop dans ce croquis d'une existence morne et prisonnière.
Je fuis mon lit, ma chambre, et je vaque à mon quotidien morbide alors que la nuit peine à tomber. Cette heure bleue entre le Soleil et la Lune, je la passe enfermé dans le bureau de l'appartement, terminant des dessins inachevés pour des clients prêts à passer sous mes aiguilles.
Je soupire lourdement sur mes œuvres, tragiques essais d'art qui ressemblent bien trop à des pièces de musée qui n'ont leur place que dans la remise. J'abhorre chacun de mes coups de crayon, mais je persiste à les faire exister pour tuer dans l'œuf mes sentiments grandissant.

Le travail, la guerre, l'art. Mais aucune infortunée affection.

Je redescends dans ma chambre après un rapide détour par la poubelle de la cuisine. Je retrouve alors Pélagie, murée dans la détermination, patiente sur mon lit. Elle s'égosille après mon retard involontaire, boudant comme une enfant punie sans raison. Elle a pris son dernier rendez-vous avec le jour, elle ne réalise pas ce qui l'attend.
Jamais je ne suis parvenu à me souvenir du dernier rayon de Soleil que j'ai perçu. J'étais trop occupé par la mort, par la guerre, je ne faisais plus la différence entre jour et nuit, entre bien et mal. Je voyais des plans, des stratégies, des armées. Je ne savais plus ce qu'était une étoile hors de la nuit. Profites du Soleil, tant que tu le peux encore.

"Je suis prête."

"Vraiment?"

Je réponds immédiatement, tout en plaçant mes mains derrière moi, dans une posture militaire qui me revient toujours quand j'ai un sentiment de supériorité. J'avais le sentiment de retrouver mes grades, et j'en jouais pour m'assurer de sa loyauté et de sa totale soumission à moi. Cruel que je suis, salaud que je fuis.

"Tu te crois vraiment prête?" je fais quelques pas lents, gardant mes yeux rivés sur elle sans un sourire, sans aucune émotion "Tu te crois prête à ne plus voir que la nuit?... A ne plus rien ressentir sinon la soif?... A tuer des innocents?"

Je regarde ailleurs un instant avant de venir m'asseoir près d'elle, le dos droit. je la regarde un instant, si jeune et déjà si sûre de ses choix. Je ne comprends que trop bien ses envies, mais je sais pertinemment qu'elle regrettera bien plus que la lumière du jour après l'aboutissement de ce marché.

"Tu es devenue très belle, Pé. Et bien plus réfléchie que tu ne le crois. Tu pourrais encore vivre quelques années comme une humaine, vieillir doucement, et choisir l'immortalité plus tard." je la prends par la mâchoire pour observer son visage devenu si fin en si peu de temps "Tu vas avoir cette gueule pour le restant de l'éternité, tu sais. Rien ne changera plus jamais..."

Aller, Pé... Montre-moi ta détermination. Montre-moi ta décision.

Montre-moi ta loyauté.

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Took over my sense and I lost control. I'll taste your blood tonight. But know it's too late you've wasted all your time. Relax while you're closing your eyes to me. So warm as I'm setting you free, with your arms by your side there's no struggling.
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Ulisse Del Viccho
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Lun 27 Mar - 19:06
Et le diable lui-même ne croit pas en ta détermination, je pourrais en rire. Toi, ça te fait sourire, doucement, avec un soupçon de tristesse tandis qu’il énumère le pourquoi du comment tu es censée détester ceux de sa race. Oh, qu’il est beau, ton diable, l’allure martiale et les joues pâles, les doigts encore recouverts d’encre. Il te domine, de taille, de maintien, de détermination. Tu te sens soudainement toute petite, petit agneau perdu loin de la bergerie. Et pourtant, tu souris. Oh Dante, j’ai déjà les mains salies par le sang des innocents... Il y a eu ce petit hippocampe aux joues rondes que tu as regardé se dessécher. Il y a cette louve enceinte qui voulait seulement protéger son petit en devenir. Oh, tu pourrais en citer tant et tant d’autres, des jeunes et de vieux, des parents et des solitaires. Mais toi, Pélagie, tu te souviens surtout des enfants, ceux qui ne comprennent pas encore leur différence, les bébés sorciers qui pensent que balancer des boules de feu sur le chat du voisin est le mot de tous les petits garçons, les sirènes qui veulent juste murmurer une berceuse à leurs poupées. Et dieu, dieu qui promet d’aimer chacun d’entre nous dans son livre. Ce n’est peut-être pas lui qui ment, mais c'est un fait : nous sommes tous aimés différemment.
Alors Pélagie sourit, croisant le regard de Dante.
Un Dante sorti des enfers, un Dante félin malgré tout. Il est assis juste là, juste à côté de toi. Le dos droit, comme toujours la tête haute. Il te fait penser à ton père, parfois. Certains gestes plein de discipline, des intonations qui appellent à l’obéissance. Dante touche ton visage, il te flatte, il te caresse au sens du poil. Et toi, tu as un sourire canaille tandis que tu fais entre tes lèvres : quoi, tu l’aimes pas mon visage ? Une chanson française à l’angoisse rauque te monte à l’esprit, élargissant ton sourire. Elle a quoi, ma gueule ? tu sembles dire. Alors Pélagie, décidant d’entrer dans la danse avec le diable, tu glisses sur ses genoux, glissant aussi tes doigts sur ses joues, en miroir, que quoi moins brusque. J’ai dit : je suis prête. Et puis tes lèvres se glissent sur sa peau mal rasée, sur sa joue, devenant le Judas de tes convictions. Oh oui, tu es prête Pélagie, prête à dire adieu à des années d’endoctrinement. Ses lèvres se déportent doucement, finissant leur chemin sur la lippe rouge du tatoueur.
Et Pélagie scelle son destin d’un baiser.
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Dante Salaì Baldi
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Lun 27 Mar - 23:58
Vampire Kiss ✝ Credi in me...

Laisse-moi te faire croire que je suis un sauveur, un héros. Laisse-moi te donner l'illusion que je fais ça pour toi, pour ton bien. Je veux te faire mal, mais je veux que tu le réclame. Sois ma marionnette.
Pélagie reprend ses airs de morveuse insolente, souriant à chaque mot qu'elle me crache au visage. Mais derrière cette apparente confiance, je sais qu'elle suit ce que je susurre, à la syllabe près. Elle n'attend que des ordres, une marche à suivre, un commandement. Elle a besoin de quelqu'un comme moi pour faire d'elle un prédateur de la nuit plus féroce que les autres. Une bête immonde que les autres craindront de devoir affronter.
Un sourire m'échappe sur mon visage froid, alors qu'elle questionne l'affection tendre que j'ai pour son minois de midinette. Et je souris de plus belle lorsqu'elle se dit plus prête que jamais.

Baciami...

Loin de repousser son baiser, je profite de cette dernière étreinte pour tourner la chasteté en langoureux vice, le dernier de sa condition humaine. Je m'éloigne, sourire ancré sur les lèvres alors que mes canines se dévoilent à peine derrière ma bouche encore entrouverte.
J'ai quitté l'armée, un demi-siècle plus tôt, sans jamais éprouver le moindre regret. Mais retrouver des sensations qui me retenaient dans le rang militaire, sentir à nouveau le frisson en brisant quelqu'un à ma merci, c'est jouissif. Je ne saurais dire si un regret dû à ma désertion me gagne, ou si c'est simplement le sentiment de dominance qui m'enivre.

Mordimi...

Mes doigts glissent lentement de sa mâchoire fragile à sa nuque délicate. Je laisse sa tête prendre appui contre ma main, tremblant sur sa gauche alors que son cou semble murmurer mon nom. Mes pupilles se dilatent à peine, mon coeur accélère tendrement, et je glisse ma langue derrière ma canine sans parvenir à effacer un rictus narquois de mes lèvres attendries par un baiser interdit.
J'expire une dernière fois en jetant un regard à son visage encore si humain, et je pose les lèvres contre son cou. Je suis déjà capable de sentir ses veines rythmées par un battement régulier. Mon souffle glacé caresse sa peau brûlante tandis que mes crocs effleurent sa chair si tendre. La douce mélodie du sang qui pulse contre sa peau parvient presque à faire cesser mon coeur de battre. Plus question de reculer, je veux son sang.
Mon souffle se fait plus court, moins profond également. Mon myocarde devient erratique et ma langue frôle sa peau. Je ne tiens plus, je transperce sa chair comme un vulgaire fruit, Perséphone de mon Enfer. Une grenade suffira à te condamner à mes côtés pour le restant de l'éternité.
Le précieux liquide au goût métallique atteint mes canines, puis mes lèvres, et finalement ma langue. Je n'avais jamais encore osé mordre Pélagie, mais je me délecte de son sang comme s'il s'agissait d'un alcool rarissime. Ses effets ne tardent pas à m'atteindre alors que je sens la chaleur affluer dans ma gorge. Ce que je n'ingurgite pas aussitôt glisse le long de son épaule, de ma trachée, et vient mourir contre les draps encore blancs un instant plus tôt.

Persefone condannata.

Litre après litre, je l'évide comme si elle était déjà morte, l'allongeant contre le drap à mesure qu'elle faiblit. J'ai pratiquement commencé à déchiqueter sa jugulaire tant son sang devient plus précieux à mesure que les secondes s'écoulent.
Mon t-shirt gris se macule de rouge lui aussi, les couches de tissu jusqu'au matelas sont ravagées par le massacre sanguinaire. L'odeur du sang m'envahit, me rappelant de doux souvenirs vieux d'un siècle ou deux.
Je me redresse après l'avoir allégée de trois litres de sang, ma gorge trempée par le doux liquide jusqu'à mes clavicules. Je la regarde un instant, presque inconsciente. Je pourrais la laisser mourir ici, prendre une agonie trop lente en spectacle tragique. Je la connaissais cette scène, je la revivais à chaque fois que la soif me tiraillait de trop. Pour une fois, je voulais voir une fin différente.
Je me rasseois une seconde avant de ramener mon poignet gauche sous mes crocs. Je mords ma propre chair sans la moindre hésitation, mêlant ses restants de sang au mien dans une blessure qui scellera à jamais son destin, de la même manière que le mien avait été décidé deux cent ans auparavant. Je me repositionne au dessus d'elle, fixant son regard encore si humain malgré la mort rampant à ses côtés. Mon sang ne tarde pas à se faufiler le long de mon avant-bras encré.

"Maintenant soit tu bois, soit tu meurs."

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Mar 28 Mar - 0:40
Pélagie, tu n’as jamais rêvé du prince charmant, d’un homme qui te sauvera de ta condition. Toi seule peut te sauver, Pélagie, tu l’as bien vite compris. Pourtant, il te tient contre lui, les lèvres avides. Il pourrait l'allonger sur ce lit virginal que tu écarterais les cuisses dans un mot, à te camber sous ses caresses. Mais Dante se contente de s’écarter lui, pour mieux t’observer, comme pour juger ta détermination. Que ne comprend-il pas ? Tu aurais pu partir, des milliers de fois juste après la dernière opération, il y a deux mois de cela. Et tu es là, contre lui, la gorge tendue vers sa bouche, vers ses dents. Oh, tu te souviens Pélagie ? De ton père qui t'offre un sourire fier lorsque le corps recroquevillé de ton premier vampire gît à tes pieds. Prends une canine, Charles, qu’il t’a fait d’un ton paternel, aimant. Oh, papa, padre, qu'est-ce que devenu ton fils ?
Et tes yeux s’écarquillent lorsqu'il te mord, tes doigts s’agrippent à ses épaules.

C'est bon, Pélagie, c'est le fin.
Ça va vite.
Il fait froid.
Tu arrives même plus à former des mots dans ton crâne.
Il y a un bruit blanc qui bourdonne dans tes oreilles.
Tes doigts se font moue sur leur prise.
Ta respiration qui s'était alors accélérée ralentie.
Oh. Il fait noir.

Le soleil te manque déjà.

Tu entends mais tu ne comprends pas. Tu te contentes d’ouvrir la bouche, redevenant minot dans les bras de ta mère. Mais le lait n'est pas blanc, il est rouge, il est épais. Il coule dans ta gorge, il coule dans ton estomac, il infiltre ton corps comme un mauvais poison. Et dix minutes plus tard, tu te mets à hurler. Tu hurles, car le poison est en réalité un oursin, un oursin géant, un ver, un ver qui sillonne chacune de tes cavités sanguines. Pélagie, tu connais enfin la peur. Une peur sans nom, sans visage. Ta peur est dans ton crâne, dans tes veines, changeant douloureusement ton métabolisme. Rapidement, avec l’instinct du nouveau né, tu comprends que le sang est comme un pansement, il fait oublier la douleur quelques secondes. Alors tu te forces à ouvrir les yeux, peut-être des heures plus tard, tu ne sais plus, le temps devenant une notion abstraite. Rapidement, tu vois les siens. Lui. Le diable aux yeux noirs. Le contact oculaire est bref car tu te précipite sur son poignet à peine cicatrisé. Le sang, son sang dans ta gorge, sur ton visage et tes lèvres. Tu ressens des choses que tu n'avais jamais ressenti avant, Pélagie. Des vices. Tu arrives même à sourire, malgré la douleur. Oh, tu es forte, Pélagie, un fort petit soldat. Mollement, tu retombes sur le lit souillé, gémissant ta douleur, le front poisseux de sueur et d'hémoglobine.
Tu meurs.
Tu meurs et tu revies.
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Dante Salaì Baldi
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Mar 28 Mar - 20:52
Wish ✝ J'ai l'impression de tirer chacun de ses fils.

Elle est mienne pour le restant de ses jours, jusqu'à ce que je ne me lasse de sa présence et que je ne m'en sépare définitivement. Mon pantin, ma marionnette, soldat macabre. Tu seras à moi, tu seras comme moi. La seule différente, c'est que je te couvrirais de fierté si tu m'obéis corps et âme. Je ne commettrais pas les erreurs de mon créateur rancunier. Jamais je ne serais un maître forçant l'abandon et le mépris. Qu'il pourrisse dans la boue qui lui sert de tombeau. Bastardo...
Je me lèche les lèvres, le goût du sang encore en bouche alors que je me relève. Je remue mes épaules pour détendre mes muscles crispés par cette accès de violence soudain. Je retire mon t-shirt en essuyant mes lèvres teintées de rouge ainsi que ma trachée dans le tissu grisâtre. Je jette ça dans la pile de linge sale avant d'enfiler un sweat aussi noir que mes tatouages extirpé de mon armoire. Je remets mes cheveux en arrière, le visage froid, impassible, en tournant de nouveau la tête en direction de Pélagie.
Mes premières heures d'immortalité, je m'en souvenais peu. J'avais été poussé presque aussitôt à me nourrir d'un sang inconnu, que mon créateur par erreur m'avait fourni sans explication. Le lendemain, je partais seul pour un continent inconnu. J'estimais alors que ma progéniture choisie se trouvait bien chanceuse de m'avoir à ses côtés.

Fortunata.

Je l'attrape par l'épaule en la forçant à se relever aussitôt. Elle n'a pas le temps de se laisser mourir une seconde de plus. Le poison qui court dans ses veines se répand, je le sais bien mieux qu'elle, et je sais aussi quelle sera bientôt sa seule envie. Nous quittons la chambre, puis l'appartement, je la pousse dans l'ascenseur en appuyant sur l'interrupteur du rez-de-chaussée.
Je pourrais attendre, et la laisser prendre ses repères. Je pourrais la veiller toute la nuit et lui refiler du sang infecte prélevé çà et là. Je pourrais être doux, tendre, m'occuper d'elle comme s'il s'agissait de ma propre fille, comme si je n'étais pas le seul à porter le nom de Baldi.

Mais je suis un bastardo moi aussi.

Je me tourne vers elle, je vois mon reflet dans le miroir derrière ma marionnette mordue. Je retrouve presque ma carrure de stratège sous mon allure de punk. Mais je rive bien vite mes iris sur le regard innocent de ma brunette alors que les étages défilent lentement.

"Je sais que tu te pose la question. Moi j'étais tout seul pour faire ça. J'en ai chié, et j'avais personne pour me tenir par la main." je lui tourne le dos à nouveau, croisant les bras dans mon dos comme toujours "C'est la meilleure façon d'apprendre, tesoreria."

Je lève les yeux vers le cadran de l'ascenseur qui indique l'étage. Je veux faire vite, la pousser à révéler sa nature avant qu'elle ne sombre dans l'inconscience. Avec sa carrure frêle, je n'aurais aucun mal à la porter pour la ramener, mais je veux qu'elle se dépasse, qu'elle tue sans conscience s'il le faut. Une preuve d'allégeance, un moment de pur loyauté, voilà ce que je désire vraiment.
Quand les portes s'ouvrent enfin, sur un tintement de sonnette et un zéro absolu, je reprends Pélagie par l'épaule pour la pousser dehors, la suivant un pas derrière elle. La nuit est déjà bien assez avancée, personne n'erre encore dans les couloirs, si ce n'est quelques employés qui ont vu bien pire et qui ne se questionnent même plus au sujet des résidents de l'immeuble.

"Vas-y. Chasse."

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Jeu 30 Mar - 13:05
Chasse. Chasse Pélagie, as-tu entendu ton maître ? L’écho de cette pensée provoque une sensation étrange en toi. Une étrange sensation de complaisance. Tu te sens bien, Pélagie. Tu as toujours préféré être l’outil que le cerveau, on ne t’a pas formé à donner les ordres. Être passé de l’autre côté de la frontière ne change rien, si ce ne sont que les cibles de tes attaques. Mercenaire, Pélagie, tu es une mercenaire. Le diable à fait un offre plus intéressante que le Vatican. Alors Pélagie, tu te redresses, les sens en alerte. Il y a trop d’informations, tu ne t’y retrouves pas très bien. Il y a des détails que ta vue n'avait jamais remarqué. Il y a des sons que tes oreilles n’avaient jamais perçus. Il y a des odeurs que ton nez n’avait jamais senti. L’odeur du sang. Celui de Dante, tout juste coagulé sur son poignet. Le tien qui macule ta jolie robe. On se croirait dans l’un de ces films d’horreur pour la petite fille ensanglantée traîne au milieu du couloir. Tes yeux se déposent sur les mains de ton créateur, évaluant la situation. Tu sais déjà qu’il n’y aura pas meilleur sang que le sien, mais tu sais également que ce n’est pas ce qu'il attend de toi.
Humain. Tu dois traquer de l’humain. Cette race faible que tu as protégée tant d’années. Encore incertaine sur tes jambes, te tenant au mur, tu avances. Chasse, Pélagie, chasse. La douleur dans tes veines est toujours présente mais tu passes outre, tu as beaucoup trop soif.
Tu ne maîtrises pas ta force, Pélagie, la porte est pulvérisée par une simple poussée. Il y a un enfant, un jeune adolescent, laissé seul pour la soirée. Il est figé dans son geste, sa canette de soda s’échoue au sol dans un fracas métallique. Tu le connais, Pélagie, vous discutiez en attendant l’ascenseur, il te disait qu’il avait cette fille, en classe, qui lui plaisait énormément. Tu le connaissais, Pélagie. Maintenant, son cou n’est plus qu’une charpie sanglante et sa vie plus qu’un souvenir. Et toi, tu bois, tu bois, tu bois. Tu t’étouffes à moitié, sachant pas vraiment comment t’y prendre. Mais tu apprends vite, Pél, c'est pour cela que le Vatican t’aimait tant.
Tu as l’impression d’être saoule. Ivre. Tu dois t’y reprendre à deux fois pour te relever et c’est pour mieux s'affaisser contre Dante. Tes doigts s’agrippent à sa chemise, tu lèves un regard suppliant vers lui : J’ai soif Dante, j’ai si soif ! Tu viens de naître, après tout, tu n’aspire qu’à te nourrir et à dormir, à reposer tes os endoloris par les changements brutalement infimes de ta constitution. L’épuisement est soudain, brusque, tu luttes contre ce dernier, craignant ne plus jamais te relever. Alors tu restes accrochée à Dante, attendant.. attendant les prochains ordres, probablement.

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Dante Salaì Baldi
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Jeu 30 Mar - 23:23
Wish ✝ Premier soir, première heure...

Les couloirs à l'ambiance feutrée ne laissent que peu d'espace pour les cris et les gémissements. La peur du jeune homme est palpable, mais l'endroit oubliera bien vite son trépas. Sa famille le pleurera, lamentations habituelles. Il ne souffrira pas longtemps, rage de débutante.
Je reste à distance, les yeux posés sur ma triste héritière de sang. J'ai le sentiment de voir éclore une fleur du mal qui s'épanouit enfin hors de la fange dont elle provient. Elle laisse paraître sa couleur véritable, ses épines encore arrondies par la nouveauté de sa condition. Elle ne blesse pas suffisamment, elle ne fait qu'écorcher les yeux du premier venu par sa nature superbe. Avant l'hiver, elle sera devenue un amas de pétales que je garderais dans une serre, comme une plante carnivore que l'on protège du froid, comme une oeuvre inachevée que l'on enferme au fond d'un atelier.

Comme un enfant que l'on empêche de vivre.

Elle saisit sa jugulaire comme seul un nouveau né saurait le faire. Je sens l'odeur âpre de la vie qui s'évanouit et je frissonne presque de voir ma création prendre forme. Belle oeuvre, sublime toile, lève-toi et marche enfin, prends possession de ton cadre, sors de ton socle. Elle peint de sang et de chair la mort de ce pauvre garçon tandis que j'erre près d'elle entre les colonnes marbrées, témoins de la fin de cet acte. Le tapis se rougit en écopant des dégâts collatéraux de son joyeux massacre. Moi, je regarde en silence, jaugeant chaque geste qu'elle se permet d'effectuer, estimant la valeur d'un meurtre comme si je devais en déterminer le prix. Je jauge ma fleur du mal, j'estime le prix de sa peinture.
Elle titube presque, semble hagarde. Ses chutes répétées la font ressembler à un moineau blessé qui vient s'effondrer à mes pieds. faible, tu es si faible, Pélagie. Je te brise corps et âme, serrant dans mes phalanges tes restes de conscience émiettée.
Je baisse les yeux vers elle, impassible. Ses supplications me laisse de marbre entre les colonnades de la pièce. Statue grecque, un dieu qui toise son hérétique repentie. Souffrance au fond de ses pupilles, un besoin soudain qu'elle n'avait encore jamais connu. La première soif est la pire d'entre toutes, on ne la comprend pas, on ne l'étanche jamais. L'habitude vient avec les années et malheureusement le poison qui a déjà infiltré ses veines ne cessera jamais de la brûler de l'intérieur.

Du sang pour guérir le poison.

Mais les dieux ne saignent pas. Seuls les humains ont ce privilège nauséabond de mortel éphémère. Sa proie suivante restera un malheureux vivant qui vit ses derniers instants.
Derrière la réception désertée, une porte, une salle. Caméras de surveillance, toutes sans exception sont reliées à cette pièce centrale, gouvernée par un tas de graisse affalé dans une chaise. Son gros cul s'étonne de voir entrer un duo improbable, film d'horreur moqueur. La gamine ensanglantée, le malade torturé. Je ne lève qu'un bras, pointant la direction du pauvre témoin de scènes atroces filmées derrière des écrans minables. Mon index désigne son visage, mes yeux fixent sa jugulaire.

Destino, saisis-toi de lui.

"Il est à toi, il mio angelo. Ensuite on rentre."

Je baisse l'épaule, prêt à regarder la scène d'effroi qui va se jouer sous les caméras, bientôt éteintes par un saccage volontaire.

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Ulisse Del Viccho
HUMAINS - DISSOLVED VOICES
OSSATURE: : 20 ans CONTRAT: : Marié avec la connaissance. BESOGNE: : Il a un blog, 123808. FABLE: : Ca débute ÉCHINE: : Humaine @EFFIGIE: : Ruben Pol BAFOUILLES: : 75 PACTE: : 26/03/2017



Message
Lun 10 Avr - 0:30
Tout d’abord, c'est un puissant sentiment de dégoût qui s’empare de toi. Obèse, cet homme est un immense tas de graisse. Un tas graisse aux yeux porcins. Son myocarde s'emballe dangereusement et ça te rappelle son humanité, Pélagie. La tienne, tu l’as oublié. Tu n’as plus de pitié avec cette soif qui t’anime, cette soif sans fin, sans fin, sans fin. Quand tu t’approches de lui, lentement, un couinement s’échappe de sa lippe sale, créant un rictus sur les tiennes. Pour celui-là, tu veux faire les choses bien, tu veux rendre fier Dante, tu veux qu’il te regarde avec les yeux brillants, comme un père devant son enfant nouvellement médaillé. La soif te torture, Pélagie, ton front est veiné de concentration. Mais le porc ouvre la bouche pour hurler. C'est ta main, rapide, qui se pose sur sa mâchoire. Les os craquent, tu n’as pas fait exprès, tu ne maîtrises pas cette force nouvelle. Tu n’es pas désolée, au contraire, cette puissance t’excite. Tu lèves un regard de gosse vers ton créateur avant de planter tes canines dans le cou grassouillet du type.

Sauf que c'est pas comme le gosse. Ça ne se passe pas comme prévu. Tu sens tes muscles gemirent de douleur, ta gorge peiner à trouver de l’air. Affolés tes yeux regardent autour de vous.
Le porc boit une tisane de verveine.
Et tu vois rouge, ma Pélagie, incapable d’étancher ta soif, tu te contentes de réduire le visage porcin en miettes. Rapidement, Porcinet n’est plus. Ça prend quelques minutes, à peine, tu ne sais plus. Tu te tournes une nouvelle fois vers Dante, hébété, incapable de parler. A la place, tu désigne du doigt la tasse laissée près du clavier, accusatrice. Est-ce qu’il savait ? Oh, sûrement. Dante est plus âgé. Toi aussi, tu aurais dû le savoir. Tu as été une chasseuse, Pélagie, l’une des meilleurs. Casa, que tu réussis péniblement à articuler. Tu titubes vers lui, soudainement terrorisée à l’idée que tes poumons s’emplissent de verveine. Casa ! Casa ! De nouveau, tes doigts viennent s’aggriper à son t-shirt, tremblant légèrement. Tu te souviens de la salle des expériences, des tests faits avec le soleil et la plante, les plaintes de vampire tenus en vie pour un petit peu plus de temps. Casa ! Tu te souviens d’avoir aider ton père, tendu les instruments, le voir tester l’argent, le cuivre et l’acier sur un dos blanc, heureuse de servir, d’obéir.
Tu as envie de vomir.


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Dante Salaì Baldi
VAMPIRES - THE JAGGED JAWS
OSSATURE: : 29 ans, une trentaine jamais atteinte, vieillesse pour toujours inconnue CONTRAT: : Célibataire, l'amour m'a déjà tout repris, ma confiance en lui crève un peu plus à chaque rencontre BESOGNE: : Tatoueur, ancien stratège militaire repenti pour actes de cruauté gratuits et ultraviolence avérée
ÉCORCE: : 236 ans depuis l'été dernier, et ce chiffre ne va faire que monter jusqu'à me dégouter ÉCHINE: : Vampire depuis plus de deux siècles, avec une fierté non dissimulée pour cette origine glaçante qui fait de moi bien plus qu'un mortel @EFFIGIE: : Synyster Gates. BAFOUILLES: : 230 PACTE: : 18/03/2017



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Lun 10 Avr - 18:57
Wish ✝ Elle tremble. Elle titube. Elle pâlit.

Ces souvenirs enfouis de nuits passées à hurler des ordres me reviennent en mémoire. Je les menais, tous, sans exception, à se dépasser sans la moindre raison valable. Je les traînais dans la boue, je les frappais, je les rabaissais. Jeune con que j'étais, avec mes grades et ma soif de sang nouvelle, premières années d'immortalité. Je me revoyais, rendu ivre par le pouvoir de ma hiérarchie, regardant ces pauvres fous s'épuiser sous mes ordres, sous mes coups, sous ma volonté.

J'adorais ça.

J'adore ça.

Pélagie revient près de moi, chancelante. Elle se traîne comme un chien battu, comme un misérable animal maltraité. Cosette moderne.
Elle s'agrippe à moi de ses mains faiblardes, me traitant en sauveur ingrat. Le malheureux se vide de son sang impur. Cette leçon, douloureuse et traîtresse qu'elle est, ne sera jamais oubliée.
Mes doigts caressent sa nuque possessivement, jalousement, alors que je la guide au dehors de cette pièce. Je devrais m'en vouloir de la savoir dans un tel état par ma faute, mais le souvenir doux de mes premières années de mordu me laisse profiter de ce tableau sinistre avec un engouement sans bornes. Chaque spasme est un plaisir. Chaque plainte est une mélodie. Chaque tristesse est une étreinte.
Mais alors, dites-moi, bienséants parés de bonne éducation, ce qui me fait tant faiblir lorsque je sens cette main tendue dont je brise le poignet? Suis-je un déviant? Suis-je un malade? Va-t-on me réprimander pour mes actes? Je ne crois pas...
On me glorifiera, je serais adulé. Je suis le maître, tu es l'élève. Je suis le guide, tu es le mouton. Je suis le dieu, tu es ma création. On me dira oui, je serais seul à dire non.

Je régnerais.

Les phalanges crispées sur le cou frêle et mordu de mon petit trésor, je rappelle l'ascenseur, je nous ramène hors de ces lieux tellement témoins d'atrocités. Je devrais avoir de la pitié pour elle, je le devrais. Toute mon éducation m'a appris à traiter les autres mieux que moi-même, à les prendre comme des miséreux qui ne connaitraient jamais ma chance de florentin aisé. Mais je n'en ai pas envie. Je me refuse à la traiter comme une fragile petite chose égarée. Je l'ai faite, je l'ai façonnée comme je le souhaitais. Je ne peux pas me permettre de me conduire avec elle comme je le ferais avec les bas-fonds de Florence.
Dieu seul sait que je pourrais fracasser son crâne encore juvénile contre le miroir de l'ascenseur. Dieu seul sait que je pourrais la vider de son sang devant ma propre porte, agneau sacrificiel. Dieu seul sait, encore, comme je pourrais me débarrasser d'elle, tant de mètres plus bas, après une chute du balcon.

Mais je ne le ferais pas.

Je suis l'artiste, tu es mon oeuvre. Alors je la porte avant qu'elle ne faiblisse de trop, la laissant feindre une mort sur le sofa en cuir noir du salon chromé. Pélagie, ma chère Pélagie, tu seras tellement parfaite une fois ciselée, sculptée, brisée. Tu seras ce que je ferais de toi, et tu deviendras mon chef d'oeuvre. Il mio capolavoro.

"Verveine. J'ai fait la même erreur. Une seule fois seulement."

Je lui ramène un verre, glacé par le réfrigérateur, de sang humain. Précaution, car je m'étais douté que sa première petite sortie de criminelle se ferait dans la douleur et se terminerait dans la peine. Je laisse la bouteille sur la table basse, persuadé qu'elle sera utile, et je prends ma place d'Hadès sur le fauteuil tout près.

"Ca va passer." je regarde ailleurs, partagé entre la déception de la savoir si prompte à de pareilles erreurs et la fierté de sa folie ravageuse; une cigarette ne tarde pas à me laisser un goût de cendres en bouche "J'aurais pu te lister tout ce qui peut te tuer, mais je préfère l'exemple à la théorie." je repose mes yeux sur elle en soupirant ma fumée "Mais... Je dois admettre que tu m'obéis déjà avec une telle loyauté, c'en serait presque bandant." rictus joueur, un brin moqueur "Tu vas voir, ça va te plaire la vie la nuit. Je suis persuadé que tu vas vite t'y faire, malgré tes conneries de débutante."

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Fluides sanglants – Dante
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