Broken wings | ft. Romano

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Broken wings | ft. Romano - Lun 5 Mar - 4:46
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sorciers
sorciers


EFFIGIE : Douglas Booth.
BAFOUILLES : 218
PACTE : 02/01/2018


OSSATURE : Premier quart de siècle fraîchement atteint.
CONTRAT : Coeur qui n'a encore jamais battu d'amour, garçon persuadé qu'il ne le vivra jamais. Avide de regards fascinés et de caresses-louanges, Florian, trop vite las, subit son célibat.
BESOGNE : « “Sometimes I lie awake at night, and I ask, 'Where have I gone wrong'. Then a voice says to me, 'This is going to take more than one night.” » Illustrateur de bouquins pour gamins qui ne se vendent pas très bien ; vient de perdre son poste de libraire qui lui permettait de se nourrir.
ÉCHINE : Il y a dans ses veines une magie tirant sa puissance des étoiles et du temps. Les danses et les drogues hallucinogènes dominent les classiques incantations. Magie associée aux charlatans, mais celle à laquelle il se donne corps et âme. (chamanisme)
PRESTIGE : Le futur murmure à ses oreilles des fables que lui seul entend. Insidieux, il tache de ses desseins parfois troublants les carnets de l'artiste.
GANG : Coven Heracleum.
CREDIT : DΛNDELION (avatar). Astra (signa). DΛNDELION (icons).


Broken wings
Florian & Romano

«So come with me, where dreams are born, and time is never planned. Just think of happy things, and your heart will fly on wings, forever, in Never Never Land!»

Tournaient, tournaient, les roues du vélo.  Comme le temps : parfois plus vite, parfois plus lentement, mais ne s’arrêtant jamais. Entre les voitures disparates, sous les regards irrités, elles se faufilaient, déviaient à droite ou à gauche. Le vent soulevait les extrémités du foulard en cachemire qui devenait, l’espace d’un instant, la cape d’un super-héros. Chaque caresse tranchante de l’air contre sa peau lui arrachait un sourire. Condamné à garder les pieds sur terre, il embrassait autrement la liberté : le nez levé vers le ciel, la nostalgie au cœur, il se rappelait les soirées où il sortait jusqu’à très tard, accompagné uniquement de son vélo turquoise.  Au dernier virage, le monde défilait de moins en moins vite autour de lui jusqu’à s’immobiliser complètement. Un pied toujours sur la pédale, hésitant encore, Florian dévisageait l’immeuble aux briques foncées. L’incertitude lui donna la nausée. Ses parents habitaient l’un de ces énormes appartements, mais ce n’était pas chez lui. Ce n’était pas le minuscule appartement de Gènes aux pièces trop étroites pour une famille de cinq. Mais c’était normal, peut-être : leur réalité n’était plus la même. Quand Florian naquît, son père n’était encore qu’un jeune étudiant et sa mère tentait de se refaire une carrière, en Italie cette fois. Et vint une troisième bouche à nourrir qui poussa la mère à retourner à l’école. Ils n’avaient jamais vraiment manqué de quoi que ce soit, mais ils vivaient simplement, sans beaucoup de luxe, et l’argent supplémentaire servait à leur payer des activités extra-scolaires pour les initier aux arts et aux sports, plutôt qu’à les gaver de vêtements dernier cri ou de supers jouets made in China. Maintenant, du moins depuis une dizaine d’années, ses parents occupaient de emplois très bien payés et ils pouvaient enfin se permettre de vivre plus librement. En pensant à tout ce qu’ils avaient fait pour lui et ses sœurs, Florian se sentit mal de ne penser qu’à son propre malaise. Mais, malgré tout, rien ne réchauffa son cœur lorsqu’il entra dans l’immeuble. Laissant son fidèle ami dans le hall d’entrée, il grimpa les marche deux par deux jusqu’au bon palier. Personne n’était là, aujourd’hui, mais on lui avait laissé la clé.

Derrière la porte se cachait un logis spacieux et aéré. Les décorations étaient simples, mais moindres. Ça n’avait rien à voir avec les couloirs étroits de son appartement d’enfance. Le blanc immaculé des murs et les nouveaux meubles l’empêchaient de croire que ce lieu était bel et bien le nid d’amour de ses parents. Pourtant, il y avait une chose dont il ne se plaindrait jamais : la lumière naturelle qui emplissait, par les énormes fenêtres, autant le salon que la pièce qui était désormais son atelier. Il connaissait l’endroit, mais chacun de ses pas dans le couloir était un peu hésitant et ses iris détaillaient tout ce qui leur tombait dessus : il fallait apprivoiser encore. Ses lèvres se pincèrent quand il s’arrêta devant la panoplie de photographies qui ornaient le mur du couloir. Des fragments de mémoire qui le présentaient lui et ses sœurs en couche, puis à la maternelle et ainsi de suite, comme pour ne pas oublier qu’ils avaient un jour été sages et adorables. Et puis, il vit une photo de son père tenant Camellia, naissante. Une bête erreur, apparemment. Sa mère et son père ne se connaissaient que depuis quelques mois lorsque l’aînée de la fratrie s’imposa, deux ans avant lui. Ce qui le secoua, c’était de réaliser qu’à vingt-et-un an, son père était déjà bien plus adulte que lui à vingt-cinq ans. Un nœud dans la gorge, il s’éloigna et quelque chose sur la table l’attira. Une assiette pleine de cookies. « Pour toi et ton ami. – Maman qui t’aime, xox », l’informa un petit carton laissé juste à côté. Il récupéra son sourire, mais au moment où il finit de défaire l’emballage de cellophane qui recouvrait l’assiette, le bruit de sonnette annonça l’arrivée de Romano et une bouffée de chaleur réchauffa son cœur.

Florian redéposa l’assiette sur la table et alla ouvrir à l’invité. Quand la silhouette adorable de son ami se dévoila dans l’entrée, il oublia soudainement tout le malaise que cet endroit lui imposait : il n’aurait plus besoin de supporter le silence étouffant. « Ça n’a pas été trop difficile de trouver l’adresse ? », demanda-t-il, sincèrement curieux, tout en l’invitant à entrer. Non seulement la manière dont le numéro de l’adresse était composé n’était pas particulièrement commune, mais le bâtiment se trouvait en plus sur une petite rue un peu à l’écart. Lui-même s’était presque perdu la première fois qu’il était venu ici. Il lui fit signe d’attendre deux secondes le temps d’aller reprendre l’assiette de cookies. Une fois chose faite, il revint et guida Romano à son atelier. C’était la dernière pièce au fond du couloir, à gauche. Elle n’était pas trop grande, mais pas trop petite non plus, et étrangement bien ordonnée par rapport à l’atelier qu’il avait eu chez lui avant qu’il ne devienne la chambre de son futur neveu. Sur sa table à dessin, il déposa l’assiette de cookies et en déroba un. « Tu peux en prendre, si tu veux. C’est ma maman qui les a faits. », proposa-t’il, une pointe de nostalgie au creux de la voix. Sur ces mots, il installa son chevalet et commença à rassembler son matériel. « Sinon, comment ça va, toi ? Et ta sœur ? », le questionna-t-il d’une voix légèrement amusée, comme pour dédramatiser l’absurde évènement qui lui avait donné l’envie de revoir les ailes de son étrange ami…

(c) DΛNDELION

☾ ☾ ☾ ☾ ☾


keep your eyes wide open
Florian☽ Closing your eyes isn't going to change anything. Nothing's going to disappear just because you can't see what's going on. In fact, things will even be worse the next time you open your eyes.
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Broken wings | ft. Romano - Lun 5 Mar - 12:55
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sirènes
sirènes


EFFIGIE : Timur Simakov
BAFOUILLES : 56
PACTE : 24/02/2018


OSSATURE : autour de 20 ans ; 121 ans réel
CONTRAT : Célibataire
BESOGNE : Serveur dans un bar
ÉCHINE : Peuple de l'Air, les sirènes des cieux.
PRESTIGE : Il chante moins bien que ses sœurs mais sa voix fait vriller les cœurs. Cœurs dont il sent la noirceur, faisant trembler ses membres d'un désir insoutenable.
GANG : Comme sa mère, comme sa famille, il se tient droit, fidèle au Triumvirat.
CREDIT : Tumblr & moi-même
Broken wings
Il y avait le bus, véhicule imposant ses vrombrissements sourds. Moyen de transport évident, le genre qui le sauvait de bien des tracas. Le nez collé à la vitre, le regard du jeune homme cherche quelque chose, une trace du passé qu’il aurait pu connaitre. Il a l’adresse sur le bout d’un papier entre ses doigts fins. Il faudra marcher et il descend les marches avec une fine appréhension. Ce n’est pas la première fois qu’il rencontre Florian. Loin de l’être. Entre les galeries au sein desquelles ils se sont croisés, et le fait que le jeune homme lui aura déjà demandé de poser pour lui, Romano commençait tout juste à le connaitre.

Jusqu’à l’incident.

Il avait craint que le regard de l’humain change à son sujet et c’était probablement le cas, quelque part. Mais, une chose demeure sûre, c’est qu’il ne veut pas l’effrayer. Le sirène n’a pas cette distance, vis-à-vis de l’humanité, comme pouvait l’être sa mère ou même sa sœur. Un sentiment infiniment lié au fait qu’il n’a jamais tué. Il se sent à la fois frustré et soulagé de ne pas connaitre ce poids, même s’il en discerne les relents. Une nature profonde qu’il ne peut refouler. Lui-même se sent saliver en présence d’un cœur assombrit par les épreuves de la vie, par la souillure de ses péchés. Et Romano mentirait s’il disait que Florian ne l’avait jamais tenté.

Il se perd un peu, dans le dédale des rues pavées. Il n’a pas envie de prendre son temps mais, se surprend à profiter de l’ambiance du quartier. Il préfère ces tonalités calmes aux avenues modernes bien plus fréquentées. Romano s’y sent moins oppressé, observé. Inspiration profonde, tandis qu’il trouve enfin l’entrée de l’immeuble. Il laisse glisser ses doigts sur la rambarde de l’escalier quand il monte les marches. Le hall possède ce petit quelque chose d’ancien qui lui plait. Et, enfin, il sonne. Il n’attend pas longtemps avant de voir la porte s’ouvrir devant ses yeux. Un petit sourire au jeune homme, pendant qu’il passe l’entrée « ça va, j’ai fini par trouver, c’est le plus important. »
Romano est précautionneux dans sa manière d’avancer, de parler. Comme s’il craignait d’être trop brusque. Ce n’est pas complètement faux. Il prend quelques minutes à observer les photos, toujours surpris par la qualité de ces dernières. Si nettes qu’il a l’impression qu’elles pouvaient s’animer. Les films lui faisaient, eux aussi, cet effet. Toujours, il craignait que les personnages quittent l’écran pour sortir le rejoindre. Un malaise prononcé, quand les histoires s’avéraient horrifiques. Puis, dans ces instants de vie figés que le brun admire, il imagine Florian, ses parents, probablement des frères et sœurs. Il se demande ce qu’a pu être son existence d’humain au sein de ce monde dont il ignore encore tant de choses.

« C’est gentil de sa part. » les cookies, les gâteaux. Romano n’en pioche pas, pas tout de suite, encore à regarder les pièces, l’atelier dans lequel le guide son ami. Quelque part, il s’inquiète des grandes fenêtres, du fait que d’autres personnes semblent vivre ici. Le sirène sait ce que Florian veut de lui et, par sécurité, l’anxiété le prend comme une boule au ventre. A la question, Romano se tend. Et il affiche un sourire qui grimace à moitié, désolé.
« Alma va bien. Je…vais bien. C’est plutôt à toi que je devrais poser cette question, après tout elle t’a… » attaqué. Il inspire profondément, d’un souffle tremblant « Je suis désolé. Ça n’arrivera plus. » le sirène avance vers l’une des fenêtres, regardant à l’extérieur « Je dois peut-être te prévenir qu’elle risque de venir me chercher quand elle aura terminé ses cours. Elle…ne te fait pas encore entièrement confiance. Elle a peur que tu me mettes des idées étranges en tête. » il souffle du nez, un rire nerveux.

« Dis…tu es sûr que personne ne viendra ici ? » comme un besoin de se rassurer. Il n’ose même pas encore se dévêtir.
Ridicule gêne.



☾ ☾ ☾ ☾ ☾
-24000 Baci
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Broken wings | ft. Romano - Jeu 8 Mar - 3:08
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sorciers
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EFFIGIE : Douglas Booth.
BAFOUILLES : 218
PACTE : 02/01/2018


OSSATURE : Premier quart de siècle fraîchement atteint.
CONTRAT : Coeur qui n'a encore jamais battu d'amour, garçon persuadé qu'il ne le vivra jamais. Avide de regards fascinés et de caresses-louanges, Florian, trop vite las, subit son célibat.
BESOGNE : « “Sometimes I lie awake at night, and I ask, 'Where have I gone wrong'. Then a voice says to me, 'This is going to take more than one night.” » Illustrateur de bouquins pour gamins qui ne se vendent pas très bien ; vient de perdre son poste de libraire qui lui permettait de se nourrir.
ÉCHINE : Il y a dans ses veines une magie tirant sa puissance des étoiles et du temps. Les danses et les drogues hallucinogènes dominent les classiques incantations. Magie associée aux charlatans, mais celle à laquelle il se donne corps et âme. (chamanisme)
PRESTIGE : Le futur murmure à ses oreilles des fables que lui seul entend. Insidieux, il tache de ses desseins parfois troublants les carnets de l'artiste.
GANG : Coven Heracleum.
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Broken wings
Florian & Romano

«So come with me, where dreams are born, and time is never planned. Just think of happy things, and your heart will fly on wings, forever, in Never Never Land!»

« Je lui ai parlé de toi, à ma mère, et je crois qu’elle t’aime déjà. », rit-il en jetant un œil aux cookies qui attendaient sagement qu’on les mange. La mère avait été séduite par les adjectifs légers, fragiles, et la douceur qui enlaçait les mots que son fils avait laissé filer en lui parlant de son ami aux traits si purs. Mais elle aimait tout le monde, maman, tous ceux que son fils appréciait ; comme pour les remercier d’en prendre soin, de ne pas le laisser marcher seul dans ce monde immense. « Je comprends ta sœur, en fait. J’aurais peut-être eu la même réaction si ma petite sœur changeait soudainement d’habitudes ! Ça ne paraît pas, mais je suis un peu grand-frère poule. », lança-t-il, l’amusement au fond de la voix. Faire pareil, oui, mais il ne mangeait personne, lui !  Il avait failli être mangé par cette harpie qui partageait les gènes de son ami, il avait vu sa vie défiler devant ses yeux (comprenant au même moment qu’il avait quand même gâché quatorze précieuses années de sa vie en étant un adolescent maladapté), mais il préférait prendre l’incident avec humour et légèreté. Évidemment, il ne se sentirait certainement pas à l’aise, ni même en sécurité, à l’idée de revoir la jeune femme de trop près, mais la haine n’arrangeait rien.
Regagnant son silence, Florian observait chacun des mouvements de Romano ; cherchait à cerner une probable inquiétude. Il ne lisait pas toujours entre les lignes – prophète, mais pas omniscient –, mais il avait de bonnes raisons de croire que l’expérience nouvelle pouvait être intimidante. L’humain n’était pas l’animal, sa nudité n’était pas si naturelle qu’elle ne le laissait paraître. L’enveloppe défaite des tissus-boucliers devenait vulnérable, frêle, lorsque soumise aux regards – le sien et celui des autres. La compassion s’inscrivit sur son sourire honnête, alors que ses prunelles abandonnèrent la silhouette masculine pour se concentrer sur la tâche. Fouillant dans quelques boîtes disparates, dans des armoires blanches, il sortit le matériel dont il avait besoin. « Personne ne viendra, non. Mes parents sont partis pour le week-end et mes sœurs n’ont pas la clé. Tu n’as pas à t’inquiéter pour ça ! » Florian pinça les lèvres, résistant tant bien que mal à ajouter un sinistre « personne ne viendra si tu cries » tout simplement pour rigoler, mais il ne pensait pas que Romano était le genre de personne avec qui il était adéquat de faire ce genre de blague. « Je sais que c’est bizarre comme situation, un peu, mais tu verras on s’habitue vite. » Comme pour instaurer une barrière entre lui et Romano, il ajusta son chevalet autant qu’il le pouvait, mais du haut de son un mètre quatre-vingt cinq, l’accessoire ne le cachait pas réellement.  

Comme s’il faisait les cents pas dans la pièce, Florian la parcourut de long en large ; on ferma les rideaux de la fenêtre qui donnait sur le petit parc juste en face et on alla s’armer d’une toile vierge qu’on revint poser sur le chevalet. Lorsque tout fut adéquat et qu’officiellement rien ne manquait, l’artiste s’assied sur son tabouret, mais seulement du bout des fesses – un pied au sol et l’autre sur la barre d’appui. Il se pencha un peu sur la gauche pour lancer un regard au futur modèle. « Si tu n’es pas à l’aise, tu n’as pas à tout enlever. Tu peux garder ton caleçon, mais je ne te promets pas que je ne rirai pas s’ils sont à motifs de My Little Pony ou de petits cœurs ! » Disait celui qui, évidemment, portait présentement des caleçons avec des petits lapins achetés dans la section des produits aux couleurs de Pâques.

(c) DΛNDELION

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Broken wings | ft. Romano - Jeu 15 Mar - 14:54
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sirènes
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EFFIGIE : Timur Simakov
BAFOUILLES : 56
PACTE : 24/02/2018


OSSATURE : autour de 20 ans ; 121 ans réel
CONTRAT : Célibataire
BESOGNE : Serveur dans un bar
ÉCHINE : Peuple de l'Air, les sirènes des cieux.
PRESTIGE : Il chante moins bien que ses sœurs mais sa voix fait vriller les cœurs. Cœurs dont il sent la noirceur, faisant trembler ses membres d'un désir insoutenable.
GANG : Comme sa mère, comme sa famille, il se tient droit, fidèle au Triumvirat.
CREDIT : Tumblr & moi-même
Broken wings
Sa mère a l’air d’être quelqu’un de bien. Il l’imagine sans peine, à la cuisine, en train de préparer ce cookie que Florian entamait. Il lui prête un visage flou, emprunté sur les nombreuses photographies qui ornent les couloirs, quelques traits de son ami qui parle, pendant que Romano l’observe prendre ses affaires. Il se sent touché, assurément, à l’idée d’être apprécié par quelqu’un de sa famille. C’est quelque chose d’important à ses yeux, l’aval de son propre sang. Lié à son éducation, probablement, à leur nature et leur mode de vie. Le sirène aurait aimé, lui aussi, présenter, parler de Florian à sa mère. Il l’aurait peut-être fait s’il n’existait le risque qu’elle l’empêche de sortir à tout jamais et qu’elle dévore son ami. Sans grande faim, elle ferait sûrement cela pour protéger son fils. Et cette pensée le rend coupable.
Coupable d’agir comme il ne le devrait, coupable d’inquiéter sa sœur qui, même si Florian affirme qu’elle a eu une réaction normale en s’alarmant, posait des soucis à bien des personnes. Ça, en plus de mettre en danger celui qu’il peut considérer comme étant le plus proche d’un ami. Il se promet que cela n’arrivera plus, il l’a assuré à Florian. Mais, au fond, il ignore si c’est vrai. S’il en est seulement capable. En réalité, le plus sage aurait été de couper les ponts avec l’artiste et de l’éviter jusqu’à ce qu’il soit en sécurité. Romano est si égoïste.

Les paroles de Florian ne rassurent ce dernier qu’en partie. Il regarde encore les fenêtres, les rideaux tirés sur leur entretien. Puis, ses prunelles s’accrochent à autre chose, au grand chevalet et surtout à la toile que l’autre garçon pose contre. Romano se rapproche un peu, de quelques pas seulement. Il aimerait essayer de peindre sur une vraie surface comme celle-ci, un jour. Plutôt que de continuer à gribouiller sur des feuilles, dans ses quelques carnets noircis de honteux croquis.
« Ce n’est pas vraiment la nudité qui me gêne, présentement. » Il sourit un peu. En se questionnant sur qui peut posséder des sous-vêtements affichant des petits poneys. Probablement des cavaliers, des personnes qui aiment les chevaux. Dans tous les cas, il affirme la vérité, à moitié. Le fait de se dévêtir entièrement aurait pu le déranger si Florian avait été une femme. Même si l’époque actuelle lui semble plus ouverte quant à la quantité socialement acceptable de peau exposée, Romano n’est pas particulièrement dérangé à l’idée de s’afficher devant un autre homme. Ils sont fait de la même manière après tout, et puis, encore plus quand il s’agit de modèle au sein d’une question artistique. Non, ce n’est vraiment pas la nudité.

Le sirène se retourne, il cherche un banc, un siège sur lequel il pourrait poser ses affaires. Une chaise, sur le côté de la pièce, fait parfaitement l’affaire. Il y pose son sac en bandoulière, son blouson. Par la suite, il se déleste de sa chemise et fait passer son t-shirt par-dessus sa tête. Penché, dans le mouvement, les os ressortent sous sa peau, comme le reflet d’une carcasse frêle. Romano n’a jamais été très épais. On peut suivre la ligne de sa colonne vertébrale sans grand peine, jusqu’à ses reins, ses hanches qui se creusent au niveau de sa ceinture. Une ceinture qu’il décroche pendant qu’il baisse son pantalon. Un geste sur son talon, le second, et il retire ses chaussures, ses chaussettes. Le sirène ne porte pas de caleçon, même s’il aurait préféré. Plutôt ce que l’on appelle un boxer, sobre, gris. Il faut dire qu’il trouve les pantalons actuels bien trop serrés pour pouvoir se couvrir de sous-vêtements plus larges. Ou bien, il n’en a pas encore trouvé, ce qui est une hypothèse tout à fait probable. Romano reste ainsi, si son ami le lui permet, pendant qu’il fait passer ses mains contre ses bras, étreinte solitaire. Légère friction de l’épiderme, dont les poils se soulèvent sous la fraicheur de la pièce, à son sens. Mais il sait qu’il s’y habituera. Le sirène ne bouge pas de position, cependant. Celle-ci le rassure, à un niveau qu’il ne peut comprendre, alors qu’il pose sa joue contre l’une de ses épaules sèches, le regard tourné bien loin de son ami. Il finit même par clore les paupières.

Et la peau se déchire.

Un craquement d’os et de chairs qui s’ouvrent. Les formes remuent tout d’abord, sous la membrane fine, comme de ces films d’horreurs où une créature s’y cache pour mieux surgir. Elles secouent son dos et il serre les dents. Brûlure usuelle. Puis, comme une seconde paire de bras, elles s’étendent. Soulagement. Dans l’instant immédiat, Romano se trouve la sensation de mieux respirer, plus libre, malgré la chaleur qui teinte ses joues de valeurs carmines. Par réflexe, il tente d’étirer ses ailes brunes comme on le ferait au réveil pour des épaules, sans y parvenir. Celle de droite tremble et tressaute dans un bruissement de plumes, incapable de plus, malformée. Cela camoufle en partie comme la seconde apparait plus courte. Sous la surface, la parure se fait blanche, seulement tachetée de brun le long de son extrémité haute et Romano se lâche d’une main pour passer la paume contre son visage. Il se cache un peu, au creux de celle-ci. Honteux de la maladresse qui se dégage de ses membres inégaux et frêles. Il les replie inconsciemment derrière ses épaules. S’il avait été sa sœur ou toute autre sirène de genre féminin, le Lazarilis aurait pu présenter plus majestueux spectacle à son ami. Il a envie de parler, pour essayer de se détendre, mais n’y parvient pas. La voix se bloque, lèvres scellées, les mots se sont perdus au fond de sa gorge. Romano ne s’est jamais clairement montré à un humain et la sensation est étrange. Mêlée entre le fait de faire quelque chose de mal, ou bien, de mal le faire. Un frisson le parcourt, incontrôlable, à l’idée de ce que sa génitrice pourrait en dire.

Romano n’est même pas beau. Il n’est pas régulier. Mâle commun à son espèce.
Sculpture insignifiante.



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