Niente | Calliope, Vittorio & Giorgio

 :: HÔPITAL
Niente | Calliope, Vittorio & Giorgio - Mer 7 Mar - 16:36
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EFFIGIE : Dan Stevens
BAFOUILLES : 3820
PACTE : 02/01/2017


OSSATURE : 35 ans
CONTRAT : En couple avec Calliope Tinovia, et papa d'une petite Alessia depuis le 25 décembre 2017. Des souvenirs effacés par une amnésie qui a affecté sa mémoire épisodique, suite à un coma de plusieurs semaines. Il n'aurait jamais dû se disputer avec son père ce jour-là, cela aurait évité cette mauvaise chute...
BESOGNE : Expert en Histoire de l'Art au sein d'une fondation depuis début octobre et, occasionnellement, prof particulier d'Histoire de l'Art. Le blond essaie de reconstruire sa vie après sa sortie de prison début mars 2017, où il a passé cinq terribles années pour avoir tué trois personnes sous l'effet du sang de vampire. Héritier d'une riche famille aristocratique tyrolienne, il a été renié par son père suite à ses déboires. Après plus de dix-sept ans d'éloignement, et alors qu'il y avait à nouveau de l'espoir, la naissance de sa fille y étant pour beaucoup, voilà que les deux Reppucci se sont disputés bêtement et qu'un accident a eu lieu. Maintenant, l'avenir est plus flou que jamais. Tout comme le passé.
FABLE : Longtemps ignorant, Giorgio a découvert que les monstres existent réellement, que les mortels tels que lui sont en danger sans même s'en rendre compte. Le blond s'est fait mordre par un vampire il y a quelques mois, frôlant la mort. Maintenant il le sait : les monstres existent, personne n'est réellement en sécurité.
ÉCHINE : Humain, proie potentielle.
CREDIT : Lux Aeterna (avatar), Tumblr (gif) & Astra (signa)
Niente
Calliope, Vittorio & Giorgio



début février


« Chiamate la dottoressa Brighi ! »

Une voix féminine s'élève, appelant le médecin. La même phrase se répète, plus énergiquement cette fois-ci. Les paupières se ferment, puis se rouvrent, lentement. Tout est flou, absolument tout. Le blanc est néanmoins omniprésent dans cette pièce, aucun doute là-dessus. A nouveau, les yeux se closent, mais pas pour longtemps. D'autres voix se font entendre, et dans chacune d'entre elles, il peut déceler une certaine tension, une certaine nervosité. Sa respiration s'accélère, son rythme cardiaque aussi. Il ne sait pas ce qu'il fait ici. D'ailleurs, il ne sait même pas où il est. Un hôpital, probablement, vu qu'on parle de docteurs et d'infirmières. Clignant les yeux, la vision du blond se fait progressivement moins floue, jusqu'à ce qu'une forte lumière l'aveugle, l'obligeant à fermer les yeux. Puis on lui fout la paix à nouveau. On lui parle, mais l'homme n'y prête pas vraiment attention. Il veut juste savoir ce qu'il fout ici. Qu'est-ce qui s'est passé ? Depuis quand est-il ici ?

« Signor Reppucci ? Signor Reppucci, vous nous entendez ? »

Ce fameux Reppucci ne semble pas les entendre, non. D'ailleurs, c'est qui ce type ? Encore un médecin ? Mais pourquoi on parle à ce Reppucci plutôt que de s'occuper de lui ? Lui... Lui qui ? Le regard cristallin de Giorgio se dirige vers une femme brune. Un médecin, vu sa blouse blanche. La quadragénaire lui adresse un léger sourire, se voulant rassurante.

« Signor Reppucci, bonjour. Je suis le docteur Brighi. Tout va bien, vous êtes à l'hôpital Andrea Alesini, vous êtes en sécurité. »

Et pourtant, le cœur de l'humain continue de battre toujours aussi fort. L'inquiétude berce son esprit confus, les questions se multiplient dans sa tête à la vitesse de la lumière. Quelque chose cloche. Tout cloche. L'Italien déglutit difficilement. Sa bouche est tellement sèche. Faiblement, le trentenaire prend enfin la parole.

« Eau. De l'eau. Per favore. »

Dit-il d'une voix rauque. Regardant la brune, le Reppucci a l'impression de déceler un certain soulagement dans le regard du médecin. Rapidement, une infirmière vient lui apporter le verre d'eau tant désiré, l'aidant aussi à boire. Ah, qu'il en avait bien besoin... Par contre, la confusion règne encore dans son esprit. Les questions continuent de bousculer les barrières mentales, de faire battre son cœur plus vite, tandis que des infirmières prennent des notes.

« Qu'est-ce que... Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi je suis à l'hôpital ? »

« Vous avez eu accident chez vous, monsieur Reppucci... Un accident qui vous a mis dans le coma pendant quelques semaines. C'est normal que vous vous sentiez un peu confus ou que vous aviez du mal à... »

« Pourquoi vous m'appelez monsieur Reppucci ? Je ne m'appelle pas Reppucci. Je... Je... Je ne sais pas. Je... me souviens pas. Je me souviens pas... »

Sa main, tremblante, se pose brièvement sur son front, tandis que les larmes lui montent aux yeux. Le cœur battant la chamade, l'homme est envahi par la panique, parce qu'il ne se souvient toujours de rien. Les secondes, les minutes passent, ses sens se réveillent... Mais pas ses souvenirs. Ce putain de brouillard dans sa tête, il ne se dissipe pas. Non, au contraire ; telle une brume venue de l'enfer, elle ne fait que s'accroître, l'enveloppant complètement.

« Je ne me souviens... de rien. Pou... Pourquoi ? »

Le médecin échange quelques regards avec les infirmières, plutôt que de lui répondre. L'homme serre la mâchoire, alors que sa respiration est toujours aussi saccadée. La brune lui répond, finalement.

« Calmez-vous, Giorgio. C'est normal que vous soyez confus après un coma... Ça reviendra. Il faut juste laisser un peu de temps à votre cerveau. » Ornella pose sa main sur celle de l'homme, doucement. « Pensez surtout à vous reposer. On va prendre soin de vous. Et vous irez mieux, d'accord ? »

Sa voix est douce et ses paroles rassurantes... Mais il a juste peur. Les larmes coulent le long du visage du blond, ses lèvres tremblent, tandis que la peur à l'état le plus pur se secoue de l'intérieur. Giorgio... Si c'est vraiment son prénom, il ne s'en souvient pas du tout. Giorgio Reppucci. C'est juste le nom d'un inconnu, aux yeux du trentenaire. Finalement, le sommeil finit par s'abattre sur lui, assez rapidement. Il ne sait pas trop pourquoi, il a à peine le temps de se demander. Ornella regarde alors un autre médecin qui l'avait accompagnée dans la pièce.

« Soit c'est passager... Soit sa mémoire rétrograde est affectée. Franchement, docteur Rossi, je le craignais depuis les derniers examens. Maintenant, il faut voir à quel point elle est affectée... Pauvre gars, il venait tout juste d'être père. » Ornella soupire. « Il faut prévenir sa famille qu'il est sorti du coma. Je le ferai moi-même. »


***


Le lendemain


« Je vais vous laisser le voir aujourd'hui, mais je vous préviens, il va falloir y aller doucement avec votre compagnon, signorina Tinovia. Et pas qu'aujourd'hui, d'ailleurs. Sa récupération va prendre du temps, et on ne sait pas encore à quel point son amnésie est irréversible ou non. Ce qui est sûr, c'est que sa mémoire a été sérieusement affectée, en particulier la mémoire épisodique, celle grâce à laquelle on se souvient des événements vécus avec leur contexte, que ce soit la date, le lieu ou encore l'état émotionnel. On a fait passer quelques examens à monsieur Reppucci, quelques tests. On lui a posé pas mal de questions, et heureusement, il a bien collaboré. Cela nous a permis de constater que sa mémoire sémantique, la mémoire qui concerne faits et des concepts théoriques, est intacte. Par exemple, il sait identifier l'Italie sur une carte. En fait, il a su identifier une bonne partie des pays sur la carte. Par contre, quand on lui a demandé où est-ce qu'il a appris que ce pays en forme de botte était l'Italie, il ne savait pas quoi dire. » Le médecin fait une courte pause, avant de reprendre. « En gros, les connaissances sont là, mais il ne se souvient pas de la façon dont il les a apprises. Il faudra attendre encore quelques jours pour voir où en est sa mémoire procédurale, celle qui contrôle la motricité, mais je pense qu'il n'y a pas de gros dommages de côté-là, vu qu'il arrive à bouger les jambes, les bras, les pieds. Mais, par exemple, il est tout à fait possible que dans quelques temps, il sache faire du vélo tout naturellement, sans pouvoir nous dire qui est-ce qui l'a appris, si c'était son père, sa mère ou qui que ce soit. C'est extrêmement frustrant pour lui. Et... J'ai la sensation que c'est quelqu'un de sensible. Il aura besoin de vous, plus que jamais. Et de vous aussi, signor Sedara. Il aura besoin de tous ses proches, de tous ses amis. En ce moment, il se sent seul au monde et il ne sait même pas qui il est. Il va falloir reconstruire son monde, sans pour autant lui imposer son ancienne réalité s'il ne veut pas. »

Ornella prend doucement la main de la brune, compatissante.

« Ce sera aussi extrêmement frustrant pour vous. Il faudra être forte et patiente. Et que vous gardiez espoir. »

Le médecin toque alors à la porte, avant de l'ouvrir et d'entrer dans la chambre.

« Bonjour, monsieur Reppucci. Vous avez de la visite. »

Le blond se redresse légèrement dans son lit, visiblement tendu. Son cœur s'accélère malgré lui, son regard est attentif, méfiant. On lui a dit qu'il avait une petite amie, qu'il avait une fille, un petit bébé. On lui a filé son portefeuille, et c'est vrai qu'il avait des photos de cette femme et de sa fille dans ce dernier. C'est peut-être pour ça, d'ailleurs, qu'il s'est calmé, qu'il a finalement cru ce qu'on lui disait. Mais ces photos, ces visages... Cela ne lui disait rien. Et maintenant que cette jeune femme vient d'entrer dans sa chambre, cela ne lui dit toujours rien. Une inconnue.

« Je vous laisse parler tranquillement. »

Le blond déglutit, tout en lançant un regard appréhensif à Ornella. Ne me laisse pas seul ici. Mais évidemment, c'était le but. Les laisser parler, seuls. Se retrouver. Ou se rencontrer pour la première fois, a-t-il envie de dire. Le Tyrolien passe une main dans ses cheveux, mal à l'aise. Il ose à peine regarder la brune dans les yeux.

« Salut. »

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☾ ☾ ☾ ☾ ☾
❝I'll be good❞ I'll be good, I'll be good. And I'll love the world like I should. For all of the light that I shut out, For all of the innocent things that I've doubt. For all of the bruises that I've caused and the tears, For all of the things that I've done all these years. (c) Astra
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Niente | Calliope, Vittorio & Giorgio - Mer 7 Mar - 23:54
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EFFIGIE : Ashley Greene
BAFOUILLES : 2022
PACTE : 29/01/2017
©Bitterblue

OSSATURE : Vingt-sept années
CONTRAT : En couple avec un ex-drogué, ex-détenu, tueur, et qui s'inquiète de tout ♥.... Et maman d'une petite princesse ♥
BESOGNE : Assistante Vétérinaire, autrement dit larbin de vétérinaire. Ou aussi sa seconde paire de main.
FABLE : Je suis au courant pour le surnaturel, les monstres, les créatures... Appelez-les comme vous voulez. Je sais comment le monde qui m'entoure est dangereux. Mais tout n'est pas noir. Je sais aussi que certaines créatures surnaturelles ne nous veulent pas de mal... Pas plus qu'un humain lambda en tout cas.
CREDIT : DΛNDELION, Bitterblue(Aesthetic)

 
Giorgio, Vittorio & Calliope // Niente

 
Dans la voiture, je regarde mes mains tremblantes, en silence. Je suis dans cet état depuis hier, depuis ce coup de fil, à la fois tant attendu, et tant redouté. Celui de médecin qui s’occupe de Giorgio, m’annonçant une bonne ou une mauvaise nouvelle. En l’occurrence, là, c’était plutôt une bonne nouvelle. Mon petit ami s’est réveillé. Enfin. Après cinq longues semaines d’attente, interminables. Mais je ne sais pas comment il va, elle n’a pas voulu m’en dire plus au téléphone, et je n’ai pas eu le droit de le voir directement, hier, sans que je ne sache vraiment pourquoi… Alors évidemment que je m’imagine le pire…

Je regarde Vittorio, sur le siège conducteur. Je l’ai appelé hier, directement après avoir raccroché avec le docteur, tout naturellement. Il a été là pour me soutenir pendant ces cinq longues semaines. Je savais que je pouvais compter sur lui, constamment. Cette épreuve nous a rapprochés, inexorablement. En fait, je crois qu’à présent, je le considère plus comme un grand frère que comme un ami. Il est passé me chercher ce matin, pour nous emmener, Alessia et moi, voir Giorgio. Je ne me sentais pas d’y aller seule, je ne me sentais pas de conduire. Je suis partagée entre l’envie de sauter de joie partout sachant que Giorgio s’en est sorti, qu’il est réveillé, et en même temps je suis encore morte d’inquiétude quant à son état. Comment va-t-il ? A-t-il des séquelles ?

Je jette un coup d’œil à Alessia, dans son cosy à l’arrière de la voiture. Elle a maintenant six semaines. Les cinq semaines sans Giorgio m’ont semblées interminables, mais quand je pense à notre fille, j’ai l’impression que le temps file à une vitesse folle. C’est dingue cette sensation contradictoire. Elle a déjà tellement grandi et tellement changée en six semaines… Elle est réveillée mais elle est calme. Apaisée, insouciante. Je souris doucement. Elle a le don de me faire oublier mes tracas quand elle est comme ça. Et quand elle sourit, c’est encore pire. Quand je la regarde, j’ai cette impression que tout ira bien. Elle me donne foi en l’avenir, du haut de ses cinquante et quelques centimètres. Pas de doute qu’elle nous mènera par le bout du nez plus tard. Elle le fait déjà…

Je soupire, reportant mon attention sur la route. On arrive bientôt. Je connais la route par cœur, à force de venir tous les jours. Quand je repense à ces cinq dernières semaines… La première a été la pire. Son absence me paraissait tellement insurmontable. La maison faisait tellement vide. Je rentrais à contre cœur, dans ce silence qui me rappelait combien mon petit ami me manquait. Seuls les miaulements des chats et les pleurs d’Alessia me faisaient réagir. Je me forçais à manger, parce que je savais que sinon je n’aurais plus de lait pour allaiter. Mais je ne le faisais vraiment pas avec envie. L’absence de Giorgio est toujours difficile à vivre. Je sais que c’est mon âme sœur. Mais étrangement, plus les semaines passaient, plus une nouvelle routine s’installait, surtout qu’Alessia m’occupait une grosse partie de mon temps. Je passais tous les jours à l’hôpital, racontant mes journées à mon petit ami dans le coma, espérant qu’il m’entende, que ça lui donne la force et le courage de se réveiller… Le soir, je me couchais au côté de notre fille, dans ce grand lit bien vide. Je ne dormais pas beaucoup, que quelques heures par nuit. La fatigue s’accumule, et mon corps le ressent. J’ai perdu du poids. Et même en faisant un effort sur la nourriture, ça ne suffisait pas. A mon regret, j’ai du complémenter les repas d’Alessia avec des biberons de lait maternisés. Au moins, l’avantage était que Vittorio pouvait aussi avoir le plaisir de donner le biberon à sa filleule quand il était là.

La voiture s’arrête. Nous sommes arrivés. Je regarde Vittorio, le remerciant encore une fois pour tout ce qu’il fait, pour sa présence à nos côtés. Je lui souris, avant de descendre de la voiture, et de prendre le cosy d’Alessia dans une main, et le sac à langer sur l’épaule. Puis nous nous dirigeons vers le secrétariat de l’hôpital, afin de nous annoncer au docteur. La secrétaire nous informe que nous pouvons monter à la chambre de Giorgio, que le docteur Brighi nous attend sur place. Nous montons. J’ai la gorge nouée. Heureuse du réveil de Giorgio, mais toujours aussi inquiète des nouvelles. Je me sens soulagée d’un poids, mais je sens qu’il reste des inquiétudes pesantes.

Arrivés devant la chambre de Giorgio, le Dr Brighi nous attend bien effectivement. Nous la saluons, et elle nous explique ce qu’il en est. On va pouvoir le voir aujourd’hui, mais il va falloir y aller doucement car Giorgio a une amnésie… Ils ne savent pas encore si elle est irréversible ou pas. Je m’accroche un peu plus au cosy que je tiens entre mes mains. C’était une conséquence qu’on avait déjà évoquée, mais… C’est tellement dur de se dire qu’il ne va même pas se souvenir de nous. J’essaie de suivre les paroles du docteur, qui nous explique exactement quelle partie de la mémoire est touchée. Elle fait une légère pause, avant de continuer ses explications. D’après elle, il n’y aurait pas trop d’inquiétude à avoir sur les gestes moteurs. Bon, au moins une bonne nouvelle… Enfin deux… Il sait toujours parler, et sait encore comment bouger… Le docteur, qui semble avoir bien cerné mon compagnon, nous annonce qu’il aura besoin de nous pour se reconstruire, mais qu’il faudra y aller doucement, sans le brusquer ni le forcer. Je hoche la tête tout en la remerciant. Quelque part, je me dis que cette amnésie aura au moins l’avantage qu’il ne se souvienne pas de son passé qui le torturait tant. La mort de sa mère, l’histoire avec cette élève, la prison, la révélation que Mario n’est pas son père… En parlant de Mario… Il a essayé de prendre contact avec moi plusieurs fois, sur mon téléphone. Je n’ai jamais voulu répondre. Ses messages vocaux disaient qu’il était désolé, il demandait des nouvelles de Giorgio. A quoi cela servait-il que je lui en donne, de toute façon ? Je suis sûre qu’il arrive très bien à en avoir tout seul, qu’un de ses espions ou je ne sais quoi est dans les parages. Je suis sûre qu’il sait déjà qu’il est réveillé… Mais s’il ose venir, si je le vois… Autant dire que je ne me contenterai pas d’une claque.

Le docteur me prend la main, m’informant qu’il faudra que je sois forte et patiente, de garder espoir. Je sais que ce ne sera pas simple mais… Il le faudra. En tout cas, je sais que je ne dois pas lui montrer mes faiblesses. Dr Brighi frappe à la porte, et nous fait rentrer après avoir annoncé à Giorgio qu’il avait de la visite. Je regarde Vittorio, murmurant.

« Viens avec moi, s’il te plait… »

Je ne veux pas y aller seule. C’est étrange, mais j’ai peur. Peur de sa réaction, et de la mienne. Je ne sais même pas par où commencer, ni ce que je vais bien pouvoir lui dire, sans trop le brusquer. Nous rentrons dans la chambre, à la suite du docteur, qui décide de nous laisser entre nous. Voir Giorgio bien réveillé, assis dans son lit, me donne envie de lui sauter dessus, mais je sais que je ne dois pas le faire. Je ne veux pas lui faire peur. Il nous salue, sans pour autant nous regarder vraiment. J’espère que Vittorio est moins gêné que nous parce que sinon, ça va être compliqué. Je pose le cosy d’Alessia à mes pieds, et lui sourit d’un air qui se veut le plus rassurant possible.

« Salut Giorgio… Je suis Calliope, ta petite amie. C’est… Notre fille, Alessia… Et Vittorio est ton meilleur ami, et le parrain d’Alessia. Tu peux nous poser autant de questions que tu le souhaites, on y répondra. J’ai aussi ramené des photos, mais tu n’es pas obligé de les regarder maintenant… »

Je sors une enveloppe de mon sac, contenant la petite dizaine de photos. Notre maison, avec sa balançoire, nos chats, des photos de nous, de nos proches… Je la pose sur la table de nuit, je ne veux pas le forcer. Il peut ne pas les regarder, mais au cas où, s’il le veut, elles sont là.

« Est-ce que… Tu as mal quelque part ? »
⇜ code by bat'phanie ⇝

☾ ☾ ☾ ☾ ☾
Look in my eyes...
« Oh you can't tell me it's not worth tryin' for, I can't help it there's nothin' I want more, I would fight for you, I'd lie for you, Walk the wire for you, I'd die for you. You know it's true, Everything I do, I do it for you » by Wiise


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Niente | Calliope, Vittorio & Giorgio - Dim 11 Mar - 19:39
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EFFIGIE : Luca Argentero
BAFOUILLES : 1410
PACTE : 19/05/2017
OSSATURE : 35 ans
CONTRAT : Célibataire
BESOGNE : Gérant d'un restaurant
FABLE : La vie n'est pas suffisamment compliquée comme ça, il faut maintenant qu'on nous invente des problèmes aux allures de créatures fantastiques ? Allons bon, ce ne sont que des conneries ! Du moins, c'était ce que je croyais...avant qu'elle n'entre dans ma vie et ne foute tout en l'air.
ÉCHINE : Plus humain, tu meurs.
PRESTIGE : J'ai un sens inné pour...rien en fait ! M'attirer des emmerdes ?
GANG : Je me suffis à moi tout seul, en tant que Roi Suprême de la Maladresse et des Autruches
CREDIT : SHADOW DANCER
    Les gestes sont mécaniques, automatiques, sans être pensés. A force d'aller à l'hôpital, je connais le trajet par cœur et pourrait presque m'y rendre les yeux fermés. Je n'ai pas besoin de me tourner vers ma co-pilote pour voir son stress prendre de l'ampleur : c'est comme s'il envahissait l'habitacle, sous forme d'un nuage de fumée, oppressant. Et pas que le sien, d'ailleurs. Depuis de longues semaines, nous attendions cet instant. Qu'il se réveille. Et c'est arrivé. Enfin ! Alors pourquoi ce soulagement tarde-t-il autant à se manifester ? Probablement parce que nous ne l'avons pas encore vu. Pas constaté. Je n'ai pas osé demander de détails à Calliope, remarquant qu'elle restait brève et évasive au téléphone, hier. Le choc, sans doute. Le manque d'informations aussi. Quoiqu'il en soit, nous allions en apprendre davantage aujourd'hui et surtout, nous serions en mesure de parler à Giorgio.

    A l'approche de sa chambre, nous retrouvons la doctoresse qui s'est occupée de mon ami. Elle prépare le terrain, nous explique son état et ce en alternant termes techniques et langage courant, afin que nous soyons en mesure de comprendre. J'acquiesce, essayant d'enregistrer le principal, à savoir qu'il ne sait plus qui nous sommes. Qu'il aura besoin de nous. Que personne ne peut dire combien de temps cela va prendre avant qu'il ne recouvre la mémoire, s'il la recouvre... C'est un coup de massue, mais ni Calliope ni moi ne manifestons le moindre signe d'effondrement. Elle est forte pour sa fille, pour elle même. Je suis fort pour elles deux, pour l'homme qui est actuellement dans cette chambre d'hôpital. Ce qui m'importe, c'est qu'il soit vivant. Qu'il respire. Seul. Sans l'aide d'une machine. De même qu'il est capable de se mouvoir, de parler, d'agir comme quelqu'un d'indépendant. Je n'ose même pas imaginer ce qui a dû lui traverser l'esprit, ce que ça fait de se réveiller un jour sans se rappeler de qui on est, d'où l'on vient, ce qu'on fout dans une pièce aseptisée.

    Calliope me demande de l'accompagner de façon si naturelle que je ne peux pas le lui refuser. Je n'en ai pas envie. J'ai le sentiment qu'elle a besoin de moi en tant qu'appui, béquille, soutien. Je ne vais pas la lâcher maintenant. Alors nous entrons, à la suite de la doctoresse, découvrant chacun notre tour ce bon vieux Giorgio, visiblement très mal à l'aise. Elle n'ose pas s'avancer davantage, de peur de le brusquer, dresse le tableau le plus simplement du monde et lorsque mon nom fait surface, j'adresse un signe de la main ainsi qu'un immense sourire au blond. Elle laisse des photos sur sa table de nuit, flippée à l'idée de la moindre maladresse. Ce qui n'est pas vraiment mon cas...

    " Si j'étais toi, j'acquiescerais. En plus des charmantes infirmières, tu te ferais soigner par la belle ici présente, y'en a plus d'un qui aimerait être malade, moi j'te l'dis ! " Dos au mur, face aux tourtereaux, j'éclate d'un grand rire franc, paumes en l'air. " Promis, je n'ai pas profité de la situation ! Tu me connais ! Enfin... tu me connaissais ! C'est dingue toutes les possibilités qui s'offrent à nous, désormais. Genre...t'as oublié que tu me devais du fric ! ", lançai-je en le pointant du doigt, l'air taquin. Blanc. " Ok...c'est assez étrange comme situation alors...si je dois la fermer ou juste...disparaître de ta vue, n'hésite pas à me le dire, d'accord ? "

☾ ☾ ☾ ☾ ☾



Justayne
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Niente | Calliope, Vittorio & Giorgio - Mer 14 Mar - 18:59
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EFFIGIE : Dan Stevens
BAFOUILLES : 3820
PACTE : 02/01/2017


OSSATURE : 35 ans
CONTRAT : En couple avec Calliope Tinovia, et papa d'une petite Alessia depuis le 25 décembre 2017. Des souvenirs effacés par une amnésie qui a affecté sa mémoire épisodique, suite à un coma de plusieurs semaines. Il n'aurait jamais dû se disputer avec son père ce jour-là, cela aurait évité cette mauvaise chute...
BESOGNE : Expert en Histoire de l'Art au sein d'une fondation depuis début octobre et, occasionnellement, prof particulier d'Histoire de l'Art. Le blond essaie de reconstruire sa vie après sa sortie de prison début mars 2017, où il a passé cinq terribles années pour avoir tué trois personnes sous l'effet du sang de vampire. Héritier d'une riche famille aristocratique tyrolienne, il a été renié par son père suite à ses déboires. Après plus de dix-sept ans d'éloignement, et alors qu'il y avait à nouveau de l'espoir, la naissance de sa fille y étant pour beaucoup, voilà que les deux Reppucci se sont disputés bêtement et qu'un accident a eu lieu. Maintenant, l'avenir est plus flou que jamais. Tout comme le passé.
FABLE : Longtemps ignorant, Giorgio a découvert que les monstres existent réellement, que les mortels tels que lui sont en danger sans même s'en rendre compte. Le blond s'est fait mordre par un vampire il y a quelques mois, frôlant la mort. Maintenant il le sait : les monstres existent, personne n'est réellement en sécurité.
ÉCHINE : Humain, proie potentielle.
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Calliope, Vittorio & Giorgio


Le regard bleuté est apeuré, méfiant. Le moment tant redouté est arrivé. Sa petite amie est là, sa fille aussi. Et un autre homme aussi, qu'il ne connaît pas. Un ami, selon la dottoressa. Des gens qui lui veulent du bien, des gens qu'il a connus avant. Avant que sa mémoire ne parte en fumée, ne laissant que le vide derrière elle. La peur. La peur du passé et la peur de l'avenir qui l'attend. La peur de ne jamais redevenir celui qu'ils ont connu avant l'accident et la peur de le redevenir. Giorgio Reppucci ne sait pas qui il est, il ignore même s'il était quelqu'un de bien. Les infos que l'on a bien voulu lui donner au compte-gouttes tout au long des dernières vingt-quatre heures étaient plutôt vagues, en plus de ne pas être très nombreuses. Alors oui, le blond a peur, rongé par les doutes, les interrogations qui se multiplient au fond de son être. La brune se présente finalement. Calliope. Et le bébé dans le cosy, c'est Alessia. Leur fille. Le Tyrolien déglutit, sans rien dire, tandis que son regard se diriger vers le bébé. Calliope, Alessia... Cela ne lui dit rien, malheureusement. A ses yeux, ce ne sont que des inconnues, alors que ça aurait dû être le contraire, sans doute. Les yeux clairs de l'ancien professeur se posent ensuite sur le brun, Vittorio. Son meilleur ami et parrain de sa fille... Encore un inconnu pour lui, à l'heure actuelle. Giorgio étire un léger sourire, gêné.

La jeune femme lui dit alors qu'elle lui a ramené des photos, avant de poser une enveloppe sur la table de nuit, tout en lui disant qu'il n'est pas obligé de les regardes maintenant. Le trentenaire la remercie d'un signe de tête, avant de regarder la brune. Elle est belle, même si elle est visiblement fatiguée. Ce qui n'est pas si étonnant que ça, puisqu'il paraît qu'il est resté dans le coma pendant plusieurs semaines. Elle a dû s'inquiéter pour lui, craindre de le perdre... L'espace de quelques secondes, Giorgio se sent coupable de lui avoir imposé ça, surtout qu'elle a un bébé. Mais dans le fond, est-ce réellement sa faute ? Apparemment, il a eu un accident, il est tombé, sa tête a cogné quelque chose... Ou du moins, c'est ce qu'il a compris. Calliope finit par le tirer de ses pensées en lui demandant s'il a mal quelque part. L'autre homme prend alors la parole, avec un sourire taquin aux lèvres, lui conseillant d'acquiescer, histoire que la "belle ici présente" le soigne, en plus des charmantes infirmières. Le blond hausse un sourcil, tandis que le dénommé Vittorio poursuit sur sa lancée, lui assurant qu'il n'a pas profité de la situation, qu'il le connaît... Ou connaissait, plutôt. Le Reppucci baisse les yeux, un peu abattu. En effet, tous les verbes qui impliquent les trente-cinq dernières années, il va falloir les conjuguer au passé. Comme si toutes ces relations, ces amitiés, ces moments partagés ensemble appartenaient à une autre personne. Le brun, de son côté, continue son petit discours, tout en lui rappelant qu'il y a désormais plein de possibilités qui s'offrent à eux... avant de le pointer du doigt en lui disant qu'il a oublié qu'il lui devait de l'argent. Giorgio se raidit, tout en le regard d'un air honteux.

« ... Je te dois du fric ? »

Merde. Le passé, ça peut avoir du bon, mais aussi du mauvais. Qui sait ce qu'il a pu faire par le passé, s'il doit de l'argent à quelqu'un, s'il a tué quelqu'un... Il n'en sait rien, c'est comme s'il n'y avait que du brouillard dans sa tête. Une situation particulièrement angoissante pour le trentenaire, il faut dire. Le blond passe une main sur son menton, avant de soupirer. Une fois cette question mise au clair, Giorgio reporte son regarde et son attention sur Calliope. Elle lui avait posé une question tout à l'heure, après tout.

« Pour répondre à ta question... J'ai mal un peu partout. J'ai tenté de me mettre debout tout à l'heure, je n'aurais peut-être pas dû. »

Il a les jambes lourdes, conséquence de ces nombreuses semaines sans bouger. Mais ce n'est pas cela le pire, non, mais plutôt ce qui se passe dans sa tête. C'est ça qui le perturbe, même s'il n'a pas 'mal' à proprement parler. L'ancien prof fait une courte pause, avant d'attraper l'enveloppe que Calliope avait déposé sur la table de nuit. Les yeux de l'homme découvrent alors les photos, les visages, les endroits. Cela ne lui dit toujours rien. Clairement, ils ont eu un passé ensemble, une vie commune, heureuse peut-être. Mais il ne s'en souvient pas. C'est tellement, mais tellement frustrant... La rage coule dans ses veines à une vitesse hallucinante. Giorgio ne dit rien, le regard posé sur ses photos. Quelques secondes s'écoulent, mais rien... Rien. Rien du tout. Les mémoires d'un autre. Le vide. Dans un élan de colère, il envoie valser toutes ces photos, avant d'étouffer un sanglot désespéré.

« Je ne me souviens de rien. Rien du tout. »

Dit-il en murmurant. Il porte une main tremblante à ses yeux, sèche les larmes le plus dignement possible.

« Je suis désolé. »

Pour tout. Désolé pour sa réaction, désolé de ne se souvenir de rien du tout, de ne même pas les reconnaître. Il a juste envie de se cacher dans le noir, de pleurer toutes les larmes de son corps, de frapper tout le monde jusqu'à ce que sa mémoire revienne. Mais... Giorgio sait qu'il ne faut pas. Qu'il est dans un hôpital et que s'il dérape, on devra le calmer à travers des sédatifs. Alors il faut qu'il reste calme. Dans la mesure du possible. Prenant une profonde inspiration, le Tyrolien se redresse un peu plus dans son lit. Son regard est plus froid, détaché. Une barrière qui cache tant bien que mal ses émotions mal contenues. Sauf qu'il n'est pas très doué à ce jeu-là, malheureusement... Le jeune père renifle encore une fois, tentant de se ressaisir, avant de regarder Calliope.

« Ma... Ma fille... Je peux la voir de plus près ? »

Ma fille. Ces deux mots lui brûlent presque la langue et les oreilles, tellement ils lui sonnent faux. Mais il fait un effort. Parce qu'il le sait, malgré tout ce qu'il a pu oublier : il faut établir un premier contact. Doucement, mais sûrement. C'est ce que le docteur Brighi lui a dit tout à l'heure. Accepter la réalité tout d'un coup, ce sera impossible pour lui. Trop compliqué, trop douloureux... Alors il faut la redécouvrir, petit à petit. A son rythme. Sans vouloir aller trop vite. Choisir des petites choses, ou bien des choses importantes... Mais une chose à la fois. Et là, la chose la plus importante, il dirait bien que c'est ce bébé. Sa fille, Alessia. Après quelques minutes de contemplation, d'interaction avec la petite, des minutes finalement plus apaisantes que ce à quoi il s'attendait, l'humain regarde Vittorio, puis Calliope.

« Parlez-moi de vous. Comment nous nous sommes rencontrés, d'où vous venez, ce que vous faîtes dans la vie... Parlez-moi de vous, plutôt que de moi... Si vous voulez bien. »

Histoire qu'ils ne soient plus de simples inconnus à ses yeux. Contrairement à lui-même, qui le restera inexorablement pendant un long moment encore.

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☾ ☾ ☾ ☾ ☾
❝I'll be good❞ I'll be good, I'll be good. And I'll love the world like I should. For all of the light that I shut out, For all of the innocent things that I've doubt. For all of the bruises that I've caused and the tears, For all of the things that I've done all these years. (c) Astra
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Niente | Calliope, Vittorio & Giorgio - Mer 21 Mar - 16:26
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humains
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EFFIGIE : Ashley Greene
BAFOUILLES : 2022
PACTE : 29/01/2017
©Bitterblue

OSSATURE : Vingt-sept années
CONTRAT : En couple avec un ex-drogué, ex-détenu, tueur, et qui s'inquiète de tout ♥.... Et maman d'une petite princesse ♥
BESOGNE : Assistante Vétérinaire, autrement dit larbin de vétérinaire. Ou aussi sa seconde paire de main.
FABLE : Je suis au courant pour le surnaturel, les monstres, les créatures... Appelez-les comme vous voulez. Je sais comment le monde qui m'entoure est dangereux. Mais tout n'est pas noir. Je sais aussi que certaines créatures surnaturelles ne nous veulent pas de mal... Pas plus qu'un humain lambda en tout cas.
CREDIT : DΛNDELION, Bitterblue(Aesthetic)

 
Giorgio, Vittorio & Calliope // Niente

 
Enfin l’appel tant attendu. L’hôpital m’informe que Giorgio est réveillé. Mais ils ne m’en disent pas plus, seulement que je pourrai venir le voir le lendemain. Alors évidemment, après le soulagement revient l’angoisse. Comment est-il ? A-t-il des séquelles de son traumatisme ? De son coma ? Oui, je suis heureuse et soulagée de le savoir vivant mais… Dans quel état ? Je ne sais même pas s’il peut parler, s’ils l’ont débranché, je n’en sais rien…

J’ai demandé tout naturellement à Vittorio de m’accompagner à l’hôpital. Il a été là pour moi pendant ces longues semaines de coma, je veux qu’il soit là aussi pour son réveil. Et… Je ne me sens pas le courage d’y aller seule, avec Alessia. Lorsque nous arrivons à l’hôpital, nous sommes accueillis par le docteur Brighi, qui s’est occupé de Giorgio depuis son accident. Elle nous apprend que Giorgio va bien, mais que sa mémoire est défaillante. Il ne se souvient de rien de sa vie avant l’accident. Je ne sais pas comment réagir. J’ai l’impression que le monde me tombe sur la tête, mais en même temps je me dis que ça aurait pu être bien pire. Mais je sais que ça ne sera pas simple, ni pour lui, ni pour nous. Il… Il ne se souvient même pas ni d’Alessia, ni de moi…

Je demande à Vitto s’il veut bien m’accompagner dans la chambre de Giorgio, il accepte. Je prends une grande inspiration, cachant au plus possible mon angoisse, et ma gêne, mais je sais que ça ne doit pas être gagné… Je ne sais pas comment réagir devant cet homme qui partageait ma vie, mon lit, mais qui ne me connait plus. Je ne dois pas être trop proche, mais je ne peux pas m’éloigner trop non plus. Le voir dans ce lit, conscient… J’aurai envie de lui sauter au cou, mais je me retiens. Pas sûre qu’il le prenne très bien… Je lui souris, le plus naturellement possible, tout en me présentant, en lui présentant Alessia et Vittorio. Je dépose une enveloppe sur sa table de nuit, en l’informant qu’il s’agit de photos, et qu’il pourra les regarder quand il le souhaitera. Après une courte pause, je lui demande s’il a mal quelque part. Avant que Giorgio ne puisse me répondre, Vittorio prend la parole. Ses propos me font sourire, et secouer la tête amusée. Heureusement qu’il est là pour détendre l’atmosphère. Surprise par cette histoire d’argent à laquelle je ne m’attendais pas, j’ouvre la bouche pour rétorquer, pour rassurer Giorgio, mais finalement je n’en fais rien. Je souris en coin, plutôt. Après tout, ça peut être marrant. Je remarque d’ailleurs l’air honteux de Giorgio, qui me fait doucement sourire. Je commence à me détendre. Ça fait un bien fou de le revoir, égal à lui-même. Il ne se souvient de rien, mais il n’a pas changé. Giorgio répond finalement à ma question de tout à l’heure. Il me dit qu’il a mal partout, et qu’il n’aurait peut-être pas du essayer de se lever tout à l’heure. J’acquiesce.

« Il va te falloir un peu plus de temps avant que tes muscles retrouvent leur énergie. Ne sois pas trop ambitieux ! »

Je le regarde prendre l’enveloppe sur la table de nuit, et regarder les photos. Je vois son air contrarié, mais je ne m’attendais pas à le voir envoyer valser les photos dans la pièce. Je sursaute un instant, mais secoue la tête quand il s’excuse.

« Ne t’excuse pas, tu n’y es pour rien… »

Par contre, je te jure que je vais tuer ce pseudo père qui te fait endurer ça… Qu’il reste loin de nous… Giorgio demande s’il peut voir Alessia de plus près. J’acquiesce bien évidemment, tout en souriant. Je sors notre fille de son cosy, et la lui amène. Je marque une pause, mon visage près du sien au moment où je lui dépose Alessia dans les bras, le regardant dans les yeux. Je sens mon cœur battre à tout rompre. Je lâche Alessia alors qu’il la tient, et me recule, retournant près de Vittorio. Je lui souris doucement. Je m’assois finalement sur une chaise, et regarde Giorgio et Alessia. Il reprend finalement la parole, nous demandant de parler de nous. Je regarde Vittorio, sachant s’il veut commencer son récit, mais il n’en fait rien alors je me lance. Ceci dit… Hors de question de tout aborder…

« Je suis originaire d’un petit village pas loin de Turin. Je suis arrivée à Rome pour mes études, à mes dix-huit ans. Ça fait déjà dix ans… On s’est rencontré dans un bar, un soir. Pas très longtemps après mon arrivée à Rome en fait je crois. Tu t’es fait passer pour mon petit ami, voyant que je n’arrivais pas à me débarrasser d’un mec un peu lourd… » Je souris à l’évocation de cette soirée. « Nous sommes devenus amis par la suite. Mais nous ne sommes ensemble que depuis l’année dernière. » J’ai fais exprès d’éluder l’absence de 5 ans à cause de la prison. Il n’a pas besoin de savoir, pas besoin de s’en rappeler. « Sinon, pour répondre à ta question, je suis assistante vétérinaire. » Je regarde Vittorio avec un sourire en coin. « Aller à ton tour, raconte lui comment tu gagnes ta vie en vendant du plaisir au gens ! » Des plaisirs gustatifs, évidemment !
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☾ ☾ ☾ ☾ ☾
Look in my eyes...
« Oh you can't tell me it's not worth tryin' for, I can't help it there's nothin' I want more, I would fight for you, I'd lie for you, Walk the wire for you, I'd die for you. You know it's true, Everything I do, I do it for you » by Wiise


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